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Jeunesse, voyage et travail English translation pending
by Mrpey · 2010-02-16 · 33 replies
Bonjour,

J'ai 21 ans, étudiant en 4ieme année d'école d'ingénieur et tout comme vous, ma plus grande passion est de voyager. Je suis certes encore jeune, mais j'ai eu la chance d'avoir déjà pas mal vadrouillé (en famille, entre amis, seul) sur les 5 continents, cette passion en devient même un peu envahissante et mon avenir commence à m'inquiéter.

Comme écrit ci dessus, je prépare un diplôme d'ingénieur, je m'en désintéresse complètement passant les années unes à unes grâce à des révisions intensives la veille et peut être quelques petites facultés à travailler dans l'urgence. Je suis actuellement en stage en Afrique du Sud, le pays est génial, et j'ai déjà fait de superbes rencontres (un prêtre emprisonné pendant l'apartheid dans la même prison que Mandela au détour d'un footing et de très bon potes), mais je ne me sens pas à ma place dans le rôle que j'occupe au sein de l'entreprise où je bosse, et honnêtement, je m'y attendais.

A l'heure d'aujourd'hui, je ne peux envisager mon avenir à long terme, ma seule envie est d'obtenir mon diplôme, et de partir à la découverte du monde. J'en parle un peu autours de moi, avec mes amis et ma famille, mais personne ne semble comprendre complètement mes motivations ... même moi. Je ne sais pas exactement se qui me pousse à vouloir partir, la peur de rentrer dans un schéma de vie qui aujourd'hui m'effraie (travail, femme, enfants, renault Scenic), ou si c'est réellement cette volonté de voyager ... probablement les deux.

Je suis pourtant un jeune très dynamique, j'ai toujours des milliards de projets en tête, toujours partant pour n'importe quoi, mais je crois que je fais un blocage avec le travail, j'en ai pas envie, et ça m'inquiète. D'ailleurs j'ai l'impression d'être particulièrement mauvais dans mon stage, je n'y trouve absolument aucun intérêt et je me doute bien que je ne serai pas un ingénieur top niveau, surtout vu la motivation que j'y mets.

Ne pensez surtout pas que je suis un gosse de riche à qui on a passé tous ses caprices, loin de là ! Mon passé de voyageur (aussi court soit il) m'a donné une maturité, qui en toute objectivité, est supérieure à celle d'un jeune de 21 ans "lambda". C'est certainement pour cela que mon avenir me préoccupe autant, et je ne vous le cache pas, ça m'inquiète - surtout que l'obtention du diplôme arrive à grands pas -.

Je ne sais pas trop ce que j'attends de ce message, peut être des réactions de personne qui à mon age voyaient les choses de la même manière et qui aujourd'hui sont "rentrés dans le moule", des conseils ou encore un coup de pied au fesses pour me dire que je ne suis qu'un loser qui s'ignore. Je ne sais pas trop.

Vous penserez certainement, et à raison, que mon texte est confus, mais j'espère qu'il m'apportera quelques réponses.

Je remercie par avance ceux qui prendront du temps pour me répondre.
Carnet de voyage en Birmanie du 13 janvier au 5 février 2010: 5e partie English translation pending
by Lubie · 2010-02-12 · 0 replies
J'ai fait un agréable voyage en Birmanie avec mon mari; voici les photos => ICI Les birmans sont des gens très gentils, toujours ponctuels, calmes, accueillants et fiables; nous avons voyagé totalement en individuel, tout en ayant réservé les vols intérieurs avec White Lotus. Nous avons visité successivement Yangon, Mandalay, Bagan, Inlé et de nouveau Yangon et Bago - première partie : Yangon : du 13 Janvier au 15 Janvier 2010 => ICI - deuxième partie : Mandalay et ses environs : du 16 Janvier au 21 Janvier 2010 => ICI - troisième partie : Monywa : du 22 Janvier au 23 Janvier 2010 => ICI - quatrième partie: Bagan (Nyaung U) : du 24 Janvier au 27 Janvier 2010 => ICI - cinquième partie: Inlé (Nyaungshwe) : du 28 Janvier au 31 Janvier 2010 - sixième partie : Yangon : du 1 Février au 4 Février 2010 => ICI

Nyaung U - Nyaungshwe : 28 Janvier

Lever à 5h1/2. Le petit déjeuner promis à 6h n'est pas prêt; nous aurons donc seulement des toasts, fruits, thé/café. Nous partons à 6h1/2, 10 minutes de trajet, et nous devons attendre jusqu'à 7h50. Tous les passagers de tous les vols de Bagan semblent être présents ici ! Arrivée à 9h10. Le vol s'est bien passé, nous sommes passés par Mandalay. Le fils de l'hôtel Aquarius vient nous chercher avec son « espace » qui secoue beaucoup (15 000k). Il paraît très sympathique et nous arrête pour nous permettre de visiter le monastère en bois où l'on voit les têtes des bonzillons à-travers les fenêtres ovales « shwe Yan Pyay» En arrivant, notre chauffeur nous arrête pour payer la taxe d'entrée de 3doll/p. et noter les numéros de passeport et visa(comme dans les hôtels). En fait nos déplacements sont suivis à la trace : d'où venons nous, où allons nous...il paraît que les hôtels doivent remettre chaque jour les entrées dans leur hôtel. Nous arrivons à l'hôtel, Aquarius Inn (12doll)les chambres sont en bambou, au centre, un patio agréable où l'on nous sert du thé, des fruits, des grains de soja grillés et des grains frits. Super accueil ! Nous discutons avec le fils (le père est plus âgé) de la possibilité de faire le surlendemain un circuit en bateau sur le lac Inlé et nous prenons rendez-vous le lendemain à 8h pour discuter du parcours avec le batelier. Noua allons faire le tour de la ville, du marché, changé de l'argent et visiter des monastères. Nous rencontrons des Suisse qui pensent partager avec nous une journée à bateau sur le lac , mais je les rebute en leur disant qu'il faut partir à 6h ! nous voyons en passant l'agence Golden Bowl, et nous nous renseignons pour un tour en canoë, qui se terminerait en voyant le coucher du soleil; le parcours proposé est incohérent ainsi que les horaires. Des camions transportent d'énormes quantité de vase qu'ils sèment involontairement sur la route, ils la déposent au coin des arbres, juste devant les maisons; beurk, mais peut-être cela va-t-il leur servir d'engrais . Nous sommes même accueillis par un bonze, à prendre le thé dans sa chambre, il ouvre pour nous un paquet de crackers. Nous essayons de lui faire comprendre que le lendemain, c'est le jour de la pleine lune, mais il ne comprend pas le mot lune. Heureusement il a un dictionnaire anglais-birman, et il nous montre son cahier d'anglais bien rempli, mais qu'il n'a pas, à notre avis assez étudié ! Nous sommes bien, assis sur nos nattes ! Il possède un lit, une belle chaise, et même un ordinateur, une imprimante et des livres, Il est le chef d'un des trois monastères de la pagode. Nous lui écrivons une carte postale de paris, et nous lui expliquons les monuments. Il s'appelle U Ka Lya Na , il est très gentil et nous invite à venir le lendemain matin dans sa pagode. Nous croisons quelques touristes, mais pas énormément. Nous repassons par l'hôtel puis allons au restaurant Unique, où nous avions été nous désaltérer et discuter des menus. Surprise ! il fallait commander la veille; nous commandons pour le lendemain un menu shan et nous nous rabattons sur le fameux Golden Kite, favori du forum et dînons dans la grande salle en bois décorée d'inscriptions qui avaient été écrites à l'occasion d'un mariage qui a eu lieu dans l'après-midi. Nous avions déjà photographié une belle voiture de mariée fleurie. Nous partageons une pizza Hawaïan un peu chère pour le pays(6000k), puisqu'ils ne servent plus que des mets italiens, contrairement à ce que dit le Lonely Planet (les autres menus sont servis dans le Golden Kite qui est installé sur le lac). Les pancakes caramélisées recouvertes de petites fraises étaient délicieuses (1200k), mais le jus d'ananas épais et sans goût.(1000k)

Le début de la nuit a été un peu difficile, d'abord on a eu le droit au bruit énorme du générateur, puis à la musique du voisin; les cloisons sont fines; il faut encore mettre les boules quies ! A l'hôtel, le change est à 950k , si vous changez 100doll. Et sinon 930k, nous l'avons eu à 980k au marché; Le couvre-feu est à 9h, après, il n'y a plus d'électricité

Nyaungshwe : 29 Janvier

Nous prenons le petit déjeuner à 7h dans la salle de restaurant de la maison principale. Le service est attentionné. Nous avons rendez-vous avec le boatman qui parle bien anglais, il paraît bien comprendre le trajet que nous voulons faire (en évitant trop de boutiques d'artisanat)et adapte un peu le sens. Il demande 19 000k pour aller jusqu'à Kyaing Kan, au bout du lac d'Inlé. Je crois que la visite du lac va être agréable ! Sa soeur fait des promenades en canoë, mais notre batelier nous dit que c'est impossible en ce moment, car il n'y a pas assez d'eau. Il est 9h, nous partons avec nos vélos loués au voisin (600k la demi-journée) vers le stupa des sources d'eau chaude de Kaung Daing, où nous avons appris qu'il se déroulait aujourd'hui un festival, aujourd'hui, c'est un jour férié (jour de pleine lune, il n'y a pas de marché tournant). Il y a beaucoup de poussière sur la route, et des motos, vélos, quelques voitures et des motoculteurs qui tirent des charrettes remplies de gens, des femmes à pied. Tout ce petit monte est en route pour la pwe ! Le trajet est assez facile, avec quelques petites montées que je préfère faire à pied et quelques ponts étroits à traverser. Je ne veux pas prendre de risques (vu les soins de santé dans ce pays!!) Et je sors d'une fêlure du bassin l'été dernier. Il y a déjà du monde quand nous arrivons, un peu avant 10h; des stands de nourriture et de vente (genre jouets pour les enfants) sont installés. Un match se prépare. Un homme vient engager la conversation avec nous et nous montre l'endroit d'où part la source d'eau chaude. A proximité, se trouve un bassin où des femmes se lavent et lavent leur linge. Il voudrait que nous allions au restaurant, mais nous lui répondons que nous n'avons pas faim; peut-être y a-t-il eu méprise et qu'il voulait juste nous inviter à prendre un pot ou un thé avec lui ! Nous passons devant l'établissement des bains, quand une jeune femme propose de nous le faire visiter gentiment; C'est ça, l'accueil birman !! Les deux parties homme et femme sont séparées. J'ai le droit de visiter celle des femmes qui se baignent avec leurs bébés et mon homme, celle des hommes ! Il y a aussi le bassin pour les étrangers. Puis, nous montons l'escalier qui mène au stupa ( avec les chaussures)accompagnés de jeunes femmes qui portent de beaux longyi aujourd'hui et se sont même, pour certaines, maquillées. Les femmes portent de gros sacs d'offrande pour les moines, une soixantaine, je crois, qui doivent venir les recevoir à 13h, il y a du riz, du savon et du sucre de canne A l'intérieur du stupa, des petits groupes de birmans prennent le thé, installés sur des nattes. Il y a beaucoup de brume ce matin, et nous ne voyons pas bien le lac depuis le haut du stupa. Des gamins font marcher des toupies à l'aide d'une ficelle Sur le chemin de la descente, nous rencontrons un jeune birman habillé en jean, et blouson de cuir «US army», nous le mettons en boîte et lui demandons s'il est dans l'armée et ça le fait rire !. C'est un ancien membre du Gold Star et il est maintenant fermier dans un village voisin. Il se fait photographier avec plaisir avec ses amis ! En bas, se jouent des paris, un peu plus loin, mais la foule devient dense, des camions arrivent ainsi que de nombreuses motos et je préfère rentrer plutôt que de continuer jusqu'au village voisin. Je pense à ce qu'a dit la française de Bagan, et j'ai un peu la trouille! Et je sors d'une fêlure du bassin l'été dernier Il est très difficile de se frayer un chemin, les gaz noirs d'échappement des camions sont irrespirables ! Puis la circulation s'améliore à partir de la jonction. Le trajet est plaisant, nous apercevons des enfants dans une école (eux, ils travaillent bien que le jour soit férié !), nous assistons au bain du buffle, voyons les rizières... Nous retournons à l'hôtel vers 13h, la pwe doit battre son plein, là-bas. Il y avait tellement de poussière rouge sur la route que j'ai la moitié de la jambe colorée et fais rire la serveuse ! Nous prenons un star cola (300k). Vous pouvez acheter l'eau à l'hôtel (300k comme au supermarché local) A 15h, nous allons au Inle Pancake Kingdom, où nous mangerons une délicieuse crêpe tomate/fromage/champignon pour 1300k, bien meilleure que la pizza du Golden kite, accompagnée d'un délicieux jus d'ananas, ce coup-ci. C'est tranquille ici, et nous prenons plaisir à voir passer les gens dans la rue, trishaws chargés, femmes à vélo, sortie d'école, retour de lessive et séchage sur différentes parties de la maison. Nous retournons à 4h à l'hôtel où l'on nous sert du thé chinois, mais refusons la banane au miel ! Puis je m'installe pour écrire mon journal, surveillée par le gérant, toujours présent; Les locataires arrivent et discutent avec lui. Il est 5h-1/4, la température baisse. La musique assourdissante de la pagode voisine s'est mise en marche parce que c'est un jour bouddhiste, mais c'est seulement pour une heure, paraît-il ! Je vais profiter de l'électricité actuelle pour prendre une bonne douche. Comme ils ne font pas la chambre ici, maintenant, je ferai mon lit le matin ! Nous allons dîner au restaurant Unique goûter notre menu shan (6500k) que nous partageons (avec une bière Myanmar à 2500k)dans ce menu, on a la possibilité de prendre deux plats principaux au lieu d'un, (sinon c'est moins cher) on a pris du poisson dans une feuille de bananier et du tofu.(bon) La soupe et tous les plats sont arrivés en même temps, sans sourire, dès que nous avons pénétré dans le restaurant; la cuisine était grasse et ne valait pas celle de Peacock Lodge à Mandalay. Je ne le conseille pas.

Nyaungshwe : 30 Janvier

Aujourd'hui débute notre grande journée sur le lac Inlé. On se réveille comme d'habitude avant l'heure, on se lève toujours tôt en voyage ! Il n'y a pas de lumière, Michel doit se raser avec sa lampe frontale ! Nous arrivons à 6h pour prendre notre petit déjeuner, mais le personnel ne paraît pas au courant. Il est néanmoins rapidement préparé, omelette pour Michel, toasts, assiette de fruits (banane, papaye, pomme) et bonne confiture de citron; thé noir et café. Nous sommes prêts, pour notre départ à 6h1/2, mais en fait notre boatman attendait depuis 6h devant la grille qui était fermée. Je me suis bien couverte (tshirt, plus damart plus deux polaires, foulard); il fait nuit quand nous partons, il fait très froid, il y a bien une couverture sur le bateau, mais cela ne suffit pas ! Il y a beaucoup de brume sur le lac. Nous mettons 3/4h pour arriver à Inthein; sur la route, nous croisons des pêcheurs Intha immobiles sur leur bateau en train de pêcher; l'un d'eux tape sur les poissons et je ne comprends pas bien ce qu'il fait ! Un autre fait avancer son bateau, à l'aide d'une seule pagaie qu'il enserre d'une jambe, cette technique est propre aux Inthas. A l'entrée du canal, des écolières rament vers Indein, elles ont prévu leur panier repas; des femmes dans des bateaux plus larges rament avec de lourds chargements, on passe devant des ponts en bambou, des ponts couverts; des femmes vont au marché, le long de la berge et certaines portent leur bébé dans leur dos. Nous débarquons près du marché, des femmes Pao et Danu font leurs emplettes, un combat de coqs débute, nous allons boire un thé au lait concentré sucré offert par notre batelier qui n'a pas pris son petit déjeuner, il l'accompagne d'un long beignet chinois. Notre batelier évite l'escalier couvert d'accès à la pagode d'Inthein et monte à gauche au milieu des vieux stupas, avec quelques bas-reliefs en stuc; certains sont neufs, peints en or ou blancs, en ciment, ils ont été offerts par différentes nationalités ou bien collectivement par des groupes. Nous allons vers les chutes qui viennent de la montagne. L'eau est claire et verte, des hommes se baignent; on traverse la bambouseraie. Une ligne électrique alimentée par le torrent de la montagne est utilisée pour la pagode. Nous redescendons par l'escalier couvert; les étals s'organisent pour l'arrivée des touristes. Je vois des petites crèches dans des poissons en bois; il est vrai qu'il y a aussi des catholiques, par ex. les karens . Quelques touristes arrivent. Notre guide voulait les éviter. Nous allons voir le travail des argentiers chez Mya Hin Tha, ils font des petits poissons articulés en argent. Nous reprenons le bateau jusqu'au bout du lac Inlé à Kyauk Taung (après, un long canal rejoint le lac Sankar, mais, c'est beaucoup plus loin, il faut une permission spéciale et un guide spécial); le paysage change dans cette région. On aperçoit un groupe de stupas blancs sur la colline. Nous visitons les tissages en fibre de lotus de Kyaing Kan, cette fibre ressemble à un bout de ficelle beige fragile et grossier. La femme mouille son métier avant de passer le peigne; cela ne m'inspire vraiment pas; Il paraît que cet atelier a été en partie transféré à In Phaw Khone. Notre batelier nous emmène déjeuner au Nice Rt (Nampan), il a très faim(nous l'invitons) Nous partageons un poisson grillé avec du riz.(total : 9200k) Nous voyons des villages sur pilotis, une 2° fabrique de tissage : soie, coton et lotus mélangés; un petit groupe de femmes travaille pendant que les hommes musardent sur la terrasse en buvant du thé et en jouant du karom (genre de billard indien, je ne sais pas le nom local) avec notre guide qui s'amuse beaucoup. Les filaments de lotus sont extraits des tiges de lotus puis étirés en un fil à plusieurs brins. La qualité de ces tissages ne vaut pas celle que nous avons vu à Amarapura; On longe de nouveau des villages de maisons sur pilotis pour arriver à la fabrique de cheerots (cigares)de Nampan. Des touristes sont déjà assis et nous les rejoignons; thé, crackers et cheerot nous sont offerts. Des femmes confectionnent des cheerots : un filtre en bambou, la feuille d'un arbre et du tabac parfumé d'anis et de deux autres plantes( ils font aussi du tabac parfumé), la feuille est fermée à l'aide de colle faite à partir de riz gluant; deux hommes, dans la même salle fabriquent aussi des boîtes à cigares, laquées sommairement, certaines sont décorées de palme, de cuivre ou de bambou; elles sont jolies( 4500k, pour une boîte contenant l'équivalent d'un paquet de cigarettes) et les cheerots sont offerts; de là, nous partons visiter le monastère thalay où nous dérangeons un bonze qui regarde l'open d'un match de tennis, pas de thé pour nous ce jour-là ! Dans ce monastère sont alignés de beaux bouddhas offerts pat travel services, on voit une image du monastère autrefois. Un sentier longeant le canal rejoint la pagode Phaung Daw U. des ponts couverts traversent le canal. Nous évitons les frais d'appareil à photo(300k) en passant par une autre entrée. Notre batelier garde nos chaussures, mais il voulait aussi nous faire enlever nos chaussettes, il suffit de dire non, et on n'a jamais eu de problèmes. Des petites boules de bouddhas formant des tas informes sont très vénérées et encore surchargées d'or par les fidèles;Le plafond est richement décoré. Des hangars abritent les deux énormes bateaux dorés en forme de hintha (cygne doré de la légende birmane)sortis à l'occasion du festival annuel de la pagode, ainsi que les boules de bouddhas; A cette occasion, se déroulent des courses nautiques sur les canaux. Un grand bazar de tshirts, longyi, couteaux délestera mon porte-monnaie de 2 tshirts Inlé pour 4800k, après négociation; Nous traînons un peu pour retarder l'heure de retour et voir le coucher du soleil. On traverse les jardins flottants au milieu de petits canaux, des petites barques sont conduites au pied par des femmes, des hommes pêchent sur leur barque. Nous prenons plaisir à voir ces activités. De nombreuses tomates, courges, et fleurs poussent sur de long treillis en bois soutenus par des tapis flottants fixés par de longues perches en bambou. La promenade est agréable et il fait moins chaud ! Nous rejoignons le monastère des chas sauteurs. Les moines qui sont assis sur des bancs ont délégué « le spectacle » à un jeune homme qui arrive à faire sauter un à trois chats au travers d'un cerceau, moyennant deux petites croquettes à chaque saut. Ce spectacle se passe dans la grande salle où sont abrités de nombreux bouddhas antiques mal éclairés, trônant sur des socles en bois et mosaïque. Au fond de la salle, un couloir d'échoppes de souvenirs; Nous repartons vers Nyaungshwe, surveillant le coucher de soleil guère impressionnant. Les montagnes du côté est sont éclairées et rosissent. Le froid tombe, nous arrivons quand il fait nuit. Je propose d'aller dîner au Star Flower, nous prenons des tagliatelles tomates/champignons(3000k) et une pancake tomate/fromage/oignon/champignon (2300k) moins bonne que celle d'Inlé Pancake Kingdom, accompagnés d'une myanmar beer (2000k) Le chef est fier de nous proposer en fin de repas, de bonnes bananes de son jardin qui est proche de l'Aquarius; il se soucie en permanence de savoir si nous apprécions la cuisine de son restaurant, mais on ne va pas dire le contraire; à vous, si, cela n'est pas extraordinaire ! Le patron dont le portrait en costume de fin d'études figure dans la salle nous intrigue : en fait, c'est un ancien étudiant de maths de l'université de Taungyi (trois d'ans d'étude), la profession d'enseignant ne lui rapportant pas assez, il s'est installé comme restaurateur; Dans la salle, sa femme s'occupe de son bébé malade, pauvre chou ! Un petit tour au supermarché pour acheter de l'eau, du dentifrice et des cigarettes Red Ruby. Nous nous couchons à 9h, l'extinction des feux étant prévue pour 9h1/2 !

Nyaungshwe : 31 Janvier

Cette nuit, nous avons eu le droit à des psalmodies incessantes ! Je me suis enrhumée, il faisait tellement froid sur le lac, , c'est mon premier rhume de l'hiver et je le ramènerai en France; Nous allons prendre notre petit déjeuner. Les toilettes n'ont pas été nettoyées, et comme la chasse d'eau tire mal, cela n'est pas la joie. Et il n'y a pas de balayette. Nous utiliserons souvent les toilettes extérieures qui ont un autre avantage : celle de ne pas se mouiller les pieds à chaque fois, la paire de tongs proposé étant trop petite; Un taxi devant l'hôtel propose de nous emmener à yangon (en passant par Bago) sur deux jours pour 12o dollars, il avait accompagné des gens ici et se trouve maintenant coincé ! Ce matin, a lieu le marché tournant à Nyaungshwe, il est très actif et vivant, il nous plaira plus que celui d'Indein; De nombreuses femmes vont au marché avec leur panier tressé de couleur, à pied ou en trishaw. A l'entrée du marché, quelques femmes vendent des fleurs, probablement celles cultivées sur le lac. Un camelot propose des ballons en forme de personnages ou animaux et souffle dans un sifflet pour attirer l'attention; A l'intérieur, sous des bâches, un peu trop basse pour notre taille, c'est un canevas d'étals de légumes, poissons séchés, graines, tofu, ;sur le pourtour, des échoppes de bouchers, volaillers ainsi qu'une grande partie dédiée aux chou-fleurs; Une autre petite allée est spécialisée dans les vêtements. A l'arrière, on vend des grands panneaux de bambou tressés. Dans une petite allée extérieure, des carrioles à cheval sont alignées. Il y a aussi quelques gargottes à l'intérieur du marché et des commerces divers (coiffeurs, pharmaciens...) Nous quittons le marché en nous dirigeant vers l'embarcadère; sur le chemin, des femmes continuent d'arriver avec leur cabs ou repartent lourdement chargées de leurs achats; A l'embarcadère, il y a de grands paniers de légumes, principalement des petites tomates cultivées sur le lac; Des hommes chargent ces grands paniers sur un camion déjà bien rempli; Nous revenons vers l'hôtel où je rédige ce compte-rendu; comme d'habitude, on nous apporte du thé chinois tiède, avec des grains de soja grillés ou frits; Je suis un peu fatiguée, sans doute à cause du rhume, et ne me sens pas d'attaque pour faire du vélo aujourd'hui ! Les toilettes ont été enfin nettoyées, comme le fait remarquer le personnel ! Nous nous préparons pour aller déjeuner au Inlé pancake Kingdom et nous nous mettons à la terrasse pour manger notre pancake /tomate/oignon/champignon, avec notre délicieux jus d'ananas, le meilleur de ce pays, et une bonne salade de tomates/avocat. Nous finissons par un mauvais nescafé, il fallait bien essayer !, amélioré par du lait concentré. Nous restons un bon moment à regarder les gens passés. Un homme âgé tire péniblement une charrette très chargée, des trishaws conduisent des femmes qui reviennent du marché. En face notre terrasse, un énorme tas de vase venant du canal devant une belle maison, à quoi va-t-elle servir ? Nous sommes Dimanche et il n'y a pas d'école aujourd'hui. Nous quittons le restaurant. J'achète trois cartes postales pour 500k. Je me sens un peu mieux, Michel veut faire un peu de marche vers les grottes Htut Aung(indiquée sur le plan donné par l'hôtel), la route est droite et interminable, sans intérêt, et nous ne sommes pas encore arrivés au départ de la piste indiquée sur le plan; je regrette de ne pas avoir pris de vélo, pour l'instant c'est facile. Ouf ! Nous croisons un horsecart qui vient en sens inverse, il accepte de nous emmener aux grottes pour 4000k A-R. La carriole secoue pas mal, mais la piste est difficile, elle monte de façon abrupte et le cheval peine. J 'ai peur que la carriole bascule, heureusement , finalement, nous ne le faisons pas en vélo !

Nous arrivons à un village de tribus. Un escalier monte à une grotte où vit un vieux bonze âgé de 73 ans qui insiste pour nous servir du thé, du sucre et des grains de soja frits. Comme il fume, nous lui proposons une cigarette, mais il va la fumer dans son coin, drôle de bonhomme ! Comment peut-il vivre dans cette grotte où sont installés son lit et ses affaires , Nous lui donnons une carte postale de Paris qu'il range dans un livre; Il nous indique le chemin d'une grande grotte à cinq minutes d'ici, nous croisons de jeunes bonzes qui se lavent avec plaisir. Un autre moine âgé, lui aussi, nous fait visiter la grande grotte, elle est très haute et alvéolée. Un escalier descend plus profondément et mène à une grande chambre. Michel la visite à l'aide des deux torches électriques prêtées par le moine. Nous repassons devant les bonzillons que nous prenons en photo et retournons en carriole à l'hôtel où on nous propose du thé vert, et deux morceaux de pastèque, pour une fois, pas de banane, chic! Je reste me reposer dans la chaise longue de la véranda, située entre les chambres : beaucoup d'objets anciens y sont entreposés, ainsi que des bibliothèques et des albums de photos données par les touristes. Le patron arrose abondamment le jardin, en fin d'après-midi. Des clients vont et viennent; Pas de dîner ce soir, je n'ai vraiment pas faim, j'écris maintenant dans la chambre, pour ne pas oublier, la lumière est faible, après m'être lavée les pieds dans le lavabo de la chambre, avec un peu d'exercice ! Il est 20h et je vais essayer de dormir, cela va être difficile, la musique est assourdissante. Demain, nous prenons l'avion pour Yangon. Ici, on était bien, Nyaungshwe est une ville calme, on ne rencontre pas d'enfants qui mendient, et ils paraissent être bien entretenus. Les ressources des jardins flottants doivent enrichir les habitants. Nous ne sommes pas importunés, parfois, un batelier nous propose ses services, mais il reste toujours souriant.
Carnet de voyage en Birmanie du 13 janvier au 5 février 2010: 2e partie English translation pending
by Lubie · 2010-02-12 · 0 replies
J'ai fait un agréable voyage en Birmanie avec mon mari; voici les photos => ICI Les birmans sont des gens très gentils, toujours ponctuels, calmes, accueillants et fiables; nous avons voyagé totalement en individuel, tout en ayant réservé les vols intérieurs avec White Lotus. Nous avons visité successivement Yangon, Mandalay, Bagan, Inlé et de nouveau Yangon et Bago - première partie : Yangon : du 13 Janvier au 15 Janvier 2010 => ICI - deuxième partie : Mandalay et ses environs : du 16 Janvier au 21 Janvier 2010 - troisième partie : Monywa : du 22 Janvier au 23 Janvier 2010 => ICI - quatrième partie: Bagan (Nyaung U) : du 24 Janvier au 27 Janvier 2010 => ICI - cinquième partie: Inlé (Nyaungshwe) : du 28 Janvier au 31 Janvier 2010 => ICI - sixième partie : Yangon : du 1 Février au 4 Février 2010 => ICI

Mandalay 16 janvier

L'avion transite par Nyaung U, où beaucoup de monde descend. Arrivés à l'aéroport à 8h25, nous attendons le taxi partagé, commandé par l'hôtel (4000k/p.)qui nous déposera au Peacock lodge (réservé par mail, le mois précédent) 21 doll (bungalow), En attendant que notre chambre soit prête nous sommes très bien accueillis avec du thé vert et des fruits. Je me sens encore toute barbouillée. Nous discutons de notre programme avec la patronne qui nous aide à l'organiser. Elle nous propose un taxi bleu qui stationne devant la porte, nous verrons plus tard qu'il fait partie de l'équipe de la maison. Il s'appelle Sean Baw.

Nous négocions avec lui différents trajets, pour l'après-midi et les trois jours suivants, le premier (3000k) pour nous déposer au monastère Kutodaw et venir nous chercher à 5h1/2 , à l'entrée de la Colline de Mandalay. La patronne fait un dîner ce soir pour un groupe de sept genevois et nous propose de dîner aussi à l'hôtel; Nous visitons: Kuthodaw (le plus grand livre du monde avec ses 729 stèles) après avoir acheté le pass de Mandalay (10doll./p), une jeune femme ravissante bien maquillée de Thanakha porte un adorable bébé , dressé à sourire depuis sa naissance, je crois que c'est le plus jeune travailleur au monde. Ils forment un tableau touchant, Nous visitons ensuite Sandamuni (et ses 1774 stèles), Schwenandaw (beau monastère en bois), Kyauktaugyi et son bouddha de 900 tonnes taillé dans un seul bloc de marbre (le plan du lonely planet est faux, regarder l'emplacement des pagodes sur google maps) , puis nous nous dirigeons vers la Colline deMandalay : Nous prenons un pick up pour monter à l'accès de l'escalier roulant (1000k pour deux p.) il est 17heures, ne prenez qu'un aller, de toute façon, il n'y avait plus de pick-up pour le retour ! là on vous impose un casier pour garder vos chaussures : 200k /p. (soyez fermes, refusez et emmenez vos chaussures avec vous : l'escalier roulant s'est arrêté, il a fallu le gravir pieds nus (il y 3 escaliers roulants à monter !) et les redescendre de la même façon pour récupérer les chaussures, puisqu'elles étaient restées à la consigne ! au lieu de redescendre par un autre chemin. Le temple là haut est assez kitsch, avec ses carrelages fluo de salle de bains, et la vue est brumeuse. Nous redescendons à la tombée du jour, sans avoir vu grand chose. Les temples intermédiaires sont fermées et il n'y a pas d'électricité. Il est 6h-1/4. Nous retrouvons notre taxi blue qui nous a attendait patiemment à l'entrée des lions. Nous prenons une bonne douche et à 7h1/2 un délicieux repas bamar à l'hôtel dans le jardin: soupe, curry de poulet, aubergines, choux, fruits et un pancake de Mandalay ( 6000k/p. plus une bière pour deux : 2000k), mais je n'ai pas encore très faim.

Le personnel de cet hôtel est souriant et attentionné. Nous discutons avec les Suisses, ils sont dirigés par un guide qui se dit bénévole, ils ont un problème de bateau et doivent changer leur itinéraire! Le générateur est en marche, d'ailleurs nous observerons que l'électricité est souvent coupée. La nuit est difficile, le karakoé voisin est très bruyant, les chiens hurlent et tôt le matin, débutent les chants monastiques ! Nous sommes obligés d'utiliser des boules quies, ce qui n'est pas très confortable.

Mandalay :17 janvier

Nous nous levons à 7h-1/4 et prenons notre petit déjeuner à 8h-1/4, les Suisse attendent leur bus pour Bagan. Sean Baw, notre chauffeur de taxi-blue vient nous chercher vers 8h1/2 pour prendre le ferry 9h pour Mingun, située à 11km en aval de Mandalay Je suis étonnée de voir toute la circulation routière, beaucoup de vélos dont les conducteurs paraissent fatigués, des motos et quelques voitures et camions. Notre taxi blue de l'hôtel nous demandera 3000k pour aller de l'hôtel à l'embarcadère et 3000k au retour pour nous conduire de l'embarcadère au marché central, à 14h. Le droit d'entrée à Mingun est de 3 doll (le guichet est voisin de celui où vous prenez le ticket du ferry, pour éviter cette taxe, il faut simplement aller discrètement au guichet de droite pour le ferry, personne ne vérifie la taxe d'entrée de 3 doll). Beaucoup de bateaux sont stationnés le long du quai. Le ferry pour Mingun coûte 4500k/p.aller-retour Nous passons une heure agréable, en compagnie de 20 autres passagers et nous voyons des maisons tressées, des vaches blanches; il n'y a pas trop d'activité sur le fleuve. Des carrioles-taxis conduites par deux bœufs proposent leurs services aux touristes. Une seule route longée de nombreux stands d'artisanat, broderies, aquarelles, où nous sommes sans cesse harcelés par des vendeuses (c'est pour aller à l'école), l'une d'entre elles voudrait m'échanger du parfum contre un éventail (apportez des petits échantillons de parfum ou de rouge à lèvres «moi, j'aime les parfums français !». Des cours d'anglais de courte durée sont proposés dans une maison; Il y a énormément de poussière sur ces chemins, mais, malgré tout, il faut encore enlever ses chaussures pour pénétrer dans l'enceinte des temples ! La visite de Mingun peut se faire facilement en trois heures, mais nous ne sommes pas montés en haut de l'énorme pagode inachevée, il fallait encore enlever ses chaussures. Nous allons au bout de la route, où débute un sympathique petit village, bien ordonné, avec des petites maisons tressées clôturées puis remontons vers la paya Hsinbyume aux sept terrasses ondulantes, blanchies à la chaux. Au sommet, deux bouddhas assis l'un derrière l'autre :le petit fut décapité par des pilleurs d'or. Après sa réparation les habitants craignant que sa tête ne penche trop bas, en placèrent un 2° devant. Nous nous perdons en cherchant un itinéraire tranquille sans marchandes pour aller voir la cloche de Mingun qui pèse 90 tonnes.

A Mingun , se rafraîchir coûte cher : deux sodas en cannettes: négociés difficilement à 1500k! Mais bus agréablement devant un bébé ravi de faire sa toilette et de se verser des seaux d'eau sur la tête ! Les birmans adorent généralement que l'on s'intéresse à leurs bébés et qu'on les prenne en photo. Nous terminons par la Paya Settawya, sanctuaire creux et voûté .renfermant une empreinte de pied de Bouddha. Des femmes lavent le linge dans le fleuve et l'étendent par terre pour le faire sécher ou sur des poteaux. Nous reprenons le ferry; a l'arrivée aussi , impressionnant séchage de linge.

Notre taxi-blue nous conduit au marché Zeigyo , ou nous voyons énormément de tissus et de vêtements, le jean fait aussi sa percée !, toute sortes de marchandises sont vendues tout autour, c'est très animé, très poussiéreux et très fatiguant, des étalages gigantesques d'oignons roses jonchent le sol , c'est difficile de se frayer un chemin entre les véhicules de transport, la route est étroite. Le tracé de la promenade à pied indiquée dans le lonely planet est difficile à suivre, les routes sont beaucoup trop simplifiées et la circulation est très difficile. Nous nous perdons souvent avant d'arriver à la Paya Eindawya. Un homme arrose consciencieusement de seaux d'eau les plantes placées devant les bouddhas. Nous continuons jusqu'à la belle Paya Setkyatiha, avec son beau bouddha assis en bronze de 5m de haut et ses bouddhas couchés. Des enfants s'amusent joyeusement dehors. Deux star coca en bouteille nous désaltéreront en route pour 600k, dans un café indien. Nous prenons un taxi blue pour le BBB : 2000k (belle décoration mais hamburger médiocre, sûrement pas le bon choix !) Il n'y a pas de moyen de transport à la sortie du restaurant et les distances sont longues à Mandalay, nous faisons un retour obligé en trishaw (pour deux personnes, négocié à 1000k du BBQ au Peacock Lodge, ce n'est pas si désagréable après tout de se faire conduire !

La journée n'est pas finie : nous avons demandé à la fille de la maison « tchitsouti » de nous réserver des places pour le spectacle de marionnettes ce soir, au cas où un groupe aurait réservé lui aussi.

Le puppet show coûte 8000k/p. Auquel s'ajoute les frais de transport 3000k aller-retour avec le taxi blue de l'hotel.

Elle nous a réservé de bonnes places au 3° rang , les meilleures d'après elle. Nous sommes seulement sept spectateurs pour le double en musiciens, marionnettistes... ! C'est un joli spectacle (elles sont célèbres à Mandalay et jouaient autrefois des scènes qui pouvaient durer des heures , la troupe participe au festival international de Charleville Mézières, tous les deux ans) le site suivant donne de bonnes infos :
http://www.mandalaymarionettes.com/aboutpuppetsmain1.html

Mandalay 18 janvier

Aujourd'hui, nous faisons une journée avec le taxi blue de Sean baw :20 000k

Nous allons voir le monastère en bois Shwe In Bin : d'énormes piliers en teck soutiennent le monastère, il est orné de fins motifs sculptés, les statues de Nat sur les portes sont très belles puis nous visitons le marché au jade voisin qui représente toute une entreprise, des femmes trient des pierres, des ouvriers les taillent, puis nous entrons dans un marché fermé :des acheteurs négocient, après avoir scruté la qualité des pierres (ne pas chercher à payer le droit d'entrée). Après un bref aperçu de cet énorme marché, nous nous dirigeons vers la pagode Mahamuni. De longs couloirs couverts, aux quatre extrémités vendent de l'artisanat. Je n'ai pas le droit, en tant que femme de m'approcher du célèbre Bouddha de la pagode et de coller des feuilles d'or; avec toutes ces épaisseurs d'or, il ne paraît pas très beau. Les femmes et les enfants le regardent, assis sur un tapis. Dans l'enceinte de la pagode, on peut voir des statues khmers, sans grand intérêt. Un musée présente de nombreuses photos venant de différents pays bouddhistes; au centre on surplombe une carte décrivant le parcours du Bouddha dans l'Asie, au-dessus un zodiaque dans le ciel. puis nous prenons la direction de la colline de Sagaing (prononcez « sagane »): le taxi nous arrête en bas de la Paya Soon U Ponya Shin, (il n'est pas assez puissant pour monter la côte, mais les taxis normaux le peuvent et seraient plus pratiques, on peut prendre aussi une moto), la montée se fait en 25 minutes (je décide de ne pas enlever mes chaussures avant le sommet !), et offre de belles vues sur les multiples pagodes dorées de Sagaing. La pagode en elle-même n'offre, à mon avis, pas grand intérêt, elle est un peu clinquante cette pagode, avec son carrelage, très salle de bains et ses panneaux très clinquants. Je n'ai pas vu les grenouilles en bronze du Lonely Planet. (derrière les toilettes, un taudis infect de sacs plastique et papiers toilette). Nous voulons continuer vers l'Umin Thounzeh, (colonnade en forme de croissant ornée de 45 statues de Bouddhas) un bonze nous ayant indiqué l'umin « ounzeh », qui est « son » monastère, il nous a mis malgré lui sur une mauvaise piste, nous devons de nouveau monter et redescendre ! l'Umin Thounzeh est très loin, il fait très chaud, et nous redescendons la colline.

Nous déjeunons à l'Happy Hotel Restaurant, qui est fermé mais que notre taxi blue arrive à faire ouvrir pour nous (deux ou trois personnes viendront après): 15 000k pour deux p. Au fait, un paquet de cigarettes Red Ruby coûte ici 700k ! (entre 600k et 800k) Nous allons voir les argentiers travailler, c'est très intéressant puis nous visitons la pagode Kaunghmudaw, énorme dôme blanc en forme de sein. De nombreux étals vendent du thanakha, mais personne n'en achète ! Nous retournons à l'hôtel. Mon conjoint s'est sérieusement entamé le dessous du pied et devra porter des pansements pendant une grande partie du séjour. Nous rencontrons Michelle, originaire de Tours qui cherche à partager des moyens de transport et nous demandera de participer à notre programme du lendemain;

Mandalay.19 janvier

Le taxi blue acceptera de prendre Michelle avec nous moyennant une augmentation de 2000k (20 000k au lieu des 18 000k prévus pour deux personnes soit 12 000k pour nous deux.)

Notre taxi blue nous emmène visiter les fabricants de feuilles d'or à King Galon. C'est très intéressant, mais surtout inimaginable que les batteurs d'or fassent autant d'effort et mettent autant de temps pour faire ces fines feuilles d'or, tout cela pour les bouddhas ! Noua allons voir sur la route d'Amarapura les sculpteurs sur bois, les broderies birmanes « kalata »(qui servent aussi à habiller les marionnettes), et les fonderies à la cire perdue (ils ont fait le bouddha du temple de Lodève dans l'hérault, comme nous le montre le pressbook, il est fabriqué en plusieurs parties qui sont assemblées sur le lieu final). Toutes ces visites organisées par Sean Baw étaient très intéressantes, Nous visitons la pagode Pahtodawgyi, toute blanche;les hommes peuvent grimper sur les terrasses qui offrent une vue brumeuse sur le lac et le pont U Bein, mais toujours pas moi !, puis nous allons voir la fabrication des longyi en soie, brodés, ou plus simples et visiter le kyaung Bagaya.

Nous prenons le ferry(1000k) pour aller à Inwa, où une calèche à cheval menée par une jeune femme( 6500 k pour trois p., sinon 5000k pour deux personnes, tarif affiché)nous emmène visiter les quatre principaux sites :Yadanasinme Pagoda, Bagaya Monastery, Palace Tower, Maha Aungmye Bonzan monastery; nous avons une belle vue sur la colline de Sagaing depuis le sommet de la tour penchée. Nous avons fait une belle promenade dans cette région que je n'avais pas imaginée verdoyante et cultivée. Nous avons eu, paraît-il, un très bon cheval, on peut voir les classements affichés sur un tableau.

Nous revenons au coeur de la ville d'Amarapura et visitons la pagode Nagayon au bouddha assis sur un socle en forme de serpent et le temple chinois Chinese Joss avec ses forêts de bouddhas en stuc dans toutes les positions, très curieux et très drôle!, mais pas très beaux. Tout est démesuré dans ce temple !

Direction le célèbre pont U Bein, nous réservons une barque pour 3000k qui viendra nous chercher de l'autre côté du pont pour faire le retour en bateau et voir le fameux coucher du soleil sur le pont Nous traversons à pied le pont U Bein et nous voyons notre courageux batelier, d'un âge très avancé, ramer pour conduire son bateau de l'autre côté du pont où il nous attendra. De l'autre côté du pont, la Pagode Kyauktawgyi présente un beau bouddha assis et de belles fresques, pas encore vues jusqu'à présent. Retour en bateau et coucher de soleil un peu décevant !

Après cette longue journée, nous apprécions le repas réservé à l'hôtel le matin, ce soir, ce sera du curry de poisson(6000k par p.)

Pyin oo lwin, 20 janvier

Nous assistons au défilé des bonzesses en rose qui viennent sonner à l'hôtel chercher leur riz et nous prenons des photos. Nous avons fait réserver un taxi partagé par notre hôtel à 8h (7000k place à l'arrière et 8000k la place devant). Deux jeunes filles y sont déjà présentes : le trajet dure 1h20 jet le taxi nous dépose directement à l'hotel :Dalhia Motel, nous avions fait réserver une chambre à 19 doll, par le Peacock, mais la baignoire est vraiment très sale et nous préférons prendre la chambre standard à 15 doll que le Dahlia Motel n'avait pas mentionné au téléphone (petites bêtes rampantes sur le carrelage, mais dans l'ensemble ça va) Nous partons à pied vers le jardin botanique (5doll /p. plus 1000k par app photo)Des nurseries de plantes longent la route. Le jardin est très beau, très étendu et très bien fleuri, il forme un contraste total avec le reste du Myanmar.Il est très peu fréquenté; nous voyons des volières (un paon fait la roue), un musée de papillons, des serres d'orchidées (en ce moment au repos pour la plupart), des daims peu sauvages, et une tour accessible par une grande route démesurée, avec ascenseur, elle offre un beau panorama sur la ville. Nous ressortons par l'entrée ouest et retrouvons la route d'arrivée assez déserte, mais par chance nous rencontrons une mototaxi sur le chemin du retour qui nous conduit au centre pour 2000k (l'hôtel et le jardin sont excentrés) Nous prenons un déjeuner très sommaire au Restaurant Nepali (1000k le plat) car il y a peu de choix mais l'accueil est cordial. (un nan avec un peu de légumes, un coca et du thé à volonté) Nous visitons un temple hindou où une vache est à l'honneur ! Un gamin, bien habillé en short et chemisette, et fier de porter des lunettes de soleil a un sourire craquant, nous le photographions, il est encouragé au fond de la cour par sa mère qui lui demande de sourire. Puis nous trouvons un autre temple hindou, Sri Krishna et nous allions y rentrer quand un conducteur de calèche nous propose ses services (les fameuses petites calèches de Pyin Oo Lwin !) un monsieur qui se dit professeur d'anglais vient nous aider et nous voilà maintenant entourés de quatre personnes !nous organisons un circuit pour 6000k au nord-est de la ville, nous commençons par un temple cantonnais, juste à côté d'une salle de mariage :deux beaux mariés chinois disent au revoir à leurs nombreux invités venus pour la plupart à moto, apparemment le repas vient de se terminer !Nous passons devant un terrain de sport où se dispute un match de foot très regardé, nous visitons une très belle paya Shwe Myan Tin, le gouvernement a beaucoup investi pour cette pagode magnifique, les bouddhas sont superbement drapés !des photos montrent les inaugurations en présence des militaires. nous sommes gentiment invités à y rentrer et à prendre des photos, le gardien nous dit même d'aller voir la paya U Shanti voisine qui ne comporte rien de spécial. Nous passons devant le marché shan et la Paya Aung Chantha, stupa blanc , et enfin, nous visitons le temple chinois Chan Tak (200k app photo), dans un très beau jardin, petite mare, belle pagode à 6 niveaux offrant une belle vue sur la ville et rendez-vous des amoureux !. Notre cocher nous laisse là comme convenu. Il est 6h moins ¼. Dans l'enceinte du temple se trouve un restaurant chinois désert La carte est en birman, le personnel s'amuse et nous emmène choisir notre repas dans la cuisine. On nous montre une assiette de légumes , des nouilles et en 5 minutes, même pas le temps de fumer une cigarette, on nous improvise très gentiment un bon dîner sympa : une délicieuse soupe de vermicelles de riz, une assiette de légumes, des samossas, du riz et du thé à volonté, tout cela pour 1000k ! Il fait totalement noir, le soleil qui finit de se coucher donne une belle couleur rouge au-dessus des arbres. L'hôtel est à 500m, mais on nous indique très gentiment le chemin, à plusieurs reprises, heureusement, nous avons toujours nos lampes frontales dans nos sacs à dos ! Brrr, il fait froid maintenant. La télévision passe une jolie musique shan.

Pyin OO lwin 21 janvier

La nuit a été très fraîche, j'ai supporté mon damart et un polaire sur ma veste de pyjama, le matelas est épais et très dur. Réveil à 3h-1/4, puis toutes les heures jusqu'au lever, à 6h ! Nous prenons notre petit déjeuner vers 6h30, le jour est levé : thé, un œuf sur le plat, toasts et confiture de fraises (moins bonne que celle que l'on trouve en France, bien que ce soit la spécialité de cette ville). Un touriste nous a prévenu que le trajet depuis l'hôtel vers le centre est offert par l'hôtel, nous leur demandons donc de nous emmener au centre après le petit déjeuner, je n'avais pas prévu que ce serait à moto, mais nous avons été conduits très lentement à notre demande ! Il fait encore froid, et nous supportons nos deux polaires superposés! Nous allons voir le marché du matin, qui s'installe fruits (oranges, ananas, pommes, pas de fraises, des pastèques)et légumes (nombreux chou-fleurs et autres types de choux); quelques femmes portant des serviettes éponge sur la tête, des pao, je crois, mais rien de très pittoresque. J'achète quelques CD musicaux, qui se révèleront être des DVD.

Puis nous cherchons la paya Shwezigon, beau décor extérieur, à côté d'un centre de méditation ou d'école bouddhique où un bonze demande à nous parler.; nous visitons aussi une autre paya, près du marché, le Maha Aung Mye BonThar . A 10h, il fait très chaud et nous retirons nos polaires.. Nous traînons dans le centre, envoyons des e-mails à nos enfants et confirmons notre réservation à l'hôtel New Park à Nyaung U(600k de l'heure), passons devant l'église anglicane de la Toussaint, qui est fermée. Des enfants déjeunent, mais nous n'avons pas droit aux sourires. Il est 11h, nous cherchons la fameuse boutique d'artisanat Pacific Word, et nous retrouvons le supposé professeur d'anglais de la veille dont le père tient la boutique. C'est un bric à brac poussiéreux de statues de bouddhas et de masques de tribus que je m'empresse de quitter. Nous allons déjeuner à la pâtisserie GoldenTriangle Coffee où nous nous reposons pendant plus de deux heures (nous prenons chacun un sandwich aux crudités et poulet, une viennoiserie, un ice latte, un expresso pour 13 200k). Quelques touristes arrivent et repartent pendant ce laps de temps;il y a très peu de touristes à Pyin Oo Lwin ! Peut-être une dizaine (notre immense motel paraît désert). Nous quittons notre café et tombons sur notre sympathique cocher de la veille qui nous ramène à l'hôtel pour 2000k . Nous attendons notre taxi partagé que nous avions demandé pour 15h pour retourner à Mandalay. (8000k place devant et 7000k à l'arrière) et j'ai le temps d'écrire mon compte-rendu dans le bar de l'hôtel, où la température est agréable. Il est 2h1/2. Nous discutons avec un représentant en jade, il me montre des petits paquets contenant différents types de jade, des jades étoilées, un peu grises et des jade vertes, je dis: oh, beautiful ! Et lui « you like? » et il m'en offre une, je suis très touchée et offre en échange une petite bouteille de parfum Guerlain à sa femme qui voyage avec lui ainsi qu'une carte postale de Paris, elle est ravie. Les taxis sont toujours ponctuels et même en avance ! Il est 3h – 20 et notre toyota arrive déjà !nous partageons le taxi avec une femme birmane et un militaire. Ils ont payé 5000k. A 15h, l'école est finie et beaucoup d'enfants rentrent, tout au long de la route. En 1h30, nous sommes de retour !

Au retour au Peacock Lodge, on nous offre du thé vert., un groupe a emmené notre clé ainsi que deux autres et nous devons utiliser le trousseau principal. Nous payons l'hôtel et je remets un petit flacon de parfum à la jeune fille de la maison Tchisouti et une carte de Paris, en remerciement à son père Ki. Ils ont tous été très gentils et nous ont garanti un séjour très agréable et sans faille. Ils ont tous été très attentionnés, et nous ont beaucoup aidé pour faciliter notre séjour à Mandalay, c'est le coup de coeur de nos hôtels en birmanie, hôtel bien entretenu, cuisine bamar excellente et accueil parfait.

Nous avions réservé le dîner réservé à l'hôtel avant de partir, c'est le plus pratique, car nous ne pouvons aller au plus proche restaurant à pied.. J'ai demandé du curry de poulet. Nous avions prévu de passer une nuit de plus à Mandalay , mais comme nous avons pris l'option bus et non taxi pour aller à Monywa, nous passerons deux nuits dans cette ville au lieu d'une.
Washington, DC sous le manteau de neige... et pour longtemps (images) English translation pending
by Néfer · 2010-02-10 · 46 replies
La capitale nationale américaine comme on ne la voit pas souvent.

http://photos.cyberpresse.ca/...0/album/7664/190830/

Ici au Québec, il y a très peu de neige au sol et les grands froids se font très rares.

Bon pelletage, gens de la côte est. Attention quand même vous y êtes peu habitués.😛
Trafics d'opium et cætera, un mois à pied dans les montagnes du Nord Laos (province de Phongsaly) English translation pending
by 321 · 2010-01-29 · 170 replies
Trafics d'opium et cætera, un mois à pied dans les montagnes du Nord Laos (province de Phongsaly) Un mois à pied, de village en village, en forêt toujours, en montagne toujours, aux côtés des Hmong, des Hanyi, des Akha, des Hô

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« Groupes d'esprits étrangers et chinois, Groupes d'esprits parents, Prenez tous de l'opium, Prenez du thé au complet, Car il va falloir partir dénombrer les esprits vitaux. Il y a bien des évènements en perspective, Il y a bien des incidents en perspective, Mais ne craignez rien ! »

Service chamanique Hmong (extrait)

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Pour parvenir au village de Sinchay Khong depuis Vientiane, la capitale du Laos, il faut commencer par endurer trois longues et éprouvantes journées de bus vers l'extrême nord du pays, jusqu'à atteindre la petite ville de Phongsaly, chef-lieu de la province du même nom. Le lendemain, encore deux heures de véhicule tout-terrain sont nécessaires, puis tout le reste du jour se passe en laborieuse navigation, en pirogue durant huit heures, sur la sauvage et bouillonnante rivière Nam Ou, vers son amont et au pied de vertigineuses frondaisons vertes de forêts denses. Une nuit dans un village Taï Lü, la journée suivante dans un village Hmong à une heure de navigation supplémentaire, toujours aussi chaotique, sur le même cours d'eau tumultueux, seul passager avec quatre bateliers pour guider, tracter parfois à la force des bras et à l'aide de cordes, la frêle embarcation dans les époustouflants rapides. Le sixième jour, après une heure trente de navigation sur la rivière Nam Khang, affluent du cours remonté les deux jours précédents, puis seulement deux heures de marche on y parvient enfin, au village de Sinchay Khong, point de départ, demain ou plus tard, de la première d'une trentaine de journées à parcourir seul, lentement et à pied, la fascinante province de Phongsaly, et d'autant de nuits à passer exclusivement chez l'habitant.

Sinchay Khong, village de l'ethnie "chinoisante" Hanyi, isolé dans une des régions les plus sauvages et naturellement préservées du Laos. On ne se souvient pas exactement de la date de passage du dernier falang - du dernier homme Blanc occidental - dans le village, c'était il y a plus de vingt-cinq ans. À peine arrivé chez mes hôtes, un vieillard opiomane étendu sur sa natte et deux femmes brodant entourées d'une douzaine de tout jeunes gamins enjoués, que deux hommes font irruption dans la semi obscurité de la hutte. Exténués, haletants, échines courbées sous le poids de leurs énormes charges sur le dos, de solides harnais de bambou et des feuilles de bananiers garrottant les larges plaies débordantes de viscères des deux lourdes masses sombres : la bête, noire, entière, coupée en deux, sectionnée au niveau de l'abdomen. Elle est jetée sur le sol de terre battue
Compte rendu: croisière "Perles des Antilles" du 9 au 16 janvier 2010 English translation pending
by Yaya71 · 2010-01-24 · 41 replies
Bonjour à tous,

Et oui voilà une semaine que l'on est rentré du paradis pour retrouver la fraicheur de la France, en pensant à notre prochaine croisière.....

Je vais essayer dans ce cr de vous donner nos impressions sur le Costa Mediterranéa et sur la croisière en général. Pour moi c'était ma première croisière et pour mon mari la seconde (1er sur le BDF). Pour ma part j'ai trouvé le bateau grandiose, un tout petit peu Kitch, mais bon c'est du pur style Italien (nous habitons non loin de la frontière Italienne, donc on connait leur penchant pour le bling bling!).

Départ Samedi 9 janvier 7H55 décollage de Nice vers CDG (inquiètude neige sur Paris), mais notre avion à Paris décolle tous de même avec 1H30 de retard, mais nous voilà en vol pour la Guadeloupe.... Arrivée à 18H00 à l'aéroport de Pointe à Pitre et ensuite prise en charge totale de Costa avec les transferts vers le port. Nous arrivons enfin en vu du port et là nous voyons le bateau, une merveille! Nous montons très rapidement à bord, tout est très bien organisé et nous voilà déjà dans notre cabine qui est très belle, nous partons explorer un peu le bateau avant la réunion d'information avec les hotesses francophone, bon c'est un peu dur car en horaire française il est 1 heure du mat ! On a du mal à garder les yeux ouvert, et ensuite c'est notre premier repas au restaurant où nous sommes placés à une table que nous garderons tout le long de la croisière. Nous faisons connaissance avec les personnes de notre table qui sont très sympa, et avec qui nous allons passer une super croisière. Nous sommes quand même tous très fatigués et avons hâte de rejoindre notre cabine vers 23H ou nos bagages ont été livré. Nous regardons partir le bateau de notre balcon et direction le dodo.

