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Il etait une fois... Au Pakistan, Parvat... English translation pending
15 mai 2005
A la frontiere de Mirjaveh, j'attends un peu moins d'une heure le bus pour Quetta. Je bois mon premier chai pakistannais, regarde discretement les hommes comme ils sont fringues... Enfin le bus arrive... Dur dur, mais ca va, personne a cote de moi. J'espere comme va s'arreter pour manger, j'ai rien achete a part a boire... L'air con ne fonctionne qu'a moitie, les rideaux sont fermes, je ne vois quasi rien du paysage, de toute facon, il est le meme sur les rares fois que je regarde derriere les rideaux, du sable, des cailloux, des montagnes rocailleuses au loin, la route est assez bonne... 3 heures apres, ouf, on s'arrete. Mais au milieu du desert, pour... La priere. Deux heures apres, encore un'arret, mais il n'y a qu'une petite echoppe vendant du coca et des biscuits... 2h apres, re stop au coucher du soleil pour la priere. La route devient de plus en plus euh... nids de pouleuse... J'en ai marre de ce bus, une femme et son fils sont a cote de moi, ce trajet n'en finit pas, je compte les bornes kilometriques... Plus que 180 km... Enfin vers 23h trente, on arrive a Quetta. Je prends un taxi, m'enerve car je me fait rouler, de plus l'hotel que j'ai choisi est complet, me voila seule a minuit a chercher un hotel... Mais les receptionnistes sont encore adorables, et viennent avec moi pour plus de securite. Je trouve un moche hotel, a 250 roupies, un boucan de dingue, et ce matin je change. Je vais au Muslim hotel. Simple mais calme avec un p'tit resto a cote. Donc ce matin, je m'installe, et vais faire un tour dans la ville de Quetta. Gravooooos!!!!!!!! J'hallucine non stop!!!! Les camions colores, les rickchaws colores, les bus, les tronches des gens... Afghans, patchounes, aux chapeaux differents, barbus ou non... Genial!!! Je vais a la poste, envoie qques cartes :) et traine dans le bazar... Achete qques trucs que j'enverrai demain avec d'autres choses d'Iran, un des vendeurs est super sympa. Beaut beaut atcha! :) Toutoubidou, je trouve aussi ce que j'aime, gratos, j'en profiterai encore ce soir avant de dormir hehehe... Je tel a Jeanique, lui raconte, et viens sur le net apres avoir pris plein de photos dans les rues... J'hallucine, genial! La vie est bien belle parfois :)
Bon, sorry mais ca fait un bout de temps que je suis sur le net, je continuerai demain... Plein de bonnes choses a tous!!! Vous inquietez pas je vais super bien!!! :D A tout bientot!
P.S: j'apprends par message prive de Pili que Tama n'a pas pu passer la frontiere car il manquait un tampon sur son visa :( Ou es tu??? Je pense bien a toi!!!
A la frontiere de Mirjaveh, j'attends un peu moins d'une heure le bus pour Quetta. Je bois mon premier chai pakistannais, regarde discretement les hommes comme ils sont fringues... Enfin le bus arrive... Dur dur, mais ca va, personne a cote de moi. J'espere comme va s'arreter pour manger, j'ai rien achete a part a boire... L'air con ne fonctionne qu'a moitie, les rideaux sont fermes, je ne vois quasi rien du paysage, de toute facon, il est le meme sur les rares fois que je regarde derriere les rideaux, du sable, des cailloux, des montagnes rocailleuses au loin, la route est assez bonne... 3 heures apres, ouf, on s'arrete. Mais au milieu du desert, pour... La priere. Deux heures apres, encore un'arret, mais il n'y a qu'une petite echoppe vendant du coca et des biscuits... 2h apres, re stop au coucher du soleil pour la priere. La route devient de plus en plus euh... nids de pouleuse... J'en ai marre de ce bus, une femme et son fils sont a cote de moi, ce trajet n'en finit pas, je compte les bornes kilometriques... Plus que 180 km... Enfin vers 23h trente, on arrive a Quetta. Je prends un taxi, m'enerve car je me fait rouler, de plus l'hotel que j'ai choisi est complet, me voila seule a minuit a chercher un hotel... Mais les receptionnistes sont encore adorables, et viennent avec moi pour plus de securite. Je trouve un moche hotel, a 250 roupies, un boucan de dingue, et ce matin je change. Je vais au Muslim hotel. Simple mais calme avec un p'tit resto a cote. Donc ce matin, je m'installe, et vais faire un tour dans la ville de Quetta. Gravooooos!!!!!!!! J'hallucine non stop!!!! Les camions colores, les rickchaws colores, les bus, les tronches des gens... Afghans, patchounes, aux chapeaux differents, barbus ou non... Genial!!! Je vais a la poste, envoie qques cartes :) et traine dans le bazar... Achete qques trucs que j'enverrai demain avec d'autres choses d'Iran, un des vendeurs est super sympa. Beaut beaut atcha! :) Toutoubidou, je trouve aussi ce que j'aime, gratos, j'en profiterai encore ce soir avant de dormir hehehe... Je tel a Jeanique, lui raconte, et viens sur le net apres avoir pris plein de photos dans les rues... J'hallucine, genial! La vie est bien belle parfois :)
Bon, sorry mais ca fait un bout de temps que je suis sur le net, je continuerai demain... Plein de bonnes choses a tous!!! Vous inquietez pas je vais super bien!!! :D A tout bientot!
P.S: j'apprends par message prive de Pili que Tama n'a pas pu passer la frontiere car il manquait un tampon sur son visa :( Ou es tu??? Je pense bien a toi!!!
tibet en individuel English translation pending
Je souhaiterai passé la frontière du tibet en au départ de Chengdu soit en avion soit pied on m'as dit que pour l'avion il fallait passé par une agence de voyage me joindre à un groupe et que sur place à Lhassa il était aisé de quitter le groupe vu que souhaite réalisé mon voyage en individuel et qu'on pouvait ensuite rallongé sont visa sans problème que personne ne vérifiai à Lhassa.
Alors quel est la meilleur solution??
A++++++😎
A++++++😎
Ville et région au Portugal pour une dizaine de jours avec un bébé English translation pending
Dans le cas ou les frontières rouvrent cet été... ( ce que je ne comprends pas c'est qu'il y a deja des vols dispos mais bon)
Avez- vous une ville/ région à me conseiller pour passer une dizaine de jours sans s'ennuyer, avec un bébé de 1 an (donc temperatures clémentes) ? Nous aimons un peu de plage, de belles balades, des randos, des beaux paysages...
Merci !🙂
Avez- vous une ville/ région à me conseiller pour passer une dizaine de jours sans s'ennuyer, avec un bébé de 1 an (donc temperatures clémentes) ? Nous aimons un peu de plage, de belles balades, des randos, des beaux paysages...
Merci !🙂
Location de voiture à Chiang Rai English translation pending
Bonjour,
Nous allons passer 3 jours dans les environs de Chiang Rai pour les fêtes de Noël, avant de passer la frontière pour le laos à Chiang khong.
Nous aimerions louer une voiture à Chiang Rai pour explorer les environs, et la rendre à Chiang Khong.
Savez-vous si certaines agences de location à Chiang Rai le permettent ?
Avez-vous des contacts ou nom d'agences à me donner? J'ai déjà contacté Budget mais ils n'ont plus de voitures à priori... (haute saison!)
Merci pour votre aide.
Amélie
Traversée du fleuve Usumacinta avec une voiture de location (Mexique - Guatemala) English translation pending
Nous aimerions passer la frontière entre le Mexique et le Guatemala à Frontera Corozal via le fleuve Usumacinta.
Y a t'il des bacs pour le traverser avec une voiture?
Sinon il faut retourner vers Palenque et passer la frontière à El Ceibo, sacré détour....
Merci pour vos retours
Merci pour vos retours
Vidéos Patagonie, terre de merveilles English translation pending
3 semaines depuis mon retour, j'ai enfin pris le temps de trier les quelques vidéos prises là bas.
Je recommande on ne peut plus vivement. La Patagonie est une région superbe. Si vous pouvez, louer une voiture (pas donné et un peu pénible si vous voulez passer la frontière avec mais ça vaut le coup) et prenez les voies secondaires. Les paysages sont superbe et il n'y a personne. Mon meilleur jour j'ai croisé 2 voiture en 400km de pistes entre Chili et Argentine.
youtu.be/2nDv2wrvOeI
Je recommande on ne peut plus vivement. La Patagonie est une région superbe. Si vous pouvez, louer une voiture (pas donné et un peu pénible si vous voulez passer la frontière avec mais ça vaut le coup) et prenez les voies secondaires. Les paysages sont superbe et il n'y a personne. Mon meilleur jour j'ai croisé 2 voiture en 400km de pistes entre Chili et Argentine.
youtu.be/2nDv2wrvOeI
Voyage organisé catastrophique (Norvège) English translation pending
TUI France - Nouvelles Frontières
32 rue Jacques Ibert
92300 Levallois Perret
Panossas, le 4 août 2016
Objet : réclamation client
Madame, Monsieur,
Par le présent courrier, nous vous adressons notre réclamation par rapport au voyage intitulé « Iles Lofoten, Fjords et baleines » que nous avons effectué du 12 au 20 juillet dernier.
1. Notre pré-acheminement :
Le 20 janvier 2016, nous avons commandé auprès de notre agence de voyages, Nouvelles Frontières Lyon Part Dieu TUI France 356 B-Centre Commercial de la Part Dieu 17, rue du Docteur Bouchut 69431 Lyon cedex 03 Tél : 04.78.14.03.80
nos billets de pré-acheminement, Lyon-Paris, avant notre vol pour Oslo (départ RDG 11h), selon références ci-après : réf dossiers YAKYVVate d’émission: 20 Janv6 Info bagages. Voyageur Mr Richard Agence LABEL TOUR (+ pour Carole) 32 Rue Jacques Ibert Api 020 92300 LEVALLOIS-PERRET Mardi 12 Juillet 2016 Air France AF 7651 Départ 12 Juillet 06:40 Lyon, (Saint Exupery) (+) Terminal: 2 Arrivée 12 Juillet 07:50 Paris, (Charles De Gaulle) (+) Terminal: 2F Durée 01:10 (Sans escale) Statut de la réservation Confirmé Classe Économique (V) Bagages autorisés 1PC Heure limite d'enregistrement 06:10 Équipement AIRBUS INDUSTRIE A321 Mercredi 20 Juillet 2016 Air France AF 7646 Départ 20 Juillet 16:50 Paris, (Charles De Gaulle) (+) Terminal: 2F Arrivée 20 Juillet 18:00 Lyon, (Saint Exupery) (+) Terminal: 2 Durée 01:10 (Sans escale) Statut de la réservation Confirmé Classe Économique (V) Bagages autorisés 1PC Heure limite d'enregistrement 16:10 Équipement AIRBUS INDUSTRIE A318 Détail du billet Billet électronique AF 057-1635708016 pour Richard
Informations générales MAIL: LYON-PARTDIEU.NF@NOUVELLES-FRONTIERES.FR Notice legale Le transport et les autres services fournis par le Transporteur sont soumis aux conditions generales de Transport qui sont incluses ici, en reference. ces conditions Peuvent etre obtenues aupres de la compagnie emettrice Du billet. le mot billet electronique designe l'itineraire Recu emis par le transporteur ou pour son compte, tout Document electronique s'y rapportant et, le cas echeant, Un document d'embarquement. Avis au voyageur Les conventions de montreal ou de varsovie peuvent Limiter la responsabilite des transporteurs aeriens en Cas de deces ou de prejudice corporel, de perte ou de Dommages causes aux bagages, ou de retard. Ces memes textes definissent les droits et obligations des Passagers concernant le refus d'embarquement, les Copyright © La veille de notre départ, une fois avoir déposé nos enfants, nous avons décidé, vers 22h, de regarder sur internet pour préenregistrer afin de gagner un peu de temps le lendemain à 4h30 du matin. Quelle ne fut pas notre surprise de voir que notre vol de 6h40 était annulé, sans que nous ayons été prévenus, ni par téléphone, ni par sms, ni par mail, et que notre pré-enregistrement nous était confirmé pour un vol le mardi soir à 18h30 !!!!! La panique nous a alors saisis car on ne savait plus comment faire pour être à Roissy, le lendemain matin, 2h30 avant notre départ pour Oslo, soit 8h30 !!!!! A 22h le soir, bien sûr, notre agence de voyages était fermée !!!! Nous avons donc joint plusieurs n° Air France, trouvés sur Internet, pour exposer notre problème : - On nous a répondu qu’on avait été replanifiés sur un vol à la date demandée, mais à18h30 !!!!!!!! alors que notre correspondance était à 11h !!!!! et que donc on avait une solution !!!!!! quelle honte !!!! - On ne nous a pas appelés pour voir avec nous si ce report était envisageable ou impossible, - On a demandé un report sur un vol nous permettant d’atteindre Paris à l’heure obligatoire pour rejoindre notre groupe de voyage, - On nous a répondu qu’un mail avait été envoyé à notre agence à 18h20 la veille, c'est-à-dire le lundi soir, pour un départ prévu le lendemain matin !!!!!!! et que l’agence de voyages aurait dû le voir et nous prévenir avant leur fermeture !!!!!!! Complètement stressés par ce contre temps et les conséquences qui se profilaient, nous avons décidé d’étudier la possibilité de TGV : heureusement, nous avons réussi à trouver des places, à la dernière minute, sur un train partant de Lyon à 5h50 !!!!! en 1ère classe …. Nouveau problème : nous avions réservé un parking pour l’aéroport de St Exupéry afin de s’y rendre, d’y laisser notre véhicule pour les 8 jours, et de pouvoir rentrer, le mercredi 20 juillet….. Comment faire ? Heureusement, nous avons pu annuler par internet, avant minuit, la réservation de parking !!!! MAIS avons du prendre un taxi à 5h du matin pour nous emmener à Lyon car ne savions pas comment faire pour notre véhicule : le laisser à la gare de la Part Dieu à Lyon, pdt 1 semaine, alors que notre retour était prévu à St Exupéry ? !!! Le lendemain matin, mardi 12 juillet : Une fois arrivés à Paris, nous avons donc rappelé Air France pour informer que notre réservation pour le mardi soir à 18h30 était à annuler car nous ne la prendrions pas puisqu’inutile et complètement décalée par rapport à nos besoins et là, un nouveau collaborateur s’occupe de nous et me dit : - Air France : « mais pourquoi n’avez-vous pas pris le vol de 7h30, il y avait des places !!!! » - Moi : « parce qu’on ne nous l’a pas proposé malgré mes demandes auprès de vos collègues hier soir à 23h !!!! » - Air France « ok, on procédera donc à l’annulation et au remboursement auprès de votre fournisseur, Nouvelles Frontières, puisque c’est eux notre client direct, mais par contre, si j’annule l’aller, ça annule votre retour du mercredi 20 juillet » Et là, les bras m’en sont tombés, devant autant d’incompétence et de toupet !!!!! J’ai donc informé votre collaborateur qu’un tel niveau de service était inadmissible et que je comprenais mieux, maintenant, la situation de la compagnie nationale Air France !!!!!! avec une telle gestion, rien d’étonnant……
Nous avons donc décidé que notre agence gérerait en direct avec Air France puisque nous avions pris un intermédiaire et que tout échange était infructueux : du coup, notre agence NF de Lyon a gentiment pris le relais auprès d’Air France et nous a replanifiés sur le même vol retour qu’initialement prévu. Cependant, ni Nouvelles Frontières ni Air France n’ont accepté de prendre en charge nos frais de taxi pour le retour car « ça ne rentre pas dans les clauses annulation » ! Effectivement, ce n’était pas à proprement parlé lié à l’annulation mais c’était quand même une CONSEQUENCE directe de l’annulation !!!!
Je trouve ceci incompréhensible, commercialement parlant.
En parallèle, bien sûr, nous avons demandé à être remboursés pour nos billets TGV : notre agence nous a confirmés, fort heureusement. Cependant, à ce jour, après 2 mails, on m’a répondu qu’il faudrait encore attendre une quinzaine de jours….. chose qu’on m’avait déjà dite le 18 juillet ! 4 semaines pour un remboursement de 2 billets de TGV….. !!!!!!
2. Jour 1 : mardi 12/7/2016 : Hébergement au « Scandic Hotel », situé dans la zone industrielle autour de l’aéroport à 1h du centre d’Oslo : toute une après-midi, perdue, à attendre dans une chambre d’hôtel car rien à faire ou à visiter, ni autour, ni sur place : n’étant pas sur un voyage « low cost », c’est quand bien dommage….. pourquoi nous faire arriver si tôt à ce moment-là ?
3. Jour 2 : mercredi 13/7/2016 : Visite d’Oslo : fantastique visite guidée du Parc Frogner/Vigeland ! Malheureusement, le reste de la visite s’est essentiellement faite en bus, avec quelques petits arrêts photos….. visite du tramplin de ski, non prévue…. Certes, impressionnante, mais aurions préféré nous rendre, comme le stipulait le programme, sur la presqu’ile Bigdoy, compte tenu des commentaires élogieux des guides touristiques L’après-midi du mercredi 12 juillet a été consacrée au retour à l’aéroport d’Oslo et à l’attente, sur place : vol en retard…. Arrivée à l’aéroport d’Evenes tardive : 2h de route annoncées jusqu’à l’hotel, sans diner : heure prévue d’arrivée 23.30…… MAIS lorsqu’on est montés dans le bus pour Sortland, le bus n’était pas de la bonne taille et ne contenait pas suffisamment de places assises ! une cliente a dû s’asseoir sur le siège strapontin, à l’avant du bus, et la guide s’est assise par terre…. Du coup, le chauffeur a passé qq coups de fil pour organiser l’arrivée d’un bus de remplacement pendant la nuit…. Ce genre de détail peut paraître « anodin » vu de l’extérieur mais cela entâche le niveau de prestation….. 4. Jour 3 : jeudi 14/7/2016 : la guide nous avait prévenus la veille au soir que le safari baleines avait lieu le lendemain, au lieu du jour suivant. Ceci était effectivement noté que le programme pouvait être adapté selon conditions météo. Cependant, tout le monde avait vu que la météo annoncée pour le lendemain n’était pas géniale…. Bref, on a donc suivi ce que le prestataire avait indiqué à notre guide et nous sommes montés à Andenes. Visite très intéressante du Centre des baleines avec une guide passionnée J Au moment de l’embarquement il faisait déjà très froid mais le pire restait à venir ! Il a plu, fait très froid et surtout, la mer était déchainée : 90% des passagers ont passé 3h, voir les 4h, à vomir et les pauvres guides n’ont fait que gérer les sachets de vomi et le nettoyage…. La mer était tellement déchainée que le capitaine, lorsqu’il arrêtait le bateau, n’arrivait même pas à « entendre » les baleines dans les sonars…. Doit-on préciser que, bien évidemment, nous n’avons vu, AUCUNE BALEINE, vu l’état de la Mer !!!!!!! Les gens ont supplié les guides de demander au capitaine de rentrer à cause du froid, à priori d’après notre chauffeur, on a frôlé le 0°….. mais les guides nous ont dit que la « croisière » durait 4h donc que le capitaine refusait de rentrer….. ces 4h ont été le pire cauchemar qu’on ait vécu sur un bateau…… Quand enfin nous sommes rentrés à quai, à 15h30 !, nous étions transis de froid et avons demandé à pouvoir manger notre « Lunch Box » dans une salle au chaud : impossible ! Du coup, gentiment, notre chauffeur nous a laissés manger dans le car ….. je n’ose même pas vous raconter ce qu’il y avait dans la Lunch Box tellement c’était ridicule !!!! de plus, aucune boisson n’avait été prévue !
MAIS ce qui nous a le plus choqués, c’est que le prestataire, malgré le fait qu’il savait que la mer était déchainée et qu’il n’y avait donc aucune chance de voir le moindre cachalot, a osé embarqué un 2nd groupe de touristes : NOUS AVONS VRAIMENT EU LE SENTIMENT QUE « BUSINESS IS BUSINESS » , peu importait le résultat !! les clients sont vraiment les « dindons de la farce » !
Du coup, nous nous sommes fait un malin plaisir à récupérer la pub qu’il y avait dans le Hall : vous la trouverez ci-jointe : bien sûr, inenvisageable d’avoir une excursion gratuite compte tenu du circuit qui devait se poursuivre MAIS quid du remboursement ??????? 945 NOK correspond à environ 95€/personne !!!!!!!
SAFARI D´ÉTÉ La saison estivale pour le safari baleine s’étend du 25 mai au 15 Septembre. Mais il y a souvent d’autres départs avant et après cette période si la demande existe. Restez à l’écoute sur notre page facebook ou contactez-nous pour un aperçu complet des voyages hors saison.
