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Namibie: étapes Damaraland et Kakoaland English translation pending
Bonjour tous🙂
Après un premier post sur l’articulation générale de notre voyage nous avons retravaillé.😛 J’ai encore du mal à m’organiser pour la partie entre le Brandberg et Epupa. Une de nos contraintes est le logement en Guest Farm ou Lodge.
Voici les différentes options entre lesquelles j’hésite😊 :
Version A, si on trouve un logement à Purros J7 : Bandberg – Grootberg Lodge 227 kms / 4h14
J8 : Grootberg – Purros 240 kms / 5h45 Mais là un gros hic : où dormir ?. J’ai trouvé quelque chose qui s’appelle Purros Bush Lodge mais impossible de trouver plus d’infos (prix, existe encore, ..)🤪 L’après midi longer la rivière avec un guide local
J9 : Purros – Opuwo par les pistes (Orupembe) : 8 h Nuit Opuwo Country Lodge
J10 Opuwo – Epupa : 3h
J11 Epupa – Kunene River Lodge : 3h30
J12 Kunene River Lodge – Dolomite Camp (Etosha): 5 à 6h
Version B, une journée sur place pour une approche un peu hors route J7 : Bandberg – Grootberg Lodge 227 kms / 4h14
J8 : Grootberg – Sesfontein 135 kms / 2h45 Ce jour là nous aurions aimé faire la concession de Palmwag, mais est-ce possible sans dormir au lodge ou au Campsite de Palmwag ? Sinon quelle alternative faisable en self drive (nous serons deux 4x4)
J9 : rester Sesfontein Soit descendre le long de l’Hoanib. Guide nécessaire ? Soit faire un morceau de la piste vers Purros, mais comme ce sera en aller-retour on ne pourra pas atteindre Purros
J10 : Sesfontein – Epupa : 5h30 à 6h30
J11 Epupa – Kunene River Lodge : 3h30
J12 Kunene River Lodge – Dolomite Camp (Etosha): 5 à 6h
Version C, monter plus doucement J7 : Bandberg – Grootberg Lodge 227 kms / 4h14
J8 : Grootberg – Sesfontein 135 kms / 2h45 Palmwag concession ou équivalent
J9 : Sesfontein – Opuwo : 151 kms / 3h Faire une partie de la piste d’Hoanib
J10 : Opuwo – Epupa : 3h
J11 Epupa – Kunene River Lodge : 3h30
J12 Kunene River Lodge – Dolomite Camp (Etosha): 5 à 6h
Version D, privilégier deux nuits au même endroit pour se détendre J7 : Bandberg – Grootberg Lodge 227 kms / 4h14
J8 : Grootberg – Sesfontein 135 kms / 2h45 Soit Concession Palmwag Soit un bout de la piste d’Hoanib
J9 : Sesfontein - Epupa : 5h30 à 6h30
J10 Epupa
J11 Epupa – Kunene River Lodge : 3h30
J12 Kunene River Lodge – Dolomite Camp (Etosha): 5 à 6h
Version E : idem sauf la journée de repos à Kunene River Lodge
Je sais il y a beaucoup de choix ! d’où mon intérêt pour avoir vos avis et commentaires😊
Merci par avance, cordialement🙂
Max
Après un premier post sur l’articulation générale de notre voyage nous avons retravaillé.😛 J’ai encore du mal à m’organiser pour la partie entre le Brandberg et Epupa. Une de nos contraintes est le logement en Guest Farm ou Lodge.
Voici les différentes options entre lesquelles j’hésite😊 :
Version A, si on trouve un logement à Purros J7 : Bandberg – Grootberg Lodge 227 kms / 4h14
J8 : Grootberg – Purros 240 kms / 5h45 Mais là un gros hic : où dormir ?. J’ai trouvé quelque chose qui s’appelle Purros Bush Lodge mais impossible de trouver plus d’infos (prix, existe encore, ..)🤪 L’après midi longer la rivière avec un guide local
J9 : Purros – Opuwo par les pistes (Orupembe) : 8 h Nuit Opuwo Country Lodge
J10 Opuwo – Epupa : 3h
J11 Epupa – Kunene River Lodge : 3h30
J12 Kunene River Lodge – Dolomite Camp (Etosha): 5 à 6h
Version B, une journée sur place pour une approche un peu hors route J7 : Bandberg – Grootberg Lodge 227 kms / 4h14
J8 : Grootberg – Sesfontein 135 kms / 2h45 Ce jour là nous aurions aimé faire la concession de Palmwag, mais est-ce possible sans dormir au lodge ou au Campsite de Palmwag ? Sinon quelle alternative faisable en self drive (nous serons deux 4x4)
J9 : rester Sesfontein Soit descendre le long de l’Hoanib. Guide nécessaire ? Soit faire un morceau de la piste vers Purros, mais comme ce sera en aller-retour on ne pourra pas atteindre Purros
J10 : Sesfontein – Epupa : 5h30 à 6h30
J11 Epupa – Kunene River Lodge : 3h30
J12 Kunene River Lodge – Dolomite Camp (Etosha): 5 à 6h
Version C, monter plus doucement J7 : Bandberg – Grootberg Lodge 227 kms / 4h14
J8 : Grootberg – Sesfontein 135 kms / 2h45 Palmwag concession ou équivalent
J9 : Sesfontein – Opuwo : 151 kms / 3h Faire une partie de la piste d’Hoanib
J10 : Opuwo – Epupa : 3h
J11 Epupa – Kunene River Lodge : 3h30
J12 Kunene River Lodge – Dolomite Camp (Etosha): 5 à 6h
Version D, privilégier deux nuits au même endroit pour se détendre J7 : Bandberg – Grootberg Lodge 227 kms / 4h14
J8 : Grootberg – Sesfontein 135 kms / 2h45 Soit Concession Palmwag Soit un bout de la piste d’Hoanib
J9 : Sesfontein - Epupa : 5h30 à 6h30
J10 Epupa
J11 Epupa – Kunene River Lodge : 3h30
J12 Kunene River Lodge – Dolomite Camp (Etosha): 5 à 6h
Version E : idem sauf la journée de repos à Kunene River Lodge
Je sais il y a beaucoup de choix ! d’où mon intérêt pour avoir vos avis et commentaires😊
Merci par avance, cordialement🙂
Max
Tous les à-côtés du concours photo de septembre 2011: une fenêtre sur le monde English translation pending
Le nouveau concours est lancé, et il se trouve là: http://voyageforum.com/...etre_monde_D4493963/
Il est réservé aux propositions de photos, et à partir du 19 septembre, aux votes!
Donc pour toutes les questions, les prises de têtes, les oeillades, etc.... c'est ici même!
Bon concours à tous!
Il est réservé aux propositions de photos, et à partir du 19 septembre, aux votes!
Donc pour toutes les questions, les prises de têtes, les oeillades, etc.... c'est ici même!
Bon concours à tous!
Nouvelle-Zélande en famille! English translation pending
Bonjour,
Ça y est nos billets sont achetés! Maintenant, plus qu'à organiser notre périple d'un mois en NZ!
Du coup, j'ai besoin de vos conseils et astuces! Nous aimerions savoir qu'elle est la solution la moins coûteuse car nous avons un petit budget pour notre périple:(
La tente, le camping-car, le van combiné à la tente, les b&b...? Avez-vous des bons plans?
Merci de votre aide!
Ça y est nos billets sont achetés! Maintenant, plus qu'à organiser notre périple d'un mois en NZ!
Du coup, j'ai besoin de vos conseils et astuces! Nous aimerions savoir qu'elle est la solution la moins coûteuse car nous avons un petit budget pour notre périple:(
La tente, le camping-car, le van combiné à la tente, les b&b...? Avez-vous des bons plans?
Merci de votre aide!
L'autre version sur le meurtre de deux Françaises en Argentine English translation pending
grâce à un des membres de ce forum, j'ai lu un article qui me paraît plus plausible sur le meurtre des 2 françaises en Argentine. En fait, elles enquêtaient sur le détournement d'argent provenant de l'unesco destiné aux populations indigènes du nord argentin, également il y a des soupçons d'extermination de cette même population pour s'approprier de leur terre afin de cultiver du soja. Cassandra était prof d'uni et non étudiante.
La façon du meurtre m'interpelle: enlèvement- torture ( viol)- exécution( tir dans la tête). c'est le même mode opératoire que durant la dictature argentine. C'est un travail de pro et je doute que de jeunes gens aient pu commettre ce genre de crime. De plus, sur les corps, on trouve plusieurs pistes ( cheveux dans la main) comme s'ils étaient là pour faire une mise en scène afin de nous diriger vers un viol. Si vous regardez deux films de Fernando Solanas " memoire d'un saccage" et la "dignité des pauvres" vous apprendrez plus sur la façon de tuer les personnes gênantes. on parle de la violence policière , les enfants ayant aidé la police qui deviennent gênantes finissent par être tués par un tir dans la tête. J'ai le sentiment que dans cette affaire, on a mis des gens innocents en prison et que les vrais coupables sont toujours en liberté.
Pour finir, si vous voyagez en Amérique latine, je ne voudrais pas que vous ayez cette réflexion: " pourvu qu'il ne m'arrive pas la même chose qu'aux 2 françaises tuées en Argentine" et que vous évitiez tout contact avec les gens locaux. Au contraire, je pense que les 2 françaises aimaient beaucoup les locaux et elles ont donné leur vie pour eux. En vous éloignant d'eux ( ou en ayant peur d'eux), vous faites ce que les commanditaires du meurtre veulent: à savoir " avoir peur des autochtones et ne pas sentir leur souffrance"
La façon du meurtre m'interpelle: enlèvement- torture ( viol)- exécution( tir dans la tête). c'est le même mode opératoire que durant la dictature argentine. C'est un travail de pro et je doute que de jeunes gens aient pu commettre ce genre de crime. De plus, sur les corps, on trouve plusieurs pistes ( cheveux dans la main) comme s'ils étaient là pour faire une mise en scène afin de nous diriger vers un viol. Si vous regardez deux films de Fernando Solanas " memoire d'un saccage" et la "dignité des pauvres" vous apprendrez plus sur la façon de tuer les personnes gênantes. on parle de la violence policière , les enfants ayant aidé la police qui deviennent gênantes finissent par être tués par un tir dans la tête. J'ai le sentiment que dans cette affaire, on a mis des gens innocents en prison et que les vrais coupables sont toujours en liberté.
Pour finir, si vous voyagez en Amérique latine, je ne voudrais pas que vous ayez cette réflexion: " pourvu qu'il ne m'arrive pas la même chose qu'aux 2 françaises tuées en Argentine" et que vous évitiez tout contact avec les gens locaux. Au contraire, je pense que les 2 françaises aimaient beaucoup les locaux et elles ont donné leur vie pour eux. En vous éloignant d'eux ( ou en ayant peur d'eux), vous faites ce que les commanditaires du meurtre veulent: à savoir " avoir peur des autochtones et ne pas sentir leur souffrance"
Excursion dans la forêt des Cardamomes - Community-Based Ecotourism à Chi phat (Cambodge) English translation pending
Bonjour,
Je prévois être au Cambodge en février 2012 et je pensais garder un peu de temps de mon itinéraire pour la forêt des cardamomes. Je suis assez active-sportive et l'idée d'une excursion dans la jungle qui combinerait différentes activités sportives me plaît beaucoup. J'ai donc l'intention d'aller au Community-Based EcoTourism à Chi Phat pour prendre un forfait excursion (disons 4 jours,3 nuits, celui qui combine vélo, rando et canot ou kayak). Est-ce que certains d'entre-vous y sont allés? Avez-vous des conseils? Une nuit dans un hammac dans la jungle, est-ce que l'on dort vraiment??? ;) Je voyagerai seule et je sais que les tarifs sont en fonction du nombre de personnes dans le groupe. Savez-vous s'il y a régulièrement des groupes qui partent pour ce type d'excursion?
Merci bien,
Je prévois être au Cambodge en février 2012 et je pensais garder un peu de temps de mon itinéraire pour la forêt des cardamomes. Je suis assez active-sportive et l'idée d'une excursion dans la jungle qui combinerait différentes activités sportives me plaît beaucoup. J'ai donc l'intention d'aller au Community-Based EcoTourism à Chi Phat pour prendre un forfait excursion (disons 4 jours,3 nuits, celui qui combine vélo, rando et canot ou kayak). Est-ce que certains d'entre-vous y sont allés? Avez-vous des conseils? Une nuit dans un hammac dans la jungle, est-ce que l'on dort vraiment??? ;) Je voyagerai seule et je sais que les tarifs sont en fonction du nombre de personnes dans le groupe. Savez-vous s'il y a régulièrement des groupes qui partent pour ce type d'excursion?
Merci bien,
Retour sur trois semaines passées au Botswana, août 2011 English translation pending
Voila, retour à la réalité depuis une semaine. Evidement des images, émotions ... plein la tête.
Je commence ce carnet rapidement avec quelques images. D'autres seront disponibles sur mon site perso plus tard, je vous en informerais.
Je tiens également à remercier tout ceux qui m'ont aidé à préparer ce voyage.
Après la Namibie, le Botswana s'imposait naturellement. Sauf que c'est un pays plus sauvage et que l'on se retrouve au milieu de la faune qui est bien plus abondante qu'en Namibie. La préparation est plus fastidieuse car elle doit être réalisée longtemps à l'avance, le pays ne disposant pas d'infrastructure pour le tourisme de masse (et c'est voulu, et c'est tant mieux). Il faut donc réserver les camps, lodges … minimum 8 à 10 mois à l'avance. De plus, en cas d'indisponibilité de camp à un endroit, c'est tout le planning qui est à revoir car il n'y a pas forcement de camp à 10 km à la ronde, les temps de trajet peuvent être long … Bref, je décide de passer par une personne locale, Brenda de chez Maun Self Drive que je remercie pour son efficacité. Je lui donne mon itinéraire et elle s'occupe de toutes les réservations. J'ai de la chance, aucun problème sur l'itinéraire voulu. Seules les lodges à Maun et Kasane que je souhaitais sont indisponibles. Fin février tout est quasiment bouclé. Fin avril, je règle toutes les réservations et mi mai je reçois tous les voucher par courrier (enfin par fedex). Le 4x4 est également réservé dès janvier chez AJC4x4, petite agence de location mais avec du super matos. Dernier point, réservation d'un téléphone satellite chez Sat4Rent, on ne sait jamais. Très longue attente avant le voyage.
29/7 Départ 4h45 de la maison pour un train prévu 5h50 depuis Marseille direction Bruxelles. Train à l'heure. Arrivée 11h20 à Bruxelles Midi. Il ne fait pas très chaud. On est un peu perdu, il n'est pas facile de se repérer dans cette gare. Je galère pour trouver le guichet afin d’acheter les billets nous permettant de nous rendre à l'aéroport. Finalement j'arrive à le trouver, mais il nous faudra plus de 30mn d’attente pour les récupérer. Ce sont les vacances et ce sont des stagiaires qui sont aux commandes. Arrivée à l’aéroport vers 12h30, passage chez Quick car il n’y a pas grand chose dans cette aéroport puis check-in. Une file d’attente incroyable devant les guichets d’Egyptair. Et ça ne va pas vite, à tel point que je me dis que l’on aura du retard. Finalement tout se passe bien, malgré la lenteur, décollage à 16 :00 comme prévu dans un A321 assez récent. Notre premier repas Egyptair nous rappel que nous ne sommes plus dans le même monde gastronomique qu’est la France. Ce sera d’ailleurs pour moi la seule tentative de ce trajet allé. Transit par le Caire pour un changement d’avion, pour un A330-200 au hub d’Egyptair ou toutes les bétaillères arrivent et repartent. A la descente sur le tarmac, une chaleur étouffante nous envahis, il fait très chaud. 3h30 d’attente à airer dans les couloirs puis on repart pour Johannesburg. On arrive plus ou moins à dormir mais le vol passe finalement vite. Repas servi à bord, sauf pour moi car je pense que ça ne passera pas.
30/7 Arrivée à Johannesburg à 7h25 un peu en avance (Déjà 26h que nous sommes partis de la maison). Il fait beau mais froid. Récupération des bagages sans soucis puis direction le guichet American Express pour les retraits d’argent. J’ai besoins de Rand (Afrique du Sud et Namibie), de Pulas (Botswana) et de Dollars (Zimbabwe). Petit soucis, je ne peux pas retirer les sommes souhaitées car avec ma carte Amex je suis limité à 1500 € par semaine (je ne le savais pas, il a fallu que je téléphone pour comprendre le problème. Bonjour le prix de la communication et le temps perdu !). Je récupère ensuite le téléphone satellite loué auprès de Sat4Rent, rendez-vous avez été pris devant le guichet Amex quelques jours avant notre arrivée. Enfin, avec 1h30 de retard sur l’horaire prévue, départ pour Modimolle afin de récupérer notre 4x4 chez AJC4x4 Hire. La personne qui nous accompagne, dont le nom m’échappe, est le représentant d’AJC en Allemagne. Lui et sa femme ont quittés l’Europe depuis Avril pour s’installer en Afrique du Sud. Arrivée vers 11h45 à Modimolle qui se trouve à environ 150 km de Joburg. En chemin, test de tous mes GPS munis des fameuses cartes T4A. 4 GPS au total : 1 ipad, 2 iphone et 1 pocket pc qui avait bien fonctionné deux ans auparavant en Namibie. Quel régal cet ipad en tant que GPS et ça marche impec. Nandi, la patronne d’AJC nous accueil, on règle les derniers détails administratifs puis vient le moment de découvrir la bête. Un Defender TD5 Rouge de 2004, 158000 Km au compteur plutôt rustique mais super équipé. Oups, que c’est imposant ! 2m45 de hauteur tentes fermées. On fait le tour, on check un peu tout, on nous explique comment utiliser le treuille, le hi-lift jack (cric pour les 4x4), la boite courte, le diff lock, ce que l’on doit ou ne doit on pas faire dans le sable, passages de gués, le snorkel … Tout y passe. Faut dire que j’avais préparé un questionnaire concernant l’utilisation du 4x4 et de ses accessoires. Le timing prévu était de partir vers 11h30 pour arriver, à minima, à Palapye au Botswana. Il est 13h30 lorsque l’on quitte AJC, 2 heures de retard sur le planning. La patronne nous déconseille de nous arrêter à Mokopane pour la nuit et pense qu’il serait mieux de rester à Modimolle. Je n’en fait qu’à ma tête, pas envie de rester en Afrique du Sud. Je décide donc de partir directement au Botswana mais par le chemin le plus directe à savoir le poste frontière de Stockpoort/Parr's Halt Border. La route est goudronnée, et on retrouve des paysages de brousse jusqu'à Lephalale. On s’arrête à une petite superette à Vaalwater pour acheter le minimum à savoir de l’eau et 4 salades toutes prêtes, ce qui nous arrangent bien. Après Lephalale, notre première piste sablonneuse, je teste le 4x4, tout va bien. Tout le monde s’est endormi, je vois les premiers animaux. Phacochères et kudus. Pas d’arrêt, pas le temps. Le passage à la frontière côté Afrique du Sud se passe bien. Côté Botswanais, c’est plus long, on voit tout de suite la différence : côté Afrique du Sud, des stressés alors qu’ici, c’est la force tranquille. Faut remplir des papiers pour l’immigration, payer les assurances pour le véhicule mais aussi passer la barrière sanitaire : un gars muni d’un asperseur fait tout le tour du 4x4 et dépose une tonne de produit blanc un peu partout. On nous demande également de marcher dans un bac dans lequel se trouve une vieille serpillère noirâtre, légèrement humidifiée probablement par le même liquide contenu dans aspersoir du gars. On se demande en quoi tout ceci peu servir à empêcher la diffusion de bactérie ou autre. Bref, une demi-heure pour tout ceci. Finalement, on arrive à Serowe en début de soirée dans la nuit (mais avec beaucoup de véhicule qui circulent). Comme point de chute, j’avais repéré le Serowe Hôtel bien, mais sans plus, ambiance et température froide dans cet endroit. Repas à l’hôtel, pas rapide car on est au Botswana, puis gros dodo ! Trajet : 400 Km - 5h 2 chambres + 4 repas + 4 petits déjs : environ 1700 Pulas (180€)
31/7 Bonne nuit récupératrice. On prend notre temps au petit déjeuner (de toute façon on n’a pas le choix, c’est lent !). Première impression positive, les Botswanais on l’air heureux dès que l’on commence à communiquer avec eux, sourire, rigolade. Programme du jour : gros ravitaillement, plein du 4x4, visite de Serowe puis direction le Khama Rhino Sanctuary à moins de 50 km. Pour le ravitaillement, direction le nouveau SPAR à quelques km au sud de l’hôtel. On trouve tout ce dont on à besoin. 2 caddies remplis pour 1100 pulas (120 €). Madame n’en revient pas. Exemple, la viande est à moins de 4€ le kg ! Sur le parking, on passe un bon moment pour tout ranger. Vient la visite du centre de Serowe. Je pensais que ce genre de ville était plutôt développé. En réalité, c’est un gros village avec quelques commerces en tout genre typiquement africain comme on peu le voir à la télévision. Quelques cahutes ou l'on trouve de tout et n'importe quoi. Tout est concentré dans un rayon de 500 mètres au maximum. On y trouve une case faisant office de coiffeur, une autre vendant quelques oranges ou oignons, un hangar dans lequel on trouve d’énorme sac de farine (je pense). Quel dépaysement lorsque l’on ne s’attend pas à cela. Je n’ai pas souvenir d’avoir vu cela en Namibie. On a donc vite fait le tour du centre ville. Nous arrivons au Khama Rhino vers 13h00. On s’installe sur notre emplacement que l’on a d’ailleurs du mal à trouver tant il y a de chemin qui parte dans tout les sens. Petit tour aux abulitions (sanitaires) et la c'est la cata (j'ai pas dit caca mais ça aurait pu). C'est mal entretenu et en plus il y a un courant d'air la dedans et avec le froid qu'il fait (même à 13h), impossible d'envisager de prendre une douche la dedans. On attendra plus tard pour la toilette. On s'installe, on prépare un déjeuner rapide puis on part pour notre premier game drive du voyage. Les pistes sont plus ou moins sablonneuses et sont plutôt concentrées autour d'une plaine herbeuse (mais plusieurs pans) avec des points de vue tout autour. Il a beaucoup plu cette année, les herbes sont très hautes. Le but du Khama c'est de voir des rhino. Malheureusement rien en vue. Des impalas, autruches, zèbres, gnous mais pas de rhino. Cela nous permet quand même de nous remémorer tous ces animaux et qu'évidement on ne voit pas chez nous. Dès que l'on voit une zèbre, tout le monde dans le 4x4 : hooo le zèbre. Vient ensuite le tour des impalas : hooo les impalas. Il est presque 18h lorsque l'on retourne au camp. Le soleil se couche, on prépare le repas du soir. Dès que le soleil disparaît, il fait (encore) plus froid, on ne s'éternise pas pour rentrer dans les tentes. A propos des tentes, l'automatisme de dépliage n'est pas perdu ! 5 minutes max par tente.
1/8 1ère nuit sous la tente difficile car froide. On s'active dans le froid pour le game drive du matin. Pliage des tentes, la c'est plus long, le système de housse est différent de la namibie. Il est 6h50 lorsque l'on quitte le camp. Le soleil va se lever. On retourne sur les pistes fréquentées la veille. Encore des impalas, gnous, zèbres … mais aussi un chacal qui a récupéré une proie, un impala a priori. On assiste à une scène curieuse : l'impala est visiblement en deux morceaux distant d'une trentaine de mètre. Se trouvent prêt d'un des deux morceaux deux vautours. Mais ça ne plait pas au chacal qui ne souhaite pas partager. Il leurs fonce dessus. A ce moment, les deux vautours s'envolent pour atterrirent prêt de l'autre morceaux. Le chacal voyant cela repart d'ou il était venu pour les chasser. Du coup les vautours repartent eux aussi de la ou ils étaient précédemment. Ce petit manège durera 10 bonnes minutes puis le chacal disparaîtra derrière un buisson. On aperçoit ensuite de l'autre côté du pan, un rhino. 10 mn plus tard, on se retrouve de l'autre côté du pan pour essayer de le trouver. On tourne, retourne puis on tombe dessus. Très imposant mais il rentre dans le bush et est de dos. Impossible de le voir de face. On continue nos recherches puis on s'arrête au bird hide. Aucun oiseau mais 4 superbes impalas éclairés par la belle lumière du matin. A notre retour au camp, j'aperçois brièvement un Cobe à Croissant femelle planqué dans le bush. On peut voir la hauteur des herbes sur la photo. Au camp, préparation du petit déjeuner, rapide toilette puis départ pour ...
Suite prochainement ...
PS : pour regarder les photos, 1 clique sur la première puis défilement avec les flèches gauche et droite.
Je tiens également à remercier tout ceux qui m'ont aidé à préparer ce voyage.
Après la Namibie, le Botswana s'imposait naturellement. Sauf que c'est un pays plus sauvage et que l'on se retrouve au milieu de la faune qui est bien plus abondante qu'en Namibie. La préparation est plus fastidieuse car elle doit être réalisée longtemps à l'avance, le pays ne disposant pas d'infrastructure pour le tourisme de masse (et c'est voulu, et c'est tant mieux). Il faut donc réserver les camps, lodges … minimum 8 à 10 mois à l'avance. De plus, en cas d'indisponibilité de camp à un endroit, c'est tout le planning qui est à revoir car il n'y a pas forcement de camp à 10 km à la ronde, les temps de trajet peuvent être long … Bref, je décide de passer par une personne locale, Brenda de chez Maun Self Drive que je remercie pour son efficacité. Je lui donne mon itinéraire et elle s'occupe de toutes les réservations. J'ai de la chance, aucun problème sur l'itinéraire voulu. Seules les lodges à Maun et Kasane que je souhaitais sont indisponibles. Fin février tout est quasiment bouclé. Fin avril, je règle toutes les réservations et mi mai je reçois tous les voucher par courrier (enfin par fedex). Le 4x4 est également réservé dès janvier chez AJC4x4, petite agence de location mais avec du super matos. Dernier point, réservation d'un téléphone satellite chez Sat4Rent, on ne sait jamais. Très longue attente avant le voyage.
29/7 Départ 4h45 de la maison pour un train prévu 5h50 depuis Marseille direction Bruxelles. Train à l'heure. Arrivée 11h20 à Bruxelles Midi. Il ne fait pas très chaud. On est un peu perdu, il n'est pas facile de se repérer dans cette gare. Je galère pour trouver le guichet afin d’acheter les billets nous permettant de nous rendre à l'aéroport. Finalement j'arrive à le trouver, mais il nous faudra plus de 30mn d’attente pour les récupérer. Ce sont les vacances et ce sont des stagiaires qui sont aux commandes. Arrivée à l’aéroport vers 12h30, passage chez Quick car il n’y a pas grand chose dans cette aéroport puis check-in. Une file d’attente incroyable devant les guichets d’Egyptair. Et ça ne va pas vite, à tel point que je me dis que l’on aura du retard. Finalement tout se passe bien, malgré la lenteur, décollage à 16 :00 comme prévu dans un A321 assez récent. Notre premier repas Egyptair nous rappel que nous ne sommes plus dans le même monde gastronomique qu’est la France. Ce sera d’ailleurs pour moi la seule tentative de ce trajet allé. Transit par le Caire pour un changement d’avion, pour un A330-200 au hub d’Egyptair ou toutes les bétaillères arrivent et repartent. A la descente sur le tarmac, une chaleur étouffante nous envahis, il fait très chaud. 3h30 d’attente à airer dans les couloirs puis on repart pour Johannesburg. On arrive plus ou moins à dormir mais le vol passe finalement vite. Repas servi à bord, sauf pour moi car je pense que ça ne passera pas.
30/7 Arrivée à Johannesburg à 7h25 un peu en avance (Déjà 26h que nous sommes partis de la maison). Il fait beau mais froid. Récupération des bagages sans soucis puis direction le guichet American Express pour les retraits d’argent. J’ai besoins de Rand (Afrique du Sud et Namibie), de Pulas (Botswana) et de Dollars (Zimbabwe). Petit soucis, je ne peux pas retirer les sommes souhaitées car avec ma carte Amex je suis limité à 1500 € par semaine (je ne le savais pas, il a fallu que je téléphone pour comprendre le problème. Bonjour le prix de la communication et le temps perdu !). Je récupère ensuite le téléphone satellite loué auprès de Sat4Rent, rendez-vous avez été pris devant le guichet Amex quelques jours avant notre arrivée. Enfin, avec 1h30 de retard sur l’horaire prévue, départ pour Modimolle afin de récupérer notre 4x4 chez AJC4x4 Hire. La personne qui nous accompagne, dont le nom m’échappe, est le représentant d’AJC en Allemagne. Lui et sa femme ont quittés l’Europe depuis Avril pour s’installer en Afrique du Sud. Arrivée vers 11h45 à Modimolle qui se trouve à environ 150 km de Joburg. En chemin, test de tous mes GPS munis des fameuses cartes T4A. 4 GPS au total : 1 ipad, 2 iphone et 1 pocket pc qui avait bien fonctionné deux ans auparavant en Namibie. Quel régal cet ipad en tant que GPS et ça marche impec. Nandi, la patronne d’AJC nous accueil, on règle les derniers détails administratifs puis vient le moment de découvrir la bête. Un Defender TD5 Rouge de 2004, 158000 Km au compteur plutôt rustique mais super équipé. Oups, que c’est imposant ! 2m45 de hauteur tentes fermées. On fait le tour, on check un peu tout, on nous explique comment utiliser le treuille, le hi-lift jack (cric pour les 4x4), la boite courte, le diff lock, ce que l’on doit ou ne doit on pas faire dans le sable, passages de gués, le snorkel … Tout y passe. Faut dire que j’avais préparé un questionnaire concernant l’utilisation du 4x4 et de ses accessoires. Le timing prévu était de partir vers 11h30 pour arriver, à minima, à Palapye au Botswana. Il est 13h30 lorsque l’on quitte AJC, 2 heures de retard sur le planning. La patronne nous déconseille de nous arrêter à Mokopane pour la nuit et pense qu’il serait mieux de rester à Modimolle. Je n’en fait qu’à ma tête, pas envie de rester en Afrique du Sud. Je décide donc de partir directement au Botswana mais par le chemin le plus directe à savoir le poste frontière de Stockpoort/Parr's Halt Border. La route est goudronnée, et on retrouve des paysages de brousse jusqu'à Lephalale. On s’arrête à une petite superette à Vaalwater pour acheter le minimum à savoir de l’eau et 4 salades toutes prêtes, ce qui nous arrangent bien. Après Lephalale, notre première piste sablonneuse, je teste le 4x4, tout va bien. Tout le monde s’est endormi, je vois les premiers animaux. Phacochères et kudus. Pas d’arrêt, pas le temps. Le passage à la frontière côté Afrique du Sud se passe bien. Côté Botswanais, c’est plus long, on voit tout de suite la différence : côté Afrique du Sud, des stressés alors qu’ici, c’est la force tranquille. Faut remplir des papiers pour l’immigration, payer les assurances pour le véhicule mais aussi passer la barrière sanitaire : un gars muni d’un asperseur fait tout le tour du 4x4 et dépose une tonne de produit blanc un peu partout. On nous demande également de marcher dans un bac dans lequel se trouve une vieille serpillère noirâtre, légèrement humidifiée probablement par le même liquide contenu dans aspersoir du gars. On se demande en quoi tout ceci peu servir à empêcher la diffusion de bactérie ou autre. Bref, une demi-heure pour tout ceci. Finalement, on arrive à Serowe en début de soirée dans la nuit (mais avec beaucoup de véhicule qui circulent). Comme point de chute, j’avais repéré le Serowe Hôtel bien, mais sans plus, ambiance et température froide dans cet endroit. Repas à l’hôtel, pas rapide car on est au Botswana, puis gros dodo ! Trajet : 400 Km - 5h 2 chambres + 4 repas + 4 petits déjs : environ 1700 Pulas (180€)
31/7 Bonne nuit récupératrice. On prend notre temps au petit déjeuner (de toute façon on n’a pas le choix, c’est lent !). Première impression positive, les Botswanais on l’air heureux dès que l’on commence à communiquer avec eux, sourire, rigolade. Programme du jour : gros ravitaillement, plein du 4x4, visite de Serowe puis direction le Khama Rhino Sanctuary à moins de 50 km. Pour le ravitaillement, direction le nouveau SPAR à quelques km au sud de l’hôtel. On trouve tout ce dont on à besoin. 2 caddies remplis pour 1100 pulas (120 €). Madame n’en revient pas. Exemple, la viande est à moins de 4€ le kg ! Sur le parking, on passe un bon moment pour tout ranger. Vient la visite du centre de Serowe. Je pensais que ce genre de ville était plutôt développé. En réalité, c’est un gros village avec quelques commerces en tout genre typiquement africain comme on peu le voir à la télévision. Quelques cahutes ou l'on trouve de tout et n'importe quoi. Tout est concentré dans un rayon de 500 mètres au maximum. On y trouve une case faisant office de coiffeur, une autre vendant quelques oranges ou oignons, un hangar dans lequel on trouve d’énorme sac de farine (je pense). Quel dépaysement lorsque l’on ne s’attend pas à cela. Je n’ai pas souvenir d’avoir vu cela en Namibie. On a donc vite fait le tour du centre ville. Nous arrivons au Khama Rhino vers 13h00. On s’installe sur notre emplacement que l’on a d’ailleurs du mal à trouver tant il y a de chemin qui parte dans tout les sens. Petit tour aux abulitions (sanitaires) et la c'est la cata (j'ai pas dit caca mais ça aurait pu). C'est mal entretenu et en plus il y a un courant d'air la dedans et avec le froid qu'il fait (même à 13h), impossible d'envisager de prendre une douche la dedans. On attendra plus tard pour la toilette. On s'installe, on prépare un déjeuner rapide puis on part pour notre premier game drive du voyage. Les pistes sont plus ou moins sablonneuses et sont plutôt concentrées autour d'une plaine herbeuse (mais plusieurs pans) avec des points de vue tout autour. Il a beaucoup plu cette année, les herbes sont très hautes. Le but du Khama c'est de voir des rhino. Malheureusement rien en vue. Des impalas, autruches, zèbres, gnous mais pas de rhino. Cela nous permet quand même de nous remémorer tous ces animaux et qu'évidement on ne voit pas chez nous. Dès que l'on voit une zèbre, tout le monde dans le 4x4 : hooo le zèbre. Vient ensuite le tour des impalas : hooo les impalas. Il est presque 18h lorsque l'on retourne au camp. Le soleil se couche, on prépare le repas du soir. Dès que le soleil disparaît, il fait (encore) plus froid, on ne s'éternise pas pour rentrer dans les tentes. A propos des tentes, l'automatisme de dépliage n'est pas perdu ! 5 minutes max par tente.
1/8 1ère nuit sous la tente difficile car froide. On s'active dans le froid pour le game drive du matin. Pliage des tentes, la c'est plus long, le système de housse est différent de la namibie. Il est 6h50 lorsque l'on quitte le camp. Le soleil va se lever. On retourne sur les pistes fréquentées la veille. Encore des impalas, gnous, zèbres … mais aussi un chacal qui a récupéré une proie, un impala a priori. On assiste à une scène curieuse : l'impala est visiblement en deux morceaux distant d'une trentaine de mètre. Se trouvent prêt d'un des deux morceaux deux vautours. Mais ça ne plait pas au chacal qui ne souhaite pas partager. Il leurs fonce dessus. A ce moment, les deux vautours s'envolent pour atterrirent prêt de l'autre morceaux. Le chacal voyant cela repart d'ou il était venu pour les chasser. Du coup les vautours repartent eux aussi de la ou ils étaient précédemment. Ce petit manège durera 10 bonnes minutes puis le chacal disparaîtra derrière un buisson. On aperçoit ensuite de l'autre côté du pan, un rhino. 10 mn plus tard, on se retrouve de l'autre côté du pan pour essayer de le trouver. On tourne, retourne puis on tombe dessus. Très imposant mais il rentre dans le bush et est de dos. Impossible de le voir de face. On continue nos recherches puis on s'arrête au bird hide. Aucun oiseau mais 4 superbes impalas éclairés par la belle lumière du matin. A notre retour au camp, j'aperçois brièvement un Cobe à Croissant femelle planqué dans le bush. On peut voir la hauteur des herbes sur la photo. Au camp, préparation du petit déjeuner, rapide toilette puis départ pour ...
Suite prochainement ...
PS : pour regarder les photos, 1 clique sur la première puis défilement avec les flèches gauche et droite.
Conseils pour voyage à vélo Perpignan-Marrakech English translation pending
Salut à tous et toutes,
Ma demande est simple et sincère, et ma détermination, sans faille. Tout d'abord, je vous préviens tous que je ne suis plus de première fraîcheur, 50 balais au compteur. Pour fêter ça, j'ai décidé de réaliser l'un de mes rêves, le voyage à vélo. Seulement voilà, à un demi-siècle, on a perdu l’inconscience de la jeunesse et les questions afflues. Je pratique le vélo, bien sûr, mais j'ai besoin de conseils pour la route, le chargement, etc...
Départ de PERPIGNAN, destination MARRAKECH Date prévue, aux beaux jours 2012 Pour l'instant seul
Je pensais suivre la cote espagnole jusqu'à AGECIRAS, puis débarquement à La Ceuta, mais je ne suis pas sûr que ce soit le meilleur choix. Pour ce qui est de mon matériel, j'ai un TRIBAN 7 de chez DECATHLON. Je l'utilise depuis 2 ans et j'en suis très content. je l'ai affublé d'une remorque mono roue (j'ai fais le canal du midi en famille)
Voilà, maintenant j'ai besoin de tous les renseignements possible pour un voyage de 2000 kilomètres.
Merci à tous.
Ma demande est simple et sincère, et ma détermination, sans faille. Tout d'abord, je vous préviens tous que je ne suis plus de première fraîcheur, 50 balais au compteur. Pour fêter ça, j'ai décidé de réaliser l'un de mes rêves, le voyage à vélo. Seulement voilà, à un demi-siècle, on a perdu l’inconscience de la jeunesse et les questions afflues. Je pratique le vélo, bien sûr, mais j'ai besoin de conseils pour la route, le chargement, etc...
Départ de PERPIGNAN, destination MARRAKECH Date prévue, aux beaux jours 2012 Pour l'instant seul
Je pensais suivre la cote espagnole jusqu'à AGECIRAS, puis débarquement à La Ceuta, mais je ne suis pas sûr que ce soit le meilleur choix. Pour ce qui est de mon matériel, j'ai un TRIBAN 7 de chez DECATHLON. Je l'utilise depuis 2 ans et j'en suis très content. je l'ai affublé d'une remorque mono roue (j'ai fais le canal du midi en famille)
Voilà, maintenant j'ai besoin de tous les renseignements possible pour un voyage de 2000 kilomètres.
Merci à tous.
Pourboire du guide-chauffeur au Vietnam? English translation pending
Bonjour messieurs mesdames forumeurs !
J'ai fait une recherche sur le forum, mais j'ai l'impression de ne pas avoir trouver vraiment de réponse.
Voila je pars avec mon ami (nous sommes deux) au vietnam pour 16 jours en septembre. Sur les 16 jours 12 sont avec guide + chauffeurs. Ce circuit nous l'avons payé 1650 usd/personne sans le billet d'avion. Donc 2000 euros par personne pour le billet + circuit.
L'agence de voyage (réputé sérieux d'après le net et les guides papiers) nous a envoyé un certain nombre de recommandation; vetements , vaccinations , climat etc.....et des suggestions de pourboires pour le guide et le chauffeur , 10 usd pour le guide et 5 usd pour le chauffeur. Vous me direz qu'est ce que 10 usd quand on est content du service ? Mais quand on calcule ca fait un budget "pourboire" d'environ 200 usd !!! Certes nous sommes européens , je ne pense pas que nous soyons radins , mais 200 dollars de pourboire c'est beaucoup trop pour nous 🏴☠️ Pour réunir les 4000 euros on a du vider les petits comptes épargnes et les primes d'été , en gros les caisses sont vides 😕
J'ai essayé de faire le calcul à l'envers, donc au lieu de calculer ce que nous aurions à débourser, j'ai essayé de partir de ce que nous estimions acceptable pour notre budget : après discussion avec mon ami , on s'est dit que 50 euros, on peut se le permettre , ce qui fait 72 usd , divisé par 12 jours, ca fait 6 usd . Donc si on en donne 3 usd/jour pour le guide pour notre petit groupe de 2 , et 2 dollars par jour pour le chauffeur, et 1 dollars pour les porteurs de bagage .
Je n'ai pas envie de passer pour un radin , mais je n'ai pas envie non plus de me faire plumer juste par ce que je suis touriste.
Si vous pouviez me donner vos avis je suis ravie 😇
J'ai fait une recherche sur le forum, mais j'ai l'impression de ne pas avoir trouver vraiment de réponse.
Voila je pars avec mon ami (nous sommes deux) au vietnam pour 16 jours en septembre. Sur les 16 jours 12 sont avec guide + chauffeurs. Ce circuit nous l'avons payé 1650 usd/personne sans le billet d'avion. Donc 2000 euros par personne pour le billet + circuit.
L'agence de voyage (réputé sérieux d'après le net et les guides papiers) nous a envoyé un certain nombre de recommandation; vetements , vaccinations , climat etc.....et des suggestions de pourboires pour le guide et le chauffeur , 10 usd pour le guide et 5 usd pour le chauffeur. Vous me direz qu'est ce que 10 usd quand on est content du service ? Mais quand on calcule ca fait un budget "pourboire" d'environ 200 usd !!! Certes nous sommes européens , je ne pense pas que nous soyons radins , mais 200 dollars de pourboire c'est beaucoup trop pour nous 🏴☠️ Pour réunir les 4000 euros on a du vider les petits comptes épargnes et les primes d'été , en gros les caisses sont vides 😕
J'ai essayé de faire le calcul à l'envers, donc au lieu de calculer ce que nous aurions à débourser, j'ai essayé de partir de ce que nous estimions acceptable pour notre budget : après discussion avec mon ami , on s'est dit que 50 euros, on peut se le permettre , ce qui fait 72 usd , divisé par 12 jours, ca fait 6 usd . Donc si on en donne 3 usd/jour pour le guide pour notre petit groupe de 2 , et 2 dollars par jour pour le chauffeur, et 1 dollars pour les porteurs de bagage .
Je n'ai pas envie de passer pour un radin , mais je n'ai pas envie non plus de me faire plumer juste par ce que je suis touriste.
Si vous pouviez me donner vos avis je suis ravie 😇
Amazonie et Nordeste du Brésil en deux semaines? English translation pending
Bonjour,
J'etudie en ce moment a sao paulo, et ayant deux semaines de vacances au mois de septembre je souhaiterai decouvrir un peu plus le Bresil.
Mon choix se porte sur l'Amazonie et le Nordeste
J'ai reflechis a un petit planning previsionnel, pourriez vous me dire si celui ci est realisable ?
sinon, je suis ouverte a tous vos conseils, en visites, logements, compagnies de transport pour que ce voyage se passe au mieux :)
Merci d'avance
vol de Sao Paulo a Manaus 3 jours a Manaus (foret, peche etc ...) 5 jours de traversee en bateau de l'Amazone pour rejoindre Belem Belem- Fortaleza en bus en une semaine, en s'arretant a sao luis do maranhao, lencois maranhenses, et Jericoacoara Fortaleza- Sao Paulo
Sauriez vous aussi quel budget je dois a peu pres prevoir pour ce type de voyage ? (en minimisant les couts au max)
Merci d'avance :)
vol de Sao Paulo a Manaus 3 jours a Manaus (foret, peche etc ...) 5 jours de traversee en bateau de l'Amazone pour rejoindre Belem Belem- Fortaleza en bus en une semaine, en s'arretant a sao luis do maranhao, lencois maranhenses, et Jericoacoara Fortaleza- Sao Paulo
Sauriez vous aussi quel budget je dois a peu pres prevoir pour ce type de voyage ? (en minimisant les couts au max)
Merci d'avance :)
Périple de quinze jours dans l'Ouest américain: appel aux spécialistes English translation pending
Bonjour à tous,
Je suis en train de préparer mon périple de 15 jours pour avril 2012 que je soumettrai aux "experts" pour avoir leur avis mais je me pose une question, je souhaiterai partir de Page en début d'après midi pour me rendre à Monument Valley (env. 2h30 de route) et je voulais savoir s'il y a moyen de se rendre au Visitor Center de MV sans avoir à régler 1 entrée, en effet nous aimerions en arrivant voir le coucher du soleil et faire le lendemain matin au lever la Valley Drive puis ensuite prendre la route pour Moab en passant par The Valley of the Gods et Goosenecks.
De plus avez-vous une idée plus ou moins précise des heures de lever et coucher de soleil à cette période ???
Merci pour vos éclaircissement
Sacoche guidon: je ne m'y fait pas, et vous? English translation pending
salut à tous
je me suis équipé de bonnes paire de sacoches Ortlieb 20L mes premières
sur mon bon vélo à base de cadre Surly LHT
les plus simples, type "pvc " moi je les met à l'avant sur le porte bagage Tubus surbaissé. Je prefère. ça colle bien la roue avant au sol
j'ai aussi acheté magnifique sacoche de guidon
et ben je n' arrive pas à m y faire !
rouler avec ou sans : c'est le jour et la nuit
y a t il des cas comme moi ? des idées alternatives, (à part sac à dos) ?
c'est pas évident ! en fait j'avais déjà voyagé sans SDGuidon par le passé pour cette même raison je mettais tout les poches arrière maillot apn, téléphone (éteint), papiers, carte (détruite tres vite par transpiration, pluie, manips)
j avais pris une sorte de sac banane aussi que je mettais sur une des sacoches decat de l'époque sous les tendeurs = pas pratique
mouais. j'ai vraiment du mal à me faire à cette foutue sacoche de guidon
bah ! je vais p etre la vendre si je m'y fais pas (elle est neuve ! et top qualité. quelle dommage)
je trouve que c est gros aussi. ça me gache visibilité de la roue, du sol, et maniabilité (mon guidon est tres haut)
achat à RC paris ils sont fermés en aout
si vous avez des suggestions, avis ... i am interested
Bon dimanche !
je me suis équipé de bonnes paire de sacoches Ortlieb 20L mes premières
sur mon bon vélo à base de cadre Surly LHT
les plus simples, type "pvc " moi je les met à l'avant sur le porte bagage Tubus surbaissé. Je prefère. ça colle bien la roue avant au sol
j'ai aussi acheté magnifique sacoche de guidon
et ben je n' arrive pas à m y faire !
rouler avec ou sans : c'est le jour et la nuit
y a t il des cas comme moi ? des idées alternatives, (à part sac à dos) ?
c'est pas évident ! en fait j'avais déjà voyagé sans SDGuidon par le passé pour cette même raison je mettais tout les poches arrière maillot apn, téléphone (éteint), papiers, carte (détruite tres vite par transpiration, pluie, manips)
j avais pris une sorte de sac banane aussi que je mettais sur une des sacoches decat de l'époque sous les tendeurs = pas pratique
mouais. j'ai vraiment du mal à me faire à cette foutue sacoche de guidon
bah ! je vais p etre la vendre si je m'y fais pas (elle est neuve ! et top qualité. quelle dommage)
je trouve que c est gros aussi. ça me gache visibilité de la roue, du sol, et maniabilité (mon guidon est tres haut)
achat à RC paris ils sont fermés en aout
si vous avez des suggestions, avis ... i am interested
Bon dimanche !
Vol Ryanair refuse de décoller après deux heures de retard English translation pending
Il y avait de la tension dans l’air hier soir à l’aéroport international de Fès-Saïss. Des altercations ont opposé le personnel de bord d’un avion de Ryanair à ses passagers. Ces derniers n’ont pas du tout digéré le retard de plus de deux heures de leur vol, puis l’annonce du changement de destination. Face à cela, le pilote de la compagnie low-cost a tout bonnement refusé de décoller, laissant des passagers en rade, devant l’impuissance des autorités aéroportuaires.
Ils devaient décoller de l’aéroport Fès-Saïss à 17h15, mais les passagers du vol de la Ryanair à destination de Paris-Beauvais n’ont pas pu quitter la capitale spirituelle hier soir. L’avion de la compagnie irlandaise à bas coûts au bord duquel près de 200 passagers devaient embarquer a accusé un retard de plus de deux heures. Au lieu de 17h15, l’appareil, en provenance de Gérone en Espagne, ne s’est pointé qu’aux environs de 19h50. Pire, le retard n’avait même pas été signalé aux voyageurs alors qu'ils avaient déjà enregistré leur bagages et avaient été convoqués à la salle d’embarquement.
Le calvaire se poursuit. Vers 20h30, les passagers qui n’ont bénéficé d’aucune assistance, excepté des bouteilles d’eau, commencent à embarquer. Une fois à bord, on leur informe qu’ils n’allaient plus atterrir à Paris Beauvais sinon à Lille car l’aéroport de Paris Beauvais était déjà fermé. Ce qui a provoqué l’ire des voyageurs qui ont refusé et exigé de se diriger vers Beauvais. Les échanges deviennent alors très houleux avec les membres de l’équipage à tel point que ceux-ci, dépassés par la fureur des passagers et incapables de maitriser la situation, se refugient dans le cockpit de l’avion.
Vol annulé
Les autorités de l’aéroport de Fès-Saïss, avec en tête leur directrice, entrent alors dans la danse pour tenter de calmer la situation, en vain. Le pilote, qui s’exprimait en anglais lance « je laisserai ici ces Arabes ». Une « insulte » aux yeux de Rachid, un MRE de 37 ans qui rentrait de ses vacances au Maroc avec son épouse et leurs deux enfants. Dans cet imbroglio, certains des passagers ont cèdé à la menace du pilote de faire intervenir la police tandis que d’autres ont refusé de descendre de l’avion, il était alors minuit passée.
Finalement, le vol a été annulé. Les passagers, dont la plupart étaient des vacanciers et des ressortissants français, ne savaient plus à quel saint se vouer. Tandis que les enfants, des personnes âgées ainsi que des femmes enceintes tombaient de fatigue. « Certains voyageurs ne pouvaient même pas joindre leurs familles, car n’ayant plus aucun sous avec eux », témoigne Rachid.
La compagnie propose alors de rediriger les passagers vers d’autres aéroports du royaume ou de rembourser les billets. Certains des passagers ont accepté, d'autres se son adressé aux compagnies concurrentes, et une vingtaine d’entre eux ont même refusé de quitter l’avion jusque tard dans la nuit.
Ils devaient décoller de l’aéroport Fès-Saïss à 17h15, mais les passagers du vol de la Ryanair à destination de Paris-Beauvais n’ont pas pu quitter la capitale spirituelle hier soir. L’avion de la compagnie irlandaise à bas coûts au bord duquel près de 200 passagers devaient embarquer a accusé un retard de plus de deux heures. Au lieu de 17h15, l’appareil, en provenance de Gérone en Espagne, ne s’est pointé qu’aux environs de 19h50. Pire, le retard n’avait même pas été signalé aux voyageurs alors qu'ils avaient déjà enregistré leur bagages et avaient été convoqués à la salle d’embarquement.
Le calvaire se poursuit. Vers 20h30, les passagers qui n’ont bénéficé d’aucune assistance, excepté des bouteilles d’eau, commencent à embarquer. Une fois à bord, on leur informe qu’ils n’allaient plus atterrir à Paris Beauvais sinon à Lille car l’aéroport de Paris Beauvais était déjà fermé. Ce qui a provoqué l’ire des voyageurs qui ont refusé et exigé de se diriger vers Beauvais. Les échanges deviennent alors très houleux avec les membres de l’équipage à tel point que ceux-ci, dépassés par la fureur des passagers et incapables de maitriser la situation, se refugient dans le cockpit de l’avion.
Vol annulé
Les autorités de l’aéroport de Fès-Saïss, avec en tête leur directrice, entrent alors dans la danse pour tenter de calmer la situation, en vain. Le pilote, qui s’exprimait en anglais lance « je laisserai ici ces Arabes ». Une « insulte » aux yeux de Rachid, un MRE de 37 ans qui rentrait de ses vacances au Maroc avec son épouse et leurs deux enfants. Dans cet imbroglio, certains des passagers ont cèdé à la menace du pilote de faire intervenir la police tandis que d’autres ont refusé de descendre de l’avion, il était alors minuit passée.
Finalement, le vol a été annulé. Les passagers, dont la plupart étaient des vacanciers et des ressortissants français, ne savaient plus à quel saint se vouer. Tandis que les enfants, des personnes âgées ainsi que des femmes enceintes tombaient de fatigue. « Certains voyageurs ne pouvaient même pas joindre leurs familles, car n’ayant plus aucun sous avec eux », témoigne Rachid.
La compagnie propose alors de rediriger les passagers vers d’autres aéroports du royaume ou de rembourser les billets. Certains des passagers ont accepté, d'autres se son adressé aux compagnies concurrentes, et une vingtaine d’entre eux ont même refusé de quitter l’avion jusque tard dans la nuit.
Rêves d'Amériques 2011: In the West again (mise à jour page 1 et suite page 4)! English translation pending
Mai 2011...le grand retour dans l'ouest est proche.
Cette année nous avons recentré le périple, recadré nos objectifs, aux grandes virées véhiculées nous avons privilégiées les haltes prolongées dans des lieux stratégiques afin d'en découvrir les environs...mais à pied. Bon la voiture sera toujours présente pour l'accès à certains spots mais les semelles de nos chaussures de randos vont plus chauffer cette année et nous allons mouiller le maillot, c'est sûr... Forts des encouragement de multiples habitués de Vforum tels que Philippe (Sedonax), Notre Spartiate, ma petite belge préférée Val (bon ok je n'oublie pas non plus la VRAIE belge tellement sympathique et dynamique, Jacqueline 😄), Bern, ITAT, elTigrou, et autres...nous prenons le taxi pour Roissy en milieu de matinée. Les bonnes surprises se multiplient: enregistrement facile à l'arrivée, contrôles de douanes sans personnes, puis de sécurité sans sonner et à peine le temps de dire ouf (enfin un peu plus tout de même) et nous voilà devant notre "coucou" de l'année...Première carte de l "Aventure" 2011...😛