Le dimanche nous sommes au petit déjeuner sur le pont 9 à 7h du mat, ah l'exitation du départ impossible de dormir. Nous nous installons à la piscine à l'arrière du bateau jusqu'à l'arrivée à St Martin.

Arrivée à St Martin à 12h, descente à terre et direction le water taxi (6 dollars a/r), très simple et là nous plongeons dans l'ambiance locale, musique à fond, on commence déjà à danser. Visite du côté hollandais, le français est fermé c'est dimanche. Donc c'est boutique, boutique et encore boutique..... On fait un petit tour à la plage et puis c'est déjà l'heure de remonter sur le bateau. A 20h nous allons au spectacle, c'est un des points négatifs, nous les avons trouvés très juste, mais bon c'est vraiment un petit bémol. Ensuite direction le resto. ou nous nous lions de sympathie avec nos voisins de table, nous serons toujours dans les derniers à quitter la table. Un autre petit bémol, je n'ai pas trouvé la nourriture super, et trop commune (beaucoup de produits surgelés) et j'aurai aimé gouter un peu plus à la cuisine locale. Il y a bien un plat des caraïbes à la carte, mais bon manger du poissons surgelés dans cette région du monde, j'étais un peu déçue. Je comprends bien que l'on ne peut pas faire à manger pour 2000 personnes comme dans un petit resto, mais un petit effort pour se servir au moins en poissons chez les locaux ne ferait pas de mal !!!!

Arrivée à la Romana, nous avions pris l'excursion Costa pour les Iles Saona (la seule avec Costa). Nous embarquons dans des petits bateaux rapides, et là à fond la caisse, c'est rigolo et un peu éprouvant, mais c'est à faire. Pause dans des piscines naturelles, où l'on peut voir des étoiles de mer (magnifique) et on nage un peu avec un ruhm-sprite (bizarre mais pas mauvais) et direction l'île. Là c'est repos et bronzette sur une superbe plage avec cocotier et une petite ballade, ramassage de quelques coquillages pour les enfants. 2H plus tard nous reprenons les bateaux pour rentrer, et de nouveau à fond la caisse, attention les personnes agés et les enfants en bas ages cela peut être dur, nous on s'est éclaté! Nous avons gouter à nos premières pluies dans les antilles et avons eu un peu froid au retour. Un regret le bateau pourrait rester un jour de plus car on aurrait aimé visité l'intérieur des terres (magnifique petit village chavon).

Le lendemain, Catalina, bof, super plage Costa mais beaucoup de monde, et leur buffet vraiment pas top (viande carbonnisée). J'en profites pour un petit massage sur la plage et quelques boutiques (mais vous êtes constament hapé par les locaux qui veulent vous vendre tout et n'importe quoi), bon il faut dire que le beau temps n'était pas au rendez vous, pluie et soleil en alternance, j'ai regretté de ne pas avoir pris une excursion mais il fallait se lever à 6h (c'est les vacances !!!!). C'était quand même très beau comme décord.

Arrivée à Tortola, c'est le paysage que j'ai préféré en arrivant avec le bateau, tout est vert, c'est magnifique. Nous avons fait Virgin Gorda par nous même, et avis au prochain départ ne prenez pas cette excursion avec Costa c'est vraiment de l'arnaque. Ils ont fait exactement la même chose que nous pour 3 fois plus cher !!! Donc direction Speedy à 500 m du bateau à gauche. 38 $ le bateau + le taxi qui nous transporte au site. Sur place nous payons 3 $ pour descendre à la plage. C'est très très beau, passage par des grottes et piscines naturelles (très étroit) puis plage paradisiaque comme sur les cartes postales. Nous remontons par le parc, et là à ne pas louper, forêt de Cactus, fantastique avec vue sur la mer. Nous allons boire un verre et retour vers le bateau qui nous ramène à Tortola où pour mon gout il n'y a rien à voir (bon un peu fatigué après avoir crapahuté dans les rochers et les vagues toute la journée). Ah oui un petit marché de locaux, quelques magasins (toujours les mêmes diamentaires sponsorisés par Costa!!!!) et un magasin d'épices très joli, mais je ne garantie pas leurs épices (j'ai acheté un mélange créoles, aucun goût!!), réserver vous pour les achats des épices à votre arrivées à Pointe à Pitres, il y a un marché où il vende rhum et épices à volontés.

Arrivée à Antigua, nous avions décidé avec nos amis de notre table, de manger une langouste, j'en revais. Nous avons demandé à Fabio (le M. sopping du bateau) et ils nous a dirigé vers une plage privée avec resto (en taxi 10 $ à 4). Nous avons un peu peur au début, car resto. italien, mais ouf la langouste était très bonne (la prendre grillé toute simple et pas en sauce). Et là nous avons profité d'une plage pour nous tout seul ou presque (4 italiens était installés bien loin), et c'est vraiment reposant, car toute les excursions sont bondées de monde et on n'est loin des plages paradisiaques désertes !!!! Alors enfin on a pu profiter d'une plage presque déserte, le bonheur, transat, soleil, mer, coquillage et langouste bien sur !!! Ensuite retour en ville pour un peu de lèche vitrine, très sympa et très coloré.

Arrivée à Ste Lucie, nous décidons de faire par nous même la souffrière et ses bains de boues. Nous sortons du bateau et là pas de soucis, nous trouvons un taxi avec des canadiens, des suisses et des allemands, tous super sympa. Le chauffeur nous dit que l'excursion se fera en français, mais il passe très vite à l'anglais, heuresement nos amis canadiens nous ont tout traduit. Alors arrêt au bord d'une plantation de bananes avec explications de la récolte, ensuite nous traversons un village de pécheurs avec arrêt sur un point de vue magnifique pour photos, et ainsi de suite tout le long de notre longue route vers la souffrière (c'est vraiment très long et attention aux personnes ayant le mal des transports). Arrivée à la souffrière, on paie 5 $ pour la visite du site (30 $ le taxi au fait). Alors là bonjour l'odeur de souffre, après le mal au coeur en taxi c'est la totale, mais c'est à faire. Par contre les bains de boues je pense que c'est un attrape touriste à fond. Bon il y a un tas de boue, vous vous badigeonez avec et après vous vous rincez dans une eau plus que trouble, c'est loin d'être des bains. Je n'ai même pas essayé et pourtant j'étais venue pour ça, mais c'est uniquement mon avis, peut être que d'autres personnes ont apprécié. Ensuite c'est le retour avec un arrêt cascade, très joli, mon mari s'est baigné, moi je l'est trouvée un peu frisquette. Donc petite baignade, photos de très jolies fleurs et retour au taxi pour notre dernier arrêt pour admirer la vue sur Marigot Bay, aucun arrêt plage comme prévue, mais bon des plages nous en avons vue et revue, c'est pas grave, et en plus le taxi devait allé chercher d'autres touristes, donc retour au port, rien d'extroadinaire sauf peut être des beaux et grands marchés locaux, sinon les boutiques toujours les mêmes !!!!!! Je ne sais pas avec Costa si l'excursion est mieux mais elle est encore 3 fois plus chere !!! Et bien sur nous avons croisé les gens de Costa tout le long du chemin, donc je pense qu'ils font pratiquement la même chose. Et voilà c'est notre dernier resto sur le bateau, et ensuite buffet créole de minuit. Il y a un autre buffet de minuit dans la semaine, mais alors là bon courage pour celui qui veut s'approcher c'est la cohue, et les Italiens ne lachent rien !!! Par contre pour le plaisir des yeux c'est très beau.

Arrivée en Guadeloupe le samedi 16 janvier, c'est le dernier jour, snif, nous sommes un peu triste !!! Nous ne prenons pas d'excursions et nous balladons dans Pointe à Pitres (marchés et gens très sympa avec les touristes). Nous achetons nos derniers souvenirs, et retour à bord vers 15H pour débarquer et transfert vers l'aéroport, où là l'organisation Costa commence à être un peu moins bien !!! Les bagages que nous avons déposé le matin avant 1H du mat. sont là mais dans une salle commune et il faut se débrouiller pour les retrouver parmi les bagages de 400 passagers, la prochaine fois j'emmène des valises roses fluos !!! Car mes valises noires elles ressemblent à toutes les valises noires !!!! Et ensuite c'est la queue pour enregistrer les bagages (2 ou 3H) et la queue pour les douanes.... C'est bien simple, on est arrivé à l'aéroport vers 16H et en salle d'embarquement vers 19H45. C'est un peu épuisant, mais bon un gros dodo dans l'avion et beaucoup de merveilleux souvenirs.

Maintenant que j'ai gouté à la croisière, comme beaucoup, j'ai hate de recommencer cet été peut être avec les Iles Greques.... N'hésitez pas à poser des questions, je répondrai avec plaisirs, et bonne croisières à tous les prochains départs.
All along la Baie d'Halong English translation pending
by Simplybrice · 2010-01-08 · 7 replies
A force de boire autant que de déboires, d'être démarchés autant que de marcher, nous n'avons qu'une envie : se sortir la tête d'Hanoï.

Comme la vie est bien faite, c'est exactement ce qui est programmé. En plus, ce n'est pas un planning de molasson qui nous guête, c'est même plutôt le contraire. Il est déjà entendu que la Baie d'Halong sera un des temps forts de mon périple. Un des temps forts et sans temps temps faibles étant donné que telles que les choses sont prévues et organisées, nous serons déjà de retour à Hanoï dans trois jours après une exploration intense et passionnée, en tout cas, on l'espère.

Ce matin, tout commence avec un bon décallage horaire, grand écart complet avec le rythme des jours précédents puisqu'il faut qu'on soit levé de bonne heure et de bonne humeur. C'est pas évident d'autant qu'à l'extérieur la grisaille recouvre la ville. On est pris en charge à notre hotel aux alentours de 7h par un minibus remplis de visages occidentaux qui montre bien qu'on a rejoint la route touristique principale. Qui plus est, comme on est en circuit organisé du genre "tout compris", je redoute un peu la chose eu égard à la dernière fois que je m'étais essayé à la chose à Abou Simbel en Egypte, expérience qui avait tournée à la désillusion malgré la majesté du sîte. Mais pour l'instant, l'heure est à la sieste et comme tous les passagers roupillent encore plus vite que moi, il n'est pas question pour une fois de culpabiliser.

Je rouvres les yeux à l'arrivée à Halong City. Le temps ne s'est pas amélioré ce qui n'arange en rien ma perception des lieux. La ville est d'une laideur certaine. De grands blocs de bétons rectangulaire faisant office d'hotels noient le front de mer, ça sent l'usine... Lorsqu'on tourne le dos à cette apocalyse architecturale, on a la mer en face, enfin quand on peut la voir... En effet, autour de 800 bateaux s'occupent de transporter les touristes vers la baie et ça fait une sacrée armada, y'en a partout, à vous donner le vertige. Sur ce, nous cinq (Nat, Jo, Marius, Dani and me) ainsi que nos autres compagnons de route ensommeillée, on est convoyé jusqu'à notre bateau. Il est grand, confortable et même s'il marche exclusivement au moteur, il est quand même charmant puisque fabriqué tout en bois. On en profite également pour prendre possession de nos cabines dans lesquelles on dormira la nuit suivante. Elles ne manquent de rien même pas d'allure.

A midi, on largue les amarres, en route vers le paradis calcaire! En vue à quelques kilomètres, on peut déjà apercevoir les îles qui font la réputation et la beauté de la Baie d'Halong. Elles surgissent magnifiquement de l'eau comme des doigts d'honneur à la ville repoussante d'en face. C'est un enchainement de parois verticales à vous donner le vertige, un enchantement pour les yeux. On se rapproche ainsi pendant près d'une heure avant de pouvoir vraiment naviguer au milieu de ce labyrinthe. Dans le bateau, tous les touristes s'agglutinent sans raison apparente au niveau intermédaire dans ce qui fait office de restaurant pendant que notre joyeuse troupe s'extasie du spectacle sur le pont supérieur généreusement doté question chaise longue. C'est à n'y rien comprendre mais maintenant je commence à avoir l'habitude de ce genre de comportement et apprends malgré moi à ne plus m'en étonner. Nous, de toute façon, avec le ciel comme couverture, on est à mille lieux de s'en soucier!

Après deux heures de cette douce navigation, on s'arrête une première fois pour visiter une grotte appelée grossièrement Amazing Cave qu'on pourrait traduire par Super Grotte! L'entrée de la grotte est le long d'une paroi qu'il faut grimper par un escalier tout ce qu'il y a de plus accessible. Tout ici, est fait pour simplifier la vie du touriste. Il est semble en fait que tous les bateaux de la baie font une pause ici donc le flot est incessant et des plus jeunes aux moins jeunes, tout le monde peut profiter du "super" spectacle. Dans les faits, la grotte en elle-même est une vraie merveille. Les salles sont gigantesques, éclairées avec gout. Les stalactites et mites sont des splendeurs. C'est tellement grand et spectaculaire que même un claustrophobe apprécierait le spectacle. Quant à l'agoraphobe, c'est une toute autre question... La première salle dans laquelle on pénètre fait plus ou moins office de sas d'entrée de part sa taille. Et bien cette salle est plus densément peuplée qu'un grand magasin à la veille de Noël! Ca se bouscule, ça s'engueule presque. Un vrai bonheur!!! Ensuite, il faut passer par une petite ouverture en forme de goulet d'étranglement où il faut attendre son tour et faire la queue pendant bien dix minutes. Ce n'est qu'après ça qu'on peut réellement apprécier. c'est grandiose même s'il faut suivre un chemin balisé et littéralement marcher dans les pas de celui qui vous précède; on en oublierait presque la foule jusqu'aux commentaires désobligeants des touristes français qui pensent que vous ne comprenez pas un broc de ce qu'ils racontent.

La visite dure ainsi une heure, après quoi on remonte dans le bateau pour une nouvelle ballade le nez au vent, rejoints au passage par les autres passagers qui finissent par comprendre l'évidence : on est bien mieux sous le ciel que sous un toit surtout ici!!!

On passe alors deux nouvelles heures de délectation occulaire avant un nouvel arrêt qui cette fois-ci ne fera pas que nous dégourdir les jambes puisqu'on se voit proposer un quartier libre sur kayaks. Chacun s'équipe donc d'une pagaie, d'un gilet de sauvetage obligatoire et se pose les fesses dans une embarcation. On peut alors déambuler à la force des épaules entre les îles et comme on ne fait rien comme tout le monde, on peut aussi se faire des batailles navales pour rigoler de plus belle en se maculant les uns les autres d'une eau à 21-22°. On s'éclate donc comme des fous rejoints dans l'affaire par Maria, une américaine qui, dans la bataille, a oublié qu'elle avait son appareil photo qui supportait mal l'eau de mer. Oups... C'est donc dans les splashs qu'on finit la journée. Le retour au bateau, d'une grande générosité, s'accompagne d'un coucher de soleil. On est de retour sur le pont quand la lumière commence à décroître. Le capitaine ancre le bateau pour la nuit et comme avec Jo, on est pas exactement rassasié, on en profite pour faire les cons en sautant du bateau depuis le pont supérieur. Théoriquement, on devait sauter de façon synchroniser, mais sans prévenir, Jo se jète en effectuant au passage des sauts périlleux dans tous les sens agrémentés de vrilles inexplicables. Le fou furieux!! Moi, trop pleutre, je me contente de sauter mais comme ça fait déjà plusieurs étages de haut, je suis déjà bien satisfait. Même pas mal!! On refait l'opération jusqu'à ce qu'on y voit plus rien, la nuit est tombée et la température de l'eau nous fait claquer des dents. Et comme tout est merveilleusement organisé, le temps de prendre une douche à l'eau claire, le dîner est servi.

Ca se passe sans vagues. Maria dîne à notre table, l'ambiance est excellentissime malgré l'appareil photo.

On finit de manger à 20h, qu'est ce qu'on va bien pouvoir faire maintenant? On est sur un bateau au milieu de rien d'autre que des falaises, rien à priori. Et bien détrompez-vous!!! L'équipage du bateau a caché sa botte secrète, une installation karaoké du dernier cri. Des enceintes du tonnerre, deux micros, un catalogue de chansons infini. au départ, on est un peu perplexe... Mais alors que je vais chercher la bouteille de whisky que j'avais pris soin d'acheter à Hanoï avant de partir et qu'on la débouche, l'inhibition lève le camp et plus ça va, lorsque chacun prend tout à tour le micro, il ne veut plus le lacher!!! Au court de la soirée qui s'est fini sur l'injonction du capitaine d'en finir autour de minuit, je me souviens entre autre m'être laché sur "Bohemian Rhapsody" de Queen et plus étonnament sur "Like a Virgin" de Madonna!! Moment culte!!!!

Il est donc minuit, tout le monde est pompète autant qu'il est fatigué. Ce serait donc le moment idéal pour roupiller un coup. Vous avez remarqué l'emploi du conditionnel? Dans les faits, Marius et les filles partent se coucher. Avec dani et Jo, on reprend possession du pont supérieur et de ses chaises longues pour une discussion hilarante sans fin sous la voute nuageuse. il faut dire qu'on est encore motivé par une chose. Dans la nuit aura lieu le quart de final de ligue des champions opposant le Barca au Bayern et Dani, en bon allemand, ne veut rater ça pour rien au monde! Il a d'ailleurs été conclu qu'on pourra se réinstaller devant le grand écran servant de support au karaoké pour voir le match. En attendant donc, on papote autant qu'on rigole jusqu'à s'endormir vers 2h30. On est tiré du sommeil à 2h45 par la pluie qui commence à tomber doucement sur nous. Ca tombe drolement bien, le match est à 2h45!! On réveille donc le petit gars qui dort là et qui voulait de toute façon aussi d'adonner à sa passion footballistique. Réveil de courte durée au final accompagné d'un brin de déception car il n'y a plus un volt de courant sur le bateau, c'était bien la peine! Enfin au moins, on peut alors aller dormir...

Mais pour ne pas changer les bonnes habitudes, le lever est poussif et douloureux. Il me faut des trésor de courage pour rejoindre le petit déjeuner, aidé quand même en cela par le fait qu'on est pas n'importe où puisqu'au milieu de la Baie d'Halong!! Le bateau se met déjà en route alors qu'on finit à peine nos tartines. La direction : Cat Ba island. C'est la plus grande île de la baie et elle offre nombre d'hébergements dont un qui nous est déjà alloué pour la nuit suivante. Mais on en est pas encore là, la journée débute à peine. On atteint Cat Ba en milieu de matinée, accueuilli par un nouveau minibus rutilant. Celui-ci nous conduit alors vers le point de départ d'une marche de plus d'une heure avec à son terme, l'arrivée en haut d'une haute colline et la découverte d'un panorama à la hauteur de la grimpette. Au début du sentier, la chaleur moite est déjà présente et je sue à grosses gouttes. A partir de là, on grimpe, on grimpe, on grimpe et ce, toujours au milieu d'une foule nombreuse qui suit décidément le même itinéraire que nous. L'ascension pour certains est laborieuse, pour nous, elle est tranquille. A son sommet, on tombe aux pieds d'une grande tour toute rouillée dont il faut gravir l'escalier pour profiter de la vue. Parfois, il manque une marche. Parfois, il manque deux marches. A la place, le vide. Il faut donc bien faire gaffe à ouvrir les yeux pour regarder où on met les pieds car au final, on finit à plus de 40m de haut. Et enfin, c'est la récompense!! A 360°, la vue est revigorante. Plus question de se plaindre du sommeil, on est reboosté pour la journée! On reste ainsi en haut à profiter jusqu'à se sentir submergé par les groupes qui ne cessent de s'accumuler là. il est temps de laisser la place avant que la tour ne s'effondre sous le poids des visiteurs comme ça va bien finir par arriver vu l'état de celle-ci!!

C'est donc le temps de la descente qui s'en suit. A son terme, le minibus nous attend déjà pour nous déposer à notre hotel pas beau mais depuis lequel on a une très belle vue puisqu'on est au 5ème étage face à la mer. Mais pas le temps d'en profiter encore ni de faire la sieste, le programme est assez chargé pour qu'on ait même pas le temps d'y penser. On est convié pour déjeuner avant de prendre un nouveau bateau pour une escale de quelques heures à Monkey Island. Monkey Island, c'est l'archétype même de l'île de la Baie d'Halong sauf qu'en plus elle est frangée de deux plages et qu'elle est habité par une colonie de singes. On est déposé directement sur la plage et le jeu consiste à se frayer un chemin au milieu des roches assérées pour accéder à la plage située de l'autre côté. Quand on y arrive, on y découvre un petit ensemble de bungalows tous mignons avec son bar sur la plage et sa table de billard. Là, Nathalie s'installe langoureusement dans un hamac et nous, les gars, on se lance dans des parties endiablées entrecoupées de glaces et de boissons sucrées. Quand vient mon tour d'acheter une boisson, je vais m'adresser au barman ce qui me permet de vous exposer les difficultés qu'on a parfois pour se faire comprendre au Vietnam. Je commande: - Can I have a Sprite please? - Soup? you want soup? - No, Sprite, I want Sprite. - Soup? What soup? - No, Sprite. S-P-R-I-T-E, sprite. - OK, soup... Il faudra que je fasse le tour du bar, que je mette le nez et le reste dans le frigo pour finalement me servir moi-même. Suréaliste... Sur ce, je paye et retourne à notre partie quand le guide nous fait signe qu'il est temps de partir. Qu'à cela ne tienne, je le boirais au retour sur le bateau... On repart donc faire l'ascension dans l'autre sens, on retrouve la plage, j'ouvre ma canette et alors que je m'apprête à me délecter de ma première gorgée, les singes font leur entrée. Il y en a trois ou quatre, pas très peureux au point de se rapprocher à un mètre. Je m'accroupis alors pour faire une photo, mets la canette entre mes pieds et là sacrebleu!! En un éclair, le singe le plus proche se jète dessus et dérobe le précieux breuvage!!! Pas une goutte dans mon gosier et le singe fuit avec son butin pour s'installer un peu plus loin sur la plage. Là-dessus, le singe essaye de boire mais n'est pas fichu de savoir comment faire pour boire à la canette, résultat il en fout partout sauf d'en sa bouche. C'en est trop, il faut que je récupère mon bien!! Je m'approche donc mais à chaque fois que je fais un pas, le singe en fait de même dans la même direction jusqu'à finir dans les arbres. Au final, je me sens bien con et bien stupide car en plus de ne pas avoir bu, ma canette va finir en déchet errant sur cette île magnifique sans que le singe ne comprenne à aucun moment comment se substenter. Mais pas question de grimper après le singe, en escalade j'ai l'agilité d'une huitre. Je suis donc retourné au bateau la queue entre les jambes, la canette aux oubliettes de l'histoire...

On a donc fini par rejoindre l'hotel, c'est la fin du planning famial avec figure imposée. On pourrait alors prendre la direction d'une plage pas trop loin mais comme le ciel est toujours chapé de plomb et qu'on est bien rincé, on convient d'un repos salvateur au moins jusqu'au soir. J'en profite d'abord pour dormir une chouille puis pour ne pas perdre les bonnes habitudes, pour te pondre un article bien senti interrompu seulement dans mon élan par un dîner vite ingéré.

Le soir venu, Nat est explosé et dort. Marius et Dani font une sieste tellement profonde qu'un marteau-piqueur ne pourrait les en sortir. Jo et moi, on se demande.

Je prends alors l'initiative de réveiller les germains. Je n'obtiens alors que des "hmmm" vaseux en retour. J'essaye quand même de les motiver pour aller boire un ptit verre et taper dans le mini ballon de foot que Marius trimballe partout. Mais c'est peine perdue, tant pis. en refermant la porte de leur piaule, j'en profite quand même pour leur subtiliser la balle. On descend alors avec Jo le long de la trop large corniche pour l'endroit qui sépare l'hotel de la mer et on se lance dans un jeu de passe. Puis, alléchés par le bruit qui leur parvient jusqu'à la chambre, on est rejoint par Dani puis Marius, c'est la fête!! On joue ainsi pendant une petite heure en prenant à partie tous les philippins qui passent par là en leur passant la balle, c'est très bon enfant. Ensuite, il est temps d'aller dans un petit bar agrémenté d'un billard pour se mesurer entre nous et aussi affronter tout en sourires les locaux. Après moultes cocktails servis dans des ananas frais, après avoir botter les fesses de tout ce que la ville compte de joueurs de billards locaux et de mes compagnons, on rentre une dernière fois se coucher vers 2h, certains diront qu'il était temps.

Ce qui nous amène logiquement au lendemain. Le temps est toujours mi-nuage mi-nuage, la mise en route toujours en fanfanre, ou presque. Ce matin, on a le temps de rien, tout le monde a oublié de mettre le réveil et c'est le guide qui nous réveille pour nous dire qu'on est déjà à la bourre. C'est donc sans douche et quasiment sans petit déjeuner qu'on monte dans le minibus qui nous ramène à un bateau comme celui du départ pour in fine remettre les bouts sur Halong City. C'est le retour au pont supérieur, l'ambiance est ce matin plus calme mais si c'est tout relatif étant donné qu'on s'essaye à l'escalade du mat du bateau. On arrive à la ville grise pile pour se mettre les pieds sous la table dans un restaurant aux centaines de tables. Au bar, tronent d'énormes jarres d'alcool remplies de centaines de serpents, scorpions et autres animaux doux et affectueux mais on y fait même plus attention tellement on en a déjà vu dans un passé récent. On est à la rigueur plus interpelé par la taille du resto que par le bestiaire baignant dans la tisane!!

Et puis c'est l'heure du retour à Hanoï où on arrive après quatre nouvelles heures de sieste motorisée. On récupère notre ancienne chambre dans laquelle on se sent tellement bien qu'on en oublie de manger. On est tous cassé par le rythme des dernières 72 heures et bien que ce soit la dernière soirée de Marius avec nous, on ne fait rien d'autre que de feignanter jusqu'à ce que le sommeil nous emporte tous les uns après les autres. Avec Jo, on est les derniers debout. On en profite pour utiliser à profit les cadavres de bouteilles de bière bues ce soir pour s'en resservir une et faire une petite partie de caps. A 1h quand même, on s'endort la tête pleines d'images de la Baie d'Halong. Y'a pire. Un an auparavant, c'était Mme Lomière, mon ancienne chef acariatre...

Quant à toi, si tu veux partager mes rêves de cette nuit, je t'engage de bon coeur à voir les photos. Le blog est là pour ça. Mi casa es toujours su casa

Et si comme Nicolos, encore merci, tu veux laisser un commentaire relatant ton contentement à la lecture de ces quelques lignes, veuilles à ne surtout pas te gêner que je puisses moi aussi me vautrer dans le bien être!
L'Ouest américain hors des sentiers battus - récit et images - 2e partie English translation pending
by Oliv2019 · 2009-12-30 · 6 replies
Je n'avais pas fait attention aux modifications de mise en page et de stockage du site en 2009 et je n'avais donc pas remarqué qu'une partie de mon carnet de voyage avait disparu. Par conséquent, j'ai été obligé de scinder en deux ce carnet pour tout faire apparaître.

Vous trouverez la 1e partie ici

Dimanche 1 Juin (Mexican Hat) :

Nous avons 3 choses au programme pour aujourd'hui : les tower of silence de Wahweap Hoodoos, Coyote Butte South Pawhole et Horseshoe bend.

Départ vers 8H15 de l'hôtel en direction de la paria ranger station. Nous empruntons la cottonwood canyon road, puis nous prenons la BLM431. Cet itinéraire permet de rejoindre les hoodoos blanc en ne marchant que 1 mile (au lieu des 10 km en passant par l'itinéraire conseillé par les rangers du BLM). Nous arrivons à 9H20 au début du chemin qui consiste à suivre le wash qui mène aux hoodoos. Seul bémol, des moustiques avec des dards gros comme des seringues nous attendent, affamés, le long du chemin. Bref, il nous faut courir à l'aller et au retour ! Les hoodoos, par contre, sont d'une beauté stupéfiante et s'érigent en face comme une assemblée de vieux sages. Retour à 11H30 à la voiture.

Nous nous dirigeons maintenant vers une partie de CBS, pawhole, qui est normalement d'un accès compliqué à cause du sable mou présent pendant la montée. Finalement, ca ne sera qu'une formalité pour y accéder. Il est 12H30. La randonnée doit durer 2 heures et permettre de rejoindre la partie la plus photogénique du site (striation cove). Malgré le GPS, nous ne l'avons pas vraiment trouvé et la ballade nous a semblé beaucoup moins intéressante qu'annoncée. La marche dans le sable était de plus assez cassante et lassante. Peut être sommes nous finalement un peu blasés après le spectacle de la veille à The Wave...en tout cas nous sommes de retour vers 15H10.

Sur le chemin du retour nous roulons assez vite, peut être trop, mais nous ne voulons pas être en retard pour Horseshoe Bend pour une question de luminosité et de couleur. Nous arrivons vers 16H45, petite marche de 10 min pour accéder au méandre du Colorado et profiter du spectacle effet XXL !! Impressionnant...

Notre séjour à Page se termine et nous allons faire le plein d'essence avant de partir en direction de Mexican Hat. Nous remarquons à ce moment là que le pneu arrière gauche est dégonflé. Nous allons donc essayer de le regonfler. Ne sachant pas se servir de la machine...on demande de l'aide à une salariée de la station qui en voyant notre pneu nous indique qu'il doit être crevé. En effet, on entend un filet d'air s'échapper de celui-ci. Malheureusement, nous sommes dimanche, qui plus est le soir. Tout est fermé et il va falloir changer le pneu. Avec l'aide d'un américain, nous réussissons la manoeuvre...bon ok IL réussit la manoeuvre. Maintenant, il est 18H45, nous avons 2h de retard et 1 pneu à acheter... nous décidons de partir vers Mexican Hat en espérant qu'on pourra en acheter un la bas. La piste de Valley of the gods qui était prévu pour la fin de journée est annulée. On arrive vers 21h30 à l'hôtel, les restos ne servent plus, on mange des chips dans notre chambre...

Wahweap Hoodoos (3 photos)

Wahweap Hoodoos (2 photos), CBS Pawhole

CBS Pawhole

CBS Pawhole

CBS Pawhole

Horse Shoe Bend

Lundi 2 juin 2008 (Hanksville) :

On a du mal à se lever ce matin, surtout qu'il y a 1h de décalage entre l'Arizona et l'Utah, on a donc 1h de moins pour dormir et toujours un pneu à acheter ! On appelle le loueur de voiture pour qu'il nous confirme que celui-ci sera à sa charge, c'est ok. La tenancière de l'hôtel nous dit qu'il faut retourner à Kayenta, situé à 40 miles pour trouver un vendeur. C'est parti ! Le programme prévu est donc mis sur la sellette mais on a pas le choix, impossible de continuer sans roue de secours. A Kayenta, nous faisons 2 vendeurs qui n'ont malheureusement pas notre taille. Un des vendeurs nous propose même un pneu avec des tailles différentes...on refuse pour une question de sécurité et d'assurance. Bref, pas mal de temps de perdu ! Un petit tour au Macdo à 11H15 tant qu'on y est... et retour vers Mexican Hat. Les 2 randonnées de Moonhouse et Road Canyon sont oubliées. Il est 12H40 et nous préférons faire Valley of the gods. Que dire ? Bien sans plus. Cela a sûrement plus d'intérêt pour ceux qui n'ont pas de 4*4 et qui veulent un tout petit peu d'aventure (durée : 1 heure).

Nous enchaînons avec Muley Point, qui est un point de vue sur les méandres de la San Juan River avec au fond du plateau inférieur Monument Valley. Ce point de vue est accessible après une montée spectaculaire menant à un plateau qui surplombe toute la vallée (Mokee Dugway), c'est magnifique ! Surement un des plus beaux points de vue que nous ayons fait dans l'Ouest Américain (un poil légèrement inférieur à ceux de Canyonlands mais le léger détour en vaut largement la peine).

Maintenant direction Natural Bridge National Monument que nous atteignons vers 15h20. Nous entamons le trail Sipapu to Kachina vers 15h45. Celui-ci permet d'admirer d'en bas deux ponts naturels spectaculaires du White Canyon, ballade vraiment à faire ! La durée prévue est de 3 grosses heures. On ne mettra que 2h25, il faut bien rattraper du temps ! On enchaîne avec la petite ballade qui mène sous Owochomo (dernier pont naturel du site)et nous quittons le parc vers 19h en direction de Hanksville. Un petit arrêt à Hite overlook (un des 2 points de vue majeurs pour photographier le Lac Powell avec Altrsom Point) pour admirer le Colorado se déversant dans le lac Powell (même si le lac n’est plus vraiment là à cause de la baisse du niveau de l’eau) et on arrive vers 20H45 à Hanksville. Dîner au Red Rock (très bonne viande).

Sur la route de Kayenta, Valley of the gods

Valley of the gods, Mokee Dugway

Muley Point, Sipapu à Natural Bridge National Monument

Sipapu, White Canyon, Kachina Bridge (2 photos)

Owochomo Bridge, Hite overlook

Mardi 3 Juin 2008 (Hanksville) :

Je laisse ma chérie dormir un peu et je vais essayer de trouver un pneu neuf a Hanksville. Heureusement il y a un tire shop. Le gars, très sympa me dit qu'il n'a pas la bonne taille mais passe commande. D'après lui, on devrait le recevoir le lendemain ce qui ne devrait pas nous poser de problèmepuisque l'on n'a pas prévu de piste dure aujourd'hui. En effet, la journée est consacrée à la Goblin valley et ses alentours.

Nous arrivons vers 11H au trailhead de Crack Canyon. De suite, nous partons le coeur vaillant et sans carte...et au bout de 20 min on s'engouffre dans le mauvais canyon en suivant des cairns (sorte de tout petit canyon sur la gauche). En effet, on se rend vite compte que la configuration du chemin que nous suivons ne correspond pas vraiment à la description de la randonnée et on décide de retourner à la voiture pour chercher la carte ! Il faut dire que même avec la carte on a toujours des doutes sur le wash a suivre et ce n'est qu'après 1h15 de perdu que nous sommes enfin sur la bonne piste. On descend crack canyon pendant 1h afin de voir la partie des narrows la plus spectaculaire et les falaises de cheese sculptées magnifiquement par l'érosion. Nous sommes de retour à la voiture à 14h15, mais, je l'avoue quand même, un peu décus par la ballade...

Le temps se couvre et devient assez menaçant par endroit. Nous décidons quand même d'aller au Goblin valley State Park. Nous nous balladons au milieu de ces rochers aux formes étranges et imaginatives. C'est comme un village de schtroumphs et derrière chaque petite butte nous découvrons des petites maisons et des gnomes de pierre. Seul petit bémol, la présence de nombreux petits enfants s'en servant comme terrain de jeu, ce qui gâche un peu la visite... Finalement nous quittons les lieux vers 15h20.

Nous prenons ensuite la direction de Little White horse trail qui est un canyon très étroit et ludique mais aussi assez fréquenté par les familles. Certains passages sont tellement étroits qu'il n'est pas possible de passer à deux. Gare aux embouteillages ! Il nous faut parfois escalader la roche pour laisser passer les gens en-dessous de nous ! Nous ressortons vers 17h20.

Enfin, nous finissons la journée par White Horse Canyon qui permet d'aller à White Horse window et de voir des pétrographes. Nous sommes décidemment pas dans un grand jour puisqu'au lieu de suivre le trail menant à ces deux endroits, nous continuons à remonter le Wash de White Horse Canyon... on trouve quand même 3 pétrographes sur le chemin. Nous sommes de retour à la voiture à 19H30. La Goblin Valley mérite à mon sens de passer une journée complète afin d'en explorer les différents canyons. La proximité des sites permet d'enchaîner rapidement et de faire ainsi une journée bien remplie ! Retour à Hanksville et dîner au Red Rock.

Crack Canyon (3 photos)

Goblin Valley (2 photos), Little Wild Horse trail

Little Wild Horse Trail (attention aux embouteillages !), White Horse canyon, petrographes de White Horse canyon

Mercredi 4 Juin 2008 (Hanksville) :

La météo a annoncé de la pluie et des orages pour aujourd'hui. Il va falloir jongler avec... Je pars ce matin chercher le pneu mais malheureusement le tire shop est fermé. C'est pas grave, je repasserai plus tard. Nous décidons donc de faire le plan B de la journée car le plan A comprenait Leprechaun Canyon qui n'est pas à faire avec ce type de temps. Ah oui, je ne vous ai pas dit mais je prévois toujours un plan A et un plan B par jour. Cela permet de faire en fonction de la météo et de nos envies. Nous empruntons donc la piste qui mène à Horseshoe Canyon qui est l'endroit des Etats Unis où se trouve la plus grande représentation de pétrographes. Au bout d'une heure de piste (32 miles), nous arrivons vers 12H au trailhead. On enfile les pulls, Kway et cape de pluie mais la pluie et surtout le vent nous glace dès les premiers mètres. Nous étions pourtant plein de bonne volonté mais on se dit en plus qu'avec ce temps nous ne sommes pas prêt de voir quelque chose... La raison l'emporte et nous repartons en voiture sous l'orage qui gronde. Au total, 60 km de route et 100 km de piste pour rien... Nous nous arrêtons au Burger Shack de Hanksville pour manger quelque chose.

Le temps semble se découvrir légèrement. On se dit qu'il serait bien de tenter au moins Little Egypt pour la journée, et qui n'est qu'à 22 miles. Nous avons un peu de chance cette fois-ci car le soleil nous gratifie de son apparition à notre arrivée sur le site vers 16h ! Nous restons une petite heure dans ce microcosme ressemblant à Goblin valley, la foule en moins (il y avait seulement un camping car d'allemands caché derrière une bande de rocher) De retour à l'hôtel, nous constatons qu'il n'y a plus d'électricité, surement l'orage. Alors nous patientons et celle ci finit par revenir 1h après. Nous nous reposons un peu de cette journée de perdue...qui sera la seule du voyage.

Little Egypt (2 photos)

Little Egypt, l'orage approche...

Jeudi 5 juin 2008 (Escalante) :

Départ de l'hôtel a 9h20. La journée sera consacrée au Burr Tail Road en démarrant à l'Est de Capitol Reef par la Notom Bullfrog Basin Road en direction de Boulder. Nous sommes au départ du burr trail road à 10H, sans carte, ce qui occasionne rapidement un demi tour devant une rivière semblant infranchissable (il y a eu des orages la veille). En descendant la piste vers le Sud, nous longeons le waterpoket fold, soulevement géologique monumental de plusieurs centaines de km. Puis nous remontons les switchbacks et nous piqueniquons en haut en profitant d'une formidable vue. Nous effectuons ensuite la piste menant à strike valley overlook en 4*4 tout en ayant l'oeil sur des nuages menaçants qui se rapprochent (il est possible de la faire à pied mais on préfère la version la moins fatiguante). Il est clair que si la pluie tombait fortement, nous aurions du mal à nous sortir du Wash dans lequel nous progressons. Finalement, l'orage nous laissera tranquille et bien que la piste soit très rocailleuse nous nous amusons beaucoup en tant que novices en 4*4. Le point de vue, accessible après une courte marche (je dirais plutôt course sachant que nous étions pas sûr qu'un orage nous tombe dessus) permet d'avoir une bonne vision du waterpocket fold et sur les sommets enneigés des Henry Mountains. La piste se transforme par la suite en route goudronnée en direction de Boulder. Le passage dans Long Canyon est magnifique avec la route qui serpente entre les falaises colorées qui tombent à pic. Nous terminons la piste/route vers 16h. Il nous aura donc fallu près de 6h pour faire ce magnifique trajet. Pour faire simple, cela aura été la plus belle piste de notre voyage.

Avant d'arriver à Escalante, nous prenons la direction de Devil's Garden sur la hole in the rock road que nous atteignons vers 17h. L'endroit sert de recreation area (présence de coins feu). En tous cas, la ballade au milieu de ces formes étonnantes (rochers en forme de doigts pointés vers le ciel et arches) est très plaisante. Sur la piste retour, nous croisons des milliers de vaches que des cowboys raménent au ranch. Ca sent bon l'Ouest Américain ! Arrivé a l'hôtel a 18h20 Dîner au Outfitters d'Escalante pour manger de bonnes pizzas !

Factory Butte

En direction du Burr Trail, on rebroussera chemin devant ce wash, Notom Bullfrog Basin Road

Burr Trail Road (2 photos)

Les switchbacks du Burr Trail Road (3 photos)

"Piste" menant à Strike Valley overlook, Strike Valley overlook (2 photos)

"Piste" menant à Strike Valley overlook en 4*4 (3 photos)

Long Canyon (2 photos)

points de vue de la Highway 12 (2 photos), cowboy sur la Hole in the rock road, Devil's Garden

Devil's Garden (2 photos)

Vendredi 6 Juin 2008 (Escalante) :

Réveil à 7h30 mais on veut nettoyer l'appareil photo car il y a des poussières sur le capteur. Malgré tous nos efforts, les taches persistent, même des nouvelles apparaissent.... :-( Tant pis, on fera avec. Par contre nous prenons un peu de retard puisque nous partons vers 10H. La journée sera consacré à la Hole in the rock road, piste ne présentant pas d'intérêt particulier (elle est plutôt monotone) mais qui dessert des lieux magnifiques. Nous commençons par aller au trio de slot canyons : dry Fork, peek-a-boo et spoocky canyon. Il est 11H15 Nous faisons Dry Fork pendant quelques centaines de mètres. Celui-ci offre de très belles falaises de sandstone mais reste trop monotone à notre goût. Puis nous entamons peek a boo. Ma chérie a un peu de mal à se hisser en haut du mur d'entrée, il faut dire que la paroi est légèrement glissante et demande quelques efforts. En tous cas, la couleur est tout de suite affichée : il faut se hisser, escalader, s'affaisser, longer les parois étroites du canyon. C'est très amusant et sportif. Nous sortons de peek a boo et empruntons le sentier qui mène en plein désert à la sortie de spooky canyon que nous ferons donc en sens inverse. Ce Canyon est le plus étroit des slot canyon (au monde ?) et heureusement qu'on savait qu'il y avait une sortie sinon on ne serait jamais allé dedans ! Il est tellement étroit que l'on doit faire passer les sacs et appareil photos avant nous. C'est une expérience tr��s spéciale, interdite aux claustrophobes ! Nous terminons la boucle 3h plus tard, il est 14h15. Nous reprenons la piste en direction de Broken Bow Arch que nous commençons à 15h15. La randonnée suit une partie du ruisseau de Willow Gulch et offre un peu d'ombre et de verdure par moment. Il faut d'ailleurs souvent se frayer un chemin à travers la végétation. L'arche est en tout cas magnifique et mérite vraiment les efforts. Nous sommes de retour à 17H40. Nous filons ensuite au départ du trail menant à Sunset Arch, qui n'est d'ailleurs pas un trail puisque nous devons tracer notre chemin à travers le désert, slalomant entre les buissons épineux et les cactus avec l'arche en point de vue. Les jambes encaissent les éraflures...et les lapins gambadent devant nous. Nous sommes aux bonnes heures pour admirer l'arche rougissant au soleil (18H20 – 19h30). Nous reprenons la voiture pour rentrer sur Escalante. Le soleil couchant est pile devant nous et nous éblouie totalement. Tant pis s'il y a des bosses.... On arrive à Escalante vers 21H et on mange dans un restaurant (wings, ribs et steak).

Dry fork, peek a boo (2 photos)

spooky canyon, entrée de peek a boo, broken bow arch

Broken bow arch, sunset arch

sunset arch (coucher de soleil)

sunset arch (coucher de soleil)

Samedi 7 juin 2008 (Escalante) :

Ma première idée était de faire Coyote Gulch mais certaines personnes m'en ont dissuadé (n'est-ce pas Sedonax ?), et en réfléchissant je trouvais que cela nécessitait trop d'effort pour le peu de temps passé dans Coyote Gulch (du au fait qu'il aurait fallu descendre et remonter par le même endroit). Nous avons donc décidé de faire Golden Cathedral qui sera la randonnée de notre voyage. Nous empruntons la Hole in the rock pendant 16 miles puis la piste Egypt road pendant 10 miles. Cette dernière est vraiment très cassante même en 4*4. A 10H45 nous sommes au trailhead et commençons à descendre le long de Fence Canyon qui permet de rejoindre l'Escalante River. Arrivés en bas, les taons nous attendent de pied ferme et nos jambes vont souffrir ! Heureusement les passages dans l'Escalante river sont très agréables (l'eau est plutôt chaude) et la végétation dense fait penser à un petit coin de paradis. Sur le chemin, des pétrographes ornent les falaises. Nous prenons ensuite à gauche Neon Canyon qui permet après un peu moins d'un mile d'arriver à Golden Cathedral. L'endroit est magnifique et désert ! Les deux trous dans le ciel de pierre projettent une ombre lumineuse sur l'eau. C'est très beau. Nous restons un peu pour profiter de l'endroit et manger. Puis nous repartons, retraversons la zone de taons et remontons jusqu'à la voiture le long de Dry Fork. Au total : 3H15 pour descendre (on a eu un peu de mal pour s'orienter en bas du cayon), 45 min sur place et 2H45 pour remonter, soit près de 7h. C'est typiquement le genre de randonnée que contient tous les ingrédients que nous apprécions : personne, un peu d'effort, une récompense au bout de l'effort, le calme, hors des sentiers battus, un peu d'orientation. Retour à Escalante et dîner vers 19H au même restaurant que la veille (wings, fajitas et steak rib-eye)

Fence Canyon en direction de l'escalante river, jonction entre North Fork Fence Canyon et Fence Canyon

Escalante River (2 photos), Neon Canyon

l'alcove de Golden Cathedral fait 80 pieds de hauteur

Golden Cathedral

Golden Cathedral

panels de petrographes indiens partiellement recouverts de graffiti de cowboy

Dimanche 8 juin 2008 (Tropic) :

On a du mal à décoller ce matin. On quitte Escalante vers 10h en direction de Bryce. Nous n'avions pas pu faire Bryce correctement l'année dernière car il y avait eu des orages pendant les 2 jours où nous y étions. Nous avons donc décidés de faire une chouette randonnée dans Bryce pour en profiter pleinement cette année (on s'était limité aux points de vue entre deux averses en 2007). Nous arrivons à Sunrise Point vers 12H puis nous commençons par Queen's Garden, enchaînons par navajo loop (loop complète), poursuivons par peek-a-boo loop (loop complète) et remontons par navajo loop à Sunset Point et terminons en longeant la rim jusqu'à Sunrise Point, soit près de 8 miles de montée et descente à travers Bryce Canyon. Il nous aura fallu près de 4H30 pour effectuer le trajet. Bien sûr comme souvent à Bryce il y a beaucoup de monde et l'extraordinaire beauté de ce site est souvent atténuer par les tumultes de la foule. Peek a Boo, qui n'est accessible qu'aux personnes s'en donnant la peine, est donc à mon sens indispensable pour profiter d'un peu de quiétude dans ce lieu magique. De retour à la voiture, nous nous restaurons un peu (ananas, glaces...) Pour finir la journée, nous faisons la petite ballade de Mossy Cave qui est sur le chemin vers le Bed & Breakfast où nous logeons. Cette ballade est très facile et permet d'admirer rapidement une jolie cascade et un torrent serpentant dans un canyon. Nous arrivons à 18H30 au Bryce Point où nous logeons. L'accueil est sympathique et la chambre très agréable.

Bryce Canyon

Bryce Canyon

Bryce Canyon

Bryce Canyon (3 photos) Mossy Cave

Mossy Cave

Lundi 9 juin 2008 (Kanab) :

On prend le petit-déjeuner avec une famille américaine originaire de floride. La mère de famille est une copie conforme de Brie Van de kamp (Desperate Housewife) « You live in Paris !!!!!!!! Whhhhhoooooawwwww !! », sourire, expression du visage, paroles : tout y est, une parfaite femme et mère de famille ! Ensuite, nous disons au revoir à nos hôtes et on est au départ de la Cottonwood canyon road à 10H. Au contraire de la Hole in the rock road, celle-ci offre des paysages plus variées et plus spectaculaires. Mais les lieux desservis sont à notre goût un peu moins intéressants. Notre premier arrêt est pour la Grosvenor Arch qui s'atteint après 3 min de marche...quelques photos et nous repartons. Ensuite, arrêt aux cottonwood narrows. La ballade est prévue pour durer 2 heures mais au bout de 20 min nous décidons de rebrousser chemin car elle ne présente que très peu d'intérêt à notre goût. C'est surement l'endroit qui nous a le moins intéressé de tout notre voyage. Nous effectuons quelques arrêts photos le long de la piste Arrivés au trailhead de Yellow Rock, nous commençons par prendre la piste BLM se situant à l'opposé afin de prendre de la hauteur et de photographier Yellow Rock d'en haut. Nous redescendons et entamons le trail qui mène à Yellow Rock vers 13H30. La pente est rude et glissante mais on atteint rapidement le bas de Yellow Rock. Nous arpentons par la gauche le rocher jaune, orange, blanc, rouge.. puis nous effectuons l'ascension. Notre impression est que cela ressemble à un domaine skiable coloré d'une multitude de couleurs. Retour à la voiture 2H plus tard. Nous terminons la piste et ressortons sur l'US89 au niveau de la paria ranger station. Nous prenons la direction de Kanab en nous arrêtons à Paria movie set qui est sur le chemin. Les décors de films de western ont été détruits l'année dernière lors d'un incendie mais les badlands restent un décor naturel magnifique. Nous allons jusqu'au bord de la Paria River et repartons vers Kanab que nous atteignons vers 18H. Prise de la chambre de motel et dîner au Macdo.

Grosvenor Arch, The heart of the Cockscomb

Cockscomb fault (2 photos)

Yellow Rock vu de la piste d'en face, en direction de Yellow Rock

Yellow Rock (2 photos)

Yellow Rock (2 photos)

Yellow Rock

Vue de Yellow Rock

Yellow Rock, sentier très abrupt vers Yellow Rock

badlands de Old Paria

Badlands de Old Paria

Mardi 10 juin 2008 (Springdale) :

Notre quittons Kanab pour Coral pink sand dunes afin d'aller admirer ces dunes de sable sorties de nulle part. L'endroit est assez sidérant mais est perturbé par le bruit incessant des buggies dans le sable. Il est un peu dommage de payer l'entrée et que les buggies (qui ne paient pas l'entrée) soient autorisées à venir s'exercer ici ! On reste une petite heure. Puis on file à Cedar Break national monument qui est un Bryce bis (avec moins de hoodoos mais des couleurs toutes aussi belles. Par contre, il n'y a personne, l'air est agréable (le parc est à 3 000 m d'altitude) et il y a de la neige ! Une tempête s'était abattue quelques jours plus tôt sur le parc. La randonnée spectra trail + rampart trail est très agréable et permet d'avoir une vue sur l'ensemble de l'amphithéâtre et les arbres britlescone vieux de plus de 1500 ans pour certains apportent une touche très photogénique (12H45 à 15h00). C'est donc une journée tout en contraste : passer du sable à la neige en moins de 2 heures ! Nous partons ensuite pour canarraville pour faire la petite ballade de canarra creek dans les narrows où coule la rivière. La première chute d'eau est très spectaculaire et nous rebroussons chemin peu après par manque de temps (17H15-18H30). Puis nous faisons route vers le parc de Zion et Springdale où nous logeons. Dîner à la pizzeria la plus connue de Springdale et avec surprise nous rencontrons michael, avec qui on avait fait connaissance à Page. Nous mangeons ensemble et passons une très bonne soirée à nous raconter nos dernières photos et randonnées.

Coral Pink Sand Dunes

Coral Pink Sand Dunes

Coral Pink Sand Dunes, Cedar Break national monument (2 photos)

Cedar Break national monument (amphiteatre)

Cedar Break national monument

Canarra Creek

1e chute d'eau de canarra creek

canarra creek (3 photos)

Mercredi 11 juin 2008 (Springdale) :

Ce matin, on a rendez vous à 9h avec michael pour voir la galerie de Fatali mais celle-ci n'ouvre qu'a 10h. On ne peut donc voir les oeuvres si contreversées de Fatali et nous souhaitons bon voyage à Michael. Celui-ci nous indique qu'il a essayé de faire les Narrows de Zion la veille et qu'il a du rebrousser chemin à cause du froid de l'eau. On décide donc d'aller chez un outfitting shop pour louer du matériel aquatique afin de faire les Narrows. Nous prenons ensuite la navette du parc jusqu'au temple de Sinawava que nous atteignons vers 11H. La randonnée commence ici en suivant un petit sentier goudronné qui mène jusqu'à l'entrée de la Virgin River. A 11h30 nous commençons la rando dans la virgin river jusque vers 16h. On a bien fait de louer du matériel aquatique et finalement on ne souffre pas trop du froid. On s'essaie a la photo longue pose mais nous avons pas pris le trépied...il y a du bougé dans l'air. En tous cas nous avons été enchantés par cette journée qui restera un des musts de notre voyage. Nous sommes de retour un peu tard a l'hôtel pour effectuer la seconde rando qui était prévue et nous préférons aller à la piscine de l'hôtel (très agréable avec vue sur les montagnes de Zion). Nous profitons aussi d'un peu de temps pour aller voir la gallerie de Fatali. Même si la plupart des photos ne semblent pas réelles nous avons quand même un petit coup de coeur pour la photo de racing tracks a death valley. Nous mangeons dans un resto mexicain (moyen).

Les Narrows de la Virgin River

Les Narrows de la Virgin River

Jeudi 12 Juin 2008 (Saint Georges) :

Nous quittons le parc de Zion en direction de Saint George où nous logerons le soir même à l'Ambassador Inn, hotel correct et pas cher. Sur le chemin, nous faisons une première escale à Red Cliffs qui est un recreation area. Nous sommes globalement déçus par la petite ballade au milieu des falaises rouges érodées. L'endroit est sûrement plus agréable quand il y a de l'eau, ce qui n'est pas le cas. Nous nous attardons pas et nous filons à Snow Park Canyon qui est juste a coté de Saint Georges. La première ballade est à Jenny's Canyon qui n'a vraiment pas du tout d'intérêt à notre goût. On ne s'arrête pas aux Dunes qui ne sont pas du tout impressionnantes, et enfin au début de notre troisième arrêt, nous considérons que le parc ne nous enchante vraiment pas ! On décide de retourner à Saint Georges pour aller visiter le temple mormon de Saint George puis pour faire des courses et enfin aller une nouvelle fois à la piscine. En fait, je crois que nous commençons à saturer légèrement des sites naturels et que finalement un petit retour à la civilisation nous fera du bien !

Red Cliffs, Snow Park Canyon

Temple mormon de Saint George

Vendredi 13 Juin 2008 (Las Vegas) : Nous quittons Saint George en direction de Las Vegas. Sur le chemin, nous effectuons notre dernière "halte naturelle" en passant par le parc Valley of Fire. Ce parc est une bonne surprise avec des formes torturées aux couleurs chaudes. C'est magnifiques mais la chaleur est accablante ! Chaque sortie de voiture, que ce soit pour prendre des photos ou pour effectuer une petite randonnée, est l'occasion de suer à grosses gouttes... Nous effectuons les points de vue d'Elephant Rock, Rainbow Vista Panorama, Atlatl Rock et Arch Rock, mais aussi les randonnées de Mouse's Tank et White domes. Cette dernière randonnée est très agréable et permet d'avoir un bon aperçu des couleurs chatoyantes de ce parc. Nous restons 3-4H à peu près et nous reprenons la route vers Las Vegas que nous atteignons dans l'après midi. On commence les achats qu'on s'était promis de faire en debut de séjour. Puis on se rend à l'hôtel : le New York New York. C'est un peu compliqué pour récupérer la chambre car ma carte blue ne marche pas :-(. Il s'en suit un micmac de 30 min et finalement le responsable décide de nous surclasser ... de 4 catégories ! On part donc découvrir notre petite suite de 100 mètres carrés avec vue sur le strip et le grand huit de l'hotel !! On profitte un peu du jaccuzzi et on file visiter le reste du Strip boulevard qu'on avait pas eu le temps de faire l'année dernière (Venitian, treasure island, The mirage..) Contrairement à l'année dernière, on profite pleinement de l'ambiance de Las Vegas. A l'avenir, nous mettrons l'étape Las Vegas à la fin du voyage et non pas au milieu car le décalage est trop grand en faisant parcs naturels - Las Vegas - parcs naturels.