Prix été Arrhes* Adultes: 945 NOK 300 NOK Enfants 5-13 ans: 595 NOK 300 NOK Enfants 1-4 ans: 210 NOK - Enfants <1 an: Gratuit - * Il faut payer des arrhes pour réserver des places sur le départ souhaité. Le prix comprend: · Garantie d’observation · Tour du musée des cétacés avec un guide · Excursion guidée en bateau · Café, thé, biscuits · À bord du M/S Reine seulement: bouillon de légumes chaud avec du pain, servi sur le chemin du retour. Nous vous laissons le soin de faire appliquer les clauses contractuelles et de voir avec votre intermédiaire, V.O.S.
5. Jour 4 : vendredi 15 juillet :
Iles Versteralen, Iles Lofoten : Des paysages splendides !!!!! Beaucoup de bus mais, il était de notre responsabilité de mieux étudier les cartes géographiques de la Norvège : les Lofoten méritent de prendre plus de temps : on le saura pour une prochaine fois. Petit regret, toutefois, de ne pas avoir eu le temps ou l’opportunité de visiter le musée des Vikings….
6. Jour 5 : samedi 16 juillet : Croisière très agréable et paisible sur le Vestfjord J en matinée. Puis, trajet en bus toute l’après-midi avec une arrivée à Fauske à 17h15 pour un train à 22h !!!!! Nous avons donc eu 2h de « libre » dans une ville où tout était fermé ou presque, sans aucun intérêt touristique particulier : il serait opportun de plutôt prévoir, une visite, ou un arrêt ailleurs, sur le trajet en bus afin d’arriver à Fauske plus tard. Ensuite rdv au bus à 19h45 pour aller à la gare : et là, surprise : 5 mns de trajet et 2h d’attente, encore, mais là, dans une gare, où le bar/restaurant était également fermé et où la salle d’attente ne contenait pas assez de sièges pour tout le groupe…… En résumé, sur cette journée-là, nous avons attendu de 17h15 à 21h58……
7. Jour 6 : Dimanche 17 juillet
Trodheim est une petite ville magnifique !!!! R.A.S. Arrivée à Grotli, dans un superbe et typique hôtel de montagne, tout en bois !!!!! Malheureusement, un très très mince filet d’eau pour prendre une douche, tant attendue puisque la veille nous étions dans le train de nuit….. Buffet très copieux et délicieux ! En toute honnêteté, c’est l’endroit où nous avons le mieux mangé !
8. Jour 7 : Lundi 18 juillet
Exceptionnelle croisière sur le Geirangerfjord et balade jusqu’au glacier Briksdal : notre plus belle journée sur tout le séjour car le temps a été bien réparti entre bus, croisière et balade !
9. Jour 8 : Mardi 19 juillet
De qui se moque-t-on ?
Descriptif de Nouvelles Frontières : « Route vers les rives du Sogneford. Il est souvent appelé le « roi des fjords » et est classé au Patrimoine Mondial de l’Unesco. Avec 200 kms, il est le plus long et le plus important de Norvège. Traversée du fjord qui sera un moment fort de votre voyage. Vous naviguerez sur un bras de ce fjord impressionnant, le plus profond de tous, 1300 m par endroits. »
Tout le groupe s’attendait à quelque chose d’aussi merveilleux que la veille MAIS en fait, nous avons pris un ferry dont la traversée a duré 15/20 mns, et où il n’était même pas prévu que les passagers descendent des véhicules !!!! car pas de plateformes ou autres lieux réserver aux clients : « un moment fort de notre voyage ?????? » : tous les clients Nouvelles Frontières sont donc allés voir la guide pour lui demander où était ce fameux fjord et quand on allait le découvrir…. Là, elle nous a expliqué, que nous l’avions déjà fait, lorsqu’on était sur le ferry : agacement général : on a sorti notre programme NF et elle a sorti le sien : ce n’était pas un fossé mais un gouffre qui séparait les 2 intitulés !!!!!!!!
En conclusion, vous l’aurez aisément compris, ce courrier, a pour but d’être enregistré et traité comme une « réclamation client » car beaucoup d’anomalies sur ce voyage et sentiment d’avoir vraiment été lésés quant au prix de la prestation par rapport à ce qui s’est vraiment passé….. Aussi, nous nous permettons de solliciter un geste commercial compte tenu des préjudices subis, et à minima, le remboursement du safari baleines, comme le stipule la publicité du prestataire (à vous de régler ensuite le problème avec l’organisme VOS à qui vous avez sous-traité le voyage !)
Dans l’attente de lire une réponse de vos services, nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur, nos salutations distinguées.
Richard et Carole
Le 20 janvier 2016, nous avons commandé auprès de notre agence de voyages, Nouvelles Frontières Lyon Part Dieu TUI France 356 B-Centre Commercial de la Part Dieu 17, rue du Docteur Bouchut 69431 Lyon cedex 03 Tél : 04.78.14.03.80
nos billets de pré-acheminement, Lyon-Paris, avant notre vol pour Oslo (départ RDG 11h), selon références ci-après : réf dossiers YAKYVVate d’émission: 20 Janv6 Info bagages. Voyageur Mr Richard Agence LABEL TOUR (+ pour Carole) 32 Rue Jacques Ibert Api 020 92300 LEVALLOIS-PERRET Mardi 12 Juillet 2016 Air France AF 7651 Départ 12 Juillet 06:40 Lyon, (Saint Exupery) (+) Terminal: 2 Arrivée 12 Juillet 07:50 Paris, (Charles De Gaulle) (+) Terminal: 2F Durée 01:10 (Sans escale) Statut de la réservation Confirmé Classe Économique (V) Bagages autorisés 1PC Heure limite d'enregistrement 06:10 Équipement AIRBUS INDUSTRIE A321 Mercredi 20 Juillet 2016 Air France AF 7646 Départ 20 Juillet 16:50 Paris, (Charles De Gaulle) (+) Terminal: 2F Arrivée 20 Juillet 18:00 Lyon, (Saint Exupery) (+) Terminal: 2 Durée 01:10 (Sans escale) Statut de la réservation Confirmé Classe Économique (V) Bagages autorisés 1PC Heure limite d'enregistrement 16:10 Équipement AIRBUS INDUSTRIE A318 Détail du billet Billet électronique AF 057-1635708016 pour Richard
Informations générales MAIL: LYON-PARTDIEU.NF@NOUVELLES-FRONTIERES.FR Notice legale Le transport et les autres services fournis par le Transporteur sont soumis aux conditions generales de Transport qui sont incluses ici, en reference. ces conditions Peuvent etre obtenues aupres de la compagnie emettrice Du billet. le mot billet electronique designe l'itineraire Recu emis par le transporteur ou pour son compte, tout Document electronique s'y rapportant et, le cas echeant, Un document d'embarquement. Avis au voyageur Les conventions de montreal ou de varsovie peuvent Limiter la responsabilite des transporteurs aeriens en Cas de deces ou de prejudice corporel, de perte ou de Dommages causes aux bagages, ou de retard. Ces memes textes definissent les droits et obligations des Passagers concernant le refus d'embarquement, les Copyright © La veille de notre départ, une fois avoir déposé nos enfants, nous avons décidé, vers 22h, de regarder sur internet pour préenregistrer afin de gagner un peu de temps le lendemain à 4h30 du matin. Quelle ne fut pas notre surprise de voir que notre vol de 6h40 était annulé, sans que nous ayons été prévenus, ni par téléphone, ni par sms, ni par mail, et que notre pré-enregistrement nous était confirmé pour un vol le mardi soir à 18h30 !!!!! La panique nous a alors saisis car on ne savait plus comment faire pour être à Roissy, le lendemain matin, 2h30 avant notre départ pour Oslo, soit 8h30 !!!!! A 22h le soir, bien sûr, notre agence de voyages était fermée !!!! Nous avons donc joint plusieurs n° Air France, trouvés sur Internet, pour exposer notre problème : - On nous a répondu qu’on avait été replanifiés sur un vol à la date demandée, mais à18h30 !!!!!!!! alors que notre correspondance était à 11h !!!!! et que donc on avait une solution !!!!!! quelle honte !!!! - On ne nous a pas appelés pour voir avec nous si ce report était envisageable ou impossible, - On a demandé un report sur un vol nous permettant d’atteindre Paris à l’heure obligatoire pour rejoindre notre groupe de voyage, - On nous a répondu qu’un mail avait été envoyé à notre agence à 18h20 la veille, c'est-à-dire le lundi soir, pour un départ prévu le lendemain matin !!!!!!! et que l’agence de voyages aurait dû le voir et nous prévenir avant leur fermeture !!!!!!! Complètement stressés par ce contre temps et les conséquences qui se profilaient, nous avons décidé d’étudier la possibilité de TGV : heureusement, nous avons réussi à trouver des places, à la dernière minute, sur un train partant de Lyon à 5h50 !!!!! en 1ère classe …. Nouveau problème : nous avions réservé un parking pour l’aéroport de St Exupéry afin de s’y rendre, d’y laisser notre véhicule pour les 8 jours, et de pouvoir rentrer, le mercredi 20 juillet….. Comment faire ? Heureusement, nous avons pu annuler par internet, avant minuit, la réservation de parking !!!! MAIS avons du prendre un taxi à 5h du matin pour nous emmener à Lyon car ne savions pas comment faire pour notre véhicule : le laisser à la gare de la Part Dieu à Lyon, pdt 1 semaine, alors que notre retour était prévu à St Exupéry ? !!! Le lendemain matin, mardi 12 juillet : Une fois arrivés à Paris, nous avons donc rappelé Air France pour informer que notre réservation pour le mardi soir à 18h30 était à annuler car nous ne la prendrions pas puisqu’inutile et complètement décalée par rapport à nos besoins et là, un nouveau collaborateur s’occupe de nous et me dit : - Air France : « mais pourquoi n’avez-vous pas pris le vol de 7h30, il y avait des places !!!! » - Moi : « parce qu’on ne nous l’a pas proposé malgré mes demandes auprès de vos collègues hier soir à 23h !!!! » - Air France « ok, on procédera donc à l’annulation et au remboursement auprès de votre fournisseur, Nouvelles Frontières, puisque c’est eux notre client direct, mais par contre, si j’annule l’aller, ça annule votre retour du mercredi 20 juillet » Et là, les bras m’en sont tombés, devant autant d’incompétence et de toupet !!!!! J’ai donc informé votre collaborateur qu’un tel niveau de service était inadmissible et que je comprenais mieux, maintenant, la situation de la compagnie nationale Air France !!!!!! avec une telle gestion, rien d’étonnant……
Nous avons donc décidé que notre agence gérerait en direct avec Air France puisque nous avions pris un intermédiaire et que tout échange était infructueux : du coup, notre agence NF de Lyon a gentiment pris le relais auprès d’Air France et nous a replanifiés sur le même vol retour qu’initialement prévu. Cependant, ni Nouvelles Frontières ni Air France n’ont accepté de prendre en charge nos frais de taxi pour le retour car « ça ne rentre pas dans les clauses annulation » ! Effectivement, ce n’était pas à proprement parlé lié à l’annulation mais c’était quand même une CONSEQUENCE directe de l’annulation !!!!
Je trouve ceci incompréhensible, commercialement parlant.
En parallèle, bien sûr, nous avons demandé à être remboursés pour nos billets TGV : notre agence nous a confirmés, fort heureusement. Cependant, à ce jour, après 2 mails, on m’a répondu qu’il faudrait encore attendre une quinzaine de jours….. chose qu’on m’avait déjà dite le 18 juillet ! 4 semaines pour un remboursement de 2 billets de TGV….. !!!!!!
2. Jour 1 : mardi 12/7/2016 : Hébergement au « Scandic Hotel », situé dans la zone industrielle autour de l’aéroport à 1h du centre d’Oslo : toute une après-midi, perdue, à attendre dans une chambre d’hôtel car rien à faire ou à visiter, ni autour, ni sur place : n’étant pas sur un voyage « low cost », c’est quand bien dommage….. pourquoi nous faire arriver si tôt à ce moment-là ?
3. Jour 2 : mercredi 13/7/2016 : Visite d’Oslo : fantastique visite guidée du Parc Frogner/Vigeland ! Malheureusement, le reste de la visite s’est essentiellement faite en bus, avec quelques petits arrêts photos….. visite du tramplin de ski, non prévue…. Certes, impressionnante, mais aurions préféré nous rendre, comme le stipulait le programme, sur la presqu’ile Bigdoy, compte tenu des commentaires élogieux des guides touristiques L’après-midi du mercredi 12 juillet a été consacrée au retour à l’aéroport d’Oslo et à l’attente, sur place : vol en retard…. Arrivée à l’aéroport d’Evenes tardive : 2h de route annoncées jusqu’à l’hotel, sans diner : heure prévue d’arrivée 23.30…… MAIS lorsqu’on est montés dans le bus pour Sortland, le bus n’était pas de la bonne taille et ne contenait pas suffisamment de places assises ! une cliente a dû s’asseoir sur le siège strapontin, à l’avant du bus, et la guide s’est assise par terre…. Du coup, le chauffeur a passé qq coups de fil pour organiser l’arrivée d’un bus de remplacement pendant la nuit…. Ce genre de détail peut paraître « anodin » vu de l’extérieur mais cela entâche le niveau de prestation….. 4. Jour 3 : jeudi 14/7/2016 : la guide nous avait prévenus la veille au soir que le safari baleines avait lieu le lendemain, au lieu du jour suivant. Ceci était effectivement noté que le programme pouvait être adapté selon conditions météo. Cependant, tout le monde avait vu que la météo annoncée pour le lendemain n’était pas géniale…. Bref, on a donc suivi ce que le prestataire avait indiqué à notre guide et nous sommes montés à Andenes. Visite très intéressante du Centre des baleines avec une guide passionnée J Au moment de l’embarquement il faisait déjà très froid mais le pire restait à venir ! Il a plu, fait très froid et surtout, la mer était déchainée : 90% des passagers ont passé 3h, voir les 4h, à vomir et les pauvres guides n’ont fait que gérer les sachets de vomi et le nettoyage…. La mer était tellement déchainée que le capitaine, lorsqu’il arrêtait le bateau, n’arrivait même pas à « entendre » les baleines dans les sonars…. Doit-on préciser que, bien évidemment, nous n’avons vu, AUCUNE BALEINE, vu l’état de la Mer !!!!!!! Les gens ont supplié les guides de demander au capitaine de rentrer à cause du froid, à priori d’après notre chauffeur, on a frôlé le 0°….. mais les guides nous ont dit que la « croisière » durait 4h donc que le capitaine refusait de rentrer….. ces 4h ont été le pire cauchemar qu’on ait vécu sur un bateau…… Quand enfin nous sommes rentrés à quai, à 15h30 !, nous étions transis de froid et avons demandé à pouvoir manger notre « Lunch Box » dans une salle au chaud : impossible ! Du coup, gentiment, notre chauffeur nous a laissés manger dans le car ….. je n’ose même pas vous raconter ce qu’il y avait dans la Lunch Box tellement c’était ridicule !!!! de plus, aucune boisson n’avait été prévue !
MAIS ce qui nous a le plus choqués, c’est que le prestataire, malgré le fait qu’il savait que la mer était déchainée et qu’il n’y avait donc aucune chance de voir le moindre cachalot, a osé embarqué un 2nd groupe de touristes : NOUS AVONS VRAIMENT EU LE SENTIMENT QUE « BUSINESS IS BUSINESS » , peu importait le résultat !! les clients sont vraiment les « dindons de la farce » !
Du coup, nous nous sommes fait un malin plaisir à récupérer la pub qu’il y avait dans le Hall : vous la trouverez ci-jointe : bien sûr, inenvisageable d’avoir une excursion gratuite compte tenu du circuit qui devait se poursuivre MAIS quid du remboursement ??????? 945 NOK correspond à environ 95€/personne !!!!!!!
SAFARI D´ÉTÉ La saison estivale pour le safari baleine s’étend du 25 mai au 15 Septembre. Mais il y a souvent d’autres départs avant et après cette période si la demande existe. Restez à l’écoute sur notre page facebook ou contactez-nous pour un aperçu complet des voyages hors saison.
Prix été Arrhes* Adultes: 945 NOK 300 NOK Enfants 5-13 ans: 595 NOK 300 NOK Enfants 1-4 ans: 210 NOK - Enfants <1 an: Gratuit - * Il faut payer des arrhes pour réserver des places sur le départ souhaité. Le prix comprend: · Garantie d’observation · Tour du musée des cétacés avec un guide · Excursion guidée en bateau · Café, thé, biscuits · À bord du M/S Reine seulement: bouillon de légumes chaud avec du pain, servi sur le chemin du retour. Nous vous laissons le soin de faire appliquer les clauses contractuelles et de voir avec votre intermédiaire, V.O.S.
5. Jour 4 : vendredi 15 juillet :
Iles Versteralen, Iles Lofoten : Des paysages splendides !!!!! Beaucoup de bus mais, il était de notre responsabilité de mieux étudier les cartes géographiques de la Norvège : les Lofoten méritent de prendre plus de temps : on le saura pour une prochaine fois. Petit regret, toutefois, de ne pas avoir eu le temps ou l’opportunité de visiter le musée des Vikings….
6. Jour 5 : samedi 16 juillet : Croisière très agréable et paisible sur le Vestfjord J en matinée. Puis, trajet en bus toute l’après-midi avec une arrivée à Fauske à 17h15 pour un train à 22h !!!!! Nous avons donc eu 2h de « libre » dans une ville où tout était fermé ou presque, sans aucun intérêt touristique particulier : il serait opportun de plutôt prévoir, une visite, ou un arrêt ailleurs, sur le trajet en bus afin d’arriver à Fauske plus tard. Ensuite rdv au bus à 19h45 pour aller à la gare : et là, surprise : 5 mns de trajet et 2h d’attente, encore, mais là, dans une gare, où le bar/restaurant était également fermé et où la salle d’attente ne contenait pas assez de sièges pour tout le groupe…… En résumé, sur cette journée-là, nous avons attendu de 17h15 à 21h58……
7. Jour 6 : Dimanche 17 juillet
Trodheim est une petite ville magnifique !!!! R.A.S. Arrivée à Grotli, dans un superbe et typique hôtel de montagne, tout en bois !!!!! Malheureusement, un très très mince filet d’eau pour prendre une douche, tant attendue puisque la veille nous étions dans le train de nuit….. Buffet très copieux et délicieux ! En toute honnêteté, c’est l’endroit où nous avons le mieux mangé !
8. Jour 7 : Lundi 18 juillet
Exceptionnelle croisière sur le Geirangerfjord et balade jusqu’au glacier Briksdal : notre plus belle journée sur tout le séjour car le temps a été bien réparti entre bus, croisière et balade !
9. Jour 8 : Mardi 19 juillet
De qui se moque-t-on ?
Descriptif de Nouvelles Frontières : « Route vers les rives du Sogneford. Il est souvent appelé le « roi des fjords » et est classé au Patrimoine Mondial de l’Unesco. Avec 200 kms, il est le plus long et le plus important de Norvège. Traversée du fjord qui sera un moment fort de votre voyage. Vous naviguerez sur un bras de ce fjord impressionnant, le plus profond de tous, 1300 m par endroits. »
Tout le groupe s’attendait à quelque chose d’aussi merveilleux que la veille MAIS en fait, nous avons pris un ferry dont la traversée a duré 15/20 mns, et où il n’était même pas prévu que les passagers descendent des véhicules !!!! car pas de plateformes ou autres lieux réserver aux clients : « un moment fort de notre voyage ?????? » : tous les clients Nouvelles Frontières sont donc allés voir la guide pour lui demander où était ce fameux fjord et quand on allait le découvrir…. Là, elle nous a expliqué, que nous l’avions déjà fait, lorsqu’on était sur le ferry : agacement général : on a sorti notre programme NF et elle a sorti le sien : ce n’était pas un fossé mais un gouffre qui séparait les 2 intitulés !!!!!!!!
En conclusion, vous l’aurez aisément compris, ce courrier, a pour but d’être enregistré et traité comme une « réclamation client » car beaucoup d’anomalies sur ce voyage et sentiment d’avoir vraiment été lésés quant au prix de la prestation par rapport à ce qui s’est vraiment passé….. Aussi, nous nous permettons de solliciter un geste commercial compte tenu des préjudices subis, et à minima, le remboursement du safari baleines, comme le stipule la publicité du prestataire (à vous de régler ensuite le problème avec l’organisme VOS à qui vous avez sous-traité le voyage !)
Dans l’attente de lire une réponse de vos services, nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur, nos salutations distinguées.
Richard et Carole
"Ce que Trump fait craindre pour le tourisme américain" English translation pending
Contrôles plus sévères aux frontières, défiance vis-à-vis notamment des visiteurs français, baisse de l'image des États-Unis à l'extérieur, etc, les professionnels du tourisme livrent leurs inquiétudes face aux résultats des élections américaines.
Lire la suite...
Taxe de sortie du Mexique, aéroport de Cancun English translation pending
En passant la frontiere pour entrer au Belize, tout les touristes du bus ont du payer 25 US (306 pesos). D'après les infos que j'avais, étant arrivé en avion, je n'avais pas à la payer, étant déjà incluse dans le billet. Juste un autre couple de Français a ralé, tous les autres ont payé sans discuter.