Après 08 heures de vol et quelques films de visualisés et nous voilà déjà à Detroit, MI notre "halte" de l'an passé. Nous avons de l'avance mais finalement nous serons retardés de 15 minutes car l'avion devant est toujours "amarré" au sas. Il est 16h00 heure locale, et nous ne sommes pas pressés, notre prochain vol étant à 19h46. Autre bonne surprise du jour: personne aux douanes!!! Nous passons en 10-15 minutes 😮 La jeune femme de l'immigration nous gratifie également d'un beau sourire et nous demande ce que nous avons prévu de visiter...!!!! Récupération des valises sans accroc et passage des douanes sans fouille des bagages! Nous voilà sur le sol Américain de nouveau, pour plus de 3 semaines!!! Nous prenons le petit train...


Et nous nous rendons au terminal A pour attendre notre prochain vol et pour nous habituer à l'heure locale, petit repas au restaurant Grill, très correct.
Nous embarquons finalement sur le "taxi" Delta Airlines pour rejoindre notre destination finale, Phoenix! Nous arrivons en Arizona à 21h10, il fait nuit mais très chaud. Nos valises ont bien suivi et nous les récupérons rapidement. En revanche première mauvaise surprise du jour: notre hôtel (le Radison Phoenix Airport) ne fait pas partie de ceux dont les numéros sont affichés sur l'écran pour appeler les navettes...et nous n'avons pas encore de téléphone...oups... Après discussion un vigile sympa prend son téléphone et appelle l'hôtel pour nous: une navette sera là dans 10 minutes. Great!!! Bon mais voilà après 30 minutes à patienter dehors (certes vu les 35°C du soir nous ne risquons pas de prendre froid) nous décidons de prendre finalement un taxi... 10 minutes plus tard et 20$ en moins 🏴☠️ nous voilà à l'hôtel où l'accueil n'est pas des plus jovial...comme le coup de la navette m'a déjà fait monter la tension, je décide de la relâcher en faisant entendre ma grosse voix en exprimant mon mécontentement après 20 heures de voyage...Le gérant fini par s'excuser, et il nous offre les petits déjeuner du lendemain pour compenser les soucis rencontrés 😛 Bon sinon l'hôtel est très bien, confortable et le petit déjeuner très bon.
Samedi 21 Mai:
Nous avons bien dormi, et nous nous réveillons, reposés, vers les 06h00 ce qui n'est pas un mauvais début! Après avoir pris la navette pour l'aéroport (je suis très content car nous avons déjà de l'avance sur notre planning), nous prenons celle pour l'agence Alamo, ou plutôt pour le Hall des Agences! Nous trouvons notre agence et notre conseiller... Et là patatrac...c'est là que tout bascule et que vous entrez...dans la quatrième dimension...celle des escrocs de tout vol où les véhicules SUV encore Mid (petits) l'année d'avant sont devenus Standard (traduisez Chevrolet Equinox) et où pour obtenir un véhicule digne de ce nom, vous devez rajoutez un supplément de pas moins de 19.9$ par jour (et encore offre du jour!!!) bref ni vu ni connu je t'entourloupe avec les taxes encore non payées et ce rajout nous avons une rallonge de 800$ à notre prix de départ...🏴☠️🏴☠️🏴☠️🏴☠️ galère... En plus nous avons perdu une heure en discussion inutile mais nous nous retrouvons au volant d'un excellent véhicule qui fera ses preuves le long de la route et des pistes: un Dodge Durango (équipé pour 7 personnes, autant dire qu'à deux;..)!!! Il fait déjà un bon 86°F et nous prenons la route, direction le quartier de Mesa où se trouve le Bass Pro Shop (un Outdoor World comme celui de l'an passé!!! Truffé de tout ce qu'il faut pour bien randonner, chasser, pêcher...). Nous allons quand même perdre un sacré temps pour: trouver le magasin (l'autoroute étant fermée juste à notre sortie 🏴☠️), faire le plein avec tout ce qu'il nous faut (chaussures waterproof, chaussettes de même utilité, ponchos, lampe frontale, habits de rando...), passer ensuite au Wall Mart pour complément alimentaire et glacière de survie...bref nous sommes de nouveau sur la route à 15h (j'entends déjà les habitués grincer des dents sur ce qu'il reste à parcourir...) et il fait maintenant 96°F (soit 36°C) et nous prenons plein est...vers Apache trail.
Nous sommes tout de suite plongé dans le bain avec un premier arrêt dans un musée peu avant Goldfield et un décor très...allez on peut le dire Far West...😄

Ne manque plus qu'un vautour sur ce cactus Saguaro...

Quelques centaines de mètres plus loin sur la droite nous prenons le petit chemin qui mène à Goldfield vraie fausse ville minière reconstituée, joyeux fourre tout des environs...mais c'est très amusant de se plonger dans cette petite ville et les vues de la montagne de la Superstition dans le fond sont magnifiques, surtout avec un ciel d'un bleu aussi profond...
Collection privée du coin...

L'église au fond et saloon au premier plan...un sacré mélange...

Nous déambulons dans LA rue principale de Goldfield...

Et toujours ce magnifique décors...

Ce n'est pas tout mais de la route nous attends, nous filons plus à l'est non sans avoir salué le train de Goldfield au passage...
A 16h55 nous sommes à Canyon Lake et prenons quelques clichés avant de poursuivre vers Tortilla Flat (17h15), 6 habitants, et son fameux saloon, le Superstition Saloon dont les toilettes valent le détour...

Mais surtout connu pour ses murs tapissés de billets de banque...et bien gardés!!!

Autres vues de la petite bourgade, autrefois relai de diligences...

Sa petite école...

Après le passage du très beau Apache Lake (à 18h25), nous parvenons enfin au Roosevelt Dam...il est 19h00 passé... Nous appelons nos logeurs à Sedona pour prévenir que nous arriverons deux heures plus tard...comptez plutôt 3 heures-3 heures 30 nous répond Ed...oups again...nous ne sommes pas rendus... Pour autant nous profitons tout de même des derniers instants de jour sur le lac et le pont...



Nous finissons notre route à 22h15. Nos hôtes du B&B Lantern Light Inn Ed et Kris nous attendaient...ils sont adorables mais nous les laissons bien vite aller se reposer. Nous faisons de même aprés cette première journée riche en évènements.
L'aventure commence fort!
Cette année nous avons recentré le périple, recadré nos objectifs, aux grandes virées véhiculées nous avons privilégiées les haltes prolongées dans des lieux stratégiques afin d'en découvrir les environs...mais à pied. Bon la voiture sera toujours présente pour l'accès à certains spots mais les semelles de nos chaussures de randos vont plus chauffer cette année et nous allons mouiller le maillot, c'est sûr... Forts des encouragement de multiples habitués de Vforum tels que Philippe (Sedonax), Notre Spartiate, ma petite belge préférée Val (bon ok je n'oublie pas non plus la VRAIE belge tellement sympathique et dynamique, Jacqueline 😄), Bern, ITAT, elTigrou, et autres...nous prenons le taxi pour Roissy en milieu de matinée. Les bonnes surprises se multiplient: enregistrement facile à l'arrivée, contrôles de douanes sans personnes, puis de sécurité sans sonner et à peine le temps de dire ouf (enfin un peu plus tout de même) et nous voilà devant notre "coucou" de l'année...Première carte de l "Aventure" 2011...😛

Après 08 heures de vol et quelques films de visualisés et nous voilà déjà à Detroit, MI notre "halte" de l'an passé. Nous avons de l'avance mais finalement nous serons retardés de 15 minutes car l'avion devant est toujours "amarré" au sas. Il est 16h00 heure locale, et nous ne sommes pas pressés, notre prochain vol étant à 19h46. Autre bonne surprise du jour: personne aux douanes!!! Nous passons en 10-15 minutes 😮 La jeune femme de l'immigration nous gratifie également d'un beau sourire et nous demande ce que nous avons prévu de visiter...!!!! Récupération des valises sans accroc et passage des douanes sans fouille des bagages! Nous voilà sur le sol Américain de nouveau, pour plus de 3 semaines!!! Nous prenons le petit train...