Elephant rock de Valley of fire

Valley of fire



Valley of fire



Valley of fire

Valley of fire

Valley of fire







Samedi 14 Juin et Dimanche 15 Juin 2008 (Los Angeles) :

Direction Los Angeles ce matin. La route à travers la désert de Mojave est très monotone. Il y est fait de plus une chaleur décapante, ce qui n'encourage pas à visiter plus en profondeur ce coin des Etats Unis. Un tout petit arrêt à Baker, ville station service, qui a la particularité d'avoir le plus grand thermomètre du monde pour symboliser la température record enregistrée en 1913 dans Death Valley : 134 ° F On arrive donc en fin d'après midi dans Los Angeles pour prendre possession de notre chambre dans un motel de confort modeste mais propre (les prix des hotels sont chers à LA). Nous partons voir le signe Hollywood, le Kodak Theater et finissons dans un restaurant japonais. Les rues sont interminables et la ville démesurée. Pour ces raisons, et du au fait que nous avions peu de temps à consacrer à LA, nous avions choisi de profiter de la plage le lendemain, juste avant de prendre le vol retour pour Paris



Retour de Thaïlande English translation pending
by Friedland · 2009-12-21 · 34 replies
9 semaines d'enchantement, chiangmaï, et sukhothaï, deux merveilles, des gens supers sympas, ne parlant pas un mot d'anglais, j'ai parfaitement réussi à me débrouiller grâce à la gentillesse des thailandais, c'est sûr je vais y retourner l'an prochain, et même y rester pour ma retraite, là j'hesite encore entre le laos et la thailande, pour la langue et la conduite, le laos est plus facile pour un français, par contre pour les soins c'est sûr la thailande est plus avançée, par contre attention pour l'excedent de bagaages, j'ai dû payer 300 Euros avec la thai-airways, dur, dur comme remerciement des emplettes.
De la frontière laossièno-viet jusqu'à Hanoi, reste sous les couvertures pendant que je te raconte English translation pending
by Simplybrice · 2009-12-20 · 12 replies
A l'heure des grandes migrations, les animaux, attirés comme des aimants par un instinct infaillible, en oublient de compter et de se plaindre des kilomètres parcourus. Moi qui ne suis pas un goéland, quand j'en suis à mon troisième jour consécutif de transport intensif, l'idée commence à faire son chemin. Qui plus est, aujourd'hui, j'abandonne le bateau et son doux balancement pour me jeter à la gueule d'un minibus exigu et bondé. Si j'ajoute à cela qu'il faut entreprendre cette nouvelle journée au lever du soleil, c'est du pain bénit pour la longue complainte qui s'avance à grands pas.

Le réveil est en effet branché à 5h40 ce qui au bout du compte ne me fait pas plus de cinq heures de sommeil. C'est donc les paupières lourdement chargée qu'il faudrait que je me charge d'ouvrir les yeux à l'écoute d'une sonnerie délicieusement forte. Seulement, la sonnerie, soit elle ne s'est pas manifestée, soit je l'ai occultée de main de maître du sommeil tardif car c'est à 5h47 précise que je suis tiré du lit par un forcené qui frappe à la porte à l'en sortir de ses gonds. En fait de forcené, entre les tambourinages, je parviens à percevoir la voix de Nathalie qui hurle l'urgence dans laquelle je me suis mis à ne pas me manifester plus tôt. Et comme ce n'est pas un gros viking, ça pourrait être bien pire, je le concède... En quelques fractions de seconde, me voilà donc à battre des records d'efficacité, contraint de rattraper mon retard matinal. En moins de temps qu'il en faut pour l'écrire, je suis habillé, mon sac est bouclé et les résidus nocturnes qui s'amoncelaient à la commissure de mes yeux sont enlevés. J'ai beau ne pas être tout à fait frais, un tel rythme au réveil est parfait pour créer l'illusion d'un quelconque dynamisme.

Après cinq minutes de cette course folle, nous voilà tous dans le bac chargé de nous faire rejoindre la rive ouest de la rivière et ainsi nous mettre sur la route, le nez face au Vietnam à quelques dizaines de kilomètres près. Se trouvent en ma compagnie, les deux couples de la veille qui n'en sont pas : le couple franco-belge Nat et Jo, et le couple 100% national Manschaft Marius et Dani. Chacun trouve sa place comme il peut dans le minibus. Celui-ci est lesté de centaines de kilos de sacs de riz dont le plancher est recouvert, de dizaines de pots en terre divers et variés, d'un bazar ambulant transporté par les locaux jusqu'à l'autre côté de la frontière. Et il y en a autant sur le toit qu'à l'intérieur. Ca au moins, on est sûr qu'on ne va pas s'envoler!

A 6h tapantes, comme prévu, la première est enclanchée, le cirque ambulant se meut. Pour nous, c'est un peu éprouvant car personne, notamment Team Germany, ne fait moins d'1m70, ce qui serait beaucoup plus commode étant donné l'espace restreint dont on dispose pour se plier en quatre. Le sentiment est renfocé par la route en elle-même qui n'épargne personne. C'est véritablement un festival de virages serrés qui se suivent les uns derrières les autres. La chaussée est en plus gorgée de flotte du fait de la pluie de ces dernières 48 heures à tel point que parfois il faut qu'on traverse de véritables torrents qui manquent à chaque fois de nous emporter tant on dérape dedans. Tout ça l'un dans l'autre fait qu'au final, on ne dépasse jamais les 30km/h rendant le supplice un peu plus long encore.

On atteint finalement la frontière à midi. Ca fait six heures qu'on est parti et on a dû parcourir dans les 80 kilomètres, vive le tortillard express!!!

Le poste frontière, un grand batiment qui n'a rien à voir avec la cahute entre le Cambodge et le Laos, est posé en haut d'une courte montagne qui domine les autres montagnes environantes. C'est majestueux, torturé, en un mot, superbe, l'endroit idéal pour prendre un cliché sensationnel. Mais rien ne presse, il faut tout d'abord présenter nos passeports aux autorités compétentes ce qui prend à tout casser 1/4 d'heure. Je ne ma fait même pas emmerder pour mon passeport éponge encore trempé et dégoulinant de la veille. Et bien durant ces 15 minutes, c'est bien simple, le baromètre a dû faire de la voltige, on est passé littéralement d'un soleil radieux à une purée de poids à ne pas voir sa main au bout de son bras. Les nuages opaques ont recouverts les alentours à la vitesse d'un cheval au galop sachant que pour le cas présent, c'est tout sauf une expression! On les a vu arriver et c'est à se croire dans un film d'épouvante ou dans un livre de Stephen King. Résultat des courses, la photo panoramique qui aurait fait si bien dans l'album n'est plus qu'un doux rêve. En voiture Simone! Circulez, y'a rien à voir!!!

On est donc maintenant au Vietnam ce qui est une vraie différence. De ce côté là de la frontière, à mesure que l'on redescent dans la vallée et que le ciel se dégage enfin, on note que la route est délicieusement asphaltée, qu'il y a des usines plus importantes que l'ensemble de l'industrie laossienne pour casser un peu le paysage verdoyant fait de rizières au vert transcendant. C'est d'ailleurs à ce moment là que je refais tout mon système de valeur concernant ma couleur préférée. C'est nouveau, ça vient de sortir mais pas de doute, c'est maintenant le vert-rizière qui s'impose et ce, impossible de le savoir avant; autant le nord du Laos est accidenté au point qu'il y serait suicidaire de s'acharner à faire pousser du riz, autant le nord du Vietnam laisse la place à d'immenses langues de terre au vert immaculé. Il y a pas de justice pour les laos mais c'est comme ça. C'est donc les yeux grands ouverts qu'on finit le trajet qui nous mène à Dien Bien Phu, bien connue des français pour avoir été de théâtre d'un bottage de culs comme on en fait plus depuis, merci bien!! D'ailleurs, quand on arrive en ville, on découvre le long d'une colline un escalier collossale qui mène au sommet où trone une statue démesurément grande qui rappelle à tous l'ampleur de la déculottée. On sait donc dors et déjà que le vietnamien en général est pas peu fier, doux euphémisme, d'avoir coup sur coup renvoyé à leurs foyers les forces françaises et les forces américaines qui leur ont succédées. On peut donc l'imaginer coriace le bougre!

A Dien Bien Phu, pour nous qui ne sommes pas des foudres de guerre, il n'y a pas grand chose à faire ou à voir si ce n'est le théâtre des opérations ce qui n'est pas notre préoccupation première. Ce qui nous importe maintenant qu'on est là, c'est de repartir aussi sec avec en vue, Hanoï située encore plus à l'est. Mais comme c'est à encore douze heures de bus, on va déjà s'attacher à poser nos affaires pour la nuit. Douze heures!!! Oh my god!! On déniche donc un petit hotel à quelques encablures de la gare routière dont on sait déjà que ce sera notre point de sortie du lendemain matin avant de penser à prendre une douche et à se remplir la panse dans un café qui affiche des tables à l'effigie de Britney Spears!! Nom d'un chien, tu parles d'un pays communiste!! Ensuite c'est quartier libre pour tout le monde. Internet pour les uns, ronflage pour les autres, tout le monde est content.

On se retrouve ensuite tous à la tombée de la nuit pour manger à nouveau avant de reprendre le rythme internet et sieste. Au menu, tout est très normal sauf pour Nat la végétarienne qui se voit servir une soupe plus dégoulinante que liquide dont elle ne pourra finalement manger qu'une cuillère et encore... A la table d'à côté, des locaux mangent et se marrent et alors que je passe près d'eux pour X raisons, je suis cordialement invité au pot de l'amitié. Sympa comme tout avec le plein de sourires!

A la sortie , il faut encore passé à la gare routière s'enquérir des horaires pour le petit matin. Et alors qu'on s'y trouve déjà, quelqu'un repère sur un toit un petit singe tout mignon qui n'a rien demandé à personne. Il aurait mieux fait de rester au lit celui là, c'est moi qui vous le dit... Aussi sec, c'est l'agitation qui prend les vietnamiens qui, les uns après les autres, s'échinent à attraper la pauvre bête. Et après maintes tentatives, il y en a un qui pose la main sur le petit animal fragile. On est tous consterné. Dans la seconde, le singe est ficelé et son "maître" propose déjà de nous le vendre dans sa langue qui ne nous permet pas de savoir si c'est en souvenir ou en ragout. Peu importe, pas question de cautioner le geste, pas même question d'être aimable, on s'en va comme des tornades retrouver notre quotidien après plusieurs tentatives infructueuses de voir le singe libéré.

En ce qui me concerne, j'ai déjà bien pianoter l'après-midi et me contente d'accompagner Nat au cybercafé pour la rassurer dans cette ville à l'éclairage public intermitent. Au retour à l'hotel où feignantent la gente masculine, je ne vois pas une grande flaque de boue dans l'obscurité et me vautre dans les grandes largeurs pour ne pas perdre le rythme imposé par ma gaucherie! J'ai bien fait de prendre une douche, j'ai plus qu'à y retourner avant de repartir une heure plus tard rechercher la belle.

C'est finalement à 23h que tout le monde se dit bonne nuit et regagne sa chambre. J'en profite pour me replonger quelques temps dans l'écriture avant d'être tirer de ma torpeur par Nat qui ne trouve pas le sommeil, toute faible qu'elle est à cause d'un mal mystérieux et soudain. On discute finalement jusqu'à 2h du matin, c'est bon signe si on prend en compte le fait qu'elle est une beautée rieuse et rayonnante, c'est moins bon signe si on se focalise sur le réveil de 5h30. (sic)

Au petit petit petit matin, comble du comble, je me réveille le premier. J'ai presque envie de réclamer une médaille. C'est donc à moi qu'il échoit de réveiller les quatre autres sachant que c'est aujord'hui leur tour de ne pas entendre leur réveil. Quel malin plaisir je prends alors à prendre leur porte pour un pushing ball!!! Pas question de rater le bus maintenant que je suis debout, faut pas déconner... Je profite donc de la responsabilité qui m'incombe pour faire tout ce qui est en mon pouvoir pour sonner la cavalerie. Une fois. Deux fois. Trois fois? Non, je suis assez convaincant finalement dans mon role d'épouvantail pour qu'à 5h45 tout le monde soit debout frais ou pas frais. A 6h, nous sommes à la gare routière. A 6h05, le minibus démarre, on peut se rendormir finalement en s'efforçant d'oublier qu'il n'y a que 20cm qui séparent le bout de nos sièges et celui de devant, que le chauffeur fait dépassements hasardeux sur dépassements suicidaires, que les boeufs traversent la route en pleins virages, que les pierres s'écrasent sur la voie depuis les falaises situées de chaque côté...

La pause déjeuner sera pour chacun l'occasion de se réveiller pleinement. On est arrêté dans une petite ville à mi-chemin entre Dien Bien Phu et Hanoï dans la cour intérieure d'un hotel sans prétention qui fait aussi restaurant. Restaurant? Ce serait encore trop facile... On peut plutôt parler de gourbi!! A la disposition de la cuisinière, de la viande qui n'y ressemble en rien, de la soupe dont on se demande si c'est pas des yeux dedans et du riz pour ajouter un peu de normalité à l'ensemble. Je jète finalement et après mures réflexions mon dévolu sur la viande alors que les autres partent à la recherche d'une épicerie ou se contentent d'un simple riz nature. J'aurais dû faire la même. La prochaine fois, c'est sûr, je reste dormir dans le bus!!! Rien à becter dans l'assiette, c'est un ramassi d'os et de gras que je dois ingurgiter. N'y comptez même pas, j'ai beau me dire qu'il faut que je fasses l'effort, c'est insurmontable à l'heure du petit déjeuner à moins de tout vomir dans la foulée. Au bout du compte, je fais finalement comme les autres et me contente de mon bol de riz, d'un peu de sauce au soja et de la boite de gateaux familiale trouver par Nat et Dani. Et après ça, on sait déjà que Hanoï, méfie-toi, on arrive et on a faim comme quinze!!!

On repart donc le ventre vide pour six nouvelles heures de comatage profond. Dehors quand même, les paysages sublimes s'aplanissent pour laisser la place aux rizières en fleur, on est enfin plus tranquille...

On arrive à proximité d'Hanoï après avoir contemplé le coucher de soleil depuis le minibus. La circulation se densifie à chaque nouveau kilomètre parcouru jusqu'à nous dévoiler le visage réel du traffic urbain local. C'est l'apocalypse en version deux roues. Personne n'a l'air de conduire de voiture, les scooters et autres mobylettes se défient à chaque instant pour savoir qui des uns ou des autres aura une priorité toute relative. C'est pas la première fois que je le dis mais une nouvelle fois, je ne pense jamais avoir vu un bordel pareil!!! Y'en a pour ainsi dire partout sauf dans les arbres!!! Ca klaxonne, ça joue des coudes, ça joue avec la patience de chacun pare-chocs contre pare-chocs. Et avec tout ça, dans tout ce maelstrom, on pense légitimement ne jamais réussir à se frayer un chemin avec notre minibus qui joue le role de l'éléphant au royaume des souris.

Finalement, c'est à 19h, treize heures après le départ, qu'on est laché dans cette jungle motorisée. Et comme on voyage maintenant à cinq, on se dit qu'on est pas rendu pour trouver un tuk-tuk capable de tous nous transporter avec nos sacs qui ne dévoilent que nos jambes quand on est vu de dos. C'est en fin de compte maintenant qu'on est vraiment au bout du rouleau que la chance nous sourit. A l'extérieur de la gare routière, on tombe nez à nez avec une sorte de Renault Espace locale qui est en plus un taxi tout ce qu'il y a de plus règlementaire!! Tout notre équipement est chargé, nos culs bien installés, le contact est enclenché direction le centre-ville. C'est une overdose de confort le temps de quelques secondes, le temps pour le chauffeur de brancher sa stéréo. Car le chauffeur en question a une installation sonore de premier ordre et des gouts musicaux de bas étages. L'homme a une collection complète de CD qui vous transforme Hanoï en Ibiza, le silence ou la conversation en vacarme sans nom, mes oreilles en douleur. Et ça les fait marrer les franco-belgo-allemands, c'est déjà ça!! Même à mettre mes écouteurs et ma musique à fond les ballons, je suis parasité de décibels nuisibles à la nocivité certaine!! Vivement qu'on arrive, vraiment j'en peux plus!!!

Et c'est après une trentaine de minutes de ce manège infernal qu'on est enfin déposé devant la cathédrale de la ville qui finra par être notre point de repère pour les jours à venir. Chacun remet donc son sac sur ses épaules et on est lancé vers une quête de la meilleure guesthouse.

Une heure et demie!!!!!!!!!! Voilà le temps que ça nous prend pour dégotter la perle rare qui convienne à nous cinq sachant que pour ma part, la résignation est montée à tel point que j'ai abandonné tout commentaire depuis bien longtemps. Voilà ce que c'est les pires heures quand on voyage à plusieurs et que chacun à un avis sur le moindre détail, sur le moindre centime sur la facture. En fin de compte, entre les hotels complets, trop chers, trop ci, pas assez ça, on s'installe dans une double chambre pour cinq avec un matelas par terre, un petit coin salon, une télé et une salle de bain privée. D'accord l'attente n'est finalement pas vaine, mais mon dieu qu'il en aura fallu des trésors de patience et des kilomètres à crapahuter!! Plus question que ça se reproduise, c'est moi qui vous le dit!!!

On s'installe donc dans notre nouveau chez-nous avant de nous retrouver taraudés par la faim d'une journée sans petit déjeuner et au déjeuner plus que douteux. Et cette fois-ci, plus question de faire des tours et des tours. On se retrouve dans une pizzeria style "all you can eat buffet" ou "buffet sans fin si t'as grand faim". C'est donc dans une orgie de nourriture qu'on finira la journée. On prendra juste le temps de jouer à la courte paille la place sur le matelas gonflable posé par terre. Grand vainqueur : je te le donne en mille, même pas la peine de l'écrire... Damned!!!

On rentre donc enfin à la GH pour se coller à l'horizontal. Juste le temps de profiter du wifi et de me rendre compte en chargeant des photos sur le blog que l'archos déconne de plus en plus, on passe tous l'arme à gauche rapidement terrassés par cette journée sans fin et la digestion qui s'occupe de nous achever.

Hier était un nouveau pays, aujourd'hui est une nouvelle ville, demain un autre jour. Bonne nuit, bon appétit si vous êtes à table, et si vous voulez mon avis, évitez la soupe...

Grosses bises depuis sous les couvietures. Prenez soin de vous autant que je prends soin de dormir.

Eventuellement, tu peux aussi consulter ma merveille de blog et tant qu'à faire t'abonner à la newsletter. Exigeant? Pas que. Sympa aussi.
Démarrer une activité en Thaïlande English translation pending
by Thuan · 2009-12-09 · 235 replies
bonjour a tous si je me permet de mettre un nouveau post sur un sujet 10000 fois rabattu est justement pour donner un élan un peut plus réaliste des membres qui veulent s'établir au pays du sourire perdu .. perso je vois tellement de doux rêveurs qui désire s'implanter . ou pire qui le font .. avec des idées peut être géniales mais mal adapter .. que il serais bon que des membres donne des indications realistes .. des plans realistes .. des réussites réaliste .. car il n'y a rien de plus triste que de revoir sur vf ses membres haineux de ce pays simplement parce que ils ont rien compris de commet sa marche .. ou ont suivie leur instinct sans voir ce qui se passe réellement .. je précise que je ne poste pas pour dire sa c'est bien et pas cela .. ( je le laisse aux autres .. ) simplement je suis ravi que des membres réussisse dans le coin ..

un exemple .. la restauration .. on se dit c'est facile .. mais très peut y arrivent .. je propose une idée .. la création de un moukata .. ces restos populaires qui sont quasiment plein ( de thais essentiellement ) .. pourquoi un étranger ne pourrais pas le faire ? bien il est possible .. je peut vous présenter un expert dans la matière .. il peut vous prendre en charge de a a z .. cette façon de voir les affaires est la bonne .. avoir un expert a ses côtés pour vous guider éviter les faux pas , les pièges . et prendre les raccourcis . ( anglais indispensable ...) ( je précise que je n'ai aucun intérêt financier je le fait car je suis persuadé que l'implantation est possible . si on suit certaines règles .. mon souhait est que ce post apporte des idées nouvelles .. realistes .. a bientôt .. thuan
Retour au Cambodge English translation pending
by Hialle · 2009-12-06 · 24 replies
Ca y est, je suis arrivee en Asie. Je ne suis pas la ou je voulais, mais j'y suis. La journee du 23 octobre aurait pu mieux commencer. Mon homme partait en meme temps que moi de notre hotel a Paris pour aller bosser. A 6h15, on sort, il pose son sac et une merde de chien subreptissement se retrouve dessous (sous le sac). Mais non, c'est pas un mauvais presage. Un bisou, les yeux en capote de fiacre, et on part chacun de notre cote. Une heure apres, je suis a CDG, carrement en avance pour enregistrer. Il faut maintenant passer par des bornes. Impossible d'y arriver seule, ca ne passe pas. Un mec de l'aeroport m'aide, il m'enregistre pour Paris Amsterdam, mais ne peut pas le faire pour Amsterdam Bangkok. Ce gros malin me dit que l'avion doit etre deja complet. Je blanchi et il insiste : c'est comme ca, maintenant, tous les vols sont surbookes. Je me vois mal passer des jours toute seule a Amsterdam. Au comptoire, ils sont deja un peu plus malins, il y a certainement eu une selection dans les competences. La femme sympa me dit : mais non, puisque votre bagage va a Bangkok, vous y allez aussi. Il reste sans doute de la place. Vous enregistrerez de nouveau a Amsterdam, vous verrez, c'est tout simple. Soit ! Je reste donc sagement a la porte dont le numero corespond a celui de mon ticket d'embarquement. Il y a bien marque Amsterdam, mais pas grand monde. Une femme me dit que la porte est bien plus loin et que de toute facon, tous les vols pour Amsterdam sont retardes ! Je change donc de porte, me renseigne et un beau gars a l'allure de pilote me dit qu' on va embarquer, aucun retard. Trois minutes apres, ils annoncent plus d'1h30 de retard, et en fait, ils ne savent rien. Je commence un peu a bouillir, je n'avais pas beaucoup de temps pour faire un nouvel enregistrement a Amsterdam. Bref, apres etre restes longtemps coinces dans l'avion, on est parti et on est meme arrive a Amsterdam. Inquietude pour beaucoup de passagers. Tout le monde etait en transit, beaucoup savaient que leur avion etait deja loupe. La famille a cote de moi allait aussi a Bangkok, on a fait equipe. Dans l'aeroport, un bordel sans nom, du monde partout, pas grand chose d'affiche, mais il fallait qu'on fasse tres vite. Re-bref, on reussit a s'enregistrer tous les 6, avec juste un truc pour les bagages qu'on n'a pas trop compris. On finit par trouver la porte, passer la securite... et monter dans cet enorme avion. Ma place est devant les portes de secours. On nous donne plein d'instructions pour ces places en cas de pepin. Il faut etre valide, adulte, bien y voir (j'ai mis mes lunettes pour lire le truc) et aider le personnel navigant a evacuer les passagers. On se sent carrement investis d'une grande mission. Les deux russes a cote de moi ont compris encore moins de chose que moi, mais sur, on les aidera !!!. 11 heures apres, enfin, on atterrit. Passage de douane rapide, un douanier voyant la famille avec enfants est venu l'aider, et comme je suis devenue une "amie" de la famille, je suis passee avec. Ils allaient a l'hotel Sheraton, ils ont mis la meme chose sur ma fiche. On atttend les bagages, on attend les bagages..... pas de bagages. Quelqu'un vient nous voir : vous venez d'Amsterdam ? vos bagages y sont restes. Bazard de bazard, je devai partir aussi sec en bus pour le Cambodge, c'est loupe. Avec la famille, on fait de nouveau equipe pour y comprendre quelque chose. On nous explique qu'ils sont censes arriver demain matin. Je demande a la femme si elle peut me les envoyer au Cambodge : non. Voyant mon embarras, elle me dit de la suivre 10 m plus loin et me donne 50 dollars comme ca, sans recu ni rien en m'expliquant qu'elle ne peut le faire pour les autres passagers, on est trop a etre dans le meme cas.. Du coup, on prend un taxi et on file sur Bangkok au Sheraton. Si je veux une chambre, c'est 270 dollars...... j'irai ailleurs. Finalement, on s'est balade toute la journee dans les canaux de Bangkok en bateau, flane dans les ruelles pour finir au bord de la piscine du Sheraton. Elle est pas belle la vie ???? Demain, si tout va bien, je prends la route khmere.
Chez l'Oncle Sam - Voyage dans le Sud-Ouest Américain English translation pending
by LeTigre · 2009-12-06 · 166 replies
Et voilà, après de longs mois de travail, je vous livre le récit de mes pérégrinations dans le Sud Ouest du pays de l’Oncle Sam. Pas trop tôt dirons certains mais vous verrez qu’il y a de la matière à lire et que c’est plus prêt du roman que du carnet ! 😊

Je procéderais comme pour mes carnets précédents, par épisodes pour faire durer le plaisir et avec simplement une ou deux photos à chaque fois car je suis convaincu que VF n’est pas l’endroit ou afficher de nombreuses photos. Comme les fois précédentes également, pour les impatients ou ceux qui veulent voir toutes les photos, tout est en ligne sur mon site ( voir signature ).

Cette fois, quand j'ai dit que je voulais aller aux Etats- Unis, la question « Mais pourquoi ce pays ? » ne m'a pas été posée. Ce qui n'est guère étonnant étant donné qu'il suffit de prononcer les noms de San Francisco, Monument Valley, Grand Canyon, Death Valley ou Las Vegas pour que cela évoque à la plupart d'entre nous de somptueuses images. Nous avons tous vu des images ou des films qui magnifient les paysages de l'Ouest américain, et si l'on y rajoute la culture américaine dans laquelle on baigne qu'on le veuille ou non, il suffit de saupoudrer d'une pincée de baisse du cour$ du dollar face à l'€uro pour obtenir une envie irrépressible d'aller voir tout ça de plus près … Pour préparer ce voyage, j'ai dans un premier temps, dans une sorte de réflexe pavlovien, acheté la quasi-totalité des guides de voyage sur la destination, ce qui c'est révélé d'une inutilité absolue puisque … je ne m'en suis jamais servi ! Pourtant, ce voyage a bénéficié d'un temps de préparation hors normes puisque d'abord prévu pour septembre 2008, il fut annulé puis finalement reprogrammé pour juin 2009. Pour cette préparation j'ai uniquement utilisé Voyage Forum, le forum de discussion francophone qui met les voyages individuels à la portée de tous. Le début a été ardu puisqu'il m'a fallu un bon moment pour commencer à ne plus confondre les sites de Bryce Canyon, Zion, Canyonland, Island in the Sky, Grand Canyon, Monument Valley, Arches ou Yosemite ! Quelques mois plus tard j'avais concocté un circuit en vague forme de 8, démarrant à San Francisco et se terminant 18 jours plus tard à Las Vegas. Pour ne pas perdre de temps chaque jour à trouver un hôtel et surtout pour être sûr de pouvoir dormir au cœur des Parcs Nationaux, là où les hôtels sont rares et complets des mois à l'avance, j'ai réservé toutes mes nuitées longtemps avant. Et comme je devais faire ce voyage seul puisque ma femme et ma fille ne pouvaient venir, j'en ai profité pour me louer un cabriolet et fixer certaines règles qui auraient été difficiles à tenir dans un voyage en famille : tout d'abord, la priorité serait donnée aux levers et couchers de soleil ainsi qu'à la meilleure lumière possible pour les photos. Et comme en juin le soleil se lève tôt, cela signifierait se lever très tôt et ne pas perdre de temps en choses aussi « futiles » qu'un breakfast ! Pareil pour le déjeuner, pas question de construire les journées avec un arrêt « repas » en plein milieu, ça fait perdre trop de temps et je suis bien décidé à voir le maximum de choses. Quant à pique-niquer, je fais ça tous les midis depuis 25 ans que je travaille et je vous avouerai que l'aspect sympathique de la chose s'est évaporé depuis bien longtemps ! Une fois l'itinéraire défini, les randonnées cadrées, les réservations faites et confirmées, il ne restait plus qu'à imprimer tout ça pour en faire un road book et à attendre le dimanche 7 juin 2009 pour que le trip commence…

Dimanche 7 juin - Jour 1

Ca y est, on a décollé ! Le Boeing 747- 400 d'Air France s'est arraché du sol, les immenses ailes qui, lorsque nous étions au sol, étaient supportées par le fuselage, ont fléchi lorsqu'elles sont devenues le support du fuselage et nous volons maintenant vers San Francisco. Une fois en l'air, je décompresse puisque comme d'hab' les 24 dernières heures ont été « Crescendo Stress » !!! Sans raisons particulières. Juste parce que je suis comme ça. A peine avons-nous décollé qu'on nous sert un apéritif. Je profite encore un peu du « way of life » français en sirotant un verre de champagne ! J'observe autour de moi, pour les Américains, c'est Diet Coke ou Tomato Juice … Beuark !! 9000 km plus tard, on se pose à peu près à l'heure prévue et je passe l'immigration sans problèmes. Il faut dire qu'on nous a distribué la fameuse fiche verte, le formulaire I-94W, dès le décollage, nous avons donc eu 12 heures pour nous appliquer à la remplir correctement. Dans ces conditions, difficile de trouver des excuses au couple de Français qui se fait éjecter sur le côté parce qu'ils n'ont rempli qu'un tiers de ce qu'il fallait. Pour moi, après avoir collé mes 10 doigts sur le scanner à empreintes, je rentre officiellement aux USA ! Les bagages sont là, tout va bien ! Je prends la navette, un métro aérien en l'occurrence, pour rejoindre les loueurs de voiture qui sont regroupés dans un bâtiment un peu plus loin. Si jusque là tout s'est déroulé comme sur des roulettes, je manque de prendre racine devant le comptoir de Dollar, le loueur final chez qui l'intermédiaire « elocationdevoitures.fr » m'a réservé une Chrysler Sebring décapotable. Je décline tout ce que me propose le gars de chez Dollar, le GPS puisque j'ai le mien (au moins je suis sûr d'en maîtriser le fonctionnement !), les assurances complémentaires non comprises dans le contrat (c'est-à-dire l'assurance pour le conducteur car je suis déjà couvert avec ma carte de crédit) et l'assurance dépannage 24/24. Surprise, malgré que j'aie décliné toutes les extensions, le type m'annonce un surcoût de 104 $ !?? Allez, c'est parti : « Excuse me, could you please explain why I have to pay 104 $ ? ». Il maugrée, recalcule et m'annonce ... 17$ de taxes diverses ! Là ça me va déjà mieux ! Les voitures sont au niveau inférieur. Là, un gars pas plus aimable que ça me donne les clés et m'indique où est la voiture : emplacement I-13. A cause d'expériences précédentes, je suis un peu méfiant vis-à-vis des loueurs et je fais attentivement le tour de la voiture, ce qui me permet de repérer plusieurs traces de frottements sur la portière. Je le signale au type qui n'en a visiblement rien à faire mais comme j'insiste, il ressort une des feuilles du contrat de location et me la tend pour que j'indique sur le croquis représentant une voiture où sont les traces. Je m'exécute puis lui ramène la feuille. Sans même y jeter un œil il la signe puis me la rend. Ouais … de toutes façons je suis assuré tout risque et sans franchise, non ? L'autre « bonne surprise » - mais celle là je m'y attendais - c'est que mes deux sacs de voyage ne tiennent pas dans le coffre ! D'ailleurs je ne suis même pas sûr qu'une valise classique tienne car les 2/3 du coffre sont réservés pour ranger le toit lorsqu'on décapote !! ( pour voir la place dans le coffre d'une décapotable cliquez >ICI< ) Eh oui, un cabriolet c'est bien mais c'est surtout pour faire le cake le long de la plage, pas pour un road trip de presque 3 semaines ! Heureusement, j'ai un plan B qui consistera à « ranger » les affaires du second sac dans les recoins de la bagnole. D'emménager dans la voiture en quelque sorte ! Mais pour l'instant je mets le sac sur le siège arrière, le GPS sur le pare-brise et c'est parti … « If you're going to San Francisco, be sure to wear some flowers in your hair », dit la chanson ... Je n'ai pas les fleurs dans les cheveux, j'espère que ça ne posera pas de problèmes !



Accident de voiture en Namibie: avis aux voyageurs English translation pending
by M23l3AI · 2009-11-17 · 114 replies
Je vous ecris rapidement de retour de notre voyage en namibie...Faites extremement attention sur les routes en terre que ce soit avec un 2 roues ou un 4X4. Evitez absolument de rouler sur le sable. La namibie est un des pays qui a un des taux d accidents le plus eleve du monde. Enormement de touristes se font avoir sur ces routes.

Pour la petite anecdote, notre voyage s est terminee pres de Solitaire en allant vers Sossusvlei avec un terrible accident de voiture. On roulait a 60km/h, jamais au dela. Il y avait du sable sur les cotes de la route, les roues du cote gauche de la voiture se sont fait prendre dans le sable alors que les roues du cote droit reposaient sur la terre. La voiture a completement glisse sur la droite sans que je ne puisse rien controller, j ai voulu retablir en tournant vers la gauche et la voiture s'est renversee sur le toit. Ca parait un petit accident mais les consequences ont ete desastreuses. Nous venions juste de partir de Solitaire ou nous avions fait le plein d essence, nous n'avions pas encore mis la ceinture...et oui..Justement d'habitude c'etait automatique et ce soir la, on a traine a la mettre..Mon amie a ete expulsee de la voiture, je l ai retrouve a 1m devant gravement blessee..

Pas de reseau sur le telephone, une voiture qui passe toutes les heures sur la route..il a fallu qu on attende 30 minutes avant qu une n arrive..une fois les secours prevenues, il a fallu attendre 5 heures pour que l ambulance de la ville la plus proche n arrive..5 heures! Et Europe assistance ne peut rien faire..pas d'helico..ensuite 5 heures dans l ambulance pour arriver au premier hopital a Walvis bay..10 heures au total! Une fois a l hopital, il faut payer une caution de plus de 1000 euros..les hopitaux namibiens refusent les garanties de paiement d europe assistance parce qu ils mettent trop de temps a les rembourser..du coup ils exigent cette caution! Le numero de l'ambassade de france sur le lonely planet n etait pas le bon..il a fallu batailler pour trouver le numero aussi, pour se faire aider. Mon amie a ete transferee ensuite vers la capitale, a windhoek. Notez bien que les deux meilleures cliniques sont: Mediclinic Windhoek et Roman Catholic.

Ce qui est bon a savoir: Il existe des fonds en namibie pour les accidentes de la route, qu ils soient namibiens ou touristes. Ca s'appelle MVA funds: Motor Vehicle Accident. Ce sont ces fonds la qui prennent en charge tous les frais hospitaliers des accidentes de la route. Si un dossier est ouvert avec MVA, pas besoin de caution. Si il existe des fonds prenant en charge les accidentes de la route, europe assistance n intervient que pour le rapatriement. Un medecin d europe assistance s entretient avec le medecin en charge du patient pour decider des conditions de rapatriement. Le processus est long et europe assistance n ont pas de correspondant en namibie, c'est leur correspondant sud africain qui est contacte.

Bref resultat des courses: de multiples fractures aux cervicales, une plaie de 15cm sur le visage et une double fracture a l epaule. On a eu enormement de chance, mais d'autres personnes n ont pas eu la chance qu on a eu. Nous avons eu echo par l'ambassade de france d'accidents de francais survenus le mois dernier en namibie..une petite fille de 5 ans est decedee, un homme d une 40aine d annees a eu les poumons et les instestins perfores, un autre jeune homme paralyse..A l hopital, au service chirurgie, une catastrophe..la dame a cote de mon amie est arrivee paralysee des membres inferieures. Bref je vais pas vous faire une enumeration des cas d accidents qu on a pu voir a l hopital ou que l on nous a raconte..mais c est franchement pas beau.

La seule chose a retenir la dedant c'est: - ne surtout pas negliger la ceinture!! En generale on la met une fois qu on a demarre, et c est souvent trop tard! - eviter de rouler sur le sable, c est comme le verglas, une fois que la voiture glisse, impossible de controller..apparemment il faut accelerer quand on glisse..a verifier. Faites tres attention vers Solitaire, Naukluft, Sesriem , Sossuvlei. - jamais plus de 60km/h (meme si y a ecrit speed limit 80).

Voila les coordonnees de l ambassade de france en namibie:

Adresse physique : 1, Goethe street

Adresse postale : Po box 20484 - Windhoek 9000

Téléphone : [264] (61) 27 67 00

Télécopie : [264] (61) 23 14 36

E-mail : contact@ambafrance-na.org

Il y a un numero d urgence que je n ai pas, je l ai eu en appellant au numero ci dessus.

Bon voila pour le discours, j espere que ca evitera de futurs accidents. Bon voyage, la namibie c est magnifique (a ce qui parait! parce qu on a rien pu voir! : ) )
Une boucle "papillon" dans l'Ouest américain English translation pending
by Cendryon · 2009-10-29 · 63 replies
Nous y voici !!! Le temps est venu de raconter moi aussi nos aventures, ... notre premier voyage de 4 semaines à l'ouest des USA !!! ...

En espérant que ce récit puisse autant servir que m'ont servi d'autres carnets de voyages de ce même forum ! 😉

Merci encore à tous ceux qui participent à ce forum 🙂

Carte du circuit .

Vous comprendrez pourquoi je l'ai appelé la boucle " papillon "... mais c'est aussi parceque l'on s'est "posé" peu de temps sur les sites visités...

Les étapes :

1er aout – Vol Bruxelles/Londres/LA avec BMI + New Zeland Airways (1nuit au Sheraton aeroport de LA) 2 aout /3aout – Los Angeles Hollywood (2 nuits au Magic castle hotel) 4 aout – Santa Barbara (1 nuit au Virginia Holidays inn express) 5 aout – Carmel (1 nuit au Wayside inn) 6, 7, 8, 9 aout - san Francisco (4 nuits à l'Holiday inn express fisherman wharf) 10 aout – Yosemite village (1 nuit au Yosemite lodge) 11 aout – Bridgeport (1 nuit au Virginia creek settlement) 12 aout – Death valley (1 nuit au Stovepipe well) 13, 14, 15, 16 aout – Las Vegas (4 nuits au Venetian) 17 aout – Grand Canyon (1 nuit au Thunderbird lodge) 18, 19 aout – Page (2 nuits au Holiday inn express) 20 aout – Monument valley (1 nuit au View) 21 aout – Torrey (1 nuit à l'Austins chuckwagon) 22, 23 aout – bryce Canyon (2 nuits au Ruby's inn) 24 aout – las Vegas (1 nuit au Golden Nugget) 25, 26 et 27 aout – Los Angeles Anaheim (3 nuits au Park vue inn) 28 aout – Vol LA/Londres/Bruxelles avec New Zeland Airways + BMI

J'allais oublier : Nous sommes une famille de 4 à faire ce voyage : Le père, la mère, le fils (18ans) et la fille (presque 13ans)

Commençons le récit directement avec...

...le jour d'après (notre arrivée). En effet le temps passé dans les aéroports et les avions n'a rien de très excitant et l'arrivée tardive à Los Angeles nous a fait rejoindre bien vite le Sheraton où une suite avec un lit très confortable - et un canapé lit moins confortable pour les enfants - était bienvenu après une si longue journée.

Dimanche 2 aout Réveillés très tôt, ce qui n'a rien d'exceptionnel vu le décalage horaire, nous sommes impatients de découvrir la vue de Los Angeles. A quoi ressemble la ville ? Comment sera le temps ? Va-t-on découvrir le fameux smug dont on parle tant à Los Angeles ? Déception. La vue depuis le 7ème étage d'un hotel moderne et sans âme proche de l'aéroport n'a rien de folichon et en plus elle baigne dans une brume grisâtre.. Les voitures s'affolent pourtant déjà sur le boulevard qui jouxte l'hotel. C'est dimanche mais près d'un aéroport, il y a toujours de la circulation...

Tout le monde est prêt rapidement, curieux de découvrir la mégapole. En descendant par l'ascenseur je repense à la réflexion de Nicolas hier au soir qui avait été étonné de constater que je ne lui avais pas raconter de blague : Il n'y a pas de 13ème étage dans les hotels américains !...

La récupération de la voiture chez AVIS se fait rapidement, il n'y a personne au comptoir et lorsqu'on propose un 4X4 à Patrick à la place de la berline réservée, il accepte illico ! Je n'en reviens pas, lui qui ne voulait pas que je loue un 4X4... Bonne opération pour le commercial de chez AVIS, mauvaise pour mon porte monnaie mais finalement, nous ne regretterons pas un instant ce choix (impulsif) de véhicule PONTIAC TORRENT, certes peu nerveux à notre goût, mais qui nous permettra de faire nos 4800 km de routes et pistes sans problème. Il est tout blanc et il est immatriculé "HOT"... On dira donc...qu'il semble tout indiqué pour affronter les températures que nous rencontrerons !

En traversant la ville vers le sud, le voile terne qui enveloppait le ciel s'est levé et c'est sous un soleil radieux que nous apparaît le vieux, mais encore majestueux, QUEEN MARY... Cet élégant navire a eu a chance de na pas finir dépecé dans un sordide chantier de casse indien car les américains l'ont récupéré pour le transformer ...en hotel restaurant. C'est justement dans le restaurant que nous avons rendez-vous pour un traditionnel brunch dominical...eh oui, c'est dimanche !

Nous voici donc dans le grand salon du bateau, plongés immédiatement dans un univers rétro et élégant. Un buffet pantagruélique s'offre à nous avec différentes cuisines du monde organisées par "stations". Nous aurons l'occasion lors de ce voyage de nous apercevoir que les américain aiment beaucoup les grands buffets.... Un grand blues man noir trônant au dessus d'un buffet de poisson et fruits de mer réchauffe l'ambiance en chantant de vieux tubes de sa voie éraillée ... It's a wonderful world !

Après les agapes, place à la visite du navire. Avant d'arriver à la salle des machines, rarement accessible dans un paquebot, nous admirons quelques maquettes en coupe... L'histoire de ce navire qui a servi au transport des troupes pendant la guerre est racontée à travers de nombreux documents d'époque visuels ou sonores et nous suivons son évolution tout au long des coursives.

Sur les ponts supérieur nous avons accès à la salle des commandes ainsi qu'aux appartements privés des officiers de bord ainsi qu'à une superbe vue sur Long Beach.

Il est temps de quitter ce paquebot de légende pour rejoindre HOLLYWOOD, ce qui signifie également qu'il faille traverser la ville... et traverser la ville, même un dimanche après-midi, ça ne se fait pas en 5 minutes. Nous sommes au sud, nous allons au nord ce qui fait en tout 52km à parcourir, et même si le GPS indique 40 minutes de temps de trajet, nous mettrons environ 1 heure pour traverser cette immense métropole de 13 millions d'habitants avec quelques ralentissements qui ne sont tout de même pas comparables aux embouteillages de la semaine.

Le MAGIC CASTLE HOTEL paraît bien sympathique au milieu d'un environnement fleuri. En entrant et en voyant la petite piscine je me dis que finalement j'aurais peut-être mieux fait de réserver ici plutôt que de m'embêter à loger au Hollywood Hill Hotel, l'ensemble d'appartements qui fait office d'annexe du Magic castle. Au comptoir du tout petit Lobby un tout petit homme m'annonce qu'il y a un tout petit problème de plomberie pour la chambre que j'ai réservé, et me propose une chambre plus grande ici même, en bas, avec tous les snacks que l'on désire et avec possibilité d'aller à la piscine d'en haut si l'on veut...et insiste en me disant que de toute façon, je n'aurais eu qu'une chambre avec vue sur la colline et non sur la ville... Je ne crois pas un instant à ce problème de plomberie me disant qu'ils préfèrent sans doute remplir l'hotel du bas avant d'ouvrir les chambre du haut, mais je me dis que finalement, nous n'aurons pas a descendre la colline à pied pour venir au petit déjeuner qui, de toute façon, doit être pris en bas et que ce n'est sûrement pas plus mal !

La chambre est en fait un appartement spacieux doté d'un coin cuisine et d'une chambre séparée. Les enfants quant à eux devront (encore) dormir dans le canapé lit ! Le petit déjeuner au magic Castle s'avèrera tout à fait correct avec d'excellentes scones aux myrtilles.

Le magic castle restera une des bonne surprises du voyage et je suis encore étonnée d'avoir pu trouver un hotel à taille humaine dans une si grande ville et en plus à 2 pas du Hollywood boulevard !

J'ai réservé un TOUR DE VILLE avec CALIFUN, une société qui propose des visites guidées en français. Le guide (québécois) vient nous chercher à l'hotel et nous embarque dans un van.

Nous voilà parti les quartiers chics de BERVERLY HILL suivi de la traversée de BEL AIR avec sont lot de villas de stars. Après avoir stationné dans une rue qui nous permet d'aperçevoir le fameux "signe HOLLYWOOD" qui surplombe le quartier, nous faisons un arrêt obligé sur Hollywood boulevard le temps de prendre quelques photos devant le chinese theatre mais il y a un monde fou. Comme notre hotel est tout proche, nous reviendrons un matin où le quartier s'avèrera beaucoup plus calme...

Nous partons vers le centre ville au milieu des grands buildings où le guide nous montre l'architecture moderne du Disney theatre.

Puis nous faisons une halte dans quartier très animé de Almera, le temps de voir les danses mexicaines et le petit marché d'une rue des plus anciennes de la ville. Là c'est vraiment le Mexique et toute sa communauté qui se rassemble pour faire la fiesta et on aurait envie d'y rester plus longtemps!

De retour à l'hotel la nuit tombée, nous décidons d'aller diner au YAMASHIRO, le restaurant qui domine la colline. Le receptionniste du Magic Castle, toujours plié en 4, qui appelle pour réserver notre table et nous emmène en voiture jusqu'à l'entrée du restaurant. Le repas est excellent (l'expresso est un vrai et bon expresso) et la vue sur la ville est superbe.

















Lundi 3 aout Aujourd'hui nous passons la journée aux studios Universal. Nous avons déjà eu l'occasion de visiter le parc d'attraction du même nom en Floride, à Orlando, mais ici, à Hollywood, en plus des attractions il y a les "véritables" studios de cinéma ! Nous avons choisi un tour VIP qui nous permettra, outre de se la "pèter" car ce n'est pas tous les jours que l'on est VIP, d'éviter de faire de longues files d'attente en cette chaude journée du mois d'aout, mais aussi d'aller visiter les studios en back stage !

Avant de pénétrer dans le parc , nous remarquons le sympathique "saddle ranch" avec ses décors très "western". Nous ne passons pas sous la clèbre arches des studios comme à Orlando, le passage se fait sur le côté.

La journée commence tranquille par un accueil souriant, genre sourire publicitaire pour une marque connue de dentifrice. Comme nous sommes en avance, nous avons le temps de faire un petit tour dans le parc à l'heure où il n'y a vraiment pas foule et Caroline commence ses "repérages" dans les boutiques !

Dans un premier temps, je ne remarque pas du tout l'intru de la sculpture du tournage à l'entrée !... très amusant !

Dans le salon d'accueil des VIP que nous sommes nous attendent café, jus de fruits et petits gateaux ainsi que nos guides qui nous répartissent en petits groupes d'une dizaine de personnes. Nous serons donc avec une famille anglaise et un couple d'australiens.

Le tour commence par l'attraction des Simpsons, un simulateur qui vous emmène faire un tour de roller coaster virtuel, donc très peu pour moi merci, je préfère attendre le reste de la "team" !

Vient ensuite la visite attendue des studios en "petit train" et nous commençons par les trucages pour le son. Puis nous nous rendons dans un hangar qui abrite la fabrication des décors avec toutes les techniques de trompe l'oeil pour agrémenter les constructions.

Puis, dans un autre bâtiment, nous nous faufilons entre de hautes étagères où s'entassent un nombre incalculable d'objets. Ce bric à brac extraordinaire est la salle des accessoires et c'est à se demander comment les employés arrivent à les retrouver dans cet incroyable cafarnaüm !

Le guide nous emmène ensuite sur des lieux de tournage en extérieur. Le commentaire est illustré par des extraits de films qui passent sur les écrans plats du petit train. Je retiendrais le passage près de la maquette qui a servi au tournage du dernier "King kong" : En réalité, il s'agit de décors miniature avec un petit bateau alors que le rendu dans le film est impressionant ! Lorsque nous arrivons à la hauteur du fameux motel de "Psychose", un homme sort du bâtiment avec un grand paquet qu'il place dans le coffre d'une vieille voiture. Lorqu'il aperçoit notre "petit train" il s'élance alors sur nous un couteau sanguinolant en main !

Puis c'est le passage dans la très chic, très propre, très fleurie visteria lane de "Desperates housewifes" où le guide nous parle déjà de personnages de "saisons" qui ne sont pas encore arrivées jusqu'en Europe !....

Plus loin notre véhicule passe sur un pont de bois qui s'effrondre au moment de notre passage.. mais heureusement, on s'en sort sans problème... Ah ces trucages sont vraiment bien faits !!

Après un repas servi sous forme de buffet nous poursuivons par quelques attractions dont "Jurassic parc" que nous avons trouvé meilleure que celle du parc de Orlando alors que la version de la Momie est ici beaucoup moins impressionante.

Enfin, avant de déambuler librement dans le parc où l'on peut croiser des "personnages" comme Marylin, Zorro ou les Simpsons, nous assistons au spectacle "Waterworld" dont l'attérissage de l'avion sur le plan d'eau qui sert de scène est assez impressionnant et je n'ai d'ailleurs toujours pas compris comment cet avion était arrivé là !

Nous quittons le parc en fin de journée car les enfants ont hâte d'aller diner au HARD ROCK CAFE qui se trouve au bout de la City walk. Il est moins vaste que celui de Orlando mais tout de même très bien décoré avec également une Cadillac qui tourne au dessus du bar ! Nous faisons nos emplettes à la boutique puis nous obtenons une table bien placée...









Mardi 4 aout Aujourd'hui nous prenons le temps de nous offrir une petite flanerie matinale sur Hollywood boulevard, beaucoup plus calme que lors de notre première visite l'après-midi. Il fait déjà très chaud mais il y a beaucoup moins de monde que l'après-midi et après être passé devant le théatre chinois, nous remontons un peu plus le boulevard histoire de trouver d'autres étoiles connues. C'est un jeu qui plait beaucoup à Caroline qui a en main le plan avec les emplacements des "stars des stars". Nous irons jusqu'à l'étoile de Marylin qui malheureusement n'est pas très propre mais, comme par hasard, il y a un type à 2 pas de là qui se balade avec un chiffon et un vaporisateur en main prêt à nettoyer les étoiles “au hasard” des demandes... et pour quelques dollars ! En revenant nous aperçevons sur la colline le YAMASHIRO où nous avions passé la soirée de l'avant veille.

Nous partons pour BURBANK et les studios WARNER BROS. Après avoir récupéré les tickets (les vrais car acheté sur le net) nous nous restaurons de quelques patisseries au starbuck café. Le VIP tour est très bien organisé. Moins “show à l'américaine” que celui des studios Universal, il nous permet d'aller sur des lieux de tournage où nous...ne verrons pas grand chose … si ce n'est quelques décors de villes comme New-York ou Chicago, , , enfin on nous dit que c'est Chicago car comme nous ne sommes jamais allées ni à New-York ni à Chicago...et aussi sur la scène du l'emission de TV américaine du “Ellen show”. En fait, les studios WARNER produisent pas mal de shows et de séries TV, dont FRIENDS, mais la plupart restent réservées aux chaines américaines. Nous visitons également un sorte de musée de voitures célèbres comme la "bat mobile" ou bien la voiture volante de Harry Potter mais aussi une exposition de costumes dont ceux justement du film "Harry Potter". Il y a même une dame qui nous fait le "coup du chapeau" de Harry Potter !

La route pour SANTA BARBARA se fait rapidement, ce qui n'et pas le cas pour ceux qui viennent dans le sens inverse !

Le GPS nous fait passer par des quartiers un peu triste avant d'arriver à l'hotel, petit holiday inn aux reflets espagnols dans le style de la ville que nous allons découvrir. Nous sommes un peu au pays de ZORRO ! La chambre, toujours dans le même style avec ses grands lits en bois, est plutôt petite mais jolie et les lits sont très confortables.

C'est parti pour une petite balade très sympa jusqu'au Pier en bord de mer ou nous verrons le “congrès des pélicans” juste à côté de celui des pigeons et un peu plus loin celui des goélands. Des "pirogues de mer" s'affrontent jusqu'à une bouée où l'on entend les supporters hurler . En fait ce sont des phoques ou otaries installés sur la bouée qui doivent raler pour ce dérangement !

Nous revenons à pied vers le centre ville où un marché bat son plein sur la très animée state street. Nous nous rendons directement vers le PALACE grill car j'avais lu sur tripadvisor qu'il s'agissait d'un bon restaurant, bien coté des internautes.

A la reception on nous demande si nous avons une réservation, je crains le pire...et puis finalement on nous installe de suite dans une salle assez bruyante du fait de la proximité des cuisines semi-ouvertes. En fait ce restau ne paye pas de mine et l'intérieur n'est pas franchement reluisant... et puis le bruit et l'air des ventilateurs n'a rien pour plaire.

Le serveur prend notre commande et dépose sur la table des muffins avec un bol de crème. Drôle d'entrée en matière. Alors on lui demande tout de même si c'est pour manger tout au long du repas où à la fin. Il nous suggère de commencer de suite. En fait la boule de crème se révèle être une sorte de beure salé, et les muffins n'ont rien de sucré. Ce sont plutôt de petits cakes aux noix, aux épices, aux herbes... et ils sont excellents.

Après cette bonne introduction nous dégustons littéralement nos plats. Ici la cuisine est celle de la Louisiane, les plats sont cajun et la musique est jazzy. J'ai pris des pates aux écrevisses (oui il y a beaucoup d'écrevisses de proposées dans les plats du menu) avec des champignons, une sauce créole épicée mais crémeuse. C'est très bon! Patrick déguste son filet mignon sur purée de pommes de terre.. aux écrevisses. Puis une serveuse nous amène un document à n'ouvrir que lorsque la musique commencera. On entend alors le grand Louis chanter “It's a wonderful world”, le son est à fond et tous les serveurs du restaurant viennent à chaque table trinquer avec les convives... original ! Sur le document il y a les paroles de la chanson que les clients peuvent reprendre en choeur. re-Original ! Le son baisse alors pour laisser s'egrener les classiques du jazz de la nouvelles orléans et le service reprend son cours...

Pour le dessert, le serveur apporte 4 assiettes pour partager ("just in case") … Ils doivent avoir l'habitude! Nicolas et moi avons commandé un pudding soufflé au grand Marnier à se partager, comme l'a suggéré le serveur qui connait la taille de la portion. C'est excellent !

Patrick et Caroline ont opté pour la Key Lime pie, portion plus raisonnable. Bref il n'y a que le café qui n'est franchement pas buvable mais le reste nous aura vraiment ravi. Une bonne adresse.

Nous revenons sur la state street où les touristes s'entassent sur les terrasses pour gouter à des cuisines mexicaines ou traditionnelles. C'est certes plus animé mais après avoir regardé les menus... et les tarifs, nous ne regreterons pas notre choix. Balade nocturne dans les petites rues de cette charmante cité aux accents espagnols qui vivra dès jeudi aux heures des “old spanish days” autant dire que la fiesta battera son plein ! Au final, la ville de Santa-Barbara nous laissera un excellent souvenir !













Mercredi 5 aout C'est parti aujourd'hui pour une grande journée de route le long de la côte. Nous quittons Santa Barbara sous le soleil et le GPS nous propose de passer à travers la montagne et les vignobles pour rejoindre SOLVANG. Initialement je n'avais pas prévu de passer par ici craignant que la route soit trop sinueuse et les paysages enlaidis par les récents incendies. Mais il n'en est rien et la route est très agréable à travers les vignes et les ranchs.

Avant d'entrer dans le village, il nous faut faire le plein d'essence. On parle rarement dans les carnets de voyage de cet embarras devant la pompe essence... Eh oui, une fois trouvée la fente pour introduire la carte de crédit, voilà la machine qui nous demande, non pas le code de la carte, mais le code postal de notre région !...Nous voici donc bien embarrassé pour prendre le carburant et Patrick de devoir demander au pompiste comment faire ! Heureusement que l'humain suplée parfois la machine qui n'a pas prévu que des étrangers puissent venir chercher du carburant !!! Nous aurons ce tour plusieurs fois au cours de notre voyage !

SOLVANG est un charmant village de style Dannois très fleuri avec son moulin et des maisons typiques et colorées. Les boutiques sont attirantes et nous nous laissons tentés par quelques patisseries pour le pique nique prévu ce midi sur la côte. La visite du village est très appréciable au matin car il n'y a pas beaucoup de monde dans les rues.

Direction donc la côte. En passant près de San Obispo je remarque le Madonna Inn, l'hotel hyper kitsch dans lequel j'avais eu envie de dormir vu qu'il dispose de chambres démentielles!.. Finalement l'environnement de l'établissement n'a rien d'original : le bord de l'autoroute …ce qui explique que peut-être qui aient mis le paquet sur l'intérieur "so amazing!"

Arrivée sur MORRO BAY c'est la déception car la brume, enfin, les nuages bas de brume, se sont posés sur la mer et la côte ...Nous ne verrons donc pas Morro bay et nous poursuivons vers Cambria.

Et là, tout à coup, c'est le drame !!