Ma question est aussi de savoir ce qu'il se passe en revenant au Mexique par voie terrestre. Les douaniers m'ont dit que pour un séjour de moins de 7 jours (6max) c'est gratuit, au delà il faut repayer cette taxe. J'ai aussi eu l'info qu'une fois la taxe payée, c'est fait pour 6 mois.
En fait j'ai l'impression que ca depend des douaniers qui se mettent les sous en poche. Je reprends l'avion de Cancun. Comment sont-ils là bas ?
merci
Bus Muang Khua - Dien Bien Phu: infos mars 2014 English translation pending
Bonjour,
J'ai passé la frontière du Laos au Vietnam hier, en prenant le bus à Muang Khua jusqu'à Dien Bien Phu. Voici des infos toutes fraiches !
Il y a deux solutions depuis Muang Khua: - ts les 2 jours, un bus part de Muang Khua à ~6h pr DBP (60.000 Kips) (jours impairs ce mois ci) - ts les jours, un bus en provenance d'Oudomxai passe à Muang Khua à ~10h et se rend à DBP (60.000 Kips). Il est souvent plein quand il arrive à Muang Khua. Hier, étant donné que nous étions 8 falangs, un autre bus à été mis en route depuis Muang Khua pr 80.000kips.
Passage de frontière tranquille à condition d'avoir son Visa Vietnamien (60$ en 3 jours à Luang Prabang en février 14).
Durée de trajet totale: 4h30.
Voilà, niveau Guesthouses: - A Muang Khua: Nam Ou GH vraiment bof (une souris à dégusté mon sac à dos..) mais trouvé une petite guest clean et pas plus chère (meilleur rapport qualité/prix trouvé) juste à coté du pond suspendu (un peu bruyant certes): Ketsana GH > 50.OOO kips la double, sdb exterieure > avantage à 50 m de l'arrêt de bus. - A DBP: juste en face de la station de bus, la moins chère du quartier, propreté & confort: Hunh Ha GH: 140.000 Dg, double avec salle de bain, tv, wifi...
Bon voyage !
J'ai passé la frontière du Laos au Vietnam hier, en prenant le bus à Muang Khua jusqu'à Dien Bien Phu. Voici des infos toutes fraiches !
Il y a deux solutions depuis Muang Khua: - ts les 2 jours, un bus part de Muang Khua à ~6h pr DBP (60.000 Kips) (jours impairs ce mois ci) - ts les jours, un bus en provenance d'Oudomxai passe à Muang Khua à ~10h et se rend à DBP (60.000 Kips). Il est souvent plein quand il arrive à Muang Khua. Hier, étant donné que nous étions 8 falangs, un autre bus à été mis en route depuis Muang Khua pr 80.000kips.
Passage de frontière tranquille à condition d'avoir son Visa Vietnamien (60$ en 3 jours à Luang Prabang en février 14).
Durée de trajet totale: 4h30.
Voilà, niveau Guesthouses: - A Muang Khua: Nam Ou GH vraiment bof (une souris à dégusté mon sac à dos..) mais trouvé une petite guest clean et pas plus chère (meilleur rapport qualité/prix trouvé) juste à coté du pond suspendu (un peu bruyant certes): Ketsana GH > 50.OOO kips la double, sdb exterieure > avantage à 50 m de l'arrêt de bus. - A DBP: juste en face de la station de bus, la moins chère du quartier, propreté & confort: Hunh Ha GH: 140.000 Dg, double avec salle de bain, tv, wifi...
Bon voyage !
Passage de la douane aux États-Unis English translation pending
Bonjour,
Je pars sans 3 jours au Etat-Unis (Texas), Je voulais savoir comment cela se passe à la frontière ?
Quels questions sont poser par les agents de douane ? Et, si je comprends pas bien l'anglais..
Je stress ... Quelq'un peut m'éclairer un peu ...:)
Merci
Je pars sans 3 jours au Etat-Unis (Texas), Je voulais savoir comment cela se passe à la frontière ?
Quels questions sont poser par les agents de douane ? Et, si je comprends pas bien l'anglais..
Je stress ... Quelq'un peut m'éclairer un peu ...:)
Merci
Nécessité d'un visa pour passer un jour en Syrie? English translation pending
Bonjour a tous
Proche de la frontiere Turquie Syrie, je voudrais faire un aller retour dans la journée, pour visiter Alep . Cela necessite t il un visa ou existe t il une "franchise" pour la journée ??
Par ailleurs si vous avez des infos interressantes sur Adana, Antioche...hebergements, resto, visite...) je suis preneur merci de vos reponses
Al
Proche de la frontiere Turquie Syrie, je voudrais faire un aller retour dans la journée, pour visiter Alep . Cela necessite t il un visa ou existe t il une "franchise" pour la journée ??
Par ailleurs si vous avez des infos interressantes sur Adana, Antioche...hebergements, resto, visite...) je suis preneur merci de vos reponses
Al
Prendre une assurance pour camping-cars aux États-Unis? English translation pending
Peut on passer la frontière des USA sans assurance automobile et en prendre une sur place ? Peut on la prendre a la frontiere ?
Qui peut nous renseigner sur une compagnie qui assure les camping car en transit (15 jours nous suffiraient)
Merci de votre aide
Obtention d'un visa multiple entrées pour l'Inde English translation pending
je vais voyager pendant 3 semaines entre l inde et le nepal...et ce par la frontiere terrestre imperativement car on retrouve des copains en chemin.
j arrive a delhi et je dois repartir de delhi, billet d avion oblige!(deja reserve)
une fois au nepal, je prendrai un vol katmandou-delhi
mais voila l inde ne delivre plus de visa si on y est sorti depuis moins de 2 mois... on vient de me refuser le visa ! il peut y avoir derogation si je peux prouver mon trajet aller.....sauf qu il n y pas de train entre les 2 pays...
Quelqu un aurait il une solution ?
merci pour reponses!!!!
mais voila l inde ne delivre plus de visa si on y est sorti depuis moins de 2 mois... on vient de me refuser le visa ! il peut y avoir derogation si je peux prouver mon trajet aller.....sauf qu il n y pas de train entre les 2 pays...
Quelqu un aurait il une solution ?
merci pour reponses!!!!
Improvisation Nomade (10) Iran et fin English translation pending
Le grand Iwan
Frontière iranienne.
Une dizaine d’Afghans s’agitaient quelques kilomètres avant la frontière. Soudain, deux pick-up sortirent du désert et vinrent se coller au bus qui stoppa sur un signe des kalachnikovs. Sans comprendre, on saisit les traits sur les visages qui trahissent l’émotion. Impatience, angoisse et échange de sourires de compassion pour se souhaiter bonne chance. On devine aussi qu’ils gagnent l’Iran illégalement avec des passeurs de frontière. En échange d’une poignée de billets donnée de la main à la main, ils sautent dans des pick-up qui partent en trombe dans ces fossés et ces carrières de pierres qui jalonnent le désert. Autant d’Afghans qui émigrent chaque jour pour chercher l’argent disparu de leur propre pays. C’est ainsi sur toutes les frontières du monde entre des pays qui ne possèdent pas les mêmes richesses… dans une page de l’histoire. Entre deux montagnes de roches infranchissables, de barbelés et de mines, la ville frontière de Taftan s’étend dans une vallée balayée par les vents de sable. À peine arrivés dans un carrefour entre deux pistes qui semble être le centre de ce village fantôme, nous sommes assaillis par des hommes qui veulent échanger leur argent contre le nôtre et en tirer un petit bénéfice. Un euro vaut 76 roupies pakistanaises, et 1.500.000 rials iraniens. J’ai 3.200 roupies, combien dois-je obtenir de rials ? Tout absorbé par mes calculs, je ne prêtais pas attention au drame qui se jouait à côté de moi. Un des hommes, un peu trop sûr de lui, prit une gifle qui claqua comme un coup de fusil, décochée par l’une des deux petites Japonaises qui nous suivaient depuis Quetta, profitant d’une présence occidentale pour traverser ces contrées tribales et machistes. Tous ces hommes s’emportèrent alors comme une volée de chasseurs sur une perdrix et j’ai bien cru, un moment, qu’ils allaient la pendre. La fatigue de ces nuits sans sommeil conjuguée à l’angoisse de cette ambiance frontalière, à l’extrémité du monde, où la corruption et le trafic dominent, avaient eu raison de ses nerfs. Sa main était partie toute seule mais je crois qu’elle rêvait, depuis longtemps, de rabattre l’orgueil de ces hommes, pour toutes les femmes qui souffrent en silence. Sans se démonter, elle continua de hurler, fièrement, sous les menaces de l’homme, qui finit par laisser tomber, appelant tous les diables que son langage lui permettait sous la surveillance du Très Haut. Les autres hommes riaient dans leur moustache, se moquaient de l’imprudent qui venait de perdre son honneur et traitèrent dorénavant avec respect et admiration la toute petite femme sous son voile mauve qui la gênait tant. A la douane, des militaires, aussi bruts dans leurs gestes et leurs paroles que des SS sous Hitler, suspectèrent nos sacs et plus particulièrement nos livres. Enfin, nous traversions le portait métallique qui nous séparait de la Perse. Des voitures neuves attendaient devant pour rejoindre Zehidan, la première ville de l’Est iranien, par une route asphaltée impeccable qui traçait une droite rectiligne dans la plaine de sable s’étendant à tout l’horizon. C’en était fini des pistes chaotiques et modelées par les paysages tropicaux de l’Asie, des bus sans fenêtre dont les moteurs semblent s’épuiser définitivement à chaque vallon… À Zehidan, les Japonaises prennent un bus pour Mechhed 600 km au nord. Nous leur souhaitons bonne chance et, surtout, leur conseillons de se reposer afin d’être plus détendues lors d’une prochaine mésaventure. Elles paraissaient si fatiguées... À nouveaux seuls, apaisés d’avoir franchi cet obstacle, nous prenons une chambre dans le premier hôtel venu. La porte fermée, nous sortons de nos sacs la liasse de billets cachée depuis Quetta où le change était plus favorable. Elle n’a pas disparu, évaporée dans la soute moite du bus qui traversait la nuit. Une grosse somme d’argent. Nécessaire pour un mois en Iran où les banques ne sont pas connectées au réseau international. Les élastiques sautent, la liasse large d’une main s’envole dans les airs. Nous sommes recouverts de centaines de billets verts et gris. On est riches, mon gars ! Le sommeil, alors, ne tarde pas à venir nous prendre. Nous aviserons demain pour la suite. Demain seulement, nous réaliserons dans quel nouveau monde nous sommes rendus, à quelle atmosphère nous devrons nous mêler, avec quel degré d’hospitalité, la population iranienne nous recevra chez elle pendant notre séjour.
Route de Kermân
L’Iran n’apparaît pas. Huit heures dans le bus sans croiser un chameau, dans un désert de cyclones et un fond de montagnes immenses et stériles jusqu’aux neiges éternelles qui les recouvrent, sans doute à une centaine de kilomètres, sur la frontière afghane. Le bus fonce à toute allure mais il semble, dans l’immensité, qu’on soit immobiles. La journée passe, autant de kilomètres parcourus sans que l’Iran ne veuille se montrer. Elle est un mirage. Un conte des mille et une nuits, imaginé par des âmes égarées trop longtemps sous le soleil atterrant de ce désert… Le paysage devient ennuyeux. Un relais, une voiture arrêtée sur le côté, restent visibles pendant plusieurs minutes, voire une dizaine de minutes, avant de passer dernière nous. Nous roulons pourtant à vive allure. Dire que le Suisse rencontré à Lahore venait de parcourir ce désert du Lout à vélo ! Que certains le font à pied, jusqu’en Chine, comme Bernard Olivier ! Et que d’autres, pour tenter de rentrer dans le livre des records, tournent en moto autour de l’Iran, sans s’arrêter, à part la nuit, pendant plusieurs semaines… Le chauffeur glisse un DVD. Le film commence. Pas de cinéma iranien qui nous aurait intéressés, non, un film français. Taxi avec Samy Naceri. Un film français au fond du désert sud de l’Iran. À plus de 5.000 km de chez nous. Ce n’est pas une coïncidence au moment où la France nous manque singulièrement. Juste en sortant d’Asie, passés le désert du Baloutchistan, notre pays nous appelle… Le film a sans doute été vendu pour faire la promo des voitures, puisqu’en Iran, il n’y a de neuf que Peugeot. Il y en a beaucoup. J’espère pour eux qu’elles n’ont pas été sabotées comme le film que la censure défigure chaque fois qu’il y apparaît une femme dévoilée… Enfin, c’est amusant de voir que l’humour peut être internationalisé car on entend les gens rire. À un check point sur la route, des militaires antipathiques cherchent dans nos yeux un doute, un signe qui les inciterait à nous fouiller. Nous n’avons presque rien à nous reprocher. Pas d’alcool, pas de drogue, pas de photo de femmes impudiques. Mais nous avons quelque chose de plus interdit encore. De plus dangereux dans la lutte d’un peuple sans liberté. Un livre. Un livre d’Omar Khayyâm. Ses plus beaux poèmes revus et corrigés par Hedayat : une hérésie…
Quel homme n’a jamais transgressé Ta loi, dis ? Une vie sans péché, quel goût a-t-elle, dis ? Si tu punis le mal que j’ai fait par le mal, Quelle est la différence entre Toi et moi, dis ?
Heureusement, leurs noms n’apparaissent pas sur la couverture. Et, j’imagine que les militaires, pour la plupart, se contentent de regarder les images à défaut de pouvoir lire notre alphabet. Le bus repart enfin et, à la tombée de la nuit, nous franchissons le dernier col avant d’arrivée à l’oasis. Le désert parsemé de touffes d’herbe déjà jaunies se transforme alors en prairies, en cultures verdoyantes et en jardins sublimes éclaboussés de fontaines. Le mot paradis vient du farsi et veut dire jardin… Il n’y a en effet rien de plus beau et de plus rassurant qu’une oasis aux couleurs éclatantes dans un désert brûlé par le soleil. 18 degrés en sortant du bus et une pluie fine qui, poliment, nous accueille, avec ce goût, qui rappelle celui connu sous nos latitudes. Ce goût oublié depuis que nous errons sous les tropiques… Du fond de mon sac, je ressors un vieux pull chiffonné et échange mes claquettes contre des chaussures fermées, prêt à patauger dans les rues de la ville. Nous devons avoir quelques heures d’avance sur le temps, car nous remontons en principe avec le soleil et le printemps… Nous visitons plusieurs hôtels. Il ne semble pas qu’on essaie de nous arnaquer. Pourtant les prix ont doublé, triplé même, pour un standing identique. Finalement, nous choisissons une chambre double honorable, de plain-pied, qui donne sur une large cour ombragée par d’énormes platanes, près de la vieille ville. Notre hôte, un Arménien, s’empresse de nous servir le thé. Il sait que sa réputation dépendra de nous, quelque peu, qui allons continuer de voyager et semer son adresse au delà des frontières, parmi les voyageurs qui, si il nous donne satisfaction, finiront chez lui. La douche est chaude et les robinets brillants. Ce n’est plus un seau d’eau fraîche qu’on se jette à petit baquet dans une salle de bain inclinée sur un orifice béant. Ce n’est plus, non plus, des toilettes à la turque qui affermissent les cuisses, cependant, il n’y a toujours pas de papiers... Au coin de l’hôtel, l’odeur de mouton gras et parfumé vient nous allécher, puis dans des draps frais, nous nous endormons dans l’oasis de Kerman, pour une deuxième nuit iranienne, dans le murmure des contes de Schéhérazade.
Dans la rue
La première chose qu’on remarque en Iran, ce sont ces immenses peintures qui recouvrent des façades entières de bâtiments. La barbe épaisse, l’air grave et l’œil bienveillant sous de lourdes paupières broussailleuses, le visage de l’ayatollah Khomeyni, guide de la révolution islamique, mesure souvent une dizaine de mètres de haut et semble peser sur les villes. Il est l’âme d’une population qui s’est révoltée pour reprendre son destin en main. Il est l’âme du peuple perse, de toute son histoire, des fiers Darios et Xerxès, des sassanides qui dominèrent de l’Inde à l’Arabie, de l’invasion arabe qui répandit la loi du prophète, du culte des martyres Ali et Hussein des chiites, aux grands poètes, astrologues ou sufis Ferdowsi, Nezami, Djalal al-Din Rumi et Omar Khayyâm, des apogées Samanides et Seldjoukides, des villes légendaires de Samarkand et d’Ispahan, de l’histoire contemporaine du moderniste Rezâ Chah, du nationaliste Mossadegh et de sa première victoire économique sur les pays riches, enfin de l’insurrection qui renversa le dernier Chah, absolutiste aux mains de l’hégémonie occidentale, contre la prise de pouvoir des religieux depuis un quart de siècle qui risque de se voir renversée à son tour par les maîtres d’un monde qui ne se veut qu’américain. La deuxième chose qu’on observe, c’est le style vestimentaire. Ce ne sont plus les couleurs des saris de l’Inde, les grandes barbes et turbans des bergers du Pakistan. Mis à part les religieux dans leur longue tunique blanche et leur barbe noire, et les vieilles dames toutes en noires, voûtées, la population s’habille à l’occidentale. Les messieurs sont rasés en chemises et pantalons de toile grise pour les commerçants. En smoking pour les hommes d’affaires. Les jeunes femmes portent des jeans et des petits talons. Un voile obligatoire cache leurs cheveux mais elles lui donnent un style, une transparence et le tirent en arrière le plus possible laissant une frange sur le front qui met en valeur leur visage et leurs yeux maquillés. Les jeunes hommes en jean baskets laissent apparaître leurs muscles souvent gonflés par le body-building sous des tee-shirts moulants. Ils font hurler le moteur de leur voiture et passent avec de la musique qui carillonne aux oreilles devant les sorties des écoles, comme ça se fait chez nous. Bref l’attitude vestimentaire montre que les jeunes Iraniens ont attrapé le virus des marques et la folie de la mode, des corps qu’on met en valeur, des attraits matériels et modernes qui les font remarquer, et enfin des artifices occidentaux : belles voitures, poupées de luxe et consommation. On dirait notre monde. Celui où je retourne... Si encore je n’étais pas pressé ! Une musique a retenu particulièrement mon attention à Ispahan alors que j’étais invité par des jeunes que j’avais rencontrés. Dans leur voiture qui fonçait dans la ville, ils ont passé une musique et chanté, dans une ambiance électrique qui me rappelait certains concerts de hip hop, façon iranienne. Les instruments sont les milliers de poings, lourds, abattus sur des poitrines gonflées, en un rythme sourd, comme les battements d’un cœur géant, amplifiés d’un chant religieux, hurlé à la mémoire d’Hussein le martyre et une énergie vibrante de foi. Impressionnant comme la jeune génération, très nombreuse comme dans beaucoup de pays encore sous-développés, a gardé avec la foi, les valeurs absolues dictées par la religion, une communion pour partager les diverses espérances sociales, économiques et politiques. Ils n’ont pas du tout le pessimisme européen, la morosité ambiante de la France. Ils sont baignés dans une espèce d’euphorie optimiste, une confiance sans borne dans la destiné de leur pays. Nous sommes plus avancés mais eux vont plus vite… J’exagère sans doute mais laissez-moi continuer. Les Iraniens s’enrichissent grâce à l’abondance de pétrole sur leur terre qui va de paire avec le développement économique et l’accroissement de la population. De plus, la reconnaissance et la solidarité récente des pays de l’Islam leur donnent en parallèle cette énergie et cette assurance si puissantes que rien, j’ai l’impression, ne pourra étouffer…
Le bazar de Kermân
Centre de la ville, il débute sur la place centrale qu’entoure un jardin public puis s’enfonce par la porte immense, l’Iwan, décorée de dessins et de reliefs en céramique de cette fameuse couleur turquoise de Mechhed, très chère à l’Iran. Des kilomètres de galeries transpercées par le soleil qui diffuse une lumière tamisée, douce et délicate. Des ruelles s’échappent sur les côtés, des places aux croisements que le soleil inonde, d’autres quartiers du bazar, d’autres commerces, toujours reliés par ces galeries qui parfois s’enfoncent plus profondément dans la terre, parfois s’ouvrent sur une cour intérieure ou un jardin fleuri de fontaines. Sortis du bazar par une ouverture sur la cour d’une mosquée cachée dans le cœur de la ville faite d’une immense place dallée, entourée d’arcades recouvertes d’arabesques, de céramiques d’un bleu pur, de minarets élégamment cerclés de briques rouges, de remparts discrets cannelés et moulés dans la terre sableuse et la paille qui donne une teinte ocre et qui reflète et met en valeur les véritables couleurs des décorations. Au centre de la place, une fontaine agréable où se baignent les pigeons autour de quelques croyants débarbouillés qui s’apprêtent à la prière. Des pins parasols, immenses, s’élèvent ici et là. Ils abritent du soleil ardent, protègent un espace de verdure, un banc. Nous sommes assis depuis une heure dans le calme et la réflexion qu’éveillent en nous les découvertes de la Perse. Les villes d’Iran sont des petits bijoux de finesse, de couleurs et d’architecture arabe du désert. Les dômes des mosquées en bulbes semblent vouloir s’envoler comme des ballons, les pointes des minarets, à l’inverse, s’élancent finement et se détachent du ciel au-dessus de la ville. Les places sont agencées de façon claire et simple. On sent la justesse qui les compose. Les traits d’un peintre merveilleux. Quelques couleurs bien distinctes. La parcimonie. La beauté naturelle. L’équilibre. L’art perse. La céramique, les vases, les moindres objets sont décorés très finement et très précisément dans une multitude de traits et d’arabesques qui se révèlent quand on s’approche et qui donnent aussi une illusion, un éclat, une étrange et jolie apparence, quand on s’en éloigne. Tout est donc une opposition entre la beauté naturelle, la simplicité d’un ensemble grandiose, représenté par les dimensions des iwans, des mosquées, par l’étendue du désert, et la finesse et la précision des arabesques, des céramiques, des objets d’art, des pierreries minutieuses et foisonnantes de richesses délicates et minuscules. L’élégance de l’ensemble se reflète aussi sur les commerces. Un marchand d’étoffes disposera ses effets avec dévotion autour de lui, dans une profusion qui n’altérera pas la beauté des lieux mais qui au contraire, se fondra dans le paysage et lui octroiera plus de valeur. Dans le quartier des bijouteries, espace réservé aux plus beaux et plus riches commerces du bazar, tout ne sera que brillance, reflets et diamants étincelants qui vous laisseront les mêmes sensations que celles d’un rêve dans la caverne d’Ali Baba… Enfin, dans le bazar des épices, ce sont des allées silencieuses de pains de sucre, de sacs de riz, d’amoncellements d’amandes et de pistaches, de noisettes et de graines de melons, des bassines pleines d’abricots secs ou de gingembre, des assiettes de cuivre avec de la cannelle, du curry, du poivre, du safran et des graines de pavot, ainsi que des quantités de petites coupes d’anis, de vanille, de cumin, de clous de girofle et d’innombrables herbes et racines imprégnant l’air d’arômes exaltants. Dominant ces amoncellements, les maîtres de ces couleurs sont assis, les jambes croisées comme des bouddhas… Le cœur et l’âme des habitants sont sans doute construits de la même manière, dans cette opposition. Une attitude claire et sincère dans les relations, un esprit simple et serein dans la conscience populaire, dans l’hospitalité, les valeurs acquises, contre un foisonnement et une diversité dans d’autres domaines, certainement spirituels, que quelques semaines ne suffisent malheureusement pas à déceler…
Voyage organisé Flicasseries.