Et nous nous rendons au terminal A pour attendre notre prochain vol et pour nous habituer à l'heure locale, petit repas au restaurant Grill, très correct.
Nous embarquons finalement sur le "taxi" Delta Airlines pour rejoindre notre destination finale, Phoenix! Nous arrivons en Arizona à 21h10, il fait nuit mais très chaud. Nos valises ont bien suivi et nous les récupérons rapidement. En revanche première mauvaise surprise du jour: notre hôtel (le Radison Phoenix Airport) ne fait pas partie de ceux dont les numéros sont affichés sur l'écran pour appeler les navettes...et nous n'avons pas encore de téléphone...oups... Après discussion un vigile sympa prend son téléphone et appelle l'hôtel pour nous: une navette sera là dans 10 minutes. Great!!! Bon mais voilà après 30 minutes à patienter dehors (certes vu les 35°C du soir nous ne risquons pas de prendre froid) nous décidons de prendre finalement un taxi... 10 minutes plus tard et 20$ en moins 🏴☠️ nous voilà à l'hôtel où l'accueil n'est pas des plus jovial...comme le coup de la navette m'a déjà fait monter la tension, je décide de la relâcher en faisant entendre ma grosse voix en exprimant mon mécontentement après 20 heures de voyage...Le gérant fini par s'excuser, et il nous offre les petits déjeuner du lendemain pour compenser les soucis rencontrés 😛 Bon sinon l'hôtel est très bien, confortable et le petit déjeuner très bon.
Samedi 21 Mai:
Nous avons bien dormi, et nous nous réveillons, reposés, vers les 06h00 ce qui n'est pas un mauvais début! Après avoir pris la navette pour l'aéroport (je suis très content car nous avons déjà de l'avance sur notre planning), nous prenons celle pour l'agence Alamo, ou plutôt pour le Hall des Agences! Nous trouvons notre agence et notre conseiller... Et là patatrac...c'est là que tout bascule et que vous entrez...dans la quatrième dimension...celle des escrocs de tout vol où les véhicules SUV encore Mid (petits) l'année d'avant sont devenus Standard (traduisez Chevrolet Equinox) et où pour obtenir un véhicule digne de ce nom, vous devez rajoutez un supplément de pas moins de 19.9$ par jour (et encore offre du jour!!!) bref ni vu ni connu je t'entourloupe avec les taxes encore non payées et ce rajout nous avons une rallonge de 800$ à notre prix de départ...🏴☠️🏴☠️🏴☠️🏴☠️ galère... En plus nous avons perdu une heure en discussion inutile mais nous nous retrouvons au volant d'un excellent véhicule qui fera ses preuves le long de la route et des pistes: un Dodge Durango (équipé pour 7 personnes, autant dire qu'à deux;..)!!! Il fait déjà un bon 86°F et nous prenons la route, direction le quartier de Mesa où se trouve le Bass Pro Shop (un Outdoor World comme celui de l'an passé!!! Truffé de tout ce qu'il faut pour bien randonner, chasser, pêcher...). Nous allons quand même perdre un sacré temps pour: trouver le magasin (l'autoroute étant fermée juste à notre sortie 🏴☠️), faire le plein avec tout ce qu'il nous faut (chaussures waterproof, chaussettes de même utilité, ponchos, lampe frontale, habits de rando...), passer ensuite au Wall Mart pour complément alimentaire et glacière de survie...bref nous sommes de nouveau sur la route à 15h (j'entends déjà les habitués grincer des dents sur ce qu'il reste à parcourir...) et il fait maintenant 96°F (soit 36°C) et nous prenons plein est...vers Apache trail.
Nous sommes tout de suite plongé dans le bain avec un premier arrêt dans un musée peu avant Goldfield et un décor très...allez on peut le dire Far West...😄

Ne manque plus qu'un vautour sur ce cactus Saguaro...
Quelques centaines de mètres plus loin sur la droite nous prenons le petit chemin qui mène à Goldfield vraie fausse ville minière reconstituée, joyeux fourre tout des environs...mais c'est très amusant de se plonger dans cette petite ville et les vues de la montagne de la Superstition dans le fond sont magnifiques, surtout avec un ciel d'un bleu aussi profond...
Collection privée du coin...
L'église au fond et saloon au premier plan...un sacré mélange...

Nous déambulons dans LA rue principale de Goldfield...

Et toujours ce magnifique décors...

Ce n'est pas tout mais de la route nous attends, nous filons plus à l'est non sans avoir salué le train de Goldfield au passage...
A 16h55 nous sommes à Canyon Lake et prenons quelques clichés avant de poursuivre vers Tortilla Flat (17h15), 6 habitants, et son fameux saloon, le Superstition Saloon dont les toilettes valent le détour...

Mais surtout connu pour ses murs tapissés de billets de banque...et bien gardés!!!

Autres vues de la petite bourgade, autrefois relai de diligences...

Sa petite école...

Après le passage du très beau Apache Lake (à 18h25), nous parvenons enfin au Roosevelt Dam...il est 19h00 passé... Nous appelons nos logeurs à Sedona pour prévenir que nous arriverons deux heures plus tard...comptez plutôt 3 heures-3 heures 30 nous répond Ed...oups again...nous ne sommes pas rendus... Pour autant nous profitons tout de même des derniers instants de jour sur le lac et le pont...