Le tableau de bord indique qu'il faut changer l'huile !!! Patrick peste contre le loueur. C'est un peu fort de nous louer une bagnole pour le mois sans avoir fait la vidange !!! Nous nous arrêtons donc pour téléphoner à AVIS par le numéro de secours prévu... et là, c'est l'horreur : La nana au bout du fil nous demande notre nom, prénom (tout juste si elle ne demande pas l'age des passagers …) et n'arrive pas à nous situer quand on lui dit qu'on se trouve sur la N1en Californie, la route qui longe la mer, entre Cambria et San simeon!! De plus elle ne veut pas de nos coordonnées GPS la nullissime! Là je me rapelle soudain le texte d'un gars sur voyageforum qui disait avoir appelé car en plein désert, il avait abimé sa roue et le call center, sans doute situé à l'autre bout de la planète, l'avait envoyé dans un bled où le garage n'existait plus!

Moment d'angoisse (sauf que l'on est pas en plein désert, moment de doute, moment de rage, moment de désespoir... J'imagine la nana avec son casque de téléphone à New Delhi (voir slumdog millionnaire) en train d'essayer de nous situer sur une carte (ils n'ont donc pas google map?) Elle nous propose de RETOURNER vers San Luis Obispo dans l'agence AVIS dont elle nous donne l'adresse … Merci, on aurait pu la trouver directement avec tomtom , grrrrrr! Le call center dans ce cas ne nous aura aidé aucunement, pire il nous a fait perdre 20' et le coût d'un appel international pour tout ce temps (40€)!

Arrivés à l'adresse indiquée, nous nous retrouvons à l'entrée d'un vaste centre commercial, sic ! Heureusement la chance ne nous a pas totalement lâché car nous repérons un gars sympa sortant de sa boutique qui s'empresse de nous trouver l'agence AVIS sur son ordi (merci internet) et reviens illico presto pour nous indiquer qu'elle se trouve dans l'hotel Embassy au bout du parking. Merci, sympa, on n'aurait jamais pu trouver sans l'aide de ce gars car AVIS n'est pas indiqué et se trouve dans un recoin de l'hotel. Si un jour ce gars est au chômage, il pourra toujours se faire embaucher dans un call center !!

Wahouuu quel lobby !! On dirait l'hotel Alliance de Lille, un ancien cloitre couvert d'une verrière pyramidale dans sa version moderne ! Le gars de chez AVIS ne doit pas être souvent dérangé, dns un recoin de l'hotel, bien planqué dans son agence. Heureusement il est très aimable et souriant. Il remarque sur le contrat que l'entretien de la bagnole vient d'être fait et que le garagiste a dû oublié de faire un “reset” pour remettre en ordre l'électronique … grrrr... Il nous assure qu'il n'y a aucun problème et que nous ne sommes pas les premiers auxquels cela arrive. Il nous remet le bazar en ordre et on peut repartir.

Il est 14h et les ados ont faim. Alors on stationne l'auto à l'ombre et on entre dans le premier truc venu où l'on a vu sur la vitre que l'on pouvait avoir des salades. En fait c'est une bonne surprise. Au lieu de pique niquer près de la mer avec nos patisseries danoises, nous avons droit à un buffet à volonté, boissons incluses, pour 35$ à 4. Il y a du choix en chaud et froid, c'est frais et c'est bon! Patrick prend du lapin et goute diverses choses. Le crumble en dessert est excellent ! Bref ce BUFFET HOMETOWN est une excellente alternative au fast food... Nous prenons note du nom de la chaine .. au cas où...mais nous n'en reverrons pas d'autres au cours de notre périple.

Nous repassons devant le Madonna Inn pour la seconde fois puis rejoingnons la côte et MORRO BAY qui cette fois n'est plus dans le brouillard et se signale surtout par les grosses cheminées de sa centrale electrique (…)

Nous venons donc de prendre 2h de plus sur le planning prévu. Tant pis nous ne visiterons pas Point Lobos.

Nous nous arrêtons tout de même à l'endroit que j'avais prévu pour pique niquer, histoire de voir si les coordonnées GPS relevées étaient exactes. Yep, TOMTOM a l'air compatible avec les coordonnées données par google map.. mais pas pour toutes... L'endroit est plaisant, venteux et nous rencontrons nos premiers écureuils pas sauvages du tout.... L'arrêt suivant s'effectue sur la plage de San Simeon, bien signalée par un panneau, pour voir les sea lions, en d'autres termes, les éléphants de mer. Il n'y en a pas des masses, mais question masse ils font le poids !

La route qui suit attaque littéralement la montagne et donne l'impression de toujours monter sans jamais redescendre. Nous atteignons une hauteur assez vertigineuse...

Je vole quelques photos de la route car Patrick n'a pas l'intention de s'arrêter partout !... Je lui explique que nous devrons impérativement nous arrêter à Julia Pfeiffer Burns, un des points de vue des plus remarquables de la côte.

Julia Pfeiffer Burns est exactement comme sur les nombreuses photos que j'ai vues de l'endroit. La cascade n'est pas à sec et l'endroit ensoleillé à souhait est ravissant.

Nous terminons la route de BIG SUR avec un soleil déclinant qui rend la lumière de la mer aveuglante puisque le soleil se couche toujours... à l'ouest !

L'entrée dans CARMEL est assez surpenante car on se retrouve au milieu de pins très bas ce qui assombrit les rues en cette fin de journée. On a l'impression d'être dans les dunes. L'hotel WAYSIDE INN est super mimi avec des fleurs partout. La chambre est spacieuse et cosy, dans un style british. C'est trop mignon, nickel j'adore!

Nous ressortons rapidement car, je vous le donne en mille, les ados ont... faim !!! J'avais repréré sur le net, un restaurant italien car ils adorent ça. En fait il s'agit du restaurant NICO'S, un grec/italien où l'on trouve des plats assez classiques. 2 Spagghetis carbonara, 1 penne aux fruits de mer, pizza aux fruits de mer, crème brulée160 $ tips inclus à 20% d'office, (ils ne s'emm.. pas pour un service où, mis a part le patron qui se la joue à l'italienne .. où à la grecque, c'est selon, n'est pas très souriant). Craigneraient-ils que les européens ne laissent rien en pourboire ?

Nous partons faire un petit tour dans la rue principale. Il y a beaucoup de boutiques très classes. Les rues sont peu éclairées. Je me souviens avoir lu quelque part que c'était voulu car les habitants de Carmel, (au fait, les habitantes sont-elles des carmélites ???) refusaient la modernité ! Comme on ne voit pas grand chose dans le noir, nous décidons de rejoindre l'hotel. La visite, ce sera pour demain !









Jeudi 6 aout Ce matin on nous ammène un petit “panier déjeuner” devant la porte de la chambre à 7h30., une sorte de "panier repas" en sac isotherme avec des taourt, du lait et des céréales... Le ciel est gris quand nous partons faire une petite balade sur Océan street jusqu'à la plage bordée de pins "de Monterey" où les promeneurs et leurs chiens sont déjà nombreux. Après avoir marché dans le sable (pas très chaud), nous retournons vers l'hotel par la rue principale avec ses galeries d'art et ses patios commerciaux fleuris abritant des boutiques aux noms "frenchy". Au final cette ville nous aura parue très "snob", sorte de "Deauville" ou "Knokke le Zoute" du Pacifique...

MONTEREY est très proche de Carmel et nous avons prévu de visiter l'aquarium qui se trouve dans une ancienne fabrique de... sardines ! La visite est sympa. Ceux qui connaissent Nausicaa à Boulogne/mer (comme nous) ne seront pas surpris car c'est un peu le même système de visite pédagogique avec toutefois une collection de méduses et d'hipocampes assez chouette. Je m'attendais tout de même à plus grand. Le soleil est revenu ce qui nous permet de parcourir la route de la côte jusqu'à san Francisco en profitant encore de ses paysages qui font parfois penser à... la Bretagne !

Et puis voilà les premières vues de SAN FRANCISCO et ses petites maisons pastel qui nous invitent à poursuivre la visite. Nous savons déjà que cette ville va nous plaire !

A l'hotel HOLIDAY INN au FISHERMANS WHARF, nous avons une suite avec un salon/kichenette séparé de la chambre au 4ème et dernier étage de l'établissement . Les fenêtres donnent sur le sommet de la pyramid tower et la coit tower. C'est "nickel chrome" pour ma "team" qui a apprécie déjà notre environnement car notre première visite est pour les quais et leur animation. Nous traversons le musée mécanique pour voir quelques bateaux à quai et nous nous rendons ensuite vers le célèbre Pier 39 où nous avons prévu de diner, devinez où ??... au hard Rock Café qui devient passage obligé car les ados sont fans ! Le diner ne nous laissera pas un souvenir impérissable. La déco est moyenne et l'endroit est extrèmement bruyant ! J'ai tout de même testé le steak sirloin qui n'était pas si mal.

Mis à part la température hivernale, on a bien aimé l'ambiance du PIER 39. Il y a des tas de boutiques et de restaurants mais il y a surtout la visite aux otaries... ça pue un peu mais c'est tout de même marrant à voir !

Le FISHERMAN'S WHARF est certes très touristique mais l'ambiance y est festive et il y a toujours quelque chose à voir ou à écouter... et ça, c'est amusant ! Les garçons se trouvent des chapeaux “Indiana Jones”... dans des boutiques qui sont partiquement toutes tenues par... des chinois ! Quant à moi, je me prend un gilet polaire tellement j'ai froid !!! Caroline est aux anges car il y a vraiment de quoi faire du shopping. Il y a des centaines de tee shirts dont certains repésentent le président nouvellement élu. Avant de rentrer nous passons voir le terminus du CABLE CAR, ce funiculaire en bois, pour assister au retournement du véhicule qui se fait ici, à la main...et c'est vraiment l'attraction locale !









Vendredi 7 aout Levée avec le soleil, nous prenons notre temps pour prendre le petit déjeuner car nous avons rendez-vous à 10h30 pour un tour guidé avec Mr TOAD. Il s'agit d'un tour motorisé dans un "tacot" aménagé. Notre chauffeur est très sympa et son attitude cadre totalement avec le style du véhicule. Il me fait penser à un personnage Disney alternant les commentaires avec les "pouet pouet" à l'encontre des habitués croisés du parcours. Le véhicule limite le nombre de passagers à 10. Le parcours est classique et l'arrêt à Chinatown permet d'aller voir la fabrique des "fortune cakes". Le passage dans les beaux quartiers nous permet d'admirer de superbes villas victoriennes et dans le quartier hippie de High Hasbury, notre chauffeur enclanche la musique "If you go to San Francisco ..." Ambiance ambiance ! Nous terminons par la visite du Presidio et du Golden Gate. Hereusement que nous avons pensé à prendre les coupes vent car dans ce genre de véhicule ouvert il y a beaucoup d'air et il est très froid ici !!! Après avoir acheté un "MUNI pass" pour 3 jours, nous embarquons dans le fameux CABLE pour grimper jusqu'à Sutter street. Nous aurons l'occasion d'amortir ce Muni pass car nous emprunterons le bus plusieurs fois. Les bus sont nombreux et faciles à prendre. En revanche, le Cable est bondé de touristes. A cette heure il y a une file d'attente dingue au terminus et aux arrêts il faut presque se battre pour trouver une place ou s'accrocher au parapet... C'est une petite deception car pour notre premier trajet dans ce véhicule, on ne voit rien de la route ... Nous déjeunons au LORI'S DINNER situé à l'angle de Sutter street et Powell street (le cable passe juste devant). Le décor est super pour ceux qui aiment les années 50's façon "Grease" !! La nourriture est plutôt bonne et il y a du choix. On teste les hamburgers (of course), les premiers du voyage et ils sont très bon ! A noter que pour l'accompagnement on peut demander de la salade ou du coleslaw à la place des frites.

J'ai eu beau préparer ce voyage depuis plusieurs mois, je me sens perdue à San Francisco où j'ai l'impression que les routes qui descendent ou montent sont bien plus nombreuses que je ne l'avais repéré sur mes plans....Bref ici , ça monte, ça descend tout le temps !

Nous voici arrivés sur UNION SQUARE, la fameuse place centrale qui, selon moi, n'a pas grand chose de différent d'une autre ville. Macy's, qui trône au milieu de la place, est un grand magasin genre Galeries Lafayettes et le reste c'est "boutiques" etc...Je ne vois pas l'intérêt de s'y attarder, il y a tant d'autres choses à découvrir ici. Nous passons donc au quartier financier et ses buildings. On n'a jamais vu de buildings si hauts aussi rapprochés, alors ça fait un peu bizarre ce quartier de la finance. Le musée de la banque WELLS FARGO est tout petit mais comme c'est gratuit, ça vaut le coup de s'y poser 5' et de monter dans la diligence. Pendant notre voyage, nous penserons souvent à l'épopée des pionniers qui sont venus s'installer à l'ouest, osant s'aventurer sur des pistes incertaines et traverser des contrées hostiles pour parvenir jusqu'à l'océan !

Nous entreprenons de flaner dans le quartier MISSION pour voir les façades peintes. Le parc accueille de nombreux jeunes installés tranquillement face à des bâtiments anciens comme Mission Dolores. Nous nous promenons un peu dans la mission street et les rues adjacentes. C'est un quartier agréable et apparemment en pleine reconversion car il y a de nombreuses boutiques et restaurants branchés fraichement ouverts. Mais nous ne nous attraderons pas le soir car le coin de la station de métro sur Mission/16th est hyper mal famé (bandes, prostituées...)...

Nous nous rendons ensuite dans le quartier japonais, peu étendu mais dont le centre commercial et sa tour sont particulièrement significatifs. Nous avons réservé au BENIHANA , restaurant japonais Tepanyaki. Nous apprécions particulièrement ce rituel ou le chef japonais cuisine devant nous sur une plaque chauffante. C'est bon, frais et c'est léger. Le seul hic c'est que ce restaurant est bien bruyant. La "Japantown" est donc toute petite comparé à la Chinatown mais il y a de nombreux restaurants (non tepan) et quelques boutiques nippones.









Samedi 8 aout Aujourd'hui c'est notre journée "bicyclette". En route donc pour SAUSALITO via le GOLDEN GATE ! Nous louons nos vélos, sortes de "mountain bike" chez BAY CITY BIKE, une boutique proche de l'hotel.. appréciable au retour (rincés mais heureux....). C'est assez facile de louer un vélo à San Francisco car il y en a partout. Nous croiserons des centaines de cyclistes durant notre périple du jour ! Nous longeons la baie pour nous rendre vers le Golden gate qui est à moitié dans la brume. Ca monte un peu pour arriver sur le tablier du pont mais une fois qu'on y est, ça va, c'est presque plat... et là ce n'est que du bonheur ! On en a tout de même "plein les pattes" après car les vélos sont peut-être "secure" mais ils sont hyper lourds.. alors moi, dès que ça monte, c'est à côté du vélo que je me place... De l'autre côté, nous faisons une petite halte auprès des pêcheurs, histoire d'admirer le pont (toujours dans la brume). Avant d'arriver à Sausalito, ça monte un peu à travers la forêt d'eucalyptus... en même temps ça doit bien dégager les bronches !

SAUSALITO est une ville très mignonne mais il y a un monde fou ! A l'aller on se dit que l'on ne va pas s'arrêter de suite vu la foule. On préfère poursuivre vers les houseboats. Toutes les "résidences", autrefois celles des "hippies" ne sont pas accessibles au public pour préserver la tranquilité des riverains ... qui ne sont plus vraiment des hippies aujourd'hui... Sur le chemin du retour, on décide de s'arrêter déjeuner avant le centre ville dans un petit café très sympa, le CIBO, un tantinet branché écolo-nature. Bonne pioche !! On est bien tranquille ici. Il y a une petite terrace mais on préfère profiter de la fraicheur intérieure. Au menu Panini servi avec un petit ravier de pickles et moi j'ai testé un french toast avec des pêches et des fraises HUMMMMM. Dans ce café, on ne sert pas de coca, chose étrange pour les USA mais ce n'est pas plus mal ! J'en attrape pour 35$ boissons comprises, le même prix que l'autre jour au SUBWAY de Monterey, mais ici c'est bien meilleur et nettement plus clean avec un service souriant et "in french" ! Faudra qu'on m'explique là !!! Quand on se rend à Sausalito en vélo via le golden gate on a, en gros, é alternatives : Revenir par le pont ou bien traverser la baie en ferry qui nous ramène non loin du fisherman wharf ... Nous optons pour cette solution, la moins couteuse en ...énergie car nos batteries sont un peu déchargées à cette heure ... Nous tentons de stationner les vélos dans un parking (à vélos) du centre ville mais après avoir pris connaissance des heures du ferry nous renonçons de façon à avoir une place à bord .. et c'est pas gagné vu le nombre de vélos au centre ! C'est pourquoi nous sommes les premiers à embarquer. A en croire des français qui sont à bord du ferry du retour, on a bien fait de déjeuner à l'extérieur du centre. On a l'impression que tout le monde s'arrête au centre ville alors qu'après c'est beaucoup plus cool !

A bord du bateau, au moment de reprendre els bicyclettes pour débarquer, c'est le bins total ! Heureusement que les américains étaient mieux organisés pour débarquer en juin 44 ! Il faut dire que c'est le week end et on a vraiment l'impression que les californiens qui ne font pas de joging font du vélo !!! Bref on n'est pas tout seul sur la route... tant pis pour les autos, ce n'est pas leur jour !! Après un passage à l'hotel histoire de se reprendre un peu, nous repartons en cable vers le haut de la Columbus street mais en route, nous décidons d'aller voir de plus près la fameuse LOMBART street dans sa partie la plus attractive : Les lacets fleuris ! Pour de nombreux touristes, le jeu consiste à descendre cette rue en auto et de préférence en se tenant, pour les passagers, assis sur les portières du véhicule !... En haut de la rue il ne faut pas moins de 2 policiers pour réguler la circulation. Inutile de dire que si l'on tient absolument à effectuer la descente en voiture dans la journée, il convient de prendre son mal en patience !!! Avant de rejoindre notre restaurant du soir, la STINCKING ROSE, nous décidons d'aller voir d'un peu plus près la fameuse transamerica pyramid. Sur le trottoir, un orchestre chinois au grand complet nous rappelle que nous sommes aux portes de chinatown. Heureusement que j'ai réservé le restaurant "Stincking rose" sur internet sinon il aurait fallut attendre dehors ! On nous accompagne jusqu'à notre table, au premier étage, dans un dédale de petits passages. La salle de restaurant est assez vétuste. Ce restaurant est une vraie usine et c'est très bruyant !!! Ici l'ail est à l'honneur et il y en a dans tous les plats ! C'est le concept du resto qui en fait sa renommée mais la cuisine n'est pas super originale mis à part cet ail qui est partout, y compris dans les fresques grossières peintes sur les murs. Les plats sont plutôt italiens et le service pourrait être plus souriant. Attention, les gnocchis sont juste un peu...sucrés

Dimanche 8 aout C'est formidable de pouvoir passer un dimanche à San Francisco, surtout quand le soleil est au rendez-vous dès le matin et que le ciel est dégagé ! Le dimanche est un jour tranquille... mais notons que les californiens sont déjà assez cool et puis c'est le jour de la messe, de la célébration comme on dit dans les églises méthodistes et Cie...car nous avons prévu de nous rendre assister à la célébration de la GLIDE... et qu'a t'elle de particulier cette église pour que j'ai envie d'y aller alors que je n'assiste jamais à la messe d'habitude ? Ben j'vais vous l'dire : Il s'agit tout simplement d'une messe en GOSPEL !!!! Alors nous partons en Cable car à l'assaut du centre ville. Alors que nous marchons vers l'adresse indiquée, nous dépassons un groupe de dames chapeautées qui se rendent au même endroit que nous...mais nous sommes les premiers de la file d'attente et le chairman, très sympa, nous place près du mur. Ensuite il nous invite à entrer et nous choisissons de monter à l'étage car j'avais lu que c'était mieux pour les touristes. Nous nous installons au premier rang du balcon. Derrière nous il y a d'autres touristes français. Nous avons alors une vue imprenable sur la scène car ici, point d'hotel et de reliques, point de statues, de vitraux ou fantaisie, tout se passe dans le chant, le discours, l'attitude et ...la technologie car films et images se relaient sur le grand écran situé derrière la scène ! On nous distribue alors un éventail car il fait assez chaud au balcon. Il porte l'inscription d'une publicité pour le restaurant de l'hotel japonais du coin, brunch oblige...ou comment allier spiritualité, sponsoring et bien être ! J'avais lu que les messes en gospel de la Glide étaient super, mais en réalité c'est carrément surprenant, un véritable spectacle pendant lequel on ne s'ennuie pas une seconde !! On démarre directement par un chant et tout de suite on est dans l'ambiance. Le soliste est extraordinaire , les choeurs sont parfaits et les musiciens carrément top (Wahouuu le saxo !!). Au premier étage, un type tout aussi agité que les habitués du bas relaie l'enthousiasme des chanteurs et nous invite à frapper des mains comme un "chauffeur" de salle de spectacle ! Au cours de la célébration nous assistons à une scène surprenante. Un grand noir très efféminé nous présente les produits dérivés qui peuvent être achetés à la fin de l'office. Il se met à défiler comme dans une collection de haute couture avec un tablier à l'éfigie du groupe. On croirait Jacob dans la cage aux folles... Tout le monde éclate de rire... on n'en croit pas nos yeux ! Imaginez une telle scène dans une messe de chez nous !! Mais nous n'avons pas fini d'être surpris car voici qu'entre en scène le très dynamique, que dis-je, l'explosif pasteur noir qui va nous offrir un prêche carrément politique et rappeler au passage que "Maintenant, nous avons un président !" Après coup, je ne sais pas si l'on peut vraiment parler de messe car ici il s'agit plutôt d'un show !!! et quel show !!! En tout cas c'est vraiment très chouette. Je suis ravie !

Quelle chance nous avons d'avoir un temps superbe sur cette ville dont on dit qu'elle est souvent dans la brume ! J'ai réservé pour le brunch au TOP OF THE MARK, le restaurant situé au sommet de l'hotel intercontinental Mark Hopkins. Le "Top" n'est qu'au 22ème étage, ce qui est nettement moins haut que le Carnelian room, le restaurant situé au 55ème étage de la tour de la bank of américa, mais qui n'etait pas ouvert ce dimanche !I Qu'importe, le Mark Hopkins est situé en hauteur sur une colline, par rapport aux autres buildings ce qui compense. Comme nous sortons assez tard de la Glide, nous hattons le pas pour nous rendre au restaurant ce qui fait que nous arrivons bien fatigués tellement la pente de la rue est rude ! En montant dans l'ascenseur, nous remarquons encore une fois qu'il n'y a pas de 13ème étage. Dans le restaurant très chic à l'ambiance feutrée il y a peu de touristes. Ce sont plutôt des gens de San Francisco qui viennent bruncher chic ici ! En tout cas le service est très soigné et buffet très fin ... un peu normal vu la classe de l'établissement ... et le prix .. mais la vue sur la baie est superbe !!! Le MUSEE DU CABLE, situé à deux pas de là, est un petit musée sympa et gratuit où l'on apprend comment fonctionne les "cable car" et où l'on voit les machines en mouvement... c'est donc très bruyant ! Après, en attendant ce cable car dans la rue déserte car il n'y a décidemment pas beaucoup de circulation à San Francisco le dimanche, nous prêterons une oreille d'autant plus attentive au bruit du cable situé au centre de la rue...

Retour à l'hotel pour se relaxer avant de partir visiter ALCATRAZ. Le bateau part à 18h45. J'ai réservé le tour de nuit. Nous prenons nos KWAY car j'imagine que le vent sera frais... je n'ai pas tord. Arrivés sur l'île, des guides nous prennent en charge pour nous accompagner jusqu'à l'entrée de la prison où nous prenons des audio guides dans notre langues c'est à dire en français pour moi et en néerlandais pour Patrick et les enfants. La visite est très interessante et la façon de faire commenter les lieux par d'anciens gardiens ou prisonniers est vraiment originale. Nous arpentons ainsi les couloirs de la prison, découvrant l'étroitesse des cellules et la vie des "pensionnaires" dont les plus célèbres ont même droit à l'affichage de leur trombine sur les murs! Au retour, nous pouvons admirer les lumières de la ville où nous passerons notre dernière soirée. Nous allons diner au BUBA GUMP à la demande des enfants, ce qui n'est pas une super idée car c'est assez cher pour manger ...quelques crevettes ! Mais bon, ce sont les vacances et on aime faire plaisir aux enfants (c'est comme au Hard rock café : hyper bruyant mais branché !). Au retour ils demanderont à voir le film Forrest GUMP...







(A suivre....)
Retour du Club Amigo à Holguin (11 au 18 octobre) English translation pending
by Cubajo · 2009-10-19 · 15 replies
Bonjour,

Voici que nous sommes de retour du Club Amigo Guardalavaca de puis hier, séjour du 11 au 18 octobre. Température moyenne de 30 à 35 degrés toute la semaine avec un tres grand taux d’humidité environ 70 %. De la pluie 2 soir et 3 nuits mais le jour soleil mur a mur. Un soir on a manqué d’électricité à deux reprises, apportez vous des flashes light car très très utiles.

Les sections Guardalavaca et Cameléons sont fermées. Les touristes de Nolitours en Caméléon sont relocalisés en Villa. Actuellement il y a une majorité de touristes de l’Angleterre. Le taux de change s’est maintenu toute la semaine entre 1.15 et 1.16. Le minimum que j’ai reçu pour 100$ canadien a été 84.35 CUC.

La pluspart des travailleurs rencontrés sur le site se considèrent tres chanceux d’y être car plusieurs autres sont en arrêt depuis juin dernier, la vie est dure sans touristes, les cochés comme plusieurs de mes amis en autre ont de la dificulté a rencontrer leurs redevances du 15 et du 30 de chaque mois au gouvernement. Qu’ils travaillent ou non touristes ou non , il doivent remettre au gouvernement en moyenne 50 CUC au gouvernement au 15 jours. C’est énorme pour eux alors encouragez les , il en ont besoin. J’ai payé la redevance de deux d’entre eux connaissant leurs situations familiales entre autre à TONI ROJAS que je considère comme un vrai frère.

Le ptit train fut brisé 2 fois dans la semaine. Une grande suggestion à faire pour ceux qui on l’habitude d’acheter au dollarama pour faire plaisir, de ces temps ci donnez plutôt 1 CUC en cadeau mais surtout aux gens à l’extérieur de l’hotel, ils ont beaucoup de difficultés a manger 1 repas de viande par semaine de c’est temps ci.

Une autre idée allez dans la série de boutique à coté de la clinique internationale ou encore au Los Flamboyanes en face de l’hotel et achetez leus un sace de poulet congelé, cela nourrira une famille de 4 et il vous en coutera en moyenne 2.25 CUC. Ce sera tres apprécié je vous le jure.

Les spectacles du soir se font a coté du snack Santa Maria du coté Atlantico. Seule la boutique de tabac est ouvert coté caméléon. Le restaurent El Benny et Las Espada étaient ouverts pour les autres je n’ai pas vérifié.

Encore une fois j’ai quitté mon ptit paradis avec le cœur tres gros et la promesse d’y revenir bientôt, si je peux vous renseigner sur autre chose cela me fera plaisir.

Cubajo
Itinéraire de vingt-neuf jours Colorado - Utah - Arizona - Nouveau-Mexique - Colorado English translation pending
by Laurence49b · 2009-10-17 · 247 replies
2 voyages aux USA c'est déjà beaucoup et bien peu aussi , à qui veut approfondir le Grand Ouest...

C'est notre cas et nous venons de crier notre ouf de soulagement " Yeah, we will go " suite à quelques réflexions et contraintes financières et professionnelles.

L'itinéraire s'est vite imposé à nous en fonction de nos désirs et de la consultation contemplative de nombreux carnets de voyage ( Krikri, Mokalhki, Derennes, Veileen et bien d'autres encore ! )- quel vrai plaisir de chercher / fouiner / créer / remodeler !!-

Un premier jet avec une arrivée à SLC puis , la découverte du site et voyage 09 de mlefevre nous a émerveillé et décontenancé.. et orienté sur d'autres horizons ... Soit, nous aborderons l' Ouest non plus par SLC mais par Denver ... Merci, Marie ...

Bien d'autres bases nous ont servi à la construction du trajet dont certains sites n'ayant plus lieu ou raison d'être cités car hautement compulsés par nous tous ou presque .... Merci à Philippe S, Thierry L, Dominique C, vazyvite... etc

Juin et 4 semaines seront nécessaires pour profiter des merveilleuses contrées dont voici le tracé

J1 Arrivée à Denver en soirée

J2 Denver/Moab 5h30 de route +Trails à Arches Marching Men/Tower Arch - Delicate Arch

J3 Canyonlands - Island in The Sky Mesa Arch : False Kiva / Shafer Trail / Musselman Arch

J4 Moab /Hanksville 2 h de route + Horseshoe Canyon ( trail + piste environ 5 h )

J5 Hanksville / San Rafael 1/2 h de route Crack Canyon (trail 2h )+ Little Wild Horse Canyon ( trail 3h ) + Goblin Valley( 2h sur place)

J6 Hanksville/Capitol Reef 2 h de route en passant par Factory Butte ( 2h ) + Hickman Bridge ( trail 1h) + Cohab Canyon ( trail 2h ) + Cassidy Arch ( trail de 1h )+ Chimney Rock ( trail 2h ) + Sulfur Creek ( trail 4h ) Journée à revoir trop chargée

J7 Capitol Reef Cathedral Valley + trail des Monolith + voir avec Veileen Glass Mountain

J8 Torrey/ Escalante par la Notom Road et Burr Trail 4h30 de route et piste + trail Upper Muley Twist Canyon ( trail 5h)

J9 Escalante/Hole in the Rock Zebra Slot canyon / Peekaboo Slot Canyon /Sunset & Brocken Bow Arches

J10 Escalante The Volcano

J11 Escalante Neon Canyon / Devil's Canyon

J12 Escalante/Willis Creek/Bryce Canyon 3h de route Willis Creek ( trail 2h )+Bryce canyon ( trail Peekaboo Loop 4h )

J13 Tropic/Cedar Breacks/Zion 3h30 de route Cedar Breaks ( trail 2h ) + Zion ( trail Narrows )

J14 Zion The Subway si permis ou West Rim trail ( trail de 7h )

J15 Zion / Valley of Fire White Dome ( trail 1h )+ Fire Canyon/Ephemeral Arch ( trail 1h30 ) + Rainbow Vista /Elephant Arch

J16 Valley of Fire / Vermilion Cliffs 4 h de route + Old Paria + Toadstools Hoodoos

J17 CBN ou CBS + White Pocket si permis ou Walk-in Permit ( les 4 journées sur la région de Page seront planifiées en fonction de l'obtention ou non des permis pour CBN et CBS & WP )

J18 CBS + White Pocket ou CBN si permis ou Walk-in Permit

J19 Cottonwood Road / Grand Staircase/ Glen Canyon Grovenor Arch + Yellow Rock + Alstrom Point ou Walk-in Permit CBN / CBS & White Pocket

J20 Glen Canyon National Recreation Area Rainbow Bridge ( boat tour + trail ) + Waterholes Canyon ou Wahweap Hoodoos

J21 Page /Tuba City 1h30

J22 Tuba City / Monument Valley / Canyon de Chelly 4h30 de route + White House Trail (trail 2h )

J23 Canyon de Chelly visite + trail + route vers Thoreau

J24 Thoreau / A Shi Sle Pah ( 2h15 de route )/ Bisti Badlands ( 1h15 de route ) / Farmington ( 1h30 de route Visite des 2 sites A Shi Sle Pah + Bisti Wilderness

J25 Farmington / Durango ( visite de la ville ) / Great Sand Dunes 5h de route + High Dune trail ( trail 2h )

J26 Great Sand Dunes Trails

J27 Great SD / Colorado Springs 3h30 de route + Garden of the Gods ( trails Chambers / Palmer/ Bretag Trail )

J28 Manitou Springs / Denver 1h30 de route + Achats cadeaux + Roxborough SP

J29 Départ Vol Denver / Londres /Paris

De nombreux trails sont intégrés à notre programme , les grandes villes ont été délibérément squeezées du parcours laissant nos préférences à la découverte de la nature en sac à dos et chaussures de rando ... sans compter les quelques miles nous séparant des différentes étapes en écrasant les pneus du véhicule ... des plans B voire C seront à prévoir .. en fonction surtout de la météo et des éventuels travaux sur pistes

Nous attendons avec plaisir toutes vos remarques , opinions et idées diverses . Rien est encore vraiment fixé alors n'hésitez pas, sans abuser quand même! 😛 ne cherchez pas à tout nous chambouler, tout de même ! 😉 un avis du roi de l'asphalte US, l'itinéris Maestro : ITAT ... sera le bienvenu

Et merci d'avoir eu la patience de lire ..jusqu'au bout ..du monde ..

Bonne soirée et à très bientôt

Laurence et Patrick
Tout quitter à 31 ans? English translation pending
by Angela26 · 2009-10-13 · 239 replies
Bonjour à tous, j'ai besoin de votre aide !

Je suis une jeune femme de 31 ans. J'ai beaucoup voyagé pendant 2 ans et demi et depuis 2 ans me voilà revenue en France. Je mène une vie comme "normale" et assez banale. J'ai tout pour être heureuse : mes parents, un bon job, un petit ami...

MAIS j'ai très envie de repartir, de revivre l'aventure, d'aller voyager et travailler à l'étranger...

Cependant, je me dis que je n'ai plus l'age car je veux construire une famille et surtout je souhaite plus que tout avoir des enfants.

Pourtant, souvent, je me prend à rêver d'un nouveau départ à l'étranger et puis tout de suite après la raison revient à moi et je me dis que je ne peux pas laisser un bon job de fonctionnaire, mon petit ami et surtout mes parents qui commencent à vieillir... pas à 31 ans... je reve d'avoir 20-25 ans du coup !

Voilà mon état d'esprit !

Y a t il d'autres personnes qui se font les mêmes reflexions que moi ? Avez vous déjà ressenti cela ?

Avez vous des conseils à me donner ?

MERCI BEAUCOUP D'AVANCE ! Angel.
Que visiter à Safi et El Jadida? (Maroc) English translation pending
by Mariespagne · 2009-09-12 · 31 replies
Bonjour, j'établis mon circuit d'Essaouira à Casa mais je ne trouve pas grand'chose à visiter sur SAFI et ELDJADIDA; cela vaut-il vraiment la peine de s'y arrêter et de faire le détour (surtout à SAFI?).Sachant toutefois que ce qui m'intéresse est découvrir ce qu'il n'y a pas ailleurs; la mer ne m'intéresse pas; merci.
Iles grecques sur Fortuna en novembre 2009 English translation pending
by Jo38 · 2009-09-06 · 111 replies
😊



4 ème croisière prévue du 9 au 16 novembre sur le costa fortuna et toujours besoin de cet excellent forum

cette fois le cas est différent : nous arrivons en avion pour un départ depuis venise et nous désirons si possible arriver un jour avant pour justement profiter de venise. la croisière a été acheté sur internet et les "pousseurs de carton" sont très avares en renseignements

1: trouver un hotel pas cher pour lacher bagages depuis l'aéroport où nous serons à pied.... astuce ? ( merci à vous , "pas cher mon fils..." )

2: avion je pense à airitalia bien situé au niveau tarif ?

3: confirmez vous cette navette costa qui part de je ne sais quelle place vers les navires ?

4: les excursions !!!

j'avais conseillé sur ce même forum, toutes celles à faire et à éviter... avec un peu de censure mais on y est arrivé

je peux donc vous conseiller pour celles en egypte rhodes tunisie baleares rome malte palerme mais j'ai besoin de vous pour 3 escales :

à savoir : santorin mychonos et dubrovnick

santorin, très court au final ! il y a t il une raison ? le plus joli doit se faire sur la même journée avec seulement 4 heures à santorin ! comment se débrouiller à santorin ? j'ai compris qu'il fallait éviter les ânes surexploités (les pauvres ) avec un mépris pour les touristes ( business et rapidité )

le téléphérique est il à proximité immédiate ? prix ? y a t il un intérêt pour une excursion ? ou combien de temps pour monter les 580 marches histoire de ne pas perdre trop de temps vu le peu alloué à l'escale !

le débarquement se fait en chaloupe il me semble donc priorité aux excursions réservées .. ! j'aimerais votre avis, que faire ensuite à santorin, visiter à côté (comme à rhodes ou je vous conseille de prendre le car vers lindos et de visiter rhodes en rentrant )

excursions ou autonome à mychonos et dubrovnick ?

merci pour vos réponses !!! ( du genre excursion conseillée içi, et là vous pouvez être autonome... )

merci à ce forum et à ceux qui passent le temps à nous conseiller ....🙂🙂🙂

Hôtel Mélia Las Dunas English translation pending
by Frisinette · 2009-09-05 · 25 replies
Bonjour à vous! Je ne crois pas me tromper en disant que c'est un très bel hotel. Notre choix (On est 2 couples) s'était arrêtés sur le Sol Cayo Santa Maria mais en voyant la différence de prix qui est pas très grande entre les 2 hotels, on s'est dit qu'on devrait opter pour le Las Dunas et avoir une "coche" de plus... j'aimerais avoir le pouls de quelqu'un qui est déjà allé et qui pourrait nous donner trucs et conseils. Est-il vrai qu'il y a un manque de chaise longue à la plage? Comment se fait les réservations de restaurant à la carte? Peut-on en avoir plus que 3 par semaine comme ils indique dans la brochure? Faut-il un adapteur pour le 110 volts? Les meilleurs restos? La plage, je pense que tous sont unaniment, c'est très bien mais j'ai déjà lu qu'il y avait beaucoup de jellyfish, est-ce vrai? La réunion de l'arrivée faut-il vraiment y assister? On a jusqu'à quelle heure pour réserver les restaurants? Faut-il faire ca très tot le matin? Bon! Ouff! Je sais que c'est beaucoup de questions à la fois mais aussi bien le faire et avoir les réponses. Une petite dernière, 😊 Le prix, nous aurions aimé l'avoir en bas de 1500 $ pour une semaine pensez-vous que c'est possible? on aimerait partir vers le 19, 20....23 mars 2010 (ou environ ) Merci beaucoup de prendre le temps de répondre! 😉 Bonne journée!
Transport Essaouira-Casablanca et villages avoisinants? English translation pending
by Mariespagne · 2009-08-24 · 33 replies
Bonjour, je me rends à Marrackeh en octobre puis après je désire partir vers Essaouira puis Casa. Que me conseillez-vous comme villages entre deux à visiter? Quels sont les moyens de locomotion pour ce que vous me proposerez et connaissez-vous des hôtels pour ces destinations? Mon séjour se passera sur un délai de 6 jours vu que j'aurais déjà visiter Marrackeh à plusieurs reprises. Merci à vous tous ; MARIE
Quels souvenirs ramener d'un séjour au Pérou et en Bolivie? English translation pending
by Jls45 · 2009-08-15 · 33 replies
DANS UN MOIS ET DEMI JE PARS POUR 18 JOURS AU PEROU ( de Lima la cote sud jusqu a arequipa puis canion de la colca titi caca cuzco machu pichu) puis aussi EN BOLIVIE (LA PAZ)

OU, quand et quoi ramenez de beau de ce sejour? De mes voyages j' aime ramener de beaux souvenirs qui sortent de l'ordinaire , mais aussi du classique sachant que je n'aime le "kitch". Si vous avez des idées je suis preneur a+ jl
Etre "blanche" en Inde... problème? (relation possible avec un indien?) English translation pending
by Jeunefille22 · 2009-08-11 · 60 replies
Je rêve depuis des années de me rendre en Inde, encore plus depuis que j'ai rencontré un garçon qui vient de là-bas, et ce projet devrait pouvoir se concrétiser d'ici fin 2010 mais voilà... la conversation que j'ai eu avec mon "ami" il y a quelques jours m'a vraiment refroidie et je voudrais savoir ce que des personnes qui connaissent bien le pays et sa culture en pensent...

En fait je connais ce garçon depuis quelques mois et on s'est tout de suite super bien entendus, malgré les énormes différences culturelles on a vraiment plein de points communs mais il ne s'est encore vraiment rien passé entre nous... Il vient d'une famille hindue apparemment très conservatrice, il n'a jamais eu de copine, dit que sa mère commence à lui chercher une femme là bas... bref. :/  On s'est quand même beaucoup rapprochés mais ça vient super lentement, il a plein d'à prioris et de blocages sur les contacts physiques, pour lui c'est "impur", contraire à l'amour véritable et je parle même pas de relations sexuelles, ne serait-ce qu'embrasser sur la joue ou me prendre dans ses bras au début était assez difficile pour lui malgré les heures et les heures passées à parler ensemble, la grande complicité qu'on avait... J'ai toujours essayé de comprendre sa culture et au début je trouvais ça "mignon" mais bon, au bout d'un moment... :/ 

Depuis quelques jours il m'a demandé à plusieurs reprises de me comporter comme "a good hindu girl", il ne veut pas que je porte des vêtements trop découverts (pourtant c'est loin d'être le cas mais monsieur veut que je sois toujours bien couverte :/ ) , il me dit que je devrais lui demander avant de sortir (en rigolant mais à moitié..:P) mais pourtant on n'est pas ensemble!!!!! Alors que moi je ne demanderais que ça. =( Un jour il est super affectueux (tu me manques 50 fois par jour, il me prend dans ses bras... ) , le lendemain il me fait ses grands discours sur la moralité indienne, pourquoi les indiens aiment vraiment du fond du coeur et pas les occidentaux, pourquoi le sexe avant le mariage c'est vraiment horriblement nul et contraire à l'amour avec un grand A.  Mais à côté de ça c'est quelqu'un de très doux, drôle, très instruit, protecteur avec moi, j'aime trop passer du temps avec lui mais de plus en plus je me demande si je peux espérer quelque chose ou pas quoi... parce que là notre relation commence à stagner, et puis surtout ce qui me fait douter c'est la discussion qu'on a eue avant hier.

On parlait de mon futur voyage en Inde... Jusqu'à présent il me disait qu'il me présenterait à sa famille, on parlait de ce qu'on ferait ds sa ville etc... (en tant qu'amis seulement) et cette fois il m'a fait comprendre que ce serait difficile de me présenter à sa famille, qu'il le ferait mais j'ai vraiment eu l'impression qu'il en avait déjà honte rien qu'en y pensant!!! Puis il m'a dit que quand ses amis sauraient qu'il passe du temps avec une européenne, ils lui demanderaient tous si on couche ensemble (horreur!!!! :p ) et qu'il aurait du mal à leur faire comprendre que non, que je suis une "good girl".... mais qu'il allait tout faire pour. Et quand je lui ai demandé en rigolant s'il aurait honte de sortir avec moi en public (en tant qu'amis toujours) il m'a dit qu'il ne savait pas trop s'il pourrait, que ce serait super mal vu par sa famille... et il a fini par "You know my dear, it's India" :/ (pourtant je suis loin d'être une "débauchée", je suis une fille super simple, plutôt réservée... donc vraiment, ça ne vient pas de moi)

Franchement ça m'a fait trop mal tout ça!!!! D'abord parce que je me faisais une joie d'aller en Inde, et encore plus en étant pendant une partie du voyage avec quelqu'un que je connais bien et que j'apprécie, et je me disais que c'était l'occasion rêvée pour rencontrer du monde rapidement (famille, amis...) , me fondre dans la culture... Et aussi parce que j'ai vraiment des sentiments pour lui... Mais après ce qu'il m'a dit j'ai l'impression que non seulement il ne tient pas vraiment à moi, mais en plus que ça doit être super dur d'être une fille blanche, en Inde, parce que même si un mec que je connais très bien qui m'apprécie beaucoup aussi (ça je le sais) a honte de se montrer avec moi parce qu'il pense que ses propres amis vont forcément me considérer comme une débauchée malsaine lol... mais alors comment ça sera avec gens que je rencontrerai là bas??? Comment pourrai-je lier des liens avec les gens dans ces conditions... :(

Enfin voilà, je sais plus trop qu'en penser.... Je viens de recevoir un texto de lui dans lequel il me dit que je lui manque trop qu'il faut qu'on passe du temps ensemble cet aprèm. Mais du coup je me sens super mal maintenant... je pensais qu'on pourrait peut-être être ensemble un jour, mais là franchement je doute maintenant. Je sais pas si je peux encore espérer quelque chose ou si je ferais mieux de laisser tomber... mais en même temps ce serait tellement ridicule et dommage de passer à côté d'une histoire qui pourrait être belle pour ces raisons là...  =(

Y aurait-il parmi vous des connaisseurs de l'Inde et des indiens pour me conseiller ? 🙂
20 000 km en stop depuis la Normandie jusqu'à Bangkok English translation pending
by Vipassana · 2009-08-06 · 19 replies
Voyage en auto-stop depuis la Normandie (le mardi 28 avril, départ du Pays de Caux) jusqu'en Thaïlande (arrivée à Bangkok 2:26 pm, le 23 juin 2009). Vol Air Asia le 24 Bkk-Rgn.

Yébleron (Normandie) - Strasbourg (Alsace): 700 km.

Je parcours aisément la distance de la Normandie jusqu'à l'Alsace après avoir rendu visite à ma mère. Saluer les Anciens afin qu'ils vous protègent durant votre périple - que leurs esprits soient toujours avec vous et vous accompagnent durant votre cheminement - part d'une bonne logique. Cela ne paye pas de mine mais autant mettre toutes les chances de votre côté !

Qui plus est, j'ai du chaussé les bottes de sept lieues par inadvertance car de normalement quatre étapes ou véhicules, je n'en fait que deux seules, celle de l'aire de St Saens est zappée ainsi que celle de la bifurcation qui me voit descendre habituellement d'un véhicule qui continue vers Lille et me retrouver en pleine ligne droite sur l'autoroute à lever le pouce désespérément. Le gars sort vers Laon et me dépose à l'aire de service où vient de se garer un camion des pompes funèbres pour faire le plein. Je raconte à un gars à qui je viens de demander s'il n'allait pas vers Reims-Metz mon expérience d'avion-stop dans le désert australien qui date de 2003. Un petit avion biréacteur vient de déposer le cercueil d'un aborigène dans une communauté à mi vol entre Kalgoorlie et Ayers Rock, au milieu de "no where". Au moment de faire le plein de carburant à la station service en plein désert, je demande au pilote s'il n'y a pas moyen de me faire voler et m'emmener avec lui. Je suis déjà certain de pouvoir partir avec un "roadtrain" mais pourquoi ne pas prendre le risque de viser plus gros et surtout plus haut ! A vol d'oiseau, les distances sont toujours plus courtes et moins éprouvantes surtout dans le désert. Le pilote téléphone à sa compagnie et reçoit l'autorisation de m'emmener. Est-ce un signe néfaste que ce corbillard passe par içi ? Je suis à peu près certain d'une chose, c'est lui qui va m'embarquer. Je fais d'une pierre deux coups et avance en sautant deux cases car je me retrouve illico presto en Alsace. Le croque-mort est employé par une commune de la communauté urbaine de Strasbourg (C.U.S).

Waltenheim-sur-Zorn (Alsace) - Gambsheim - Grumbacher (Allemagne) - Budapest (Hongrie) 1200 km.

Avec Sophie, fille d'amis de longue dates, nous quittons la maison familiale emmenés par Edith, sa mère, qui lors d'une première tentative infructueuse sur l'aire de service de Vendenheim située sur l'autoroute A4, pousse jusqu'au barrage hydroélectrique de Gambsheim avant de nous déposer côté allemand d'où nous repartons à contre-sens une fois montés sur l'autoroute A5. Je m'explique: nous prenons en fait l'autoroute en direction du sud et de Fribourg-en-Brisgau et descendons à la première aire de service, celle-ci disposant d'une route faisant office de pont autoroutier et reliant les deux aires de service situées l'une et l'autre de chaque côté de l'autoroute. Nous sommes dans le bon sens de notre itinéraire et fonçons désormais vers le nord en direction de Karlsruhe qu'il nous faut dépasser pour atteindre l'aire de Bruchsal. Je pensais descendre sur le parking onze kilomètres avant cette aire en question et de là rejoindre la maison de notre hôte à pied à travers champs mais notre chauffeur doit faire demi tour à la sortie Bruchsal et reprendre la nationale plutôt que l'autoroute puisqu'il s'est détourné de son parcours initial pour pouvoir nous rendre service et nous approcher de notre destination finale. La route principale est parallèle à la rue où nous nous rendons. Le lieu où il nous laisse est à un pâté de maison de notre lieu d'hébergement. Nous passons une soirée autour de la table et nous régalons car Jutta a préparé de délicieux plats végétariens, du riz complet et un curry à l'indienne. Elle nous redépose à l'aire de Bruchsal le lendemain matin vers 7h30, le plein d'énergie fait, prêts à solliciter un véhicule. J'avise alors un camion français immatriculé en Alsace. Quoi de plus naturel à deux pas de la frontière ! Il me faut sortir le "Grand Jeu" pour pouvoir convaincre Marcel, le chauffeur, de nous emmener et nous déposer sur la prochaine aire de service de Sinsheim en direction de Nuremberg, la ville des jouets. Il nous fait faire un virage à 90% que seuls, nous ne serions pas capable d'amorcer sauf si nous trouvions un "véhicule en or" à partir de là où nous sommes, ce qui suppose avoir de bonnes affinités avec "Dame la Chance". Lorsqu'il nous dépose comme je l'ai souhaité sur l'aire de service située entre les deux sorties de l'autoroute vers cette ville de Sinsheim, on peut apercevoir de l'autre côté de l'autoroute, des avions grandeur nature exposés en plein air, partie intégrante du musée de l'aéronautique qui fait la fierté de la ville.

Sur le parking poids-lourds, deux camions hongrois font la coupure avant de repartir pour deux fois quatre heures de conduite. Avec des rudiments de la langue hongroise, je parviens à les décider de nous embarquer pour un premier brin de conduite suivi d'un second agrémenté d'une pause pique-nique debout autour d'un rocher dressé en table. Il nous laissent à Amsfelden, juste avant d'atteindre Linz. Je fais l'aller-retour entre la pompe d'essence et le parking du restaurant pour trouver un véhicule pour deux. Je viens de m'adresser à deux hommes d'affaire hongrois en Lexus qui ont refusé, lorsque sur le retour vers le restaurant, j'avise un Autrichien qui s'avère être une de leur connaissance. Celui-ci les pointe du doigt dans leur voiture de luxe et me confirme qu'ils repartent vers la Hongrie. Les abordant de nouveau avec son aide, ils acceptent de nous embarquer pour Budapest me précisant qu'ils sont susceptibles de passer par le centre ville de Vienne. Ils sont dans l'attente d'un coup de fil. Ils se rendent à Kecskemét, soixante kilomètres plus loin que la capitale hongroise où nous nous rendons. Nous n'avons pas besoin de passer par Vienne que nous évitons. A proximité de la rocade (ringroad) qui contourne Budapest, nous descendons dans une station service pour trouver une voiture qui va au centre directement. Peine perdue car Tibor vient de se faire racoler par un routier pour qu'il le dépose plus au sud de la ville alors qu'il allait transiter par le centre pour se rendre de l'autre côté à Hatvan (60 en hongrois). Puisqu'il rend déjà service à ce chauffeur, nous les suivons et contournons Budapest pendant vingt-cinq kilomètres avant de repiquer vers le centre ville. Quelle générosité ! Cela arrive encore en Europe centrale au 21ème siècle. Qui oserait l'imaginer. Tibor est vraiment un gars sympa et prêt à rendre service. J'aime la Hongrie et ses habitants depuis novembre 1984, la première fois où je l'ai traversée à bicyclette en allant en Egypte. Nous restons tranquille trois journées à prendre du temps pour nous, avec les amis, à discuter et échanger, manger des mets hongrois assortis de vins rouges du Balaton, d'Oporto ou en provenance d'Eger. Je laisse Sophie en bonne compagnie - elle rentre en Eurobus (35 Euros) vers Strasbourg mercredi prochain.

Voyage à suivre dès lundi avec la traversée de l'Ukraine en deux journées. Je décolle le lundi 04 au matin vers l'Ukraine. Je vais à pied jusqu'au parc de Varösliget et me positionne au feu juste avant le pont autoroutier interdit au piétons. J'ai un écriteau indiquant "M3" (= Motorway 3) que j'agite sous le nez des chauffeurs. Je n'ai pas beaucoup à avancer, ni reculer. Un trafic Renault bleu immatriculé 75, Paris centre, retient mon attention. Je n'ai aucun doute, ce sont des Roumains. Je m'approche du véhicule côté passager et passe mon nez à travers la vitre. Je dois insister auprès du chauffeur, un gars autoritaire qui ne s'en laisse pas raconter une, une espèce de grosse brute avec du mépris dans la bouche pour tous ceux autour de lui (une façon de dire qu'il se montre insultant avec ceux autour de lui). Comme cela se passe souvent, il me permet d'ouvrir la portière roulante sur le côté spéciale passager de dernière minute. Je me retrouve à la hâte sur la banquette arrière en compagnie d'une jeune femme charmante, ce qui contraste singulièrement avec l'accueil froid et rude de l'ours non rasé, poitrail dépenaillé, au volant de son véhicule parisien. Erreur sur la provenance car ils viennent tous de Londres et transportent officiellement du tissu. La passagère à mes côtés et celui de devant utilisent ce moyen de transport payant pour revenir au pays qu'ils ont quitté en allant tenter leur chance en Angleterre lorsque la Roumanie a rejoint la Communauté Européenne le 01 janvier 2008. La "brute" tient bon le volant et conduit magistralement, très vite sans tenir compte du danger. Il est en colère lorsqu'une moto-école le force à ralentir, lui interdit de dépasser et lui ordonne de suivre derrière la flottille d'étudiants sur leur deux-roues. Une fois ceux-ci sortis de l'autoroute, il appuie à fond sur les pédales jusqu'au moment où ils sortent de l'autoroute en direction de Satu Mare (Roumanie). J'ai parcouru 180 kilomètres avec eux sur les 220 qui séparent Budapest du poste frontière de Zahony (Cop côté ukrainien). Je rattrape le rond-point et une couple très sympa s'arrête. Leur anglais est très limité voir inexistant. Elle, superbe brune genre poupée hongroise, un décolleté à faire loucher un bigleux est masseuse de métier et bafouille quelques mots d'anglais. Nemès, son mari fait très nounours à ses côtés comme s'il ne savait pas quoi en faire si elle venait à lui tomber dans les bras. Le courant passe entre nous trois. Il y a de l'excitation dans l'air ! Les corps ne demandent qu'à être réunis dans une partie remise à plus tard. Me mettant l'eau à la bouche, ils me font visiter leur coquette maison à deux pas de la route principale. J'ai droit aux coins et recoins du salon avec ses tableaux très suggestifs accrochés au mur. Je visite même le sauna avec des massages en perspective lors de ma venue cet hiver. Les beaux-parents sont présents pour le déjeuner. Je m'éclipse. Mes amis d'un jour me déposent à la frontière avec deux pommes dans les mains. - köszönöm szépen (Thank you very much). a közeli viszontlátásra! (à bientôt!).

Budapest (Hongrie) - Zahony (220 km) - Cop - Lvov (Ukraine, dors 60 km après avoir dépassé la ville de Lvov).