Ai-je le droit de dire que l’imbécillité policière et militaire est internationale ? J’ai franchement l’impression que l’uniforme emprisonne la raison. Trois heures du matin. Accident sur la route. Des militaires font la circulation et nous envoient, nous et des dizaines de bus et de camions, sur une piste qui longe la route. Bientôt celle-ci se révèle impraticable. Les ornières sont profondes. Le dessous des bahuts touche, le sable est mou ; ils s’enlisent. Nous progressons dans les phares qui s’entrecroisent, évitons ceux qui tentent un demi-tour, à tâtons, pour éviter les trop gros trous. Nous dépassons quantité de moins chanceux qui sont tombés dans un fossé, qui se sont retournés en essayant de remonter sur la route et qui se sont coincés dans le sable entre deux dunes. Une heure de perdue. Les hommes descendent des bus et s’agitent dans tous les sens, mêlant leur ombre aux lumières aveuglantes. Des groupes se forment pour pousser. Partout, les gens et les moteurs grondent. Ça bouge aussi dans notre bus. Nous devons descendre à notre tour. Seulement les hommes. Femmes et enfants restent à l’intérieur. Il fait très froid. Le centre de l’Iran est un plateau désertique : le Kuh-e Rud, dont les pics peuvent dépasser 4.000 mètres d’altitude. Notre chauffeur va tenter de franchir le fossé, de passer l’accotement et de remonter sur la route au-dessus de nous, sur la gauche. Avec un bus, je pense que c’est impossible. Mais, il se prépare, tourne ses roues, prend son élan, patine, monte un peu, puis s’incline de façon à prendre la pente de travers... Il monte encore… Est près de se renverser… Moi, j’hallucine. Je ne voudrais pas être à la place des femmes et des enfants à l’intérieur. Aussi loin que porte la vue, les phares des bus et des camions sillonnent ce désert où nous ont conduit les militaires. Ça ronfle, ça patine, ça hurle. Notre chauffeur tente l’impossible. Une accélération, un coup de volant, le bus s’élève sur une roue, fléchit et, dans un coup de maître, donne l’impulsion juste qui lui fait franchir l’accotement dans un froissement de tôle terminé par un choc sous la carcasse. Le bus est sur la route. Il ne s’est pas renversé. Miracle. Les hommes sourient, applaudissent. On peut repartir. Nous sommes les seuls. Jusqu’à quelle heure l’ensemble des véhicules restera coincé ? Combien d’entre eux vont se retourner et s’enliser dans ces rudes montagnes, rendues glaciales par la nuit ? Comment se fait-il que des personnes aient pris cette décision imbécile et irresponsable ? Trois fois cette nuit-là, les policiers nous font signe de nous arrêter. Policiers et militaires sont omniprésents en Iran et ne sont pas diplomates. Ils montent dans le bus, réveillent femmes et enfants en éclairant leur visage, choisissent quelques personnes, les font descendre et les fouillent scrupuleusement ainsi que leurs bagages. Jamais vu des gens aussi méprisants et sauvages, nous dévisageant méchamment avec l’air de dire, mon boulot est intéressant, j’empêche les citoyens de se compromettre… Dans un train, en Inde, une bande de militaires a picolé toute la soirée. Dans la nuit, l’un d’eux, chancelant, vient pisser dans notre compartiment sur le jeune Allemand qui dort au-dessous de nous, sur la paillasse la plus basse, et sur ses affaires. Réveillé, Daoud repousse le militaire égaré, malgré ses protestations ridicules, son air fier et son uniforme. Renvoyé dans le couloir, c’est à peine s’il ne réveille pas ses confrères pour nous mettre dehors en criant comme un forcené. Dire que c’est eux qui sont censés faire respecter les lois. Moi, ils me font peur. On n’est pas en sécurité partout où ils sont présents. Les gens baissent le regard. Pourtant, ils n’ont rien à se reprocher. Ils ont peur. Plus de police pour plus de sécurité : un euphémisme. Taxi
Après cette nuit sans sommeil, nous arrivons à la station de bus au petit matin et devons atteindre le centre ville pour y trouver une chambre. Rituel maint fois reproduit. Négocier un taxi, négocier le prix d’une chambre… Une perte de temps bien nécessaire pour ceux, comme nous, qui voyagent avec peu d’argent. Dans la rue, les taxis attendent. L’un d’eux, jeune excité, empêche toute concurrence en abaissant son prix de façon exagérée. On aurait dû se méfier… On lui demande de nous emmener dans un certain hôtel. Un que nous savons modeste et que des voyageurs croisés ces derniers jours nous ont conseillé. Lui, évidemment, dit qu’il ne connaît pas ce nom, que ça doit être fermé, et réussit à nous déposer devant un autre hôtel… Je descends donc, pour demander le prix, bien plus cher, et surtout, me renseigner pour l’hôtel que nous cherchons. Ce qui est grave, c’est que le monsieur de l’accueil me confirme que l’autre est fermé ! Incroyable, il a fermé dans la nuit. Pendant ce temps, Daoud est dans la voiture. Le jeune chauffeur a sorti un seau et semble laver ses vitres. J’explique à Daoud, en remontant, comme ces gens mentent sans scrupule. On est fatigués et on aimerait aujourd’hui que ce soit plus facile. On est las de toujours se battre, de devoir faire attention à ne pas se faire arnaquer, de toujours devoir négocier… Mais, pourquoi le coffre est-il ouvert ? Et le gars derrière, que fait-il ? Je suis certain que ce mec est en train de nous voler. En une seconde, on se précipite hors de la voiture pendant que lui ferme le coffre promptement et fait signe qu’on peut y aller. C’est ça, mon gars. Prends-nous pour des jambons. On ouvre le coffre et nous apercevons que les affaires ont été bousculées et qu’il a cherché à nous voler… Après vérification, rien ne semble manquer. Il n’a pas eu assez de temps. Il fait l’innocent et ne comprend pas l’anglais. Quand ça les arrange… La voiture repart. Nos décisions se ressentent de notre nuit sans sommeil. Et surtout, on est trop las pour se fâcher vraiment alors on lui dit simplement de nous déposer en ville et de partir. Quand même, il essaie de nous demander plus d’argent que prévu, il proteste, il claque la porte. Je te jure. Le petit con… Quelques semaines plus tard, Daoud s’aperçoit qu’il a égaré 40 dollars qu’il avait mis de côté. Les 40 dollars qui étaient dans la sacoche de son sac dans le coffre de la voiture à ce moment-là. Daoud se fâche. Il pense comme moi. Ne cherchons plus, c’est le taxi de Chiraz. C’est écœurant de se faire voler. Il n’y aurait pas eu autant de kilomètres à faire pour calmer notre colère que nous l’aurions retrouvé…
Chiraz
La ville est très jolie. Le fort, le bazar magnifique, les mosquées… Derrière une rivière de sable, un mausolée est à l’intérieur muré d’une multitude d’éclats de glace merveilleusement disposés. Dans la calme bibliothèque qui l’accole, nous choisissons un des nombreux textes de foi et admirons l’écriture calligraphiée à défaut de pouvoir la comprendre… Une demoiselle vient nous saluer. Elle s’enquiert discrètement de nos recherches et de nos identités avant de se présenter elle-même puis enfin, nous signale gentiment et avec un grand sourire que nous sommes installés dans la partie réservée aux femmes… Dans le bazar de Chiraz, en son milieu, une petite cour intérieure s’ouvre aux quatre coins, sur le labyrinthe des galeries. Je le signale quoique n’ayant aucun mot pour décrire cette simple place. Encore une fois, il faut la voir pour imaginer sa pure beauté, son atmosphère tranquille, tout ce que l’Orient nous montre d’élégance et de plaisir de vivre… Au retour de nos balades à travers la ville, nous ralentissons le pas, nous pesons nos mots, nos bras se croisent dans notre dos, nous sommes teintés de cette nonchalance tranquille, de ce souffle spirituel de sérénité, de cette légèreté émotionnelle qui émanent de ces murs, de ces places et de ce peuple… Pourtant, nous approchons d’un an de voyage et notre désir de rentrer ne peut plus être étouffé. Chaque nuit, mes rêves me font revivre les douces journées avec ma famille. Je ne peux penser sans angoisse à la distance et aux temps qui me séparent de mes frères et de mes parents. Le beau temps n’y fait rien. La richesse des lieux, le mouvement, les mystères résolus et les découvertes non plus. Je suis las de voyager. Je suis las de ne pas être dans un chez moi, de promener ma maison sur mon dos, d’avoir à faire chaque jour avec les soucis d’alimentation, de logement et de transport. J’ai l’impression d’avoir déjà tout vu et une minute de trop dans un lieu m’exaspère. J’étouffe. Des efforts me sont nécessaires pour m’intéresser aux gens et aux choses que je regarde avec dédain. Il faut pourtant être patient. Quelque 5.000 km nous en séparent encore. Et de n’être pas suffisamment ouverts et motivés peut d’autant plus nous créer des problèmes comme avant-hier… À la fraîche, nous nous asseyons en terrasse dans la fumée des narguilés avec un thé brûlant et très sucré. Ne sommes-nous pas bien ? Perdus dans ce monde, dans ce désert où personne ne nous connaît. Patience ! et la récompense n’en sera que plus grande. Patience, et le voyage sera terminé pour toujours ! Chaque jour, un de nous deux devient plus renfermé, moins souriant. Chaque jour, un de nous deux prend l’initiative de motiver l’autre. Chacun notre tour, nous nous laissons aller à la mélancolie. Seul, ces moments auraient été difficiles. Penser à celle qui nous attend… Ou qui ne nous attend plus… Personne ne devrait nous attendre. Sans nous l’avouer, nous abrégeons nos souffrances en repartant plus vite. Plus vite vers le nord. Plus vite encore. Plus vite les transports... Entre temps, au contraire, notre nonchalance domine. On s’exerce à cette souffrance qu’est la nostalgie. On reste sages et tranquilles dans notre rôle jusqu’au soir où l’angoisse serre le ventre quand les pensées s’emmêlent et sillonnent toutes dans la même direction, pour une nuit animée de rêves annonciateurs de retour.
Persépolis.
Une terrasse le long d’une falaise dans les sèches vallées du Zagros. Des monuments du Vème siècle avant J-C élevés par Darios à l’époque achéménide où les arts du monde grec rencontraient ici ceux de l’Orient. Je ne sais pourquoi les ruines de Persépolis sont si connues. Il me semble que ces temples n’ont pas eu le temps d’accueillir les héros sculptés avant qu’Alexandre ne vienne brûler l’ensemble sur sa route. Enfin, ce qu’il en reste est un chantier de pierres énormes, quelques colonnes encore debout, une ou deux gravures que l’érosion n’a pas terminé d’effacer et des statues de dieux animaux dont les trompes et les cornes n’ont pas eu le temps d’être assemblées à l’ébauche du corps. Non vraiment, je n’ai ni la connaissance, ni le réel intérêt pour l’architecture qui me permettrait d’éprouver de l’adoration devant ces pierres. Pour moi, elles ne contiennent pas, si vous écoutez tout bas, l’histoire des temps qui les ont élevées. Elles ne me parlent pas. Je ne comprends pas leur langage… Assis sur la partie supérieure qui domine l’ensemble, nous passons un moment à regarder les touristes. Eléments d’analyse sociologique de notre temps qui m’intéressent. Mais là, ce qui nous absorbe, c’est seulement l’attitude de gens que nous connaissons bien puisqu’ils viennent de chez nous. Les mimiques de nos retraités. Les petits couples de septuagénaires qui se donnent toujours la main, ceux qui sont seuls et cherchent une compagnie, les comiques qui ne s’expriment qu’avec des boutades, les grincheux qui râlent tout le temps, tous ces visages européens. Nous les étudions comme sujets d’examen et cela semble les ennuyer d’être à leur tour éléments d’observations… Moi, je me dissimulerais bien, discrètement, dans leur bus, calé au fond de la soute où je m’endormirais volontiers. Et après de longs rêves, je m’éveillerais juste devant chez moi. Au lieu de ça, le sac sur le dos sous le soleil du sud de l’Iran, et trop radins pour acheter, trop cher une bouteille d’eau, nous sortons de Persépolis et devons négocier un transport pour aller plus loin, vers un autre carrefour, une autre ville, sans jamais savoir ce que nous trouverons demain.
Mélancolie Pasdaranes
Route d’Ispahan.
Cette fois-ci encore, des heures de bus pour parcourir les longues distances qui séparent les villes, avec quelques pauses pour grignoter dans les restaurants un peu sales du bord des routes. Pas la même saleté qu’en Inde où la densité de la population fait que les aliments n’ont pas le temps de pourrir. Le sandwich à l’agneau pas cuit mêlé de quelques oignons aura du mal à être digéré. Encore faut-il avoir faim ! Pas bon à manger mais alors à vomir… Ces nuits de bus sans sommeil ne seront jamais récupérées. Les arrêts, les check-points, le bruit du moteur pour passer les montagnes, les virages, les gens, les enfants, la vidéo… Quelle est la part du temps passé, en voyage, dans les transports ? Certainement pas dérisoire. Des journées de bus nous attendent encore pour rejoindre Téhéran, Tabriz, puis l’Est de la Turquie avant de la traverser. Toujours en bus, des journées et des journées. Encore faut-il avoir à rêver ! Encore faut-il pouvoir lire dans un bus ! Avoir le sommeil facile et le repos instantané. Cependant, dans ce bus, sur la route d’Ispahan, le temps ne va bientôt plus compter. Nous rencontrons un personnage que nous ne nous lasserons pas d’écouter. Ingénieur en électronique, il travaille dans l’industrie et parle très bien anglais, ce qui est aussi fréquent en Iran qu’en France... Qui plus est, il a un point de vue sur la politique, le social, l’histoire et la religion qu’il va nous développer tout au long de la nuit. Nous bavardons dans un premier temps de nos impressions sur l’Iran puis, finalement, nous lui avouons notre désapprobation concernant la présence trop nombreuse de militaires, la propagande sur les martyrs de guerre dont les visages sont partout en posters sur les murs des maisons et sur les pare-brise des voitures… Alors, il nous raconte sa version concernant ces martyrs… « Vous, les Français, vous pouvez vous vanter d’avoir eu une politique étrangère qui a toujours soutenu Saddam Hussein depuis la guerre en Iran jusqu’à sa chute en 2003. L’Irak est depuis longtemps votre client en armement, tous les armements, du chimique au nucléaire. Quand Saddam a attaqué l’Iran, ces armes ont détruit sans pitié des villes iraniennes entières dont la population civile est maintenant entassée dans les cimetières. Allez visiter celui d’Ispahan vendredi, toute la ville y sera. Et comprenez pourquoi l’Iran pleurera toujours ses martyrs tant que le monde ne reconnaîtra pas cette ignominie. Si vous remettez les choses dans leur contexte historique, que vous ne connaissez peut être pas, vous allez mieux comprendre ce qui influence directement la situation actuelle. À l’époque de cette guerre, dans le début des années 80, vos pays occidentaux ont favorisé un dictateur mégalomane et sans scrupule – Saddam – parce qu’ils craignaient les nouveaux chefs issus de la vague de la révolution khomeyniste qui ne voulaient plus se plier aux exigences américaines. Avez-vous entendu parler de la révolution verte ? La révolution islamique si vous préférez. Ecoutez-moi encore un peu si vous désirez savoir. Quand la monarchie absolue du dernier Chah a été renversée lors de la révolution, le peuple a, dans le même temps, fait s’écrouler la cinquième puissance militaire mondiale, créée de toutes pièces par les Américains. L’Iran devait servir de chien de garde contre l’Union soviétique de l’époque de la guerre froide et contre les pays du Proche et du Moyen Orient qui possèdent le pétrole. Évidemment, cette insurrection n’arrangea pas les intérêts américains et la déception fut grande alors, dans les obscurs couloirs de la CIA. La suite est facile à deviner. On ne contredit pas l’Amérique. Alors, la CIA organisa des coups d’état pour renverser le nouvel homme fort du pays, Khomeyni, qui n’aboutirent pas mais qui se terminèrent par une prise d’otage des citoyens américains de l’ambassade par les moudjahidins. Cette situation dura longtemps et s’envenima encore. Les pro-américains et les démocrates iraniens furent progressivement « mis de côté » pendant que, parallèlement, la communauté internationale désapprouvait définitivement cette révolution dont le sort ne dépendait plus que d’elle-même. Et puis, le con de Saddam en a profité pour nous attaquer. C’était le bon moment pour ses rêves de grandeur. Et la communauté internationale ferma les yeux sur ses crimes qui firent le nombre de morts par gaz chimique le plus important de tous les temps à travers le monde. Malheureusement pour lui, l’attaque d’un ennemi extérieur a renforcé le sentiment patriotique de la population et il lui fut impossible de nous envahir. Au contraire, nous menacions bientôt l’Irak à notre tour et comptions renverser Saddam pour libérer nos frères chiites prisonniers du dictateur. Une fois encore, c’est l’aide occidentale à l’Irak qui ne nous permit pas de mener à bien notre projet sinon nous aurions éliminé définitivement un dictateur et la population irakienne ne connaîtrait pas aujourd’hui une telle injustice... Non, la guerre se stabilisa sur ses positions pendant 7 années. Sept années qui firent s’effondrer notre économie déjà fragile, qui diminuèrent et appauvrirent notre population. Tout cela sans accéder à la moindre aide extérieure. Bien au contraire, puisque les Américains mirent en place un embargo qui s’est durci à mesure des années et qui nous empêcha d’accéder à la moindre aide extérieure. On ne contredit pas l’Amérique même si c’est tout un peuple à l’autre extrémité du monde qui le désire. Vous comprenez maintenant pourquoi, lors de manifestations dans notre pays, la haine contre l’Occident est sensible. Nous sommes aujourd’hui complètement autonomes, revitalisés par l’argent du pétrole mais aussi par l’énergie bénéfique de l’islam qui se transmet à travers le monde, et plus rien ne nous empêche de dénoncer l’hégémonie dévastatrice occidentale et peut-être même un jour d’aller plus loin... » La nuit passe dans le bus mais nous ne dormons pas. Ces accusations parfois abusives semblent tellement proches de la réalité. Nous ne trouvons pas les arguments pour relativiser l’injustice qui fait trembler ses lèvres. Nous ne pouvons qu’écouter respectueusement sa version dramatique des faits, tout en sachant seulement que, Occidentaux, Iraniens ou Chinois : nous ne sommes que des hommes et nos bassesses, dans tous les niveaux hiérarchiques, ne sont plus à démontrer... Après une pause bienvenue pour déjeuner, le monsieur reprend de lui-même son bavardage. Nous ne sommes qu’au milieu de la nuit et il lui reste du temps pour nous convaincre tout à fait. Il nous sent réceptifs, intéressés, bien que parfois sceptiques, ce qui l’encourage à développer totalement ses opinions et tenter de nous les faire partager... « Rejeter la religion catholique fut la meilleure chose que vous ayez faite, vous les Français, car après avoir apporté une richesse extraordinaire, elle finissait par abolir complètement l’esprit critique des individus, les avilir dans un système de servitude sous la dépendance d’un clergé avide, éloigné de Dieu lui-même. Nous avons fait le contraire. La religion nous manquait. Et je vais vous expliquer pourquoi. Cela aussi est facile à comprendre car tout s’explique grâce à l’Histoire. Depuis deux siècles, la société européenne, et les sociétés qui en sont nées, semblent ne connaître qu’une seule foi positive : le culte du progrès matériel, avec la croyance qu’il n’y a d’autre but dans la vie que de la rendre toujours plus facile et indépendante de la nature. Votre Dieu n’est plus spirituel. Il s’appelle le progrès. Et vos prêtres sont devenus des hommes politiques ou des acteurs de cinéma et vos églises des télévisions. Le désir insatiable de pouvoir et de plaisir a conduit aux guerres mondiales avec l’horreur que vous connaissez car il n’y a plus, dans votre société, de morale ou d’accord sur le bien et le mal. Plus de limite. Et tout est encore conduit aujourd’hui par la règle de l’opportunisme, du capitalisme. Vos problèmes ne sont pas résolus. L’insatisfaction occidentale est évidente, sa décadence culmine dans une illusion confortable, dépendante de la richesse, la richesse assise sur les autres peuples qui n’apporte pourtant pas le vrai bonheur. La vie occidentale est confuse et malheureuse parce qu’il n’y a plus de véritable communion entre les hommes, parce que vos gratte-ciel, vos machines et vos télévisions ne peuvent rien faire pour restaurer l’intégrité brisée de vos âmes. Dieu vous a quittés et le progrès technique sans lui ne développe que l’individualisme amer et avide. Jamais plus de Bach et de Beethoven ne s’élèveront parmi vous mais certainement de nouveaux Hitler et Bush qui se valent dans mon cœur. Votre société a une culture égocentrique et vous exigez qu’elle devienne la seule réalité possible. Vous exigez de laïciser les pays musulmans car vous croyez en ce sens de l’évolution. Mais vous vous trompez encore. Et on ne vous laissera pas faire. Il n’y a ni église, ni clergé, ni hiérarchie dans l’islam qui puisse nous oppresser. Et puis l’islam n’est pas seulement une religion mais, est, à la fois, pouvoir politique, communauté et manière de vivre. Les musulmans ont une unité profonde quels que soient leurs origines et ils sont unis à travers le monde dans leur manière de penser et de distinguer le juste du faux. Les Occidentaux pensent que l’islam demeure une survivance des siècles passés, un signe d’arriération sociale et politique qui va disparaître, mais pour nous, dans le système violent et dévastateur de la mondialisation provoquée et dirigée par l’Occident, c’est au contraire une unité de rapprochement conservatrice, un mouvement d’avant-garde et un levier porteur de libération ! » Cette fois, le monsieur a fini. Oui, parce qu’on arrive. Il aura convaincu très certainement quelqu’un : lui-même. C’est déjà pas mal. Quand tu cherches une réponse à tes questions, le principal ce n’est pas d’avoir La réponse mais c’est d’en avoir Une. Le bonheur est dans la certitude. Pour notre part, on va commencer par digérer tout ça et essayer de savoir s’il y a des petites choses où il pourrait bien avoir raison quand même… Et puis, comme on ne l’a pas vraiment contrarié, le monsieur nous aide, en arrivant dans sa ville, puisque c’est la nuit, à trouver le bon bus pour le centre. Ensuite, il nous invite à aller visiter le cimetière dont il nous parlait. Mais bien que cela paraisse intéressant, nous en avons assez entendu pour le moment. Daoud est d’accord avec moi ; cherchons plutôt des personnes qui pourraient avoir un avis qui nous ferait moins peur. Nous avons comme dans l’idée que ce monsieur va un peu trop loin et que tous les Iraniens ne seront pas d’accord avec lui, bien que, malheureusement, il doive en représenter une bonne partie… Ispahan. Une semaine plus tard.