Nous finissons notre route à 22h15. Nos hôtes du B&B Lantern Light Inn Ed et Kris nous attendaient...ils sont adorables mais nous les laissons bien vite aller se reposer. Nous faisons de même aprés cette première journée riche en évènements.
L'aventure commence fort!
Trajet en avion de Zahedan (Iran) vers l'Inde? English translation pending
Bonjour,
avant tout merci à tous ceux qui contribuent aux différents fils sur l'iran puisque vous me permettez de construire mon voyage!
je ne parviens pas à trouver d avion à destination du nord ouest de l inde depuis l aéroport de zahedan
je souhaiterai effectuer un vol le plus court possible dou ce choix particulier!
si vous avez une soluce!
merci et bonne aprem!
avant tout merci à tous ceux qui contribuent aux différents fils sur l'iran puisque vous me permettez de construire mon voyage!
je ne parviens pas à trouver d avion à destination du nord ouest de l inde depuis l aéroport de zahedan
je souhaiterai effectuer un vol le plus court possible dou ce choix particulier!
si vous avez une soluce!
merci et bonne aprem!
Vagabondage, sur le chemin de Stevenson (GR70) English translation pending
Cette escapade s'est faite fin juin-début juillet 2011.
Forte chaleur jusqu'aux orages, température sympa ensuite.
Je suis parti de Langogne pour me diriger vers le sud...
C'est peut être un peu long à lire, mais rien n'oblige de tout lire le même jour !
Dimanche:
Le train (de Nîmes) me dépose à 10h20.
Et pour sortir de la gare, il suffit de traverser la voie ferrée à pieds, comme ça, sans aucune sécurité et comme ça ne se fait plus nulle part ailleurs.
Bienvenue au plus profond de la France, Langogne, Lozère.
Les premiers liserés rouge et blancs superposés me donnent du baume au cœur: je suis sur le chemin de Stevenson (GR70) pour quelques jours de marche, destination St Jean du Gard.
La petite bourgade de Langogne est animée ce dimanche matin et je ne résiste pas (mais je résiste rarement) à un petit café en terrasse (nombreux commerces, ouverts dimanche matin). Le thermomètre affiche 27° à 11 heures, je suis pourtant à 900 mètres d'altitude. L'ennemi, clairement, ce sera le soleil et la chaleur et sur le journal les prévisions météos le confirment.
Elles sont chouettes les petites halles couvertes (classées monument historique). Je salive devant la vitrine de cette boucherie où les clients se pressent mais je décide sagement de ne pas m'encombrer d'un jambon.
Le chemin est déjà bien balisé dans la ville (ce sera le cas tout au long du parcours), les références à Stevenson sont nombreuses.
En France il y a un trou plus profond que Langogne, c'est la campagne autour de Langogne. Crème solaire dans le cou et sur les bras, chapeau vissé sur la tête, c'est parti !
Sur cette première étape c'est le tronçon qui va de St Flour au Cheylard qui m'aura le plus convaincu. Les prairies alternent avec les forêts, quelques hameaux, de belles rénovations. Le chemin est très facile à suivre. Il fait très chaud et je ne regrette pas de marcher à 1000 mètres d'altitude. Je « croise » un peu de monde sur le sentier, mais sans plus: 2 groupes de 2 personnes, 1 groupe de 5. Il semble que tout le monde marche dans le même sens (nord-sud, qui paraît mieux balisé que l'inverse). Tout ce petit monde semble s'arrêter au Cheylard l'Evêque, petit hameau sympa, mais moi je poursuis encore sur quelques kilomètres, au delà d'Espradels, exactement jusqu'à la forêt de la Gardille.
C'est que ce soir j'étrenne ma tente Quechua super-baroudeur-de-la-mort, histoire que je ne l'ai pas portée -elle + matelas Indiana Jones + sac de couchage aventure- pour rien. Je choisis un coin vachement sympa, du gazon sous les conifères. La tente (T2 ultralight pro, 2kg) a été montée en 10/15 minutes. C'est vraiment pas top mais c'était une première.
Au bout de quelques minutes je me rends compte que les mouches (juste quelques centaines) adorent également le coin. Et un peu plus tard, les moustiques se la jouent fiesta nocturne (putaiiin !). Je me suis tout de même fait un petit festin à vous rendre jaloux: fromage fondu à la chaleur du soleil de l'après-midi
saucisses du barbecue d'il y a 3 jours (tièdes elles aussi) J'ai pas tout mangé, c'est dire si c'était copieux... Les restes je les ai éloignés de la tente: c'est comme au Canada. Là-bas on ne garde pas sous la tente la nourriture qui risque d'attirer les ours. Ici il y a les sangliers. Et puis aussi la bête du Gévaudan, je suis en plein sur son territoire.
Aujourd'hui j'ai marché 22 km sous le soleil. Et se coucher pas lavé, ça n'a jamais embêté les garçons.
Lundi:
Même pas peur du loup, j'ai bien dormi dans la forêt (tout au long du parcours les petits matin auront été bien frais. Le sac de couchage Quechua S15 ultralight est limite, mais il est très compact et pas lourd, 40 euros. Garder une petite laine prés de soi). La tente est pliée en 5'. 5' de plus pour faire mon sac, et c'est reparti.
Le lac de Lauradou, après quelques minutes de marche, est un coin charmant, bucolique (à priori pas baignable). Un pêcheur à la mouche, 2 autres, le temps coule tout doucement ici (devant le lac prendre à gauche, indications pas top).
Le paysage est très sympa. Je pose mon sac pour grimper dans le donjon du château du Luc d'où la vue est très chouette sur la campagne environnante, sur l'Allier. Je repose mon sac au café/tabac/journaux (indiqué) sans charme pour un petit café.
Luc n'a rien pour lui. Quand même une maison de retraite si vous êtes vieux (et sans tendance suicidaire). Plus sérieusement il y a cette petite église romane d'où j'écris actuellement, très très belle. J'y trouve la fraîcheur et la cloche m'indique qu'il est 11 heures. Portable éteint, je n'avais plus aucune notion de l'heure depuis Langogne, si ce n'est la hauteur du soleil dans le ciel. Je n'ai pas non plus de notion de la température extérieure, mais je me doute qu'il va faire très chaud aujourd'hui.
La Bastide Puylaurent, c'est pas le genre de bled où on veut finir sa vie, sauf si bien sûr on veut vraiment en finir. J'ai offert 5 euros au type du gite de la gare pour avoir accès à la douche et aux toilettes. C'est cher payé mais ça fait un bien fou. Oui parce que moi je veux bien la jouer aventure (pas de montre, pas de portable, camping sauvage, wouahou ze great aventure) mais le type de « Into the wild », là, il devait grave sentir le fennec. L'épicerie Proxi ouvre à 14h30 et j'ai vu à la gare qu'il est 14h (ben oui même si on veut se la jouer aventure on peut pas vraiment, même dans nos contrées les plus reculées). Une petite sieste s'impose, sous les pins, entre la Poste et Proxi, c'est trop le pied. La Bastide me laissera d'autant moins un grand souvenir que l'accueil est glacial, que ce soit au gîte de la gare (sourires après que j'ai payé), ou à l'épicerie (zéro sourire avant, pendant, après, mais je le souligne, en règle générale les gens rencontrés sur le sentier ont été très chouettes, le randonneur (solitaire en tout cas) bénéficie d'un capital sympathie semble-t-il).
La montée sur le plateau, 300 mètres plus haut, offre un peu d'ombre et je m'arrête souvent. Là haut les hêtres laissent place à une forêt de jeunes épicéas sans charme. Mais plus loin ils sont plus majestueux et les sous-bois sont agréables. Dans la montée j'aurais aperçu la Trappe de ND des neiges. Un coin très beau vu de là haut et je me promets d'y faire un tour (le GR7 y passe, possibilité d'être hébergé). Petit détour sur le rocher de Réchaubo, le cadre est agréable. Dans la descente sur Chabalier le temps commence à me paraître long. Mais environ 1km avant Chasseradès je retrouve le sourire en découvrant l'aire naturelle de camping de la ferme de Prat Claux. Oui je déroge déjà à mon objectif de camper sauvage, mais pour 4 euros je pourrai prendre autant de douches que je le souhaite et je dormirai dans un petit bois de hêtres. La jeune fermière est très accueillante et me préparera le lendemain avant mon départ un sandwich (3,50 euros) avec les produits de la maison (élevage de porcs et de laitières). Tout ça serait parfait sans les mouches!!
Aujourd'hui j'ai marché 24 km (cumul 46 km) mais demain m'attend une journée plus dure, avec des dénivelés plus importants. Gros dodo réparateur, j'espère.
Mardi:
J'ai dormi comme un bébé...qui ne fait pas ses nuits.
Je quitte Chasseradès après avoir fait le tour de ce petit village endormi. Je veux bien parier d'ailleurs qu'il ne se réveille jamais. La petite église est magnifique (encore du roman, je suis fan) et depuis le cimetière la vue est splendide. Les prairies -les paysans font les foins- alternent avec les zones boisées. Une belle montagne devant moi 🙂, qu'il va falloir grimper 🙁. Et elle est rude cette grimpette, heureusement à l'ombre des hêtres. Dans la descente du col (1413 m) ce sont les épicéas qui dominent, j'aime moins. Les ruines de Serreméjean ne cassent pas 3 pattes à un canard. Après le passage d'un second col, dans la descente, on suit le cours naissant du Lot qui fait une jolie clairière sur son parcours. Tout près de là, les bûcherons bûcheronnent.
Enfin, le paysage s'éclaircit aux Alpiers, petit village qui fait face au mont Lozère et à ses contreforts. Il me paraît bien loin, le Lozère, et je dois être dans 24 heures à son sommet. J'ai du mal à y croire en jaugeant mon état de fatigue. La chaleur est accablante au soleil, mon sac est lourd (avec une tente, un sac de couchage et un duvet, tout ça hyperlight, ben le sac n'est pas du tout hyperlight). Et puis sur cette étape j'ai dû économiser l'eau, les points de ravitaillement sont inexistants (ailleurs sur la route on trouve des fontaines, sinon j'ai parfois demandé un remplissage de bouteille aux habitations dans les villages). Pour l'instant donc j'écris assis sur un muret aux Alpiers. Il y a là devant moi une très belle et vieille grange, c'est étrange que personne n'ait eu l'idée de faire un gîte-buvette là-dedans. Les nuages qui bourgeonnent sur le Lozère font un peu d'ombre. Je file sur le Bleymard.
Je comptais avancer ensuite sur les pentes du Lozère pour y planter la tente mais je ne suis pas sûr que mes jambes soient d'accord.
Le Bleymard, son « huit à 8 » où on fait le plein de provisions, son bar fermé, sa fontaine qui remplit les bouteilles vides. Le Bleymard et son muret de pierres où on se demande si c'est bien raisonnable de faire 2-3 km à l'inverse de sa route pour trouver camping et douche et, malgré l'orage qui tonne autour, où on prend finalement la décision de continuer sa route.
Souffrir aujourd'hui pour moins souffrir demain, ce concept là doit porter un nom savant chez les psys. Donc je souffre, et je sue beaucoup dans une pente bien raide qui m'amène à 500 mètres du chalet du mont Lozère, à 1400 mètres d'altitude. Je plante la tente dans un endroit idyllique, vue imprenable sur le mont Lozère, splendide. C'est cependant sans compter sans les centaines de mouches, incroyable, qui m'obligent à me barricader dans la tente, bien avant la tombée de la nuit.
Aujourd'hui j'ai marché 21 km (cumul 67 km) avec du dénivelé. Je dors sur les pentes du mont Lozère dont le sommet n'est plus qu'à 300 mètres au dessus de moi. J'ai une grosse ampoule au pied droit.
Mercredi:
Nuit de mardi à mercredi:
Je suis une première fois réveillé par un gros mal de tête. Heureusement je ne me sépare jamais de quelques cachets d'aspirine qui font des miracles chez moi, et une fois de plus le miracle a lieu, je me rendors.
BADABOUM ! Cette fois c'est l'orage qui me réveille, et là ça ne rigole plus. Je le devine assez loin mais quelques rafales secouent bien la tente. Je sors pour mieux l'arrimer. Morbleu ! (Damned in english) je suis dans le nuage ! On n'y voit goutte, c'est le cas de le dire, je suis dans le brouillard avec pas plus de 5 mètres de visibilité. J'arrime et me recouche. Surtout pas de grosse rafale hein... Surtout pas de grêle hein... Pluie faible, puis un peu plus soutenue. Si j'étais croyant, je prierais, mais là je peux juste serrer les fesses. Ca tonne toujours mais de toute évidence le cœur de l'orage passe plus au nord. Et enfin s'éloigne (il y a un bon Dieu pour les non-croyants).
Tout près de la tente une bande de sangliers grogne (on dit ça ?), peut être de soulagement.
Mercredi:
La tente est mouillée mais l'intérieur est resté sec, glop glop. Dehors brouillard, pas glop. 1km plus loin au chalet du mont Lozère, je me laisse tenter par un petit déjeuner. Petite causette sympathique avec le gérant...qui habite à 1 km de chez moi, au Vigan ! Ce gîte est ouvert toute l'année et propose désormais une aire de camping (non renseigné dans le topoguide car autorisation toute récente). Télé allumée. Aux infos ils montrent les dégâts des orages sur le Puy de Dôme: des grêlons gros comme des œufs...ouf ! Il paraît que ça merdouille à Monaco, à quelques jours du mariage du prince. La princesse aurait eu envie d'aller voir ailleurs si l'herbe est plus verte (si les Rolls sont plus spacieuses), elles sont jamais contentes les nanas (c'est pour ça que j'ai pas de Rolls, ça n'assure même pas d'avoir une nana qui ne se pose pas de questions). Pour me remettre de cette nouvelle qui me traumatise grave, je me mets en route.
Chouette, va savoir pourquoi, le sac me paraît léger et mes jambes se sont refaites une jeunesse. Faut dire qu'elles sont aidées par la pente douce qui mène au sommet. Avec environ 150 mètres de visibilité, le paysage n'est pas grandiose. Le chemin est bien marqué, aucun risque de se perdre; et puis il suffit de suivre les montjoies, petits menhirs plantés régulièrement jusqu'au sommet, à 1699 mètres d'altitude (Ces montjoies marquent la limite de propriété des Hospitaliers (ou chevaliers de l'ordre de Malte), chevaliers moyenâgeux cathos à donf). Là haut les tables d'orientation avivent les regrets, rien à faire, le brouillard ne se lève pas.
La première partie de la descente est raide. Je sors du nuage, grand soleil. Et après une forêt d'épicéas, le paysage s'ouvre, c'est juste splendide. Les balles de foin sèchent au soleil, le bord du chemin est fleuri et les vaches, à défaut de train, regardent passer le randonneur guilleret. Les orages passés ont rendu la température très agréable, même en plein soleil, et ils ont également fait fuir les mouches, qui ne m'embêteront plus jusqu'à la fin de mon périple.
Le hameau de Finiels est très sympa. J'y pique nique à l'aire naturelle de camping (croquignolet, 5 euros/pers) qui fait face à un tout petit cimetière, hérissé de vielles pierres tombales (j'apprendrai plus tard que pendant la persécutions des camisards, les protestants se faisaient enterrer dans leur jardin, car le cimetière leur était interdit, ce qui explique la présence de ces très petits cimetières, j'en ai même vu un dans un … potager !!). Mon linge sèche au soleil.
Là je repense à ce monsieur rencontré juste avant la grosse montée d'hier, et qui m'a dit que j'avais bien de la chance d'être jeune pour grimper cette côte. Lui, très jeune, il faisait du vélo sur ces chemins tous caillouteux car le bitume n'existait pas au Bleymard. Et en guise de pneu, les gens de l'époque utilisaient du tuyau d'arrosage ! Purééééée !! Ce monsieur de 80 ans m'a dit que je suis jeune !!!!!! Merci monsieur (A bien y réfléchir, c'est peut être vrai que je joue les aventuriers pour me prouver que je suis jeune et parce que j'ai peur de la vieillesse...).
Je vais jeter un œil à ce petit cimetière (… et de l'insupportable idée de la mort aussi) et puis je filerai sur Pont de Monvert, à 5 petits kilomètres.
Burp ! Excusez-moi je sors de table et d'un repas pantagruélique. En tout cas le premier vrai repas en 4 jours:
- assiette de charcuterie
- canard aux olives (2 beaux morceaux) et petits légumes
- plateau de fromages (à discrétion)
- tiramisu (pour finir sur une note légère)
Tout ça pour 15 euros. La « truite enchantée » est donc, au Pont de Montvert, un resto que je recommande (pas de la cuisine fine mais très copieux).
Il faut tout de même que je dise un mot sur cette descente depuis Finiels. Juste un mot ? Heuuu.... Splendide ! Surtout jusqu'au hameau de Rieumal. J'ai adoré ce chaos, dans un univers très différent de celui de Nîmes-le-vieux que j'adore, mais qui en jette aussi un max. Et puis j'ai redécouvert le Pont de Montvert qui offre quelques rues très pittoresques, de très belles maisons, mais faut clairement aimer les vieilles pierres.
Aujourd'hui je me suis « reposé »: seulement 14 km au compteur (81 km cumulés). Ce soir je dors au camping municipal (6 euros) au son de la chute du Tarn qui fait de jolis trous d'eau (baignade possible), juste derrière la tente.
Juste avant de m'endormir:
A 17 ans, mon père m'a offert une mobylette bleue pour rejoindre mon lycée, distant de plusieurs kilomètres. C'est avec cette machine que je me suis offert mes premières escapades; l'une de mes favorites me conduisait près de la gare de triage, en banlieue toulousaine. Là, je grimpais sur un des ponts qui enjambent le canal du Midi et j'observais ce drôle de manège des trains de marchandises qu'on assemble. Et je rêvais, en repérant quelques wagons vides. Je me voyais y grimper en catimini, et partir pour une destination inconnue, aller là où le train irait, peu importe.
Alors c'est peut-être pour ça qu'aujourd'hui, moi dont ma famille ou mes amis disent que je suis un baroudeur, un mec qui ne tient pas en place, qui a constamment la bougeotte, je suis très touché par ce mot que R.L. Stevenson, un jour, écrivit à sa mère : « Tu dois comprendre que je serai plus ou moins un nomade jusqu'à la fin de mes jours. Tu ne peux pas savoir à quel point j'en ai eu envie autrefois; comment j'allais regarder les trains en partance, et j'étais là, qui désirais si fort partir avec eux. Je dois être quelque part un vagabond »
Jeudi:
Il fait frais ce matin. Il fait frais tous les matins.
D'abord choisir sa route: le chemin qui passe à Cocurès, Bédouès et Florac ne me tente pas. D'une part je connais assez bien ce coin là, d'autre part le chemin suit beaucoup la route, et ce n'est pas ce dont je raffole. J'envisage, au dessus du Pont de Monvert d'emprunter le GR72 pour rejoindre le GR70 à Cassagnas. Mon seul regret sera de rater le signal de Bougès.
Mais avant ça il faut grimper au dessus du Pont de Monvert après tout de même avoir pris un petit café-croissant au « Commerce » (là, William Lemergie m'annonce que 2 otages français sont libérés). La montée est agréable, faite de grosses pierres enterrées au trois-quart et jointes. A 1100 mètres d'altitude, le cham de l'Hermet, un plateau de prairies encombré de rochers, est très beau. Une belle grange joliment rénovée et rien d'autre qu'un peu d'herbe et quelques rochers. En se retournant on contemple le sommet du mont Lozère qui flirte avec les nuages, les Bondons plus à l'ouest, Pont de Montvert évidemment, et, montant depuis la ville, on devine encore, mais difficilement, la draille longtemps empruntée par les troupeaux.
Au delà, en montant au col de la planette, rien de bien excitant si ce n'est la belle maison de champ long de Bougès. Elles sont vite ennuyeuses ces larges pistes forestières bordées d'épicéas, de pins, de mélèzes et d'un peu de hêtres, qui ne laissent rien entrevoir du paysage. Je suis ensuite (comme envisagé) le GR72 vers Cassagnas. C'est tout aussi ennuyeux avant qu'enfin, après le col de Poulio, je marche sur un petit sentier dans une belle forêt de hêtre. Et, mieux encore, le paysage quand on sort de cette forêt, 1 à 2 km avant Cassagnas, est fantastique: au fond l'Aigoual, plus à l'ouest le Causse Méjean; tout devant une belle vallée au fond de laquelle je rejoindrai le GR Stevenson; une belle maison cévenole isolée, quelques hameaux, des formations rocheuses (schistes) accrochées à flanc de montagne et au sol fougères (fougères aigle ?) et bruyère en fleur. Plus bas les murs de pierres sèches construits par nos ancêtres cévenols, puis les châtaigniers, certains très imposants, repeuplent les pentes.
Le temple délabré de Cassagnas m'accueille, j'y remplis ma bouteille d'eau, et c'est reparti pour pas mal d'ennui entre bitume et pistes forestières. Il faut remonter jusqu'au Plan de Fontmort (896 m) pour que la balade redevienne agréable alors que mes jambes souffrent des dénivelés accumulés (Fontmort = Enfant mort...). Petit arrêt au menhir-dolmen que je connais, sur une portion commune au GR67 que j'ai pratiqué l'an dernier (et que je recommande). C'est une sépulture préhistorique et je me dis que celui/celle/ceux enterré(e)(s) là devai(en)t être drôlement importants. Le cadre est magnifique, un amas de rocher plat qui surplombe les Cévennes, et la vue qui s'étend sur des kilomètres. L'homme préhistorique avait du goût. Et les agents forestiers qui ont dégagé tout l'alentour du dolmen ont été bien inspirés de laisser là un grand pin, comme un hommage.
Le soleil est encore haut mais mes jambes m'ordonnent de trouver un endroit où bivouaquer. Ce sera donc là, dans une minuscule clairière entourée de quelques bouleaux, de quelques pins. Je suis à 550 mètres d'altitude, le vent souffle joliment dans les arbres, et je campe en toute illégalité dans le Parc National des Cévennes.
Mais pour de vrai je ne suis pas un aventurier. Cette après-midi j'ai appelé ma chérie, très déçue d'apprendre que son amour n'est pas le héros qu'elle espérait, mais drôlement contente de l'avoir au bout du fil.
L'imposteur a marché 27 km aujourd'hui (cumul de 108 km)
Vendredi:
J'ai fait de drôles de rêves, ponctués de périodes d'éveil que j'attribue au froid.
A un moment j'étais étendu sur le dos, sous ma tente. J'ai clairement entendu un bébé pleurer, tout près. Une voiture est passée sur la piste, à une quinzaine de mètres de moi, et un type muni d'un micro faisait une annonce (vous savez, le genre d'annonces que fait un cirque à bord d'une auto pour promouvoir le spectacle du soir). Je ne comprenais pas vraiment le message, mais surtout je me suis demandé ce que faisaient là, en pleine nuit, en pleine forêt, un bébé et ce mec qui bramait au haut-parleur. C'était limite à foutre la trouille alors j'ai fermé les yeux, très fort. Quand je les ai rouverts, bébé et speaker se sont évaporés.
Que celui ou celle qui saura interpréter ce rêve me contacte immédiatement (récompense).
Sur la descente vers St Germain de Calberte, les forêts se succèdent. D'abord à dominance d'épicéas, puis de châtaigniers, puis de pins. Bientôt les premiers chênes verts. Les sous-bois laissent peu d'échappées sur le paysage cévenol. Les essences changent et les odeurs sont désormais clairement méditerranéennes. Le bourg de St Germain est bien animé et je m'offre une longue pause sur la terrasse du café. Midi Libre m'informe des dernières nouvelles (mais il est où l'aventurier ?): les ex-otages ont la mine des gens heureux, forcément. Sarko s'est fait agresser. Autant de belles images filmées que je rate.
Le sentier passe sous un beau mas cévenol isolé, puis plusieurs autres magnifiques au hameau des Faïsses; quelques châtaigniers centenaires aux troncs torsadés; une belle vue sur St Germain déjà loin, plus haut encore la Serre de la Cham et son moche centre de vacances, d'autres mas ou hameaux perdus dans la montagne. Et combien de dizaines d'années leur a-t-il fallu aux anciens pour construire ces kilomètres de murs de pierres sèches qui portent les traversiers, et pas mal de l'histoire ? Quelques ruches; un beau toit de lauzes dont on soupçonne qu'il abrite un joli mas rénové.
C'est un de mes projets ça, finir dans une maison isolée, en montagne, juste un chemin pour y accéder, pas de bagnole, pas de télé, de l'électricité juste quand soleil ou vent veulent bien s'en donner la peine.
Un autre projet serait de m'acheter un petit voilier et caboter tout autour de la Méditerranée, de criques en ports, de plages en villages de pêcheurs. Et pourquoi pas, grandiose, à l'instar de Magellan, finir bouffé dans la marmite d'une peuplade encore inconnue.
Je vous laisse imaginer comme mes projets enchantent ma chérie...
L'activité de ouf qui règne à St Etienne Vallée française laisse penser, malgré la hauteur du soleil, que c'est l'heure de la sieste. Je prends le temps d'un café pendant qu'en Angleterre Tsonga tente de se qualifier pour la finale de Wimbledon.
Le camping (baignade possible tout prés), très excentré de la ville mais sur le GR, demande 8,40 euros pour un forfait 2 personnes + voiture. Oui mais je suis seul (snif) et pas motorisé (re-snif). La demoiselle de l'accueil me propose l'accès à la douche gratuitement. Après être rasé et lavé je lui laisse 2 euros malgré son refus (je ne vais pas m'étaler ici sur le cas de ces jeunes personnes qui décident de faire le tour du monde avec pour grand défi de ne dépenser qu'un euro par jour, mais je n'en pense pas moins...).
J'ai devant moi le plus gros dénivelé (en terme de pourcentage) de ma balade. Je serais donc resté propre ½ heure... J'espère bivouaquer au plus haut de cette côte, le col de St Pierre (600m). Dans cette montée (« ce fut une rude et longue montée » dixit Stevenson) un jeune mec m'a dépassé comme une fusée. A l'heure qu'il était, à l'allure à laquelle il marchait, sûr que ce type n'est pas du sud.
Je viens de planter la tente dans un joli bois de pins, au col, d'où la vue est admirable (il faut s'écarter un peu de la route pour en profiter).
Stevenson se la jouait plus Rock n'Roll que moi en couchant à la belle étoile.
20 km de plus aujourd'hui, qui portent le cumul à 128.
Samedi:
Il est 11 heures du mat' et je suis devant l'office de tourisme de St Jean du Gard.
Y'a un drôle de phénomène qui se passe quand on atteint son but: une espèce de relâchement complet et qui d'un coup fait s'envoler le bel enthousiasme (la carotte) qui jusque là vous faisait avancer sans trop vous poser la question du pourquoi je marche. Et les petits bobos que vous gériez sans mal (en l'occurrence un problème au niveau du tendon d'Achille et la cuisse douloureuse) deviennent souffrance.
Je dis ça parce que, pendant la descente (raide et sans grand intérêt) qui me menait à St Jean, j'ai envisagé de poursuivre, pour rentrer chez moi à pieds (le Vigan est à l'extrême ouest du Gard). Mais en arrivant j'ai tout de suite ressenti ce coup de blues et puis les courbatures, les muscles qui font d'un coup très mal. J'ai tout de même acheté la carte IGN top25 qui m'aurait permis de continuer à la force des mollets. La lecture de la carte m'a définitivement sabré le moral: des cols à près de 1000 mètres (St Jean est à 150 m), de longues portions de bitume, des sentiers équestres à emprunter (balisés ?) et la perspective de 2 jours très chauds, à la sauvage et sans douche m'ont convaincu de me renseigner sur les horaires des bus (3euros pour St Jean-Nîmes-Le Vigan).
Remarquez, Stevenson n'a pas fait mieux, lui qui a rejoint Alès en voiture à cheval.
Je vais donc en rester là (mais c'est ce qui était prévu à mon départ), à la fois déçu (de ne plus avoir la motivation pour continuer à pieds) et soulagé (de ne pas continuer à pieds!). 7km effectués aujourd'hui pour donc un total de 135 km.
Je suis pas du genre à me laisser abattre, la preuve: j'ai un projet de rando qui me ferait notamment marcher sur la partie nord du Stevenson, au delà de Langogne. Ca donne: la Bastide Puylaurent
Trappe de ND des neiges
par le GR7 mont Gerbier de joncs et mont Mezenc
par le GR 430 le Monastier sur Gazeille (d'où Stevenson a commencé son périple)
retour à Langogne par le GR70 Ca doit être faisable en 8 jours ça.
Ouaip !
Vivement...
Forte chaleur jusqu'aux orages, température sympa ensuite.
Je suis parti de Langogne pour me diriger vers le sud...
C'est peut être un peu long à lire, mais rien n'oblige de tout lire le même jour !
Dimanche:
Le train (de Nîmes) me dépose à 10h20.
Et pour sortir de la gare, il suffit de traverser la voie ferrée à pieds, comme ça, sans aucune sécurité et comme ça ne se fait plus nulle part ailleurs.
Bienvenue au plus profond de la France, Langogne, Lozère.
Les premiers liserés rouge et blancs superposés me donnent du baume au cœur: je suis sur le chemin de Stevenson (GR70) pour quelques jours de marche, destination St Jean du Gard.
La petite bourgade de Langogne est animée ce dimanche matin et je ne résiste pas (mais je résiste rarement) à un petit café en terrasse (nombreux commerces, ouverts dimanche matin). Le thermomètre affiche 27° à 11 heures, je suis pourtant à 900 mètres d'altitude. L'ennemi, clairement, ce sera le soleil et la chaleur et sur le journal les prévisions météos le confirment.
Elles sont chouettes les petites halles couvertes (classées monument historique). Je salive devant la vitrine de cette boucherie où les clients se pressent mais je décide sagement de ne pas m'encombrer d'un jambon.
Le chemin est déjà bien balisé dans la ville (ce sera le cas tout au long du parcours), les références à Stevenson sont nombreuses.
En France il y a un trou plus profond que Langogne, c'est la campagne autour de Langogne. Crème solaire dans le cou et sur les bras, chapeau vissé sur la tête, c'est parti !
Sur cette première étape c'est le tronçon qui va de St Flour au Cheylard qui m'aura le plus convaincu. Les prairies alternent avec les forêts, quelques hameaux, de belles rénovations. Le chemin est très facile à suivre. Il fait très chaud et je ne regrette pas de marcher à 1000 mètres d'altitude. Je « croise » un peu de monde sur le sentier, mais sans plus: 2 groupes de 2 personnes, 1 groupe de 5. Il semble que tout le monde marche dans le même sens (nord-sud, qui paraît mieux balisé que l'inverse). Tout ce petit monde semble s'arrêter au Cheylard l'Evêque, petit hameau sympa, mais moi je poursuis encore sur quelques kilomètres, au delà d'Espradels, exactement jusqu'à la forêt de la Gardille.
C'est que ce soir j'étrenne ma tente Quechua super-baroudeur-de-la-mort, histoire que je ne l'ai pas portée -elle + matelas Indiana Jones + sac de couchage aventure- pour rien. Je choisis un coin vachement sympa, du gazon sous les conifères. La tente (T2 ultralight pro, 2kg) a été montée en 10/15 minutes. C'est vraiment pas top mais c'était une première.
Au bout de quelques minutes je me rends compte que les mouches (juste quelques centaines) adorent également le coin. Et un peu plus tard, les moustiques se la jouent fiesta nocturne (putaiiin !). Je me suis tout de même fait un petit festin à vous rendre jaloux: fromage fondu à la chaleur du soleil de l'après-midi
saucisses du barbecue d'il y a 3 jours (tièdes elles aussi) J'ai pas tout mangé, c'est dire si c'était copieux... Les restes je les ai éloignés de la tente: c'est comme au Canada. Là-bas on ne garde pas sous la tente la nourriture qui risque d'attirer les ours. Ici il y a les sangliers. Et puis aussi la bête du Gévaudan, je suis en plein sur son territoire.
Aujourd'hui j'ai marché 22 km sous le soleil. Et se coucher pas lavé, ça n'a jamais embêté les garçons.
Lundi:
Même pas peur du loup, j'ai bien dormi dans la forêt (tout au long du parcours les petits matin auront été bien frais. Le sac de couchage Quechua S15 ultralight est limite, mais il est très compact et pas lourd, 40 euros. Garder une petite laine prés de soi). La tente est pliée en 5'. 5' de plus pour faire mon sac, et c'est reparti.
Le lac de Lauradou, après quelques minutes de marche, est un coin charmant, bucolique (à priori pas baignable). Un pêcheur à la mouche, 2 autres, le temps coule tout doucement ici (devant le lac prendre à gauche, indications pas top).
Le paysage est très sympa. Je pose mon sac pour grimper dans le donjon du château du Luc d'où la vue est très chouette sur la campagne environnante, sur l'Allier. Je repose mon sac au café/tabac/journaux (indiqué) sans charme pour un petit café.
Luc n'a rien pour lui. Quand même une maison de retraite si vous êtes vieux (et sans tendance suicidaire). Plus sérieusement il y a cette petite église romane d'où j'écris actuellement, très très belle. J'y trouve la fraîcheur et la cloche m'indique qu'il est 11 heures. Portable éteint, je n'avais plus aucune notion de l'heure depuis Langogne, si ce n'est la hauteur du soleil dans le ciel. Je n'ai pas non plus de notion de la température extérieure, mais je me doute qu'il va faire très chaud aujourd'hui.
La Bastide Puylaurent, c'est pas le genre de bled où on veut finir sa vie, sauf si bien sûr on veut vraiment en finir. J'ai offert 5 euros au type du gite de la gare pour avoir accès à la douche et aux toilettes. C'est cher payé mais ça fait un bien fou. Oui parce que moi je veux bien la jouer aventure (pas de montre, pas de portable, camping sauvage, wouahou ze great aventure) mais le type de « Into the wild », là, il devait grave sentir le fennec. L'épicerie Proxi ouvre à 14h30 et j'ai vu à la gare qu'il est 14h (ben oui même si on veut se la jouer aventure on peut pas vraiment, même dans nos contrées les plus reculées). Une petite sieste s'impose, sous les pins, entre la Poste et Proxi, c'est trop le pied. La Bastide me laissera d'autant moins un grand souvenir que l'accueil est glacial, que ce soit au gîte de la gare (sourires après que j'ai payé), ou à l'épicerie (zéro sourire avant, pendant, après, mais je le souligne, en règle générale les gens rencontrés sur le sentier ont été très chouettes, le randonneur (solitaire en tout cas) bénéficie d'un capital sympathie semble-t-il).
La montée sur le plateau, 300 mètres plus haut, offre un peu d'ombre et je m'arrête souvent. Là haut les hêtres laissent place à une forêt de jeunes épicéas sans charme. Mais plus loin ils sont plus majestueux et les sous-bois sont agréables. Dans la montée j'aurais aperçu la Trappe de ND des neiges. Un coin très beau vu de là haut et je me promets d'y faire un tour (le GR7 y passe, possibilité d'être hébergé). Petit détour sur le rocher de Réchaubo, le cadre est agréable. Dans la descente sur Chabalier le temps commence à me paraître long. Mais environ 1km avant Chasseradès je retrouve le sourire en découvrant l'aire naturelle de camping de la ferme de Prat Claux. Oui je déroge déjà à mon objectif de camper sauvage, mais pour 4 euros je pourrai prendre autant de douches que je le souhaite et je dormirai dans un petit bois de hêtres. La jeune fermière est très accueillante et me préparera le lendemain avant mon départ un sandwich (3,50 euros) avec les produits de la maison (élevage de porcs et de laitières). Tout ça serait parfait sans les mouches!!
Aujourd'hui j'ai marché 24 km (cumul 46 km) mais demain m'attend une journée plus dure, avec des dénivelés plus importants. Gros dodo réparateur, j'espère.
Mardi:
J'ai dormi comme un bébé...qui ne fait pas ses nuits.
Je quitte Chasseradès après avoir fait le tour de ce petit village endormi. Je veux bien parier d'ailleurs qu'il ne se réveille jamais. La petite église est magnifique (encore du roman, je suis fan) et depuis le cimetière la vue est splendide. Les prairies -les paysans font les foins- alternent avec les zones boisées. Une belle montagne devant moi 🙂, qu'il va falloir grimper 🙁. Et elle est rude cette grimpette, heureusement à l'ombre des hêtres. Dans la descente du col (1413 m) ce sont les épicéas qui dominent, j'aime moins. Les ruines de Serreméjean ne cassent pas 3 pattes à un canard. Après le passage d'un second col, dans la descente, on suit le cours naissant du Lot qui fait une jolie clairière sur son parcours. Tout près de là, les bûcherons bûcheronnent.
Enfin, le paysage s'éclaircit aux Alpiers, petit village qui fait face au mont Lozère et à ses contreforts. Il me paraît bien loin, le Lozère, et je dois être dans 24 heures à son sommet. J'ai du mal à y croire en jaugeant mon état de fatigue. La chaleur est accablante au soleil, mon sac est lourd (avec une tente, un sac de couchage et un duvet, tout ça hyperlight, ben le sac n'est pas du tout hyperlight). Et puis sur cette étape j'ai dû économiser l'eau, les points de ravitaillement sont inexistants (ailleurs sur la route on trouve des fontaines, sinon j'ai parfois demandé un remplissage de bouteille aux habitations dans les villages). Pour l'instant donc j'écris assis sur un muret aux Alpiers. Il y a là devant moi une très belle et vieille grange, c'est étrange que personne n'ait eu l'idée de faire un gîte-buvette là-dedans. Les nuages qui bourgeonnent sur le Lozère font un peu d'ombre. Je file sur le Bleymard.
Je comptais avancer ensuite sur les pentes du Lozère pour y planter la tente mais je ne suis pas sûr que mes jambes soient d'accord.
Le Bleymard, son « huit à 8 » où on fait le plein de provisions, son bar fermé, sa fontaine qui remplit les bouteilles vides. Le Bleymard et son muret de pierres où on se demande si c'est bien raisonnable de faire 2-3 km à l'inverse de sa route pour trouver camping et douche et, malgré l'orage qui tonne autour, où on prend finalement la décision de continuer sa route.
Souffrir aujourd'hui pour moins souffrir demain, ce concept là doit porter un nom savant chez les psys. Donc je souffre, et je sue beaucoup dans une pente bien raide qui m'amène à 500 mètres du chalet du mont Lozère, à 1400 mètres d'altitude. Je plante la tente dans un endroit idyllique, vue imprenable sur le mont Lozère, splendide. C'est cependant sans compter sans les centaines de mouches, incroyable, qui m'obligent à me barricader dans la tente, bien avant la tombée de la nuit.
Aujourd'hui j'ai marché 21 km (cumul 67 km) avec du dénivelé. Je dors sur les pentes du mont Lozère dont le sommet n'est plus qu'à 300 mètres au dessus de moi. J'ai une grosse ampoule au pied droit.
Mercredi:
Nuit de mardi à mercredi:
Je suis une première fois réveillé par un gros mal de tête. Heureusement je ne me sépare jamais de quelques cachets d'aspirine qui font des miracles chez moi, et une fois de plus le miracle a lieu, je me rendors.
BADABOUM ! Cette fois c'est l'orage qui me réveille, et là ça ne rigole plus. Je le devine assez loin mais quelques rafales secouent bien la tente. Je sors pour mieux l'arrimer. Morbleu ! (Damned in english) je suis dans le nuage ! On n'y voit goutte, c'est le cas de le dire, je suis dans le brouillard avec pas plus de 5 mètres de visibilité. J'arrime et me recouche. Surtout pas de grosse rafale hein... Surtout pas de grêle hein... Pluie faible, puis un peu plus soutenue. Si j'étais croyant, je prierais, mais là je peux juste serrer les fesses. Ca tonne toujours mais de toute évidence le cœur de l'orage passe plus au nord. Et enfin s'éloigne (il y a un bon Dieu pour les non-croyants).
Tout près de la tente une bande de sangliers grogne (on dit ça ?), peut être de soulagement.
Mercredi:
La tente est mouillée mais l'intérieur est resté sec, glop glop. Dehors brouillard, pas glop. 1km plus loin au chalet du mont Lozère, je me laisse tenter par un petit déjeuner. Petite causette sympathique avec le gérant...qui habite à 1 km de chez moi, au Vigan ! Ce gîte est ouvert toute l'année et propose désormais une aire de camping (non renseigné dans le topoguide car autorisation toute récente). Télé allumée. Aux infos ils montrent les dégâts des orages sur le Puy de Dôme: des grêlons gros comme des œufs...ouf ! Il paraît que ça merdouille à Monaco, à quelques jours du mariage du prince. La princesse aurait eu envie d'aller voir ailleurs si l'herbe est plus verte (si les Rolls sont plus spacieuses), elles sont jamais contentes les nanas (c'est pour ça que j'ai pas de Rolls, ça n'assure même pas d'avoir une nana qui ne se pose pas de questions). Pour me remettre de cette nouvelle qui me traumatise grave, je me mets en route.
Chouette, va savoir pourquoi, le sac me paraît léger et mes jambes se sont refaites une jeunesse. Faut dire qu'elles sont aidées par la pente douce qui mène au sommet. Avec environ 150 mètres de visibilité, le paysage n'est pas grandiose. Le chemin est bien marqué, aucun risque de se perdre; et puis il suffit de suivre les montjoies, petits menhirs plantés régulièrement jusqu'au sommet, à 1699 mètres d'altitude (Ces montjoies marquent la limite de propriété des Hospitaliers (ou chevaliers de l'ordre de Malte), chevaliers moyenâgeux cathos à donf). Là haut les tables d'orientation avivent les regrets, rien à faire, le brouillard ne se lève pas.
La première partie de la descente est raide. Je sors du nuage, grand soleil. Et après une forêt d'épicéas, le paysage s'ouvre, c'est juste splendide. Les balles de foin sèchent au soleil, le bord du chemin est fleuri et les vaches, à défaut de train, regardent passer le randonneur guilleret. Les orages passés ont rendu la température très agréable, même en plein soleil, et ils ont également fait fuir les mouches, qui ne m'embêteront plus jusqu'à la fin de mon périple.
Le hameau de Finiels est très sympa. J'y pique nique à l'aire naturelle de camping (croquignolet, 5 euros/pers) qui fait face à un tout petit cimetière, hérissé de vielles pierres tombales (j'apprendrai plus tard que pendant la persécutions des camisards, les protestants se faisaient enterrer dans leur jardin, car le cimetière leur était interdit, ce qui explique la présence de ces très petits cimetières, j'en ai même vu un dans un … potager !!). Mon linge sèche au soleil.
Là je repense à ce monsieur rencontré juste avant la grosse montée d'hier, et qui m'a dit que j'avais bien de la chance d'être jeune pour grimper cette côte. Lui, très jeune, il faisait du vélo sur ces chemins tous caillouteux car le bitume n'existait pas au Bleymard. Et en guise de pneu, les gens de l'époque utilisaient du tuyau d'arrosage ! Purééééée !! Ce monsieur de 80 ans m'a dit que je suis jeune !!!!!! Merci monsieur (A bien y réfléchir, c'est peut être vrai que je joue les aventuriers pour me prouver que je suis jeune et parce que j'ai peur de la vieillesse...).
Je vais jeter un œil à ce petit cimetière (… et de l'insupportable idée de la mort aussi) et puis je filerai sur Pont de Monvert, à 5 petits kilomètres.
Burp ! Excusez-moi je sors de table et d'un repas pantagruélique. En tout cas le premier vrai repas en 4 jours:
- assiette de charcuterie
- canard aux olives (2 beaux morceaux) et petits légumes
- plateau de fromages (à discrétion)
- tiramisu (pour finir sur une note légère)
Tout ça pour 15 euros. La « truite enchantée » est donc, au Pont de Montvert, un resto que je recommande (pas de la cuisine fine mais très copieux).
Il faut tout de même que je dise un mot sur cette descente depuis Finiels. Juste un mot ? Heuuu.... Splendide ! Surtout jusqu'au hameau de Rieumal. J'ai adoré ce chaos, dans un univers très différent de celui de Nîmes-le-vieux que j'adore, mais qui en jette aussi un max. Et puis j'ai redécouvert le Pont de Montvert qui offre quelques rues très pittoresques, de très belles maisons, mais faut clairement aimer les vieilles pierres.
Aujourd'hui je me suis « reposé »: seulement 14 km au compteur (81 km cumulés). Ce soir je dors au camping municipal (6 euros) au son de la chute du Tarn qui fait de jolis trous d'eau (baignade possible), juste derrière la tente.
Juste avant de m'endormir:
A 17 ans, mon père m'a offert une mobylette bleue pour rejoindre mon lycée, distant de plusieurs kilomètres. C'est avec cette machine que je me suis offert mes premières escapades; l'une de mes favorites me conduisait près de la gare de triage, en banlieue toulousaine. Là, je grimpais sur un des ponts qui enjambent le canal du Midi et j'observais ce drôle de manège des trains de marchandises qu'on assemble. Et je rêvais, en repérant quelques wagons vides. Je me voyais y grimper en catimini, et partir pour une destination inconnue, aller là où le train irait, peu importe.
Alors c'est peut-être pour ça qu'aujourd'hui, moi dont ma famille ou mes amis disent que je suis un baroudeur, un mec qui ne tient pas en place, qui a constamment la bougeotte, je suis très touché par ce mot que R.L. Stevenson, un jour, écrivit à sa mère : « Tu dois comprendre que je serai plus ou moins un nomade jusqu'à la fin de mes jours. Tu ne peux pas savoir à quel point j'en ai eu envie autrefois; comment j'allais regarder les trains en partance, et j'étais là, qui désirais si fort partir avec eux. Je dois être quelque part un vagabond »
Jeudi:
Il fait frais ce matin. Il fait frais tous les matins.
D'abord choisir sa route: le chemin qui passe à Cocurès, Bédouès et Florac ne me tente pas. D'une part je connais assez bien ce coin là, d'autre part le chemin suit beaucoup la route, et ce n'est pas ce dont je raffole. J'envisage, au dessus du Pont de Monvert d'emprunter le GR72 pour rejoindre le GR70 à Cassagnas. Mon seul regret sera de rater le signal de Bougès.
Mais avant ça il faut grimper au dessus du Pont de Monvert après tout de même avoir pris un petit café-croissant au « Commerce » (là, William Lemergie m'annonce que 2 otages français sont libérés). La montée est agréable, faite de grosses pierres enterrées au trois-quart et jointes. A 1100 mètres d'altitude, le cham de l'Hermet, un plateau de prairies encombré de rochers, est très beau. Une belle grange joliment rénovée et rien d'autre qu'un peu d'herbe et quelques rochers. En se retournant on contemple le sommet du mont Lozère qui flirte avec les nuages, les Bondons plus à l'ouest, Pont de Montvert évidemment, et, montant depuis la ville, on devine encore, mais difficilement, la draille longtemps empruntée par les troupeaux.
Au delà, en montant au col de la planette, rien de bien excitant si ce n'est la belle maison de champ long de Bougès. Elles sont vite ennuyeuses ces larges pistes forestières bordées d'épicéas, de pins, de mélèzes et d'un peu de hêtres, qui ne laissent rien entrevoir du paysage. Je suis ensuite (comme envisagé) le GR72 vers Cassagnas. C'est tout aussi ennuyeux avant qu'enfin, après le col de Poulio, je marche sur un petit sentier dans une belle forêt de hêtre. Et, mieux encore, le paysage quand on sort de cette forêt, 1 à 2 km avant Cassagnas, est fantastique: au fond l'Aigoual, plus à l'ouest le Causse Méjean; tout devant une belle vallée au fond de laquelle je rejoindrai le GR Stevenson; une belle maison cévenole isolée, quelques hameaux, des formations rocheuses (schistes) accrochées à flanc de montagne et au sol fougères (fougères aigle ?) et bruyère en fleur. Plus bas les murs de pierres sèches construits par nos ancêtres cévenols, puis les châtaigniers, certains très imposants, repeuplent les pentes.
Le temple délabré de Cassagnas m'accueille, j'y remplis ma bouteille d'eau, et c'est reparti pour pas mal d'ennui entre bitume et pistes forestières. Il faut remonter jusqu'au Plan de Fontmort (896 m) pour que la balade redevienne agréable alors que mes jambes souffrent des dénivelés accumulés (Fontmort = Enfant mort...). Petit arrêt au menhir-dolmen que je connais, sur une portion commune au GR67 que j'ai pratiqué l'an dernier (et que je recommande). C'est une sépulture préhistorique et je me dis que celui/celle/ceux enterré(e)(s) là devai(en)t être drôlement importants. Le cadre est magnifique, un amas de rocher plat qui surplombe les Cévennes, et la vue qui s'étend sur des kilomètres. L'homme préhistorique avait du goût. Et les agents forestiers qui ont dégagé tout l'alentour du dolmen ont été bien inspirés de laisser là un grand pin, comme un hommage.
Le soleil est encore haut mais mes jambes m'ordonnent de trouver un endroit où bivouaquer. Ce sera donc là, dans une minuscule clairière entourée de quelques bouleaux, de quelques pins. Je suis à 550 mètres d'altitude, le vent souffle joliment dans les arbres, et je campe en toute illégalité dans le Parc National des Cévennes.
Mais pour de vrai je ne suis pas un aventurier. Cette après-midi j'ai appelé ma chérie, très déçue d'apprendre que son amour n'est pas le héros qu'elle espérait, mais drôlement contente de l'avoir au bout du fil.
L'imposteur a marché 27 km aujourd'hui (cumul de 108 km)
Vendredi:
J'ai fait de drôles de rêves, ponctués de périodes d'éveil que j'attribue au froid.
A un moment j'étais étendu sur le dos, sous ma tente. J'ai clairement entendu un bébé pleurer, tout près. Une voiture est passée sur la piste, à une quinzaine de mètres de moi, et un type muni d'un micro faisait une annonce (vous savez, le genre d'annonces que fait un cirque à bord d'une auto pour promouvoir le spectacle du soir). Je ne comprenais pas vraiment le message, mais surtout je me suis demandé ce que faisaient là, en pleine nuit, en pleine forêt, un bébé et ce mec qui bramait au haut-parleur. C'était limite à foutre la trouille alors j'ai fermé les yeux, très fort. Quand je les ai rouverts, bébé et speaker se sont évaporés.
Que celui ou celle qui saura interpréter ce rêve me contacte immédiatement (récompense).
Sur la descente vers St Germain de Calberte, les forêts se succèdent. D'abord à dominance d'épicéas, puis de châtaigniers, puis de pins. Bientôt les premiers chênes verts. Les sous-bois laissent peu d'échappées sur le paysage cévenol. Les essences changent et les odeurs sont désormais clairement méditerranéennes. Le bourg de St Germain est bien animé et je m'offre une longue pause sur la terrasse du café. Midi Libre m'informe des dernières nouvelles (mais il est où l'aventurier ?): les ex-otages ont la mine des gens heureux, forcément. Sarko s'est fait agresser. Autant de belles images filmées que je rate.
Le sentier passe sous un beau mas cévenol isolé, puis plusieurs autres magnifiques au hameau des Faïsses; quelques châtaigniers centenaires aux troncs torsadés; une belle vue sur St Germain déjà loin, plus haut encore la Serre de la Cham et son moche centre de vacances, d'autres mas ou hameaux perdus dans la montagne. Et combien de dizaines d'années leur a-t-il fallu aux anciens pour construire ces kilomètres de murs de pierres sèches qui portent les traversiers, et pas mal de l'histoire ? Quelques ruches; un beau toit de lauzes dont on soupçonne qu'il abrite un joli mas rénové.
C'est un de mes projets ça, finir dans une maison isolée, en montagne, juste un chemin pour y accéder, pas de bagnole, pas de télé, de l'électricité juste quand soleil ou vent veulent bien s'en donner la peine.
Un autre projet serait de m'acheter un petit voilier et caboter tout autour de la Méditerranée, de criques en ports, de plages en villages de pêcheurs. Et pourquoi pas, grandiose, à l'instar de Magellan, finir bouffé dans la marmite d'une peuplade encore inconnue.
Je vous laisse imaginer comme mes projets enchantent ma chérie...
L'activité de ouf qui règne à St Etienne Vallée française laisse penser, malgré la hauteur du soleil, que c'est l'heure de la sieste. Je prends le temps d'un café pendant qu'en Angleterre Tsonga tente de se qualifier pour la finale de Wimbledon.
Le camping (baignade possible tout prés), très excentré de la ville mais sur le GR, demande 8,40 euros pour un forfait 2 personnes + voiture. Oui mais je suis seul (snif) et pas motorisé (re-snif). La demoiselle de l'accueil me propose l'accès à la douche gratuitement. Après être rasé et lavé je lui laisse 2 euros malgré son refus (je ne vais pas m'étaler ici sur le cas de ces jeunes personnes qui décident de faire le tour du monde avec pour grand défi de ne dépenser qu'un euro par jour, mais je n'en pense pas moins...).
J'ai devant moi le plus gros dénivelé (en terme de pourcentage) de ma balade. Je serais donc resté propre ½ heure... J'espère bivouaquer au plus haut de cette côte, le col de St Pierre (600m). Dans cette montée (« ce fut une rude et longue montée » dixit Stevenson) un jeune mec m'a dépassé comme une fusée. A l'heure qu'il était, à l'allure à laquelle il marchait, sûr que ce type n'est pas du sud.
Je viens de planter la tente dans un joli bois de pins, au col, d'où la vue est admirable (il faut s'écarter un peu de la route pour en profiter).
Stevenson se la jouait plus Rock n'Roll que moi en couchant à la belle étoile.
20 km de plus aujourd'hui, qui portent le cumul à 128.
Samedi:
Il est 11 heures du mat' et je suis devant l'office de tourisme de St Jean du Gard.
Y'a un drôle de phénomène qui se passe quand on atteint son but: une espèce de relâchement complet et qui d'un coup fait s'envoler le bel enthousiasme (la carotte) qui jusque là vous faisait avancer sans trop vous poser la question du pourquoi je marche. Et les petits bobos que vous gériez sans mal (en l'occurrence un problème au niveau du tendon d'Achille et la cuisse douloureuse) deviennent souffrance.
Je dis ça parce que, pendant la descente (raide et sans grand intérêt) qui me menait à St Jean, j'ai envisagé de poursuivre, pour rentrer chez moi à pieds (le Vigan est à l'extrême ouest du Gard). Mais en arrivant j'ai tout de suite ressenti ce coup de blues et puis les courbatures, les muscles qui font d'un coup très mal. J'ai tout de même acheté la carte IGN top25 qui m'aurait permis de continuer à la force des mollets. La lecture de la carte m'a définitivement sabré le moral: des cols à près de 1000 mètres (St Jean est à 150 m), de longues portions de bitume, des sentiers équestres à emprunter (balisés ?) et la perspective de 2 jours très chauds, à la sauvage et sans douche m'ont convaincu de me renseigner sur les horaires des bus (3euros pour St Jean-Nîmes-Le Vigan).
Remarquez, Stevenson n'a pas fait mieux, lui qui a rejoint Alès en voiture à cheval.
Je vais donc en rester là (mais c'est ce qui était prévu à mon départ), à la fois déçu (de ne plus avoir la motivation pour continuer à pieds) et soulagé (de ne pas continuer à pieds!). 7km effectués aujourd'hui pour donc un total de 135 km.
Je suis pas du genre à me laisser abattre, la preuve: j'ai un projet de rando qui me ferait notamment marcher sur la partie nord du Stevenson, au delà de Langogne. Ca donne: la Bastide Puylaurent
Trappe de ND des neiges
par le GR7 mont Gerbier de joncs et mont Mezenc
par le GR 430 le Monastier sur Gazeille (d'où Stevenson a commencé son périple)
retour à Langogne par le GR70 Ca doit être faisable en 8 jours ça.
Ouaip !
Vivement...
Vos avis sur cet itinéraire dans l'Ouest américain? English translation pending
Bonjour à tous,
Je sais que je suis l'énième personne à proposer mon itinéraire pour un roadtrip dans l'ouest, mais vu que mon départ est dans une semaine, je suis friand de tous vos avis!
Les hôtels sont tous réservés, je sais que je ne peux pas tout voir et que nous allons survoler beaucoup d'endroits, mais ma question est surtout de savoir si, dans cet itinéraire, je ne passe pas à côté de qqch à ne pas manquer, ou au contraire, à éviter ;-)
Merci d'avance pour vos conseils!
Jour 1 1400: Arrivée à Los Angeles Prise du véhicule Promenade à VENICE BEACH? ou autre...
Jour 2 Visite d’Universal Studios fin de journée visite de la ville, Hollywood? Jour 3: Los Angeles - Williams (gros gros trajet...) Arrêt à à Calico ? Il parait que ça n'a pas beaucoup d'intérêt? Soirée + Nuit à Williams
Jour 4: Grand Canyon Randonnées: - Bright Angel Trailhead - Hermit Rest
Hopi Point pour coucher de soleil ? Nuit à GC Jour 5: Grand Canyon - Mexican Hat Levé de Soleil sur GC Valley of the Gods Muley Point et/ou Gooseneck
Fin d'après-midi, retour pour Monument Valley et le coucher de soleil depuis le balcon. Nuit à Mexican Hat
Jour 6: Mexican Hat - Page Horseshoe Bend Upper Antelope Canyon Lac Powell Nuit à Page
Jour 7: Page - Bryce Canyon Arrêt à Sunrise Point - Queen’s Garden Trail + Navajo loop, environ 3 miles - Navette pour retour à Sunrise Point Coucher de soleil Sunset Point Jour 8: Bryce -Las Vegas Zion National Park - Rando Emerald Pools Trails
Las Vegas
Jour 9: Las Vegas Jour 10: Las Vegas - Death Valley - Lone Pine Red Rock Canyon Badwater Zabriskie Point Nuit à Lone Pine
Jour 10: Lone Pine - Bodie - Yosemite Bodie
Yosemite Tioga Road - Rando Tenaya Lake - + autres les long de la Tioga Road
Nuit à El Portal
Jour 11: Yosemite - San fransisco Le matin: Petite randonnée à Yosemite Départ dans l’après-midi, soirée pour SF (tanpis si on arrive tard)
Jour 12, 13, 14 San Fransisco, Alcatraz, etc.
Je sais que je suis l'énième personne à proposer mon itinéraire pour un roadtrip dans l'ouest, mais vu que mon départ est dans une semaine, je suis friand de tous vos avis!
Les hôtels sont tous réservés, je sais que je ne peux pas tout voir et que nous allons survoler beaucoup d'endroits, mais ma question est surtout de savoir si, dans cet itinéraire, je ne passe pas à côté de qqch à ne pas manquer, ou au contraire, à éviter ;-)
Merci d'avance pour vos conseils!
Jour 1 1400: Arrivée à Los Angeles Prise du véhicule Promenade à VENICE BEACH? ou autre...
Jour 2 Visite d’Universal Studios fin de journée visite de la ville, Hollywood? Jour 3: Los Angeles - Williams (gros gros trajet...) Arrêt à à Calico ? Il parait que ça n'a pas beaucoup d'intérêt? Soirée + Nuit à Williams
Jour 4: Grand Canyon Randonnées: - Bright Angel Trailhead - Hermit Rest
Hopi Point pour coucher de soleil ? Nuit à GC Jour 5: Grand Canyon - Mexican Hat Levé de Soleil sur GC Valley of the Gods Muley Point et/ou Gooseneck
Fin d'après-midi, retour pour Monument Valley et le coucher de soleil depuis le balcon. Nuit à Mexican Hat
Jour 6: Mexican Hat - Page Horseshoe Bend Upper Antelope Canyon Lac Powell Nuit à Page
Jour 7: Page - Bryce Canyon Arrêt à Sunrise Point - Queen’s Garden Trail + Navajo loop, environ 3 miles - Navette pour retour à Sunrise Point Coucher de soleil Sunset Point Jour 8: Bryce -Las Vegas Zion National Park - Rando Emerald Pools Trails
Las Vegas
Jour 9: Las Vegas Jour 10: Las Vegas - Death Valley - Lone Pine Red Rock Canyon Badwater Zabriskie Point Nuit à Lone Pine
Jour 10: Lone Pine - Bodie - Yosemite Bodie
Yosemite Tioga Road - Rando Tenaya Lake - + autres les long de la Tioga Road
Nuit à El Portal
Jour 11: Yosemite - San fransisco Le matin: Petite randonnée à Yosemite Départ dans l’après-midi, soirée pour SF (tanpis si on arrive tard)
Jour 12, 13, 14 San Fransisco, Alcatraz, etc.
Vos commentaires sur le concours du mois de juillet 2011 "Des chiffres et des lettres" English translation pending
Ici ce sont les commentaires (ICI et PAS SUR LE POST CONCOURS SVP)
Ici sont autorisés les paires de baffes, les coups de couteaux dans le dos, les grenades lacrymogènes, les missiles balistiques intercontinentaux, les peaux de bananes, les tirs nourris de Kalachnikov… et même accessoirement les méchancetés gratuites à l’heure du petit déjeuner sans lesquelles les longues journées oisives de quelques VFistes accros à leur drogue quotidienne ne seraient qu’un long fleuve tranquille et monotone, à côté duquel la Mer Morte ferait définitivement figure de torrent de montagne…
Les commentaires de stricte obédience technique photographique (...et donc jugés potentiellement sectaires et subversifs sur ce forum par le comité de censure du gouvernement Vfiste), seront déposés aux seuls risques et périls de leurs auteurs, la Direction actuelle et provisoire du concours ne pouvant plus en assurer moralement les conséquences, qui pourraient être dramatiques et irréversibles sur leur santé mentale…
Je vous laisse donc en de bonnes mains et viendrai joyeusement compter les blessés en compagnie de l’antenne locale de la Croix-Rouge en fin de concours !
BONS COMMENTAIRES 🙂🙂🙂😛
Ici sont autorisés les paires de baffes, les coups de couteaux dans le dos, les grenades lacrymogènes, les missiles balistiques intercontinentaux, les peaux de bananes, les tirs nourris de Kalachnikov… et même accessoirement les méchancetés gratuites à l’heure du petit déjeuner sans lesquelles les longues journées oisives de quelques VFistes accros à leur drogue quotidienne ne seraient qu’un long fleuve tranquille et monotone, à côté duquel la Mer Morte ferait définitivement figure de torrent de montagne…
Les commentaires de stricte obédience technique photographique (...et donc jugés potentiellement sectaires et subversifs sur ce forum par le comité de censure du gouvernement Vfiste), seront déposés aux seuls risques et périls de leurs auteurs, la Direction actuelle et provisoire du concours ne pouvant plus en assurer moralement les conséquences, qui pourraient être dramatiques et irréversibles sur leur santé mentale…
Je vous laisse donc en de bonnes mains et viendrai joyeusement compter les blessés en compagnie de l’antenne locale de la Croix-Rouge en fin de concours !
BONS COMMENTAIRES 🙂🙂🙂😛
Vol moins cher Paris - Kuala Lumpur pour aller en Indonésie? English translation pending
Bonjour!
En voyant les prix actuelles pour la période de Septembre 2011 pour les vols Paris - Jakarta (entre 900€ et 1300€), je me suis demandé si ça ne serait pas plus intéressant (et donc moins cher) de prendre un vol Paris - Kuala Lumpur (617€ avec Quatar par exemple) et de là, de prendre un Kuala Lumpur - Jakarta avec Air Asia.
- Est-ce que ça serait au final plus économique de faire comme ça? - Est-ce que le problème de visa en Indonésie pourrait me poser quelques problèmes? J'ai lu quelque part qu'on peut avoir un visa sur place pour 25€.
Merci de votre aide :)
En voyant les prix actuelles pour la période de Septembre 2011 pour les vols Paris - Jakarta (entre 900€ et 1300€), je me suis demandé si ça ne serait pas plus intéressant (et donc moins cher) de prendre un vol Paris - Kuala Lumpur (617€ avec Quatar par exemple) et de là, de prendre un Kuala Lumpur - Jakarta avec Air Asia.
- Est-ce que ça serait au final plus économique de faire comme ça? - Est-ce que le problème de visa en Indonésie pourrait me poser quelques problèmes? J'ai lu quelque part qu'on peut avoir un visa sur place pour 25€.
Merci de votre aide :)
Où va le tourisme au Maroc? English translation pending
Bonjour,
Il faut cesser de se mentir à soi même, le tourisme au Maroc ne se porte pas bien ! Bien sur, la crise est passée par là, les printemps Arabes également tout comme l’écho donné dans les médias Européens aux actes de vandalisme du 20 février 2011, notamment dans la ville rouge, mais le coup de grâce fut bien porté par l’attentat de Marrakech. Les réservations de séjour sont en chute libre, les annulations nombreuses et les mines déconfites. Certains pensent, et je ne suis pas loin de partager leur avis, que cela va assainir la situation, notamment en ce qui concerne les maisons d’hôtes. Il est en effet aberrant de dénombrer environ 800 maisons d’hôtes déclarées dans la Médina de Marrakech, alors qu’un certain nombre est « géré » par des non professionnels. Ces derniers sont bien souvent les premiers touchés par les événements cités ci-dessus. Si demain, nous ne devions plus avoir que 500 maisons d’hôtes dans la Médina de Marrakech, mais des établissements de qualité, j’en serai le premier satisfait ! Une autre chose qui me tracasse : l’extrême difficulté à trouver des vols entre l’Europe et le Maroc à des tarifs corrects ! Allo, la Royal Air Maroc…………. @+
Il faut cesser de se mentir à soi même, le tourisme au Maroc ne se porte pas bien ! Bien sur, la crise est passée par là, les printemps Arabes également tout comme l’écho donné dans les médias Européens aux actes de vandalisme du 20 février 2011, notamment dans la ville rouge, mais le coup de grâce fut bien porté par l’attentat de Marrakech. Les réservations de séjour sont en chute libre, les annulations nombreuses et les mines déconfites. Certains pensent, et je ne suis pas loin de partager leur avis, que cela va assainir la situation, notamment en ce qui concerne les maisons d’hôtes. Il est en effet aberrant de dénombrer environ 800 maisons d’hôtes déclarées dans la Médina de Marrakech, alors qu’un certain nombre est « géré » par des non professionnels. Ces derniers sont bien souvent les premiers touchés par les événements cités ci-dessus. Si demain, nous ne devions plus avoir que 500 maisons d’hôtes dans la Médina de Marrakech, mais des établissements de qualité, j’en serai le premier satisfait ! Une autre chose qui me tracasse : l’extrême difficulté à trouver des vols entre l’Europe et le Maroc à des tarifs corrects ! Allo, la Royal Air Maroc…………. @+
Code la route aux Etats-Unis? English translation pending
bonjour à tous les membres du forum!
Je voulais en savoir un peu plus sur le code de la route aux états unis, puisque je m'y rend cet été et compte louer une voiture. Est ce que des points sur mon permis français peuvent être retirés en cas d'infraction aux états unis?
Merci d'avance et bonne journée! adrii
Je voulais en savoir un peu plus sur le code de la route aux états unis, puisque je m'y rend cet été et compte louer une voiture. Est ce que des points sur mon permis français peuvent être retirés en cas d'infraction aux états unis?
Merci d'avance et bonne journée! adrii
Partir seul en Amérique Latine trois à quatre mois (automne 2011) English translation pending
Bonjour à tous!
J'aurais besoin de vos avis et conseils car je n'arrive pas à me décider...
Alors voilà j'ai 22 ans et je me suis en tête de partir en amérique du sud en septembre 2011, pour 3 à 4 mois et justement ma première question concerne la durée du voyage. Je compte soit aller du côté du Pérou et de la Bolivie (le salar d'Uyuni me fait rêver...), soit faire un tour au Chili et en Argentine, en longeant la cordillère du Nord au Sud jusqu'en Patagonie. Pensez-vous que 3 mois sont suffisants pour faire l'un de ces deux périples?
L'idéal pour moi serait de rallier le Pérou à la Patagonie (depuis Lima par Cusco, Sucre, Santiago de chile, Bariloche? jusqu'à Ushuaïa). Mais est-ce faisable en 4 mois sans trop se presser ? Je ne conçois pas le voyage comme une course après le temps, en enchainant les étapes sans prendre le temps de se poser et de s'imprégner de la vie locale... En revanche, prendre prendre un bus pendant 24h ne me fait pas peur si je sais que j'ai tout mon temps! (j'ai pu déjà l'expérimenter dans le grand nord scandinave)
Ma deuxième interrogation concerne le fait de partir seul. Au départ je comptais partir avec un ami mais finalement personne ne pourra m'accompagner. Je n'ai jamais fait d'aussi grand voyage (jusqu'à maintenant que des roadtrip de 2 ou 3 semaines en europe) et surtout je n'ai jamais voyagé seul. Et c'est ce qui me fait grandement hésiter... En soit ce n'est pas tant le fait d'être "seul" qui m'inquiète (je peut être assez solitaire et rester en compagnie de moi-même ne me dérange pas :D). Mais niveau sécurité n'est-ce pas un peu risqué ou inconscient de partir seul et aussi jeune dans de tels pays? Je me dis que s'il m'arrive un pépin, je n'aurai personne sur qui m'appuyer. Bien sûr j'espère pouvoir trouver des compagnons de routes au hasard des rencontres, mais est-il facile de faire des rencontres? Quels sont les bons endroits pr rencontrer du monde?
Je viens tout juste de finir mes études et je me dis qu'avant de m'engager dans la vie active c'est le moment où jamais pour aller voir du pays... Certains de mes proches, forcément inquiets, ne m'encouragent pas à partir. D'un autre côté je me dis qu'on ne vit qu'une fois (oui cette phrase fait un peu cliché!) et que ça peut être un bon défi personnel. Entre l'inquiétude et l'appel du voyage, mon coeur balance...
Voilà je pensais pas écrire autant, j'espère que vous avez eût le courage de lire jusqu'ici et j'attends avec grand intérêt vos réponses!
Adrien
J'aurais besoin de vos avis et conseils car je n'arrive pas à me décider...
Alors voilà j'ai 22 ans et je me suis en tête de partir en amérique du sud en septembre 2011, pour 3 à 4 mois et justement ma première question concerne la durée du voyage. Je compte soit aller du côté du Pérou et de la Bolivie (le salar d'Uyuni me fait rêver...), soit faire un tour au Chili et en Argentine, en longeant la cordillère du Nord au Sud jusqu'en Patagonie. Pensez-vous que 3 mois sont suffisants pour faire l'un de ces deux périples?
L'idéal pour moi serait de rallier le Pérou à la Patagonie (depuis Lima par Cusco, Sucre, Santiago de chile, Bariloche? jusqu'à Ushuaïa). Mais est-ce faisable en 4 mois sans trop se presser ? Je ne conçois pas le voyage comme une course après le temps, en enchainant les étapes sans prendre le temps de se poser et de s'imprégner de la vie locale... En revanche, prendre prendre un bus pendant 24h ne me fait pas peur si je sais que j'ai tout mon temps! (j'ai pu déjà l'expérimenter dans le grand nord scandinave)
Ma deuxième interrogation concerne le fait de partir seul. Au départ je comptais partir avec un ami mais finalement personne ne pourra m'accompagner. Je n'ai jamais fait d'aussi grand voyage (jusqu'à maintenant que des roadtrip de 2 ou 3 semaines en europe) et surtout je n'ai jamais voyagé seul. Et c'est ce qui me fait grandement hésiter... En soit ce n'est pas tant le fait d'être "seul" qui m'inquiète (je peut être assez solitaire et rester en compagnie de moi-même ne me dérange pas :D). Mais niveau sécurité n'est-ce pas un peu risqué ou inconscient de partir seul et aussi jeune dans de tels pays? Je me dis que s'il m'arrive un pépin, je n'aurai personne sur qui m'appuyer. Bien sûr j'espère pouvoir trouver des compagnons de routes au hasard des rencontres, mais est-il facile de faire des rencontres? Quels sont les bons endroits pr rencontrer du monde?
Je viens tout juste de finir mes études et je me dis qu'avant de m'engager dans la vie active c'est le moment où jamais pour aller voir du pays... Certains de mes proches, forcément inquiets, ne m'encouragent pas à partir. D'un autre côté je me dis qu'on ne vit qu'une fois (oui cette phrase fait un peu cliché!) et que ça peut être un bon défi personnel. Entre l'inquiétude et l'appel du voyage, mon coeur balance...
Voilà je pensais pas écrire autant, j'espère que vous avez eût le courage de lire jusqu'ici et j'attends avec grand intérêt vos réponses!
Adrien
Bolivie-Chili-Argentine: entre lagunes, salars, geysers et volcans English translation pending
Ci-dessous le récit de notre voyage de cinq semaines en mai 2011 au départ de La Paz à travers le sud-ouest de la Bolivie, le nord du Chili et le nord-ouest de l'Argentine... en 4X4 et en self-drive !
Le récit accompagné de photos est ici :
https://sites.google.com/...uleuxvoyagesbolivie/