Je suis encore sous le choc. Violent contraste qui s'offre à ma vue avec cette queue interminable de trafic plein de "bêtes de somme" appelés à aller travailler dans la péninsule ibérique, l'Espagne ou bien le Portugal. J'avance à pied jusqu'au guériton et me faufile côté poids-lourd en me cachant derrière les trafics. Je connais bien ce passage frontalier ou le soldat te retient si tu es à pied. Il faut trouver un véhicule qui veuille bien t'emmener car il est interdit de traverser à pied le pont qui enjambe la Tisza. En échappant à ce contrôle d'entrée de jeu, je suis à l'immigration où je fais tamponner mon passeport. Les agents me rappellent, ce que je sais déjà, qu'il me faut un véhicule pour aller de l'autre côté. Ils sont toujours prêts à appeler un taxi mais je demande rapidement à un Ukrainien grassouillet, encaissé dans sa voiture apparemment trop petite pour sa grande taille, ses jambes écartées mal repliées viennent buter sur le volant. Sa femme est derrière avec leur enfant. Je m'assois à côté de lui. Le pont a été rénové. Fini les files d'attentes interminables de 2006/7. Avec l'entrée dans l'Europe de la Hongrie en 2004, les Ukrainiens viennent revendent en Hongrie au marché noir cigarettes et carburant beaucoup moins cher chez eux. Toute la zone frontalière est sujette au trafic très juteux car les prix sont multipliés par cinq notamment pour le tabac. Les cartouches sont cachées tandis que le carburant transite ni vu, ni connu dans les réservoirs qui sont ensuite siphonnés de l'autre côté avant que l'essence ne soit revendue. Les plus gros réservoirs font le plus de profit. Les voitures peuvent ainsi faire jusqu'à cinq aller-retour quotidien. Les gains sont énormes de l'ordre d'une cinquantaine d'Euros par jour. A quoi bon travailler légalement si la contrebande rapporte autant. Les douaniers sont arrosés au passage. Ils connaissent évidement tous les trafiquants. Comme en 2006/7, il y a un francophone qui me posent quelques questions en français. Je lui dit que je ne fais que traverser l'Ukraine et que je continue ensuite vers la Russie. Il traduit à ses collègues qui se montrent intéressés par mon histoire. L'officier d'immigration, non seulement appose un tampon d'entrée mais en rajoute un second avec la mention en russe: "transit Russia" et un nom "Konotop" qui se révèle être l'endroit où bifurquent les lignes de chemin de fer vers la Russie. Je ne remarque rien lorsque je réintègre le véhicule qui me dépose de l'autre côté de la dernière barrière. Ce n'est que plus tard, en inspectant mon passeport, que je remarque ce second tampon inhabituel et ce nom obscure que je ne comprends pas tout d'abord. Ayant l'expérience de l'Union Soviétique, je devine que c'est l'endroit par lequel je dois passer pour sortir du pays. Je pense au train naturellement. Mes yeux suivent les lignes de chemin de fer et je finis par trouver sur la carte de l'Ukraine cette ville à la sonorité familière que l'on aurait presque envie de visiter à l'entendre prononcer. Nœud du réseau ferroviaire ukrainien, elle est ma clef de sortie du pays même si je n'ai pas prévu d'y passer. Elle est mon nœud géorgien dont dépend mon avenir proche. Cette petite addition de l'officier peut me causer quelques difficultés à ma sortie du pays, une bonne raison pour me demander de l'argent. L'Ukraine n'est pas le pays d'Europe centrale le plus facile pour faire de l'auto-stop. Sur ma route vers la Crimée en mai 2007, j'ai eu toutes les peines du monde à accrocher les chauffeurs de poids-lourd. Quant aux voitures particulières, deux cas d'espèces: les propriétaires nouveaux-riches, voitures de luxe ou 4x4 flambants neufs sont pourris aux as et ils n'ont que faire d'un "franzous" sur le bord de la route ou bien les vieilles Lada turbinent toujours et rançonnent leur passager d'une heure ou d'un jour. Il y a beaucoup de combi familiaux ou véhicules collectifs payants appelés "marshoutka", dans la queue à la frontière, de retour de l'étranger, qui filent vers la capitale Kiev (870 km). Je parviens tant bien que mal à dépasser Lvov avec un camion qui s'arrête dans un routier à la campagne. J'aime ce genre de paysage champêtre quand je sais qu'il va falloir trouver un endroit pour la nuit. En totale liberté, sans dépendre de qui que ce soit, je prends un chemin de traverse et m'éloigne après avoir toutefois demandé au pompiste s'il n'avait pas un endroit abrité pour m'héberger. Je chemine heureux sous ce ciel étoilé. Je laisse dans mon dos la route, son restaurant et son aire de service, cachés par une petite déformation du terrain qui a tendance à s'élever. Je suis un chemin carrossable et débouche dans un espace vert délimité par de petites collines boisées. Je devine une habitation en face, à quelques centaines de mètres de distance, les chiens aboient et m'incitent à m'engager plus sur la droite. Je vise un bosquet au pied duquel je trouve refuge. J'étale ma couverture de survie pour protéger le duvet du sol. Je m'assois longuement et contemple le paysage, terre et ciel. Tout est calme. Quelle quiétude ! Les "yeux lumineux" qui courent le long du ruban asphalté vers la capitale se sont éteints. Les chiens rassurés se sont tus. Je peux m'étendre et trouver le sommeil. Je suis seul et content de l'être, satisfait d'avoir fait un bon bout de chemin depuis mon départ de Budapest ce matin. Je dois parcourir presque mille kilomètres demain pour être à proximité de la frontière russe. La date d'entrée de mon visa de transit est le 06 mai.

Mardi 05 mai: en route vers Kiev puis Kharkov (900 km).

J'ai du mal à reprendre le contrôle des opérations ce matin. Les véhicules s'échappent et me glissent des mains. Mon Pouce Magique n'arrive pas à les retenir. Je me déplace frénétiquement et dangereusement comme si un fil était tendu entre l'aire de stationnement et le ruban asphalté. Je suis impuissant et ne peux que regarder les rares véhicules de passage qui ne daignent pas s'arrêter. Je n'aime pas cette situation. Je ne peux pas agir, cela me met en colère. Il y a une source d'eau naturelle au bout du parking. Certaines voitures y font une pause pour remplir des containers qu'ils emmènent dans le coffre ou pour se rafraîchir le visage avant les longues heures de conduite jusqu'à la capitale ukrainienne, ma prochaine étape. En leur demandant poliment, je n'arrive pas à accrocher une voiture vers Kiev. Les locaux n'y vont pas mais certains visiblement comme leur plaque d'immatriculation l'indique s'y rendent. J'essuie plusieurs refus. Je partirai bien à pied sur la route mais si je commence à marcher, les véhicules vont me dépasser très vite et ne s'arrêteront pas. Pas de pitié pour les auto-stoppeurs dans ce pays où les gens font preuve de peu de commisération pour leurs semblables. Je démarre ma journée vers 7h00 avec un camion qui me dépose sur la rocade de Rivne. Un second polonais cette fois m'emmène jusqu'à Jitomir, une centaine de kilomètres avant la capitale. Il continue vers le centre ville et me laisse à l'intersection de la route qui contourne la ville et part vers Kiev. C'est à cette bifurcation que tout va se jouer. Piotr (Pierre), un commercial polonais, qui retourne à Kiev après une fin de semaine dans sa famille, m'embarque jusqu'au centre de Kiev où il réside. Nous n'allons pas brûler les étapes car il se montre très curieux à propos de mon voyage. Il est responsable pour la Russie et l'Ukraine d'une société de distribution de parfums alimentaires. Il parle parfaitement le russe mais n'aime pas le pays. Je le questionne à propos des femmes russes. L'opinion qu'il en a est éloquente, peu brillante et rejoins mon analyse.

A mon intention de continuer vers Kharkov, la seconde ville du pays, pour y arriver le soir même où je suis attendu par Alexis, Piotr s'esclaffe et me prends pour un doux rêveur. - "your idea to come in Kharkov today is completely unrealistic !"

C'est vrai qu'il faut vraiment y croire car l'après-midi est bien entamée et 490 kilomètres séparent les deux villes. Il me laisse, plein d'espoir, vers 15h30, à l'entrée d'une bouche de métro avec deux jetons bleus dans la main, sésames pour passer la barrière de contrôle et avoir accès aux trains. Je ne les utilise pas car, un coup d'œil dans sa direction, je remarque que le contrôleur s'est assoupi. Le plaisir de frauder à la française car je sais pertinemment que je n'en ferais rien de ces jetons qui vont maintenant voyager à travers la Russie jusqu'en Asie du sud-est. Je change de ligne et en route jusqu'à l'avant dernière station "Kharkhovskoïe stanica". Cela me prend presque une heure. Comme son nom l'indique, elle débouche, une fois les escaliers montés, sur la route qui se dirige vers Kharkov. Je m'adresse au chauffeur d'une Lada rouge garée contre le trottoir dans l'attente de son passager parti acheter des hamburgers à la mode ukrainienne. Les deux occupants, crânes rasés, avancent de quatre-vingt kilomètres vers Kharkov. Je suis déjà assis à l'arrière lorsque le passager revient. Ils font de nouveau une courte halte un peu plus loin sur la route et m'offrent une bière ukrainienne. Ils me lâchent au moment où ils tournent. Je n'ai pas le temps de finir de traverser la voie rapide qu'un camion s'arrête après avoir agité ma pancarte sur laquelle est écrit: "Kharkiv" (en ukrainien). Je prends soin de ne pas heurter la susceptibilité des autochtones. Tout comme Lviv (en ukrainien) et Lvov (en russe), Kharkiv s'écrit aussi kharkov (en russe). Il est de bon ton de faire des erreurs volontaires dans l'écriture d'une ville ou d'un lieu pour se distinguer et marquer sa différence avec les auto-stoppeurs locaux mais il ne faut jamais négliger le caractère nationaliste de certains peuples et les blesser dans leurs sentiments. Il me dépose sur une placette de village d'où je crains de ne pas pouvoir repartir. Après qu'il ait manger un morceau et fait des achats, nous continuons. Nous marquons une nouvelle pause dans une pompe à essence car le besoin s'en faisait sentir. Je remarque une Skoda et demande au chauffeur s'il ne va pas à Kharkov. La réponse est positive. J'insiste afin que mon chauffeur intervienne en ma faveur bien que le jeune représentant se débrouille en anglais. Je veux qu'il me recommande auprès de mon nouveau chauffeur. Le relais se fait sans problème. Me voilà à une heure et demie de Kharkiv distante de 160 kilomètres. Malgré la pluie, mon nouvel ange gardien roule très vite. Il fait l'aller-retour Kiev - Kharkiv une fois par mois. Il me propose de téléphoner à Alexis afin de l'avertir de mon arrivée. Je le remercie et retarde le moment de le joindre. Quand nous sommes en périphérie de Kharkiv, nous l'avertissons et convenons d'un rendez-vous au pied de la statue du soldat à la sortie du métro. Toujours en voiture, Sergueï me gratifie d'un tour "Kharkiv by night" avec quelques pauses obligatoires là où il considère que sont les plus beaux endroits de la ville. J'attends quelques minutes qu'Alexis se pointe avec Nastia, jeune étudiante universitaire francophone intéressante et intéressée de me rencontrer. Tous les deux chevauchent des VTT. Elle ne peut malheureusement pas rester longtemps. Il est déjà 23h00. Tandis qu'Alexis la raccompagne chez elle à vélo, je fais cuire du riz, des œufs durs et ouvre une boite de conserve de poisson. Je patiente en grignotant du fromage sec avec du pain noir ukrainien. Je n'ai pas encore diné lorsqu'il rentre. Une fois fini, je m'installe devant le clavier de l'ordinateur et pianote pour mettre en ligne un compte-rendu de ma journée sur les groupes "auto-stoppeur" (inclus sur deux sites d'hébergements gratuits et un Yahoo group). A l'heure qu'il est, j'ai déjà parcouru 2700 km depuis l'Alsace (1500 km en deux jours depuis Budapest) et ne m'accorde que 3h00 de sommeil (coucher à 3h30 et réveil à 6h30).

Mercredi 06 avril: passage de la frontière russe (2730 km parcourus depuis Strasbourg).

Alexis m'impressionne tout comme mon "pouce" doit lui sembler extra ordinaire. Beau gosse, il a de nombreuses qualités y compris celle de savoir danser mais c'est à l'extérieur qu'il s'éclate. Il a le corps fin et musclé d'un athlète en préparation constante pour tenter de battre son propre record. Son anglais est excellent même si je n'arrive pas à tout saisir du premier coup à cause de son intonation. Je le quitte en même temps qu'il part pour le travail. Il m'indique comment quitter la ville à pied sachant qu'il réside proche de la route qui part vers Belgorod située de l'autre côté de la frontière. Je me positionne à un carrefour où il y a un tramway qui fait l'aller-retour sur la ligne qui court dans ma direction. Je pourrais l'emprunter et pousser un peu plus loin mais je suis déterminé à ne pas utiliser de moyens de transport collectif. Rien que du stop même si je peux demander un "lift" gratis au contrôleur du tram en lui expliquant que je cherche la route vers Belgorod. Un vieux camion de l'ère soviétique amorce le virage dans un angle à 90 degrés. Il est si lent qu'il n'a pas besoin de s'arrêter. Je peux sauter dans la cabine en marche. Il est si poussif et concentre tant de chuintements et de tiraillements dans les essieux fatigués et rouillés que la douleur persiste lorsqu'il marque l'arrêt. La rouille lui rongé les articulations. Les roues et les roulement à billes préfèrent autant continuer à tourner pour les siècles à venir plutôt que de casser le cycle. Il se rend justement à Kursk après Belgorod dans la direction qui continue vers Moscou. Quelle chance ! Nous avançons lentement mais surement, vers le poste-frontière distant de 30 kilomètres de Kharkiv. C'est ce qu'il m'importe. Tandis qu'il marque l'arrêt côté douanes, j'attrape mes sacs et me dirige vers la guérite où se trouve l'officier d'immigration qui, après consultation de mon passeport, me demande: - Do you have Grievnas ? Dollars ? Euros ? - Je lui réponds: "non, non, non avec un grand sourire". J'avais pressenti que ce moment arriverait. Il me laisse poireauter devant sa cage puis revient à la charge. Il sait que je suis à pied (en auto-stop, c'est être considéré comme sans véhicule. J'ai déposé par chance mes sacs à un endroit où un autobus marque une pause. Je lui fais signe que je suis attendu afin que l'autobus puisse redémarrer. Vu qu'il sait que je ne lâcherai rien, il préfère rester dans de bons termes et me donner le tampon de sortie du pays sans mentionner l'annotation "Konotop" inscrite à l'entrée. Je reprends mes sacs et continue à pied vers le garde-barrière russe qui jette un coup d'œil sur mon passeport et visa russe avant de me diriger vers le cabanon où l'officier d'immigration, correct et cordial, m'accorde l'entrée sur ce vaste territoire, le pays le plus grand du monde qu'il me faut traverser en seulement onze jours de transit. Il n'y a pas de stylo pour remplir la fiche signalétique d'entrée dans le pays. Malgré son ton poli, l'officier n'en a même pas un à disposition du public. J'en emprunte un à une jeune femme passagère d'une voiture qui me le laisse au moment où elle reçoit son passeport visé. La distance à parcourir est de 7380 kilomètres depuis la frontière ukrainienne jusqu'à la Mandchourie (province chinoise). Je ne réalise pas encore la distance bien que je sais que le pays est très grand pour l'avoir déjà traversé à maintes reprises. En 1988, avec le train - le Transmandchourien à l'aller vers Pékin et le Transmongolien au retour vers Moscou. En 2003, à vélo, depuis Strasbourg jusqu'à Irkoutsk puis Vladivostok (14 000 km). Le calcul est très simple (en arrondissant): - 7380 : 11 (jours de transit) = 670 km quotidien à parcourir. Si l'on ne tient pas compte ni du jour d'entrée, ni du jour de sortie, ou les délais de passage à la frontière ralentissent la progression, cela donne : - 7380 : 9 = 820 km. En aucun cas, il ne m'est pas possible de prendre un jour de repos. Je dois rouler minimum 400 km par jour dans le pire des cas - 23h00 exactement car il y a une heure de décalage, une heure en moins tous les 800 km parcourus qui équivalent en temps à un créneau horaire - si je ne veux pas accuser de retard sur mon itinéraire. Je prends conscience de ces obligations lorsque j'atteins Samara située sur la Volga, 24h plus tard. Mon itinéraire était de passer la frontière ukrainienne à Donetsk en direction de Volgograd puis de remonter le cours du fleuve vers Tcheliabinsk. J'ai du couper au plus court et éliminer une étape en Russie car je suis resté trois journées entières à Budapest, ce qui m'a remis sur la route le lundi 04 avril au matin avec seulement un temps limité de deux jours pour traverser l'Ukraine, mon visa russe étant daté à partir du 06 avril.

Yura m'embarque une fois passé la dernière barrière du poste-frontière. Je dois avouer que cet accueil russe plus que correct et poli contraste singulièrement avec la façon dont j'ai toujours été accueilli dans les consulats russes dans le monde entier et lors de mes précédents passage de frontière. Yura parle bien l'anglais, dépasse le centre ville et se rend à son atelier de voiture situé sur la route de Voronej (250 km de Belgorod). J'ai une chance inouïe qu'il aille dans la bonne direction car les villes sont grandes et étendues. Pour les contourner, les rocades dépassent parfois les trente quarante kilomètres et atteignent parfois plus de cent kilomètres comme par exemple autour de Moscou, ville capitale de la Russie qui est à elle-seule un cas à part. Dès qu'il me dépose un camion avec une remorque dont le chauffeur m'a vu descendre de la voiture de Yura s'arrête avant qu'il n'ait eu le temps de redémarrer. Le camionneur m'invite à déjeuner d'une espèce de bortsch dans un routier russe, sorte de cantine populaire sur le bord de la route. Le caractère boueux du parc de stationnement du aux pluies passagères contraste singulièrement avec l'intérieur propre et coquet de la salle de restaurant hyper chauffée pour un climat si tempéré. Il me dépose sur la bonne route dans la direction de Tambov que je n'atteindrai pas ce soir. Valentine (41 ans), séductrice malgré quelques dents de devant abimées, sort le grand jeu. Nous nous excitons un peu et nous taquinons l'un l'autre le temps que dure notre aventure automobilesque. Divorcée, elle habite à Voronej avec sa fille et va voir sa mère à Lipeck (120 km). Je descends de sa voiture à contrecœur mais qu'est-ce que je peux y faire. Elle m'a demandé mon numéro de téléphone mais n'en ai pas. J'ai le téléphone en horreur. Je sais que je peux envisager la revoir si je reviens à Voronej. Je ne fais jamais marche arrière et mon temps est limité. Elle fait encore un petit bout de route pour me laisser à un rond-point idéal pour pouvoir repartir plus facilement. Je sens bien que cela l'embête de me lâcher. Nos deux cœurs ont failli faire chavirer la chaloupe dans laquelle je suis en train de naviguer. La bise, le sac et me voilà de nouveau sur la route libre comme un oiseau sans fil à la patte. Je décolle avec des ailes de Séraphin même si c'est un poids-lourd qui m'emporte le cœur léger puis une succession de voitures particulières qui finissent toutes par tourner dans la forêt et rentrent chez elles à la fin de cette belle journée. Elles me laissent à l'intersection sur la route principale. Je réussis tant bien que mal à pousser plus loin avec une espèce de médecin branché, petite queue de cheval naissante attaché avec un élastique, marquant une pause qui dure. Chaque minute compte car la nuit approche et l'obscurité guette sa proie. Il est toujours plus difficile de naviguer dans la noirceur et d'agiter un bras pour arrêter un véhicule lorsqu'il fait nuit. Lorsqu'il a fini de discuter affaires avec de vagues connaissances, il reprend le volant pour me déposer un peu plus loin à la bifurcation qui mène vers Dobrianka (3 km). J'hésite à le suivre mais renonce. Ma place est sur la route. Je continue à pied pendant trois kilomètres et aperçois à proximité de la route des toits de maisons ayant l'air inhabitées. Je distingue à deux-cent mètres un embranchement qui permet de les atteindre les pieds secs mais je préfère prendre un raccourci à travers les herbes pour les aborder de derrière. Ce sont principalement deux petites fermettes abandonnées. Je visite les cours intérieures, enceintes cloisonnées qui permettent de garder les porcs et les volailles. Il n'y a pas âme qui vive. Je m'installe dans une petite réserve à foin, sorte de mini grenier dont l'entrée indépendante jouxte le portail qui s'ouvre sur la courette annexe. Je suis déjà endormi quand une voiture dépose dans la nuit une femme, propriétaire de la maison. Elle ne se doute pas qu'un inconnu occupe sa douillette "chambre d'ami". Chacun dans nos quartiers, nous passons une nuit tranquille (480 km depuis la frontière).

Samara, la Volga et Anastasia, l'ambassadrice CS.

Très tôt le matin, réveillée avant l'aube, elle nourrit les poules sans remarquer que le portail a été ouvert la veille. Je l'ai refermé correctement. Les morceaux de tôles sous la porte pour empêcher les animaux de s'échapper ont été replacées mais auraient pu éveiller son attention quant à ma visite. Le loquet de mon cagibi sur sa droite est ouvert car je suis à l'intérieur. Quelle bonne idée elle a de ne pas ouvrir son grenier à foin et de me laisser en toute discrétion sur la paille. Cela lui évite des cris et un peu de frayeur. J'ai le droit à mon intimité finalement même si je suis hôte clandestin. Elle a aussi la bonne idée de ne pas refermer le loquet. Je ne souhaite pas me retrouver prisonnier dans ce trou noir fait comme un rat dévoré par les cafards. Je suppose qu'elle ne remarque pas qu'il est pendant. Je ne veux qu'elle me retrouve plus tard le corps desséché comme un mari dont elle aurait voulu effacer l'existence mais conserver des traces. Je me tiens à carreaux lorsqu'elle est proche et fais le mort, celui qui dort en faisant attention de ne pas faire de bruits, ni de bouger. Une fois qu'ils ont quitté, un peu plus tard, à la lumière du jour, je roule mon duvet et quitte mon refuge d'une nuit. Je n'ai pas eu besoin de réveil. L'arrivée tardive et le départ matinal du véhicule ont rythmé mon sommeil. Plusieurs personnes l'occupaient car j'ai pu différencier plusieurs tons de voix, principalement des hommes. Ils font équipe ensemble et partagent les frais de déplacements avec le covoiturage. Où travaillent-ils ? Hier soir, je n'ai pas vu un bâtiment qui ressemblait de près ou de loin à une usine dans cette campagne russe. Se rendre à Tambov quotidiennement distant d'une centaine de kilomètres prendrait beaucoup de temps mais le fait qu'ils soient rentrés tard et partis tôt peut expliquer cela. J'aurais presque pu me lever et les suivre car je pense qu'ils ont pris la direction de Tambov, celle que je suis depuis Voronej. A l'embranchement repéré hier soir, il crachine. Un seul abri d'autobus sur la route en face, pour les voyageurs dans l'autre sens, me protège partiellement et m'évite d'être trempé. Je hèle les éventuels voitures de passage, principalement des pick-up et tous véhicules susceptibles de m'embarquer mais ils se font rares. Je décroche la timbale avec un mini fourgon branché sur un air de salsa qui dépasse Tambov et me laisse à une intersection en pointe où a été construite une station service, une fourche qui divise la route en deux branches dont l'une continue vers Samara. Un départ matinal en musique, signe auspicieux d'une longue journée de voyage dont le but est d'arriver en soirée chez Anastasia, l'ambassadrice du couchsurfing de la ville de Samara située sur la Volga. Ce sera une journée "camion", peu importe la marque Man, Renault ou Fiat ou bien le chauffeur. Trois occasions, trois cas particuliers, trois routiers très différents les uns des autres. Le premier me repêche à la station service et me laisse à proximité de Pienza, la dernière ville régionale importante avant Togliatti et Samara, distantes de presque un demi millier de kilomètres. Mon deuxième chauffeur a tout l'air d'un play-boy, la trentaine bien entamée. Il se rend à Samara mais nous n'y arriverons pas ensemble. Sur la route, à la sortie d'une bourgade, il s'arrête là où une jeune fille visiblement l'attendait après s'être donné rendez-vous par téléphone. Une connaissance nécessairement, une amie, un membre de la famille. De la voir habillée ainsi, des bas trop grands qui dépassent de ses chaussures à talons, des collants mal ajustés sur des jambes allumettes, en chemisier ouvert sous un paletot à donner froid au plus endurci des cosaques, j'ai pitié et n'ose même pas la regarder. Je fuis son regard alors qu'elle cherche le mien. L'un de ses "mecs", mon chauffeur, est descendu lui parler. Elle l'embarque vers un pâté de maisons pendant une vingtaine de minutes avant qu'ils ne reviennent accompagnés d'une autre femme. Ils me demandent d'attendre sur le bas-côté pendant qu'ils montent tous les trois en cabine. Je suis un peu désorienté. Il ne va tout de même se les taper toutes les deux, se faire sucer ou se faire un truc à trois. Quelle énergie dont il fait preuve ! Je ne doute pas qu'il soit hyper nerveux et très actif mais tout de même. J'ai la présence d'esprit de grimper sur le marchepied et d'exiger qu'ils sortent mes deux sacs. Sait-on jamais ! Elles s'exécutent puisqu'elles sont assises côté passager. Debout avec mes sacs au pied du camion, j'ai l'air d'un couillon. Ils verrouillent les portières et tirent les rideaux. Ils n'avaient plus qu'à démarrer et filer avec mes bagages. Je ne pense pas que c'était leur intention mais inutile de prendre des risques d'autant plus que ma banane était dans le sac-à-dos. Si c'était des préservatifs dont ils avaient besoin, qu'ils me le fassent savoir car j'en ai plein mon sac à distribuer. Je n'ai aucune idée de ce qu'ils fabriquent. Bien qu'aucun gémissement ne soit perçu, je décide de me retirer, déménager et me placer à une distance respectable de l'avant du camion de telle façon que je puisse "faire du pouce" et arrêter un véhicule de passage. Je ne veux pas être un spectateur passif et aveugle. Action, please ! Un Renault bleu puissant au volant duquel son chauffeur s'ennuie à mort me ramasse tout de suite et essaye de me faire parler mais mon russe à ses limites que le chauffeur ignorait avant de m'emmener. Je peux répondre de manière simple à des questions mais je ne peux pas m'exprimer clairement pour donner mon opinion à propos des femmes russes par exemple ou expliquer quelle est la différence entre une Française et une Russe. J'arrive à me faire comprendre mais c'est très laborieux. La gente féminine intéresse beaucoup les routiers du monde entier. Au bout d'un moment, c'est-à-dire très rapidement, je me lasse. La fatigue du voyage ajoutée au manque de sommeil me rend insupportable ces questionnements incessants. Je regrette de ne pas pouvoir plus échanger mais parfois, c'est mieux ainsi. Ce qui est moins courant - la gente féminine qui s'intéresse à la gente féminine - et cela, la question m'a été posée uniquement dans ce vaste pays qu'est la Russie par des femmes: "où sont les plus belles femmes ?" généralement suscite la curiosité masculine. Elles avaient la réponse car elles m'ont affirmé qu'elles étaient en Russie, raison pour laquelle les Européens venaient les chercher et les marier ! Je ne les ai jamais contredite. Je ne vais pas prêcher le contraire à des femmes très centrées sur elles-mêmes la plupart du temps, déesses de l'égocentrisme et de l'hédonisme. Dans le centre de Togliatti, une ville à consonance italienne, je me positionne à un rond-point et lève le pouce en même temps que mon panonceau "Samara". Je ne suis pas long à décrocher une voiture particulière qui s'y rend (60 km). A l'entrée de Samara, nous empruntons la vieille route pour arriver au centre et évitons un détour par la nouvelle route qui, plus loin à un carrefour, donne accès à la route vers Yfa et Tcheliabinsk qu'il me faudra rattraper à partir du centre ville. La vieille route permet d'avoir une perception différente et une vue surannée de ce que pouvait être Samara il y a quelques dizaines d'années. Rien ne semble avoir bougé. La pluie constante ajoute une touche de carte postale figée dans le temps à laquelle la permanence et l'immuabilité se sont attachées. De larges avenues nous accueillent une fois sortis des bois qui entourent la ville. De l'autre côté du fleuve, une zone récréative accessible l'été par un câble tendu au-dessus de la Volga. Les estivants s'y accrochent assis dans des paniers et volent d'une rive à l'autre. Quant mon chauffeur me dépose, je suis encore en périphérie de Samara. Le tramway 20 me guide jusqu'à la place Kubitschek où j'ai rendez-vous avec mon ambassadrice de charme. La "babouchka", digne receveuse dont le visage émacié me fait penser à une grand-mère de l'Altaï, n'exige pas le prix de mon transport. Avec l'aide d'un couple, j'ai pu lui expliquer d'où je viens et ce que je fais. Tram-stop en raccourci. Pour me nourrir, sans argent depuis la frontière, j'ai cuisiné en avance une salade de riz chez Alexis que je conserve dans trois briques de lait découpées sur le dessus pour pouvoir enfourner le riz, une façon de les recycler et surtout d'avoir d'excellents containeurs garni de papier d'aluminium à l'intérieur et garant d'une bonne préservation de la nourriture (3 jours sans problème). Je vais pouvoir me reposer quelques heures toutes les 48h00 pendant ce voyage à travers la Russie puisque j'ai prévu six points de chute comme celui de ce soir. Celui de Volgograd a été annulé puisque j'ai pris au plus court. Irkoutsk et Chita le seront aussi pour d'autres raisons. Il ne m'en reste que trois certains mais des rencontres inopinées permettront des hébergements spontanés d'une nuit, raison pour laquelle j'aime cette forme de voyage totalement improvisé. C'est l'occasion de prendre une douche, laver le linge à la machine (une seule fois à Krasnoïarsk), cuisiner une salade de riz pour le lendemain sur la route.

J'attends quelques minutes à l'abribus quant une jeune et jolie demoiselle vient me cueillir et me donner "un p'tit coin de parapluie pour un coin de paradis". Son français est excellent. Sans un contact électronique au préalable sur l'un des sites d'hébergement, je ne l'aurais jamais rencontrée, unique raison pour laquelle je suis inscrit et enregistré sur ces "club de rencontres" virtuels. Anastasia vit avec sa mère et son petit frère dans un appartement cossu. Quelques très belles photos d'elles ornent les murs du salon. Nous échangeons longuement autour de la table autour d'un fond de bouteille de rosé italien laissé par les précédents "couchsurfeurs". Avant qu'elle n'aille se coucher, elle m'allume l'ordinateur. Je rédige en anglais mon journal de ces dernières 48h00 que je mets en ligne. Bravo la technologie ! J'ai parcouru 820 kilomètres aujourd'hui (820 + 480 = 1300 km depuis la frontière). Bonne nuit (courte 3h00-6h00 = 2h00 de sommeil).

08/ 09/10 mai: Samara - Yfa - Tcheliabinsk - Tioumen - Omsk.

Même si je voulais rester une journée entière en compagnie de Nastia et sa mère, cela ne serait pas possible à cause de mon temps de transit éclair durant lequel je ne peux me permettre de séjourner 24h00 à aucun endroit. De toute façon, même si j'en ai envie, Nastia part au village voir sa "mamie" (comme elle l'appelle) avec son père dans la voiture de son oncle. La "mamie" n'habite pas dans la direction où je vais. Je ne peux même pas les joindre pour décoller de Samara et prolonger l'instant magique de la nuit. Je décide tout de même d'aller faire un tour dans les vieux quartiers de la ville, là où est située l'Alliance française. J'aimerais bien taper quelques pages de mon journal en français sur un clavier azerty. Peine perdue, ils n'ont que du qwerty. Quand je retourne à l'appartement afin de récupérer mes effets et disparaitre, je laisse un camembert dans le frigidaire. Le "Rustique" moulé à la louche, le plus fait dont la date de consommation expire le 01 juin 2009 afin qu'il ne se gâte pas davantage dans mon sac. Celui que je préfère aussi. Faire plaisir à l'autre et savoir donner quand on a reçu. Avec le recul, je pense qu'il fallait mieux donner celui qui était moins odorant bien que de qualité inférieure. Je n'ai jamais su si elle l'avait consommé ou pas mais je pense que nos critères de sélection concernant les goûts ne sont pas identiques d'un peuple à l'autre. Je me suis rendu compte qu'il ne fallait pas nécessairement se priver d'une "délicatesse" pour faire plaisir à l'autre surtout en ce qui concerne les vins, les fromages, le chocolat noir, en raccourci les plaisirs du palais. Les gens ne les apprécient pas à leur juste valeur. Une autre raison pour laquelle je ne peux pas demeurer sur place, c'est la proximité du jour férié dit "jour de la Victoire" du 09 mai 1945. Célébré le 08 mai dans la plupart des pays d'Europe de l'Ouest, il l'est le 09 mai en Russie parce le document fut signé tard le soir du 08 mai. Avec le décalage horaire d'une heure de Moscou sur Berlin, cela correspondait à la date du 09 mai 1945, date à laquelle le gouvernement russe annonça la capitulation de l'armée allemande devant les forces alliées sur le front Ouest. Le jour férié tombant un samedi, le lundi par substitution ne sera pas travaillé or Olga, mon prochain contact à Omsk distante de 1800 kilomètres m'attend pour le 10 ou le 11 mai. J'ai peur qu'il y ait moins de véhicules sur les routes. Ces fins de semaine à rallonge - petits ponts de trois jours - permettent aux familles et amis de se retrouver. Les voitures sont pleines à craquer et il y a moins de camions en mouvement car ils ont le droit eux aussi à des jours de repos. A la mi journée, ayant petit-déjeuner, je m'éloigne à pied de l'appartement et longe le parvis magnifique qui surplombe la Volga majestueuse, puissante et tranquille. A chaque fois que je demande la direction d'Yfa et comment sortir de la ville à pied, les gens s'esclaffent et me disent que ce n'est pas possible. Je me positionne à un feu et saute très rapidement dans une voiture après qu'Igor ait baissé sa vitre pour savoir ce que je voulais. Par chance, il va chez Castorama situé en zone industrielle à la sortie de Samara. Il est vrai qu'il n'y a pas besoin de venir à Samara en Russie pour se rendre chez Casto. Il y en a de plus proches en Normandie ou en Alsace. Un magicien dans un camion de sable sans Pimprenelle me dépose à l'intersection évitée hier soir en empruntant la vieille route. Une route se dirige vers la capitale Moscou et une seconde vers Yfa et Tcheliabinsk (868 km). D'entrée de jeu, une Lada avec un chauffeur fou m'embarque pour une petite centaine de kilomètres. Nous avons du établir un temps record pour parcourir cette distance. Ma moyenne kilométrique diminue avec un Man surchargé en route vers Tcheliabinsk et doit tourner autour de 400 kilomètres aujourd'hui. Il s'arrête sur l'aire de stationnement d'un restaurant. Je trouve refuge dans un bâtiment en construction. J'étale mon duvet sur la couverture de survie pour le couper du sol. Inutile de dire que je l'apprécie dans ces moments.

Je suis réveillé à l'aube et tente quelques "coup de pouce" aux rares voitures qui s'annoncent. Ne voilà-t-il pas qu'une voiture japonaise toute équipée pour un handicapé en provenance de Samara et allant à Ekaterinbourg fait une pause et me remarque sur le bord de la route. Le chauffeur claudicant vient me voir et me demande où je vais. Il veut visiblement m'aider et me faire faire un bout de chemin en direction de Tcheliabinsk. Sa femme est installée à l'arrière avec leur enfant, le siège à côté de lui est vacant. Je m'installe et ne pipe pas un mot car un lecteur DVD fonctionne avec un film d'animation pour le gosse. Sans prévenir, quelques quatre-vingt kilomètres plus loin, il s'arrête près d'une station service et m'ordonne de descendre. Tout comme subitement, il est venu me "pêcher miraculeusement", il me lâche maintenant dans la nature. Je n'argumente pas tellement sa réaction est déconcertante. Je n'essaye même pas de le persuader de m'emmener plus loin. Je me dis qu'après tout, je dois lâcher prise et accepter les événements tels qu'ils se présentent. Quelque chose de "vraiment spécial" et nécessairement meilleur m'attend après ce malheureux "coup du sort". Je ne peux pas ignorer le fait qu'il ait fait preuve de bonne volonté. Le fait de déplacer un pion et de l'approcher de la reine peut aider à la victoire. Je me convaincs que de toute façon, je ne dois plus être très loin de Tcheliabinsk. Une fois mon bon Samaritain reparti, je fais en vain des aller-retour à la pompe à essence. Les voitures restent dans le coin sauf quelques unes en transit sur de longues distances qui refusent car déjà occupées. Je tend le bras pour arrêter n'importe quel véhicule venant dans ma direction. Une voiture avec un jeune gars au volant stoppe à ma hauteur. Il descend et viens m'ouvrir le coffre pour y placer mon sac à armature. Je tombe des nues et suis abasourdi lorsqu'il me dit qu'il rentre chez ses parents à Tioumen distant de presque 800 kilomètres. Voilà le bon "coup de pouce" que je sentais venir. Je l'ai flairé, celui-là ! Il est militaire à Rostov et profite du jour férié pour rentrer visiter sa famille. Nos échanges verbaux sont très limité. Je ne veux pas commettre d'impair et me faire débarquer alors que je peux rouler toute la journée sans discontinuer. Nous évitons et contournons Tcheliabinsk qui était encore à 280 kilomètres lorsqu'il m'a pris en stop. J'élimine volontairement un de mes contacts dans cette ville car nous sommes samedi et Elena est probablement en train de dormir à l'heure qu'il est. Je n'ose même pas lui téléphoner de peur de la réveiller et la déranger. Nous poursuivons notre route vers Kurgan (140 km) et Tioumen (190 km), porte d'entrée de la Sibérie à laquelle je ne m'attendais pas à frapper si vite. Je veille à ne pas froisser mon chauffeur par un geste déplacé et prends soin de lui. La route principale qui relie Kurgan à Omsk transite par le Kazakhstan. Etant dans le doute quant aux conditions de transit sur cette portion de la transsibérienne, je préfère continuer avec "mon chauffeur d'un jour le plus long" et passer par Tioumen avant de reprendre la route vers Omsk (620 km). Je lui explique tant bien que mal car je sais qu'il ne comprend pas que je veuille continuer avec lui. Omsk (720 km) est indiqué tout droit avec un passage par le Kazakhstan obligatoire sans savoir si je ne serai pas refoulé à la frontière. Le détour de Kurgan à Tioumen est presque de 200 kilomètres plus les 620 kilomètres jusqu'à Omsk, ce qui fait une différence d'une centaine de kilomètres seulement (200 + 620 = 820 - 720 = 100 km). Il me dépose finalement en fin d'après-midi à la sortie de Tioumen. Les deux routes contiguës, celle par laquelle nous entrons en ville et celle par laquelle je dois sortir, se touchent et forment un angle aiguë dans la périphérie sud de la ville. Je descends de la voiture en remerciant mon bienfaiteur et marche jusqu'à la route en direction d'Omsk. Je fais le pari que je vais décoller ce soir et y arriver demain matin. Un gars me lance sur la voie rapide pendant vingt-cinq kilomètres. Après quoi, j'assiste à un défilé de voitures avec un concert de klaxons, les hampes des drapeaux russes étant maintenues dans les vitres ouvertes des portières. Ils fêtent la victoire. Les Russes peuvent être très nationalistes. En tant qu'étranger, je dois me faire remarquer sur le bord de la route essayant d'attraper un véhicule. Pourvu qu'ils n'aient pas l'idée de penser que je suis allemand, sinon je peux passer un sale moment si je tombe sur des types bizarres. Je dépasse cette bourgade un peu trop enthousiaste à mon goût et obtiens successivement deux voitures avant de rencontrer "le chauffeur de mes rêves" ou bien appelons-le encore tout simplement "le camion de ma nuit". Celui-ci projette de rouler toute la nuit. Il m'a emmené pour pouvoir discuter afin qu'il puisse rester éveillé. Je vais faire face à la même difficulté de communiquer en profondeur dans la langue russe sur des sujets les plus divers. Nous dînons dans un routier de plats capables de nous tenir au ventre toute la nuit. Plutôt qu'une invitation à diner, je préférerai que nous avertissions Olga de mon arrivée matinale demain matin en lui téléphonant. Au menu, une terrine de pommes de terre aux lardons puis une assiette de soupe accompagné de pain. J'accepte le thé malgré l'heure tardive. Je dois me tenir éveillé, être vigilant et veiller à ce que mon chauffeur ne s'endorme pas. Nous repartons 3/4 d'heure plus tard et roulons non-stop jusqu'au petit matin où nous arrivons à Omsk. Proche du centre ville, nous essayons de contacter Olga sans succès. Il est 7h30 du matin quand je descends du camion. Nous avons tenté maintes fois de la joindre. La voix du répondeur téléphonique nous demande de la rappeler plus tard. C'est peine perdue ! C'est comme si la ligne n'était pas joignable et hors réseau. Olga avec qui, depuis deux mois, j'ai échangé près de vingt-cinq courriels avant d'arriver à Omsk m'a pourtant demandé de venir de préférence le 10 ou le 11, pendant un de ses jours de repos. Je suis confus et un peu en colère. Qu'est-ce qu'elle fout ? Où es-t-elle ? Je n'ai même pas son adresse. J'avance à pied jusqu'au carrefour. Je ne sais même pas par où aller ne sachant pas dans quel quartier elle habite. Lorsque je suis attendu habituellement, j'ai localisé avant de commencer le voyage à l'aide d'Internet l'endroit où mes hôtes vivent, c'est-à-dire situer la rue dans la ville et savoir si c'est du côté où je vais arriver en ville au nord ou à l'opposé au sud, à l'est ou à l'ouest. Beaucoup de chauffeurs connaissent les rues des villes et me demandent l'adresse où je vais. Ils m'aident à trouver l'endroit et même parfois la personne que je cherche, ce qui à priori semble inimaginable que les gens soient si serviables. Cette façon de planifier permet un gain de temps et évite d'avoir à téléphoner. Il faut alors attendre dans la gare (de train ou routière) que l'hôte soit disponible et vienne vous rencontrer. Ensuite, il pourra vous accompagner chez lui. Mes hôtes n'ont pas la moindre idée que je n'ai pas de téléphone portable. Je joue de malchance avec le téléphone. A chaque fois dans ma vie personnelle quand j'ai eu dans le passé besoin d'appeler, le portable était toujours éteint. Ma communication se fait via le site par échange d'E-mail. Que faire ? Une voiture s'arrête à l'angle. Je suis abordé par Volodia qui en sort. "Kann ich Dir helfen ?" (Puis-je t'aider ?) Je remercie le plus grand des hasards, appelons-le encore le destin, de me remettre entre les mains de cet homme providentiel. Il est accueillant et prêt à me rendre service. Il propose de me rapprocher du centre ville où il habite et m'invite à prendre une douche et déjeuner dans son appartement. Sans me connaitre ni d'Adam, ni d'Eve, cet illustre inconnu me laisse rentrer dans sa vie et partage avec moi le fruit de son travail en attendant qu'Olga se réveille et que l'on puisse la joindre ou bien que l'on trouve une solution. Il me reproche de ne pas avoir son adresse. Comment peux-tu être si stupide ? Venir jusqu'à Omsk sans aucune adresse. Je dois ouvrir ma boite aux lettres car elle me l'a peut-être envoyé dans son dernier courriel que je n'ai pas encore lu. Il a parfaitement raison. Son raisonnement est logique. Quand je lui dit que j'ai "rencontré" Olga en ligne, il se méprend sur le sens de rencontrer, il la jette aux orties et me prie de la laisser tomber. Il veut me déposer sur la route qui conduit à Novossibirsk. J'ai roulé toute la nuit sans dormir. Je suis lessivé mais je ne veux pas abandonner mes recherches et quitter la ville sans voir Olga. Je bois du thé noir et mange de la "griechka" en noyant mes inquiétudes dans deux alcools forts fait maison. Il n'y a toujours pas de réponse aux appels successifs. Mon salut réside dans l'ouverture de ma boite aux lettres. Vers 9h00, ultime espoir, nous sortons et gagnons le centre commercial situé en face de sa barre d'immeuble. Il n'y a pas de café Internet. Je demande à une jeune fille plutôt sexy dans sa robe très courte de taffetas noir si je peux avoir accès à l'ordinateur de la boutique dont elle est responsable. Je lui explique mon cas. Elle accepte. Je prends note de l'adresse d'Olga reçue la veille. Volodia connait très bien la rue puisqu'il y a vécu il y a une dizaine d'années quelques numéros de porte plus loin. Heureux hasard qui fait bien les choses. Il est temps pour lui de commencer sa journée. En partant à la campagne, il me dépose à l'adresse indiquée. Il me quitte pour aller à sa datcha. Personne ne répond à l'interphone. Je réussis à monter à l'étage jusqu'à la grille derrière laquelle s'ouvrent deux portes d'appartement qui se font face. Je sonne à l'une et à l'autre. La voisine ouvre et me dit qu'elles - Olga et sa mère - ont quitté la veille au soir pour leur datcha et seront probablement de retour ce soir. Même téléphoner hier soir n'eut servi à rien si elles avaient déjà quitté l'appartement. La datcha est trop éloignée et n'a pas de réseau pour être jointe avec un portable. Quelques appels ont abouti. Olga décroche mais ne peut pas répondre. Dans mon dernier courriel, je lui ai dit que j'allais faire l'impossible pour être à Omsk le 10 ou le 11 tout en lui disant de "vivre sa vie" et qu'elle fasse ce qu'elle à prévu mais je n'imaginais pas qu'elle partirait passer la nuit à la campagne. De quoi me faire rager ! C'est bien la peine d'entrer en contact et passer tant de temps à correspondre avant de se rencontrer alors que le "moment magique", la rencontre réelle dure si peu.

Je laisse mes sacs en sécurité pour la journée sous la responsabilité de la voisine d'en face. Je reviendrai les récupérer en fin d'après-midi. J'ai la journée entière pour faire ce que je veux. Je remonte la grande avenue et retourne lentement en direction de ma "poupée de taffetas noir". Je vais lui demander si je ne peux pas faire ma correspondance et rédiger mon compte-rendu de ces dernières 48h00. Elle n'a vraiment que la peau sur les os et sa gentillesse égale sa beauté, une peau diaphane sous laquelle coule des veines d'ébène. Elle accepte. Je lui tiens compagnie pendant deux heures. Personne n'entre dans la boutique. Mon travail d'écriture achevé, je m'assois sur un banc au rez-de-chaussée et regarde les clientes entrer et sortir du centre commercial. Elles jouent un rôle et se composent toutes un personnage de femmes fatales avec une taille idéale et un soutien-gorge qui rehausse leur poitrine et la met en valeur. Bien que toutes différentes physiquement, il y uniformisation des goûts et des valeurs, toutes sur la même ligne de consommation. Je m'amuse à les regarder. Certaines n'ont pas peur du ridicule à cause de leur petite tenue (in)décente. Elles font vraiment dans le mini mini. D'autres accoutrements prêtent à sourire. J'ai l'impression d'être spectateur attentif d'une comédie dont le film pourrait être intitulé "Jolies femmes". Ainsi va la mode en Russie. Je sors ensuite me balader le long de la Volga. Une promenade tout en béton la longe et je fais l'aller-retour plusieurs fois. Que faire d'autre ? Les gens musardent en famille. Je n'ai pas la tête à lire. Attendre le retour éventuel d'Olga car qui dit qu'elle reviendra aujourd'hui. Ah ! ces femmes russes... Elles vous feraient tourner en bourrique.

Vers 18h30, je retrouve la voisine et l'appartement toujours vide. Je vais devoir reprendre mon sac et trouver un endroit pour passer la nuit. J'ai repéré des logements vacants en cours de construction. Au moment ou je l'attrape en haut des marches de l'escalier et passe les bretelles prêt à redescendre, j'entends la porte de l'ascenseur s'ouvrir. J'ai une seconde d'hésitation avant de quitter et ne voilà-t-il pas qu'apparaissent Olga et sa mère, fatiguées de leurs travaux des champs. Olga me dit clairement qu'elles sont lasses. Je n'ai pas à protester. Je dois considérer que dans mon malheur, j'ai de la chance de ne pas les avoir raté. Cela s'est joué à quelques secondes près. Je ne lui en veux et joue "le grand jeu" comme si c'était une journée exceptionnelle. Après que nous ayons tous pris la douche, j'ouvre en guise d'apéritif un demi de Kriter que nous partageons à quatre, ce qui fait peu dans le verre pour chacun d'entre nous, j'en conviens ! Une demi bouteille qui a bien vieilli et bien voyagé depuis la Normandie avec un arrière-goût très fruité que tout le monde apprécie. Elles ont préparé un plat consistant de pommes de terre et de viande de porc. Je leur fais goûter un brie avec une demi bouteille de Bordeaux qui est arrivée sur le pouce dans mon sac comme la première. Olga, peu disserte, me propose de dormir dans l'appartement de sa grand-mère inoccupé car elle est hospitalisée pour quelques jours. Bien qu'ayant satisfait mon appétit, je cuisine en prévoyance des jours à venir. J'ai pu me permettre de rester une journée entière à Omsk car j'ai roulé toute la journée d'hier et la nuit. 665 kilomètres séparent Omsk de Novossibirsk où je n'ai pas prévu de contact et il y a 789 kilomètres supplémentaires jusqu'à Krasnoïarsk, ce qui donne un total de 1454 km (665 + 789 = 1454 km). Bonne nuit chez la grand-mère. Un peu plus de 4000 km me séparent de la frontière chinoise et il me reste 6 jours de voyage.

Lundi 11 mai - En route vers Novossibirsk (665 km), capitale de la Sibérie (une journée sans camion).

Olga, journaliste pour un magazine d'automobile, son copain, sommelier dans un club et sa mère vont tous les trois travailler aujourd'hui même s'ils n'en ont pas beaucoup l'envie. Ils semblent manquer de motivation mais leur gouvernement leur a demandé en ces temps de crise économique de participer à l'effort national et de travailler ce jour normalement férié. Nous prenons un petit-déjeuner tardif après qu'ils m'aient demandé la veille au soir de les rejoindre vers 9h30. Au menu: café au lait, pain, beurre, confiture et brie de Comte Robert. Devant la profusion d'autobus, je préfère m'abstenir une fois de plus de sauter dans l'un qui part à contre-sens et continue à pied, le signe distinctif de ma prochaine étape à bout de bras: "Novossibirsk". La route est sinueuse et finit par contourner un pâté de maison avant de revenir légèrement vers le centre, telle une hyperbole qui s'éloigne pour mieux se rapprocher. J'hésite et je doute que je sois dans la bonne direction. Je dépasse une Lada garée dans la rue où les maisons en bois se succèdent les unes à côté des autres. Elles ne sont pas récentes et ont du cachet. A les voir en carte postale, je penserai qu'elles ont été construites en Sibérie. Je n'en suis d'ailleurs pas loin. Trois hommes dans cette Lada rouge, deux devant et un derrière qui écrit et rédige un papier officiel que lui dicte le chauffeur au faciès résolument asiatique. "Attends un peu" me répond son voisin aux allures de petit-chef, chemise débraillée sur une poitrine velue. Je pose mon sac à côté de la voiture, heureux de ne plus avoir à le porter. J'attends qu'ils aient fini de recopier leur document. J'ai l'impression que celui de derrière a été mis en difficulté financière et qu'il doit emprunter de l'argent. A cette fin, sa maison en bois en mauvaise état lui sert en quelque sorte de chèque en bois, à rembourser une somme d'argent en contre partie de l'hypothèque. Je n'ose pas croire qu'il s'agit d'une lettre de dénonciation. Les deux gars à l'avant du véhicule sont des requins de la race des usuriers ou des profiteurs. Quand ils ont obtenu ce qu'ils voulaient du troisième larron, ils me font signe de monter et nous partons en direction de la route vers Novossibirsk où ils vont me déposer. Ils me mitraillent de questions diverses de différents calibres sur des registres diversifiés pour m'avouer juste avant de me déposer qu'ils sont de la police. Quels sorte de policiers sont-ils ? Est-ce de la police ou du KGB dont il font partie, celui-ci n'en étant pas moins la police des police. Ils savent où me déposer sur la grand route et tournent sur la gauche, une route qui retourne vers le centre et d'où beaucoup de voitures sortent et s'engagent sur la route principale, celle d'où nous venons. C'est un petit carrefour que peu de voitures dépassent. Au bout, La Sibérie. Je commence ma journée avec deux Ouzbeks dans une Lada pour une quarantaine de kilomètres. Des chaises occupent la banquette. Je dois les replacer pour pouvoir m'asseoir à l'arrière. Ils me larguent à un rond-point en pleine nature d'où je repars avec un "lucky lift", une voiture tirée au sort, la chance me sourit car Grégory retourne au boulot dans l'Altaï. Je parcours près de 500 kilomètres avant qu'il ne prenne vers Karat sur la droite. Avant qu'il ne tourne, j'ai essayé d'attraper un autre véhicule à l'arrêt dans un aire de repos qui permet aux gens de se restaurer et faire une pause. Je demande aux chauffeurs, jeunes et moins jeunes, une place dans leur véhicule, le plus souvent des 4 X4 mais ils s'en contrefoutent magistralement. Autant descendre de la voiture là où Greg doit tourner. Il y a un contrôle de la police, ce qui force les véhicules à ralentir. Un couple dans deux voitures séparées m'emmène vers Novossibirsk distante d'une centaine de kilomètres seulement. Elle, fausse blonde, me voit sur le bord de la route mais n'ose pas me ramasser. Lui, producteur de musique, n'ose pas croire ce que je lui raconte. Il a toutefois le cran de s'arrêter et de me laisser monter dans sa voiture de sport rouge style Maserati. Il flambe. Il a un air crédule et naïf. Lorsque nous marquons une pause dans un restaurant afin qu'ils se refassent une santé, je remarque que sous son apparente douceur, sa partenaire porte la culotte et fait preuve de rigueur. Il n'a qu'à bien se tenir. Ils ont faim. Ils viennent du nord de la Sibérie et conduisent non-stop depuis dix heures. A voir l'état de leurs voitures, ils m'expliquent qu'il y avait de la neige à l'endroit où le groupe qu'il promouvait se produisait. Je sors mon fricot de mon sac et les rejoins. J'hésite à les suivre en ville. Je peux descendre sur la bretelle de contournement de la ville mais je leur fais confiance puisqu'il m'ont assuré que je peux dormir avec eux chez son frère. Nous allons rendre des comptes à un directeur de club associé. Nous sommes reçus dans une arrière salle où trône un billard. Après les présentations et les salamalecs, une bière m'est offerte. Le type qui nous reçoit, la voix rauque et désagréable, accompagnée de son assistante, prend des apparences de mec sûr de lui alors que j'ai une sale impression. Il est mielleux et faux-cul. Quand à mon couple de producteurs, elle est celle qui dirige le groupe et fait de l'événementiel. Son jules est juste un prête-nom dans un monde de brutes dominés par les hommes. J'aurais du écouter mon intuition et les quitter à l'embranchement de la rocade. Je me retrouve tout penaud lorsqu'ils me déposent devant la gare de train à minuit. Je les quitte sans les remercier et leur fais part de mon mécontentement. Je serai au moins venu à Novossibirsk, l'une des agglomérations les plus étendue de la Russie. Que faire d'autre à minuit à Novossibirsk que de remonter l'avenue de Krasnoïarsk afin de sortir du centre. Toute une aventure nocturne. Cela commence par longer toute une série de club, boites, discos et karaoké où les jeunes plus ou moins éméchés prennent le frais avant de replonger dans leur enfer musical. Nous sommes lundi et le dernier jour de party. Direction Krasnoïarsk (789 km). Bon courage. Il n'y a plus de transport en commun. Je m'éloigne à pied du centre et marche pendant une heure ou plus. C'est toujours tout droit ou presque. A un feu, je réussis à chopper un type avec une Lada, un taxi au noir, qui reconduit une jeune fille. Il accepte de me pousser jusqu'à l'endroit où elle se rend. Il la dépose à un grand carrefour où deux hommes sur le trottoir accoudés à une barrière garde-fou boivent. Debout sur la chaussée en face d'eux, une femme alcoolique, le visage abimé, plus en manque d'affection que de sexe, leur demande une bouteille d'accompagnement. Elle l'obtient et vient me prendre par la main. Je lui dis que l'on peut rentrer à la maison maintenant. Elle acquiesce puis se ravise: "as-tu de l'argent ?" Je la lâche et remonte sur le trottoir. Je fais à peine une centaine de mètres puis avise un espace vert derrière une église orthodoxe. La palissade a des trous mais je ne trouve rien qui prévaut du côté de la croix. Je prie pour qu'il ne pleuve pas et étale mon duvet au pied d'un cabanon pour trois heures de repos bien mérité. 3000 kilomètres me séparent de la ville de Chita qui elle-même se situe à 486 km de la frontière chinoise (3500 km environ) et il me reste 5 jours de voyage pour sortir du pays en temps voulu (3500 : 5 = 700 km quotidien). Avec 665 km et mon sixième jour de transit à travers la Russie, j'ai parcouru aujourd'hui plus de la moitié de mon itinéraire en Russie qui totalise 7136 km (sans compter les rocades et détours occasionnés par les impondérables). J'ai cinq journées de voyage en transit derrière moi et cinq à venir, ce lundi 11 étant la journée charnière (5 jours + lundi 11 + 5 jours = 11 jours de transit).

Mardi 12 mai - Novossibirsk - Krasnoïarsk (789 km): une autre journée sans camion.