Ce matin en me levant, je me suis demandé ce que j’allais faire. Cinq minutes… Puis, suis descendu déjeuner chez Hassan, dans un café iranien où est servi le thé et où les gens fument le narghilé. Le thé n’était pas encore trop fort et le cake juste chaud. Hassan ne me fait plus payer depuis que nous travaillons tous les deux, lui à l’anglais et moi au farsi et à l’alphabet arabe, l’écriture qui marche à reculons. Je l’ai vu un jour faire de la calligraphie et je m’y suis intéressé. Depuis, nous sommes devenus amis et je passe des journées entières à travailler la langue arabe avec ce jeune professeur improvisé. J’aime bien Hassan. Il est droit. Il est sincère. Il est vrai. Quand il est arrivé de son village dans cette ville et dans ce commerce, il a commencé par nettoyer les gamelles. Maintenant avec la même allure : survêtement et chaussures en cuir, il est devenu responsable. Tout le monde le respecte ici bien qu’il soit modeste. Il devrait me donner, en plus, des leçons d’humilité… Hassan ne parle pas beaucoup. Il ne rit pas beaucoup non plus mais garde un petit rictus au coin de ses lèvres. Il m’apprend beaucoup de choses sur l’Iran, aussi sur les Kurdes dont il fait partie. Puis, il met une cassette dans le lecteur, musique traditionnelle, contemporaine, classique, ûd iranienne ou kurde, toujours choisie avec subtilité… Ce ne sont pas des sentiments passionnels, des émotions fugaces qu’expriment les musiques que me fait écouter Hassan, mais réellement des airs sans âge, sans violence, des airs de la vie dans sa simplicité, dans ses valeurs immuables et fondamentales comme le rythme du vent dans le désert, la sensation des grands espaces et la contemplation d’un éternel présent… J’aime ces musiques et ça lui donne beaucoup de plaisir de me voir les apprécier. Des personnes entrent dans cet espace sonore, des sportifs, des hommes d’affaires, des religieux : Personne ne prête attention aux mélodies sacrées. Si, peut-être, les visages ensanglantés des martyrs, figés dans la contemplation, sur les tapis muraux, autour d’aigles royaux, de chevaux volants et de princesses célestes… Shaddy a ouvert son café Internet un peu plus loin dans la rue. Elle est avec sa sœur Soufia. Toutes deux me sourient de façon entendue. Je monte leur dire bonjour. Une poignée de main. La bise se fera seulement le jour des adieux, en cachette. Nous avons passé la soirée ensemble hier, dans les rues de la ville, avec Minah et Nahib, leurs cousines. Soufia, qui préfère qu’on l’appelle Zizi même après lui avoir donné la signification française, est étudiante. Elle a donc plus de temps à nous consacrer et parle mieux anglais que sa sœur et ses cousines qui ne le parlent pas du tout. Ensemble, nous avons visité la très belle église arménienne d’Ispahan puis le musée qui se trouve à côté. L’histoire arménienne est passionnante. Cette petite famille orthodoxe du Caucase, au pied du mont Ararat où s’est perché Noé, est entourée de musulmans géorgiens, turcs, tchétchènes, azerbaïdjanais et iraniens… Le musée insiste sur le génocide perpétré par les Turcs à la fin de l’ère ottomane. De tristes images qui rappellent celles de l’holocauste et que les Turcs ne veulent pas reconnaître bien que ce soit le sujet d’une opposition importante à leur entrée dans l’Europe… En sortant de ce musée, nous allons dans un jardin public. Nous sommes allongés dans l’herbe quand la police arrive en civil. Trop près d’une demoiselle ! Les policiers nous demandent nos contrats de mariage. Soufia leur dit qu’on est ses cousins venus de France. Perplexes, ils nous demandent nos papiers et, ne constatant rien de répréhensible, exigent seulement que Zizi replace son voile trop largement tiré en arrière... Pas facile de trouver des couples non mariés en Iran, pas facile d’empêcher Cupidon de tirer ses flèches pourtant et d’étouffer la liberté de cette jeunesse qui se veut moderne au plus grand désarroi des Pasdarans, les gardiens de la révolution…
Avec Daoud, nous partons en taxi de l’autre côté de la ville, à l’extrémité du bazar que nous voulons remonter tranquillement jusqu’au centre. On nous dépose en banlieue d’Ispahan. Quoique le mot banlieue soit tellement péjoratif en France qu’il en devient trop fort pour décrire cette partie de la ville iranienne. La banlieue d’Ispahan ne rassemble pas les minorités, ni les citoyens du pays qui ont peu d’argent pour vivre. Elle n’est pas faite d’immeubles fermés sur eux-mêmes mais des mêmes maisons un peu plus petites qu’en ville. Les différences sociales dans la population iranienne n’ont pas les proportions que nous avons atteintes… Donc à l’extrémité d’Ispahan, nous commençons par nous promener dans le marché aux légumes entre l’entrée du bazar et la mosquée du Vendredi. C’est le seul à l’air libre, le long des rues sableuses. Nous y retrouvons les regards perçants et les gestes centenaires des commerçants, leur voix attrayante et, leur béret français. Une mode datée de la vieille époque de Reza Chah et de son voisin Atatürk qui se préoccupaient principalement de moderniser leur pays en l’occidentalisant. Il faut croire que le béret français tient une place importante dans le développement d’un peuple… Dans le bazar, les heures creuses sont en début d’après-midi. Les commerçants mangent tranquillement, boivent le thé et s’allongent sur leurs étoffes pour piquer un roupillon. Nous marchons pour la première fois dans le silence et le calme à travers un bazar. Celui-ci fait plus de deux kilomètres rien qu’en allant tout droit. Une ville à lui tout seul. Il s’ouvre comme toujours sur des jardins, des mosquées, des cours intérieures et des petites places avec des fontaines où l’on ne peut s’empêcher d’entrer pour se poser quelques instants. Une pelouse, des arbres, le silence et, tout autour, la beauté persane. En revenant dans le bazar, l’agitation a repris. J’ai, par réflexe, une hésitation en me mêlant à la foule. Une hésitation en souvenir des samedis noirs, en France, dans les grandes surfaces. Je hais les grandes surfaces : l’abondance de camelotes manufacturées, le choix entre tous ces produits qui n’ont de différence que la marque, les rayons surchargés, la classification, la publicité alléchante, mensongère parfois et surtout la lumière éclatante qui rayonne. Aussi, je hais l’attente devant les caisses dans un cérémonial silencieux qui prépare la sortie du portefeuille pas assez lourd pour qu’on puisse acheter tous les produits qu’on nous fait miroiter. Un habitant du Tiers-monde serait époustouflé en entrant dans ces magasins immenses, ces villes de rayons symétriques. Pénurie : non ! Surproduction : ah là d’accord ! Mon anxiété s’évacue rapidement. Nous sommes dans le charme d’un bazar oriental. Sombres petites échoppes pleines d’artisanat. En face, disposées dans un patio, les soies les plus luxueuses d’Asie. À côté, l’atelier d’un fabricant de cordes. Puis, une niche de textiles multicolores de Kâchmar. Dans les ruelles transversales, des maroquiniers imprègnent l’air de l’odeur aigre de cuir. Dans des renfoncements, on entend le bruit des machines à coudre cachées derrière des broderies. Plus loin, des chaudronniers martèlent du cuivre, du bronze, du laiton, symphonie curieuse, mélodie de la créativité artisanale. Les Iraniens ont une capacité de concentration qui leur permet de nouer, à la main, et au moyen d’innombrables fils de laine colorée, fil après fil, millimètre après millimètre, des tapis d’une perfection ahurissante. Ce n’est pas par hasard qu’ils sont les plus beaux du monde. Pourrait-on trouver ailleurs ce recueillement profond, cette absorption tranquille dans l’occupation ? Verrait-on ailleurs pareils yeux, sombres profondeurs pour lesquelles le temps qui passe signifie si peu. Des rues, encore des rues entières d’artisanat, de bruits et parfois de silence là où des peintres copient des images de vieux livres sur des pages blanches, trait après trait, ombre après ombre. Le temps passe et les peintres, les calligraphes restent penchés sur leur travail, étrangers au présent. Le temps passe. Dans les rues voisines, la pacotille occidentale pénètre dans les boutiques et progresse obstinément. Le temps passe pour nous aussi, sous ces dômes protégés du soleil et dans ces ruelles qui s’entrecroisent, fraîches, agréables et remplies de merveilles. Aveuglés par le soleil, nous débouchons sur une place en clignant des yeux. Un mirage de beauté et d’espace. Longue de cinq cents mètres, agrémentée de toutes parts de jardins, de fontaines, la place Meidun-é Eman Khomeyni est entourée d’arcades et ouverte par de grands iwans disposés sur les axes croisés de la cour, se reflétant sur la pièce d’eau centrale. Ces Iwans sont surmontés d’alvéoles comme des nids d’abeilles en arc brisé, avec des stalactites de céramique, des façades de faïence turquoise et verte où des inscriptions en kufique blanche - l’écriture arabe la plus ancienne - se découpent dans la brique au-dessus de mille arabesques. Au-dessus encore, flottent, dans l’espace, les immenses dômes de la mosquée royale. La ville d’Ispahan dans toute sa grandeur, telle qu’elle est depuis des siècles, relatée par tant de marchands et d’explorateurs comme la ville la plus belle du monde.
Dans la soirée, Zizi, Minah, Shadi et Nahib marchent avec nous dans la ville, à la fraîche, comme tout Ispahan. Elles sont bien habillées, se donnent la main, leur voile couvre juste le derrière de la tête et elles matent les mecs en balançant leur petit sac à main. Plus habitués à ces comportements, nous sommes tout émoustillés de nous faire reluquer et d’être en compagnie d’élégantes jeunes femmes. Les trottoirs sont bondés, les magasins brillent, tout le monde est classe. Demain, je vais m’acheter une paire de basket ! Depuis le temps que je traîne ces chaussures de montagne. Bien qu’elles aient traversé avec moi les Alpes, il faudra que nous nous séparions un jour. Et puis ces fringues distendues, ces deux tee-shirts portés depuis un an et cette barbe trop longue. Nous sommes des clochards parmi la foule et cependant, joliment accompagnés… Voici le pont Khadju, une des dernières merveilles de la ville et de la floraison artistique persane. Un pont piétonnier que les gens traversent pour recueillir, dans le vent léger, les fines gouttelettes qu’un jet d’eau envoie du milieu du fleuve, comme une pluie de diamants, réverbérée par les projecteurs. Partout, c’est propre, c’est fin, c’est beau, c’est géant, c’est Ispahan !
Téhéran.
À l’inverse d’Ispahan la merveilleuse, Téhéran est la plus triste ville qu’on ait vue. Les rues sont bouchées de voitures. Les façades noires. Les hauts immeubles dissemblables. Les longues avenues rectilignes n’ont rien de plaisant pour les yeux. Aucune zone piétonne, aucun arbre. Pas même de vieux quartiers ou de centre ville. C’est triste, triste, triste. Pour couronner le tout, notre hôtel est sale et bruyant. Toute la journée, je marche dans ces rues à la recherche des quelques beaux quartiers, des universités, des petits parcs séparés par des avenues commerciales, toujours dans le bruit des klaxons et dans la pollution. C’est décourageant. Il n’y a vraiment rien de beau, ni même d’historique et surtout ce n’est pas une ville faite pour les piétons. Elle est trop étendue. J’arrive près du Lalé parc. Enfin, un peu de verdure. D’ailleurs, toute la population est là ! J’espère qu’ils n’ont pas fait autant de kilomètres que moi pour venir ici. Et surtout, maintenant je dois retourner… Il faudra attendre encore une longue journée que des amis iraniens, Saman et Susan, les amis des amis qui nous ont aidés à avoir le visa lorsqu’on était au Pakistan, viennent nous chercher et nous emmènent en voiture. Plus d’une heure pour traverser la ville dans l’autre sens. Ce n’est peut être pas plus rapide en voiture mais c’est plus reposant. Et on peut parler. Susan travaille dans une banque et apprend le français pendant ses heures perdues avec l’espoir un jour d’aller en France. Saman, son grand frère, est ingénieur en informatique. À l’inverse du monsieur rencontré dans le bus allant à Ispahan il y a une semaine et qui avait des opinions politiques très conservatrices comme j’ai pu en transmettre quelques unes, Susan et Saman sont, eux, des libéraux modernistes. Sans être pro-américains, ils ne veulent plus de ce régime islamique. « Si l’Occident pouvait nous sortir de cette dictature, si nos dirigeants faisaient l’erreur d’agresser Israël. Alors, tout serait à nouveau possible… En attendant, nous n’avons aucune liberté ici, nos choix de vie sont dictés, tout comme nos opinions. Les écrivains, les journalistes, les opposants au pouvoir, tous se cachent ou émigrent. Les femmes n’ont aucun droit alors que, de plus en plus, elles aimeraient s’émanciper. Nous souhaiterions tellement former une nation ouverte au monde entier, républicaine et laïque avec une vraie démocratie. » Ces mots sont chuchotés mêmes si nous sommes dans une voiture et que personne ne peut nous entendre et, quand ils prononcent le mot démocratie, leurs yeux ne peuvent s’empêcher de briller. Les élections iraniennes sont dans peu de temps mais les réformes sont inenvisageables puisque le futur président ne peut être élu que s’il est déjà accepté par le congrès de religieux… La première visite sera, en l’occurrence, le King palace, le château du roi, l’ex-propriété du Chah d’Iran qui est devenu un musée depuis qu’il a été déchu et s’est enfui d’Iran. Le palace, d’architecture assez simple, est situé sur les hauteurs de Téhéran au pied des montagnes enneigées qui culminent à plus de cinq mille mètres, la chaîne d’Elbourz. À l’intérieur du palais, sont disposées les richesses du roi qui n’ont pas été vendues, c’est-à-dire peu de choses, des cadeaux que lui ont fait les nations occidentales, quelques photos de famille… Le lieu est surtout symbolique. Toujours guidés par Saman et Susan, nous entrons dans un restaurant, sur les hauteurs qui dominent la ville. Elle s’étend à perte de vue, dans un amoncellement d’immeubles modernes, jusqu’au désert. Une télécabine part directement de Téhéran et monte à plus de trois mille mètres d’altitude pour atteindre un air plus respirable. Les citadins vont se balader l’été en famille et faire du ski l’hiver. Enfin, pour digérer l’incontournable brochette d’agneau, nous allons marcher dans deux différents parcs de la ville, seuls espaces vivables – les Iraniens eux-mêmes le disent – avant de nous faire déposer à notre hôtel dans un des endroits les plus malfamés de la ville. Téhéran nous déplaît, nous décidons de partir le lendemain à la première heure.