Présentation
En 2005, il y avait eu l’Equateur… et depuis, l’envie de retrouver les paysages andins ne nous a pas quittés. Mais l’Amérique du Sud, c’est vaste… alors quel(s) pays choisir pour ce deuxième séjour ?
C’est le Nord du Chili et notamment le désert d’Atacama qui nous ont attirés en premier (Ah, la vallée de la Lune) et puisque la frontière argentine n’était pas si éloignée, autant la traverser pour découvrir le Nord-Ouest argentin, réputé pour sa belle quebrada classée au patrimoine mondial.
Mais quand nous avons commencé à lorgner sur les paysages du sud de la Bolivie, le coup de foudre fut immédiat. A partir de ce moment-là, nous ne pouvions plus imaginer un voyage dans cette région sans y inclure le Sud bolivien avec ses lagunes colorées, ses geysers bouillonnants, ses volcans aux sommets enneigés et le fameux Salar d’Uyuni… mais c’est là que le projet se corsa !
En effet, la quasi-totalité des voyageurs parcourt le Sud bolivien dans des 4X4 de tours opérateurs. Seuls quelques irréductibles se lancent dans un parcours en solo… et fidèles à nos valeurs, nous voulions le tenter seuls !
Merci aux membres de VoyageForum qui nous ont précédés dans cette aventure et qui nous ont confirmé que c’était bien possible : Misele, Paratte, Quai67, Tichodrome, Tsarang974.
La seule contrainte : commencer et finir le voyage à La Paz car c’est là que nous pouvions louer un 4X4 chez Petita qui rend possible le passage dans les pays voisins.
Nous imaginons alors le parcours suivant en cinq semaines, du 28 avril au 3 juin 2011.
Même si c’est le début de l’hiver, c’est en principe la saison sèche et pas encore la période la plus froide. Restait à déterminer le sens… horaire ou antihoraire. Nous avions préparé notre itinéraire dans le sens des aiguilles d’une montre mais c’est finalement la météo qui décidera pour nous car, en raison de pluies importantes fin mars début avril, le Salar d’Uyuni est recouvert de vingt à cinquante centimètres d’eau et sa traversée toujours impossible quelques jours avant notre départ.
Par conséquent, nous nous dirigerons d'abord vers la frontière chilienne via le parc national de Sajama, traverserons ensuite le Nord du Chili et le Nord-Ouest de l'Argentine avant de finir par le Sud-Ouest de la Bolivie et le Salar d'Uyuni, qui aura eu le temps, on l'espère, de s'assécher d'ici là…
Partant hors saison, nous avons uniquement réservé notre première nuit à La Paz ainsi que notre séjour de cinq jours à San Pedro de Atacama. Nous espérons trouver facilement des hébergements sur notre parcours. Dans le cas contraire, notre véhicule (châssis long) est équipé à l’arrière d’un couchage pour deux personnes qui pourrait nous servir ponctuellement.
Enfin, pour me mettre dans le bain linguistique, je décidais de m’initier à l’espagnol. C’est ainsi que pendant toute l’année scolaire j’ai suivi deux heures de cours tous les lundis qui m’ont permis de bien progresser : une petite pensée pour Gabriela et mes collègues du cours.
Alors, prêts à suivre nos aventures ?
Notre parcours

La Paz ou le mal des montagnes
J1 et 2 : Jeu 28 et Ven 29 /04/11
Alors que le monde a les yeux tournés vers le mariage de Kate et du prince William, nous embarquons pour vingt-quatre heures de voyage… via Madrid et Lima. Rien de particulier à signaler : c’est long certes, mais moins que pour l’Australie ça aide à supporter !
Avant de quitter Lima, nous prenons nos premiers comprimés de Diamox en prévention d’éventuels troubles liés à l’altitude mais deux heures plus tard, alors que nous atterrissons à 4100 mètres à La Paz, nous sommes tout étonnés de ne rien ressentir de particulier… en tout cas, pas pour l’instant !
A l’aéroport, le chauffeur envoyé par notre hôtel nous attend. A bord de son taxi, nous découvrons avec enthousiasme la banlieue d’El Alto dans un dédale de maisons en pisé et briques orange, de boutiques, d’usines et de marchés sous un ciel parfaitement bleu et un soleil radieux.
Le dépaysement est total ! Il l’est plus encore quand le taxi s’arrête à un point de vue. La ville se dévoile à nos pieds, grouillante et trépidante, entourée de quelques sommets prestigieux dont l’Illimani (6462 m) et le Huayna Potosi. (6094 m). Nous restons bouche bée !
Quatre-cents mètres plus bas, à l’hôtel « A la Maison » dans le quartier résidentiel de Sopocachi, Ludo nous accueille en français. Il nous a réservé un appartement très douillet de 120 m2 au troisième et dernier étage… sans ascenseur. C’est à ce moment-là que nous ressentons véritablement que nous ne sommes pas au niveau de la mer ! La montée des trois niveaux est éreintante !
Pourtant, aussitôt nos valises déposées, nous repartons, toujours en taxi, chez notre loueur de 4X4. Aldo, propriétaire suisse de l’agence Petita, nous présente notre véhicule… et tous ses petits secrets. Il reprend ensuite avec nous tous les détails de notre itinéraire. Tout l’après-midi y passe.
La réception définitive du 4X4 ne se faisant que demain, le retour à notre hôtel se fait à pied… ça descend… ouf… car on commence à se sentir un peu bizarres… comme dans le coton… surtout moi !
Nous décidons malgré tout d’aller dîner même si je sais par avance que je ne pourrai sans doute pas manger grand-chose. A la Comédie, Hervé se régale d’une soupe à l’oignon et d’un filet de lama. Je mange du bout des lèvres quelques cuillerées de soupe au potiron.
Au retour, les trois étages de la Maison ont définitivement raison de moi. Je m’affale épuisée et nauséeuse sur le canapé, gagnée par le mal des montagnes.
La nuit est difficile. J’ai d’importants vertiges et toujours des nausées. Au fond de mon lit, je me dis que jamais je ne pourrai me lever demain matin, encore moins faire de la route. Il faudra certainement décaler le départ… à moins qu’il faille songer à me rapatrier ! Mais demain est un autre jour…
Deux jours à Tomarapi au pied du volcan Sajama
J3 : Sam 30/04/11
Après cette nuit chaotique, j’appréhende le lever. Je commence par m’asseoir sur le lit… ça a l’air d’aller ! Je me lève… ça va ! Je me dirige vers la salle de bains… je suis étonnée que ça aille ! Hervé a préparé le petit-déjeuner, je m’attable et je peux manger… un peu !
Certes ce n’est pas le grand appétit ni la grande forme mais je vais bien mieux qu’hier soir. On décide donc de ne rien changer à nos projets et de prévoir les courses, la prise de la voiture et notre première étape.
Aldo nous a conseillé de faire les courses en taxi car à La Paz, circuler et stationner dans le centre relève de la gageure. Ici, le taxi est très bon marché, 7 bolivianos = 0,70 euros pour une course, autant ne pas s’en priver !
Une fois les provisions et les bagages chargés, notre 4X4 est prêt pour le départ. Quelques mots sur son pedigree.
C’est un Nissan Patrol, 149 000 km au compteur. Affectueusement, nous le baptiserons « El Coche ». Le voilà, photographié au cours du voyage.
Ses équipements : sur la galerie, un réservoir supplémentaire de 100 litres pour accroître l’autonomie à 800 km espérés, deux roues de secours, une pelle, un couchage pour deux personnes, de la vaisselle, un réchaud et une lampe à gaz, une table et deux chaises pliantes. Nous avons des autorisations (actes rédigés par notaire) pour sortir le véhicule de Bolivie et le rentrer en Argentine et au Chili. Dans nos bagages, nous avons prévu des sacs de couchage pour une température jusqu’à -10°, des chaussures de marche, des vêtements chauds dont anoraks, bonnets et gants. Nous avons également téléchargé sur notre GPS les cartes des trois pays prévus et enregistré plus de cent points. Bref, nous sommes parés !
Aldo nous guide sur les premiers kilomètres… puis nous lâche sur les hauteurs d’El Alto où nous ne tardons pas à trouver la route à péage en direction du sud. Première destination : Patacamaya à un peu moins de 100 km.
Mais avant tout, il faut faire le plein du réservoir supplémentaire, de préférence avant Patacamaya nous a recommandé Aldo, car dans cette localité à 200 km de la frontière chilienne, on est vite soupçonné de vouloir faire de la contrebande d’essence.
Mais à force de voir défiler le paysage, nous laissons passer les stations-service une à une avant de réaliser que la suivante est déjà celle de Patacamaya. Alors arriverons-nous à faire le plein comme prévu ?
Quand je vois le monde à la station, j’ai des doutes. Il y a là une bonne vingtaine de véhicules qui attendent et surtout plein de Boliviens et de Boliviennes, chacun avec son jerricane, tous agglutinés autour de la pompe.
Quand arrive enfin notre tour et que nous annonçons vouloir plus de cent litres, le pompiste nous dit niet. A force d’insister, il accepte de mettre 20 litres dans notre réservoir principal et 20 autres litres dans le réservoir supplémentaire. C’est tout mais ça a l’avantage de ne pas être cher : 40 litres pour 150 Bolivianos = 15 euros, le rêve pour nous Européens ! Nous sommes tout de même un peu contrariés car la prochaine pompe se trouve à la frontière bolivo-chilienne… en espérant qu’elle soit approvisionnée !
Cap à l’ouest vers le Chili, sur une route parfaitement asphaltée ! La piste, ce sera pour plus tard !
Sur notre trajet, quelques curiosités retiennent notre attention. D’abord, ces chullpas… des tours funéraires en pierre ou en adobe, très nombreuses dans la région. Elles étaient construites par divers groupes aymaras (Indiens de Bolivie) pour abriter les restes momifiés d’ancêtres notables ou hautement estimés.
Plus loin, ce sont des paysages de mesas, nous rappelant un peu le Nouveau-Mexique, notamment cet ensemble de roches aux formes évocatrices… les sommets enneigés, en plus ! A gauche, c’est le Sajama, point culminant de Bolivie avec ses 6542 m. A droite, le Parinacota (6348 m) et le Pomerape (6240 m)… au Chili !
De plus près, on y verrait bien une tête de puma, non ?
C’est au pied du Sajama que nous avons prévu de faire étape. Nous quittons par conséquent l’asphalte au kilomètre 145 pour une piste cahoteuse qui mène au village de Tomarapi à la lisière nord du parc national de Sajama.
A côté de l’église typique de l’altiplano, l’Ecolodge Tomarapi, tenu par la communauté villageoise, offre l’hébergement le plus confortable : des chambres simples mais équipées de chauffage et de salle de bains avec eau chaude. Pour cette région, c’est le grand luxe car si en arrivant, nous n’avons pas tout de suite l’utilité du chauffage, nous serons très contents d’en bénéficier un peu plus tard car, dès que le soleil se couche, la température chute terriblement.
Au restaurant du lodge, nous goûtons au quinoa et à la viande d'alpaga… enfin, surtout Hervé, car moi, je picore… je n’ai pas encore retrouvé l’appétit ! L’altitude, c’est éprouvant !
Ce soir, nous dormons à 4200 mètres d’altitude !
J4 : Dim 01/05/11
La température est descendue bien au-dessous de zéro cette nuit et ce matin, au petit-déjeuner, bonnets et manteaux ne sont pas de trop.Mais déjà, au dehors, le soleil brille et invite à la découverte des sites du parc national voisin.
A peine sortis du village, nous apercevons les vedettes du parc... Le volcan bolivien Sajama qui a donné son nom au parc !
Et les jumeaux chiliens Pomerape et Parinacota…
… à moins que ce ne soient les lamas et alpagas qui jouent les stars… avec leurs pompons colorés.
Après un arrêt au bord de la lagune Huaña Cota dont les bords sont encore gelés,
… direction les sources d’eau chaude… si, si… on a bien l’intention de se baigner même si pour l’instant on apprécie de porter une grosse polaire !
Voici notre accompagnatrice, elle fait partie de la communauté de Manasaya qui gère cette activité dans le parc. Dans son cabas, elle porte son carnet à souches sur lequel elle nous enregistre. Pour deux, nous payons 60 Bol = 6 euros, serviettes fournies.
Elle nous guide au milieu des bodefales, végétation de tourbe et d’herbe rase typique de l’altiplano… où paissent nombre de lamas pas effarouchés du tout.
Ici c’est déjà très sympa… mais c’est le bassin suivant, idéal pour deux, que notre cholita nous a réservé !
Là, c’est tout simplement divin… l’eau est chaude (33°) et le cadre unique…
On a un peu de mal à s’extraire de ce spa naturel bienfaisant… mais d’autres découvertes nous attendent.
D’abord le village de Sajama… plutôt quelconque… sauf sa jolie petite église au toit de chaume !
Dans le parc, les guides mentionnent également un site de geysers… pour y accéder, il y a bien un petit pont blanc par dessus le rio pour les piétons, mais pour les voitures, le passage à gué est inévitable.
La photo a été prise au retour ! Impressionnant mais facile !
Sept kilomètres à l’ouest du village, voilà cet étonnant champ de geysers !
Ici ni barrière ni balisage, on se promène en toute liberté au milieu des résurgences… mais pas sans précaution, car ça glougloute, ça fait des bulles, ça crache, ça bouillonne, pas de doute, il y a une certaine activité sous nos pieds !
Nous y découvrons aussi nos premiers spécimens de « llareta »(Azorella Yareta), une plante à fleurs qui pousse en Amérique du Sud entre 3200 et 5000 mètres. Elle servait de combustible par le passé mais elle est aujourd’hui protégée.
Enfin, le queñua (Polylepis tarapacana), le seul arbuste au monde à pousser à de telles altitudes.
Pour clore la journée, nous suivons une piste vers une forêt de queñuas à 4500 mètres et finissons à pied les 50 derniers mètres dans les rochers. Cinquante mètres de dénivelé, cela paraît très peu mais à cette altitude, c’est déjà un petit exploit… ça correspond tout de même à 15 étages ! Là-haut, nos efforts sont récompensés, la vue est tout simplement grandiose ! On devine au loin le village de Sajama et en face de nous, majestueux, les deux jumeaux chiliens.
Excellente journée ! En plus, je commence à me sentir vraiment bien et au dîner, je peux enfin apprécier la bonne cuisine andine.
Deuxième nuit à Tomarapi !
Une journée de galère pour passer la frontière
J5 : Lun 02/05/11
Dès 8 heures du matin, nous quittons l’auberge de Tomarapi avec comme objectif de rallier le Chili après une dernière excursion en Bolivie vers les chullpas colorées du Rio Lauca, un détour d’une cinquantaine de kilomètres tout de même.
La piste d’accès se trouve à gauche tout juste avant Tambo Quemado, le poste frontière bolivien où se trouve aussi la seule station d’essence avant longtemps. Hervé a la bonne idée de vouloir s’assurer de l’approvisionnement de cette pompe avant de décider du détour. Grand bien lui en a pris car à la station, on nous décrète : « No gasolina ! No hay antes Arica ! »… Ai-je besoin de vous traduire ? Il n’y a pas d’essence avant Arica, la grande ville du bord de mer à 160 km !
Bon, il reste dans notre réservoir environ de quoi faire une petite centaine de kilomètres, guère plus. Dans ces conditions, le détour vers les chullpas est compromis…
Voici ce qu’on a loupé !
Il nous reste un petit espoir, celui de trouver de l’essence (en bidon) à Putre au Chili, à 60 kilomètres.
En attendant, nous voici sur le point de traverser la frontière. Hervé se gare sur le côté pour se renseigner sur les démarches à faire pour la sortie de la voiture du territoire bolivien. Un douanier nous fait signe de passer… OK, on passe mais à peine passés, le doute nous assaille ! Ne devions-nous pas régler les formalités ici ????
Une dizaine de kilomètres plus loin, nous voilà à Chungara, le poste chilien. C’est bien ici qu’on doit valider la sortie de Bolivie, du moins en ce qui concerne les personnes. Pour le véhicule, on nous envoie dans une cahute voisine et là, catastrophe, après avoir fait la queue pendant une demi-heure, Hervé s’entend dire qu’il manque LE document que nous devions faire établir à Tambo Quemado.
Alors retour à la case départ… au poste bolivien dix kilomètres derrière nous. Après moultes explications plus ou moins compréhensibles, le douanier, par ailleurs fort sympathique, finit par nous délivrer le fameux sésame puis nous envoie le photocopier dans une boutique voisine tout en nous répétant plusieurs fois « Numero de memorizad, si ?…» Nous répondons bêtement « Si, si ». Mais c’est quoi, ce fichu numéro ? Et où l’obtient-on ??
Heureusement, la dame au photocopieur nous rend attentive au numéro manquant et nous emmène à côté, dans une agence, où en quelques clics sur un ordinateur et pour quelques bolivianos, le gars fait le nécessaire et reporte sur le document initial ce fichu numéro.
Ouf, après un dernier passage auprès de notre sympathique douanier, nous voilà enfin en règle, prêts à retourner au poste chilien. Entretemps, la file d’attente s’est considérablement allongée. Après avoir tout validé pour la sortie de Bolivie, pour nous et pour notre « Coche », il nous reste à refaire les mêmes démarches pour l’entrée au Chili.
Pas de chance, nous tombons derrière les occupants d’un bus… je vous laisse imaginer la queue ! Quelques tampons plus tard et après être passés part trois ou quatre bureaux et guichets différents, il ne reste plus que la fouille du véhicule.
En effet, aucun fruit ni légume provenant de Bolivie n’a le droit de pénétrer au Chili et les douaniers ont l’œil. Tout y passe, les valises bien sûr… mais aussi la boîte à gants et autres petites caches. Heureusement qu’on avait mangé toutes les bonnes choses contenues dans la glacière pendant toutes ces heures d’attente.
Quand nous sommes enfin libérés, il est 12 h 15 heure bolivienne, 13 h 15 au Chili… soit plus de quatre heures passées en formalités !
Il est temps de jeter un œil au paysage environnant car il en vaut la peine ! Nous sommes à présent au bord du lac Chungara (4500 m), l’un des lacs les plus hauts du monde, dominé par le Parinacota (celui qu’on voyait déjà hier, mais de loin !).
Zoom sur son sommet !
Une petite balade sur les rives du lac nous permet de mieux apprécier la couleur vert émeraude de ses eaux et d’y observer une foulque en train de construire son nid.
Un peu plus loin, c’est notre première rencontre avec les vigognes (Vicugna vicugna), ces camélidés sauvages qui vivent à plus de quatre mille mètres.
Mais nous n’avons pas la tête à faire du tourisme tant que le problème de l’essence n’est pas résolu. Alors tant pis pour les autres merveilles du Lauca NP (on y reviendra peut-être demain ?), on décide de filer directement vers Putre.
La route internationale habituellement bitumée est en cours de réfection. Sur plus de 50 kilomètres, le revêtement a été retiré sans être remplacé. Je vous laisse imaginer la poussière ! Ajoutons à cela la perte de mille mètres de dénivelé et vous comprendrez que notre attention se focalise davantage sur le ruban de terre !
Enfin, après un dernier tronçon vertigineux avant Putre, nous voilà dans le centre du village… à la recherche d’essence. On nous indique qu’il y en a dans la maison rouge… en fait, une épicerie qu’on appelle ici supermarché… et qui en vend en bidons de vingt litres.
C’est le coup de massue ! Le prix du litre frôle les mille pesos soit 1,50 euro, rien à voir avec le prix bolivien. Mais nous n’avons pas le choix car, dans les prochains jours, nous avons programmé plus de quatre-cents kilomètres sans station d’essence sur le trajet.
Maintenant que nous avons réglé nos questions d’intendance, nous pouvons songer à trouver un hébergement. J’avais repéré le Terrace Lodge. Une chambre douillette et claire, décorée avec beaucoup de goût, une belle vue sur la falaise, un accueil très chaleureux par les propriétaires italiens et un prix très raisonnable : c’est parfait, on prend sans hésitation !
Nous nous y sentons si bien que nous n’avons pas envie de quitter la chambre et y improvisons une petite dînette. Nous dormons ce soir à 3500 mètres. Ah ! On se sent revivre !
A travers 4 parcs nationaux chiliens : Lauca, Vicuñas, Surire, Isluga
J6 : Mar 03/05/11
C’est parti pour plus de quatre cent kilomètres… mais pas en une seule journée, nous prévoyons au moins deux jours (voire trois) pour en profiter pleinement et tranquillement, d’autant qu’après une nuit de relâche, nous rejoignons à nouveau la haute altitude.
Pour ce soir, nous avons réservé, auprès de la CONAF, l’administration des parcs nationaux chiliens, deux lits dans le refuge du Salar de Surire à 4200 mètres.
Ce sera, par conséquent, une toute petite étape de 120 kilomètres… ponctuée de plusieurs arrêts.
Comme nous avons zappé quelques points d’intérêt du Lauca NP hier, c’est le moment de nous rattraper. Mais en raison du mauvais état de la route, nous nous contenterons de ceux qui se trouvent sur notre trajet sans retourner à la hauteur du lac Chungara.
A l’entrée du parc, les rochers de las Cuevas sont réputés abriter des viscaches (Lagidium viscacia), des rongeurs de la famille des Chinchillas ressemblant à des lapins avec une queue d’écureuil. En empruntant le petit sentier, nous ne tardons pas à en apercevoir.
Cherchez l’animal !
En y regardant mieux, il y en a partout… certains se dorent au soleil, d’autres préfèrent l’ombre !
En tout cas, la vue de ce bodefal sur fond de volcans vaut le détour. C’est magnifique !
Immédiatement après cette zone humide bien verte, une piste nous fait traverser des paysages plus désertiques vers le site archéologique « El Chacu ».
Il s’agit d’un site utilisé par les Incas et les Aymaras pour capturer les vigognes et autres camélidés. D’une longueur maximale de 100 mètres et d’une largeur de 30/40 mètres, il se situait sur la pente descendante d’un petit canyon, ce qui évitait qu’il soit visible des animaux arrivant de la pampa voisine. Chacu
Pour Lauca, ce sera tout ! Deux kilomètres après la maison des rangers de Las Cuevas, nous quittons la route internationale et tournons à droite vers Guallatire sur une bonne piste entretenue.
Guallatire, c’est à la fois ce sommet à 6060 mètres et un petit village où nous faisons notre arrêt du midi. Le volcan est actif. Voyez les fumeroles qui s’en échappent !
Guallatire, l’église du village et le petit kiosque idéal pour notre pique-nique.
Hervé en profite pour explorer le campanile.
Si le village a l’air dépeuplé, en revanche, le bodefal voisin est fréquenté par une multitude de lamas et d’alpagas ! Ils ont la belle vie dans ce cadre somptueux !
Bientôt un panneau nous indique l’entrée dans la Reserva Nacional Las Vicuñas… et comme son nom l’indique, ces camélidés graciles aux grands yeux sombres sont légion dans ce parc aux badlands colorés.
Le Salar de Surire n’est alors plus très loin… plus que quelques virages sur cette piste !
Au refuge, il n’y a personne pour l’instant. Le ranger devrait arriver dans la soirée… en tout cas, nous l’espérons. D’ici là, nous en profitons pour explorer les environs tout en scrutant l’horizon dans l’attente d’un éventuel panache de poussière.
Derrière le refuge, des viscaches en nombre posent pour la photo ! C’est l’occasion de les approcher de très, très près !
Puis en prenant de la hauteur (une centaine de mètres de dénivelé cette fois, on progresse, on progresse !), nous découvrons l’étendue du salar en dégradés de rose, gris et bleu !
Avant l’arrivée du ranger, nous voyons arriver deux autres véhicules dont descendent de l’un, deux couples suisses et leur accompagnateur, de l’autre 3 vététistes et leur guide. Manifestement, il va falloir partager les lieux.
Enfin, peu après 18 heures, le garde arrive en compagnie de deux de ses acolytes. Nous sommes par conséquent 14 personnes à vouloir loger ici cette nuit. Je me demande comment tout ce petit monde va pouvoir cohabiter mais le refuge, composé d’un bâtiment principal et d’un préfabriqué, est plus grand que je ne le pensais et chacun y trouve aisément sa place. On nous octroie une chambre à deux lits, rien que pour nous, super ! Les sanitaires sont partagés et limités au strict minimum : eau froide, pas d’eau courante au WC mais un broc, pas de douche ni de chauffage.
Dans la cuisine commune, Enrique, le guide des Suisses, prend rapidement les choses en main et mitonne des pâtes au thon pour son groupe. Pour nous deux, ce sera plus frugalement soupe, petits pois et pomme, le tout arrosé d’un verre de Merlot généreusement servi par Enrique.
Toutes les langues se mêlent pendant le dîner, de l’allemand à l’espagnol en passant par l’anglais, et le français. Alors qu’un bon feu crépite dans le poêle, manteaux et polaires restent cependant de rigueur.
Au moment de faire notre petite vaisselle, il n’y a plus d’eau au robinet de la cuisine, signe que les tuyaux ont déjà gelé. Température attendue dans la nuit : -10° ! Nous nous pelotonnons dans nos sacs de couchage pour une nuit très froide à 4200 m.
Vigognes dans le PN Las Vicuñas