Cela est peut-être une des conséquences du jour férié mais les voitures particulières sont plus rapides. Je dois traverser à pied Kemerovo et Mariinsk qui m'ont l'air bien séduisante. En fait, là où je suis en ville, à côté d'un feu ou bien dans une ligne de voitures les unes derrière les autres, je me positionne et demande de l'aide de portière à portière comme quelqu'un qui a besoin d'aide, comme un mendi(c)ant qui quémande sa pitance. Je sais que quelqu'un de plus démerdard que le précédent puisqu'il a refusé de me venir en aide va me dépanner. Je cherche juste à aller dans telle direction. Tôt ou tard, je vais obtenir ce que je veux et parvenir à mes fins. Un peu de culot ne fait pas de mal dans la vie. Je n'ai pas encore pris un seul autobus. Un jeune médecin me permet de traverser Kemerovo et me raconte son voyage de noces en Europe de l'Est. Avec sa jeune femme, ils ont atterri à Prague où ils avaient réservé pour cinq jours une chambre d'hôtel et une voiture de location. Chaque jour, ils ont rayonné et se sont baladé dans les pays limitrophes de la Tchéquie comme l'Allemagne, l'Autriche, la Slovaquie et la Hongrie. Je continue vers Mariinsk que j'aimerais revoir plus longuement la prochaine fois. Je n'ai pas vu de paysages exceptionnels depuis Belgorod à part quelques vues un peu plus vallonnées avant d'atteindre Tcheliabinsk mais cela ne saurait tarder avec la Sibérie et la route qui contourne le lac Baïkal. Le permafrost est un frein à l'entretien des routes dont le revêtement se désagrège sous l'effet du gel et du long hiver sibérien. J'ai atteint une aire de stationnement réservée aux clients d'un routier. Je réussis à coincer Andreï avec son pick-up à sa sortie du parking et le convaincs de m'emmener. Il sourit quand je lui dis que je suis français et me demande de lui montrer mon passeport. Plus 300 km restent à parcourir jusqu'à Krasnoïarsk où je veux dormir ce soir chez Anna. Il peut m'emmener mais il doit marquer une brève pause dans un village en cours de route. Son invitation est bienvenue. Marié, père d'une enfant, il a une relation à la campagne. Nombreux sont les hommes russes qui ont une double vie et deux familles sans que l'une ne sache rien de l'autre. Sa profession de commercial est de vendre des engrais dans les zones rurales. Anna m'a laissé son adresse et Andrei avec l'aide du GPS trouve sa rue très facilement. Il m'y dépose. Personne dans l'appartement. Je l'appelle. Elle sera là d'ici trente minutes. Cela me parait tellement plus facile quand j'ai l'adresse en poche. Je prends une douche et Anna me propose de laver mes fringues. Avec ses amis, elle projette d'aller faire un tour à vélo à 22h00 et revenir vers minuit. Je lui donne carte blanche. Ce sera sans moi. Je me revigore avec du thé au gingembre et du miel. Elle me prépare de la "griechka" au lait. Je cuisine du riz comme d'habitude, l'Asie doit y être pour quelque chose. J'écris mon journal et le mets en ligne. Après qu'elle soit rentrée vers minuit trente, avec son copain, nous nous faisons une "camembert-party" arrosée de bière qui dure jusqu'à 3h00 du matin.

Mercredi 13 mai - Krasnoïarsk - Irkoutsk (1100 km).

Réveil au thé noir à 7h00 du matin. Ma faiblesse aujourd'hui est de sauter dans un autobus de la ville, le n° 56 qui part de la gare routière et continue le long de la route qui sort de Krasnoïarsk vers Irkoutsk. La ligne de tramway n° 7 est parallèle pendant un bon moment à l'itinéraire du bus mais ne va pas aussi loin que celui-ci. J'ai complètement oublié l'état déplorable de la route de Krasnoïarsk à Irkoutsk. Il n'y a pas d'asphalte tout le long mais un revêtement de goudron par endroit. Entre les plaques noires, une piste en dur qui bouge en fonction de la saison, des intempéries et des différences de températures. Peu de trafic à partir de Novossibirsk vers l'Est. Tout les mouvements de véhicules se concentrent autour de la capitale Moscou vers Novossibirsk. Qui parle de piste dit nécessairement moins de véhicule susceptible d'emprunter cette "voie de terre". Mon itinéraire passe pas Chita. Je me rappelle que c'est la forêt sans discontinuer après Darasoun dont j'ai de mauvais souvenir. Sorte de "terra incognita" où il faut chercher sa route sans aucune indication. J'ai lu en 2007 sur Internet qu'ils avaient fini la construction de la Transsibérienne et relié Moscou à Vladivostok (9000 km). Kansk, 280 km de Krasnoïarsk, est la ville la plus importante de mon itinéraire aujourd'hui. Deux routiers qui s'ennuyaient me montent jusqu'à la périphérie de Kansk. Après en avoir eu pour leur compte, ils veulent me déposer à l'entrée de la ville. Je ne suis pas d'accord. Je préfère la sortie, plus facile d'attraper un véhicule qui vient du centre. J'insiste pour rester dans la cabine le temps du transit par Kansk et descends plus tard au début de la route étroite vers Irkoutsk. Je sais qu'ils continuent plus loin avant de tourner vers Bratsk mais s'ils sont décidé à se séparer de moi, que puissé-je faire ? Dans cette partie de la Russie, les chauffeurs peuvent vous débarquer aussi vite qu'ils vous ont embarqué à cause des distances importantes. Vous pouvez les amuser quelques heures mais ils n'ont pas forcément envie de vous avoir à côté d'eux pendant 24h00. Il s'agit de parcourir 1100 kilomètres. Il faut faire de longues pauses. Certains coupent la poire en deux et prennent une chambre. Avant un passage à niveau, un trou d'eau oblige les véhicules à ralentir, je réussis à parler à Volodia qui conduit une Lexus 4 x 4 depuis Krasnodar. Il a trois jours de conduite à son actif. Il m'affirme avancer jusqu'à Tulun, proche d'une centaine de kilomètres mais je sais pertinemment qu'il se rend à Irkoutsk distante de presque 700 km. Hésitant à m'emmener, je réussis à le convaincre. Il n'a pas totalement confiance. L'endroit là où il était censé s'arrêter ressemble plus à un village qu'une ville. Je me tais. Inutile de lui rappeler ce détail de l'histoire. Il me dépose à l'entrée d'une aire de service prétextant qu'il va se reposer. Est-ce dire boire un café et continuer, ce que je crois ou bien prendre une chambre et y passer la nuit ? Il cherche à se débarrasser de cassettes de musique et me les donne. Je reste sur la transsibérienne dans l'attente d'un éventuel véhicule et de la nuit qui ne va pas tarder. Je sais qu'il me faut décoller de cette endroit ce soir et rouler cette nuit si je veux conserver une chance de sortir à temps du pays et ne pas dépasser mon visa de transit or cette chance d'accrocher un véhicule est minime car ils sont en nombre réduits sur le parking où sont garés quatre camions et quatre 4 x 4. Je remarque une Lada 4x4 blanche pleine à craquer avec un couple qui s'apprête à quitter vers Irkoutsk. Je ne juge même pas utile de les solliciter. Un gros 4x4 vient se garer à côté de celle de Volodia. Deux gars étranges en sortent. Ils ne collent pas vraiment avec l'image luxueuse qui se dégage de leur puissante voiture. Ils sont habillés chichement et ont plus l'air de paysans que de citadins. Ils donnent l'impression d'être des durs et des coriaces avec qui l'on ne rigole pas et à qui on ne la fait pas. Je n'ai pas eu de franche réponse positive à ma question lorsqu'ils ont fait le plein d'essence. Je vais devoir les rattraper à la sortie du restaurant. J'attends qu'ils en sortent. Ce sera eux ou Volodia de nouveau. Les camions sont là pour la nuit. Je suis sur un fil. Je peux basculer d'un côté ou de l'autre et ne pas pouvoir aller plus loin. Je dois garder mon équilibre et parvenir à mes fins, aller plus loin. Lorsque mes deux gars quittent, je reçois leur assentiment de monter dans leur palace ambulant. Volodia qui furète dans son coffre n'en revient pas que j'ai trouvé une occasion. Je peux le voir à la tête qu'il fait. S'il pensait se faire prier pour que je puisse l'accompagner, il s'est trompé. Il va finir son parcours en solitaire. La roue tourne. C'est à son tour d'être laissé en rade. Il vient vers moi et demande à récupérer une des cassettes qu'il m'a donnée. Je le laisse fouiller dans mon sac mais il ne la trouve pas. Nous quittons l'aire. Le chauffeur, jeune et en surcharge pondérale, dégage une odeur nauséabonde comme un corps en putréfaction. Il a beau être puissant au volant de son char et étaler sa richesse, il n'a qu'une vie, n'est pas immortel et a des soucis à se faire. La mort n'est pas réservée seulement aux autres. Il n'arrête pas de remuer sur son siège atteint visiblement d'une forme de la danse de St Guy comme s'il était assis sur un ressort, voilà qui est gênant pour conduire très vite et dangereusement. Sa vitesse excède presque les limites du 4x4 sur cette piste mouillée et glissante à cause de la pluie intermittente qui tombe. Le passager est un drôle de type, plus âgé, l'air cynique, une relation familiale, un mentor qui à l'air de se moquer de tout un chacun pour un oui ou un non. Je me rappelle trop bien l'expérience précédente où je me suis fait déposé à la station-service. J'évite de demander d'où ils viennent car mon intuition me dit que je ne vais pas faire long feu dans la voiture. Je ne suis pas à l'aise, ni à ma place. Je ne sais pas à quoi ces deux types doivent leur (bonne) fortune mais quelque chose me dit qu'il y a anguille sous roche. Sans surprise, sous prétexte d'être arrivé à leur lieu de destination, le prochain village, ils essayent de me débarquer près d'un restaurant construit dans le style d'un fortin militaire avec sa façade à créneaux. Je les convaincs que l'endroit n'est pas convenable et de me déposer un peu plus loin. Mon temps était compté et gagner des miles à la vitesse à laquelle il conduisait relevait de la gageure (du pari). Seconde tentative de me larguer, je choisis un passage à niveau dans l'attente de Volodia car je sens qu'il va venir me retrouver (pour récupérer sa cassette). Nous avons une longue histoire en commun avec ce genre d'endroit stratégique où nos lignes de vie se sont déjà croisées. J'ai pu demander à mes deux voyous "qui" ils étaient. Bien que tardives, les présentations ont eu lieu et ils m'ont répondu "gypsies". Débarrassé d'eux, la nuit bien présente, il est plus de 22h00, devinez qui arrive quelques minutes plus tard ? Mon vieil ami, Volodia, remis en selle. Je procède de la même façon que la première fois. Je n'ai pas de mal à le convaincre. Il sait à qui il a affaire. Il sait aussi que s'il veut arriver à Irkoutsk (650 km) et conduire toute la nuit, il a besoin de ma compagnie pour rester éveillé tout comme j'ai autant besoin de son aide pour respecter mon planning de voyage. Dès que je suis dans son 4x4, il me demande sa cassette à laquelle il est attaché et qu'il ne retrouve pas. Avant qu'il ne fasse irruption une seconde fois dans ma vie, j'ai pensé que je pourrais peut-être sauter sur un train de marchandises comme je l'ai déjà fait dans le début des années 90 aux Etats-Unis, au Canada et en Russie (2003) dans l'Extrême-Orient russe au-delà de Chita, là où les pistes se confondent les unes les autres sans aucune indication. Je ne lui offre pas de conduire car la Lexus dispose d'une boite de vitesse au changement automatique à laquelle je ne suis pas habitué. Quant à l'odeur de mon dernier camembert, je ne crains pas que cela l'indispose car tout comme les "Gypsies brothers", il roule la fenêtre ouverte. L'air frais lui ravive les sens et l'empêche de s'endormir au volant. Cette unique exemplaire survivant d'une odyssée est destiné à l'exportation vers la Chine. Combien de temps durera-t-il ? Il expire officiellement le 01 juin 2009. Le soutenant dans ses moments les plus difficiles et s'aidant mutuellement, nous finissons par atteindre Angarsk, 60 kilomètres d'Irkoutsk, à l'aube. Malgré la lumière du jour naissant, je trouve refuge, étalé dans mon duvet au milieu des tombes, dans un cimetière situé juste en contrebas de la transsibérienne. Deux bons cycles de sommeil (2 x 80 mn = 160 mn = 2h40) suffisent à recharger les batteries et me remettre en jambe. Après un petit-déjeuner rapide assis entre deux pierres tombales du plus beau goût, j'ai le choix du sol dans ma salle-à-manger à ciel ouvert, je remonte sur la route principale et j'ai à peine commencé à marcher qu'un collectif "mashroutka" s'arrête à ma hauteur et me fait comprendre de monter. Je refuse l'invitation qui m'est faite de me joindre aux passagers payants mais le chauffeur revient à ma hauteur et insiste. Je finis par accepter et me retrouve à Irkoutsk rapidement. Il est à peine 9h00. Les employés arrivent pour reprendre leur travail. Je trouve un endroit pour taper mes piges, les mettre en ligne et laisser mes sacs en sécurité pendant quelques heures de balade à travers le vieil Irkoutsk. L'hôtel "Baïkalsk" sur la grand place délivre des "vouchers" (l'équivalent d'une réservation d'hôtel pour un voyage à venir) pour une somme de trente dollars. Il faut comprendre que le papier nécessaire à l'obtention du visa de touriste pour une période d'un mois coute la modique somme de 30 U.S dollars. "Tourism is a big business". Vers 17h00, je pense à sortir d'Irkoutsk en direction du lac Baïkal. Je ne sais pas quelle route y mène. Les gens ne m'aident pas par ignorance. Je tourne en rond. Je suis obligé d'aller dans le rayon carte de la boutique du "Baïkalsk" et regarder par moi-même où se trouve mon issue de secours. Une jeune fille francophone, très coopérante, avec la plus grande gentillesse qui soit, m'aide de son mieux. Elle s'efforce de pratiquer le français qu'elle apprend à l'université. Je la balaye d''un revers de main sous prétexte que je suis pressé. Je lui explique que je ne peux pas rester pour la nuit à Irkoutsk par manque de nombre de jours de séjour. J'ai l'impression qu'elle va presque exploser de douleur et fondre en larmes. Je ne comprends pas pourquoi. Je sais qu'elle a envie de pratiquer son français. L'ai-je brusquée ? Ai-je été si rude ? J'ai presque envie de la prendre dans mes bras pour la consoler. Je reviendrai et je resterai plus longtemps à Irkoutsk qui le mérite bien. A suivre...

Irkoutsk - Ulan Ude. J-2 et 1600 km depuis Irkoutsk jusqu'à la frontière chinoise.
Anghkor Wat, Ta Promh, Anghkor Thom, encore, encore, encore. Bienvenue à Siem Reap! English translation pending
by Simplybrice · 2009-08-05 · 6 replies
De sortie de plusieurs semaines de gueule de bois laossienne, Je suis fin prêt pour vous montrer de quel bois je me chauffe. Mon pote Steve est repartit vers des horizons tous thaïlandais, Et moi, je redécouvre les plaisirs de l'écriture face à la page blanche.

Mise à part les histoires renversantes de scooters renversés, nous en étions restés à ce qui remonte maintenant à plus d'un mois, l'arrivée à Siem Reap et la visite annoncée des temples parmi les plus enchanteurs de la planète et de ses environs, ceux d'Angkhor et de sa banlieue de jadis. Vous avez donc repris votre place dans votre siège préféré, le printemps a renvoyé l'automne jusqu'à l'année prochaine, le PSG se remet à perdre des matchs par 3 buts d'écart, la normalité reprend ses droits. Seule chose qui a changé dans l'intervalle, j'ai soufflé mes 33 grains de riz et suis donc encore plus plein de sagesse qu'avant, mouvement sans doute contre-balancé par la perte de quelques cheveux supplémentaires, on ne peut pas tout avoir...

La ceinture de sécurité est donc attachée, tous les signaux sont au vert, on est prêt à partir. Veillez quand même à garder les bras à l'intérieur de la cabine, ça secoue pas mal! Après, je sais, ce n'est pas très pratique pour prendre des photos, mais sachez que ça aussi, je m'en charge, vous n'avez qu'à cliquer sur l'icone cambodgienne.

En Turquie, je suis allé et j'ai vu des cailloux de partout. En Syrie, en Jordanie, je suis aussi allé et j'ai vu des cailloux de partout. En Egypte, j'ai vu des tas de cailloux comme des montagnes. Au Népal, j'ai vu des montagnes faites de cailloux. En Thaïlande, ça s'est calmé. Mais au Cambodge... Ca repart dans la démesure

A Siem Reap, avec Maman et Pedro, on est donc comme je l'ai déjà décrit comme des coqs en pâte. Le soleil brille. Le est parti et au matin du 21, on rencontre notre nouveau guide Savout qui nous accompagnerapour les 5-6 jours suivants. Deja bien échaudés ou refroidis par le débit constant façon mitraillette de Le, Madro et moi étions bien impatients de rencontrer Savout et les premiers instants ont consisté à l'explication claire de nos souhaits : pas de cours magistral sur chaque micro-portion de bas-relief, les explications à l'intérieur des temples c'est mieux qu'à 100 mètres de distance, le minibus peut être un agréable moyen de locomotion si on a pas en permanence à se concentrer sur l'histoire de la moindre feuille tombée à terre ou sur le récit en douze volumes de ce qu'on peut voir en un clin d'oeil. Ca a l'air barbare comme procédé de dire à un guide même gentiment de la fermer quand c'est pas nécessaire, mais au moins ça a servi à quelque chose, Savout nous laisse bien souvent quartier libre tout en prenant la peine de décrire, dans la limite du raisonnable, l'essentiel de ce qu'il est intéressant de savoir.

J'en arrêterais donc là sur Savout en ajoutant que c'est un prénom assez facile à retenir sauf quand on s'appelle Bibi. Pour tenter de m'en souvenir, en gros malin que je suis, je me sers du français "sa voute". Seulement après quelques jours, je suis complètement paumé et ne cesse de l'appeler "ta soute". Et comme c'est pas son prénom, je comprends mieux maintenant pourquoi il ne tourne pas systématiquement la tête quand je l'interpelle... (sic)

Ce premier matin à Siem Reap, on est donc gonflé à bloc, avides de visites. Et on est pas deçu! En 5 heures de temps, on enchaine 4 temples différents!!! Tout ici étant dans un rayon assez restreint c'est facile de faire des sauts de puce d'un sîte à l'autre, c'est pour ça; on est pas des machines je vous rassure! A chaque visite, on prend le temps de flaner, de regarder les arbres centenaires, de dénicher l'angle parfait pour le cliché parfait itou, de boire un peu d'eau car malgré l'ombre forestière, il fait un temps à espérer une prochaine ère glacière. D'ailleurs en parlant de glacière, on en a en permanence une dans le minibus et c'est pas du luxe si on excepte le fait qu'à l'intérieur on trouve aussi des petites lingettes jetables raffraichissantes qui font la joie des déchèteries pour peu qu'elles y finissent!

Les temples s'enfilent donc les uns après les autres entre chaleur extérieur et climatisation automobile.

A chaque nouvelle visite également, on est assailli par les gamins qui ont tous quelque chose à vendre : des babioles, des livres, des vêtements, etc... Et comme Maman et Pedro ont déjà craqué à l'appel de l'achat de souvenir, c'est maintenant mon tour de distribuer quelques billets. Je jète mon dévolu sur un pantalon de pêcheur à taille unique et une chemisette blanche de taille M. On quitte les environs dans la foulée et alors que l'on est dans la voiture, je me prends de faire une scéance d'essayage et bien m'en a pris. Ne réalisant pas que les cambodgiens font en moyenne 1m65 et 40kg, ma chemise est immettable, chez nous ce serait du 12 ans!!! Demi-tour, illaritée générale chez les petites vendeuses, l'échange se passe dans la joie et la bonne humeur. Et comme avant, à partir de maintenant je n'ai plus besoin de rien concernant mon trousseau, donc plus de dépense futile. Enfin on verra bien...

La dernière visite de la journée s'effectue à Ta Prohm et est, à n'en pas douter, un écarteur de mirettes en puissance. On arrive sur les lieux en traversant une grande terrasse pavée et la première chose qui saute aux yeux est un arbre qui pousse à travers la terrasse. Comme dirait Pierre Fulat, il est d'un assez beau gabarit! Ses racines explosent une à une les pierres environnantes pour couvrir une superficie plus grande que mon ancien appartement parisien. Après avoir vu celui-ci, on se prend à regarder les arbres plus particulièrement, et on constate qu'ici, la spécialité locale c'est pas le bonzaï!! En regardant vers la façade de Ta Prohm, on en remarque deux autres. Le premier est devant le temple et a poussé sans entraves. Derrière son tronc, une armée entière pourrait se cacher, il faudrait peut-être 20 personnes se donnant la main pour en faire le tour. Le deuxième est bizarrement installé; alors qu'on est devant la façade, celui-ci semble pousser tout contre celle-ci mais à l'intérieur du temple, faisant fi du toit s'il y en a un, faisant fi des murs de pierres de 3 mètres d'épaisseur et c'est bien ça qu'il y a ici. En entrant dans le temple, on comprend alors ce qui se passe et ce qui fait le renom de Ta Prohm : les frangipaniers et autres ficus ont été laissés tels quels par les archéologues permettant de voir la force avec laquelle les arbres servent du temple pour se structurer. Et ce 1er exemple à l'entrée est un exemple de choix si on en croit le nombre de japonais et autres coréens se faisant prendre en photo devant. Pour tout vous dire, il m'a fallu près de dix minutes pour pouvoir déclencher!! Même avec des cartons jaunes, c'est pas possible!!! Ils sont trop nombreux, et moi, trop bon trop con, comme d'hab'.

On passera près d'une heure et demi ici à slalomer entre les groupes et même dans ces conditions, c'est une tuerie intégrale. A chaque virage, on est le cul par terre, littéralement écrasé par la nature envahissante. Pour les connaisseurs, c'est pas un pays pour Jayce, c'est le royaume des monstro-plantes!!!!! Et la seule raison pour laquelle on repart de là, c'est qu'on a rien mangé depuis 7h30 du matin, qu'il est déjà 14h et qu'on se mettrait bien une fourchette garnie entre les dents. Si on ajoute en plus le fait que tous les visiteurs aillant mangés à un heure traditionnelle commencent à débarquer en masse, il est grand temps!!

On convient donc d'un retour à la case Siem Reap, d'un plouf dans la piscine ou d'une sieste après un repas bien mérité, et d'un rendez-vous avec Mazout (NDLR : c'est Savout mais c'est pour voir si vous suivez...) pour se délecter d'un coucher de soleil sur Angkhor Wat depuis une colline environnante.

Et à 17h, on est tout ragaillardi, il est l'or, l'or de se réveiller...

C'est donc un retour dans le minibus jusqu'aux pieds du Phnom Bakheng, le temple en haut de la colline. Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'on est pas les seuls à avoir eu cette idée lumineuse décroissante du coucher de soleil... Pour accéder au sommet, il faut longer un petit chemin qui ressemble à cette heure au centre-ville de Bangkok! C'est la course des appareils photos pour déterminer qui aura la place la plus stratégique. Nous au sommet, on est pas pressé, ça grouille déjà. Un groupe d'une demi-douzaine d'éléphants attend patiemment le retour des appareils photos pour la descente au pas de pachiderme. C'est l'occasion d'aller taté la bêête. Aussi l'occasion de se rendre compte que la montée à dos d'éléphant coute plus cher que la descente, pas fous les cambodgiens, ils savent y faire!!!

Le coucher de soleil en lui-même est pas mal mais sans plus comme en conviendra aussi Madro ce qui n'arrange rien quand on le partage avec tous les appareils autofocus des environs. En tout cas, cette ballade aura eu le mérite de nous donner à voir un chouette point de vue mais qui n'est rien à côté du chemin retour lorsqu'on demande au chauffeur d'arrêter le van à hauteur d'Anghkor Wat éclairé de mille feux alors que la nuit est déjà tombée. Sublime!! Vivement demain!!

La soirée s'est vite enchaînée, nos corps meurtris par l'effort d'une journée de découverte (trop dur...). La soirée s'est vite enchaînée, nos corps alertés par le réveil du lendemain à 5H30 pour le lever de soleil à Angkhor Wat (trop dur...).

Le 22 commence donc à la nuit noire et tout le monde, y compris votre serviteur, est debout de bon pied bon oeil, plein d'entrain et d'expectative. On quitte l'hotel alors que tout le monde dort tranquille, du moins en apparence... En apparence car comme la veille au soir, j'ai l'impression que tous les touristes à 1000km à la ronde se sont donnés rendez-vous pour partager notre petit déjeuner! C'est la première fois qu'on pénètre dans l'enceinte du temple. A l'intérieur, les dimensions sont gigantesques, la perspective à couper le souffle et la lumière sublime. Malgré la foule des flashs qui crépitent, on arrive à se frayer un chemin jusqu'à avoir un petit lac à l'eau stagnante à nos pieds avec derrière le temple majestueux, et avec le reflet, ça fait deux trésors pour le prix d'un! Que demande le peuple? Deux heures à regarder le soleil se lever, voilà ce qu'il demande le peuple! Et en plus, il l'obtient!! Du coup, il est content le peuple!! A l'heure où on quitte le temple, on est quasiment les derniers à avoir assisté au lever de soleil. C'est l'heure où nous croisons ceux qui ne se sont pas levés aux aurores qui vont à leur tour s'entasser à notre place.

Nous, on quitte Angkhor Wat pour nous diriger vers un temple plus petit et peut-être plus tranquille, le Banteay Srei. C'est d'ailleurs un temple qui comme de nombreux autres temples des environs est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, l'UNESCO qui, s'ils ont une place de conservateur à mi-temps, je suis preneur. A bon entendeur... Et bien pas de bol, notre petit temple tout mignon, reputé pour ses sculptures fines comme de la dentelle, est également pris d'assault. Nom de dieu c'est pas possible!!!! Ils sont partout!!! Ahhhhh, elle est loin la Syrie... Pour ma part, submergé par le flot inninterrompu des visiteurs et la chaleur micro-ondesque, la visite se fera au pas de course. A l'extérieur du délicat édifice, de la musique se fait entendre. Un groupe de musiciens mutilés joue des airs traditionnels, et à l'ombre en plus. C'est plus qu'il n'en fallait! Ajoutez à cela de l'eau fraiche et une cloppe, ça fait du bien par où ça passe!

Et cette petite pause à l'ombre, il fallait bien ça car la suite du programme est orientée "sport". L'ascension d'une nouvelle colline est prévu par la face nord. A moins que ce soit la face sud. Pas sur... En tout cas 1200m, non pas de dénivelé mais de long, à gravir avec tous les 100m, un petit panneau indiquant combien il reste pour atteindre le "sommet", ça rassure le chaland. Et au sommet, l'intéret est multiple. Une rivière serpente lentement et dans le lit du ruisseau se trouve de nouvelles sculptures multi-centenaires. Un crocodile par ici, un vishnou par là, c'est plaisir. Mais ce qui est encore plus plaisir, c'est qu'ici, c'est la maison de milliers de papillons qui volent en tous sens. Il y en a tellement que certains ne savent plus où se poser et atterrissent avec légèreté soit sur mes bras, soit sur mes jambes, soit sur ma tête; jusqu'à trois papillons en même temps entre mon nez et mon front. - "Eh, papillons, il y a pas écrit piste d'atterrissage ici!! On restera là-haut le temps de sécher un peu et c'est pas du luxe! Déjà quand je marche, c'est rapidement les Grandes Eaux du Chateau de Versailles, alors imagine quand je gravis!!

Et le déjeuner dans tout ça? C'est pour maintenant. Comme la veille, il est 14H30 quand on arrive à table. Un croc, un plouf, une sieste, on est pas des boeufs et on peut pas gravir toute le journée!! Les après-midi sont douces à Siem Reap et les apéros avec Madro quotidiens grace à deux bouteilles de vins de nos contrées et une bouteille de whisky qu'on sera loin de finir, la faute sans doute au climat. Et ouais, on est ni en Ecosse, ni en Irlande.

On en arrive au 23, ça va vite. La journée va encore être marquée par quelques plats de résistance à commencer par la cité fortifiée d'Angkhor Thom, ancienne capitale khmer, peuplée jadis d'un million d'habitants quand Londres n'en comptait encre que 25.000. L'endroit, eu égard à son immense notoriété, est une nouvelle fois la proie de la foule et en son centre se trouve son joyau, le Bayon, qui arrive en tête ou pas loin des fréquentations. Et tout ce monde attire quoi, je vous le demande. Des p'tits vendeurs par centaines. Comme j'ai déjà acheté tout ce dont j'avais besoin, je me suis promis de ne pas céder à la pression des gamins qui nous suivent sur plusieurs centaines de mètres pour nous vendre fleurs ou bracelets. Et j'ai tenu bon!! Enfin jusqu'au stratagème d'une petite géniale. Elle me dit : - "Si je te bas au morpion, tu m'achètes mes cartes postales!" - "OK! Ca roule!" Je ne sais pas si quelqu'un a déjà perdu en jouant aux morpions mais c'est quasiment impossible, toutes les parties finissant par un match nul. C'est donc le jeu le plus con du monde à égalité avec la bataille. En plus, la gamine ne commence pas en mettant sa croix au centre comme chacun ferait, facile... Seulement je ne sais pas pourquoi, sans doute avais-je un peu de peine pour ma petite effrontée, mais moi non plus je ne me suis pas installé gracement dans la case du milieu, préférant choisir sans réfléchir un autre angle. Et bien en deux coups de cuillères à pot c'était réglé, je me suis fait explosé au morpion!!! Par une gamine de 8 ans!!!! Résultat des courses, j'ai 10 cartes postales cambodgiennes que je me traine depuis! Et ca fait plus d'un mois!! Comment j'ai pû perdre au morpion?!? Un moment d'absence sans doute... Mais la prochaine fois, je sais. Pas de pitié, je prendrais la case du milieu, y'a pas écrit que con là!!!

On a ensuite fini par rentrer au Bayon et dès la porte franchie, ç'en était fini de mes malheurs aux jeux et à nouveau la Claque. La spécificité du temple, ce sont les visages hauts de 2 mètres qui sont sculptés dans la roche. Il y en a des dizaines et ça donne un aspect mystique certain à l'ensembl? Vas-y je t'en prie. Je veux faire une photo, tu passes devant comme un conn..d, c'est pas grave? non...

En tout cas, avec Ta Prohm, le Bayon est la chose la plus remarquable de tout l'ensemble qui m'ait été donné de voir ici. Il faudrait que j'étoffe ma liste de superlatifs pour bien en retranscrire la mesure parce que WHAOUUUU!!! En plus, juste à côté, toujours sur le sîte d'Angkhor Thom, se trouve d'autres sîtes de beauté égale ou presque : la terrasse du roi lépreux et celle des éléphants. Au cours de cette visite, je rencontre deux moines avec lesquels je discute quelques minutes et ces deux moines, on les retrouve moins d'une heure plus tard pour la visite plus approfondie qu'au lever de soleil d'Angkhor Wat, le plus emblématique des temples. Chose surprenante, cette fois-ci, nous sommes pour ainsi dire tout seul dans le batiment. C'est à n'y rien comprendre... Ca me permettra de rediscuter avec mes amis drappés de jaune orangé et de prendre d'eux des clichés que je chéris. Merci les gars!!

Il est comme d'hab' 14h ou plus quand on va déjeuner. Cette fois-ci on choisit un endroit qui s'appelle le Butterfly Garden. C'est un resto niché dans un jardin qui a la particularité d'être une serre à papillons. Tout le jardin est entouré jusqu'au plafond d'une sorte de grande passoire en métal qui permet aux papillons de voleter gaiement devant les yeux de ceux qui s'en mettent plein la panse! La seule chose, c'est qu'il n'y a pas de steack de papillon ou de cuisse de papillon au menu mais soit!

L'après-midi est une nouvelle fois un joyeux vautrage entre lit en chambre climatisée et piscine en jardin fleuri. Mais la journée ne serait pas close sans un petit dessert : le coucher de soleil directement à Angkhor Wat et pas sur la colline maudite où les gens s'entassent comme sur une plage méditerranéenne. Encore une fois, un peu de monde et beaucoup de plaisir! Monbut nous permet de rester jusqu'à plus soif, jusqu'à la fermeture des portes.

Et quand t'as plus soif, t'as encore soif, apéro sur la terrasse, un dîner, un suppo et au lit! Le programme du lendemain a été un tantinet modifié par nos soins, le réveil sonnera aux aurores et on retournera à Ta Prohm admirer le lever de soleil sans la foule des badots, youpi!!!

Et comme prévu, paradis sur terre, on est quasiment les seuls, tu parles d'une différence énorme. Tout autour n'est qu'un festival de sons et lumières, le cri des oiseaux magnifiant le paysage. Dans ces cas-là, impossible de rêver à une grasse matinée, le rêve se passe éveillé, les yeux grands ouverts.

On poursuit la matinée avec la visite d'un grand bassin malheureusement à sec dû à la saison sèche. Saison sèche au dessus de la tête mais trempée sous le T-shirt, je ne vais pas revenir sur la chaleur...

Et après une ultime visite de temple, à nouveau superbe, dont j'ai malheureusement oublié le nom, il est temps de revenir à notre douce routine Dèj-piscine-sieste.

Ce 24 s'achève sur un tour en ville par la rencontre avec les Artisants d'Angkhor qui à longueur de journée, peignent, laquent, poncent, vernissent, sculptent, dorent à l'or fin les statuettes qui iront garnir les étagères des vendeurs de souvenirs de la ville. C'est d'autant plus agréable que pour l'occasion Tacrout laisse la place à un guide féminin, il était temps!!!

Un nouveau resto plus tard et on en a fini avec Siem Reap côté terre. Il est temps de voir la zone côté lac. En effet, au sud de Siem Reap s'étale le Tonle Sap, un lac qui s'alimente de l'eau du Mékong et qui entre la saison sèche et la saison humide voit sa superficie être multipliée par 4!!!!!

Le 25 est donc tout entier tourné vers lui. C'est donc vers 9h du matin qu'on embarque sur un petit bateau de bois en direction du bureau du parc national, lui même posé sur l'eau dans un village flottant où tout flotte de l'école au bureau de police. C'est là qu'on obtient notre sésame pour pénétrer Prek Toal, une biosphère considérée comme la première réserve d'oiseaux en Asie du sud-est. Pour ma part, je n'ai jamais été, et ça fait con de le dire, un grand fan d'oiseaux. En grand parisien, mes principales connaissances se limitent aux rats volants qu'on appelle aussi des pigeons et aux moineaux qui ont le mérite d'être plus petits et donc moins salissants quand une fiente vient à vous frapper au front. Mais ici, c'est une toute autre échelle. Il y a là notamment des grues, des cigognes, des ibis, des pélicans, des grues... Et le truc, c'est qu'ils sont partouts par dizaines voire par centaines. Quand le bateau navigue, les zozios s'envolent sur notre passage, c'est magnifique!

Comme d'habitude, et ce même si on est à des années lumières de notre rythme habituel, on s'arrête peu avant 15h pour déjeuner sur un restaurant flottant au milieu du lac. La vue est chouette mais ce qui détonne, c'est la faune locale. Dans un coin du restaurant trone une immense glacière bleue. Et à l'intérieur dort ou presque un boa de plusieurs mètres de long prêt à être cuisiner. Impossible de résister à la tentation de toucher l'animal pour moi. Un cambodgien passe alors derrière et lui ne résiste pas à la tentation de soulever le serpent de sa nouvelle et éphémère maison en plastique pour nous montrer son courage ou sa démence, au choix... Autre particularité du restaurant flottant, il y a là un enclos pour crocodiles. Ils sont une dizaine et ceux-là, pas moyen de les toucher!!!! En tout cas, ça a au moins le mérite d'être insolite pour nos yeux franchouillards, merci les crocos!!! Et considérant ce qu'on trouve ici, pour la baignade, ce sera pour un autre jour!!! Ou pas!!!!!!

On est finalement rentré à l'hotel à la nuit tombée et célébré ce qui est notre dernier soir ensemble, plus mon anniversaire à venir, non pas avec un gateau à la crème ou au chocolat mais avec une glace, ce qui est évidemment bien plus approprié ici bas. Parce que le chocolat ici, c'est un peu comme la nourriture casher à Gaza, s'il y en a, il y a forcément un piège...

Le lendemain, 26, ne sera qu'aux revoirs et bisous car Madro est parti bien de bonne heure. J'ai profité de ma chambre de nabab jusqu'à la dernière minute, c'est à dire 11H59 pour profiter de l'eau chaude, la clim et même un petit peu de télé. Je ne sais pas quand sera la prochaine fois car le prochain mouvement prévu est un déménagement chez Naga GH (guesthouse) avec ses chambres à 3 dollars la nuit. Et à ce prix là, la télé et la clim', c'est tintin!!!

Merci de ta patience cher lecteur, chère lectrice, madame, mademoiselle, monsieur

Et s'il te reste ne serait-ce qu'un peu de forces, je t'avoue bien volontier que ce serait bien sympathique de pouvoir lire quelques commentaires encourageant. Je laisse des quantités astronomiques de mon temps sur la route pour te pondre des récits pas piqués des hannetons et quand je vois qu'ils disparaissent de la liste apr-ès trois jours car je ne récolte aucuns commentaires, c'est bien rageant quand je vois aussi les autres articles qui pour beaucoup ne sont qu'une énumération de noms d'hotels avec leur description sur deux lignes. Merci d'avance. Mon plaisir, c'est ton plaisir. Mi casa es su casa
Premier voyage à vélo, logistique et inventaire! English translation pending
by HalfDeadCat · 2009-08-01 · 7 replies
Bonjour,

Ma copine et moi avons décidé de prendre la route pour la première fois à vélo la semaine prochaine. Nous souhaitons partir de La Rochelle, ou plutôt Fouras, et nous diriger vers le sud jusque dans les Landes, et peut-être plus selon notre envie ; le tout en camping sauvage.

Etant parti tout seul il y a deux ou trois ans, j'ai déjà une petite expérience dans le domaine, sans trop savoir à l'époque qu'il existait une si grosse communauté d'amateurs. De fait, j'avais commis pas mal d'erreurs, notamment m'être trop lourdement chargé le dos (11Kg), n'ayant pas de porte bagage à l'époque. La fatigue générée avait littéralement sapé ma motivation, si bien que j'avais fait demi-tour après 2 jours de route 🤪, assez déçu.

Aujourd'hui j'ai pu, en grande partie grâce à ce forum, collecter un certain nombre de précieux conseils qui je pense nous permettront de mener notre projet à son terme.

Le père de ma nana ayant été un grand randonneur, nous disposons de pas mal de matériel, dont d'un vélo déjà tout équipé pour l'aventure ; génial en somme !

Concernant mon propre bolide, j'envisageais d'installer un prolongateur triathlon pour le confort, mais au regard des prix, j'ai préféré une simple paire de cornes, j'hésite finalement à les ramener et revenir sur mon premier choix ; est-ce un ustencile si pratique ? J'ai aussi pris un petit rétroviseur, pratique pour des progressions parfois "dangereuses" sur les nationales ou autres.

Nous avons chacun une paire de sacoches de taille moyenne, environ 15L, une sacoche de guidon de 2, 5L pour moi, et un petit sac à dos chacun.

Concernant le couchage, nous avons chacun le plus petit des sacs Decat', et j'ai opté pour une astuce trouvée je ne sais plus où pour les matelas en achetant des matelas de plage à 3, 95€ chez Intermarché ! C'est léger, ça prend peu de place et ça semble confortable 😉.

Pour la popote, nous avons un petit réchaud Butagaz et on a craqué pour un set Quechua sympa car léger et compact regroupant casserole, poelle et tasses et assiettes pour 2 personnes.

L'éclairage, ce sera une lanterne Butagaz que j'apprécie pour sa luminosité et sa fiabilité (tant que du gaz il y a !) et une torche à dynamo.

Ce qui m'inquiète le plus, c'est l'eau, au niveau de la quantité à prévoir, ainsi que la tente. Je dispose d'une gourde isotherme de 3L et ma copine une poche de Camel-Bag de 2L, et ça me semble peu, qu'en pensez vous ? Pour la tente, n'en ayant pas sous la main, je pensais soit acheter : - le modèle de base pour 2 personnes de chez Decat', ni trop lourd, ni trop léger, qualité moyenne :
http://www.decathlon.fr/FR/t2-22083800/ - un modèle plus adapté au bivouac, très léger, mais très cher, sachant que peut être, si la qualité est au rendez vous, il s'agit d'un bon investissement : http://www.decathlon.fr/...ralight-pro-3144175/ - deux hamacs, l'idée me semblant intéressante : http://www.decathlon.fr/...ando-light-15928076/ J'aimerais ici encore votre avis 😮

Voilà pour l'instant ou j'en suis dans mes réflexions.

J'attends vos réponses avec impatience :)
Improvisation nomade (version intégrale) English translation pending
by Nicodilo · 2009-07-30 · 14 replies
PROLOGUE

Cinquante mâles indiens debout, à deux mètres, les yeux fixés sur nous. Nous, c’est deux jolies filles bien blanches assises par terre contre les sacs au bord de la route, et moi. Et puis un croisement, un ou deux bouibouis crasseux, quelques cactus et le désert à perte de vue. Silence. Une boutade en ourdou laisse éclater de rire tous les joyeux compères indiens, musulmans et camionneurs. Rien que ça. Bon alors, qu’est ce qui s’est passé ? Qu’est ce que je fous là ? Je me lève. On fait moins les malins, bande de nains. Mais ils sont beaucoup quand même. Je pars. Verrai ce qui se passera avec les filles. Vais au bouiboui boire un tchaï, un thé au lait avec des épices. Jette un œil de côté pour regarder ce rare spectacle : une bande de frustrés, et sûrement puceaux la plupart, avec deux Occidentales – et leur triste réputation, nous y reviendrons – perdues dans le désert. Le cercle se resserre autour des filles. Se resserre encore. Bientôt, elles disparaîtront. M’en fous un peu. Les connais à peine. Je ne les vois plus. Un instant. Un instant seulement avant un cri très fort. Un cri de femme, strident, enragé. Un cri terrible. Et, comme un départ de course : une bande de trous du cul qui se sauve en courant dans tous les sens. Une des filles s’est levée. C’est elle qui a crié. Un des mâles a osé toucher ses cheveux, elle lui a mis une grosse tarte dans la gueule. Du moins, elle aurait bien voulu mais ils sont partis trop vite. Au loin, ils rient. Ils pleurent de rire même car ils ont eu peur ces nigauds. C’est les nerfs en quelque sorte. Ils restent à distance maintenant. À dix mètres, le cercle se reforme. Ils attendent. Les filles n’ont pas l’air angoissé. Juste méfiantes. Le gars du bouiboui parle quelques mots d’anglais. On rigole ensemble de la situation. Cinq mètres, le cercle se rapproche. Ça va recommencer. Mais là, ça va m’agacer, je vais y aller ! J’y vais. Trop tard. Le bus arrive en klaxonnant. Il n’y a plus de place dedans. Monte sur le toit. Démarre. C’est parti ! Mais où on va au fait ?

« La vérité, c’est qu’on ne sait nommer ce qui nous pousse. Lorsque le désir résiste aux premières atteintes du bon sens, on lui cherche des raisons. Et on en trouve qui ne valent rien. Un voyage se passe de motif. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage mais bientôt, c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait… »

Nicolas Bouvier

Les Saints de Glace

Premiers jours de mai 2004, à la gare de Poitiers. Par la fenêtre de la micheline, quelques amis et famille nous font coucou tristement. Il fait beau et chaud même si mamie a dit que les Saints de glace n’étaient pas encore passés. C’est quoi les Saints de glace ? Trop tard pour lui demander. Limoges… Déjà perdus ! Dans l’allée du bus, le sac ne passe pas. Obligés de rester debout. L’impression d’être regardés… Peut-être trompés de bus… Où est la carte ? On descend à Ambazac. À la sortie du village, devant notre pouce tendu, une voiture s’arrête, toute petite et déjà surchargée. Le monsieur tasse nos sacs dans le coffre. Ça ne ferme pas, forcément, alors il force, il force et le pare brise se bombe dangereusement. La femme crie : « Arrête, tu vas tout casser ». Le coffre restera ouvert. Merci messieurs-dames, on descend là. Si, si c’est là, merci beaucoup. Saint-Laurent-les-Églises, hameau de quelques vieilles âmes. Pourquoi là ? Le petit trait rouge, tu le vois. Ça veut dire que c’est le bon chemin. Celui qui traverse la France de la côte Atlantique à l’Italie. Le Gr4. Il passe ici. Et on va par là. Vers le sud. Par contre, aide-moi à mettre le sac sur mon dos parce que, là, je vais me casser les reins autrement. Et nous voilà qu’on disparaît derrière les arbres et les collines avec nos petites jambes, bien décidés à ne jamais s’arrêter avant d’être loin. Très loin. Peut-être pas, remarque. Mais peut être que si, quand même, enfin on verra bien ! Nous, c’est Daoud et moi, deux jeunes de 25 ans, un peu perdus sans doute, sans trop d’ambitions non plus, à part foutre le camp. Quitter le travail, les appartements, les amis, la famille et puis tout le reste. Tout. On part à l’aventure. Par les chemins de randonnée pour quitter la France. À l’étranger, on verra. Déjà, il faut partir, prendre la route. Ne pas réfléchir. Un voyage se passe de motif comme on l’a lu plus haut. On aura au moins fait ça dans notre vie. On aura voyagé, on aura été libre… Avant la nuit, un petit coin pour camper se présente. Ça ne manque pas dans cette campagne. Petit feu dans la nature. Petite soirée dans la brise légère. Temps clair et doux, parfait en toile de tente. Nous voilà heureux. Le lendemain est pluvieux et froid. Sans nous décourager, nous marchons à travers les forêts, les collines, les villages. – Eh, Daoud, ça va pas là, c’est dur, j’ai mal, je suis mort. C’est fatigant de marcher. On aurait pu prendre un vélo ou un cheval ou même un âne, quelque chose quoi. Parce que rien que la France, il y a au moins, pouf, tout ça quoi ! – T’occupe pas de la marque du vélo, pédale, il m’dit. Et avec le sourire. Les épaules lacérées. La sueur salée qui pique les yeux et qui coule sous le k-way glacé. Les chaussures qui se font aux pieds. Les pieds qui se font aux chaussures. Je ne sais pas mais ça fait mal. À midi, nous dégustons un sandwich rillettes dans une cave où pourrissent des navets en décomposition. Le seul endroit où il ne pleut pas. Les mains fermées sur notre petite tasse de thé brûlante, nous ne rigolons plus. Très vite, la sueur refroidit sous les vêtements et nous devons repartir. Le soir, le vent se lève, le froid devient glacial. Nous grelottons dans la fumée du feu puis dans notre duvet d’été où le vent s’engouffre ! Des frissons me remontent des orteils jusqu’aux cheveux par vagues. Mourir de froid doit être la chose la plus atroce. Mais je suis si fatigué que je finis par m’endormir. Dans la nuit, le froid s’empare de moi et me fait délirer. Je mêle mes cris à ceux de la forêt, et à celui sinistre, du vent dans la toile de tente. Tôt le matin, je me lève pour remuer mes membres gelés. Il a neigé. Dis-moi Daoud, les Saints de glace, ce ne serait pas une période de… Il est déjà parti. Le chemin est une ornière pleine d’eau, de boue et de glaise. Il monte. Chaque pas est un effort. Le souffle est court. Courbé sous mon sac, je n’apprécie guère le paysage. Je m’entends pousser des petits gémissements. Comment puis-je résister encore ? Chaque seconde, je rêve de balancer mon sac dans le fossé. Et dire que c’était mon idée... Enfin, nous débouchons dans un petit village. Dormir abrités ce soir. C’est tout ce que nous voulons. Prendre une douche. Jeter les sacs. Mais il n’y a rien dans ce village. On nous dit de marcher encore jusqu’à une ferme à 1 ou 2 kilomètres. Peut-être pourra-t-on nous accueillir… À la ferme, les chiens nous accueillent, en effet ! Le paysan nous dit que ce n’est pas possible chez lui. On insiste un peu. On veut juste une grange, un coin de paille, à l’abri du vent et de la pluie. Mais c’est « Non. » « Allez plus haut, à 1 ou 2 kilomètres, il y a une famille qui prend des gens comme vous. » Des gens comme nous ! Ça veut dire quoi, des gens comme nous ?À bout de force et de patience, nous arrivons devant une petite maison. Nous n’espérons plus. Et pourtant, ici commence la série des gens qui nous ont aidés, motivés, offert. Une douche chaude, un lit. « Prenez cette petite bouteille de vin, ça vous réchauffera. » C’est incroyable, quand on est à bout, le plaisir que ça fait de recevoir la moindre chose. Comme cette petite boulangère qui est sortie de son magasin quand elle nous a vu passer pour nous donner des gâteaux. Ou cette petite mamie en pleine campagne à qui l’on demandait de l’eau et qui nous a donné des œufs « Vaut mieux ça que faire la drogue, » elle a ajouté… Malgré ces encouragements, quelques jours plus tard, je suis dans un lit à Clermont Ferrand sans plus pouvoir bouger. Le moral a tenu mais pas le physique. Un tendon a dit le docteur, il faut vous reposer. Agacé d’être déjà arrêté, je voudrais repartir de suite. Dans ce lit, j’ai l’impression de perdre mon temps. Mais cela se dissipe très vite. Nous réalisons peu à peu que nous sommes libres. Pas pressés. Pas comme les vacances où, chaque année, chacun s’arrange pour quelles soient parfaitement organisées afin de ne pas perdre un temps précieux. Nous, on peut rester là autant qu’on veut, se détendre, penser, rêver, manger tout doucement, apprendre à vivre sans stress, apprendre à vivre sans travailler, sans rien faire ! On se laisse vite aller à ce genre de chose et au cours du voyage, je crois que nous sommes devenus professionnels. Daoud a même dit une fois : « Quand on en a marre de rien foutre quelque part, on prend le train et on va rien foutre ailleurs ! » Se promener, observer, discuter avec les gens. Prendre son temps pour chaque chose que l’on fait. Calme, Shanti Shanti disent les Indiens ! Bref, on commence à s’apaiser et profiter de notre temps à Clermont une semaine après la démission.

Une fois soignés, nous vidons nos sacs beaucoup trop lourds pour ne garder que le nécessaire et repartons sous le soleil de mi-mai. Avec entrain mais est-ce la peine de le dire ! L’aventure nous appelle. Passons le Puy de Dôme, pas très joli avec sa grosse antenne au sommet, ses parkings payants à l’entrée et son bus pour prendre la route goudronnée qui y mène. Puis aux pieds d’autres volcans plus sauvages pour finalement passer la nuit sous l’un d’eux : celui de la Vache. Quelques jours plus tard et surtout après quelques dizaines de kilomètres de marche, nous arrivons au Puy de Sancy. L’ascension s’effectue tranquillement. On suit la crête. Pas de problème. Le vent, la neige, le ciel bleu. Et puis, on se perd. Plus de huit heures de marche. Pas de trace du chemin. Plus d’eau. Nous vagabondons dans la neige, les ruisseaux gelés, le vent très fort et la fatigue. Glisser, trébucher, marcher encore, remonter pour passer un ravin. Dur. La soif serre la gorge. Nous commençons à sucer la glace mais craignons pour notre ventre. Nous sommes des citadins fragiles. Dix heures de marche. Cette fois, la soif est la plus forte, nous nous jetons dans le ruisseau. Le vent nous a asséché la gorge toute la journée avec son pote le soleil. Mais déjà ça va mieux. Il va bientôt faire nuit, pourquoi ne pas camper là ? Le vent ne veut pas, il emporte la tente. Marcher encore. Enfin, un petit bois. Ce sera là. La tempête fait rage. Les ombres des branches s’agitent sur la toile comme des marionnettes lugubres. Le sommeil est plus fort. Les jours suivants, nous ne bougeons pas, brûlant le bois que le vent a fait descendre des arbres autour de nous, lavant notre linge et nos fesses dans le ruisseau gelé, crapahutant jusqu’à un village à travers ravins et forêts pour trouver une miche de pain. Puis repartons ragaillardis vers le Cantal. Hauts plateaux herbeux. Chemins bordés de calcaire. Traverser des réserves naturelles, zones protégées d’oiseaux, nez à nez avec un taureau et vaches dix fois plus nombreuses que les habitants. D’habitant, on en rencontre un. Un beau, un jeune. Il ramasse des pissenlits, dans son panier, avec ses bottes, une grande culotte bleue, des bretelles sur sa chemise à grands carreaux et une jolie casquette jaune. On lui demande pour quoi faire. « Bah pour faire de l’avèze ! », il répond avec son superbe accent. Mais comme on le regarde bêtement et qu’on répète « De la quoi ? » il comprend que ces gens-là ne connaissent pas l’avèze, alors il explique. « De l’alcool, c’est. Juste les têtes qu’il faut pour faire l’avèze et il en faut beaucoup des têtes. Même que ça se vend un euro le kilo ! » On en prend quelques-unes pour soupeser, c’est plus léger qu’une plume, un pissenlit. Puis on regarde autour de nous, les champs pleins de pissenlits, jaunes sur des kilomètres : une fortune ! « Salut mon gars, bonne continuation. » « Bien le bonjour chez vous, monsieur-dame. » Des pâtures, des vaches, des collines, du soleil et des chiens. Des chiens qui viennent nous agresser au milieu de nulle part. Qui nous suivent sur des centaines de mètres, qui se relaient. Puis encore quelques villages bien perdus. Une maison de retraite d’où tout le monde descend nous encourager. Un camping où nous prenons enfin une douche, lavons notre linge et d’où repartons sans avoir vu personne. Une préfecture de département, St-Flour, sans connexion internet. Le Cantal…

Fin d’après-midi, on se pose dans un coin agréable. En cinq minutes, la tente est montée. Détente. Allongés dans l’herbe, on lit, on grignote, on discute. Nos pieds se reposent. Ils ne nous font plus vraiment mal maintenant. On a de la corne. Au repas, légumes frais, bon pain et véritable fromage. En dessert, l’incontournable thé avec son carré de chocolat... Quatre semaines que nous sommes partis. J’en ai rien vu. Les vacances sur une année de travail. J’y pense. C’est bien trop peu à mon goût. Alors que nous… Quelle vie tout de même. Se promener tranquillement dans les montagnes, rencontrer des gens, visiter les villes et les campagnes de notre joli pays. Ça me plaît. Dire qu’on peut passer à côté de ça. J’ai oublié de pointer ce matin. Faut que j’explique à mon chef. Déjà que je suis arrivé en retard deux fois cette semaine. La nuit est tombée. Le ciel se couvre. Bientôt, de grosses gouttes tombent comme des cailloux sur la toile. L’orage est sur nous. Bien longtemps que je n’avais vu un tel orage. Enfin, peut-être n’y en a-t-il plus d’assez conséquents pour nous affoler comme je le suis à présent, dans les lumières et le bruit incessant de nos villes et derrière nos volets clos. C’est violent un orage quand on est dessous. Ça fait peur. La toile ridicule chavire sous les rafales. Le tonnerre en dolby stéréo. L’eau qui rentre à l’intérieur. Vite, une gamelle. On n’en a qu’une. Tout est déjà trempé. Nous écoutons, bien au fond du duvet, mêlant flashes du tonnerre et images de nos journées. Le téléphone sonne. « Nico, ton téléphone sonne. » « Ah, oui, c’est vrai, je croyais que c’était dans mon rêve. » Toujours au meilleur moment du film. « Allo ? » De la musique à fond, puis les voix déformées et alcooliques de quelques amis. Ils chantent : « Niiico reviens, Niiico reviens, Nico reviens parmi les tiens ». Je raccroche soudain. J’étais au bout du monde bravant la tempête et le tonnerre et je me retrouve au bout du fil à seulement 3 heures en voiture de chez moi, dans un champ de vaches entre deux collines tout ce qu’il y a de commun. Contrarié, je me recouche mais les fées sont parties. Un sentiment d’orgueil s’empare alors de moi recouvrant définitivement celui de la mélancolie. Nous voilà partis pour de bon et, au bout de quelques semaines seulement, j’ai l’impression d’être loin et surtout de n’être déjà plus le même. Mes amis vont continuer leur vie habituelle. Pour nous qui sommes partis, qui sommes seuls, tout va changer car tout est déjà différent, dans nos silences, les silences de la nature, le silence des nuits, la longue traversée, cette longue traversée de nous-mêmes…

De bonheur ce matin

À la fin du mois, nous sommes dans le plus reculé des chalets d’un hameau des Alpes de Haute-Provence. Une ancienne cabane de chasse, aménagée avec goût par un jeune menuisier, cachée derrière des haies de chênes verts, dans une douce prairie où quelques gros rochers polis cohabitent avec des terriers de fouines. Nous sommes chez mon frère. Le temps ici s’écoule comme nulle part ailleurs. On y est bien. Indéfinissable. Les fleurs sauvages, aromates, thym, basilic, parfument les alentours. Les papillons les caressent sans bruit. Le hamac nous tend ses draps. Le soleil lèche la maisonnette. Dans la salle d’eau, on est pris de vertige. Vue plongeante sur toute la vallée. Sur les lumières scintillantes de la ville au loin. Tout est paisible. Un silence : celui du chant des grillons, des oiseaux. Un peu plus loin, le meuglement d’une vache, l’aboiement d’un chien. Sur la table de jardin, un noyer métisse la peau. On ne bouge plus. Le temps devrait s’arrêter maintenant, enveloppés comme nous sommes dans une atmosphère idyllique à l’abri de l’agitation du monde. Notre situation à ce moment-là y est sans doute pour beaucoup : derrière nous, débute notre prochaine étape. Les Alpes. Rien que ça ! Avec nos petits mollets. La tente plantée de nouveau chaque soir. Les sacs refaits au matin. La privation. Voilà pourquoi nous apprécions tant ce petit confort après ce mois passé à gambader gaiement à travers nos départements les plus reculés, la campagne, le silence. Ici, musique maestro, le barbecue frétille, le coucher de soleil sur la vallée rougit tranquillement, Daoud nous prépare une petite marinade, le rosé est au frais, le rouge débouché, il ne manque plus que les invités du soir, à savoir mon petit frère retrouvé, accompagné des quelques voisins, choisis comme des perles et qui se reconnaîtront comme étant les irréductibles du Villard des Dourbes !