Une dizaine d’Afghans s’agitaient quelques kilomètres avant la frontière. Soudain, deux pick-up sortirent du désert et vinrent se coller au bus qui stoppa sur un signe des kalachnikovs. Sans comprendre, on saisit les traits sur les visages qui trahissent l’émotion. Impatience, angoisse et échange de sourires de compassion pour se souhaiter bonne chance. On devine aussi qu’ils gagnent l’Iran illégalement avec des passeurs de frontière. En échange d’une poignée de billets donnée de la main à la main, ils sautent dans des pick-up qui partent en trombe dans ces fossés et ces carrières de pierres qui jalonnent le désert. Autant d’Afghans qui émigrent chaque jour pour chercher l’argent disparu de leur propre pays. C’est ainsi sur toutes les frontières du monde entre des pays qui ne possèdent pas les mêmes richesses… dans une page de l’histoire. Entre deux montagnes de roches infranchissables, de barbelés et de mines, la ville frontière de Taftan s’étend dans une vallée balayée par les vents de sable. À peine arrivés dans un carrefour entre deux pistes qui semble être le centre de ce village fantôme, nous sommes assaillis par des hommes qui veulent échanger leur argent contre le nôtre et en tirer un petit bénéfice. Un euro vaut 76 roupies pakistanaises, et 1.500.000 rials iraniens. J’ai 3.200 roupies, combien dois-je obtenir de rials ? Tout absorbé par mes calculs, je ne prêtais pas attention au drame qui se jouait à côté de moi. Un des hommes, un peu trop sûr de lui, prit une gifle qui claqua comme un coup de fusil, décochée par l’une des deux petites Japonaises qui nous suivaient depuis Quetta, profitant d’une présence occidentale pour traverser ces contrées tribales et machistes. Tous ces hommes s’emportèrent alors comme une volée de chasseurs sur une perdrix et j’ai bien cru, un moment, qu’ils allaient la pendre. La fatigue de ces nuits sans sommeil conjuguée à l’angoisse de cette ambiance frontalière, à l’extrémité du monde, où la corruption et le trafic dominent, avaient eu raison de ses nerfs. Sa main était partie toute seule mais je crois qu’elle rêvait, depuis longtemps, de rabattre l’orgueil de ces hommes, pour toutes les femmes qui souffrent en silence. Sans se démonter, elle continua de hurler, fièrement, sous les menaces de l’homme, qui finit par laisser tomber, appelant tous les diables que son langage lui permettait sous la surveillance du Très Haut. Les autres hommes riaient dans leur moustache, se moquaient de l’imprudent qui venait de perdre son honneur et traitèrent dorénavant avec respect et admiration la toute petite femme sous son voile mauve qui la gênait tant. A la douane, des militaires, aussi bruts dans leurs gestes et leurs paroles que des SS sous Hitler, suspectèrent nos sacs et plus particulièrement nos livres. Enfin, nous traversions le portait métallique qui nous séparait de la Perse. Des voitures neuves attendaient devant pour rejoindre Zehidan, la première ville de l’Est iranien, par une route asphaltée impeccable qui traçait une droite rectiligne dans la plaine de sable s’étendant à tout l’horizon. C’en était fini des pistes chaotiques et modelées par les paysages tropicaux de l’Asie, des bus sans fenêtre dont les moteurs semblent s’épuiser définitivement à chaque vallon… À Zehidan, les Japonaises prennent un bus pour Mechhed 600 km au nord. Nous leur souhaitons bonne chance et, surtout, leur conseillons de se reposer afin d’être plus détendues lors d’une prochaine mésaventure. Elles paraissaient si fatiguées... À nouveaux seuls, apaisés d’avoir franchi cet obstacle, nous prenons une chambre dans le premier hôtel venu. La porte fermée, nous sortons de nos sacs la liasse de billets cachée depuis Quetta où le change était plus favorable. Elle n’a pas disparu, évaporée dans la soute moite du bus qui traversait la nuit. Une grosse somme d’argent. Nécessaire pour un mois en Iran où les banques ne sont pas connectées au réseau international. Les élastiques sautent, la liasse large d’une main s’envole dans les airs. Nous sommes recouverts de centaines de billets verts et gris. On est riches, mon gars ! Le sommeil, alors, ne tarde pas à venir nous prendre. Nous aviserons demain pour la suite. Demain seulement, nous réaliserons dans quel nouveau monde nous sommes rendus, à quelle atmosphère nous devrons nous mêler, avec quel degré d’hospitalité, la population iranienne nous recevra chez elle pendant notre séjour.
Route de Kermân
L’Iran n’apparaît pas. Huit heures dans le bus sans croiser un chameau, dans un désert de cyclones et un fond de montagnes immenses et stériles jusqu’aux neiges éternelles qui les recouvrent, sans doute à une centaine de kilomètres, sur la frontière afghane. Le bus fonce à toute allure mais il semble, dans l’immensité, qu’on soit immobiles. La journée passe, autant de kilomètres parcourus sans que l’Iran ne veuille se montrer. Elle est un mirage. Un conte des mille et une nuits, imaginé par des âmes égarées trop longtemps sous le soleil atterrant de ce désert… Le paysage devient ennuyeux. Un relais, une voiture arrêtée sur le côté, restent visibles pendant plusieurs minutes, voire une dizaine de minutes, avant de passer dernière nous. Nous roulons pourtant à vive allure. Dire que le Suisse rencontré à Lahore venait de parcourir ce désert du Lout à vélo ! Que certains le font à pied, jusqu’en Chine, comme Bernard Olivier ! Et que d’autres, pour tenter de rentrer dans le livre des records, tournent en moto autour de l’Iran, sans s’arrêter, à part la nuit, pendant plusieurs semaines… Le chauffeur glisse un DVD. Le film commence. Pas de cinéma iranien qui nous aurait intéressés, non, un film français. Taxi avec Samy Naceri. Un film français au fond du désert sud de l’Iran. À plus de 5.000 km de chez nous. Ce n’est pas une coïncidence au moment où la France nous manque singulièrement. Juste en sortant d’Asie, passés le désert du Baloutchistan, notre pays nous appelle… Le film a sans doute été vendu pour faire la promo des voitures, puisqu’en Iran, il n’y a de neuf que Peugeot. Il y en a beaucoup. J’espère pour eux qu’elles n’ont pas été sabotées comme le film que la censure défigure chaque fois qu’il y apparaît une femme dévoilée… Enfin, c’est amusant de voir que l’humour peut être internationalisé car on entend les gens rire. À un check point sur la route, des militaires antipathiques cherchent dans nos yeux un doute, un signe qui les inciterait à nous fouiller. Nous n’avons presque rien à nous reprocher. Pas d’alcool, pas de drogue, pas de photo de femmes impudiques. Mais nous avons quelque chose de plus interdit encore. De plus dangereux dans la lutte d’un peuple sans liberté. Un livre. Un livre d’Omar Khayyâm. Ses plus beaux poèmes revus et corrigés par Hedayat : une hérésie…
Quel homme n’a jamais transgressé Ta loi, dis ? Une vie sans péché, quel goût a-t-elle, dis ? Si tu punis le mal que j’ai fait par le mal, Quelle est la différence entre Toi et moi, dis ?
Heureusement, leurs noms n’apparaissent pas sur la couverture. Et, j’imagine que les militaires, pour la plupart, se contentent de regarder les images à défaut de pouvoir lire notre alphabet. Le bus repart enfin et, à la tombée de la nuit, nous franchissons le dernier col avant d’arrivée à l’oasis. Le désert parsemé de touffes d’herbe déjà jaunies se transforme alors en prairies, en cultures verdoyantes et en jardins sublimes éclaboussés de fontaines. Le mot paradis vient du farsi et veut dire jardin… Il n’y a en effet rien de plus beau et de plus rassurant qu’une oasis aux couleurs éclatantes dans un désert brûlé par le soleil. 18 degrés en sortant du bus et une pluie fine qui, poliment, nous accueille, avec ce goût, qui rappelle celui connu sous nos latitudes. Ce goût oublié depuis que nous errons sous les tropiques… Du fond de mon sac, je ressors un vieux pull chiffonné et échange mes claquettes contre des chaussures fermées, prêt à patauger dans les rues de la ville. Nous devons avoir quelques heures d’avance sur le temps, car nous remontons en principe avec le soleil et le printemps… Nous visitons plusieurs hôtels. Il ne semble pas qu’on essaie de nous arnaquer. Pourtant les prix ont doublé, triplé même, pour un standing identique. Finalement, nous choisissons une chambre double honorable, de plain-pied, qui donne sur une large cour ombragée par d’énormes platanes, près de la vieille ville. Notre hôte, un Arménien, s’empresse de nous servir le thé. Il sait que sa réputation dépendra de nous, quelque peu, qui allons continuer de voyager et semer son adresse au delà des frontières, parmi les voyageurs qui, si il nous donne satisfaction, finiront chez lui. La douche est chaude et les robinets brillants. Ce n’est plus un seau d’eau fraîche qu’on se jette à petit baquet dans une salle de bain inclinée sur un orifice béant. Ce n’est plus, non plus, des toilettes à la turque qui affermissent les cuisses, cependant, il n’y a toujours pas de papiers... Au coin de l’hôtel, l’odeur de mouton gras et parfumé vient nous allécher, puis dans des draps frais, nous nous endormons dans l’oasis de Kerman, pour une deuxième nuit iranienne, dans le murmure des contes de Schéhérazade.
Dans la rue
La première chose qu’on remarque en Iran, ce sont ces immenses peintures qui recouvrent des façades entières de bâtiments. La barbe épaisse, l’air grave et l’œil bienveillant sous de lourdes paupières broussailleuses, le visage de l’ayatollah Khomeyni, guide de la révolution islamique, mesure souvent une dizaine de mètres de haut et semble peser sur les villes. Il est l’âme d’une population qui s’est révoltée pour reprendre son destin en main. Il est l’âme du peuple perse, de toute son histoire, des fiers Darios et Xerxès, des sassanides qui dominèrent de l’Inde à l’Arabie, de l’invasion arabe qui répandit la loi du prophète, du culte des martyres Ali et Hussein des chiites, aux grands poètes, astrologues ou sufis Ferdowsi, Nezami, Djalal al-Din Rumi et Omar Khayyâm, des apogées Samanides et Seldjoukides, des villes légendaires de Samarkand et d’Ispahan, de l’histoire contemporaine du moderniste Rezâ Chah, du nationaliste Mossadegh et de sa première victoire économique sur les pays riches, enfin de l’insurrection qui renversa le dernier Chah, absolutiste aux mains de l’hégémonie occidentale, contre la prise de pouvoir des religieux depuis un quart de siècle qui risque de se voir renversée à son tour par les maîtres d’un monde qui ne se veut qu’américain. La deuxième chose qu’on observe, c’est le style vestimentaire. Ce ne sont plus les couleurs des saris de l’Inde, les grandes barbes et turbans des bergers du Pakistan. Mis à part les religieux dans leur longue tunique blanche et leur barbe noire, et les vieilles dames toutes en noires, voûtées, la population s’habille à l’occidentale. Les messieurs sont rasés en chemises et pantalons de toile grise pour les commerçants. En smoking pour les hommes d’affaires. Les jeunes femmes portent des jeans et des petits talons. Un voile obligatoire cache leurs cheveux mais elles lui donnent un style, une transparence et le tirent en arrière le plus possible laissant une frange sur le front qui met en valeur leur visage et leurs yeux maquillés. Les jeunes hommes en jean baskets laissent apparaître leurs muscles souvent gonflés par le body-building sous des tee-shirts moulants. Ils font hurler le moteur de leur voiture et passent avec de la musique qui carillonne aux oreilles devant les sorties des écoles, comme ça se fait chez nous. Bref l’attitude vestimentaire montre que les jeunes Iraniens ont attrapé le virus des marques et la folie de la mode, des corps qu’on met en valeur, des attraits matériels et modernes qui les font remarquer, et enfin des artifices occidentaux : belles voitures, poupées de luxe et consommation. On dirait notre monde. Celui où je retourne... Si encore je n’étais pas pressé ! Une musique a retenu particulièrement mon attention à Ispahan alors que j’étais invité par des jeunes que j’avais rencontrés. Dans leur voiture qui fonçait dans la ville, ils ont passé une musique et chanté, dans une ambiance électrique qui me rappelait certains concerts de hip hop, façon iranienne. Les instruments sont les milliers de poings, lourds, abattus sur des poitrines gonflées, en un rythme sourd, comme les battements d’un cœur géant, amplifiés d’un chant religieux, hurlé à la mémoire d’Hussein le martyre et une énergie vibrante de foi. Impressionnant comme la jeune génération, très nombreuse comme dans beaucoup de pays encore sous-développés, a gardé avec la foi, les valeurs absolues dictées par la religion, une communion pour partager les diverses espérances sociales, économiques et politiques. Ils n’ont pas du tout le pessimisme européen, la morosité ambiante de la France. Ils sont baignés dans une espèce d’euphorie optimiste, une confiance sans borne dans la destiné de leur pays. Nous sommes plus avancés mais eux vont plus vite… J’exagère sans doute mais laissez-moi continuer. Les Iraniens s’enrichissent grâce à l’abondance de pétrole sur leur terre qui va de paire avec le développement économique et l’accroissement de la population. De plus, la reconnaissance et la solidarité récente des pays de l’Islam leur donnent en parallèle cette énergie et cette assurance si puissantes que rien, j’ai l’impression, ne pourra étouffer…
Le bazar de Kermân
Centre de la ville, il débute sur la place centrale qu’entoure un jardin public puis s’enfonce par la porte immense, l’Iwan, décorée de dessins et de reliefs en céramique de cette fameuse couleur turquoise de Mechhed, très chère à l’Iran. Des kilomètres de galeries transpercées par le soleil qui diffuse une lumière tamisée, douce et délicate. Des ruelles s’échappent sur les côtés, des places aux croisements que le soleil inonde, d’autres quartiers du bazar, d’autres commerces, toujours reliés par ces galeries qui parfois s’enfoncent plus profondément dans la terre, parfois s’ouvrent sur une cour intérieure ou un jardin fleuri de fontaines. Sortis du bazar par une ouverture sur la cour d’une mosquée cachée dans le cœur de la ville faite d’une immense place dallée, entourée d’arcades recouvertes d’arabesques, de céramiques d’un bleu pur, de minarets élégamment cerclés de briques rouges, de remparts discrets cannelés et moulés dans la terre sableuse et la paille qui donne une teinte ocre et qui reflète et met en valeur les véritables couleurs des décorations. Au centre de la place, une fontaine agréable où se baignent les pigeons autour de quelques croyants débarbouillés qui s’apprêtent à la prière. Des pins parasols, immenses, s’élèvent ici et là. Ils abritent du soleil ardent, protègent un espace de verdure, un banc. Nous sommes assis depuis une heure dans le calme et la réflexion qu’éveillent en nous les découvertes de la Perse. Les villes d’Iran sont des petits bijoux de finesse, de couleurs et d’architecture arabe du désert. Les dômes des mosquées en bulbes semblent vouloir s’envoler comme des ballons, les pointes des minarets, à l’inverse, s’élancent finement et se détachent du ciel au-dessus de la ville. Les places sont agencées de façon claire et simple. On sent la justesse qui les compose. Les traits d’un peintre merveilleux. Quelques couleurs bien distinctes. La parcimonie. La beauté naturelle. L’équilibre. L’art perse. La céramique, les vases, les moindres objets sont décorés très finement et très précisément dans une multitude de traits et d’arabesques qui se révèlent quand on s’approche et qui donnent aussi une illusion, un éclat, une étrange et jolie apparence, quand on s’en éloigne. Tout est donc une opposition entre la beauté naturelle, la simplicité d’un ensemble grandiose, représenté par les dimensions des iwans, des mosquées, par l’étendue du désert, et la finesse et la précision des arabesques, des céramiques, des objets d’art, des pierreries minutieuses et foisonnantes de richesses délicates et minuscules. L’élégance de l’ensemble se reflète aussi sur les commerces. Un marchand d’étoffes disposera ses effets avec dévotion autour de lui, dans une profusion qui n’altérera pas la beauté des lieux mais qui au contraire, se fondra dans le paysage et lui octroiera plus de valeur. Dans le quartier des bijouteries, espace réservé aux plus beaux et plus riches commerces du bazar, tout ne sera que brillance, reflets et diamants étincelants qui vous laisseront les mêmes sensations que celles d’un rêve dans la caverne d’Ali Baba… Enfin, dans le bazar des épices, ce sont des allées silencieuses de pains de sucre, de sacs de riz, d’amoncellements d’amandes et de pistaches, de noisettes et de graines de melons, des bassines pleines d’abricots secs ou de gingembre, des assiettes de cuivre avec de la cannelle, du curry, du poivre, du safran et des graines de pavot, ainsi que des quantités de petites coupes d’anis, de vanille, de cumin, de clous de girofle et d’innombrables herbes et racines imprégnant l’air d’arômes exaltants. Dominant ces amoncellements, les maîtres de ces couleurs sont assis, les jambes croisées comme des bouddhas… Le cœur et l’âme des habitants sont sans doute construits de la même manière, dans cette opposition. Une attitude claire et sincère dans les relations, un esprit simple et serein dans la conscience populaire, dans l’hospitalité, les valeurs acquises, contre un foisonnement et une diversité dans d’autres domaines, certainement spirituels, que quelques semaines ne suffisent malheureusement pas à déceler…
Voyage organisé Flicasseries.
Ai-je le droit de dire que l’imbécillité policière et militaire est internationale ? J’ai franchement l’impression que l’uniforme emprisonne la raison. Trois heures du matin. Accident sur la route. Des militaires font la circulation et nous envoient, nous et des dizaines de bus et de camions, sur une piste qui longe la route. Bientôt celle-ci se révèle impraticable. Les ornières sont profondes. Le dessous des bahuts touche, le sable est mou ; ils s’enlisent. Nous progressons dans les phares qui s’entrecroisent, évitons ceux qui tentent un demi-tour, à tâtons, pour éviter les trop gros trous. Nous dépassons quantité de moins chanceux qui sont tombés dans un fossé, qui se sont retournés en essayant de remonter sur la route et qui se sont coincés dans le sable entre deux dunes. Une heure de perdue. Les hommes descendent des bus et s’agitent dans tous les sens, mêlant leur ombre aux lumières aveuglantes. Des groupes se forment pour pousser. Partout, les gens et les moteurs grondent. Ça bouge aussi dans notre bus. Nous devons descendre à notre tour. Seulement les hommes. Femmes et enfants restent à l’intérieur. Il fait très froid. Le centre de l’Iran est un plateau désertique : le Kuh-e Rud, dont les pics peuvent dépasser 4.000 mètres d’altitude. Notre chauffeur va tenter de franchir le fossé, de passer l’accotement et de remonter sur la route au-dessus de nous, sur la gauche. Avec un bus, je pense que c’est impossible. Mais, il se prépare, tourne ses roues, prend son élan, patine, monte un peu, puis s’incline de façon à prendre la pente de travers... Il monte encore… Est près de se renverser… Moi, j’hallucine. Je ne voudrais pas être à la place des femmes et des enfants à l’intérieur. Aussi loin que porte la vue, les phares des bus et des camions sillonnent ce désert où nous ont conduit les militaires. Ça ronfle, ça patine, ça hurle. Notre chauffeur tente l’impossible. Une accélération, un coup de volant, le bus s’élève sur une roue, fléchit et, dans un coup de maître, donne l’impulsion juste qui lui fait franchir l’accotement dans un froissement de tôle terminé par un choc sous la carcasse. Le bus est sur la route. Il ne s’est pas renversé. Miracle. Les hommes sourient, applaudissent. On peut repartir. Nous sommes les seuls. Jusqu’à quelle heure l’ensemble des véhicules restera coincé ? Combien d’entre eux vont se retourner et s’enliser dans ces rudes montagnes, rendues glaciales par la nuit ? Comment se fait-il que des personnes aient pris cette décision imbécile et irresponsable ? Trois fois cette nuit-là, les policiers nous font signe de nous arrêter. Policiers et militaires sont omniprésents en Iran et ne sont pas diplomates. Ils montent dans le bus, réveillent femmes et enfants en éclairant leur visage, choisissent quelques personnes, les font descendre et les fouillent scrupuleusement ainsi que leurs bagages. Jamais vu des gens aussi méprisants et sauvages, nous dévisageant méchamment avec l’air de dire, mon boulot est intéressant, j’empêche les citoyens de se compromettre… Dans un train, en Inde, une bande de militaires a picolé toute la soirée. Dans la nuit, l’un d’eux, chancelant, vient pisser dans notre compartiment sur le jeune Allemand qui dort au-dessous de nous, sur la paillasse la plus basse, et sur ses affaires. Réveillé, Daoud repousse le militaire égaré, malgré ses protestations ridicules, son air fier et son uniforme. Renvoyé dans le couloir, c’est à peine s’il ne réveille pas ses confrères pour nous mettre dehors en criant comme un forcené. Dire que c’est eux qui sont censés faire respecter les lois. Moi, ils me font peur. On n’est pas en sécurité partout où ils sont présents. Les gens baissent le regard. Pourtant, ils n’ont rien à se reprocher. Ils ont peur. Plus de police pour plus de sécurité : un euphémisme. Taxi
Après cette nuit sans sommeil, nous arrivons à la station de bus au petit matin et devons atteindre le centre ville pour y trouver une chambre. Rituel maint fois reproduit. Négocier un taxi, négocier le prix d’une chambre… Une perte de temps bien nécessaire pour ceux, comme nous, qui voyagent avec peu d’argent. Dans la rue, les taxis attendent. L’un d’eux, jeune excité, empêche toute concurrence en abaissant son prix de façon exagérée. On aurait dû se méfier… On lui demande de nous emmener dans un certain hôtel. Un que nous savons modeste et que des voyageurs croisés ces derniers jours nous ont conseillé. Lui, évidemment, dit qu’il ne connaît pas ce nom, que ça doit être fermé, et réussit à nous déposer devant un autre hôtel… Je descends donc, pour demander le prix, bien plus cher, et surtout, me renseigner pour l’hôtel que nous cherchons. Ce qui est grave, c’est que le monsieur de l’accueil me confirme que l’autre est fermé ! Incroyable, il a fermé dans la nuit. Pendant ce temps, Daoud est dans la voiture. Le jeune chauffeur a sorti un seau et semble laver ses vitres. J’explique à Daoud, en remontant, comme ces gens mentent sans scrupule. On est fatigués et on aimerait aujourd’hui que ce soit plus facile. On est las de toujours se battre, de devoir faire attention à ne pas se faire arnaquer, de toujours devoir négocier… Mais, pourquoi le coffre est-il ouvert ? Et le gars derrière, que fait-il ? Je suis certain que ce mec est en train de nous voler. En une seconde, on se précipite hors de la voiture pendant que lui ferme le coffre promptement et fait signe qu’on peut y aller. C’est ça, mon gars. Prends-nous pour des jambons. On ouvre le coffre et nous apercevons que les affaires ont été bousculées et qu’il a cherché à nous voler… Après vérification, rien ne semble manquer. Il n’a pas eu assez de temps. Il fait l’innocent et ne comprend pas l’anglais. Quand ça les arrange… La voiture repart. Nos décisions se ressentent de notre nuit sans sommeil. Et surtout, on est trop las pour se fâcher vraiment alors on lui dit simplement de nous déposer en ville et de partir. Quand même, il essaie de nous demander plus d’argent que prévu, il proteste, il claque la porte. Je te jure. Le petit con… Quelques semaines plus tard, Daoud s’aperçoit qu’il a égaré 40 dollars qu’il avait mis de côté. Les 40 dollars qui étaient dans la sacoche de son sac dans le coffre de la voiture à ce moment-là. Daoud se fâche. Il pense comme moi. Ne cherchons plus, c’est le taxi de Chiraz. C’est écœurant de se faire voler. Il n’y aurait pas eu autant de kilomètres à faire pour calmer notre colère que nous l’aurions retrouvé…
Chiraz
La ville est très jolie. Le fort, le bazar magnifique, les mosquées… Derrière une rivière de sable, un mausolée est à l’intérieur muré d’une multitude d’éclats de glace merveilleusement disposés. Dans la calme bibliothèque qui l’accole, nous choisissons un des nombreux textes de foi et admirons l’écriture calligraphiée à défaut de pouvoir la comprendre… Une demoiselle vient nous saluer. Elle s’enquiert discrètement de nos recherches et de nos identités avant de se présenter elle-même puis enfin, nous signale gentiment et avec un grand sourire que nous sommes installés dans la partie réservée aux femmes… Dans le bazar de Chiraz, en son milieu, une petite cour intérieure s’ouvre aux quatre coins, sur le labyrinthe des galeries. Je le signale quoique n’ayant aucun mot pour décrire cette simple place. Encore une fois, il faut la voir pour imaginer sa pure beauté, son atmosphère tranquille, tout ce que l’Orient nous montre d’élégance et de plaisir de vivre… Au retour de nos balades à travers la ville, nous ralentissons le pas, nous pesons nos mots, nos bras se croisent dans notre dos, nous sommes teintés de cette nonchalance tranquille, de ce souffle spirituel de sérénité, de cette légèreté émotionnelle qui émanent de ces murs, de ces places et de ce peuple… Pourtant, nous approchons d’un an de voyage et notre désir de rentrer ne peut plus être étouffé. Chaque nuit, mes rêves me font revivre les douces journées avec ma famille. Je ne peux penser sans angoisse à la distance et aux temps qui me séparent de mes frères et de mes parents. Le beau temps n’y fait rien. La richesse des lieux, le mouvement, les mystères résolus et les découvertes non plus. Je suis las de voyager. Je suis las de ne pas être dans un chez moi, de promener ma maison sur mon dos, d’avoir à faire chaque jour avec les soucis d’alimentation, de logement et de transport. J’ai l’impression d’avoir déjà tout vu et une minute de trop dans un lieu m’exaspère. J’étouffe. Des efforts me sont nécessaires pour m’intéresser aux gens et aux choses que je regarde avec dédain. Il faut pourtant être patient. Quelque 5.000 km nous en séparent encore. Et de n’être pas suffisamment ouverts et motivés peut d’autant plus nous créer des problèmes comme avant-hier… À la fraîche, nous nous asseyons en terrasse dans la fumée des narguilés avec un thé brûlant et très sucré. Ne sommes-nous pas bien ? Perdus dans ce monde, dans ce désert où personne ne nous connaît. Patience ! et la récompense n’en sera que plus grande. Patience, et le voyage sera terminé pour toujours ! Chaque jour, un de nous deux devient plus renfermé, moins souriant. Chaque jour, un de nous deux prend l’initiative de motiver l’autre. Chacun notre tour, nous nous laissons aller à la mélancolie. Seul, ces moments auraient été difficiles. Penser à celle qui nous attend… Ou qui ne nous attend plus… Personne ne devrait nous attendre. Sans nous l’avouer, nous abrégeons nos souffrances en repartant plus vite. Plus vite vers le nord. Plus vite encore. Plus vite les transports... Entre temps, au contraire, notre nonchalance domine. On s’exerce à cette souffrance qu’est la nostalgie. On reste sages et tranquilles dans notre rôle jusqu’au soir où l’angoisse serre le ventre quand les pensées s’emmêlent et sillonnent toutes dans la même direction, pour une nuit animée de rêves annonciateurs de retour.