La suite dans les parcs chiliens : Surire et Isluga
J7 : Mer 04/05/11
Au réveil, la vitre de la fenêtre de notre chambre est recouverte d’une fine couche de givre… à l’intérieur !
A 7 h 30, nous sommes pourtant les premiers levés et une heure plus tard déjà sur la route (pardon, la piste !) alors que nos compagnons de nuit émergent à peine de leur sac de couchage.
Notre destination de fin de journée est encore indéterminée : Colchane à 90 km ou Iquique à 315 km. Nous déciderons le moment venu.
Pour l’instant, direction les thermes et geysers de Polloquere en longeant la rive du salar. Surire n’a rien à voir avec notre humeur (sourire !) mais provient du nom « suri » donné au nandou, cet oiseau voisin de l’autruche présent sur l’Altiplano.
D’ailleurs, l’endroit mérite bien son nom, déjà les volatiles sont en vue. Mais à peine le photographe a-t-il dégainé qu’ils prennent leurs pattes à leur cou et détalent à vitesse grand V. Nous aurons l'occasion d'en revoir quelques jours plus tard, j'y reviendrai !
Les colonnes de vapeur s’échappant des piscines naturelles de Polloquere se devinent de loin et témoignent de l’intense activité volcanique.
Nous n’avons pas l‘intention de nous baigner à cette heure-ci mais un visiteur insolite occupe déjà l’un des bassins. Il se réchauffe sans doute les pattes !
C’est un flamant andin !
Après ce détour, nous retrouvons sur la piste principale nos compagnons suisses dans leur minibus jaune. Nous n’arrêterons pas de les doubler ou de les rattraper à différents points d'intérêt du parcours et… notamment devant le tableau de ce couple de viscaches en pleine bouderie.
Ils nous rejoignent ensuite au passage de ce col ! Comparaison des données de nos GPS respectifs, ils affichent bien tous les deux 4730 mètres… le point culminant de la journée ! Maintenant place à la descente !
Place à des paysages plus verdoyants, à de vastes prairies spongieuses où les eaux ont modelé des milliers de petits îlots aux formes douces et rondes où la gelée matinale a déposé un bel ourlet blanc.
Depuis le mirador voisin, nous contemplons cette zone humide géante et profitons de l’endroit pour déjeuner au « balcon ».
Après le repas, nous ne tardons pas à franchir l’entrée du parc national du volcan Isluga. C’est maintenant le sommet du même nom (5530 m) qui règne en maître !
A ses pieds, les bords de la lagune Arabilla voient les Ouettes des Andes (Guallata andina) cohabiter harmonieusement avec les lamas.
Après un bain aux thermes d’Enquelga (toujours seuls !), nous débouchons sur la route asphaltée reliant Colchane à Iquique vers 15 heures et décidons de rejoindre la ville du bord de mer dès ce soir.
Après une nuit rustique et plusieurs jours de piste poussiéreuse, nous avions envie d’un bel hôtel pour nous coucouner et d’un bon repas pour nous remettre d’aplomb… je salivais déjà à l’idée d’un bon poisson ! Mais pour l’instant, nous sommes encore à plus de 300 km… et à près de 4000 mètres d’altitude !
Alors que la route était censée nous mener au niveau de la mer, la voilà qui continue encore à grimper jusqu’à 4300 mètres avant d’ enchaîner des montées et descentes incessantes sur des dizaines de kilomètres. On se croirait sur des montagnes russes… ou plutôt chiliennes, en loccurrence !
Notre tacot a un peu de mal dans les côtes. Alors qu’il assume parfaitement sur les pistes, sur l’asphalte, ce n’est pas une flèche et on a l’impression de ne pas avancer. A cette allure, on n’est pas prêts d’arriver à Iquique…
Heureusement, un petit arrêt du côté de « Los Penitentes » va nous permettre de souffler et nous détendre un peu au milieu de ces curieuses silhouettes de pierre… qui nous en rappellent d’autres, quelque part dans l’Ouest américain ou australien ! On adore !
Ils ont tous une bonne bouille, ces Pénitents !
Après cet intermède, la route commence véritablement à amorcer sa descente dans un décor de montagnes colorées.
Puis la végétation change au fur et à mesure de la perte d’altitude et se fait de plus en plus rare jusqu’à devenir sable et poussière à l’étage inférieur. C’est dans ce paysage désolé à 100 km de la ville d’Iquique que l’on peut apercevoir un géoglyphe, visible du sol, le Gigante d’Atacama que nous ne voulons bien sûr pas louper. Hervé se dévoue pour se rendre à ses pieds !
Aux portes d’Iquique nous sommes toujours à 800 mètres d’altitude. C’est dire combien la descente finale va s’avérer impressionnante. Des lacets en épingle à cheveux, heureusement en sens unique, vont nous faire "tomber" au pied de la dune.
La nuit, elle aussi, est tombée quand nous nous arrêtons devant le Terrado Suites, un hôtel de classe internationale où nous demandons en chœur une chambre avec vue sur mer.
"Une chambre ? Mais l’hôtel est complet", nous répond-on ! On a du mal à croire qu'un hôtel de cette taille, avec près de 100 chambres, soit complet en semaine, au mois de mai. Eh bien oui, car fréquenté +++ par des hommes d’affaires en costume cravate ! On avait oublié que dans les hôtels des grandes villes il n’y avait pas uniquement que des touristes ! La déception est grande !
Commence alors la tournée des autres hôtels que j’avais notés, mais au Holiday Inn, au Radisson, au Gavina… la réponse est toujours la même. Completo !
Dans ce dernier, un réceptionniste compatissant accepte de passer quelques coups de fil pour nous tout en nous faisant comprendre que seuls les hébergements de catégorie inférieure auraient des disponibilités. Il nous trouve alors une cabine à l’autre bout de la ville… basique… très basique… loin de nos rêves de confort cosy… mais à moins de dormir dans notre carrosse, nous n’avons guère d’autre choix, vu l’heure !
Au final, en guise de dîner à base de poisson, nous nous préparerons, vite fait, une salade composée au thon… en boîte… Sans commentaire !
Iquique - Tocopilla... au bord de la mer !
J8 : Jeu 05/05/11
Nous avons bien envie de passer une journée et une nuit supplémentaire à Iquique mais pas dans cette cabine. Le premier objectif de la matinée est donc de trouver un hébergement plus sympa !
L’office du tourisme nous conseille le Divasto Hôtel mais, après une rapide visite, c’est finalement en face, à l’Hosteria Cavancha Beach en front de mer, que nous nous posons.
La salle de bains aurait certes besoin d’un petit coup de rafraîchissement mais la chambre est vaste et ses deux grandes baies vitrées donnent sur une agréable terrasse surplombant la plus belle plage d’Iquique, Cavancha Beach.
Le comble est qu’il est immédiatement voisin du Terrado, celui où on a fait chou blanc hier… Ah ! Si on avait su !
Après un bain de soleil fort apprécié sur la terrasse, nous consacrons le reste de la journée à la découverte de la ville.
Si Iquique est avant tout le plus grand port du nord du pays, elle garde encore quelques avenues bordées de maisons coloniales témoignant du passé florissant dans l’industrie du salpêtre. Elle possède également quelques plages agréables.
Promenade sur les planches de long de la plage. On se croirait presque à Deauville !
En passant, quelques belles fresques de street art !
A l’extrémité de la plage, nous quittons le bord de mer pour rejoindre le centre-ville.
Passage par la calle Baquedano avec ses demeures en pin d’Oregon aux façades et vérandas aux tons pastel. S’il y en a autant à Iquique, c’est que les bateaux, lourdement chargés de salpêtre pour les Etats-Unis, rentabilisaient toujours leur voyage retour avec du fret, comme le pin d’Oregon, qui se revendait ici à un bon prix dans la construction.
Dans cette rue, le guide du Routard recommande de jeter un œil au Palacio Astoreca, la demeure d'une riche famille d’aristocrates, bâtie en 1904, entièrement en pin d’Oregon, justement.
Il se trouve que ce palais abrite à partir d’aujourd’hui une exposition itinérante de tableaux de peintres chiliens (musée des Beaux-Arts de Santiago) : Coleccion in viaje … collection en voyage, joli nom ! Au moment où nous nous présentons, on s’empresse de nous ouvrir les portes des différentes salles d’exposition. Serions-nous les premiers visiteurs ? Tout laisse à le penser. En tout cas, l’inauguration n’aura lieu qu’en soirée.
Voici une des œuvres exposées !
Après cette parenthèse culturelle, nous arrivons dans le cœur de la ville sur la plaza Arturo Prat où trône la pittoresque « Clock Tower ». Derrière la tour de l’horloge, on aperçoit le théâtre !
Au retour, nous ne résistons pas à tremper les pieds dans l’eau, elle est aussi froide qu’en Bretagne ! En revanche, l’air est doux et ensoleillé. Température autour de 25°. Ça fait du bien !
Fin d’après-midi sur notre terrasse à regarder les lions de mer batifoler dans les flots et les pélicans s’ébrouer sur la jetée.
La vue depuis notre terrasse !
La soirée se poursuit au restaurant de l’hôtel, tout seuls, sur la terrasse (c’est dire qu’il fait bon !) à profiter de la baie et à nous régaler d’un excellent filet de sébaste dont on rêvait depuis la veille... puis s'achève au casino à claquer quelques milliers de pesos !!!
J9 : Vend 06/05/11
En raison de la courte étape qui nous attend, pas la peine de partir aux aurores, autant profiter encore un peu de la vue sur la plage de Cavancha. Au moment de charger la voiture, la couche de poussière amassée pendant cette première semaine sur les pistes se rappelle à nous : elle s’est incrustée partout ! Si on a le malheur de frôler les portières même intérieures, nos habits se transforment en serpillères. C’est une horreur !
Pour 8000 pesos (12 €), le garage voisin nous propose un lavage intérieur/extérieur. En fait, avec un seul seau d’eau, le gars va nettoyer tout le véhicule… (économie d'eau oblige ?) Mais notre Coche va sortir de là astiqué comme un sou neuf ! Quel plaisir alors de reprendre place à son bord !
Maintenant, route vers Tocopilla ,225 km par la Ruta 1… un air de désert du Sinaï avec la montagne désolée et poussiéreuse tombant dans la mer… et une route rectiligne… à l'infini !
Sur notre trajet, à 150 km d'Iquique, nous sommes très surpris de trouver un poste de douane… pourtant, on est bien au Chili… peut-être en raison d'un changement de région ? En tout cas, les douaniers n'ont pas voulu voir nos passeports, uniquement le document de douane du 4X4. Un petit coup de tampon et hop ! C'est reparti !
Quelques kilomètres avant Tocopilla, plus exactement tout juste avant le tunnel, nous nous arrêtons à la Caleta de la Cuchara qu'Aldo nous avait recommandée.
Effectivement, l'endroit est sympa et nettement plus accueillant que la ville industrielle voisine. Nous décidons par conséquent d'y rester pour la nuit et d'inaugurer le couchage dans le véhicule.
Nous partageons la crique avec quelques condors !
La soirée est douce et agréable. Après le dîner et une petite balade vespérale à la lumière de nos lampes frontales, nous nous endormons vite les yeux rivés sur les étoiles, bercés par les vagues du Pacifique !
Vers le désert d'Atacama : Chiu-Chiu, Caspana et les geysers de Tatio
J10 : Sam 07/05/11
Après deux jours au niveau de la mer, nous prévoyons aujourd'hui un retour dans l'Altiplano. A l'origine, nous pensions dormir dans le 4X4 sur le site des geysers de Tatio à 4300 mètres d'altitude. Mais finalement passer de 0 à 4300 mètres en une journée n'était pas raisonnable. On nous avait parlé d'une auberge à Caspana (3200 m) à environ une heure de route des geysers (en réalité un peu plus !)… Alors OK, direction Caspana à 230 km dont 80 km de piste.
Nous quittons donc notre petite crique du côté de Tocopilla à l'assaut des montagnes à travers un paysage gris et aride le long d'une route flanquée d'une double ligne à haute tension… pas vraiment glamour ce début de parcours !
Ici c'est une région propice à l'extraction de nombreux minerais. D'ailleurs, à proximité de Calama, nous entrevoyons la mine de cuivre de Chuquicamata, la plus grande mine à ciel ouvert du monde. Mais elle ne se visite pas le week-end alors ce n'est pas la peine de s'attarder à Calama.
Nous cherchons vainement un endroit pour pique-niquer mais jusque ici (150 km et un peu plus de trois heures), nous n'avons pas vu un seul brin d'herbe. Nous attendrons encore 40 km de plus avant de trouver notre bonheur dans l'oasis de Chiu-Chiu.
Sur la place du village, un arbre aux baies roses (un faux poivrier) nous prodigue son ombre bienfaisante et nous pouvons enfin nous attabler.
Il fait chaud, presque orageux et les sommets des Andes sont couverts de nuages. Espérons que le temps ne se gâte pas là-haut !
En attendant, profitons-en pour faire un tour dans le village, visiter son église, l'une des plus anciennes du Chili, à l'architecture coloniale typique, d'aspect massif avec d'épais murs en adobe et une menuiserie en bois de cactus.
Aux alentours, j'avais noté un site de pétroglyphes, plus précisément à mi-chemin entre Chiu-Chiu et Lasana. Nous ne tardons pas à les repérer mais certains sont difficiles d'accès car situés sur la pente pierreuse de ce canyon.
Le lama est très présent dans ces représentations de scènes pastorales.
Ici le berger avec sa crosse nous rappelle un peu le Kokopelli des Indiens pueblos d'Amérique du Nord.
Avant de rejoindre les montagnes, nous faisons un dernier arrêt prêt d'une drôle de lagune parfaitement circulaire dite sans fond !
Puis nous attaquons les 80 kilomètres de piste, plutôt bonne dans l'ensemble, à destination du joli village de Caspana, adossé au pied d'une falaise et entouré de nombreuses terrasses cultivées.
Nous y trouvons bien une auberge mais elle est fermée. Tant pis, nous sommes maintenant rodés, nous prévoyons donc une nouvelle nuit dans notre Coche et installons notre campement devant le bâtiment.
Après un tour dans le village et une visite du petit musée, c'est l'heure de la tambouille… puis coucher de bonne heure… car demain, il faut se lever aux aurores si nous voulons être aux geysers du Tatio pour le lever du soleil car c'est le matin très tôt que les geysers sont les plus impressionnants.
Eglise de Chiu Chiu

J11 : Dim 08/05/11
Réveil à 4 h 30… Les affaires sont rapidement rangées et le départ aussitôt donné. Soixante-cinq kilomètres de pistes à effectuer de nuit nous attendent jusqu'au Tatio.
On commence par louper le premier carrefour… ça commence mal ! Il faut être particulièrement concentré, à la fois sur le GPS pour suivre précisément l'itinéraire prévu, et sur l'état de la piste.
Il n'y a personne d'autre sur ce trajet sauf… tout d'un coup, une torche est braquée sur nos yeux. En fait des carabineros qui nous arrêtent au beau milieu de nulle part, en pleine nuit. Ils nous réclament les documents du véhicule et le permis de conduire d'Hervé, pas même nos passeports… puis nous adressent un franc "Adelante" !… En avant !
En avant, en avant… mais ça n'avance pas vite ! La piste est pentue, très pentue, notre tacot s'essouffle, Hervé est obligé de monter en première. La route nous apparaît également étroite, nous roulons probablement à flanc de montagne.
Ouf, ça va mieux quand nous passons le col, 4500 mètres… ce n'est pas rien !
Peu après, la piste rejoint celle venant de San Pedro de Atacama. On pensait qu'à partir de là nous rencontrerions la caravane des véhicules des tours opérateurs mais personne encore pour l'instant.
Entre 6 heures et 6 H 30, nous arrivons sur les lieux et il fait toujours nuit… nous sommes la deuxième voiture à pénétrer sur le site. L'entrée est payante comme tous les sites de la région. Ici, 5000 pesos = 7,50 € par personne.
En sortant de la voiture, le froid nous surprend, il fait -5/-10°. Polaire, doudoune, bonnet et gants sont bienvenus.
Le jour commence tout doucement à se lever dans une ambiance un peu irréelle. Les geysers se mettent à cracher leurs jets bouillonnants et nous commençons à distinguer les panaches de fumerolles s'étirant vers le ciel !
Dès que le soleil darde ses rayons, l'activité des geysers diminue mais celle des tours opérateurs est alors à son maximum. Pour tous, c'est l'heure du petit-déjeuner…pour les touristes, les œufs sont cuits dans les sources bouillantes. Pour nous, ce sera tout simplement un café au lait bien chaud accompagné de tartines.
Ensuite, pour échapper au monde, nous grimpons sur la corniche surplombant le parking pour nous retrouver seuls, absolument seuls sur les hauteurs de l'Altiplano. De là, nous dominons tout le site et apprécions la balade au milieu des rochers !
C'est aussi l'endroit idéal pour surveiller la fréquentation des lieux car les touristes ont tous rendez-vous dans la piscine naturelle après la visite des geysers. Si nous ne voulons pas partager le bain avec cinquante personnes, il est utile de garder un œil sur les parcs de stationnement. Quand il ne reste plus que notre voiture sur le parking, nous redescendons de la montagne.
Sous un ciel d'azur et un soleil radieux, les geysers ont maintenant une toute autre tête !
Certaines sources chaudes révèlent encore des merveilles insoupçonnées. Admirez celle-ci, entourée d'un joli jardin suspendu et installée dans une prairie fumante !
Avec le départ des touristes, les vigognes reprennent possession des lieux. Ces deux-là sont amusantes !
Près des thermes, il n'y a maintenant plus grand monde… c'est le moment de nous délasser dans le bassin d'eau chaude en compagnie de quelques baigneurs chiliens.
Il est midi quand nous quittons le Tatio en direction de San Pedro de Atacama par la piste qui passe par Machuca.
Nous n'arrêtons pas de nous extasier devant le panorama de ce haut plateau désertique aux couleurs mordorées, dominé par les sommets enneigés d'une ribambelle de volcans prestigieux.
Ce nandou ne s'y est d'ailleurs pas trompé... il se plaît bien dans ce décor.
Ce n'est sans doute pas pour rien que le village de Machuca s'est implanté ici, le site est magnifique.
En bonus, une belle lagune aux eaux miroitantes finit de parfaire l'image idyllique de carte postale.
Après Machuca (encore à 4000 mètres), la piste commence à perdre tout doucement de l'altitude jusqu'à San Pedro (2500 m). Nous passons les thermes de Puritama (payants)… le bain, c'est déjà fait… ainsi que le canyon de Guatin… impatients d'arriver à destination après deux nuits de bivouac et un lever matinal.
Mais avant de rejoindre l'Atacama Lodge que nous avons réservé pour cinq nuits, il est essentiel de faire un ravitaillement général dans le village de San Pedro.
Ne cherchez pas de supérette, encore moins de supermarché, à notre grande surprise, il n'y en a pas… uniquement de petites boutiques à l'ancienne ayant chacune sa spécialité. En revanche, si vous cherchez la station d'essence, il vous faudra bien chercher car elle est cachée au fin fond d'un cul de sac. Ajoutez à cela des rues non pavées et encore moins asphaltées, des piétons, des cyclistes, des 4X4… une poussière monstre… et une chaleur à laquelle on n'était plus habitués. C'est ainsi que nous est apparu ce village touristique qu'on nous avait vanté comme étant "un splendide petit village d'adobe". Bon, avec un petit peu de recul, c'est vrai que le village est sympa, surtout quand on laisse son véhicule à l'extérieur, mais nous sommes tout de même contents de ne pas y loger.
A 6 kilomètres au sud de San Pedro, l'Atacama Lodge est un véritable havre de paix. Propriétés de Alain Maury, astronome français et organisateur de séances d'observation du ciel, les lodges accueillent essentiellement des astronomes amateurs souhaitant observer le ciel parmi les plus clairs du monde dans des télescopes performants mais aussi des individuels ou groupes qui veulent tout simplement profiter d'un séjour au grand calme.
C'est notre cas et nous sommes ravis de notre choix. Nous héritons d'un lodge en adobe et toit de paille d'une quarantaine de mètres carrés comprenant une cuisine équipée, une salle de bains avec hydromassage (!) et une chambre avec… vue sur le volcan Licancabur. A cela s'ajoute une terrasse d'une surface équivalente à partager avec le lodge mitoyen… mais comme nous sommes les seuls occupants… Promis, on vous mettra des photos plus loin !
Atacama : la vallée de la Lune en long en large et en travers
J12 : Lun 09/05/11
A 8 h 45, nous sommes déjà devant la guérite d'entrée de la vallée de la Lune censée ouvrir à 8 h 30. Personne ! Tant pis, nous paierons plus tard, déplaçons la barrière et entrons… (Deux jours plus tard, nous réaliserons que, dans la région, l'heure n'est pas la même que dans le nord du pays… il devait être par conséquent 7 h 45).
Située à 10 km à l'ouest de San Pedro et à 2500 mètres d'altitude, la vallée, formée il y a 22 millions d'années, présente d'étranges paysages aux allures lunaires. L'absence de vie animale et végétale en fait un des endroits les plus inhospitaliers au monde.
Le premier site sur notre route, c'est la Quebrada de Kari… un canyon aux parois couvertes de cheminées et de flèches pétrifiées, saupoudrées d'une fine pellicule de sel. Si vous prêtez l'oreille, vous entendrez craquer le sel qui se dilate sous le soleil !
Une randonnée agréable de 4 km A/R jusqu'au pied de la Cordillère… de Sal ! Deux heures d'exploration tranquille !
Du sel, encore du sel, cette fois dans les Cavernas… de Sal ! Mais d'abord, on nous réclame notre droit d'entrée au contrôle intermédiaire, juste au niveau des cavernes. Nous nous mettons en règle : 2000 pesos par personne, valable pour la journée… avec en prime, un plan sommaire du site et quelques indications dans un anglais… sommaire aussi !
Bon, nous voilà documentés pour découvrir les deux curiosités suivantes : les Cavernas de Sal et le Cañon. Les deux itinéraires peuvent être enchaînés en boucle en une heure environ.
Equipés d'une torche, nous nous glissons, parfois au ras du sol, dans les cavernes successives. C'est fatigant mais amusant ! Contorsions obligatoires surtout avec un sac à dos !
Heureusement, la balade se poursuit ensuite à l'air libre entre dunes et mesas…
… sous l'œil attentif de ce hoodoo à l'expression humaine.
Sur une si bonne lancée, enchaînons avec El Cañon, immédiatement voisin… qui, en cette fin de matinée, a drapé son entrée de rouge !
Le sentier, d'abord coincé entre deux parois, s'élève bientôt vers un plateau torturé d'où dépasse la chaîne des volcans environnants.
La descente n'est pas évidente à trouver, un balisage confus nous conduit dans une pente périlleuse... nous obligeant à revenir sur nos pas pour choisir une voie plus sûre : la route toute proche, tout simplement !
La matinée a filé à toute vitesse et nous n'avons exploré que la moitié de la vallée. Néanmoins, nous préférons reporter le reste en fin d'après-midi afin de profiter par la même occasion du coucher du soleil.
En attendant, le meilleur endroit de repli est assurément la terrasse du lodge.
Vers 16 heures, retour dans la vallée de la Lune pour la suite de la visite. Premier objectif : la grande Dune !
Depuis peu, l'accès direct à la Dune est interdit… un nouveau sentier, plus discret, mène sur une crête voisine. Mais quelle crête ! Des vues époustouflantes… de part et d'autre, des creux, des pointes, des vagues, des pics, des arêtes, des croûtes… de sel, de sable et de pierre sculptées par l'érosion.
On a vraiment du mal à détacher notre regard de ce paysage !
Mais la dune nous attend. Zut, au moment où on approche, le soleil joue à cache-cache avec un nuage ! On décide d'attendre… un ange passe !
Le soleil revient timidement !
Allez, en passant, un dernier panorama sur le Licancabur et ses voisins. Immédiatement à sa droite, le Juriques et encore plus à droite, le Cerro Toco que nous aurons l'occasion d'évoquer prochainement.
Au moment où nous quittons la dune pour rejoindre les Tres Marias, nous voyons arriver les premiers minibus des agences de San Pedro. Houla, devant les trois statues de pierre, il y a foule !
Après deux, trois clichés, nous nous enfuyons par une piste défoncée vers d'anciennes mines de sel.
Et à notre retour devant les trois Marie, nous avons les lieux pour nous tout seuls. Nous décidons d'assister au coucher du soleil ici plutôt que sur LE lieu habituellement dédié qu'est la grande dune. Nous nous postons sur une crête et attendons !
Les derniers rayons du soleil inondent la vallée de leur lumière douce et chaude !
Le ciel rosit maintenant derrière les trois statues !
Puis c'est tout le désert qui se met à rougeoyer au soleil couchant !
La vallée de la Lune se serait-elle transformée en planète rouge… Décidément, elle n'en finit pas de nous étonner ! Nous l'avons explorée en long, en large et en travers mais bien sûr, il y aurait encore tant à voir ! Pour une autre fois, peut-être ! Pour l'instant, les gardes surveillent le départ de tous les véhicules, il est interdit de passer la nuit sur le site.
Deuxième nuit à l'Atacama Lodge.
Dans la Vallée de la Lune