Deux semaines plus tard, nous serpentons sur le chemin en lacets qui monte vers les falaises. Arrivés en haut, nous jetons un dernier coup d’œil sur le village avant de lui tourner le dos. La fameuse barre des Dourbes s’est laissée franchir sans effort insurmontable. Nous n’en revenons pas. Ce devait être si difficile, après en avoir tant parlé pendant ces deux semaines passées avec nos amis. Cette muraille dite infranchissable ! Maintenant que nous y sommes, elle apparaît dans le paysage comme une légère barrière. Derrière elle, la vue s’ouvre sur tous ces sommets bien plus immenses et que nous espérons pourtant passer ! Simplement un pied devant l’autre…

Les jours suivants, villages et vallées se laissent dépasser avant d’arriver près du parc national du Mercantour dans la petite ville d’Allos au pied du Mont Pelât. Campons au bord d’un joli torrent. L’herbe est fine et douce. Un écureuil hésite à descendre nous saluer. Les flammes montent droites vers les étoiles. Je suis appuyé sur mon sac pour vous écrire. Je digère une grosse caillette du village accompagnée par une véritable tomme de vache qui m’emplit le palais de saveur. La bouteille de rouge aurait été la bienvenue mais on ne peut jamais tout avoir… J’aimerais décrire ce qui nous entoure : les courbes du torrent, sa musique, l’horizon rougi et arrêté par les crêtes et les pics majestueux, la fraîcheur d’un soir de montagne, l’odeur du bois de mélèze qui me chauffe le visage, nos mots qui se perdent dans la nuit. Je repense à ma mère, à sa question stupide « Le travail ne vous manque-t-il pas ? » Maman, comment te dire ? Si toute la vie pouvait être ainsi, je ne suis pas sûr de m’en lasser de sitôt. Si tu pouvais connaître cette sensation de liberté que j’ai à cet instant en t’écrivant. Chaque jour, les paysages changent, chaque jour, je fais du sport, chaque jour, après de tels efforts, j’apprécie de manger, de boire de l’eau pure des torrents sans goût de calcaire et de chlore. Nous avons déjà rencontré quelques personnes dignes de rester dans nos souvenirs et chaque matin, nous pouvons encore, grâce à ce destin que l’on force en voyageant, rencontrer de nouvelles personnes et changer peut être, d’une parole, notre vie entière. Non, maman, le travail ne me manque pas ! Pointer à l’usine et rentrer le soir venu pour me mettre devant la télé, merci. Ici, mon jardin est immense avec un torrent d’eau pure devant moi. Je vois chaque matin le soleil se lever, je marche dans le vent frais et parfumé des hauts plateaux et au-delà de notre fine toile de tente, c’est notre toit d’étoile !

Quatre heures d’ascension sans arrêt notoire et 800 mètres de dénivelé enfilés. Nous sommes de vrais montagnards. Le temps se gâte et c’est dommage car nous suivons un torrent, le Chadoulin, jusqu’à sa source et ce n’est qu’une succession de cascades. Nous trouvons aussi de nombreuses marmottes et de jolies fleurs de montagne… Juste avant d’arriver au lac, un grand parking bondé de voitures. Sommes-nous les seuls à être montés à pied ? Derrière les vitres du restaurant refuge, les bouches engloutissent les fourchettes, les cravates des serveuses équilibrent leur course entre les tables. Il est quatorze heures. Le prix du menu au restaurant équivaut à une semaine de notre budget. Nous pique-niquons dans nos ponchos sur un rocher entouré de falaises enneigées qui tombent dans l’eau glaciale. Le ciel est noir. Il fait froid. Bientôt il se remet à pleuvoir. Quand nous demandons où mettre notre petite poubelle, le monsieur nous répond « Chacun se retourne avec… » La pluie tombe drue. Les gens courent jusqu’à leur voiture et partent. Les lits en dortoir du refuge coûtent 26 € par personne et sont complets. Tout ça est écœurant. Il est quinze heures trente, nous pouvons atteindre le col en deux heures, plus deux heures pour redescendre de l’autre côté si tout va bien. Ça nous paraît beaucoup, après les quatre heures de ce matin, et peu sûr, mais nous voulons quitter ce lac, ce refuge, et retrouver la paix. Après vingt minutes de marche, la forêt s’éclaircit sur de hauts pâturages gorgés de ruisseaux et de marmottes. Il n’y a personne. Le temps est toujours menaçant. La pluie s’abat autour, sur le sommet des montagnes, sur le Pelât qui porte bien son nom. Devant nous, un peu plus loin, nos premiers chamois. Courbés pour ne pas être vus, nous retirons les sacs et sortons l’appareil photo en rampant dans l’herbe trempée pour s’approcher. Mais, c’est sans compter sur les marmottes qui, nous ayant repérés, crient pour donner l’alerte. Les chamois s’écartent tranquillement en restant sur leur garde. Une ou deux photos trop lointaines et les voilà disparus. C’est décidé, nous campons dans ces pâturages et profitons du temps qui nous reste avant la nuit pour nous promener sans les sacs et qui sait, avoir la chance de les apercevoir de nouveau. Après une heure de promenade dans les alentours, nous les repérons enfin. Un groupe d’une trentaine de chamois avec les petits, plus haut, à flanc de montagne. Avec Daoud, nous sommes à une cinquantaine de mètres l’un de l’autre, allongés dans l’herbe juste au-dessous des animaux. Encore une fois, ce sont les marmottes qui nous repèrent, mais le troupeau ne fuit pas, trouvant sans doute l’alerte exagérée. Les chamois ne nous voient pas en effet mais restent méfiants. Nous rampons doucement, cachés par les quelques buissons encore présents à cette hauteur. Je me trouve à environ vingt mètres des premiers chamois. Daoud, plus bas, ne peut pas s’approcher davantage sans être vu. Dommage ! C’est lui qui a l’appareil photo. Je suis couché derrière un arbre mort dans un tas de cailloux. En les observant, je retire de mes mains les épines de chardons qui étaient dissimulés dans l’herbe. Un vieux chamois sort du groupe et vient se poster juste au-dessus de moi. Je suis grillé mais il ne s’enfuit pas. Il ressemble à un chevreuil trapu avec un pelage plus épais et parsemé de poils blancs. Il m’observe sans bouger une ou deux minutes. Je ne bouge pas et ne baisse pas non plus le regard. Puis il se remet à brouter, me gardant à l’œil, prêt à fuir au moindre de mes mouvements, emportant le troupeau avec lui. Daoud est toujours étendu plus bas, n’osant plus bouger lui non plus, devant ce spectacle peu commun pour nous. Essayons de reconnaître les mâles, les femelles, compter les petits, voir comment ils se déplacent… Le temps passe. Agenouillé sur les rochers, j’ai des courbatures. C’est vrai qu’on est mieux dans son fauteuil devant un reportage mais il y a un petit quelque chose de plus dans la réalité, même si ce ne sont que des chamois, même si le mieux serait de les laisser tranquille. Enfin, ma patience a des limites. Trop courtes sans doute. Il faut que je bouge, quitte à ce qu’ils fuient. Je sors donc de ma planque. Tous me regardent une dernière fois avant de partir à travers les rochers escarpés. Allons faire de jolis rêves de Bambi et j’espère bien aussi, de Blanche Neige.

À l’aube, nous replions la tente et nous engageons sur le sentier du col le sac de nouveau sur le dos. Le ciel a ce bleu si particulier après que la pluie en a emporté les impuretés. À flanc de montagne, des plaques de glace – les névés – coupent la piste et vont s’écraser plus bas sur les rochers. Mieux vaut ne pas penser au pire, garder son calme, son sang-froid et se concentrer sur l’équilibre en enfonçant au mieux, dans la glace, chacun de ses pas… Je passe. Daoud, au milieu du névé, panique. Ses jambes tremblent. Je lui lance un bout de bois qui ne s’enfonce même pas dans la glace mais ça lui permet de retrouver son calme, un semblant d’équilibre et il y arrive lui aussi. Plus loin, un lac entièrement glacé recouvert de neige et une paroi abrupte à son pied. Où va le chemin ? Il semble contourner la paroi et passer au sommet. Pas la peine d’y penser. On ne peut pas continuer. Trop dangereux. Mais en s’approchant, on trouve une issue plus propice. Nous sommes au col. Pas grand-chose en vérité. 2687 mètres. Mais mi-juin, la neige est encore immaculée et la vue de cette hauteur sur les montagnes éclaboussées de soleil est inoubliable. Daoud veut faire sa grosse commission. L’émotion sans doute. Et le voilà qui s’y met bien au milieu du col. Elle n’est pas prête de dégeler celle-là ! Enfin, ça va mieux. Mais comment on fait pour descendre ? Sur le versant nord, là où nous allons, la glace recouverte de neige s’étend à perte de vue jusqu’au refuge aperçu au fond de la vallée. Il nous faudrait des pointes sous nos chaussures mais nous n’avons rien, pas même un bâton. Moi, je tenterais bien la descente sur le cul. Normalement, il n’y a rien à craindre. Ça fait une jolie courbe tout en bas et ensuite c’est moins pentu. Allez, je tente. Ça accélère sévèrement. C’est le poids du sac. J’en perds mon chapeau. Mais en bas, je m’arrête finalement comme prévu avec une ou deux roulades. Je suis trempé mais c’était bien rigolo. Daoud me rejoint. Allez, on s’en refait une ! Plus loin, le vent apporte une odeur qui me frappe. Je la connais. C’est un mélange de printemps, de roches, de fleurs et de neige, dont je me suis imprégné gamin, en colonie ! C’est la première fois que je ressens cette fabuleuse impression : ce souvenir d’une odeur si particulière, presque dix ans plus tard. Combien de temps une odeur peut-elle ainsi rester gravée dans la mémoire ? J’espère toute la vie. Col de l’Arche

Nous sommes là, dans ce village où il n’y a rien. Nous attendons, de dix à douze – les horaires d’ouverture de la poste – de recevoir la carte mémoire de l’appareil photo. Ça n’arrive pas. Faudra trouver une autre organisation. Est-ce que le courrier arrive ici avec dix jours de retard à cause de l’altitude ? Posés comme des vagabonds dans un champ de vaches, en bas du village, depuis deux jours, on attend. Le torrent roule près de nous ses galets. Imperturbable. A quelques centaines de mètres, la frontière italienne... En stop, nous rejoignons Cuneo à environ 100 km. C’est la première fois que je vais en Italie. Je ne comprends rien à la langue mais cette petite virée nous donne confiance en l’avenir. Les pays étrangers n’ont rien de plus compliqué : arrivés dans une ville, direction l’office de tourisme pour avoir une carte puis trouver un camping. Ensuite, visite du centre, avenues, places, monuments et musées qui pourraient nous intéresser. Goûter la cuisine de la région et le petit vin qui va avec. S’asseoir sur un banc, regarder la vie des autres passer. On en sait assez. Ce serait juste mieux de parler la langue. Enfin, c’est ok pour l’Italie. Le temps de remonter les Alpes et on arrive. J’aime bien dire ça : le temps de remonter les Alpes et on arrive. C’est absurde…

Les jours suivants nous emmènent sur des hauts plateaux, les alpages, dont les petits lacs, entourés d’herbe fine et fraîche, sont des petits coins de paradis. Le soir, la tente est plantée sur un lac argenté et elle se réveille au matin dans l’eau turquoise. Notre visage, pour se rincer, ondule et flotte dans le reflet, c’est alors que nous prenons vraiment conscience de notre présence ici. Bientôt, s’ouvrent nos ailes au-dessus d’un précipice, surplombant les hauteurs du monde, la beauté et le silence des paysages, dans les vents frais et parfumés du matin.. Les journées nous ensorcellent. Rêveurs contemplatifs, subjugués au détour des chemins par une couleur, une ombre, une fleur, un animal, l’eau pourpre entre des rochers mousseux, un pont de bois sur les berges du torrent, une vue imprenable que nous prenons pourtant. Le soleil. La liberté. La montagne… Allez les jaunes ! On est maintenant rodés pour la randonnée. Ce n’est plus un effort mais un plaisir. Les cols s’enchaînent un à un, avec chaque fois une nouvelle dimension sur les massifs à venir. Monter, descendre, dans les falaises, les forêts, les plateaux et les petits villages. Il n’y a personne encore à cette saison. Le Mercantour, les aiguilles de Chambeyron sont passés ! Voici le Queyras, plus bas, la vallée de l’Ubaye, au loin les cimes des Ecrins, Briançon, la Vanoise, le Mont Blanc. Nos estimations sur les cartes sont plus justes. Les bâtons achetés nouvellement sont comme deux jambes supplémentaires. Nous avançons doucement mais sûrement. Apaisés, sereins, allongés sous le soleil du midi pour la sieste avant de nous rechausser, prendre nos sacs et filer dans les ornières des sentiers sinueux à la poursuite d’un pèlerin imaginaire. Une aube

Cinq heures du matin. Daoud dort. Moi pas. Il fait trop froid dans le duvet, je me lève. Bien couvert, je suis décidé à être le premier à voir le soleil aujourd’hui. Nuit claire. Je prends le chemin du col d’où nous sommes descendus hier. Plus je monte et plus j’ai envie de monter. Ça me réchauffe. Je braque à droite vers l’ouest sous une corniche avec l’idée d’atteindre un autre petit col que j’estime bien placé par rapport au lever du soleil. Versants herbeux, roches gigantesques, je suis les chemins de chèvres. Du moins c’est comme ça qu’on appelle les bouts de chemins qui se croisent, se perdent dans la nature et finissent par disparaître. Le soleil n’est toujours pas levé mais le ciel s’éclaircit et j’ai une vue magnifique sur la vallée de la Durance et Briançon. Partout autour, les sommets enneigés dans une brume rose : l’aube. Voilà, je suis sur le col. De l’autre côté une autre vallée et dans son creux, un torrent. Je ne le vois, ni ne l’entends mais c’est ainsi. Nord-ouest, j’aperçois quelques sommets des Ecrins, toujours eux, les plus hauts dans la région. Je marche sur la crête vers le nord pour dominer davantage la vallée et les alentours qui dévalent en escaliers de pins et de verdure dans les couleurs de l’aube, ce rose, ce bleu, une légère brume, le tout un peu brillant. Assis entre deux pierres, j’ai le vertige devant tant de magnificence. J’ai mon Aube à moi. Ça devrait être ainsi chaque matin. Nous sommes si peu de chose devant cette immensité. Je reste un moment à contempler encore. Ne pense à rien. J’observe. Me concentre sur le paysage. J’essaie d’intégrer cette émotion à jamais dans ma mémoire. Les humains

Nous avons dormi, cette nuit, posés au bord d’un chemin où peuvent passer des voitures, faute d’avoir trouvé mieux. Et il en est passé des voitures ce matin, pendant que nous faisions la grasse mat, fatigués d’avoir beaucoup marché hier. Nous glandons encore un peu au lit mais il y a ces putains de voitures. Levés en grognant. Les touristes arrivent par petits groupes, en famille, avec des petits sacs et des grandes gueules. Nous déjeunons comme d’habitude avec notre bordel éparpillé partout autour de nous dans la boue. Il a plu cette nuit, la toile de tente pend sur le pont pour sécher. Nos fringues un peu partout aussi. Nous ne sommes pas lavés et pas rasés depuis plusieurs jours. Un peu en retrait, je vois les gens qui, en passant, regardent Daoud de côté, comme une bête sauvage. C’est vrai qu’il a les cheveux ébouriffés, la barbe en vrac et une tête de gars qu’il ne faut pas emmerder pendant qu’il mange. Et puis cette espèce de liquide où flottent des morceaux de bananes et de figues séchés. C’est assez louche et pas du tout appétissant. Il est assis par terre sur le chemin de cailloux. Faut voir le tableau. On dirait qu’il va mordre. Les gens font un écart pour passer, surtout les enfants. Limite si on lui dit bonjour. Et lui les regarde tranquille et sans gêne aucune. Faut dire que ça fait presque deux mois qu’on est dans la nature, faut l’excuser, enfin nous excuser parce que moi, je ne peux pas me voir mais c’est la même. En fait, nous nous trouvons à quinze minutes de l’affreuse station de Fréjus mais comme on est descendus hier soir tard, eh bien, on ne savait pas qu’on était si près des humains ! La Vanoise

Modane. Le temps est mauvais depuis plusieurs jours mais il devrait s’arranger. Il est interdit de passer la nuit en dehors des refuges dans le parc national de la Vanoise mais leur prix est trop élevé. Nous les évitons donc et campons écartés des chemins. Les animaux sont habitués aux touristes ce qui permet de les approcher : marmottes, chamois, bouquetins... Orage mémorable la première nuit. Le froid a suivi derrière. La seconde, à l’aube, une mer de nuages glisse à nos pieds jusqu’à l’horizon, recouvrant la vallée d’une soupe de coton mouvant. Toute la journée, nous longeons les versants à la limite de cet océan galactique. Le toit des montagnes alentours s’est couvert de neige. La température est glaciale, exceptionnellement, pour un mois de juillet. On n’a pas vu ça depuis 72, nous assure un autre randonneur ! Nous dormons une nouvelle nuit au pied du glacier. Des brumes blanches s’élèvent comme des fantômes. Il gèle mais le temps est clair et sec quand on se couche. Avant le jour, une tempête se lève. Notre tente est alors soulevée par les rafales. Seul, le poids de nos corps fait qu’elle ne s’envole pas. Elle se tord, se déchire, les parties détachées claquent comme des fouets. Le vent rugit de toute part. Le froid intense, mortel. Il faut partir. Au plus vite, redescendre, trouver un abri. Mais avant, sortir du duvet, rentrer dans nos chaussures gelées et plier la tente comme on peut. Jamais eu aussi froid. Nos doigts ne veulent pas se plier. Impossible de serrer nos bâtons pour marcher. Nous courons cette fois avec la peur d’y laisser le pouce surtout, le plus exposé. Ça dure des heures. Des heures, la montagne… Quatrième jour de marche, nous n’avons pas prévu assez à manger. C’est le jeûne. La fatigue des nuits glaciales. Nous espérons un refuge, de la chaleur, du repos. Le temps est toujours aussi froid. Nous ne voulons pas dormir dehors cette nuit. Mais nous hésitons encore à aller dans un refuge. La première fois que nous en avons approché un, rappelez-vous, pour y laisser un pauvre petit sac poubelle, ils ont refusé. La deuxième fois, nous nous sommes abrités pendant un orage et je me suis fâché avec le patron qui voulait qu’on consomme. Des refuges de luxe. Alors, nous n’espérons rien. Et pourtant, lorsque la petite dame du refuge la femma nous voit arriver, je crois qu’elle nous aime déjà. Sans rien dire, sans rien demander, elle nous apporte un bon café chaud. Avec ça, des crêpes à la confiture. Le soir, pour quelques euros qu’il nous reste, elle nous sert abondamment. Nous dormons dans un bon lit avec plein de couvertures. Encore des crêpes le matin avec le café. « Eh ! Vous n’allez pas partir comme ça ! » On la supplie, c’est déjà beaucoup trop de générosité. À qui la rendrons-nous ? « Il neige encore, il fait froid, prenez ça pour le midi, au moins. Ça me fait plaisir ! » Et nous alors, on en a les larmes aux yeux. Pourtant, n’est-ce pas volontaire de ne prendre pas suffisamment à manger ? Depuis un moment, nous tentons de réduire notre consommation. D’abord parce que ça alourdit nos sacs et puis tant de bouffe n’est vraiment pas nécessaire. Même avec les efforts physiques, nous mangeons déjà deux fois moins qu’auparavant, à l’époque déjà lointaine du restaurant d’entreprise et dans notre vie en général. Nous souffrons encore du désir de manger – surtout moi – de cette habitude gastronomique de panse pleine, mais pas de faim. En diminuant petit à petit, sur plusieurs mois, en mangeant équilibré et peu, nous nous sentons mieux, plus légers et plus vifs. Le jeûne est très bon pour le corps et l’esprit, pour la réflexion, la méditation. Nous voulons trouver la juste suffisance. La force la plus importante dans un tel effort est mentale. Le jeûne ravive cette force, c’est certain. Parallèlement, l’entraînement musculaire est achevé. Faut voir comme avec notre gros sac sur le dos, nous franchissons les cols, descendons les sentiers abrupts comme des cabris ! Mais cette fois, avec le froid, le mauvais calcul du temps de traversée du massif, la fatigue de plusieurs jours de marche difficile, avec nos figues sèches et nos carrés de chocolat, nous sommes limite. Nous avons dépassé la juste suffisance… Après cette bonne nuit de sommeil, de chaleur physique et morale, après avoir repris de la consistance en gras, nous partons pour notre plus haut col jamais franchi. Pas bien haut cependant, dans les trois mille. Le chemin monte tranquillement. Bientôt, la neige se met à tomber, recouvrant les monts, les vallons et redonnant une couche propre à celle déjà existante. Nous progressons donc sur un sol immaculé, montant le long du sentier à l’aide de nos bâtons comme deux pèlerins perdus en plein hiver, en des lieux inconnus, pris dans un brouillard épais. J’aimerais ne jamais arriver en haut tant mes songes sont plus légers que les flocons qui nous habillent de montagnes. Mais deux heures de marche suffisent pour atteindre le col de la Rocheure où une étendue plate et dangereuse se dessine : un lac troué de glace. Deux possibilités s’offrent alors à nous : continuer le chemin qui descend directement vers la vallée de l’Isère ou suivre la crête à l’est pour rejoindre un chemin non balisé. Nous hésitons. C’est chouette la neige. À marcher, il ne fait pas froid. Mais si nous nous perdons ? Je sens en moi bouillir l’irrésistible envie d’essayer ce chemin qui garde de l’altitude et reste dans la neige. J’ai déjà mon cœur qui bat de ce petit risque de nous perdre ! Allez, Daoud, tu connais mon opinion. Ok, alors c’est parti. Quand deux chemins se présentent, toujours choisir le plus ardu. Je ne sais pas si ce proverbe s’applique à la montagne… Plus tard, quatre ombres se rapprochent dans le brouillard : des gens ! Mais qu’est ce qu’ils foutent là ? Des fous ! Enfin, nous sommes contents de nous rencontrer avec ce temps incroyable. On ne parle à personne quand il y a trop de monde alors que, dans le désert ou la montagne, on s’empresse de lier connaissance avec le peu de personnes qu’on croise. Les nouvelles sont bonnes. Ils ont tracé de leurs pas le chemin que nous devons suivre et nous signalent qu’il n’y a aucun risque si on ne traîne pas. Et nous aussi, les rassurons en leur désignant le col un peu plus bas, qu’ils n’ont pas loupé. Plus de trois mille mètres, c’est notre record. Le jour de l’anniversaire à Daoud. Petite bataille de neige pour fêter ça. Ça essouffle. Il faut partir. Les traces disparaissent. Enfin il y a des cairns. Des tas de pierres qui indiquent le chemin. Une fissure dans la falaise nous permet de nous engouffrer vers une vallée. La vallée du fond des Fours, complètement désertique. La neige est trop fraîche pour glisser, dommage. Nous stoppons bientôt dans un refuge et mangeons au chaud. Puis la neige se changera en pluie avant que nous ne rejoignions l’affreuse et richissime station de Val d’Isère. Col de la Lose

On va au cinéma voir notre dernier film en français avant longtemps. Spider man. Allez, ça nous relaxera. Mais c’est si nul que nous sommes des plus motivés pour partir définitivement à l’étranger. Dernier col avant l’Italie, entre le massif de la Vanoise et le parc national du grand Paradiso : le col de la Lose. Cela ressemble à perdu en anglais. Quel rapport ? À partir de la gorge des sources de l’Isère, le vent change radicalement de sens. Il vient d’Italie. Un tas de gens sur le chemin de randonnée. De la neige. Ils redescendent du même côté qu’ils sont montés : du côté français. Arrivés au col les nuages arrivent, bien chargés, de l’est. Ils glissent sur nous et vont recouvrir la France. Décidément, tout le monde va par là ! Pendant cinq minutes, nous apercevons le lac, côté italien, où il nous faut descendre. Puis plus rien. Il disparaît. De là où nous nous trouvons, la falaise tombe à pic. Il faut escalader un pan pour trouver le col. Je laisse mon sac à Daoud et vais vérifier l’existence de ce col et du chemin qui en part. Il existe, c’est une brèche abrupte dans la falaise. Personne ne l’a encore emprunté, il n’y a pas de trace. Pourtant, c’est bien le chemin... Je remonte voir Daoud et lui fais part de mes observations. Comme je suis sceptique, il va voir à son tour. Il fait chaud, c’est bizarre, nous sommes à trois mille mètres. Les nuages continuent de nous recouvrir. Le ciel se bouche complètement. Ça ne sert à rien de prendre le risque. On sait comme le temps en montagne peut être mauvais. Nous ne connaissons pas la météo. Nous n’avons pas de crampons. Je me fais une raison. On redescend, on fait du stop et on passera un autre col, un autre jour. Pas grave. Mais Daoud revient. Lui aussi est sceptique mais il est descendu un peu plus bas que moi et a trouvé des mains courantes. C’est donc bien par là. Ça nous rassure. On décide d’y aller. En effet, je n’avais pas vu ces cordes sur la falaise qui nous permettent de nous accrocher. Ce sont des câbles en acier mais bientôt ils disparaissent, mangés par la glace et celle-ci colle si près de la paroi que nous devons quitter la crevasse pour contourner. Bizarre. Qu’est ce qu’on fait ? Nous ne voyons pas à dix mètres. Nous sommes dans les nuages épais et chauds de l’orage qui gronde. La pente est très inclinée. Je descends un peu en laissant le sac dans la fissure et je vois que plus loin, des blocs gelés se séparent à nouveau de la roche et que les cordes réapparaissent. On continue donc. Mais au bout d’un moment, ils disparaissent de nouveau. Nous devons ressortir de la crevasse. La neige fond, nous pouvons enfoncer nos bâtons et un peu nos chaussures en creusant tous nos pas. – C’est une via ferratta me dit Daoud, peut-être il faut faire demi-tour. – Sur la carte, c’est un chemin pourtant. J’espère que c’est le passage le plus difficile. – J’ai poussé le bouchon mais je n’aurais peut être pas dû, il me dit. Si on y arrive, je t’encule ! – Si on y arrive, on en reparle, je dis sans sourire… Nous escaladons des blocs de glace avec des crevasses profondes. Les cordes ont disparu à jamais. C’est la merde. Je pose de nouveau le sac et essaie de continuer un peu mais je vois bien vite que c’est impossible. On ne passe pas. C’est mort. À moins de quitter la falaise qui nous surplombe et de partir vers la droite à flanc de montagne sur la glace. C’est plutôt flippant. On ne voit rien, que du blanc. Daoud ne dit plus un mot. Je sais qu’il est encore moins rassuré que moi. Il déteste les passages de glace. Il devient plus blanc qu’elle. Je tente, sans le sac, bien appuyé sur mes pieds et assurant chaque pas. Plus loin, je repère un rocher qui sort de la neige. J’y vais. Il y a une marque rouge dessus. C’est par là ! Par là où ? Il n’y a que la pente glacée et abrupte. Tout est blanc. Aucune empreinte. Je remonte chercher mon sac et me positionne sous Daoud au cas où il glisserait. Glisser, faudrait pas, je ne sais pas où on s’arrêterait. Daoud prend son temps, fait bien ses pas. D’un seul coup, il glisse et part. J’ai juste le temps de planter mes deux bâtons sur sa trajectoire. Il s’emplafonne dessus mais ça l’arrête. Ouf ! Ses deux bâtons sont cassés net. Accrochés aux rochers, on se demande ce qu’on fout ici et comment on peut être si inconscient. Partout la neige immaculée descend dans les profondeurs des nuages sans qu’on y puisse rien voir. Est-ce que le degré de la pente permet vraiment de continuer sachant qu’il est pratiquement impossible de remonter. Ou alors nous devons laisser les sacs. Une heure que nous sommes partis du col et nous sommes coincés ici. L’orage se rapproche, on l’entend gronder de façon sourde et prolongée. Pour conclure : c’est la panique. Daoud me dit qu’il avait aperçu la météo et qu’ils annonçaient des orages en fin d’après-midi. Il me dit aussi qu’il avait lu quelque part que ce col était difficile… en été. Sans toute cette neige qui est tombée ! Il ne faut pas rester là. L’orage à cette altitude sans abri, non merci ! Il faut tenter quelque chose. À gauche vers la falaise ou à droite. Je pars tester une nouvelle fois à droite. Avec les bâtons, je me tiens bien. J’avance en gardant la même hauteur sur une centaine de mètres. Toujours rien. Que de la neige et cette pente qui m’attire. Ça fait comme un arc de cercle avec un trou, comme un volcan. Je continue cette fois en inclinant ma trajectoire. Après encore une centaine de mètres, j’arrive sur une partie rocheuse non recouverte de neige. Pas trace de chemin ici. Encore plus loin, toujours la même glace et la même pente, je continue. Bientôt, c’est trop incliné. Je ne peux pas. Ça m’énerve. Il y a forcement un passage quelque part. Je cherche plus bas, plus haut, je marche, je marche et enfin, enfin des traces. Je m’approche. Non, ce n’est qu’un animal. Encore, encore, cette fois, j’y suis, c’est bien des empruntes. Elles descendent tout droit, certes, donc avec des crampons, sûr, mais c’est mieux que rien. Je commençais à désespérer. Autour de moi, en levant la tête, que du blanc. Depuis combien de temps ai-je quitté Daoud ? Une demi-heure environ. Je remonte. Je suis mes traces en fait. Daoud n’a pas bougé. Je l’entendais m’appeler avant de le voir. – Alors ? – Alors, il y a des pas, par là, environ quatre à cinq cents mètres à droite, tout en flanc bien incliné comme ici dans la glace. Ça fait comme un arc de cercle. Mais je ne suis pas sûr des traces. Elles descendent tout droit. Le mec devait avoir des crampons. Mais ça va, l’air chaud fait fondre la glace et nos pieds s’enfoncent de plus en plus. On n’a pas le choix de toute façon. Ok ? – Putain, il me dit, faut que ça passe ! T’entends comme l’orage va être mauvais ! Nous partons donc, avec les sacs cette fois, mais ils permettent finalement de nous donner plus de poids. Avec ses petits bâtons cassés, je me positionne sur sa trajectoire. On arrive aux premières traces. – Tu te fous de ma gueule, il m’dit, c’est une bestiole ça, putain ! – Ok, il y en a d’autres plus loin mais ça descend pareil de toute façon. Mais tu vas voir, c’est possible de descendre, il faut rester bien droit, et se tordre la cheville dans le sens opposée à la descente. De grosses gouttes d’orage tombent. Avec précaution, en faisant des virages, en contournant les précipices, nous descendons petit à petit. C’est immense la montagne quand on est perdu comme ça. Ça n’a pas de fin. La glace continue de fondre. C’est donc de plus en plus facile mais l’orage gronde de plus en plus fort. Qu’est-ce que je vois là-bas ? On dirait des silhouettes, des gens. Il y a des gens là-bas, deux personnes. Nous sommes sauvés ! On a mis trois heures à descendre du col. On est en Italie. Les gens sont bien des gens et pas des fantômes. Et même, ce sont des Français, enfin des Suisses francophones et on comprend parfaitement quand ils nous disent que nous sommes les premiers de la saison à avoir franchi le col de la Lose, qu’il est d’ailleurs encore interdit, même avec du matériel ! C’est trop grave, nous sommes complètement inconscients. On aurait pu glisser sur des centaines de mètres. Si la vue avait permis de rendre compte de la difficulté, nous ne nous serions jamais engagés. Bref, l’orage est là, il pleut de plus en plus fort, il faut trouver un abri. Ça tombe bien puisque les gens ont la clé d’un refuge. Le problème, c’est qu’ils ne le trouvent pas. En fait, il est caché en plein dans une falaise de deux cents mètres qui tombe dans le lac. Le fameux lac aperçu pendant cinq minutes d’en haut et qu’on a bien cru ne jamais revoir. Deux chemins y mènent avec des cordes, en escalade. L’un d’eux passe le long de la cascade mais il ne m’inspire pas. L’autre me paraît plus accessible. Je le choisis, si on peut appeler ça un choix. Bref, il y a bien quelques cordes mais je dois de nouveau passer une partie glacée au milieu de la descente. C’est encore plus raide que tout à l’heure et bien glissant mais je m’engage. D’un seul coup, un pied part, je pars, c’est la chute ! Un moment de panique inoubliable. Je plante mes ongles, mes coudes, je me raidis, me tortille, balance les bâtons, rien à faire, je prends de la vitesse. Je vais m’éclater comme un oeuf. Un rocher dépasse au milieu, c’est sur lui que j’arrive, j’ai juste le temps de le voir, je suis dessus, mes jambes font ressort, je suis projeté sur le côté dans la roche. Fin de la chute. Je bouge un peu. Je ne suis pas mort. Je crois que je n’ai rien de cassé non plus. Je tremble comme une feuille. J’ai eu si peur. J’ai eu tellement de chance. J’aurais vraiment pu crever ici. Il y aurait eu une petite plaque avec mon nom, en plus de celles qui existent déjà à l’entrée du refuge. Je me remets sur mes jambes, remonte un peu récupérer mes bâtons et ce qui a été éjecté du sac. Et là, je pense à Daoud. Daoud, non ! Je ne le vois pas en levant la tête. J’espère qu’il ne m’a pas suivi. La faille est vertigineuse, impossible à passer. On le voit clairement d’en bas. Je vais voir l’autre chemin, je vois les gens qui arrivent - forcément, j’ai été plus vite qu’eux - mais pas Daoud. Il pleut beaucoup maintenant et les éclairs illuminent les nuages dans lesquels nous sommes. Enfin, Daoud est derrière eux. Je le vois qui s’accroche aux cordes, qui donne ses dernières forces en escaladant les parois trempées avec son gros sac et le vide qui mène au lac, dessous, très bas. Quand ils arrivent, je suis tout blanc, mes jambes ne cessent de trembler mais je n’ose rien dire. L’orage explose démesurément. Les gens nous disent qu’on peut rester ici, avec eux et même dormir car le temps ne s’arrangera pas avant demain. Ce sont des randonneurs chevronnés, ils en ont vu d’autres. Ils essaient de nous rassurer et de parler d’autres choses mais on a eu trop d’adrénaline aujourd’hui. Sous le refuge, il y a une petite chambre, elle sera pour nous. L’orage est impressionnant, jamais vu un truc pareil, ça pète dans tous les sens toute la nuit et il pleut à torrent. Heureusement, on n’est pas dehors, encore sur un flanc de montagne. Heureusement ! Mais c’est fini la montagne, c’est fini. On veut voir la mer !
Improvisation Nomade (9) Pakistan English translation pending
by Nicodilo · 2009-07-30 · 3 replies
Mauvais présage

Une brise légère inclinait les jeunes pousses de blé dans la plaine. Le printemps rendait son vert à la végétation et le soleil resplendissait sur la route que nous parcourions en vélo pour rallier la frontière pakistanaise distante maintenant de quelques kilomètres seulement. Devant les bureaux de la douane, peu de personnes attendaient. Quelques familles, séparées depuis cinquante ans, comme par le mur de Berlin, et qui, depuis peu, avaient le droit de se rendre visite… La région du Pendjab fut partagée en deux pour créer le Pakistan, un nouvel état regroupant les musulmans de l’Inde, lors de l’indépendance en 1947. Cela ne se fit pas tout seul. En effet, sur cette route, dix à quinze millions de réfugiés traversèrent la frontière, juste tracée sur les cartes d’un manuscrit des bureaux de la Royal British Compagnie, en Angleterre, dans les cris d’assassinats et de brûlés vifs. Cinq cent mille morts. Hindous et musulmans. Tous Indiens pourtant mais qui se déchiraient alors entre eux, malgré les discours de réconciliation du Mahatma Gandhi. Dans les bureaux de la douane, le fonctionnaire inspecta nos passeports et nos visas qui prenaient fin le jour même, puis leur donna un coup de tampon avant de nous laisser libres. Mais, en sortant, le vent enragé s’engouffra par la porte ouverte. Dehors, un ciel nébuleux s’écrasait sur l’horizon violet bourdonnant de tension. Un tourbillon de sable et de pluie balayait l’espace et envolait les tôles arrachées aux toits. Le vent pleurait comme un nouveau-né. Nous n’osâmes pas sortir. L’ouragan nous tenait enfermés dans les bâtiments administratifs de la frontière comme un mauvais présage. La nuit avant la nuit, l’impossibilité de sortir, l’atmosphère d’une frontière militaire colorée d’uniformes, les portes qui s’ouvraient toutes seules et laissaient rugir le vent dans le hall, rendaient nos âmes méfiantes quant à l’avenir et répandaient sur nous l’angoisse et la tristesse de partir… Sans doute avions-nous oublié quelque chose. Peut-être de leur dire adieu. Alors adieu, peuple indien, enfant peureux et sage qui nous a toujours respectés, appris, entraînés dans ses rires et ses joies de tous les jours, quelles que soient les circonstances. Nous reviendrons un jour, mais aujourd’hui, malgré la peur, nous ne pouvons pas faire demi-tour. Devant nous, la tempête s’apprête à nous emporter et derrière, la porte s’est refermée... Si ce temps, arrêté ici, nous est alloué pour, une dernière fois, te rendre hommage, je m’assois dans le coin de ce mur, sur mon sac, et, en attendant que la colère du ciel s’estompe, je pense à toi… Combien de fois m’as-tu fait pleurer de rire, au réveil, avec tes enfantillages, ton insouciance et ta simplicité ? Je te revois chaque journée me parler, négocier et mentir toujours sans sérieux, sans gravité, tout en te méprenant et feignant de ne pas t’en rendre compte. Peuple de l’Inde, heureux tous les jours, sous le soleil, sous la pluie, dans l’opulence comme dans la misère, nous t’avons laissé un peu de nous-mêmes, gisant dans la poussière, contre tout ce que tu nous as donné, appris : à savoir qu’on a tout et qu’il ne tient qu’à nous d’être heureux. Encore merci et adieu. Le cœur chargé de ces émotions qui nous ont secoués et marqués à jamais, nous avons repris la route avec Daoud, mon ami, mon frère, mon compagnon. D’un bond, nous avons franchi la porte et couru sous la pluie et le vent, dans la zone de no man’s land avant d’atteindre les bureaux de la douane pakistanaise. Un autre monde se dessinait déjà à travers les visages que nous ne reconnaissions pas. Puis, le compte à rebours s’enclencha de nouveau, au moment ou le tampon d’entrée s’écrasait sur nos passeports. Un bus grillagé nous emmenait déjà autre part pour nous abandonner dans une ville rendue grise et sale par la pluie, sans chaleur, une pluie dans les rues comme dans notre cœur. Pieds nus, courbés sous la capuche de nos sacs, pataugeant dans la boue, on devait trouver un refuge, un lieu où on serait accueilli et où on pourrait reprendre haleine et confiance. Enfin posés et calmes, nous apercevoir que ce n’était pas plus un mauvais présage qu’un orage. Nous étions au Pakistan.

Apprendre de l’infini en accord avec le temps Pendant cinq jours, nous ne sommes pas sortis de l’hôtel. Ou si peu. Nos rapides passages dans les rues nous ont refroidis. En effet, ce n’est pas l’atmosphère bon enfant de l’Inde. Le sourire est remplacé par la grimace sévère et le mépris. Mais j’espère que nous nous trompons. Il faut apprendre ce nouveau pays, cette atmosphère différente avant de s’y sentir bien. Le choc des civilisations est sensible. Tout le monde nous souriait en Inde pour une raison ou une autre. Personne ne sourit ici. Du moins, personne ne m’a encore souri. Pas de flatterie naïve, de politesse anticipée et de phrase puérile, inutile ou intempestive. Nous sommes revenus chez les hommes fiers et durs. La péninsule est si large qu’il est difficile, en Inde, d’imaginer que cette terre rouge puisse cesser quelque part, pour laisser place à d’autres pays. Les principales frontières sont formées par deux océans immenses de chaque côté et l’Himalaya infranchissable au nord. L’Inde est un monde isolé qui se suffit à lui-même. D’ailleurs, il est difficile de discuter avec la plupart des Indiens qui n’ont en général que très peu d’idée de notre civilisation. Les problèmes internationaux leur échappent le plus souvent. De cinématographie ; ils ne connaissent que la leur. Enfin, poser des questions sur leur culture relève du défit tant elle est confuse et incomparable. À l’inverse, les Pakistanais sont sur la même planète que nous, ils s’intéressent aux même choses, ils ont les mêmes préoccupations et une vision sur le monde entier que les Indiens n’ont pas. Ils ont, par ailleurs, des origines perses en plus d’être ouverts au nord sur les peuples d’Asie centrale et de Chine grâces aux anciennes routes commerciales comme celle de la soie. Enfin, les rapports privilégiés qu’ils entretiennent aujourd’hui avec les Américains, les font pénétrer directement dans le champ international, vers la globalisation. Malick Internet Inn

L’hôtel est situé au carrefour de l’avenue Jinnah et du Régal cinéma. Un petit écriteau au-dessus d’une porte située au fond d’une impasse indique son entrée. D’un côté, le parfum des chapatis brûlants du boulanger. De l’autre, un magasin de type occidental où l’on trouve les choses de chez nous que nous n’avions pas vues depuis longtemps, comme la mayonnaise et le chocolat. En face, les excellentes glaces à la fraise attirent toute la ville dans un magasin spacieux mais toujours bondé. Et qui aurait dit qu’au Pakistan, les barbus, avec leurs turbans sur la tête, aiment à se délecter d’un sorbet ? C’est une image qui, pour moi, semblait contradictoire... Enfin, l’escalier de l’hôtel monte au deuxième étage et vous sort de toute cette agitation. Dans cet hôtel, il n’y que des étrangers et des voyageurs. Une vingtaine de lits. C’est le point de rassemblement de Lahore. La journée, chacun vaque à ses occupations, organise la prochaine étape de son voyage et visite la ville. Le soir, ils préparent de quoi manger et souvent restent ensemble pour bavarder, échanger des renseignements et se donner mutuellement des conseils. L’ambiance est sympa. Venus de tous les horizons, voyageurs acharnés, back packers, globe trotters, travellers, appelez-les comme vous voulez, ils ont tous une expérience de voyage au moins comparable à la nôtre. David, un Suisse que nous avions déjà rencontré à Delhi, a été le premier à brandir les drapeaux lors de la manifestation anti-américaine de Quetta dans le Baloutchistan, avant de se dire finalement, sous les regards menaçants de la population, ce n’est peut être pas ma place… Armand, un Français, aussi grand voyageur que fainéant, barbu et chevelu à l’extrême, musicien passionné, cultivé, beau gosse, est sur la route depuis 4 ans. Julie, son amie, le rejoignait au Pakistan quand nous les avons rencontrés… Michel arrive en vélo de Genève… Bénédicte s’est mis dans la tête, en l’écoutant, de traverser le Karakorum - versant nord-ouest de l’Himalaya avec le 2ème sommet le plus haut du monde - en vélo, pour rejoindre la Chine. Je n’ai jamais eu de nouvelles quant à la réussite de son entreprise mais cette petite blonde est partie pour une sacrée aventure, sans avoir jamais fait de vélo de sa vie sur des distances aussi longues que pentues. Voilà pour les francophones. Ensuite, il y a Tess, la jolie Suédoise qui vient de traverser l’Inde en moto, seule, en 2 ans… Chen, dans son business de pierres précieuses avec Taiwan… Siren, une Norvégienne éprise de langues étrangères… Un couple d’architectes sur les traces des plus anciennes civilisations... Un pigiste danois, avec qui je serais bien parti quelques semaines pour me rendre compte de son travail. Il nous explique par ailleurs que ses articles ne se vendent pas bien, si ils ne décrivent pas uniquement la haine, le scandale et la misère ; Cette infime partie de la réalité qui, une fois répandue par les médias, devient une généralité… Enfin, d’autres encore, comme nous, sans véritable but, si ce n’est de parcourir le monde et de glaner, ici et là, les pièces du puzzle universel. Ensemble, nous échangeons nos expériences, nos idées et nos grandes théories dans des discussions parfois animées. Nous croisons les chemins, les aventures, les pays, les cultures et les anecdotes dans une cohabitation fructueuse. Certes, chacun a son point de vue sur toutes les choses du monde, hélas, personne n’a la science infuse. Les voyageurs se la racontent. Le peu de savoir acquis doit être dit plus haut et plus fort que les autres comme une vérité établie… En m’écartant un peu du groupe, en montant sur le muret qui domine la ville et en sentant le brouhaha sourd qui monte jusqu’ici, je me demande quand même ce que, tous, nous faisons au Pakistan à nous imaginer tout savoir parce qu’on a pris un peu la route… La plupart d’entre nous, comme moi, ne savent même pas quel est le régime politique du pays, ni même le nom du président ou militaire dictateur. Le risque est pourtant réel. La population ne soutient pas, en majorité, le gouvernement imposé par l’armée et sous tutelle américaine. Les talibans, dont les responsables sortent d’écoles théologiques pakistanaises, ont déjà su unifier les différentes ethnies sous les drapeaux d’un islam radical dans le pays voisin. Leurs militants, formés par Al Qaïda, s’assemblent toujours dans les zones tribales incontrôlées par l’état, pour préparer la guerre sainte. Avec nos petits sacs de voyage sur le dos, notre idéalisme sous le bras, nous n’avons pas pleinement conscience des dangers qui nous menacent ici. Nous n’avons jamais connu ni la haine, ni la guerre, ni même la misère. Dans une ambiance désinvolte, ce soir, nous préparons des crêpes… Un journaliste anglais d’origine pakistanaise nous donne sa vision des choses quant à l’histoire et la politique pakistanaise actuelles. Cela nous éclaire un peu. Nous l’écoutons tous religieusement mais bientôt les rigolades reprennent. En bons Gaulois qui se retrouvent, les blagues idiotes fusent et me font rire. Je suis bientôt, moi aussi, décontracté, heureux de retrouver l’esprit français, son humour sarcastique et un peu méprisant. Il ne nous arrivera rien, voilà tout. Et ce n’est pas le moment d’y penser. Quand on se retrouve une bonne tablée de franchouillards aussi loin de son pays, il faut se rappeler d’où l’on vient, revenir aux sources, aux bonnes blagues qui ne font rire que nous. Armand prépare les crêpes mais ses souvenirs se sont dissipés car je ne crois pas qu’en France, elles soient si épicées. Il ne manque que l’apéro pour se sentir chez soi mais l’alcool ne se trouve pas dans les épiceries pakistanaises. Alors que le shit, si. Des joints tournent et me tournent la tête, si bien que je n’ai bientôt plus rien à dire. J’écoute ces gens parler, je les regarde s’agiter, se convaincre. Quand j’ai fumé, les mots sont si légers qu’ils n’ont plus de sens et seules les attitudes me fascinent. Marco est le plus drôle, il parle avec les mains, les bras et tout son corps. Il rejoint la réputation de dragueur qu’ont les Italiens et la petite Coréenne devant lui garde les yeux ronds, fait des « Oh ! » et des « Ah ! » à la façon asiatique si singulière et passe de la fascination au désintérêt sans détourner le regard et sans savoir qu’il peut la tenir ainsi toute la nuit. Sten regarde sa guitare comme si elle avait les cheveux longs, et parfois nous joue quelques accords de ses propres chansons. Je m’aperçois alors que je ne comprends rien à l’anglais des Anglais. J’utilise la langue, parle avec tout le monde mais lui, qui utilise beaucoup d’expressions, j’ai des difficultés à le comprendre… Sauf quand il imite les Français avec ses : « Putain, enculé » et son accent de bourgeois pédant. C’est assez difficile mais passionnant de comparer une personnalité, une idée, un état d’esprit par rapport à une origine. Dire par exemple que les Français se retrouvent dans tel comportement, les Anglais dans tel autre. Un ensemble de généralités qui pourrait caractériser un peuple mais je sens que je vais dire des conneries… Un Japonais vient nous rejoindre. Ils sont discrets les Japonais mais dans un village perdu d’Afrique, vous en trouverez toujours un, car ce sont, et de loin, les plus grands voyageurs de notre époque. Celui-ci, avec son air niais, son sourire figé et ses mouvements de tête pour toujours dire oui, nous fait une démonstration de danse entre acrobatie et lévitation qui me laisse sur le cul. Good night petit Japonais. Good night tout le monde.

Dans la rue

Quelques promenades dans la ville me permettent peu à peu de me familiariser avec son ambiance. Après cette sensation de froid et de méfiance, du fait d’un certain honneur qu’il ne faut pas défier, les Pakistanais se comportent à notre égard avec discrétion et respect, avant d’exprimer intérêt et cordialité. Les discussions s’animent rapidement puisqu’ils sont encore plus curieux et plus intéressés que nous-mêmes. Ce que je prenais pour du mépris, le fait de nous ignorer, était en réalité de la considération. Ils ont moins de préjugés sur nous que nous sur eux. Ils ne nous ignorent pas mais nous matent moins que les Indiens. On ne regarde pas les gens comme des bêtes sauvages, ce que faisaient certains Indiens totalement fascinés par notre présence. Contrairement à ce que j’imaginais d’une ville pakistanaise, Lahore est beaucoup plus occidentalisée que tout ce qu’on a pu voir de l’Inde. Pas de vache dans les rues, pas de mendiant, pas de sans abri, pas de manifestation religieuse tous les jours, d’exubérance à tous les coins de rues. La vie y est plus monotone dans les petites voitures japonaises qui mènent au travail dans les industries à la périphérie de la ville. J’ai aussi entendu des jeunes écouter du rap américain, et de la musique occidentale se diffuse dans les rues commerçantes. Les femmes ne portent pas de bourka ici, à Lahore, et pour certaines jeunes, pas même de voile. Elles conduisent, se promènent entre elles, travaillent dans les administrations et nous retrouvent parfois chez le glacier. Je les sens beaucoup plus épanouies, plus vivantes, plus respectées, plus humaines qu’en Inde où le système les avilit dix fois plus encore. Ici, les femmes croisent notre regard. Pas en Inde ! Par contre, les bus, les restaurants, les mosquées, les salles publiques et tout ce que l’on peut imaginer de lieux sont partagés en deux : un côté pour les hommes seuls et l’autre pour les femmes et les familles. Lahore est la ville moderne et culturelle du pays et donc plus libre que les autres villes visitées où les femmes dans la rue sont encore moins nombreuses. Non mais alors ! Dans les villes plus isolées ou conservatrices comme Quetta, il n’y a pratiquement pas de femme visible. Et si elles sortent, personne ne s’adressera à elles dans la rue. Les hommes n’ont pas le droit de parler aux femmes, m’a-t-on dit, si elles ne sont leur mère ou leur sœur. Et les femmes n’adressent pas la parole aux hommes, si ce n’est, avec respect, à leur mari. Tête basse, elles partent au marché, plus discrètes que les chats. Julie, avec ses longs cheveux blonds dont une mèche s’échappe gracieusement du voile, s’est fait siffler par des jeunes dans la rue, à Quetta justement. Une promenade à ses côtés devient plus menaçante. Les hommes la regardent tous, parfois avec dédain, avec mépris et d’autres fois avec fougue. Pour se rassurer, on pense qu’ils respectent d’une autre manière les femmes et qu’ils n’oseront jamais, ni lui parler, ni la toucher. Aller savoir… Au retour, Armand prend l’un d’eux par la chemise et le secoue jusqu’à ce qu’il s’excuse. « Est-ce que je siffle ta femme dans la rue ? » il crie au gars accroché au bout de ses bras…

Au marché de Landa Bazar, spécialisé dans les affaires d’occasion, nous achetons avec Daoud l’équipement traditionnel complet : la shawar kamiz. Une longue chemise unie, ouverte sur un col brodé, qui tombe sur les genoux d’un pantalon très large où on peut tenir à plusieurs dans les plis et qui se referme aux chevilles comme celui des clowns, sans les couleurs. Ainsi vêtus, nous partons à pied vers le centre de la ville. Les ruelles sont en soie entremêlées d’architecture musulmane des siècles passés. Minuscules et sinueuses, elles nous emmènent sous des arcades de voûtes en céramique, dans les cours dissimulées de mosquées calmes et magnifiques, comme celle de Wazir Khan… Enfin, la porte nord de la vieille ville s’ouvre sur l’étendue qu’entoure le fort, de la même couleur de grès rouge que l’immense mosquée Badshahi, en face, l’une des plus grandes du monde. En direction de la gare, le trafic s’intensifie dans la poussière. Les commerces des rues alternent entre roulements à billes, pneus et tout ce que l’on peut imaginer de pièces de camions. En sortant de l’agitation, dans une petite rue, un canal s’est perdu et tari dans l’huile et les ordures ménagères. Un peu plus loin, la place fleurie devant la pelouse verdoyante d’un monument datant de l’ère britannique contraste avec l’ensemble. Enfin, le petit bureau solitaire et sans bousculade de la extension visa registration nous ouvre ses portes et nous délivre sans palabre une prolongation de visa d’un mois. Nous n’aurons pas fait le déplacement pour rien. L’administration pakistanaise est moins pointilleuse que celle des ses voisins indiens qui, pour la même demande, nous a fait revenir trois fois.

Sur le chemin du retour, dans une rue encombrée, un cheval me mord à l’épaule. La surprise est plus grande que le mal. Nombreux au Pakistan, ces pauvres bêtes ne sont pas ménagées. On les fait travailler avec acharnement. Sans prêter le moindre intérêt à eux avant l’incident, je ne pouvais pas les voir, cachés sous leurs œillères, porter de lourds fardeaux sur leur charrette, se frayer un chemin dans les carrefours pollués, se faire klaxonner par les camions, baver dans l’effort et souffrir sous les coups de fouet… Vivement que les Pakistanais se mettent au nucléaire… Ce soir, notre hôte si généreux, dit-il, et prouvant encore sa notoriété, organise un concert sur la terrasse de l’hôtel. Un chanteur pakistanais reconnu, avec son groupe, nous fait l’honneur de sa présence toute la soirée. Les musiciens excellent et nous offrent un grand moment musical bien que je ne puisse malheureusement pas décrire les nombreuses influences que contiennent ces airs. Le pays commence à me plaire, ses coutumes… comme, le moment tant attendu de jeter les billets sur la vedette jusqu’à la recouvrir. Il a été déçu : les voyageurs que nous sommes comptent les sous comme des diamants… Juste le temps d’arriver à l’heure pour mon rendez-vous, dans une petite rue derrière l’hôtel, avec Meriem… sur Internet. Elle me montre sa frimousse dans la webcam et j’ai envie d’embrasser l’écran. C’est terrible les moyens qu’on a aujourd’hui pour se faire mal. Dans ce sous-sol, où ça pue la sueur d’homme qui a passé trop de temps à s’émouvoir devant l’écran, je m’évade à des milliers de kilomètres pour la retrouver dans un petit village… de l’Himalaya. Elle me raconte ses balades avec un certain Dalaï-lama. Elle essaie de me rendre jaloux, sans doute… Mais plus elles sont chiantes, plus on les aime.