Persépolis.
Une terrasse le long d’une falaise dans les sèches vallées du Zagros. Des monuments du Vème siècle avant J-C élevés par Darios à l’époque achéménide où les arts du monde grec rencontraient ici ceux de l’Orient. Je ne sais pourquoi les ruines de Persépolis sont si connues. Il me semble que ces temples n’ont pas eu le temps d’accueillir les héros sculptés avant qu’Alexandre ne vienne brûler l’ensemble sur sa route. Enfin, ce qu’il en reste est un chantier de pierres énormes, quelques colonnes encore debout, une ou deux gravures que l’érosion n’a pas terminé d’effacer et des statues de dieux animaux dont les trompes et les cornes n’ont pas eu le temps d’être assemblées à l’ébauche du corps. Non vraiment, je n’ai ni la connaissance, ni le réel intérêt pour l’architecture qui me permettrait d’éprouver de l’adoration devant ces pierres. Pour moi, elles ne contiennent pas, si vous écoutez tout bas, l’histoire des temps qui les ont élevées. Elles ne me parlent pas. Je ne comprends pas leur langage… Assis sur la partie supérieure qui domine l’ensemble, nous passons un moment à regarder les touristes. Eléments d’analyse sociologique de notre temps qui m’intéressent. Mais là, ce qui nous absorbe, c’est seulement l’attitude de gens que nous connaissons bien puisqu’ils viennent de chez nous. Les mimiques de nos retraités. Les petits couples de septuagénaires qui se donnent toujours la main, ceux qui sont seuls et cherchent une compagnie, les comiques qui ne s’expriment qu’avec des boutades, les grincheux qui râlent tout le temps, tous ces visages européens. Nous les étudions comme sujets d’examen et cela semble les ennuyer d’être à leur tour éléments d’observations… Moi, je me dissimulerais bien, discrètement, dans leur bus, calé au fond de la soute où je m’endormirais volontiers. Et après de longs rêves, je m’éveillerais juste devant chez moi. Au lieu de ça, le sac sur le dos sous le soleil du sud de l’Iran, et trop radins pour acheter, trop cher une bouteille d’eau, nous sortons de Persépolis et devons négocier un transport pour aller plus loin, vers un autre carrefour, une autre ville, sans jamais savoir ce que nous trouverons demain.
Mélancolie Pasdaranes
Route d’Ispahan.
Cette fois-ci encore, des heures de bus pour parcourir les longues distances qui séparent les villes, avec quelques pauses pour grignoter dans les restaurants un peu sales du bord des routes. Pas la même saleté qu’en Inde où la densité de la population fait que les aliments n’ont pas le temps de pourrir. Le sandwich à l’agneau pas cuit mêlé de quelques oignons aura du mal à être digéré. Encore faut-il avoir faim ! Pas bon à manger mais alors à vomir… Ces nuits de bus sans sommeil ne seront jamais récupérées. Les arrêts, les check-points, le bruit du moteur pour passer les montagnes, les virages, les gens, les enfants, la vidéo… Quelle est la part du temps passé, en voyage, dans les transports ? Certainement pas dérisoire. Des journées de bus nous attendent encore pour rejoindre Téhéran, Tabriz, puis l’Est de la Turquie avant de la traverser. Toujours en bus, des journées et des journées. Encore faut-il avoir à rêver ! Encore faut-il pouvoir lire dans un bus ! Avoir le sommeil facile et le repos instantané. Cependant, dans ce bus, sur la route d’Ispahan, le temps ne va bientôt plus compter. Nous rencontrons un personnage que nous ne nous lasserons pas d’écouter. Ingénieur en électronique, il travaille dans l’industrie et parle très bien anglais, ce qui est aussi fréquent en Iran qu’en France... Qui plus est, il a un point de vue sur la politique, le social, l’histoire et la religion qu’il va nous développer tout au long de la nuit. Nous bavardons dans un premier temps de nos impressions sur l’Iran puis, finalement, nous lui avouons notre désapprobation concernant la présence trop nombreuse de militaires, la propagande sur les martyrs de guerre dont les visages sont partout en posters sur les murs des maisons et sur les pare-brise des voitures… Alors, il nous raconte sa version concernant ces martyrs… « Vous, les Français, vous pouvez vous vanter d’avoir eu une politique étrangère qui a toujours soutenu Saddam Hussein depuis la guerre en Iran jusqu’à sa chute en 2003. L’Irak est depuis longtemps votre client en armement, tous les armements, du chimique au nucléaire. Quand Saddam a attaqué l’Iran, ces armes ont détruit sans pitié des villes iraniennes entières dont la population civile est maintenant entassée dans les cimetières. Allez visiter celui d’Ispahan vendredi, toute la ville y sera. Et comprenez pourquoi l’Iran pleurera toujours ses martyrs tant que le monde ne reconnaîtra pas cette ignominie. Si vous remettez les choses dans leur contexte historique, que vous ne connaissez peut être pas, vous allez mieux comprendre ce qui influence directement la situation actuelle. À l’époque de cette guerre, dans le début des années 80, vos pays occidentaux ont favorisé un dictateur mégalomane et sans scrupule – Saddam – parce qu’ils craignaient les nouveaux chefs issus de la vague de la révolution khomeyniste qui ne voulaient plus se plier aux exigences américaines. Avez-vous entendu parler de la révolution verte ? La révolution islamique si vous préférez. Ecoutez-moi encore un peu si vous désirez savoir. Quand la monarchie absolue du dernier Chah a été renversée lors de la révolution, le peuple a, dans le même temps, fait s’écrouler la cinquième puissance militaire mondiale, créée de toutes pièces par les Américains. L’Iran devait servir de chien de garde contre l’Union soviétique de l’époque de la guerre froide et contre les pays du Proche et du Moyen Orient qui possèdent le pétrole. Évidemment, cette insurrection n’arrangea pas les intérêts américains et la déception fut grande alors, dans les obscurs couloirs de la CIA. La suite est facile à deviner. On ne contredit pas l’Amérique. Alors, la CIA organisa des coups d’état pour renverser le nouvel homme fort du pays, Khomeyni, qui n’aboutirent pas mais qui se terminèrent par une prise d’otage des citoyens américains de l’ambassade par les moudjahidins. Cette situation dura longtemps et s’envenima encore. Les pro-américains et les démocrates iraniens furent progressivement « mis de côté » pendant que, parallèlement, la communauté internationale désapprouvait définitivement cette révolution dont le sort ne dépendait plus que d’elle-même. Et puis, le con de Saddam en a profité pour nous attaquer. C’était le bon moment pour ses rêves de grandeur. Et la communauté internationale ferma les yeux sur ses crimes qui firent le nombre de morts par gaz chimique le plus important de tous les temps à travers le monde. Malheureusement pour lui, l’attaque d’un ennemi extérieur a renforcé le sentiment patriotique de la population et il lui fut impossible de nous envahir. Au contraire, nous menacions bientôt l’Irak à notre tour et comptions renverser Saddam pour libérer nos frères chiites prisonniers du dictateur. Une fois encore, c’est l’aide occidentale à l’Irak qui ne nous permit pas de mener à bien notre projet sinon nous aurions éliminé définitivement un dictateur et la population irakienne ne connaîtrait pas aujourd’hui une telle injustice... Non, la guerre se stabilisa sur ses positions pendant 7 années. Sept années qui firent s’effondrer notre économie déjà fragile, qui diminuèrent et appauvrirent notre population. Tout cela sans accéder à la moindre aide extérieure. Bien au contraire, puisque les Américains mirent en place un embargo qui s’est durci à mesure des années et qui nous empêcha d’accéder à la moindre aide extérieure. On ne contredit pas l’Amérique même si c’est tout un peuple à l’autre extrémité du monde qui le désire. Vous comprenez maintenant pourquoi, lors de manifestations dans notre pays, la haine contre l’Occident est sensible. Nous sommes aujourd’hui complètement autonomes, revitalisés par l’argent du pétrole mais aussi par l’énergie bénéfique de l’islam qui se transmet à travers le monde, et plus rien ne nous empêche de dénoncer l’hégémonie dévastatrice occidentale et peut-être même un jour d’aller plus loin... » La nuit passe dans le bus mais nous ne dormons pas. Ces accusations parfois abusives semblent tellement proches de la réalité. Nous ne trouvons pas les arguments pour relativiser l’injustice qui fait trembler ses lèvres. Nous ne pouvons qu’écouter respectueusement sa version dramatique des faits, tout en sachant seulement que, Occidentaux, Iraniens ou Chinois : nous ne sommes que des hommes et nos bassesses, dans tous les niveaux hiérarchiques, ne sont plus à démontrer... Après une pause bienvenue pour déjeuner, le monsieur reprend de lui-même son bavardage. Nous ne sommes qu’au milieu de la nuit et il lui reste du temps pour nous convaincre tout à fait. Il nous sent réceptifs, intéressés, bien que parfois sceptiques, ce qui l’encourage à développer totalement ses opinions et tenter de nous les faire partager... « Rejeter la religion catholique fut la meilleure chose que vous ayez faite, vous les Français, car après avoir apporté une richesse extraordinaire, elle finissait par abolir complètement l’esprit critique des individus, les avilir dans un système de servitude sous la dépendance d’un clergé avide, éloigné de Dieu lui-même. Nous avons fait le contraire. La religion nous manquait. Et je vais vous expliquer pourquoi. Cela aussi est facile à comprendre car tout s’explique grâce à l’Histoire. Depuis deux siècles, la société européenne, et les sociétés qui en sont nées, semblent ne connaître qu’une seule foi positive : le culte du progrès matériel, avec la croyance qu’il n’y a d’autre but dans la vie que de la rendre toujours plus facile et indépendante de la nature. Votre Dieu n’est plus spirituel. Il s’appelle le progrès. Et vos prêtres sont devenus des hommes politiques ou des acteurs de cinéma et vos églises des télévisions. Le désir insatiable de pouvoir et de plaisir a conduit aux guerres mondiales avec l’horreur que vous connaissez car il n’y a plus, dans votre société, de morale ou d’accord sur le bien et le mal. Plus de limite. Et tout est encore conduit aujourd’hui par la règle de l’opportunisme, du capitalisme. Vos problèmes ne sont pas résolus. L’insatisfaction occidentale est évidente, sa décadence culmine dans une illusion confortable, dépendante de la richesse, la richesse assise sur les autres peuples qui n’apporte pourtant pas le vrai bonheur. La vie occidentale est confuse et malheureuse parce qu’il n’y a plus de véritable communion entre les hommes, parce que vos gratte-ciel, vos machines et vos télévisions ne peuvent rien faire pour restaurer l’intégrité brisée de vos âmes. Dieu vous a quittés et le progrès technique sans lui ne développe que l’individualisme amer et avide. Jamais plus de Bach et de Beethoven ne s’élèveront parmi vous mais certainement de nouveaux Hitler et Bush qui se valent dans mon cœur. Votre société a une culture égocentrique et vous exigez qu’elle devienne la seule réalité possible. Vous exigez de laïciser les pays musulmans car vous croyez en ce sens de l’évolution. Mais vous vous trompez encore. Et on ne vous laissera pas faire. Il n’y a ni église, ni clergé, ni hiérarchie dans l’islam qui puisse nous oppresser. Et puis l’islam n’est pas seulement une religion mais, est, à la fois, pouvoir politique, communauté et manière de vivre. Les musulmans ont une unité profonde quels que soient leurs origines et ils sont unis à travers le monde dans leur manière de penser et de distinguer le juste du faux. Les Occidentaux pensent que l’islam demeure une survivance des siècles passés, un signe d’arriération sociale et politique qui va disparaître, mais pour nous, dans le système violent et dévastateur de la mondialisation provoquée et dirigée par l’Occident, c’est au contraire une unité de rapprochement conservatrice, un mouvement d’avant-garde et un levier porteur de libération ! » Cette fois, le monsieur a fini. Oui, parce qu’on arrive. Il aura convaincu très certainement quelqu’un : lui-même. C’est déjà pas mal. Quand tu cherches une réponse à tes questions, le principal ce n’est pas d’avoir La réponse mais c’est d’en avoir Une. Le bonheur est dans la certitude. Pour notre part, on va commencer par digérer tout ça et essayer de savoir s’il y a des petites choses où il pourrait bien avoir raison quand même… Et puis, comme on ne l’a pas vraiment contrarié, le monsieur nous aide, en arrivant dans sa ville, puisque c’est la nuit, à trouver le bon bus pour le centre. Ensuite, il nous invite à aller visiter le cimetière dont il nous parlait. Mais bien que cela paraisse intéressant, nous en avons assez entendu pour le moment. Daoud est d’accord avec moi ; cherchons plutôt des personnes qui pourraient avoir un avis qui nous ferait moins peur. Nous avons comme dans l’idée que ce monsieur va un peu trop loin et que tous les Iraniens ne seront pas d’accord avec lui, bien que, malheureusement, il doive en représenter une bonne partie… Ispahan. Une semaine plus tard.