Atacama : de la vallée de la Mort à la vallée de l'Arc-en-ciel
J13 : 10/05/11
Dans une région réputée pour son ciel très clair, il fait ce matin bien gris. Nous prenons tout de même la route en espérant une amélioration en cours de journée. Au programme : deux autres vallées et un site de pétroglyphes.
A 4 km à l'ouest de San Pedro, sur la route de Calama, une piste très rugueuse nous conduit dans la vallée de la Muerte dont le nom est en fait une déformation de "Valle de la Marte" (Mars). Nous espérions la parcourir d'une extrémité à l'autre afin de pouvoir rattraper plus loin la route vers Calama jusqu'à notre point d'intérêt suivant.
Mais bientôt, la piste devient sableuse. Enclenchement du 4X4… ça passe… puis le sable devient de plus en plus profond et la pente de plus en plus importante. Il faut se faire une raison, renoncer au trajet "one way" et continuer un peu à pied. Pourtant des traces témoignent du passage de véhicules : en réalité, l'astuce consiste à faire le parcours dans le sens inverse pour bénéficier de la descente. Avis aux amateurs !
Nous longeons alors le champ de dunes à pied (c'est ici que se pratique le snowboard) avant de grimper sur un escarpement rocheux d'où notre regard embrasse toute la vallée. Malheureusement, de gros nuages s'accrochent toujours aux sommets et les conditions ne sont pas parfaites !
Retour sur la route de Calama que nous suivons jusqu'au km 55 après avoir franchi un col à 3500 mètres. Là, nous prenons, à droite, la piste vers Rio Grande.
Youpi, le soleil fait une percée alors que nous approchons de notre destination !
A 23 km du carrefour précédent se trouve un site d'art rupestre : Hierbas Buenas. Nous pensions devoir chercher les pétroglyphes, pas du tout, ils nous sont quasiment servis sur un plateau.
Un cabanon pour le gardien, un abri pour le pique-nique, des poubelles, des toilettes, des emplacements de parking, des sentiers délimités par plein de petits cailloux… tout est parfaitement signalés et aménagés aussi bien que dans les parcs américains ou australiens. Dans ces conditions, l'accès coûte 2000 pesos (3 €) par personne comprenant aussi les droits pour la vallée de l'Arc-en-ciel (Arcoiris).
Il n'y a plus qu'à aller contempler… et il y a matière ! Le site à lui seul vaut le coup d'œil : un ensemble de roches, couleur vanille, chapeautées d'une couche chocolat… très esthétique !
A l'époque préhispanique, le site servait d'étape aux caravaniers qui faisaient du troc. Les habitants de l'Atacama auraient gravé des messages sur les pierres à destination de ces voyageurs.
Les motifs sont nombreux et représentent principalement des animaux tels que lamas, renards et flamants.
Après avoir observé les différentes gravures sous tous les angles, en route pour la vallée de l'Arc-en-ciel… quelques kilomètres plus loin !
A l'entrée dans ce large canyon… premières impressions ! Waouh ! Que de couleurs !
Nous décidons d'aller jusqu'au fond de la vallée en voiture avant de revenir petit à petit en explorant à pied les secteurs qui nous paraissent particulièrement intéressants.
Nous commençons par remarquer ce massif de hoodoos. Et si nous allions y faire un tour ?
Nous nous y faufilons aussitôt.
Depuis l'entrée de ce massif, les teintes de la vallée sont encore plus flagrantes !
Nous poursuivons notre balade dans la palette de couleurs…
… en nous attardant sur quelques tableaux !
Celui-ci est tout simplement fascinant !
Bien que les nuages aient à nouveau pris le dessus, nous faisons une dernière incursion dans la vallée voisine, parallèle, très colorée aussi et dont les parois sont couvertes de quelques cactus remarquables. Un cactus de sexe féminin ?
Puis c'est le retour à San Pedro sous un ciel de plus en plus chargé qui va même donner quelques gouttes de pluie ici dans le désert. Sur les sommets, il doit pleuvoir… ou peut-être même neiger !
La séance d'observation du ciel que nous avons prévue depuis notre arrivée n'est pas encore pour ce soir !
Atacama : à l'assaut du cerro Toco, à 5604 mètres
J14 : Mer 11/05/11
Il a fait très mauvais hier soir et neigé en altitude. En regardant par la fenêtre, on distingue une fine couche de neige fraîchement tombée sur les sommets et sur l'Altiplano. La température matinale s'en ressent aussi.
Dans ces conditions, tenter l'ascension du Cerro Toco (5604 mètres) tombe à l'eau.
En revanche, c'est un temps idéal pour faire du vélo. Nous laissons "El coche" sur le parking municipal de San Pedro et arpentons dès 8 h 30 les rues du village à la recherche d'un loueur. Nous en repérons un, au joli nom de "Km Zero", qui devrait ouvrir à 9 heures. En attendant, capucino et expresso au salon de thé O2 en face nous font patienter. 9 h 15, toujours personne dans la "tienda de bicicletas". Le patron du café que nous sollicitons s'empresse de se renseigner par téléphone. Le loueur est à Calama et ne comptait pas ouvrir sa boutique mais il nous envoie son père. Dix minutes plus tard, notre homme est sur place et à 9 h45, nous enfourchons enfin nos montures pour une demi-journée (5 heures) ou plus.
Le soleil a fini par triompher des nuages. Il fait très beau et déjà chaud.
Au programme, une boucle par la vallée de Quitor et le tunnel de l'ancienne route de Calama puis retour par l'actuelle route de Calama jusqu'au point de départ.
Dès la sortie du village, le ton est donné. Avec tout ce qu'il a plu en montagne, le rio est bien alimenté et s'étale sur toute la largeur de la vallée de Quitor. On a beau zigzaguer entre les petits îlots en évitant de poser le pied par terre, on finit inévitablement par se tremper les extrémités après plusieurs gués consécutifs.
La Quebrada del Diablo est la première curiosité au programme de cette sortie mais un rio encore plus profond que les précédents va faire capoter le projet.
Nous revenons sur nos pas dans cette vallée verdoyante parsemée d'herbes de la pampa ondulant sous le souffle du vent… pour nous diriger vers le fameux tunnel
Commence alors une rude montée dans une gorge aux roches rouges. Altitude de la vallée 2480 m, altitude du tunnel 2640 m, dénivelé 160 mètres. Jusqu'à 100 mètres de dénivelé, je résiste, je serre les dents et je reste en selle. Au-delà, je triche un peu en poussant mon destrier.
Encore quelques tours de roue et place à un beau panorama sur les crêtes environnantes, tout juste avant le tunnel !
La traversée se fait dans la pénombre (on a oublié de prendre nos lampes frontales) à peine percée par un filet de lumière venant de l'extrémité opposée.
C'est maintenant la descente tout en douceur mais par endroit dans du sable mou, ce qui oblige à pédaler même en descendant. Le pique-nique permet heureusement de recharger les batteries. Hervé annonce qu'il reste quatre kilomètres jusqu'au carrefour avec la route asphaltée mais j'ai l'impression que plus je pédale, plus la route s'éloigne.
Le parcours devient vraiment inconfortable avec une alternance de caillasse et de sable mou. Par moment, il faut carrément s'écarter de la piste, trop mauvaise, pour pédaler hors trace. Les kilomètres s'accumulent… Ça use, ça use !
Enfin la route ! A ce point du parcours, il reste 15 km à couvrir jusqu'à San Pedro… que j'espérais en descente. Pas du tout, la descente finale n'est pas pour tout de suite. D'abord 10 km de montée… de quoi me mettre le moral à plat. Heureusement une bonne orange bien juteuse va nous prodiguer l'énergie nécessaire pour les juguler. Après cet ultime effort, c'est la descente libératrice, 5 km qu'Hervé dévale à tombeau ouvert pendant que je reste loin derrière, agrippée à mes freins.
Nous posons le pied à terre au "Km zéro" à 14 h 45 après 5 heures soit une demi-journée de location (12 euros pour deux) et avec 35 km au compteur dont 20 de piste défoncée… un sacré périple !
Nous sommes fourbus mais contents. Un entraînement bénéfique, dans la perspective d'une prochaine ascension de sommet.
Fin d'après-midi cool à la terrasse d'un café à San Pedro puis retour au lodge pour un repos bien mérité.
En cours de soirée, Hervé entend un craquement en se baissant. Une fermeture Eclair qui a cédé ? Non, plus grave… il sort de sa poche la carte bleue… cassée en deux (c'est la seule en notre possession !). La puce électronique est intacte mais ici c'est la bande magnétique qui importe. Nous avons bien encore quelques devises mais pas de quoi terminer le voyage. Alors sommes-nous condamnés à finir clochards ? A suivre…
J15 : Jeu 12/05/11
Ciel très dégagé ce matin ! C'est l'occasion ou jamais de tenter l'ascension du Cerro Toco que nous contemplons depuis notre fenêtre depuis quatre jours maintenant.
Le voici photographié la veille depuis notre lodge… les Chiliens le qualifient de montagne à vaches… mais il culmine tout de même à plus de 5600 mètres…
Entre les différents sommets qui nous entourent, celui-ci a l'avantage de pouvoir être tenté sans guide et sans équipement technique. En outre, une piste menant vers un ancien camp minier permet de monter en véhicule jusqu'à 5200 mètres et des poussières… réduisant à moins de 400 mètres le dénivelé à gravir.
Certes nous étions déjà montés à 4810 mètres au refuge du volcan Cotopaxi en Equateur… mais jamais davantage ! Comment allions-nous réagir et pourrions-nous même y arriver ? That is the question !
C'est donc un peu fébriles que nous prenons, dès 8 heures, la direction du Toco par la route internationale du Paso de Jama. C'est la route reliant le Chili à l'Argentine et elle est largement empruntée par les poids lourds. Leur vitesse témoigne de l'extrême difficulté de la pente … on dirait qu'ils sont arrêtés tant ils ont du mal à monter. Derrière eux, "el Coche" est à peine plus vaillant, la plupart du temps en seconde. De surcroît, la route est jonchée de grosses pierres ayant servi aux chauffeurs à bloquer leurs camions en panne pour éviter de reculer.
Régulièrement, on se concerte : ça va? Oui, moi ça va, et toi ? Pour l'instant tout est OK.
A 4200 mètres d'altitude et à une quarantaine de kilomètres de SPA, nous quittons la route internationale pour une piste caillouteuse et pour 1000 mètres de plus à grimper. Nous dépassons le véhicule d'une agence, à l'arrêt pour une pause.
4800 mètres : ça y est, nous sommes à la hauteur du Mont Blanc et à celle du refuge du Cotopaxi.
5000 mètres, la piste devient de plus en plus étroite et pentue.
5260 mètres : fin de la piste près de l'ancien camp minier. Il fait très beau… et moins froid qu'on ne le craignait. Nous nous équipons cependant sérieusement : chaussures de marche, pantalons épais, polaires, doudounes, bonnets, gants, bâtons de marche, sacs à dos avec boisson chaude et en-cas… et bien sûr l'appareil photo. Le véhicule croisé précédemment nous rejoint.
La consigne que nous nous sommes fixés est la suivante : marcher très lentement et surtout redescendre au moindre signe de mal des montagnes. 9 h 45 : c'est parti sur un sentier bien tracé, légèrement verglacé par une fine pellicule de neige. Nous avançons tout doucement, en veillant à bien ventiler à chaque pas. Les gars conduits par l'agence entament leur montée derrière nous.
10 heures, 5309 mètres : déjà une première pause et une belle vue !
Une pause plus loin, des "jeunes", un Français et un Russe conduits par un guide chilien… nous rattrapent ! Ils viennent d'abandonner leur coéquipier brésilien déjà gagné par le mal des montagnes. Ils nous invitent à les suivre mais nous n'avons pas ni le même âge ni le même rythme. Nous avons besoin de prolonger notre halte car chaque mètre gagné demande un gros effort. Quand nous nous mettons enfin debout, ils sont déjà loin !
11 heures, 5440 mètres : nous arrivons dans un secteur de plus en plus enneigé. Le sentier, au début très visible, disparaît entre les pierres et sous la neige.
Ni cairn, ni balisage… alors par où passer ? On a beau scruter la montagne, les gars devant nous ne sont plus en vue ! Nous avons aussi perdu leur trace. Heureusement, Hervé, rusé comme un Sioux, finit par retrouver quelques traces de pas ténues lui paraissant fraiches… nous voilà tirés d'affaire et prêts à reprendre la lente ascension.
12 heures, 5545 mètres et un arrêt de plus ! Côté souffle, tout va bien mais la fatigue est réelle. A chaque halte, je ne peux m'empêcher de m'affaler sur un rocher et ai toutes les peines du monde à me relever. Pendant que je m'attarde, Hervé en profite pour explorer le large plateau devant nous à la recherche du meilleur panorama.
Il cherche en outre un indice pour valider la suite de l'itinéraire car, à nouveau, nous sommes dans l'interrogation. Par où passer ? Pas l'ombre d'une silhouette en vue ! Mais où sont passés les gars ? Hervé m'affirme être sûr de son itinéraire mais moi, je commence vraiment à douter. Et si nous n'étions pas sur la bonne trace ? Franchement, parmi les sommets qui nous entourent, lequel est celui que nous cherchons ?
Hervé, confiant, décide de suivre son intuition et moi, je n'ai pas d'autre choix que de le suivre tout en continuant à douter à voix haute… quand soudain, du haut de la montagne, dévalent à toute vitesse les trois gars de tout à l'heure. Nous sommes bien sur la bonne voie et cette bonne nouvelle nous donne des ailes pour vaincre les dernières difficultés.
12 h 30, 5600 mètres… et enfin la vue sur l'autre versant vers les lagunes Verde et Blanca en Bolivie. ! Extraordinaire ! Dire que nous serons à leur pied dans quelques semaines.
Sur le chemin de crête… l'arrivée est imminente !
12 h 35 : ça y est, Hervé est le premier à poser devant le mât du sommet !
Le GPS affiche 5622 mètres… on a du mal à le croire… mais nous avons vaincu le Cerro Toco !
Nous nous accordons quelques minutes pour savourer notre performance et… contempler le panorama. De gauche à droite, le Licancabur, le Juriques et les lagunes boliviennes.
Mais déjà il faut se dépêcher de descendre pour éviter le mal de montagne qui tente de nous envahir. Nous essayons de limiter les arrêts mais je me sens curieusement moins bien dans la descente que dans la montée… un peu comme si j'étais saoule. Au bout d'une heure dix, nous atteignons néanmoins la voiture... fatigués mais ravis de notre "exploit".
A 5000 mètres, nous obliquons vers le plateau du Chantajor afin de voir à quoi ressemblent les radiotélescopes en construction. Avec la mise en service en 2012 du plus grand observatoire de radioastronomie jamais construit au monde (projet regroupant Américains, Européens et Japonais), la région est en passe de devenir une plate-forme scientifique incontournable sur la planète.
Un bel alignement !
Retour à San Pedro par la route internationale, encore plus impressionnante et dangereuse dans la descente, pourvue de nombreuses voies de freinage d'urgence tous les kilomètres, pour les poids lourds en détresse. "El coche" qui se traînait à l'aller a maintenant besoin d'un sérieux coup de bride pour être ralenti.
Arrêt au village pour tester notre carte bancaire que nous avons pris soin de réparer à la bande adhésive. Mais les terminaux informatiques sont en panne dans tous les commerces, aussi bien le distributeur automatique que la station d'essence. Nous ne serons donc pas encore fixés sur notre sort et réglons nos dépenses en devises… tant qu'il nous en reste !
La fin de l'après-midi est consacrée à la préparation des bagages (départ demain matin pour l'Argentine) et accessoirement à un peu de repos car la journée n'est pas finie. Ce soir, nous avons rendez-vous avec la lune…
A 21 heures, nous rejoignons un groupe d'une vingtaine de Francophones dans le jardin d'Alain Maury pour une séance d'observation du ciel, d'abord à l'œil nu puis grâce à des télescopes performants. Etoiles, planètes, nébuleuses, galaxies, tout y passe et bientôt, grâce aux explications passionnées de l'astronome et de son épouse chilienne Alejandra, la Croix du Sud, la Mouche, Alpha du Centaure ou Saturne n'ont plus de secrets pour nous ! Enfin, la vedette du spectacle est incontestablement … la lune !
Une belle soirée qui nous a permis d'améliorer nos connaissances du ciel tout en passant un agréable moment ! A recommander ! Dernière nuit à l'Atacama Lodge.
Au cours de la montée du Cerro Toco
Vers l'Argentine par le désert de Tara
J16 : Ven 13/05/11
Notre séjour à San Pedro de Atacama s'achève. Nous avons volontairement zappé toutes les lagunes aux alentours : Cejas, Tebenquiche, Miscanti, Miniques… car nous devrions en voir d'autres, encore plus belles, dans le Sud-Ouest bolivien.
Nous prenons donc la route vers l'Argentine… oups, pas immédiatement … heureusement que nous avons pensé à demander confirmation car nous allions filer directement vers le Paso de Jama. En effet, les formalités douanières relatives à la sortie du Chili doivent se faire ici au poste de douane à l'entrée de San Pedro, 120km avant la frontière réelle !
Il y a un peu d'attente mais au final, en une demi-heure, tout est réglé.
Cap sur le Paso de Jama, comme hier, par cette incroyable route internationale. Sur les quarante premiers kilomètres, nous sommes en terrain connu… après, place à la nouveauté !
Le point de chute, ce soir, est prévu dans le village argentin de Susques à 300 kilomètres de San Pedro mais avec le détour dans le désert de Tara, il faut compter une cinquantaine de kilomètres de plus. Ni village, ni station-service sur cette route avant la frontière argentine, il faut le savoir aussi !
Rien que des volcans… aux flancs marbrés… à perte de vue !
… et quelques lagunes aussi ! Celle de Pujsa à 80 km de SPA mérite un arrêt !
A l'approche du Salar de Tara, à 4500 mètres d'altitude, les imposants monolithes des Monjes de la Pacana montent la garde à proximité de la nationale.
Mais les paysages autour de ces colosses ne constituent qu'une mise en bouche. Il faut s'aventurer au cœur du désert pour découvrir ses trésors cachés. Pour les atteindre, il faut impérativement un 4X4 car le risque d'ensablement est sérieux.
Aucune piste n'y mène! Après le sable mou, on a le choix, sur cette grande ligne droite, entre des centaines de traces. Il vaut donc mieux avoir préparé son itinéraire !
Seul repère dans cette immensité : ce cactus en forme de coussin… Cumulopuntia boliviana ignescens.
Suivre les cailloux du Petit Poucet risque aussi de vous conduire sur une fausse piste ;-)
Au milieu de cette étendue désertique surgissent alors des formations rocheuses tout en rondeur, dont les couleurs et les formes nous font penser à celles du désert Blanc en Egypte ou encore aux Coyote Buttes en Arizona.
Comme pour leurs "cousines", la nature y a dessiné des anneaux, des courbes et des vagues.
Mais ces doigts pointés vers le ciel annoncent d'autres formations encore plus singulières !
Quand apparaît devant nous cette immense falaise, nous savons que nous avons atteint les "Cathédrales de Tara".
Cette mesa s'interrompt brusquement pour laisser place à une lagune… le "Salar de Tara" ! Nous sommes à 4300 mètres d'altitude.
Sur ses rives, un petit abri tombe à pic pour le déjeuner. Le banc est déjà prévu, nous n'avons qu'à installer notre table et à déballer nos victuailles.
Un décor de rêve !
A 15 heures, nous sommes de retour sur la route internationale et une heure plus tard, à la frontière argentine. Quelle chance, il n'y a aucune attente, les formalités sont accomplies dans la foulée, le véhicule à peine fouillé… tout se passe comme sur des roulettes. Nous réglons nos montres, il y a une heure de décalage entre les deux pays.
Encore deux bonnes heures jusqu'à Susques… en passant de 4200 à 3600 mètres.
Le premier hôtel sur notre trajet est le Pastos Chicos… un complexe touristique comprenant une station-service, un restaurant et un hôtel. Nous demandons à visiter… la décoration est chaleureuse… mais la chambre sent très fort la peinture fraiche et la fenêtre ne s'ouvre pas. Nous laissons tomber avec regret !
Dans le virage suivant, Unquillar Hotel a l'air fermé mais en frappant à la porte, une jeune femme se précipite pour nous ouvrir. L'endroit est accueillant, joliment décoré également, la chambre mignonne, équipée de chauffage pour un prix bien inférieur que le précédent. Nous prenons sans regret !
La patronne du Pastos Chicos aura la bonne surprise de nous revoir un peu plus tard dans la soirée… pour le dîner. Au menu, une bonne viande d'Argentine accompagnée d'un excellent Malbec.
Nous n'avons toujours pas pu tester notre carte bancaire rafistolée (pas de banque aux alentours) et continuons à payer en devises. Pour combien de temps encore ?
Monjes de la Pacana