Toutes les femmes n’ont pas cette prestance que tu as, même pas les hommes bien sûr. C’est la vie qui nous fait, notre naissance, notre éducation, notre destin. Le tien déjà a été grand, parfois périlleux, incertain et puis heureux finalement. Il t’a fait toi. Meriem. L’aînée, la voyageuse, l’opiniâtre. Toi qui ne te ménages pas, qui n’offres pas la charité de ton âme, pas même à moi. Que dis-je, surtout pas à moi ! Montrer une larme serait un châtiment. Ne serait-ce qu’un sentiment effleurant ton visage et tu serais blessée à mort dans ton orgueil. Pas de sentiment, ni pour toi-même, ni pour les autres. Un exemple pour moi, dont les traits me trahissent chaque fois. Et d’autres exemples encore qui me laissent émerveillés. Tout cet orgueil sans pourtant de mépris, juste un peu d’arrogance, de cynisme mais surtout d’humour pour justifier les défaillances de notre chair faible, à nous les hommes, à nous qui sommes sensibles. Pourquoi m’as-tu choisi moi qui suis le plus faible de tous les hommes ? Un homme fort tu voulais, tu m’as initié à cela. Montré comme on devient un homme. Un homme fier et sûr de lui, de son mérite. Son mérite juste d’être un homme. Un peu honnête, un peu sage. Juste de quoi être respectable, digne d’estime. Quelqu’un qui peut se regarder dans la glace sans baisser les yeux parce qu’il sait qu’il a fait ce qu’il devait faire et ce qu’il a dit, il n’y avait rien d’autre à dire. Quelqu’un qui se respecte, je le répète. Qui ne passe pas son temps à avoir des remords, des regrets de choses du passé auxquelles il pense. C’est fini le passé, il faut regarder l’avenir. Le regarder avec les yeux de celui qui va escalader une montagne et qui va y arriver parce qu’il en a la détermination. Il le sait. Un pas devant l’autre. Tranquillement mais sûrement. C’est bien ça ce que tu m’as dit. Arrête de penser, arrête de creuser, de dépecer, de remémorer les choses faites. Elles sont faites. On ne reviendra plus dessus, jamais. Relève la tête, avance. Sois fier car cela va t’aider. Un homme doit être fort et ensuite fier. Je veux que tu sois cet homme. Merci, Meriem. Merci de ta confiance. On a tous besoin d’être fort pour quelqu’un, et c’est toujours cette personne qui fait qu’on l’est. Qu’on retrouve l’assurance, la sérénité et la confiance en soi ! Le bonheur est dans la certitude. Pourtant, je ne ressemblerai jamais à ton père…

Pour reprendre mes esprits, dans l’agitation et le bruit des pays de l’Orient, j’ai pris l’habitude de me diriger vers les lieux de culte, quels qu’ils soient, et de me poser dans le silence. C’est toujours un moment utile et agréable où je me retrouve, comme si je sortais la tête de l’eau et que les choses m’apparaissaient, pour un instant, sans trouble. Je me dirige donc vers le premier lieu venu. Une église. Je m’en réjouis en pensant qu’au Pakistan, j’allais être le seul à l’intérieur. Mais ma surprise est grande en entrant. L’église, que dis-je, la cathédrale, souvenir de la reine Victoria, est pleine à craquer, et la musique et les chants à la gloire de Jésus, en latin et en ourdou, montent jusqu’au ciel, avec une ferveur que je n’ai jamais trouvée en France, ni même en Europe… En effet, le Pakistan contient une communauté de chrétiens, évangélisés pendant la colonisation britannique. Ils ne se sont pas tous donné rendez-vous aujourd’hui dans cette église, mais sont présents dans tout le Pakistan, en minorité. Pas plus menacés à Lahore que dans d’autres villes, nous trouverons parfois tout un quartier chrétien avec l’église, le plus souvent récente, en son centre. Et puis, au Pakistan, comme vous allez le voir, il y a toute une panoplie de minorités. Et je dirais même plus : le Pakistan est un regroupement de minorités. Festival soufi

Un bus, un rickshaw et nous voilà de l’autre côté de la ville. Une banlieue au bout d’une grande avenue où les maisons commencent à avoir la couleur du sable et où l’électricité fait défaut. Ici, se déroule un festival en souvenir de prestigieux soufis, philosophes mystiques de l’islam, sur leur propre tombe. Musiciens, danseurs et spectateurs se sont installés à travers le cimetière de la ville, sur les dalles et les tombeaux mortuaires, à la clarté sinistre de la pleine lune. Au fond, une fête foraine avec des manèges artisanaux dans lesquels je ne monterais pour rien au monde. Un tonneau de plusieurs mètres de haut, en tôle, renferme une quantité de fausses blondes et de travestis. En avant pour le spectacle qui consiste à admirer une moto tourner et monter avec la force centrifuge, à l’extrémité du tonneau, au-dessus des strip-teaseuses qui n’en sont pas car elles n’enlèvent rien. Ce ne sont que des potiches. Applaudissements avant de continuer la balade dans la foule à travers les feux de joie et les affiches en ourdou que je ne comprends pas. Je m’installe dans un enclos du cimetière, envahi par la foule, devant un spectacle de percussions où les danseurs entrent progressivement en transe. Je suis seul, Daoud doit être quelque part, ici ou ailleurs, nous nous retrouverons demain, mais j’aurais bien voulu qu’il soit avec moi ce soir. Tout le monde ici roule des joints. Ça fume énormément. Les Pakistanais prennent deux cigarettes, les vident, font le mix et les emplissent ensuite avec dextérité. J’ai beau essayer, je n’y arrive pas. Assis par terre, l’homme âgé à mes côtés m’en offre une. Ils en roulent toujours deux en même temps : une pour eux et une pour le voisin... Derrière moi, quelques gros pachas sont installés sur des coussins. En anglais, ils commencent à me poser des questions, puis pleins de questions sans que je puisse moi-même leur demander quoi que ce soit. Qui suis-je, d’où viens-je et pourquoi t’es là ? Finalement ils me proposent des filles... Comme je ne suis pas intéressé, leur propre intérêt s’atténue et j’en profite pour bouger… Inopinément, je retrouve David, le Suisse. Un coup de chance dans cette cohue. Plusieurs milliers de personnes réunies. On ne peut pas le manquer, remarque. Il est bien grand et bien blanc. Une bonne tête d’occidental avec une guirlande de fleurs autour du cou. On sort. À l’écart de la foule, nous pouvons parler. Incroyable de se retrouver ici, dans les chemins de ce cimetière qui s’étant à perte de vue. Partout, ça grouille. De plus en plus de monde. Ça s’agite, ça se bouscule, ça se bat. On avance en essayant de ne pas se perdre. Là, un bon concert. J’aimerais regarder plus longuement et, pour ne pas être emporté par la foule, je m’accroupis et me tiens le long d’un poteau. Vraiment, un bon concert. En levant la tête, je remarque à côté de moi, au bord du flot houleux formé par la foule, le squat de quelques marginaux. Peut-être des soufis. Ils portent des vêtements comparables aux sâdhus indiens mais ont des têtes et des attitudes de Tsiganes. L’un d’entre eux tient un bâton levé et écarte la foule qui menace, en se bousculant, de tomber sur leurs tapis et leur feu. Me voyant là, tout près de lui, tentant d’échapper au mouvement, il m’invite à m’installer derrière le feu avec eux et me trouve une place entre un soufi travesti et une bande de morveux. Ok pour moi. Je suis avec un ami. Le voici. Il prend place, lui aussi, près du feu. Pendant ce temps, la foule s’épaissit encore dans ce couloir qui se rétrécit juste où les musiciens ont choisi de se placer. Trois ou quatre Tsiganes sont debout avec des bâtons pour les écarter. Tous les gens nous regardent en passant puisque nous sommes en vitrine et parfois avec des regards douteux. A ce moment-là, je sens que le travesti derrière moi est bien près. Je ne veux pas être parano mais il me fait les poches. Un regard pour le tenir tranquille. Cet air flegmatique... Si tu crois que je ne t’ai pas vu venir avec tes grosses mains pleines de doigts… Les gens dans la foule nous regardent parfois avec haine. Je n’en ai plus de doute... Aucun contact, du moins oral, avec les Tsiganes. Ils ne sourient pas. Ils semblent nous protéger. Contre quoi ? Contre qui ? Contre eux ! Sans sourire, sans parole échangée, ils nous offrent l’hospitalité. Déjà quelques joints. Et puis, comme David ne fume pas de tabac mais aimerait bien fumer quand même le bon shiras, le shit afghan et pakistanais. L’un d’eux retourne une tasse, met dessus une braise, roule une paille avec un bout de papier. Puis, il place un morceau de shiras pur sur la braise qui se consume comme de l’encens et on fait tourner la paille. Puis voici les chapatis avec les dals (lentilles) et le curry, puis enfin le tchaï, le même qu’en Inde. À côté le concert continue, terrible, à coup de clarinettes, de tablas et de cuivres. Les gens sont agglutinés, bousculés, écrasés à trois pas de nous, derrière les bâtons des Tsiganes pendant que nous sommes vautrés sur des coussins à manger et fumer gratis ! C’est dommage, au lieu d’être apaisé et profiter pleinement, je stresse. Je n’aime pas le regard que portent certaines personnes sur nous, dans la foule. Peut-être n’aiment-ils pas les Tsiganes. Peut-être ne nous aiment-ils pas nous. Peut-être qu’ils ne nous aiment pas en compagnie des soi-disant soufis. En tout cas, je ne me trouve pas bien brave. Alors parfois, je les fixe moi aussi, durement, et ils baissent le regard. Mais quel regard ! Je n’aime pas ce regard. Je le sens, il faut qu’on se casse ! J’ai un moment de panique, le sentiment d’angoisse se diffuse dans mon corps et une sueur froide parcourt mon dos. Qui, des Tsiganes ou de la foule si fervente à ce festival islamique où nous n’avons rien à foutre, sont les plus dangereux pour deux petits Européens naïfs ? Allez, on bouge. Je tape dans le coude de notre ami suisse qui lui, se trouve très bien, évidemment. Sans doute suis-je peureux ? Enfin, une fois dans la foule, je me sens mieux. Le contact des corps qui se bousculent, même si parfois des poings partent, me rassure. Il n’y a ici, que des hommes. QUE DES HOMMES ! Nous refaisons un tour. Ça va vraiment mieux. Bien content de voir ça. Allez, on retourne dans la furie des percussions, des gens en transe qui tournent toujours plus vite, des feux brûlants où sont balancées des idoles, dans tous les chemins bordés de tombes de cet affreux cimetière. Bientôt minuit. Que va-t-il se passer alors ? Rien, la fête continue, les joints scintillent au-dessus des tombeaux. La foule de plus en plus dense est au comble de l’agitation. Les gens sont surexcités. Jamais vu une foule pareille ! Sur une estrade, un jeune garçon bouge son cul dans un jean serré. Il danse en bougeant ses fesses comme seule le ferait une femme, pour vous dans l’intimité, aguichant les hommes qui le sifflent à ne plus pouvoir. L’homosexualité n’est pas un mythe dans les pays de l’islam. Les femmes sont surveillées et les hommes proches. Perso, j’aime pas trop beaucoup ça. Et pendant que David danse comme un forcené, je me dis qu’il serait raisonnable de rentrer. Trop tard, derrière nous, un énorme bonhomme nous prend un bras à chacun. My friend ! Il gueule. Et ne veut plus nous lâcher. Il rentre dans la foule, qu’il pousse de son gros corps, en nous tirant par les bras, nous fait sauter et danser devant les percussions et nous fait crier Pakistan Zindabad ! Longue vie au Pakistan. Putain, on est tombés sur une bande de lourds. Moi qui voulais passer inaperçu et qui serais bien rentré peinard, sans encombre. Nous voilà accompagnés de ce gros lourdaud avec ses potes qui ont des gueules que je n’aime pas. Ils sont surexcités et me pelotent le cul dans la foule. J’aimerais bien me barrer mais David est encore accroché au gros qui lui tient fermement la main. Il ne peut lui échapper et je sens bien que lui aussi s’agace de se faire peloter le cul… Enfin, comme on grogne fort et qu’on veut partir, ces messieurs décident de nous raccompagner. Super. Putain, ce n’est pas que je n’aie pas confiance mais là, vraiment, je n’ai pas confiance ! Retour dans leur voiture pourrie, avec deux hippopotames et trois espèces de Tsiganes édentés. Évidemment, sur la route, ces cons roulent vite et vont bientôt s’emplafonner dans un dos d’âne qu’ils n’avaient pas vu. Ce n’était pas prévu. Ça calme. Ils sont plus dangereux que des mecs bourrés… Assis entre deux des gars, je sens la pression monter. Au moins 25 ans, sans être mariés et donc puceaux, du moins avec les femmes, ils ont envie de baiser. Me le font comprendre en me montrant leur doigt avant de se le mettre dans le cul. Et, bavant et ricanant de façon cynique, ils me demandent si j’aime ça, les doigts dans le cul. Faut voir leur tête. Ces gars-là sont archi frustrés. Ils vont nous attraper ! Quelle galère, putain, je vais me faire enculer par des gros porcs dans ce putain de pays ! Non, il faut trouver une solution… Que faire… Où mène cette route ? Où nous emmènent-ils ? Ça vous dit une glace, j’demande… silence… Eh ! Ça vous dit une glace ?… deux fois… Et puis c’est un oui général ! On va bouffer une glace avant de baiser, ça c’est cool !

Siren

Je ne sais pas comment s’écrit son nom, exactement. C’est la Norvégienne… Nous sommes restés tous les deux après que tout le monde s’est couché. On fume des clopes en discutant. Elle a trente-deux ans, parle français correctement et dit qu’en Norvège, on est plus libre et plus ouvert. C’est vrai, sans doute. Mais là. Elle a surtout envie de moi. Elle se caresse les épaules, ouvre sa chemise chaque fois d’un bouton de plus et me laisse entrevoir ses seins. On est tous les deux bien près. Qu’est-ce que je fais ? C’est incroyable, je n’ai pas envie de la baiser ! Enfin, si, j’ai envie, on pourrait aller là, juste derrière, sur une couverture avec une petite bougie. Je n’ai qu’à me lever, la prendre par les épaules et lui caresser délicatement les seins. Même pas besoin de l’embrasser. Elle est fine, plutôt jolie fille… Hier, les gros porcs m’ont dégoûté. J’aime pas les mecs parfois. J’aime pas leur esprit basique. J’aime pas baiser les filles. J’aime pas. Elle veut. Je pense à toi, Meriem. Je vois ta gueule dans la webcam. Je pense à demain. À chaque fois que je passe la nuit avec des filles, comme ça, vite fait, j’ai des remords. Surtout quand je bois. Je me sens dégueulasse. Pourtant, c’est ce qu’elles veulent. C’est ça, le pire. Une autre clope… de quoi on pourrait parler ? Elle croit que je n’ose pas. Si je reste là. Près d’elle. Elle va me sauter dessus. Je me lève et articule : « Salut, je vais me coucher. Bonne nuit. »

Balade enturbannée Route d’Islamabad

Des choses que je n’explique pas… Sur la belle autoroute, dans le bus, on nous a passé un film indien dans un genre que je n’avais pas encore vu. Et surtout pas en Inde. Ou alors en privé… Le film peut se résumer ainsi : dernière Audi, Porsche, rencontre, plage et baise ! C’est là le hic. Dans le bus, les barbus rouspètent. Alors on a avancé la scène. Mais les barbus n’ont plus regardé le film. Ils ont prié. Qui regardait alors ? Qui sont les barbus plus barbus que les autres ? Qui aime ces films ? Deux mondes… Ceux qui veulent que ça change. Ceux qui ne veulent surtout pas que ça dégénère. Qui gagnera ? Ça va changer ou pas ? À côté de ça, les Pakistanais ont tellement la foi ! Même s’ils ne sont pas tous pratiquants, ils respectent les règles du Coran qui organisent leur vie de tous les jours. À côté, en Afghanistan, il y a les talibans, Au Pakistan, des groupes islamistes puissants, À Lahore, partout, il y a l’Amérique. On aime l’Amérique à Lahore. Alors, ça va changer ou pas ? Moi, perso, on ne me demande pas mon avis. D’ailleurs, je ne suis pas d’ici et pas musulman mais si on me le demandait, je dirais que j’aime bien les barbus. Ils ont raison. Il y a des choses indécentes. Suis-je extrémiste ? Les gens aiment les films de merde. Ils aiment les films de cul. Mais là, il y a des enfants dans le bus. N’y a-t-il pas de compromis possible entre libéralisme et fondamentalisme ? Être libre sans extrême, ça n’existe pas ? Trouver des limites morales à l’indécence… On a besoin d’eux, de leur sagesse, Que nous nous bornons à dissimuler.

Pakistan Zindabad !

Islamabad

Quartier G7. Ciel bleu clair puis teinte orange de la nuit. Lumières blanches des lampadaires. Pas un souffle de vent. Vastes étendues de jeux, saules et peupliers, enchevêtrés. Pieds de cannabis sauvages, poilus comme des orties. Fontaines, ruisseaux, vallées silencieuses. Chemins recouverts de feuilles. Maisons sans étage. Sans fenêtre. Places comme patio, dissimulées entre les murs, autour d’un eucalyptus. Vendeurs ambulants. Glaces à l’eau. Poussettes. Femmes et filles dans les ruelles. Vieillards silencieux, ridés au coin d’un mur. Tout est tranquille. Atmosphère paisible. Il fait doux, de cette douceur d’un soir printanier. Les enfants courent, crient, chahutent. Les hommes, dans la plaine, jouent au criquet. Sueur, cris, formes discordantes de robes blanches. Glissement de babouches. Ombres de la nuit. Sommeil tranquille. Sérénité. Apaisement… Gronde. Vibre. Là-bas. La montagne. Dieu qui rendra fou la terre, tuera, démolira la vie, fera pleurer les hommes sur les corps meurtris de leurs enfants…

Tremblement de terre au Pakistan

De retour en France, j’apprenais les tristes nouvelles du Pakistan. Aux informations, défilaient les images d’Islamabad ravagée avec des blessés encore enfouis sous les décombres et des morts par dizaines de milliers. Il faut les aider. Le Pakistan connaît aujourd’hui une transformation idéologique qui sort le pays de l’arriération sociale et économique et le mène vers des valeurs que nous prônons, celles de la démocratie, de l’éducation, du respect des droits de l’homme et de l’émancipation des femmes. Si nous sommes solidaires aujourd’hui, plutôt nous que certaines institutions mal venues, ils croiront définitivement en notre sollicitude, en nos valeurs, qui sont celles de l’entraide internationale pour un développement économique à l’échelle mondiale. La balance est prête à basculer en notre faveur. À l’inverse, si nous les laissons tomber, ils se tourneront une nouvelle fois vers Dieu, avec les conséquences que cela implique dans le contexte actuel… Islamabad a été construite dans les cinquante dernières années, à partir de la création du nouvel Etat. Elle n’est heureusement pas une ville très peuplée, ni culturelle, ni historique mais une capitale qui n’existait pas et qu’on a placé volontairement au centre du pays. 500 mille habitants vivaient à Islamabad. Rawalpindi, à 20 km seulement, est une mégapole de plusieurs millions d’habitants qui n’a heureusement pas été touchée. Au moment où j’écris ces lignes, je ne peux pas m’empêcher de revoir la vie tranquille qui se déroulait là-bas. Dans un espace compris entre les rivières et les forêts attelées aux montagnes, Islamabad était une bien jolie ville. Calme, moderne, climat agréable, végétation luxuriante, on y trouvait les plus belles voitures du pays et des hommes d’affaires ayant échangé le costume traditionnel contre la chemise et la cravate. Les différentes zones professionnelles et commerciales, les quartiers résidentiels et présidentiels, les grands hôtels internationaux se partageaient les quartiers, séparés par de vastes boulevards fleuris. Islamabad est détruite aujourd’hui. C’est la deuxième catastrophe au Pakistan depuis que j’ai quitté le pays. La première fut une collision de train qui fit plus de cinq cents morts au mois de juillet. Chaque fois, je suis touché bien plus que si je ne m’y étais jamais rendu. J’ai beaucoup aimé ce pays et ses merveilleux habitants. En France, pendant la catastrophe, j’entendais les gens marmonner qu’ils n’enverraient jamais d’argent là-bas malgré leur compassion car ils craignaient qu’il soit détourné et enrichisse le terrorisme. C’est peut-être encore ce que je penserais si je ne m’y étais pas rendu. Heureusement, les terroristes sont bien peu nombreux par rapport à l’ensemble d’une population dénuée d’ambition guerrière, généreuse comme aucune autre et acharnée au travail pour, comme partout dans le monde, donner à ses enfants une vie décente. Tous ces sourires, cette sincérité, cette générosité m’ont, pour toujours, prouvé que les Pakistanais ne méritaient pas leur triste réputation. Bien sûr, il faut les soutenir ; la population est faite d’hommes, de femmes et d’enfants comme nous, et il n’y aura jamais assez d’argent pour tout reconstruire, organiser et multiplier les infrastructures. La pauvreté, la peur et l’ignorance sont les véritables responsables de la haine. Le gouvernement pakistanais est surveillé de près par la communauté internationale, et l’argent de la banque mondiale leur parvient sous certaines conditions, comme notamment : la chasse aux terroristes, poursuivis, dénoncés et arrêtés tous les jours. Le Pakistan n’est pas un pays conquérant mais un pays en voie de développement. Il faut l’aider.

Peshawar

Notre arrivée à la station de bus est fracassante avec nos visages effarés et perdus sous nos gros sacs, au milieu de tous ces pachtounes enturbannés. Un petit groupe se forme bientôt autour de nous, avec sourires de bienvenue, et nous aide en expliquant au conducteur du rickshaw comment nous emmener à l’hôtel où nous avons rendez-vous avec des voyageurs déjà croisés à Lahore. Le rickshaw traverse la ville puis nous dépose dans la rue indiquée. Un chemin, une cour derrière une boulangerie après un étroit passage où des jeunes jouent au criquet. Une arcade sur l’entrée d’un patio fleuri, des jeans et des tee-shirts qui sèchent sur un bout de nylon : c’est bien là. Nos amis sont installés sur une table en bois brut, gravée de noms, de dates et entourée de fauteuils, sous une pergola de vigne, en cette journée ensoleillée du 1er avril. Derrière, une porte à battants ouvre sur un dortoir où s’enfonce une quinzaine de lits dans la fraîcheur et la pénombre, clairsemée de minuscules fenêtres. Le proprio, un vieux monsieur à la barbe blanche, a des yeux de loup qui nous traversent en silence quand il circule en dandinant son corps bien portant, les mains croisées derrière son dos. Cette personne, à l’allure si sage, vend un peu d’opium et d’héroïne. Juste pour arranger. C’est pourquoi, les deux jeunes Danois qui sont là depuis une semaine n’ont pas décollé de leur lit. Ensuite, ils prendront un avion pour se déchirer avec de la coke en Colombie ou avec du crack en Thaïlande. Chacun son voyage. C’est vrai que le prix de l’héroïne incite à consommer, surtout qu’elle est pure. Et je sais bien que c’est bon, cette merde là. Certains diront que c’est dommage, mais je n’en prendrai pas. Quelques pipes d’opium, déjà, me gardent au lit jusqu’à des heures sans nom… Pour me bouger, je dois faire appel à la gourmandise, attisée par le parfum de spécialités délicieuses que je ne sens pourtant pas, mais que j’imagine tant je sais qu’elles m’attendent. Alors, c’est seulement en sortant de la boulangerie, le menton dans la crème, que j’aperçois la rue, la ville et me dis qu’il est temps de faire autre chose que de rêver… Nous sommes à Peshawar. La première ville en venant de Kaboul, en Afghanistan, par le seul passage praticable : la passe de Kyber dans les montagnes de l’Indu Kuch. Tous les envahisseurs, ainsi que les explorateurs, sont venus de par-là, puis par Peshawar. Des choses incroyables se voient encore ici aujourd’hui, dans cet espace multiculturel : fief des Pathans ou Pachtounes qui sont majoritaires dans la région, Peshawar est une ville d’affluence. Des Penjâbis viennent de la vallée de l’Indus, des Sindhis remontent du port de Karachi au sud, sur la côte de l’océan indien et quelques nomades Baloutches descendent des montagnes arides et désertiques de l’ouest, en direction de l’Iran. Voilà pour les Pakistanais. Ensuite, viennent les ethnies afghanes tout aussi nombreuses. On trouve des Tadjiks aux yeux bridés qui descendent des régions proches de la Chine. Des Hazaras, des Nouristanis et des Ismaéliens du Centre et du Nord-Est de l’Afghanistan. Enfin venus des plaines du nord, les Turkmènes, Kirghizes et Ouzbeks se promènent, eux aussi, dans la ville marchande. Des peuples hétérogènes s’organisent donc ici, largement identifiables grâce à leurs traits et leur costume caractéristique mais aussi, quoique de façon moins visible, par leur langue et leur alphabet. L’ourdou est le langage officiel du Pakistan mais les Baloutches et les Afghans, pour ne citer qu’eux, utilisent l’alphabet arabe et écrivent en farsi. Le Pakistan et l’Afghanistan sont peuplés de minorités ethniques et confessionnelles. Leur Etat ne parvient pas à les cimenter en une unité nationale car toutes luttent encore entre elles, soit pour le pouvoir, soit pour l’indépendance ou encore, même, quelquefois pour la simple légitimité d’exister. Et cela contribue, comme on l’a vu, à renforcer les organisations islamiques, puisque l’islam est le seul drapeau qui puisse les rassembler. Le général Mousharaf, maître actuel du pays, s’est lancé, aux côtés des Etats Unis, dans la guerre contre les talibans et Al Qaïda. Son pouvoir est contesté par une partie de la population, ainsi que l’appui des Etats-Unis, mais il est maintenu au pouvoir grâce à une force armée imposante. Cela lui permet de recevoir l’aide de la communauté internationale et ainsi, de persévérer dans la démocratie, la lutte contre le grand banditisme, le terrorisme et la corruption tout en favorisant le développement économique. Le Pakistan a une croissance annuelle d’environ 6%. La France, en comparaison, a aujourd’hui une croissance de 0, 2%, autant dire nulle. L’Afghanistan, quant à lui, a une croissance en augmentation, mais l’argent provient pour un tiers des dérivés du pavot, sans réelle culture de substitution rentable… Les tirs de mitraillettes qu’on entend la nuit ne nous rassurent pas, même si notre hôte reste tranquille et dit qu’il n’y a pas de danger. Forcément, lui se remplit les poches. Dans le journal, assassinats, règlements de comptes et prises d’otages sont quotidiens. Le grand banditisme, comme partout, n’a pas intérêt à ce que le gouvernement s’impose. Il tente de créer la discorde pour continuer tranquillement ses affaires. Aujourd’hui, c’est la grève. Une nouvelle grève pour protester contre des réformes institutionnelles. Nous préférons ne pas sortir. Ambiance décontracte. Pression diffuse. Pakistan, le 02 avril 2005.

Petite promenade ce matin dans le vieux bazar de Peshawar. Il fait chaud, les ruelles étroites s'effilochent comme des brins de soie de toutes les couleurs. Pour passer plus inaperçu, j'ai mis le déguisement complet avec le chapeau pachtoune et je me promène au hasard du centre ville... Je vois les femmes en bourka choisir leurs strings et leurs petites tenues coquines… Elles ne doivent pas avoir grand chose dessous et puis, on ne voit que leurs yeux, mais quels yeux ! Voici, cachée, l'entrée d'un joli jardin qu’entoure un temple chrétien orthodoxe du XIIIème siècle. Je montre mon passeport. La kalache se baisse. Le sourire du gardien : – Christian ? – Yes, I'm French. – Ok come. Me voilà sur les bancs de ce petit temple dans un silence apaisant, avec un garde du corps, kalachnikov en bandoulière. Mais ici, même les magasins sont parfois protégés par des gardes armés. Et non pas seulement les temples. Ce garde règle seulement l’entrée du lieu. Chrétiens, en effet, nous sommes à l’honneur chez les Pakistanais puisque nous sommes des gens du Livre et Jésus est pour eux, lui aussi, un prophète… Cet après-midi, je vais pousser jusqu’au Smuggler Bazar dans la zone tribale, là où se vend, au kilo, le fameux haschich appelé shiras et, là aussi, où se fabriquent les armes. Alors, j’organiserai leur acheminement, par le réseau de contrebande libanaise, jusqu'en France où je ferai, cet été, mon coup d'Etat. Mais en attendant, je m'achète, au kilo, des fraises délicieuses, les trempe dans la crème et après ça les dévore délicatement une à une. Puis, je sirote une tasse de kawa, le thé vert de Chine aromatisé de cardamomes que j’accompagne d’un de leurs petits pétards tout frais qui rendent si léger et gai. Le tout, de la terrasse qui surplombe la petite place de Saddar Bazar. Pour le coup d'Etat, on verra demain...

La zone tribale

À quelques kilomètres de la ville, une semi-frontière indique le passage dans la zone tribale non administrée par le Pakistan. Elle s’étend jusqu’à la véritable frontière, sur la passe de Kyber, où sont regroupés les réfugiés afghans qui ont fui les talibans aussi bien que les bombardements américains. C’est dans cette zone que sont recrutés les terroristes et organisés des camps d’entraînement. C’est là aussi, tout près, qu’on a encore dernièrement bombardé un village, faisant une vingtaine de morts civils, pour atteindre, d’après un communiqué de presse américain, un des organisateurs des attentats du 11 septembre, qui se cachait là. C’est ici enfin, que sont fabriquées les drogues à base d’opium et les armes, dans des entreprises, et c’est le comble, que nous pouvons visiter… Un petit magasin, tout ce qui il y a de commun, avec en rayons, différents produits. Le patron, chauve et rasé, a une tête de Russe ou au moins de Kazakh. Il est habillé à l’occidental et ne quitte pas son téléphone portable. Pour faire le malin, il me met un kilo de haschich dans une main et un autre d’opium dans l’autre, pour que je goûte, avant de me demander, tout sourire, combien de kilos j’en veux. Après avoir choisi quelques grammes de chaque, que je paye une misère, et bien défoncé par tous les joints que ses acolytes roulent là dedans, le gentil monsieur m’annonce de faire extrêmement attention en sortant, et plus encore à la frontière, si je ne veux pas me retrouver en prison. Des policiers du gouvernement, en civil, se promènent partout et évidemment, choisissent les petits rigolos comme moi, pour leur faire cracher des tunes. Merci du conseil, mec, ça me rassure. Et en plus, vu que j’ai fumé, je n’ai pas du tout tendance à être parano... Il aurait mieux valu ne rien me dire et que j’avise, confronté à la situation, plutôt que d’y penser sans cesse et qu’en fait il n’arrive rien. Je sors du magasin par la porte de derrière, comme on m’indique, et je pars tête basse à travers le marché pour arrêter le premier bus en partance. Je ne fais pas le malin, cela va sans dire, mais enfin me voilà dans le bus et bientôt la frontière est passée. Le gars à côté de moi, un jeune aux yeux bleus avec une grande barbe blonde, me fixe depuis un moment entre consternation et émerveillement, pour finalement me marmonner du fond de la gorge : I’am al Qaïda ! Le pauvre gars n’avait certainement jamais vu d’occidentaux et ne s’attendait pas à en trouver un, assis à côté de lui dans ce bus. Il me sourit maintenant qu’il a craché son morceau, bien que d’une façon un peu troublante… Un espion américain en train de se foutre de ma gueule ?! Comme j’essaie d’entamer la discussion, je me rends compte qu’il ne sait rien dire d’autre en anglais. Mais mes questions attirent l’attention d’un autre gars debout qui, lui, parle parfaitement anglais. Je veux qu’il fasse l’interprète, enthousiasmé que je suis de rencontrer un membre supposé de la fameuse organisation, mais ils s’embrouillent très vite et le jeune étudiant debout a bien trop de questions à me poser pour perdre son temps avec l’autre qui paraît finalement peu intéressant. Je ne sais pas, d’ailleurs, s’il m’apprendrait quelque chose que les médias n’aient pas déjà raconté, amplifié. Je ne sais pas si je n’en sais pas sur Al Quaïda plus que lui-même car la presse ne parle que de ça depuis les attentats. Terrorisme par-ci, islam par-là ! Enfin, il n’a pas de haine puisqu’il me regarde avec un sourire ravi, heureux de me rencontrer, comme si nous devions bientôt disputer une partie de criquet et que nous appartenions chacun au camp opposé. Soit il se fout de ma gueule, soit je ne comprends rien et on nous raconte des conneries. Mais je pense surtout que nous prenons ça trop au sérieux. Ce gars-là n’ira pas poser des bombes dans nos pays. La pression monte à force d’en parler tout le temps, la pression monte comme si on voulait d’autres bombes, comme si on cherchait des ennemis pour nous faire la guerre. Oui, c’est exactement ce que nous faisons car, partout dans le monde, on suit les mêmes informations, qui en rajoutent tout le temps, qui montrent le pire et je me demande si ce n’est pas ça qui nous excite tous… Afghan de Kaboul, l’autre jeune ainsi rencontré, étudie l’informatique dans l’université de Peshawar, avec une petite bourse de l’Etat qui lui permet de louer un appartement où il m’emmène boire le thé. Nous passons la soirée à discuter vivement de tout ce que je viens de vous raconter, si bien qu’il veut m’emmener le lendemain dans sa famille à Kaboul, me promettant qu’il n’y a rien à craindre, que son magnifique pays, encore sous perfusion financière internationale, va sortir du sous-développement grâce à la motivation des jeunes universitaires et surtout, s’ils ne sont pas abandonnés aux mains des extrémistes. J’étais d’accord évidemment pour me rendre à Kaboul avec lui, mais nous avons oublié une chose importante : le visa ! Il n’y a pas moyen de passer la frontière en disant simplement, je vais faire un tour et reviens dans quelques jours. Il faut un tas de paperasses, plusieurs jours d’attente et aussi, une bonne vieille prise de sang !? Quelle idée détestable ces frontières politiques qui séparent des peuples communs et réunissent des ennemis irréconciliables…

À Peshawar, comme partout au Pakistan, on ne peut pas demander un renseignement sans être immédiatement conduits où on veut aller, sans être invité à boire le thé et, toujours, sans possibilité aucune de rendre quoi que ce soit. Hospitalité, solidarité, personne ne vous laissera tomber. Au contraire, chacun prendra un peu de son temps pour vous faciliter les choses, vous aider du mieux qu’il peut… Je cherchais un magasin de chapeau. En voulais un pachtoune, depuis que les médias français ont fait des documentaires sur le commandant Massoud - toujours avec son chapeau - que nous avons financé pour la lutte contre les Soviétiques et ensuite contre les talibans, avant qu’il ne se fasse exécuter la veille des attentats du 11 septembre. Il était l’idole de la résistance afghane, candidat de la démocratie et surtout le plus grand opposant aux talibans contre qui il tentait de rassembler une nouvelle fois le peuple. L’attentat qui l’a tué, le 10 septembre 2001, est une coïncidence qui n’en est pas une… Bref, je voulais ce chapeau, que beaucoup portent ici mais je ne trouvais pas, dans les ruelles commerçantes du centre ville, de magasins qui en vendaient. C’est ainsi que nous avons rencontré un grand monsieur, homme de prestance, dignitaire de la région, qui est venu avec nous à travers la ville, s’est engagé dans les négociations sur le prix du chapeau - je ne sais même plus qui, de nous ou de lui, a payé - puis il nous a emmenés dans une tchaïkhane prendre le thé et discuter paisiblement. Enfin, il voulait nous raccompagner jusqu’à notre hôtel en bus, même si, discrètement, il regardait sa montre. Tout ce temps pris pour nous servir, alors qu’il devait avoir tant de choses importantes à faire, montre à quel point les Pakistanais ne sont pas des barbares comme veut bien le dire la presse, et comme ils sont passés maîtres de l’hospitalité. Nous avons eu bien du mal à lui refuser de nous raccompagner et il nous a serré chaleureusement la main avant de disparaître dans la foule. C’est ainsi chaque fois que vous demandez un renseignement et c’est avec un énorme plaisir qu’on vous répond et vous aide. C’est un devoir pour eux de pratiquer l’hospitalité, c’est exact, mais c’est tellement rentré dans les mœurs qu’ils y prennent un plaisir immense et en obtiennent une satisfaction profonde.

Notre temps à Peshawar est écoulé. Demain matin, nous reprenons la route d’Islamabad pendant que d’autres poursuivent leurs démarches pour se rendre en Afghanistan. Un Argentin, notamment, qui profite de l’hospitalité des mosquées où il dort le plus souvent, pour continuer son apprentissage théologique de l’Islam. J’ai beaucoup de regret de ne pas me rendre en Afghanistan après nous être tant attachés aux Pakistanais. Le voyage promettait d’être exceptionnel car les Afghans que nous voyons et que nous rencontrons semblent eux aussi très chaleureux. Enfin, ce sera pour un autre voyage. Nous ne verrons pas Kaboul, non plus Mazâr-E Charif, Kandahar… Mais, nous verrons Quetta, ensuite les villes légendaires de Chiraz, d’Ispahan en Iran, si demain nous avons notre visa. Et puis on ne peut pas tout voir. Apprendre à se satisfaire ! Apprendre à se satisfaire ! Ça ne rentrera pas !

Retour à Islamabad.

Notre passage dans la capitale, à l’aller, a été rapide. Le temps de déposer notre demande de visa à l’ambassade d’Iran et nous repartions sur la route de Peshawar. Une amie d’une amie d’une amie iranienne a proposé de nous donner ses coordonnées à Téhéran. L’ultime chance de rentrer dans ce pays qui n’accepte pas facilement de donner un visa touristique à des occidentaux, tout en promouvant le tourisme dans les pays arabes davantage susceptibles d’apprécier à sa juste valeur l’art perse… Nous verrons bien et sinon, nous trouverons une autre solution... La prise de sang pour l’Afghanistan… Ou bien, le visa de transit qu’on ne peut normalement pas nous refuser une fois arrivés à la frontière iranienne. Mais ce visa ne nous laissera que sept jours pour traverser le pays, ce qui serait regrettable. Le minibus nous dépose à Rawalpindi sur une vaste plaine où les véhicules motorisés ont remplacé définitivement les caravanes de dromadaires qui y ont pourtant séjourné durant des siècles. Les temps changent. Aujourd’hui, ils changent très vite. Ainsi, tous les voyageurs qui sont passés ici ont vécu une histoire différente, bien que cet itinéraire ait été parcouru et raconté des centaines de fois. En voilà une de plus… Visa iranien obtenu. 5 .000 roupies pour un bout de papier collé sur notre passeport. On s’offre le plus prestigieux restaurant de la ville. Arrivés en taxi devant l’hôtel Palace, nous empruntons l’allée illuminée jusqu’à l’entrée du grand hall où une nuée de pétasses nous ouvrent les portes du luxueux salon. Derrière des fontaines et des lumières tamisées, des hommes traitent leurs affaires. Ces barbus en cravate et lunettes teintées me font penser aux mafieux bulgares affichant sans crainte leurs magouilles et leur fortune. Prière de nous asseoir autour d’une table dignement dressée. Le repas est frugal. Une gorgée d’eau avalée est immédiatement remplacée. Dommage qu’ils ne servent pas de vin. 600 roupies chacun, environ 10 euros pour pas grand-chose. Les kilos égarés le long de ce voyage ne seront pas repris ici. Il faudra attendre de rentrer chez maman…

Retour sur mon lit. Tombent en s’émiettant, virevoltant, les morceaux de peinture du plafond, sur mes mains comme des mots. Sur mes yeux fermés. Mes rêves sont agités. Islamabad est un carrefour. Au nord, en s’enfonçant dans les montagnes, on rejoint Gilgit puis la Chine. Deux semaines, tout au moins. Arrêtés parfois par des éboulements. Des ponts écroulés dans l’écume de la fonte des neiges. Par l’armée. La montagne. Le froid et l’hiver. La boue et la misère. Je ne veux pas aller au nord. J’abandonne Daoud et prends la route de l’ouest. Te rejoindre. Nos chemins ne se croiseront pas, m’as-tu écrit. « Je ne t’attendrai pas. Je n’aime pas attendre. Je suis impatiente... » Et moi, tu me saoules. Je ne vais pas te courir après. Je ne vais pas te rejoindre sur un coup de tête. Nous sommes maintenant séparés depuis un mois. Et encore deux mois minimum de terre inconnue restent à franchir pour tes beaux yeux. Des yeux que je verrai dans les céramiques de Mechhed, dans les eaux pures des oasis, dans les mirages du désert. Ça me suffira. Où sont les belles promesses d’une relation qui devait être libre dans l’espace et dans le temps. Nos chemins ne se croiseront pas, alors. Va te faire foutre si tu n’es pas capable de poireauter sur une chaise longue de la Méditerranée, que je te retrouve nue et bronzée un soir de printemps turc ou grec. Va ton chemin et ne m’écris plus pour me dire que tu t’ennuies de moi, que tu te morfonds de solitude, que tu as envie de me voir maintenant et peut-être plus, bientôt. Crois-tu que je serais assez con pour traverser l’Iran, sans la voir, pour une femme qui m’abandonnera dès qu’elle sera lasse... Oui, je suis assez con. Oui, je prends la route de l’ouest. Le train traverse la moitié du pays, les palmeraies des confluents de l’Indus, le blé vert du printemps dans les plaines, les champs de coton de Faisalabad, les marchés de Sukkur, l’entrée dans les roches dorées du Baloutchistan, les précipices de Sibi, les tunnels, les check points, les barbes et les kalachnikovs. Autant de paysages qui défilent comme les sentiments de mon cœur. Rien de meilleur qu’une ouverture dans un compartiment de train pour les jeter un à un dans l’oubli. En arrivant à Quetta. J’ai changé d’avis. Tu feras bien ce que tu veux. Et moi aussi.

Baloutchistan Quetta.

Daoud est finalement resté avec moi. Armand et Julie, partis quelques jours avant nous, nous accueillent à la gare de cette ville qui nous effrayait tant, dans l’ordonnancement de notre voyage. Depuis Istanbul, nous parlions de la ville des talibans au Pakistan. La ville anti-occidentale… Et puis… Nous y sommes. Quelles gueules ils ont, c’est impressionnant ! Ces regards, ces visages, ce style ! Longs turbans qui tombent, barbes superbement taillées, yeux clairs sur peau tannée, cisaillée, couleur de cendres. Dignes comme des boucs, balafrés, sévères… et puis souriants, une paille dans la bouche sirotant un coca cola ! Une image incrustée dans ma mémoire mais que j’aurais bien voulu montrer au monde qui m’entoure. Ces vieux bougres, taillés dans le roc de la montagne, dont les mains sont plus larges que des pelles, la barbe mouillée par des bulles de coca cola ! Il faut traverser des paysages lunaires, des champs de rocs et de sable, des montagnes hirsutes, déchirées sous un ciel bleu piqué de vautours, pour boire ça ! Du coca cola ! Une terre inhospitalière dans un monde séparé du monde à l’infini des montagnes et du désert. Un canal ensablé et vibrant de moustiques, l’ombre de quelques arbres et le terminus d’une gare suffisent, dans ces lieux, pour établir une ville plus légère qu’un songe dans un cirque de montagnes absolument nues et disproportionnées. Une ville éparse, légère, pleine de répit, où d’innombrables pacotilles arrivées là à mesure des années s’accumulent comme dans un grenier poussiéreux. L’échine de la ville, Jinnah Road, l’avenue principale, semble appartenir à un décor de western avec ses bâtiments sans étage et ses vitrines en bois vernis. Des vieillards enturbannés, de grande prestance, flottent sur des vélos silencieux*. De vieilles roulottes en bois, séchées à craquer par le soleil, promènent des épaisseurs de tissus en forme de femmes dont les yeux sont les fenêtres des prisons. Quetta : 1.800 mètres d’altitude, 200.000 âmes, et quelques chameaux. La Perse dort dans son manteau de sable à 800 km à l’ouest d’un désert hostile. Au nord, une petite route militaire traverse la zone des cultures, s’engage dans une plaine aride puis s’élève jusqu’au col de Kodjak et aux massifs de la frontière afghane. Au nord-est, un embranchement de la voie ferrée gagne Fort Sandeman au pied des Monts du Waziristân. Quelques clans Pathans les habitent avec leurs troupeaux de chèvres et de chameaux qui, la transhumance venue, gagnent la passe de Bolan sur la route du sud et descendent dans les prairies douces de l’automne. Voilà pour les points cardinaux. Rien ne pèse sur la ville solitaire, distante de plusieurs centaines de kilomètres de tout autre rassemblement humain*. Elle vit donc à l’écart du monde, dans une échelle de temps étendue comme le désert, et dont la quiétude est seulement bouleversée lors de tremblements de terre…

À l’heure dite, une douzaine de croyants, tout en barbe et en prière, s’agenouillent sur un carré de pelouse, dans la cour de l’hôtel. Le thé servi, on reprendra la discussion où on l’avait laissée. Daoud et Armand chatouillent la guitare dans la chambre et je l’entends rire. Julie s’est attelée aux Cavaliers de Kessel. J’essaie de faire des ronds de fumée, sans pour autant y parvenir, accoudé à la rambarde de l’étage, tantôt plongé dans l’observation de la montagne, derrière lesquelles le soleil disparaît dans les champs de prières, tantôt dans le théâtre de la rue où quelques bergers nomades, droits sur leur monture et suivis de leurs chèvres, défilent en soulevant la poussière. Poussière aussitôt déposée sur les fruits et légumes de l’épicier iranien, aussitôt soufflée par son boy de dix ans qui ressemble à mon petit frère. Quand je descends prendre le thé, il s’assoit en face de moi, tout sourire, pour partager ses bonbons, partager son plaisir… Il me ramène à des milliers de kilomètres, là où j’ai laissé mon enfance, dans cette petite chambre qui n’aura pas changé, loin derrière ces montagnes où, déjà, la nuit est tombée. Alors, je revois la maison, les rivières, les champs, les forêts qui m’ont vu grandir et qu’il me tarde de redécouvrir. Le voyage m’a montré finalement à quoi ressemblait chez moi, de quoi était faite ma vie et quels étaient les gens qui comptaient pour moi. Par comparaison, avec la distance, on s’éloigne seulement pour mieux voir, pour apprécier davantage ce que nous avions trop vu et trop entendu.

Voyager. Être nomade. Chaque semaine entrer dans une nouvelle atmosphère, découvrir un autre monde. Si longtemps. Tant de fois. Perdus dans les paysages, dans les villes. Survoler les hommes, leur environnement, leurs motivations et leurs âmes. Vivre de leurs illusions. Partager leurs univers. Au moins quelques instants. Mais rien de tout cela ne t’appartient. Ce n’est que la vie des autres. La tienne ne peut être faite de tous ces morceaux qui, ensemble, n’ont aucun sens. Tout s’agite et tu restes là, à contempler. Indifférent. Inutile. L’eau reflète sans même se troubler. Miroir, voleur d’images et d’émotions. Le décor te prête un instant ses couleurs…Devenir invisible. S’oublier. Apprendre de l’infini en accord avec le temps. Et puis rentrer. Rentrer avec tout ce désordre. Avec toutes ces idées. Ces rêves qui seront comme ceux d’un autre…Ce n’est pas un retour, seulement un autre lieu du voyage où l’on est déjà passé. La vie est un voyage. Ce n’est pas un retour mais une nouvelle arrivée. La vie, là-bas, aura changé à jamais. Ce qu’on a connu ne se matérialisera plus. Il n’y a plus rien de stable. Rien, depuis si longtemps, à quoi s’accrocher. Tout se ressemble. Rien ne s’assemble. Tout s’est écroulé. Quelque chose renaîtra derrière. Une nouvelle personne est née…

À qui sait attendre.

Les têtes d’agneaux sont entassées sur une table, tirant la langue aux passants, les yeux clos. À côté, quelques marchands de maigres légumes, d’épices essentielles et de vieilles étoffes dans un marché oublié au fond d’un quartier. Puis des armes, lasses de faire la guerre, qui se reposent allongées les unes contre les autres. Nous sommes au marché du quartier des réfugiés afghans qui sont nombreux dans la ville de Quetta proche de celle de Kandahar. Avec ces armes, autres déserteurs d’une guerre qui n’en finit pas : ceintures, casques, chaussures, drapeaux américains. Puis encore, ici et là, babouches retapées, chemises défraîchies, rapiécés et… broderies, dentelles sur étoffes raffinées, mêlées aux chiffons… Mes yeux ne lâchent plus ce bout de tissu camouflé sous les nippes. Je l’en sors, l’admire, telle une fragile princesse oubliée dans un monde de guerriers. Broderies vraiment fines. Long travail sur un tissu de qualité qui, si nous n’étions pas dans ce taudis, passerait aisément pour de la soie. En fouillant bien, nous dégotons quelques robes uniques au monde. Combien pour celle-ci ? Oh, pas grand-chose. Ce bazar ne vend que les biens de démunis qui ne désirent plus que manger. Le commerçant voisin, avisé des singuliers visiteurs, vient dire bonjour. Assis sur les tapis devant la devanture de planches, nous buvons le thé ensemble en bavardant car ici, le commerce est avant tout une relation sociale. Puis, chacun des commerçants vient nous présenter ce qu’il a de plus beau en robes. Souvent, ce qui leur semble beau ne nous plaît pas et ce que nous choisissons leur paraît dénué de valeur. Finalement, nous achetons cinq robes dentelées, brodées et colorées. Les Afghans sont contents, ils ne pensaient jamais les vendre. Aujourd’hui, à Kandahar, on ne porte plus ce style car il laisse la nuque nue... En France, nous n’en sommes pas là. Elles seront portées avec fierté. Leur prix est moins élevé que celui du nettoyage. Au pressing, l’homme nous dévisage de toute sa moustache. Combien pour nettoyer cette robe ? Il déplie, regarde, réfléchit : « 100 roupies. » « Non, non, c’est plus cher que le prix d’achat, nous en avons cinq alors combien pour le lot ? » « 500 roupies. » Le bougre ne veut rien lâcher. Il est froid et intransigeant. Sur son visage semble marqué, si vous n’êtes pas contents, allez voir ailleurs. Il n’y pas d’ailleurs. On essaie de négocier encore mais il n’y a rien à faire. Ok alors, pour 500 roupies. Mais tachez que ce soit bien fait. « Quand pourrons-nous venir les chercher ? » « Demain. » Le lendemain, nous achetons cinq nouvelles robes en retournant au marché afghan. Les marchands nous les avaient mises de côté après les avoir retrouvées dans leur souk. Discussion, thé, nous retournons ensuite à ce que l’on pourrait appeler le pressing. Le monsieur nous reçoit toujours sans sourire. Les robes ne sont pas prêtes. Combien pour les cinq nouvelles ? 500 roupies de plus, il dit comme si on était vraiment des cons. Pas moyen de négocier à nouveau. Heureusement qu’on ne les a pas payées cher. Nous devons revenir le lendemain. Elles seront prêtes. Nous repoussons donc notre départ. Déjà plus d’une semaine que nous sommes dans cette ville. En attendant, les jeunes du café Internet me font écouter de la musique dans la journée et, le soir, on parle ensemble de tout et de rien mais aussi de politique, de religion alors que ces sujets sont assez tabous. Celui qui tient le café a fait ses études à Karachi, la plus grande ville du pays sur la côte de l’océan indien, qu’il compare à une ville américaine. Puis il est revenu dans sa ville natale où il tente aujourd’hui d’organiser de petites manifestations culturelles autres que religieuses. Une nouvelle personne qui aimerait que ça change mais il sait devoir laisser le temps au temps. Les anciens demeurent ceux qu’on doit avant tout respecter. On ne bouscule pas des mœurs millénaires en une journée. À la fin de sa vie, il énumérera les choses qui auront changé. Et lui-même devra alors être à son tour respecté. Ainsi, rien ne doit aller trop vite, plus vite que le cycle des générations… Pourtant, chez nous, les anciens disent souvent être dépassés. Il est minuit passé quand je le quitte. Le lendemain, nous nous rendons au pressing, nous attendant à trouver les mêmes visages fermés et méprisants. Mais c’est tout le contraire qui arrive. Les robes sont prêtes, emballées très proprement. Nous sommes priés de passer derrière le comptoir du magasin. Alors, on nous paie le thé, l’incontournable joint de haschich et on s’ouvre enfin, jusqu’à nous traduire les messages des infos régionales de la télévision qui se divulguent au moment même. Avant de partir, gênés, nous recevons en cadeau deux shawar kamiz neuves qui valent, chacune d’elle, plus que le prix des robes et des nettoyages réunis… Dernier jour à Quetta

À l’étage enfumé d’une tchaïkhane, dans le brouhaha de voix d’hommes, quelques jeunes chrétiens entreprennent de monopoliser notre attention. Rien ne permet de les différencier des autres personnes avec qui nous bavardons car tous portent la barbe. Ce n’est qu’une fois sortis du bar, alors qu’ils insistent pour nous emmener dans leur quartier, qu’ils nous montrent une petite croix sur leur torse, accrochée au bout d’une chaînette. Nous sommes en effet, nous aussi, chrétiens de culture mais rien ne permet d’affirmer que nous le sommes encore aujourd’hui… Ce serait long de leur expliquer. Nous les suivons donc à travers les rues et allons visiter en premier la petite église qui n’est rien d’autre qu’une salle de classe avec un tas d’ornements peints et dessinés par la population jusqu’au tableau de Jésus qui arbore, ce qui est rare, un grand sourire. Dans la rue, nous partageons une partie de baby-foot avec les gamins du quartier. Il est assez rare en Inde et au Pakistan de trouver des adeptes du football. Il y en avait à Goa seulement, sans doute après la longue présence portugaise. Les footballeurs se ressemblent malgré tout de par le monde. Très vite, la partie se transforme en un match capital de world cup entre la France et le Pakistan. Les jeunes supporters sont au comble de l’agitation et une bagarre de petits poings éclate bientôt entre les enfants, nombreux autour du jeu. Les acclamations pour Zidane résonnent mais trop tard. C’est l’échec ; la France perd. Et il n’y aura pas de match retour cette année. Le calme revient et le championnat de rue pakistanais peut reprendre… L’étage d’une maison de la même rue sert de salle de musique. On nous fait visiter puis nous asseoir, avant de nous servir le thé pour patienter, le temps que des enfants courent chercher des musiciens pour improviser un concert. Toute la rue est au courant de notre présence et les enfants, surtout, se montrent derrière la petite fenêtre pour nous regarder. Le concert est vraiment sympathique. Mélange de musique traditionnelle pakistanaise, de chansons d’églises et…la musique du film Titanic. Original. Original aussi de se trouver ici, adoptés, invités à manger, à dormir et à rester indéfiniment. Un autre regard sur la religion chrétienne laissée à l’abandon dans ce coin du monde. Dans la nuit avancée, nous traversons une dernière fois cette ville pour rejoindre l’hôtel. J’ai le sentiment de les avoir abandonnés. En marchant dans la rue, les images de nos journées se superposent à celles de cette nuit. La ville est nue sous les étoiles, les rues balayées par le vent piquant, le quartier chrétien sans les enfants, le marché afghan sans couleur et sans vie, le boulevard des banques et des hôtels sous la lumière fade des néons. Abandonnés à jamais, puisque demain nous partons.

Khuda hafiz Pakistan.

En quittant Quetta en fin d’après-midi, le soleil effleurait déjà l’horizon et rendait aux roches pourpres la couleur des cendres rougeoyantes. La route s’élançait tel un rail de fête foraine entre les crêtes monumentales, s’ouvrant et se refermant, montait aux cols et dévalait les plaines sans fin. Je regrettais déjà de traverser le désert du Baloutchistan de nuit... Que n’avais-je pas vu : assurément montait aux astres, la Lune, d’une rondeur et d’une clarté qui, du fait de notre altitude, m’hypnotisait comme une prodigieuse illusion. J’ai su alors que ma nuit serait blanche. Plaines de sable, de cendres, roches striées, acérées, géantes, villages confondus, troupeaux dispersés, ombres enturbannées, barbes dessinées. Le tout d’un gris léger et doux sous l’œil fascinant de notre corps céleste. Paysages époustouflants ! Notre bus filait à travers les ornières. Les heures s’écoulaient sans qu’un bâillement ne fasse cligner mes paupières. Mes pensées de clair de Lune emplissaient mon esprit d’une sérénité à toute épreuve. Une nuit d’amour ! Le bleu sombre de la nuit s’éclaircissait déjà en rose humide du matin. Les bras écartés au vent, le visage rafraîchi par les ablutions, je n’étais que béatitude et ma prière à moi n’en était que plus profonde. Un matin de voyage où, plus prompt que le soleil lui-même, j’embrassais cette journée née devant moi. Mon désir de la vivre me brûlait plus encore que les premiers rayons aveuglants du soleil blanc des déserts. Nous rentrions triomphants, ivres de nouvelles connaissances, dans cet énigmatique pays qu’est l’Iran ! Rien ne pouvait me rendre plus vivant et plus libre qu’une telle nuit. Un souvenir me revint alors, une question, une seule, qui fit s’effondrer en moi l’espoir, ce jour-là, avec celle que je souffrais d’aimer : Que vas-tu chercher là-bas que tu n’as pas ici ? Sans rien dire, je suis parti. Les mots ne pourront jamais décrire ne serait-ce que le parfum du vent et son corps remplacer les sensations que j’éprouve en voyageant.

* Nicolas Bouvier
Des vacanciers marocains agressés sur les aires d'autoroutes espagnoles (23 juillet 2009) English translation pending
by Christalblue · 2009-07-23 · 56 replies
Des vacanciers Marocains agressés sur les aires d’autoroutes espagnoles RABAT | Les victimes ont été attaquées par des ressortissants d’Europe de l’Est à l’arme blanche et parfois à balles réelles.

AFP | 23.07.2009 | 16:20

Des familles de Marocains résidant à l’étranger et en route pour le Maroc à l’occasion des vacances d’été sont victimes d’agressions sur les aires d’autoroutes espagnoles, selon une source associative. "Plusieurs familles de résidents marocains en Europe ont été attaquées sur les aires de repos par des ressortissants d’Europe de l’Est à l’arme blanche et parfois à balles réelles, obligeant les vacanciers à remettre leur argent et leurs affaires personnelles", a affirmé jeudi le président de la Plate-forme intercontinentale des Marocains résidant à l’étranger, Jamal Rayan. "La police espagnole ne fait rien malgré les dépôts de plaintes. Je ne sais pas si c’est par laxisme ou à cause de la barrière de la langue", a ajouté M. Rayan, qui réside aux Pays-Bas. "Nous sommes conscients de ce problème, a réagi auprès de l’AFP le ministre chargé des Marocains résidant à l’étranger (MRE), Mohamed Ameur. "Les autorités marocaines chargées de la sécurité se coordonnent avec leurs homologues en Espagne sur ce sujet", a-t-il ajouté. "Bien évidemment, a-t-il poursuivi, toutes les aires de repos en Espagne ne peuvent pas être gardées jour et nuit". Les MRE représentent 12% de la population totale du Maroc, soit environ 4 millions de personnes. Chaque année à la même époque, la grande transhumance des vacances les ramène au pays. Cet été, les autorités marocaines estiment que plus de 2, 7 millions de MRE devraient transiter dans les ports et aéroports marocains. La grande majorité d’entre eux (70%) prennent le bateau, les autres l’avion.

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