Ce matin en me levant, je me suis demandé ce que j’allais faire. Cinq minutes… Puis, suis descendu déjeuner chez Hassan, dans un café iranien où est servi le thé et où les gens fument le narghilé. Le thé n’était pas encore trop fort et le cake juste chaud. Hassan ne me fait plus payer depuis que nous travaillons tous les deux, lui à l’anglais et moi au farsi et à l’alphabet arabe, l’écriture qui marche à reculons. Je l’ai vu un jour faire de la calligraphie et je m’y suis intéressé. Depuis, nous sommes devenus amis et je passe des journées entières à travailler la langue arabe avec ce jeune professeur improvisé. J’aime bien Hassan. Il est droit. Il est sincère. Il est vrai. Quand il est arrivé de son village dans cette ville et dans ce commerce, il a commencé par nettoyer les gamelles. Maintenant avec la même allure : survêtement et chaussures en cuir, il est devenu responsable. Tout le monde le respecte ici bien qu’il soit modeste. Il devrait me donner, en plus, des leçons d’humilité… Hassan ne parle pas beaucoup. Il ne rit pas beaucoup non plus mais garde un petit rictus au coin de ses lèvres. Il m’apprend beaucoup de choses sur l’Iran, aussi sur les Kurdes dont il fait partie. Puis, il met une cassette dans le lecteur, musique traditionnelle, contemporaine, classique, ûd iranienne ou kurde, toujours choisie avec subtilité… Ce ne sont pas des sentiments passionnels, des émotions fugaces qu’expriment les musiques que me fait écouter Hassan, mais réellement des airs sans âge, sans violence, des airs de la vie dans sa simplicité, dans ses valeurs immuables et fondamentales comme le rythme du vent dans le désert, la sensation des grands espaces et la contemplation d’un éternel présent… J’aime ces musiques et ça lui donne beaucoup de plaisir de me voir les apprécier. Des personnes entrent dans cet espace sonore, des sportifs, des hommes d’affaires, des religieux : Personne ne prête attention aux mélodies sacrées. Si, peut-être, les visages ensanglantés des martyrs, figés dans la contemplation, sur les tapis muraux, autour d’aigles royaux, de chevaux volants et de princesses célestes… Shaddy a ouvert son café Internet un peu plus loin dans la rue. Elle est avec sa sœur Soufia. Toutes deux me sourient de façon entendue. Je monte leur dire bonjour. Une poignée de main. La bise se fera seulement le jour des adieux, en cachette. Nous avons passé la soirée ensemble hier, dans les rues de la ville, avec Minah et Nahib, leurs cousines. Soufia, qui préfère qu’on l’appelle Zizi même après lui avoir donné la signification française, est étudiante. Elle a donc plus de temps à nous consacrer et parle mieux anglais que sa sœur et ses cousines qui ne le parlent pas du tout. Ensemble, nous avons visité la très belle église arménienne d’Ispahan puis le musée qui se trouve à côté. L’histoire arménienne est passionnante. Cette petite famille orthodoxe du Caucase, au pied du mont Ararat où s’est perché Noé, est entourée de musulmans géorgiens, turcs, tchétchènes, azerbaïdjanais et iraniens… Le musée insiste sur le génocide perpétré par les Turcs à la fin de l’ère ottomane. De tristes images qui rappellent celles de l’holocauste et que les Turcs ne veulent pas reconnaître bien que ce soit le sujet d’une opposition importante à leur entrée dans l’Europe… En sortant de ce musée, nous allons dans un jardin public. Nous sommes allongés dans l’herbe quand la police arrive en civil. Trop près d’une demoiselle ! Les policiers nous demandent nos contrats de mariage. Soufia leur dit qu’on est ses cousins venus de France. Perplexes, ils nous demandent nos papiers et, ne constatant rien de répréhensible, exigent seulement que Zizi replace son voile trop largement tiré en arrière... Pas facile de trouver des couples non mariés en Iran, pas facile d’empêcher Cupidon de tirer ses flèches pourtant et d’étouffer la liberté de cette jeunesse qui se veut moderne au plus grand désarroi des Pasdarans, les gardiens de la révolution…
Avec Daoud, nous partons en taxi de l’autre côté de la ville, à l’extrémité du bazar que nous voulons remonter tranquillement jusqu’au centre. On nous dépose en banlieue d’Ispahan. Quoique le mot banlieue soit tellement péjoratif en France qu’il en devient trop fort pour décrire cette partie de la ville iranienne. La banlieue d’Ispahan ne rassemble pas les minorités, ni les citoyens du pays qui ont peu d’argent pour vivre. Elle n’est pas faite d’immeubles fermés sur eux-mêmes mais des mêmes maisons un peu plus petites qu’en ville. Les différences sociales dans la population iranienne n’ont pas les proportions que nous avons atteintes… Donc à l’extrémité d’Ispahan, nous commençons par nous promener dans le marché aux légumes entre l’entrée du bazar et la mosquée du Vendredi. C’est le seul à l’air libre, le long des rues sableuses. Nous y retrouvons les regards perçants et les gestes centenaires des commerçants, leur voix attrayante et, leur béret français. Une mode datée de la vieille époque de Reza Chah et de son voisin Atatürk qui se préoccupaient principalement de moderniser leur pays en l’occidentalisant. Il faut croire que le béret français tient une place importante dans le développement d’un peuple… Dans le bazar, les heures creuses sont en début d’après-midi. Les commerçants mangent tranquillement, boivent le thé et s’allongent sur leurs étoffes pour piquer un roupillon. Nous marchons pour la première fois dans le silence et le calme à travers un bazar. Celui-ci fait plus de deux kilomètres rien qu’en allant tout droit. Une ville à lui tout seul. Il s’ouvre comme toujours sur des jardins, des mosquées, des cours intérieures et des petites places avec des fontaines où l’on ne peut s’empêcher d’entrer pour se poser quelques instants. Une pelouse, des arbres, le silence et, tout autour, la beauté persane. En revenant dans le bazar, l’agitation a repris. J’ai, par réflexe, une hésitation en me mêlant à la foule. Une hésitation en souvenir des samedis noirs, en France, dans les grandes surfaces. Je hais les grandes surfaces : l’abondance de camelotes manufacturées, le choix entre tous ces produits qui n’ont de différence que la marque, les rayons surchargés, la classification, la publicité alléchante, mensongère parfois et surtout la lumière éclatante qui rayonne. Aussi, je hais l’attente devant les caisses dans un cérémonial silencieux qui prépare la sortie du portefeuille pas assez lourd pour qu’on puisse acheter tous les produits qu’on nous fait miroiter. Un habitant du Tiers-monde serait époustouflé en entrant dans ces magasins immenses, ces villes de rayons symétriques. Pénurie : non ! Surproduction : ah là d’accord ! Mon anxiété s’évacue rapidement. Nous sommes dans le charme d’un bazar oriental. Sombres petites échoppes pleines d’artisanat. En face, disposées dans un patio, les soies les plus luxueuses d’Asie. À côté, l’atelier d’un fabricant de cordes. Puis, une niche de textiles multicolores de Kâchmar. Dans les ruelles transversales, des maroquiniers imprègnent l’air de l’odeur aigre de cuir. Dans des renfoncements, on entend le bruit des machines à coudre cachées derrière des broderies. Plus loin, des chaudronniers martèlent du cuivre, du bronze, du laiton, symphonie curieuse, mélodie de la créativité artisanale. Les Iraniens ont une capacité de concentration qui leur permet de nouer, à la main, et au moyen d’innombrables fils de laine colorée, fil après fil, millimètre après millimètre, des tapis d’une perfection ahurissante. Ce n’est pas par hasard qu’ils sont les plus beaux du monde. Pourrait-on trouver ailleurs ce recueillement profond, cette absorption tranquille dans l’occupation ? Verrait-on ailleurs pareils yeux, sombres profondeurs pour lesquelles le temps qui passe signifie si peu. Des rues, encore des rues entières d’artisanat, de bruits et parfois de silence là où des peintres copient des images de vieux livres sur des pages blanches, trait après trait, ombre après ombre. Le temps passe et les peintres, les calligraphes restent penchés sur leur travail, étrangers au présent. Le temps passe. Dans les rues voisines, la pacotille occidentale pénètre dans les boutiques et progresse obstinément. Le temps passe pour nous aussi, sous ces dômes protégés du soleil et dans ces ruelles qui s’entrecroisent, fraîches, agréables et remplies de merveilles. Aveuglés par le soleil, nous débouchons sur une place en clignant des yeux. Un mirage de beauté et d’espace. Longue de cinq cents mètres, agrémentée de toutes parts de jardins, de fontaines, la place Meidun-é Eman Khomeyni est entourée d’arcades et ouverte par de grands iwans disposés sur les axes croisés de la cour, se reflétant sur la pièce d’eau centrale. Ces Iwans sont surmontés d’alvéoles comme des nids d’abeilles en arc brisé, avec des stalactites de céramique, des façades de faïence turquoise et verte où des inscriptions en kufique blanche - l’écriture arabe la plus ancienne - se découpent dans la brique au-dessus de mille arabesques. Au-dessus encore, flottent, dans l’espace, les immenses dômes de la mosquée royale. La ville d’Ispahan dans toute sa grandeur, telle qu’elle est depuis des siècles, relatée par tant de marchands et d’explorateurs comme la ville la plus belle du monde.
Dans la soirée, Zizi, Minah, Shadi et Nahib marchent avec nous dans la ville, à la fraîche, comme tout Ispahan. Elles sont bien habillées, se donnent la main, leur voile couvre juste le derrière de la tête et elles matent les mecs en balançant leur petit sac à main. Plus habitués à ces comportements, nous sommes tout émoustillés de nous faire reluquer et d’être en compagnie d’élégantes jeunes femmes. Les trottoirs sont bondés, les magasins brillent, tout le monde est classe. Demain, je vais m’acheter une paire de basket ! Depuis le temps que je traîne ces chaussures de montagne. Bien qu’elles aient traversé avec moi les Alpes, il faudra que nous nous séparions un jour. Et puis ces fringues distendues, ces deux tee-shirts portés depuis un an et cette barbe trop longue. Nous sommes des clochards parmi la foule et cependant, joliment accompagnés… Voici le pont Khadju, une des dernières merveilles de la ville et de la floraison artistique persane. Un pont piétonnier que les gens traversent pour recueillir, dans le vent léger, les fines gouttelettes qu’un jet d’eau envoie du milieu du fleuve, comme une pluie de diamants, réverbérée par les projecteurs. Partout, c’est propre, c’est fin, c’est beau, c’est géant, c’est Ispahan !
Téhéran.
À l’inverse d’Ispahan la merveilleuse, Téhéran est la plus triste ville qu’on ait vue. Les rues sont bouchées de voitures. Les façades noires. Les hauts immeubles dissemblables. Les longues avenues rectilignes n’ont rien de plaisant pour les yeux. Aucune zone piétonne, aucun arbre. Pas même de vieux quartiers ou de centre ville. C’est triste, triste, triste. Pour couronner le tout, notre hôtel est sale et bruyant. Toute la journée, je marche dans ces rues à la recherche des quelques beaux quartiers, des universités, des petits parcs séparés par des avenues commerciales, toujours dans le bruit des klaxons et dans la pollution. C’est décourageant. Il n’y a vraiment rien de beau, ni même d’historique et surtout ce n’est pas une ville faite pour les piétons. Elle est trop étendue. J’arrive près du Lalé parc. Enfin, un peu de verdure. D’ailleurs, toute la population est là ! J’espère qu’ils n’ont pas fait autant de kilomètres que moi pour venir ici. Et surtout, maintenant je dois retourner… Il faudra attendre encore une longue journée que des amis iraniens, Saman et Susan, les amis des amis qui nous ont aidés à avoir le visa lorsqu’on était au Pakistan, viennent nous chercher et nous emmènent en voiture. Plus d’une heure pour traverser la ville dans l’autre sens. Ce n’est peut être pas plus rapide en voiture mais c’est plus reposant. Et on peut parler. Susan travaille dans une banque et apprend le français pendant ses heures perdues avec l’espoir un jour d’aller en France. Saman, son grand frère, est ingénieur en informatique. À l’inverse du monsieur rencontré dans le bus allant à Ispahan il y a une semaine et qui avait des opinions politiques très conservatrices comme j’ai pu en transmettre quelques unes, Susan et Saman sont, eux, des libéraux modernistes. Sans être pro-américains, ils ne veulent plus de ce régime islamique. « Si l’Occident pouvait nous sortir de cette dictature, si nos dirigeants faisaient l’erreur d’agresser Israël. Alors, tout serait à nouveau possible… En attendant, nous n’avons aucune liberté ici, nos choix de vie sont dictés, tout comme nos opinions. Les écrivains, les journalistes, les opposants au pouvoir, tous se cachent ou émigrent. Les femmes n’ont aucun droit alors que, de plus en plus, elles aimeraient s’émanciper. Nous souhaiterions tellement former une nation ouverte au monde entier, républicaine et laïque avec une vraie démocratie. » Ces mots sont chuchotés mêmes si nous sommes dans une voiture et que personne ne peut nous entendre et, quand ils prononcent le mot démocratie, leurs yeux ne peuvent s’empêcher de briller. Les élections iraniennes sont dans peu de temps mais les réformes sont inenvisageables puisque le futur président ne peut être élu que s’il est déjà accepté par le congrès de religieux… La première visite sera, en l’occurrence, le King palace, le château du roi, l’ex-propriété du Chah d’Iran qui est devenu un musée depuis qu’il a été déchu et s’est enfui d’Iran. Le palace, d’architecture assez simple, est situé sur les hauteurs de Téhéran au pied des montagnes enneigées qui culminent à plus de cinq mille mètres, la chaîne d’Elbourz. À l’intérieur du palais, sont disposées les richesses du roi qui n’ont pas été vendues, c’est-à-dire peu de choses, des cadeaux que lui ont fait les nations occidentales, quelques photos de famille… Le lieu est surtout symbolique. Toujours guidés par Saman et Susan, nous entrons dans un restaurant, sur les hauteurs qui dominent la ville. Elle s’étend à perte de vue, dans un amoncellement d’immeubles modernes, jusqu’au désert. Une télécabine part directement de Téhéran et monte à plus de trois mille mètres d’altitude pour atteindre un air plus respirable. Les citadins vont se balader l’été en famille et faire du ski l’hiver. Enfin, pour digérer l’incontournable brochette d’agneau, nous allons marcher dans deux différents parcs de la ville, seuls espaces vivables – les Iraniens eux-mêmes le disent – avant de nous faire déposer à notre hôtel dans un des endroits les plus malfamés de la ville. Téhéran nous déplaît, nous décidons de partir le lendemain à la première heure.
Itinéraire d'environ trois semaines au Panama avec un budget limité? English translation pending
Bonjour
Je suis au panama dans 1j, de la frontiere du costa rica paso canao
Quelqu un pourrait me renseigner sur un itineraire de environ 3 semaines avec budget limite.
Je pensais eviter boca del toro (cher) et faire une des sans blas, sachant que je pars de panama city pour aller au venezuela
MERCI
Visa pour une double entrée en Thaïlande? English translation pending
A 3 semaine du départ, nous nous posons une question concernant le visa, sans réussir à avoir les mêmes réponses en téléphonant à l'ambassade.... En résumé, nous atterrissons à Bangkok, nous restons 5 jours puis nous repartons au Cambodge et nous rentrerons à nouveau en Thailande par la frontière terrestre à Huay Xay. A-t-on besoin d'un visa, simple ou double entrée, à demander avant le départ à l'ambassade, est-il payant...?
Merci d'avance pour les futures reponses!
Claire
Mongolie: organiser un trek depuis Olgy English translation pending
Nous comptons rejoindre Olgy par la frontière de tashanta (extrême nord ouest de la mongolie) cet été de mi juillet à mi aout (désolé pour ceux qui ont déjà lu ça dans mon autre discussion). J'aimerais savoir si vous avez des contacts là-bas pour organiser un trek de environ une semaine. Est il facile de trouver des animaux de bât et des guides (anglo ou franco ou russo phones) et des cartes? Y a t il des agences?
Ma deuxième question est de savoir si il est difficile d'aller jusqu'au lac de hovsgol depuis olgy. Combien de temps faut-il, existe-il des lignes régulières de bus ou 4*4... Toute info est la bienvenue, pour savoir si aller jusque là bas en un séjour de 3 semaine depuis olgy est jouable ou non.
Salut
Ma deuxième question est de savoir si il est difficile d'aller jusqu'au lac de hovsgol depuis olgy. Combien de temps faut-il, existe-il des lignes régulières de bus ou 4*4... Toute info est la bienvenue, pour savoir si aller jusque là bas en un séjour de 3 semaine depuis olgy est jouable ou non.
Salut
Circuit Thaïlande, Laos, Cambodge English translation pending
Nous partons 3 semaines au mois de mars pour un circuit Thailande, Laos, Cambodge, Thailande.
Nous arrivons à Bangkok, puis train de nuit pour le Laos, puis traversée du Laos jusque dans le Sud, passage de frontière vers le Cambodge pour rejoindre Koh Chang en Thailande.
Ma question : que faire entre le poste frontière Laos-Cambodge et celui de Cambodge-Thailande (près de Koh Chang), nous disposons d'une semaine, y a-t'il des choses intéressantes ? Est-ce plus judicieux de visiter l'Est de la Thailande sans passer par le Cambodge ? je trouve très peu de renseignements sur cette région de l'Asie, si quelqu'un peut m'en donner, ce serait vraiment sympa 🙂Merci
Troubles au Sud de la Thaïlande? English translation pending
Venant de Malaisie nous aurons a traverser la frontiere sud thailande de Khota Baru pour aller a Hat Hai, quelqu'un peut-il me dire si l'itineraire est conseille, car j'ai entendu parler des attentants en 2004.
Pour info le Lonely planet mentionne que les 3 etats de Yala, Narathiwat et Pattani peuvent etre "dangereux"..?
Partir en Égypte avec un tour opérateur English translation pending
dois je choisir avec nouvelles frontières ou avec TSI pour partir en egypte cet automne pour un dejour croisiere et le caire
j ai retenu merveilles d egypte chez TSI MAIS JE NE SUIS JAMAIS PARTI AVEC EUX ET TRESORS D EGYPTE AVEC NF 5que je connais comme TO) merci de me renseigner
j ai retenu merveilles d egypte chez TSI MAIS JE NE SUIS JAMAIS PARTI AVEC EUX ET TRESORS D EGYPTE AVEC NF 5que je connais comme TO) merci de me renseigner
Tijuana au Mexique English translation pending
bonjour!
je compte passer la frontière mexicaine lors d'un voyage en californie au mois de juin (5semaines)
nous serons équipées d'un véhicule californien (aimablement prêté par de la famille habitant à sfo 😎) et nous serons dans le coin (san diego pour la graduation de la cousine en question)
mes questions : est ce qu'il est vraiment interessant d'aller a tijuana ou ds les environs??pas trop trop chaud a cette période?? qu'est ce qu'on peut y faire?? combien de temps peut on y passer ?? quelles précautions prendre sachant que nous sommes 2filles seules? pas trop craignos?? pour passer la frontière, quels sont les droits de douane?? on peut prendre le visa directement sur place, non? la voiture prêtée ne risque pas de nous créer des ennuis??( on ne sait pas encore si ma cousine sera avec nous ou pas a tijuana) y a-t-il d'autres endroits sympas a faire plus loin, sachant que comme nous partons de sfo, 200km de plus ou de moins.... 🤪 quel est l'état des routes au mexique???
merci pour vos réponses!!!🙂
mes questions : est ce qu'il est vraiment interessant d'aller a tijuana ou ds les environs??pas trop trop chaud a cette période?? qu'est ce qu'on peut y faire?? combien de temps peut on y passer ?? quelles précautions prendre sachant que nous sommes 2filles seules? pas trop craignos?? pour passer la frontière, quels sont les droits de douane?? on peut prendre le visa directement sur place, non? la voiture prêtée ne risque pas de nous créer des ennuis??( on ne sait pas encore si ma cousine sera avec nous ou pas a tijuana) y a-t-il d'autres endroits sympas a faire plus loin, sachant que comme nous partons de sfo, 200km de plus ou de moins.... 🤪 quel est l'état des routes au mexique???
merci pour vos réponses!!!🙂
Hésitation entre plusieurs hôtels au départ de Toulouse English translation pending
re bonjour
mercredi je vais réserver chez nouvelles frontières un séjour d'une semaine en RD au départ de Toulouse tous vos avis m'interressent pour faire mon choix ;en ce qui concerne les hôtels j'hésite entre 3 ou 4:
hôtel paradisius palma réal
hôtel Melia Caribe tropical
hôtel barcelo bavaro palace
hôtel canoa coral by hilton
merci de me répondre avant mercredi
bonne soirée
Safari Tanzanie English translation pending
Bonjour,
Nous voyageons très souvent par nouvelles frontières. Nous en sommes globalement satisfaits.
Nous avons effectué, par leur intermédiaire, il y a 4 ans, un safari, au kenya, d'une quinzaine de jours (dont les 3 ou 4 derniers jours se terminaient dans un hôtel de bord de mer). Nous avions séjourné dans des lodges confortables et étions revenus enchantés de notre voyage.
Nous avons l'intention de refaire un safari au mois de septembre mais, cette fois, en Tanzanie. Nous comptons repartir avec nouvelles frontières.
Si quelqu'un a effectué un safari en Tanzanie avec NF, je serai interessé par son avis.
Nous voyageons très souvent par nouvelles frontières. Nous en sommes globalement satisfaits.
Nous avons effectué, par leur intermédiaire, il y a 4 ans, un safari, au kenya, d'une quinzaine de jours (dont les 3 ou 4 derniers jours se terminaient dans un hôtel de bord de mer). Nous avions séjourné dans des lodges confortables et étions revenus enchantés de notre voyage.
Nous avons l'intention de refaire un safari au mois de septembre mais, cette fois, en Tanzanie. Nous comptons repartir avec nouvelles frontières.
Si quelqu'un a effectué un safari en Tanzanie avec NF, je serai interessé par son avis.
Passage Mauritanie-Mali English translation pending
Je vais passer la frontiere du Mali en venant de Néma.Comment est la piste entre Néma et Bamako.Combien de temps pour la faire sans se presser.Y a t-il des hotels soit a Nara ou Ditieni.Ou faire tamponner le passeport pour sortir de Mauritanie et pour rentrer au Mali.
Hôtel Filaos avec des enfants English translation pending
Nous partons très prochainement au Sénégal avec Nouvelles Frontières / hotel filaos, merci de nous dire si hotel sympa ( nous serons dans les bungalows Hibiscus ) et si les animations prévues pour les enfants sont adaptées ( nos filles ont respectivement 3 et 5 ans )
merci à vous
merci à vous
Carnet de passage en douane English translation pending
Je voyage en camionette depuis bientot 3 mois, et je viens de me faire refouler au passage frontiere de la republique islamique d'iran sous pretexte que je n'avais pas de carnet de passage en douane. Degoute!
Ma question est donc la suivante: Est-ce qu'il risque de m'arriver la meme chose au poste frontiere syrien et jordanien? de meme pour l'egypte et la lybie? tchao et bonne route!
Ma question est donc la suivante: Est-ce qu'il risque de m'arriver la meme chose au poste frontiere syrien et jordanien? de meme pour l'egypte et la lybie? tchao et bonne route!
Vous pouvez réserver vos billets pour l'Espagne pour des vols à compter du 1er juillet English translation pending
Bsr,
L'Espagne ouvre ses frontières à compter du 1er juillet et donc l'arrivée des vols commerciaux sur son territoire.😉
L'Espagne ouvre ses frontières à compter du 1er juillet et donc l'arrivée des vols commerciaux sur son territoire.😉
Circuit à moto de Lao Cai à Hanoï et lieux à visiter English translation pending
Je recherche un circuit intéressant de la frontière chinoise à Hanoi . Déplacement en motos de Lao Cai à Hanoi.
Pouvez vous me dire quels sont les lieux qu'il ne faut pas louper.
merci
merci
Mozambique avec notre jeep 4x4 depuis Pretoria English translation pending
Bonjour
Nous partons 3 semaines en octobre au Mozambique avec notre jeep 4x4 depuis Pretoria Peux t on obtenir le visa d entrée à la frontière Ressano Garcia sans difficulté Qui peut me proposer des adresses sympas campsite et hôtels au bord de mer
Merc d’avance
Nous partons 3 semaines en octobre au Mozambique avec notre jeep 4x4 depuis Pretoria Peux t on obtenir le visa d entrée à la frontière Ressano Garcia sans difficulté Qui peut me proposer des adresses sympas campsite et hôtels au bord de mer
Merc d’avance