De Susques à Salta par la Ruta 40
J17 : Sam 14/05/11
Aujourd'hui, route vers Salta, plus de 300 km, par la R 40… hum, "route" est un peu prétentieux car il s'agit d'une piste... du moins jusqu'à mi-parcours, ce qui devrait bien faire une journée de trajet, entrecoupée de quelques sites remarquables.
L'accès de cette Ruta 40 se prend juste avant l'hôtel Pastos Chicos. Au début, la piste se présente bien, large et lisse, avec de temps en temps un peu de tôle ondulée. Elle grimpe doucement vers la Puna - l'altiplano argentin à 4200 m - dans un paysage mamelonné ponctué de quelques villages perdus.
Au loin on commence à distinguer la silhouette massive du volcan Tuzgle. Il compte, autour de sa base, quelques merveilles qui vont tour à tour nous occuper toute la matinée.
Tout d'abord, sur ses contreforts apparaît une falaise rocheuse et à ses pieds, le site d'escalade qui nous intéresse.
A vrai dire, nous n'avons aucune intention de pratiquer cette activité mais simplement d'explorer de long en large ce site de boulders, l'un des plus beau d'Amérique du Sud aux dires des connaisseurs de ce sport.
Nous l'avons découvert en regardant le film d'un groupe de grimpeurs, une Suissesse et neuf Grenoblois qui, fin 2010, ont été les premiers à y ouvrir des voies.
L'endroit est tout simplement fascinant, avec ses amas rocheux éparpillés sur toute la pente comme si un géant les avait fait dégringoler de la montagne.
Je sers à donner l'échelle… ou à retenir le caillou ?
Toujours au pied du Tuzgle, mais un peu plus loin, voilà une ancienne mine de soufre désaffectée… et une nouvelle occasion d'explorer ses moindres recoins. Seuls quelques murs restent encore debout !
Le camp était situé dans un environnement naturel exceptionnel au milieu d'une belle prairie marécageuse dominée par le cône veiné du volcan.
Enfin, pour finir, nous suivons la piste derrière la mine jusqu'au bout…
Quelle ne fut notre surprise de trouver là, si loin de tout, et surtout si loin de la R40, une maison… habitée… un peu comme celle-ci !
Après toutes ces flâneries, il est déjà 14 heures et grand temps d'avancer vers Salta. Allez, un dernier coup d'œil au Tuzgle, omniprésent !
Mais, à peine repartis, nous voilà à nouveau arrêtés, bouche bée, à l'entrée de cette vallée colorée où prédomine soudain le rouge carmin.
La piste continue à serpenter entre les collines en direction du viaduc de la Polvorilla.
Son état se dégrade nettement à cet endroit, et si on avait dû commencer par là, on aurait sans doute hésité à poursuivre tant la trace se perd dans le lit de la rivière !
Le viaduc est vraiment un bel ouvrage… apparemment on peut y monter, mais nous, on s'est contenté de l'admirer d'en bas.
Il est 14 heures, nous sommes à peine à moitié route de Salta, nous sommes samedi, nous n'avons pas réservé d'hébergement et nous craignons que le scénario d'Iquique ne se répète.
Nous décidons par conséquent de limiter les arrêts et de tracer jusqu'à la ville. Nous comptons sur le retour de l'asphalte pour augmenter notre vitesse moyenne mais ce n'est qu'après San Antonio de los Cobres que nous retrouvons le bitume.
A partir de ce village, une interminables série de lacets va nous faire perdre 2500 mètres d'altitude (Salta est à 1200 mètres) et alors qu'on croyait en avoir fini avec la piste, voilà que, cinquante kilomètres avant Salta, une nouvelle portion largement fréquentée par des camions nous inflige encore une fin de parcours dans une poussière infernale.
Quand enfin Salta se profile, nous sommes soulagés ! Il n'y plus qu'à se diriger vers le centre pour trouver un hébergement. J'avais repéré le Convento Antiguo qui m'avait fait bonne impression sur Internet. Malheureusement, ce que nous craignions, est arrivé : il est complet. Un plan en main, nous passons en revue tous les hôtels des rues Caseros et España mais quand ils ne sont pas complets, ils sont soit bruyants, soit moches, soit trop excentrés. Finalement, quand le Wilson Hotel nous propose sa dernière chambre, une grande suite avec parking, Wifi et petit déjeuner, nous n'hésitons plus… et posons nos valises dans cet hôtel moderne en plein centre.
Mais avant tout, il devient urgent de retirer des liquidités. Notre carte bleue raccommodée voudra-t-elle bien fonctionner ? Suspense… Hervé s'applique à l'introduire fermement dans le distributeur automatique. La machine hoquette, crachote… nous retenons notre souffle… et finalement accepte de nous délivrer nos billets ! Nous voilà tranquillisés sur la poursuite de notre voyage… du moins jusqu'au prochain retrait !
La bourse bien remplie et le cœur léger, nous partons visiter le centre-ville : la Cathédrale richement décorée, les abords de la Plaza 9 de Julio entourée de beaux bâtiments coloniaux admirablement préservés.
Il fait doux bien qu'un peu nuageux. Salta est très animée en ce samedi soir : beaucoup de monde dans les rues, aux terrasses des cafés, de la musique … et pour nous, l'envie de prolonger la soirée dans un restaurant près de la place centrale (dont j'ai oublié le nom).
Dans le désert de Tara
Dans la Quebrada de Humahuaca : Purmarcara et Tilcara
J18 : Dim 15/05/11
Déception au réveil, le ciel est désespérément gris ! On espérait approfondir la visite de Salta ce matin et admirer la ville depuis le mirador du Cerro Bernardo mais vu l'état du ciel, cette prolongation ne se justifie plus. Après quelques courses dans le supermarché du quartier, nous quittons la ville après le check-out à 11 heures.
Nous assurons néanmoins notre gîte de ce soir à Tilcara par une réservation téléphonique. Le village de Tilcara se situe dans la Quebrada de Humahuaca à environ 200 km au nord de Salta. Pour rejoindre la région, deux possibilités jusqu'à Jujuy : l'autoroute ou la Ruta 9 dite de la "Cornisa" (de la corniche).
Cette dernière est bien plus pittoresque et c'est pour cela que nous l'avons choisie. Etroite et sinueuse, elle traverse une forêt humide (oui, oui, humide !) où les lianes et les fougères rivalisent avec les eucalyptus… dans une ambiance très brumeuse. Parfois réduite à quatre mètres de largeur à peine, elle enchaîne les virages dans lesquels on ne peut se croiser et qu'il faut négocier "uno por vez", chacun son tour. Heureusement qu'il y a très peu de monde ! A ce rythme, trois heures pour parcourir les 90 km est une bonne moyenne.
Pour corser le tout, voilà que la pluie s'en mêle alors que nous espérions nous arrêter près du lac de la Cienega. Tant pis, on continue et ce n'est que bien plus au nord que le ciel laisse apparaître l'espoir d'une amélioration.
Ce n'est finalement qu'à l'approche de Purmamarca que le temps s'améliore réellement, nous sommes à plus de 2000 mètres d'altitude à l'entrée de la Quebrada de Humahuaca, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Alors finis les nuages et la végétation luxuriante, place à un univers à nouveau plus minéral, presque sans herbe, avec comme seules silhouettes celles des cactus, en suivant le lit du rio Grande… presque complètement asséché.
Avec le retour du soleil, le petit détour jusqu'à Purmamarca vaut vraiment le coup, afin d'approcher une des curiosités géologiques de la Quebrada de Humahuaca : la montagne aux Sept Couleurs !
Vue sur Purmarcara depuis le mirador.
Le "Paseo de los Colorados", un sentier de 3 km, permet d'être aux premières loges pour admirer la montagne colorée et ses replis. Il y a un vent terrible… j'ai du mal à tenir debout au passage de ce ressaut !
Du beige au violet en passant par le rouge orangé et le vert, la montagne aux Sept Couleurs exhibe la richesse minérale de la quebrada.
Poursuivons maintenant vers Tilcara. Après la montagne colorée, voici les outils du peintre… de grandes plaques rocheuses, aux reflets rouge, ocre, vert-de-gris ou ardoise, alignées les unes à côté des autres, telles des dizaines de palettes. Nous sommes en face de la "Paleta del Pintor" (la Palette du Peintre).
Plus que quelques kilomètres et nous voici à Tilcara. Nous avons réservé une "cabaña" au "Cerro Chico, lo del francés…" à l'écart du village, tout au bout d'une piste chaotique.
Sur les flancs du Cerro Negro, Nourredine, un ancien ingénieur français, a construit sept bungalows au milieu de verdoyantes terrasses en culture, de vergers et d'un parc boisé, réalisant ainsi son rêve d'enfant : créer un petit village dans la montagne.
Il nous réserve un accueil sympathique et chaleureux, nous laissant le choix entre deux cabañas. Elles sont toutes décorés dans un style rustique traditionnel, équipées de salle de bains avec eau chaude 24 h/24 et d'un poêle à bois… et offrent une vue panoramique exceptionnelle sur la Quebrada,
Nous choisissons la plus grande avec la meilleure vue, tant pis s'il faut monter les bagages un peu plus haut ! Conquis, nous réservons immédiatement une deuxième nuit.
Pour plus de photos du Cerro Chico, c'est ICI. Nous profitons de ce cadre exceptionnel jusqu'à la tombée de la nuit avant de nous retirer à l'intérieur, près du poêle bien chaud pour un dîner improvisé. Première nuit au Cerro Chico.
J19 : Lun 16/05/11
Réveil avec le soleil levant, inondant la quebrada. Excellent petit déjeuner avec les meilleurs croissants de tout le séjour ! Nous sommes si bien au Cerro Chico que nous avons envie de profiter pleinement des lieux, du moins ce matin. Nourredine nous a indiqué une balade en boucle sur les hauteurs de la propriété alors… vamos !
Une petite sente raide s'élève derrière notre cabine. Du point de vue, au premier plan, les bungalows et la piscine, au centre le lit du rio Grande et parallèle à la rivière, la route qui mène plus au nord vers la Quiaca et la frontière bolivo-argentine.
Tout le flanc de montagne au-dessus de la propriété a été aménagé en terrasses, avec des cactus et toute une variété de plantes grasses. On se croirait dans un jardin botanique !
En poursuivant la promenade, une nouvelle vue sur la propriété : au fond à gauche, on distingue maintenant le village de Tilcara et, au milieu, un petit étang : la laguna de los patos (le lac aux canards).
Alors que nous nous rapprochons à nouveau des habitations, nous tombons nez à nez avec un renard, "el zorro" en espagnol ! Il nous regarde droit dans les yeux !
Enfin, le tour ne serait pas complet sans un saut jusqu'à l'enclos des lamas. N'est-il pas mignon celui-ci, avec sa tresse ?
Après un déjeuner sur la terrasse, il est temps de découvrir les autres attractions touristiques de Tilcara et, en premier lieu, la Pucara de Tilcara. Il s'agit d'une forteresse de l'époque précolombienne construite il y a environ 900 ans par les Indiens Tilcaras, et qui a été restaurée à l'identique par des archéologues de l'université de Buenos Aires. Nous sommes lundi, ça tombe bien, l'entrée est gratuite avec donation.
Vue générale du site.
On peut y voir un ensemble d'habitations labyrinthiques de pierre, soigneusement reconstituées… au milieu d'un jardin de cactus.
Les poutres des maisons sont en bois de cactus, les murs et les toits en pierre.
A son apogée, le site hébergeait plus de 2000 habitants. Vu la hauteur des plafonds, on peut aisément imaginer qu'ils étaient de petite taille. Quant aux habitantes, probablement ressemblaient-elles à cela ?
En tout cas, ils jouissaient d'une vue imprenable sur toute la quebrada, ce qui facilitait beaucoup la protection des lieux.
Après cette agréable balade dans le temps, en route vers une autre attraction vantée dans les guides : la Garganta del Diablo. Pour y accéder, une piste de 8 km pour les véhicules ou un sentier à pied de 4km pour les piétons. Nous sommes un peu fainéants aujourd'hui alors nous optons pour la première solution. Nous imaginions une belle chute d'eau, en fait la Garganta, une cascade artificielle créée par un canal d'irrigation, n'a rien d'exceptionnel.
De retour au village, comme l'hôtel n'accepte pas la carte bancaire, nous passons une fois de plus au distributeur. Confiant, Hervé introduit la carte (la fameuse carte cassée et recollée), la machine hésite… hésite encore et… ô stupeur, avale la carte. La banque attenante est fermée, ouverture demain matin ! Nous voilà dans de beaux draps ! Affolés, nous nous précipitons dans le centre téléphonique voisin pour appeler un numéro d'urgence. Mais impossible ni de comprendre ni de se faire comprendre vraiment ! Finalement, la meilleure solution n'est-elle d'attendre tout simplement demain matin et l'ouverture de la banque pour qu'on nous rende la carte ? Mais qu'allons-nous devenir si nous ne pouvons obtenir de retrait ?
En attendant, avec les derniers pesos et pour nous remonter le moral, nous nous offrons un bon dîner à "El Patio" sur les conseils de Nourredine. Brochettes de lama pour Hervé et lama à l'orange pour moi accompagnés d'une bonne bouteille de Cabernet Sauvignon !
Deuxième nuit au Cerro Chico !
De Humahuaca à Iruya : Cerro Hornocal, San Isidro
J20 : Mar 17/05/11
Dès 9 heures, nous attendons de pied ferme l'ouverture de la banque. Avec mon espagnol sommaire, j'explique à l'employé que "nuestra tarjeta Visa esta bloqueada en la machina". Il se dirige aussitôt vers le cagibi renfermant le distributeur. Il revient avec la carte dans un triste état et décrète qu'elle n'est plus bonne à rien. Mais alors que faire ?
Après un moment de réflexion, nous lui demandons une seconde chance. Si nous retentions un deuxième essai après avoir réparé la carte une nouvelle fois ? Nous ne risquons pas grand chose maintenant que la banque est ouverte.
Aussitôt dit, aussitôt fait … la machine hoquette, crachote… et... et… et… Hourra ! les billets apparaissent. Nous sommes sauvés… pour l'instant… jusqu'au prochain retrait en Bolivie !
Après une pause café et un petit tour au marché, nous prenons la route vers Humahuaca, 45 km au nord de Tilcara. Au bout de trois semaines, nous découvrons enfin que "el Coche" possède une antenne (rétractable), ce qui nous permet d'écouter de la musique… enfin détendus !
Le village d'Humahuaca (où nous arrivons à 11 heures) ne nous inspire guère mais, aux alentours, un point de vue remarquable ne nous a pas échappé lors de la préparation du voyage. Sa localisation a été tout particulièrement difficile à établir.
La Ruta 73 (en réalité, une piste) s'éloigne de Humahuaca (2950 m). En ligne de mire, un sommet garni d'antennes, et pour l'atteindre une série de lacets serrés. Ici, la vue à la descente !
Au bout de 25 km et à 4200 mètres, un replat offre un point de vue idéal vers la montagne en face… sur les arches multicolores du Cerro Hornocal. Un tableau grandeur nature !
En réalité, ce cordon montagneux est issu d'une formation géologique particulière appelée "Yacoraite", composée principalement de schistes plus ou moins plissés, recouverts de grès tendre, rouge foncé, mais aussi bleu, jaune, vert, violet, ce qui donne cet effet de couleurs absolument incroyable !
Nous espérions y rester un moment et pique-niquer en face de ce chef-d'œuvre de la nature. Mais un vent violent nous en dissuade aussitôt le nez dehors. Malgré le froid, nous grimpons néanmoins sur le haut de la colline pour un point de vue encore plus grandiose. Nous avons le souffle coupé à la fois par l'altitude, le vent et… le panorama !
Quant à notre coin de pique-nique, nous l'installons, un étage plus bas, à l'abri du vent derrière les murs d'une masure abandonnée… en veillant à ne pas se faire piquer par ces cactus, des figuiers de Barbarie.
Nous retrouvons la route nationale vers 14 h 30, pas pour très longtemps, car une quinzaine de kilomètres plus loin, nous tournons à nouveau à droite vers Iruya à 60 km.
Une piste caillouteuse, où circulent malgré tout bus et camions, nous emmène d'abord à un col à 4000 mètres en passant par quelques hameaux aux noms insolites : Iturbe, Chaupi Rodeo et même… New-York… heu, pardon, Muyoc !
A partir de là s'enchaînent de belles vallées et gorges encaissées puis, soudain au détour d'un virage, une nouvelle œuvre de la nature : une montagne colorée aux larges marbrures roses… à ne pas manquer !
Alors que nous nous apprêtons à photographier ce sommet remarquable, une bergère bien audacieuse vient nous réclamer un droit pour avoir pris ses moutons en photo. Mais alors que nous acceptons bien volontiers de la dédommager de quelques pesos, elle en exige davantage. Alors nous la laissons à… ses moutons et reprenons la route !
Les paysages qui nous attendent à partir du col sont encore plus étonnants ! D'abord, une chaîne montagneuse aux flancs lisses et doux comme drapés de velours !
Une piste serpentant en mille lacets dans une descente vertigineuse. On ose à peine imaginer qu'on va passer par là ! Mais quand on sait que le col culmine à 4000 m et que le village d'Iruya est situé à 2500 m, on comprend mieux !
Puis des à-pics impressionnants !
Enfin… après plus de deux heures, une église et quelques maisons accrochées à une falaise : Iruya, un village… au bout du monde, vraiment !
Nous nous mettons tout de suite à la recherche d'un hébergement (pour deux nuits) et nous n'aurons pas à chercher longtemps… à l'hosteria Federico III, il y a tout ce qu'il nous faut : une petite chambre au mur de galets chaulés, avec chauffage, eau chaude, petit déjeuner, donnant sur une terrasse proprette avec vue sur la falaise, pour un prix certes presque équivalent à celui de la cabaña de la veille mais ici, on est loin de tout…
Une fois installés, allons voir le village ! Une belle église restaurée, de petites venelles pavées très pentues… Iruya ne manque pas de charme !
Mais alors que le village est vraiment isolé, il n'en est pas moins vivant et résonne en permanence des jeux et des rires d'un grand nombre d'enfants et de jeunes.
Le Federico III fait aussi restaurant. Nous n'avons alors qu'à traverser la cour pour mettre les pieds sous la table devant des "brisas norteñas" (sorte de tourte) pour Hervé et un "Federico III pastel" (sorte de crêpe au fromage et oignons) pour moi. En dessert, nous nous partageons une crêpe au caramel… si bonne que nous ne résistons pas à en commander immédiatement une seconde.
J21 : Mer 18/05/11
Aujourd'hui à priori "el coche" devrait rester au repos et nous, randonner à pied jusqu'à Isidro soit une quinzaine de km A/R. Cet itinéraire est un classique souvent évoqué sur notre forum préféré. Il suffit de suivre la piste qui, elle, remonte le rio.
Le départ est donné de bonne heure et le pas rapide au début… forcément on commence par descendre… mais dès que le sens de la pente s'inverse, bouh ! on ressent immédiatement la différence… c'est comme si quelqu'un nous retenait par les épaules !
Mais ce que nous n'avions pas prévu, c'est qu'à cette saison, le rio est bien plus profond qu'en pleine saison sèche et sauf à se mouiller les mollets, nous ne voyons pas de moyen de traverser. Alors quand les occupants d'un 4X4 passant à ce moment-là nous préviennent que ce ne sera pas la seule fois où nous devrions franchir la rivière, nous changeons nos plans et rebroussons chemin jusqu'au village.
"El coche" va donc reprendre du service immédiatement. En réalité, il y a une bonne quinzaine de gués (nous les avons comptés), certains doubles et le torrent coule très fort. 4X4 obligatoire !
La piste s'arrête au pied du village de San Isidro, perché sur une falaise 30 à 40 mètres plus haut. Un autre village du bout du monde !
Un petit sentier y grimpe directement mais Hervé, qui aime bien les variantes, décide de partir dans le sens opposé par le lit de la rivière. Quelle idée saugrenue ! Je le suis en grognant ! Au bout de quelques centaines de mètres, il finit par admettre son mauvais choix. Mais maintenant qu'on a fait tout ce chemin pourquoi ne pas tenter une boucle nous ramenant vers le village plutôt que de revenir sur nos pas ? Pas si facile ! Après avoir trouvé un canyon latéral, Hervé persévère puis aperçoit un homme sur un sentier, un peu plus haut ! Un peu d'escalade et nous voilà tirés d'affaire, sur la bonne voie pour atteindre San Isidro… hum, d'une façon très peu conventionnelle !
Ça y est, le village est en vue !
Comme son voisin Iruya et contrairement à ce qu'on pourrait croire, le village est habité et animé. D'ailleurs, en le traversant, nous rencontrons à cette heure-ci (12/13h) beaucoup d'écoliers.
Pour survivre, les habitants ont sans doute besoin d'être autosuffisants, ceci expliquant sans doute la scène suivante : de la viande de lama séchant sur un fil… à côté du linge !
Sur le chemin du retour à Iruya, nous faisons une pause pour admirer les étonnantes couleurs du canyon en dégradés de roses et gris.
Les nombreux passages dans la rivière nous donnent une idée, d'autant que nous bénéficions d'un peu de temps : et si on faisait une toilette approfondie à notre "coche" ?A l'aide d'une petite bassine et d'une bouteille plastique, nous l'aspergeons abondamment avant de le frotter à l'intérieur comme à l'extérieur. Le voilà pimpant et rutilant… mais pour combien de temps ?
De retour à l'hôtel, la fin de l'après-midi passe à buller sur la terrasse. Nous ne sommes pas les seuls, lui aussi apprécie le farniente !
Mais dès que le soleil décline, il fait vite frisquet. C'est le moment de bouger et de courir le village à la recherche d'un comedor où dîner ce soir. Nous en repérons plusieurs mais à l'heure du dîner, leurs portes sont étonnamment fermées. Alors il n'y a plus qu'à retourner manger au Federico, le seul à être ouvert. Des escalopes milanaises au menu de ce soir et pour le dessert, une valeur sûre : comme hier, des crêpes au caramel !
Deuxième nuit au Federico III.
Cerro Hornocal
De la Quebrada de Chulin à Yavi : des pétroglyphes à gogo
J22 : Jeu 19/05/11
A 9 h 30, nous quittons Iruya par la même piste qu'à l'aller, celle aux mille lacets. Nous avons de la chance car, jusqu'au col, nous ne croisons aucun véhicule et finalement, nous mettons moins de 2 heures pour rejoindre la nationale.
Nous poursuivons vers le nord et la frontière bolivienne. Ce soir, nous avons prévu d'être à Yavi, toujours en Argentine, soit un trajet de près de 250 km depuis Iruya, mais pas d'une traite… nous avons quelques projets pour la journée.
Près de Tres Cruces, voilà déjà le premier arrêt avec, comme objectif, celui de rejoindre un canyon du nom de Quebrada de Chulin où se trouve une caverne (Inca Cueva) où a été découverte en 1937 une momie vieille de 6000 ans.
Plus que la caverne, c'est la quebrada qui nous intéresse. D'après notre documentation, ce serait un beau canyon aux roches rouges renfermant en outre une belle collection de pétroglyphes.
Le site se trouve à environ deux heures de marche du Rio Grande et le point de départ se situe près du carrefour de Tres Cruces, au niveau d'un pont ferroviaire abandonné. Altitude 3560 m.
Aucun panneau, ni balisage ni cairn. A part les coordonnées GPS de la grotte aux momies, pas d'autre indication en notre possession !
Nous laissons "el coche" (avec toutes nos affaires) garé sur le bord de la route, certes avec un brin d'appréhension, et suivons le lit asséché de la rivière en direction d'une paroi rouge, visible de loin. Il est presque midi.
Au bout d'une heure, nous approchons du point GPS programmé mais, à part deux petites maisons abandonnées, rien qui ne puisse évoquer la grotte en question. Peut-être est-ce l'ancien camp des chercheurs de momies ?
Sans aucune indication supplémentaire, nous étions sur le point d'abandonner quand Hervé propose de continuer encore un peu, à gauche des masures, pendant un quart d'heure au maximum… n'oublions pas qu'on a laissé le 4X4 sur le bord de la nationale !
Quinze minutes plus tard, voilà les premières parois rouges annonçant l'entrée dans la Quebrada de Chulin. Nous sommes à présent à 3700 mètres.
Alors plus question de renoncer, explorons davantage ! Des rochers rouges et lisses… agrémentés de bouquets d'herbes de la pampa ! Un filet d'eau stagnant dans des potholes ! Ça nous rappelle quelque chose.
Des falaises rouges percées d'une arche naturelle auxquelles s'accrochent quelques arbustes ! Du slickrock ! Assurément on a déjà vu ça ailleurs !
Ma parole ! On se croirait dans un "red canyon" de l'Utah !
Et par-dessus le marché, comme là-bas, un site de pétroglyphes, caché sous une voûte !
Vraiment, ce canyon est un petit bijou et on aurait aimé y passer l'après-midi. Peut-être aurions nous fini par trouver la grotte aux momies, cachée quelque part dans les hauteurs ! Mais nous ne sommes pas totalement rassurés d'avoir laissé la voiture sans surveillance aussi longtemps. Avec quelques regrets, nous décidons de ne pas poursuivre.
Quarante cinq minutes plus tard, nous sommes de retour auprès d'el coche qui se porte comme un charme. Sans doute ne risquait-il pas plus ici que sur un parking dans la forêt de Fontainebleau !
Cap au nord : Abra Pampa, bourgade triste balayée par les vents où nous pique-niquons sur un banc de la place centrale, puis encore plus au nord vers la ville frontière de La Quiaca, tout aussi déprimante.
Entre les deux, un immense plateau à 3500 mètres clôturé des deux côtés de la route et consacré à l'élevage de vaches, de moutons et de lamas. A l'entrée de la Quiaca, nous prenons immédiatement à droite la direction de Yavi.
Mais avant notre destination finale, un dernier détour… vers la Laguna Colorada (pas celle de Bolivie, mais celle de Yavi !) où l'on peut observer là aussi un grand nombre de pétroglyphes.
En approchant de la lagune, ils ne sont pas visibles d'emblée. Mais des amas de pierre érigés en murets attirent mon attention. Bingo… j'ai trouvé. Chaque enceinte abrite bien un site de pétroglyphes, il ne reste plus qu'à visiter chaque cachette. Certaines sont néanmoins condamnées par un portail cadenassé.
Pour rejoindre Yavi, Hervé décide d'essayer une piste non indiquée sur la carte du GPS mais semblant aller dans la bonne direction. Encore une de ses lubies ! Rapidement il faut nous rendre à l'évidence : pas moyen d'arriver sur la piste principale par cette variante. La trace se perd dans le décor… et nous avec ! Nous avançons hors piste, au rythme des creux et des bosses au beau milieu du plateau. Impasse totale !
Finalement, le chauffeur fantaisiste au volant d'un 4X4 efficace finit par nous tirer de là avec quelques suées avant de reprendre sagement la piste classique jusqu'à Yavi.
Yavi : des maisons en adobe et toit de chaume alignées le long de la rue principale et tout au bout, à la sortie du village, l'Hostal & Cabañas de Yavi où nous espérions trouver un hébergement. Personne…
La voisine nous indique que la propriétaire ne vit pas en permanence sur place mais habite quelque part dans le village. Il va bientôt faire nuit et nous n'avons pas trop envie de chercher alors quand la jeune femme nous propose une chambre chez elle, nous sommes intéressés.
Intérieur kitsch mais chaleureux ! Certes l'eau de la douche est à peine tiède, la pression faible, il n'y a pas de chauffage mais le petit déjeuner est compris et le prix imbattable : 80 ARS soit 16 €. Nous acceptons illico ! Son nom : Posada "Aires de Yavi".
Après un petit tour dans le village (église, musée), nous papotons avec la propriétaire et ses deux petites filles autour d'un bon feu de cheminée avant de sortir dîner. Le seul restaurant de Yavi est en panne de gaz, la soirée se poursuit dans notre chambre autour d'une soupe, vite préparée sur notre réchaud. C'est un jour de chance pour notre hôtelière : peu après, elle louera sa deuxième chambre à cinq touristes argentins !
Retour en Bolivie : Tupiza et ses canyons
J 23 : Ven 20/05/11
Après le petit déjeuner à la Posada, direction la frontière argentine avec un peu d'appréhension devant les formalités qui nous attendent.
Quelques véhicules argentins sont déjà arrêtés devant le poste et leurs conducteurs en train de faire la queue devant l'un des bureaux. Après nous être brièvement renseignés, en précisant bien que nous étions français et notre véhicule bolivien, on nous indique de patienter derrière les autres, manifestement tous argentins, propriétaires de leur véhicule. L'attente s'éternise. Apparemment dans le bureau, le douanier a l'air de gérer un cas litigieux. Nous piétinons dans le froid et les courants d'air, passablement énervés. Quand enfin vient notre tour, nous apprenons avec quelque agacement que notre cas relève du bureau voisin. Dire qu'on a fait attendu tout de temps pour rien ! Mais, à côté, la douanière très embarrassée ne sait pas trop quoi faire de nos papiers. Après un coup de fil prolongé, elle finit par conserver tous nos documents et nous dit que c'est OK.
Mais ce n'est pas fini pour autant, il reste à passer l'immigration (pour les personnes). Pas de chance, nous tombons là encore derrière les occupants d'un bus !
Finalement nous sommes libérés au bout de deux heures… pour l'instant… car il reste à valider l'entrée en Bolivie et la file d'attente déborde là aussi du trottoir. Heureusement, tout se règle en cinq minutes car on nous indique immédiatement le bon guichet pour lequel il n'y a pas de queue. Ouf !
Nous ne nous attardons pas dans la ville frontière de Villazon sauf pour acheter quelques fruits au marché. Nous comprenons au vu des centaines de boutiques et de vendeurs ambulants pourquoi tant d'Argentins traversent la frontière, notamment à pied : pas besoin de passer l'immigration pour une simple escapade de quelques heures, il suffit de franchir le pont. Le prix des marchandises en Bolivie permet sans doute de faire de bonnes affaires.
Très vite nous prenons la route pour Tupiza à 90 km, une route encore en construction, asphaltée presque en totalité sauf les ouvrages (ponts). Nous avons donc droit régulièrement à quelques déviations poussiéreuses jusqu'à notre arrivée.
Nichée à 2950 m d'altitude dans la vallée du rio Tupiza, entourée d'un paysage déchiqueté et bénéficiant d'un climat doux toute l'année, cette petite ville (22 000 habitants tout de même) est, paraît-il, le lieu idéal pour se reposer quelques jours.
Ça tombe bien, telle est notre intention pour les deux prochaines journées avant d'entamer l'expédition tant attendue vers le Sud Lipez et ses lagunes.
Pour notre hébergement, nous avons en tête d'aller au Mitru Hotel situé en plein centre, qui, selon le guide LP, est le meilleur de la ville. Une chambre très propre équipée de mobilier en bois de cactus, une bonne couette bien chaude car il n'y a pas de chauffage, une salle de bains privée avec eau chaude 24h/24, la télé, le petit déjeuner et la Wifi. En sus, un petit coin de gazon autour d'une belle piscine, un environnement fleuri, une place dans un parking fermé pour "el coche"… tout cela pour 260 Bolivianos = 26 €. Pas d'hésitation, nous prenons sur le champ !
Après un déjeuner rapide sur la terrasse, nous nous empressons de régler quelques questions d'intendance : passage à la banque (ouf, la carte après quelques balbutiements a bien voulu fonctionner), courses au marché, laverie… avant de nous octroyer quelques heures de détente.
Comme annoncé, le centre-ville dégage une atmosphère provinciale très appréciable. Beaucoup de petites boutiques (ne cherchez pas de supermarché !), des restaurants, des cafés, des agences touristiques, un marché… et le spectacle des Boliviennes pour beaucoup encore en tenue traditionnelle… dépaysement garanti !
La cathédrale
Une "tienda de bicicletas"
Bref, à la fois un rythme de vie paisible et une joyeuse animation ! Une ville très agréable !
Fin de journée sur une chaise longue tout en prenant le soleil, si, si… à l'abri du vent près de la piscine, il fait très chaud. Bikini et crème solaire sont d'ailleurs les accessoires indispensables pour la plupart des jeunes touristes de l'hôtel. Mais dès le coucher de soleil, petite laine de rigueur !
A Tupiza, difficile d'échapper à la soirée "tout" pizza ! Plus qu'un jeu de mot, c'est devenu une institution et les pizzerias fleurissent à tous les coins de rue ! Alors nous nous laissons tenter, d'autant qu'à deux pas de l'hôtel, nous avions repéré le restaurant "Italiana" au cadre à la fois rustique et stylé. La cuisine est à la hauteur du décor… délicieuse et goûteuse. On y reviendra.
J24 : Sam 21/05/11
C'est à nouveau jour de repos pour "el coche" et pour nous, jour de rando, en l'occurrence dans le "Cañon del Inca", soit une quinzaine de km. Départ à pied en direction… de la décharge ! Dommage pour cette pollution visuelle car au second plan, on commence déjà à entrevoir les rochers rouges de la quebrada.
C'est par la "Puerta del Diablo" que nous pénétrons dans le canyon.
Plus loin, ces pics élancés nous confirment que nous arrivons maintenant dans la "Valle de los Penes" ou "los Machos" !
Mais bientôt le sentier s'arrête au pied d'une grande paroi où coule un petit filet d'eau, nous sommes dans le canyon de l'Inca !
Serait-ce lui, l'Inca ?
Au fond de cette vallée, nous essayons de repérer une trace qui nous permettrait de rejoindre Tupiza en faisant une boucle. La petite carte sommaire distribuée par les agences de la ville laisse à penser que celle-ci existe, d'autant que la carte de Google Earth laissait également deviner une trace ténue. Ceci dit, la carte locale n'est pas à l'échelle et entre la carte satellite et la réalité du terrain, il y a un abîme !
Voici la carte en question, en vert fluo l'itinéraire qu'on espère pouvoir suivre !
Ayant remarqué des marques de pas et/ou de pattes d'animal (chien ?) à l'entrée d'une ravine, nous pensons être sur la bonne voie et commençons à grimper dans un amas rocheux !
50 m, 100 m, 150 m de dénivelé : nous progressons régulièrement, de rocher en rocher, en espérant ne pas avoir à faire demi-tour car plus que la montée, c'est la descente dans ces éboulis de pierres instables que je crains.
200 mètres de dénivelé : stop, Hervé annonce qu' il faut renoncer, la pente devient vraiment trop scabreuse. Nous sommes manifestement sur une fausse piste… impossible de franchir ces parois !
Retour chez l'Inca pour profiter d'un déjeuner à l'ombre.
Mais pas question de rester sur notre faim ! Immédiatement après la pause du midi, nous repartons musarder dans les canyons, non pas pour tenter de retrouver une quelconque trace, nous avons fait une croix dessus, mais pour découvrir toutes les facettes de ces paysages. X heures à aller et venir !
Des vallées envahies de cactus… un petit air de Nouveau-Mexique !
Et une armée de pénitents ?
A force d'arpenter ainsi tous les canyons latéraux, on en a plein les bottes et en arrivant à Tupiza à 15 heures, nous ne rêvons que d'une chose, tremper nos pieds surchauffés dans la piscine !
La trempette va être rapide car glaciale. En revanche, comme hier, un peu de bronzette ne fait pas de mal ! Profitons, profitons… car demain débute notre expédition dans la région de Los Lipez et nous nous attendons à des conditions plus rustiques.
Dernières courses afin de faire le plein de provisions pour 5 à 7 jours puis dîner au restaurant italien, cette fois-ci en compagnie de Marie Josée, une jeune Québécoise avec laquelle nous parlons de… voyages, bien sûr !
Dans les canyons de Tupiza
Sur les pistes du Sud Lipez : des hauts et des bas
J25 : Dim 22/05/11
Après différents réaménagements du parcours, nous avons à cette date deux journées d'avance sur notre planning initial, une marge confortable au moment d'aborder la partie cruciale de notre voyage, celle dont beaucoup prétendaient qu'elle ne pouvait pas se faire sans tour-opérateur.
Alors que le circuit classique proposé par les agences se déroule en 3 jours/2 nuits au départ d'Uyuni ou 4 jours/3 nuits depuis Tupiza, nous pensons le faire en 5 à 7 jours en alternant des hébergements 5 étoiles (boliviennes !) et d'autres… plutôt 5 cactus !
Notre première étape doit nous amener à San Pablo de Lipez où nous devrions passer la nuit à l'hôtel Tayka Los Volcanos, classé confortable, mais nous n'avons fait aucune réservation et espérons qu'il sera ouvert en ce tout début de saison malgré sa situation excentrée. Tout ceci va nous réserver bien des surprises !
Déjà le début de matinée commence par quelques coups de sang ! Sortir "el coche" du garage n'est pas une mince affaire. Réveiller les propriétaires garés derrière nous, trouver les clés, déplacer tous les véhicules, tout ça prend du temps ! Enfin, ça y est, nous voilà dans la rue mais pas encore partis pour autant. En effet, le marché du dimanche étale ses stands sur toute la rue principale, sans aucune déviation mise en place ! Nous tournons en rond ! C'est finalement en suivant par hasard une voiture locale que nous finissons par sortir de ce labyrinthe.
Ça y est, cette fois-ci, les formations en ailerons de la quebrada de Palala, à la sortie de Tupiza, confirment que nous sommes bien sur le début de la piste vers le Sud Lipez. Nous voilà vraiment partis !
La route commence alors à escalader une quebrada abrupte et étroite pendant une dizaine de kilomètres jusqu'à une crête, prise en étau entre deux pics et deux vallées : el Sillar = la Selle ! Vous remarquerez les veines bleutées provoquées par la présence de plomb dans la roche !
Les flancs de la montagne sont recouverts d'une forêt d'aiguilles pétrifiées.
J'avais lu qu'il pouvait y avoir jusqu'à 60 véhicules de tours-opérateurs au départ d'Uyuni, chaque jour. De Tupiza ils sont en général moins nombreux. En tout cas, pour l'instant, nous apercevons un seul véhicule devant nous au Sillar et un autre loin derrière, ce n'est pas pour nous déplaire et plutôt rassurant.
Voilà le 4X4 loin devant nous !
De crête en crête, de versant en versant, la surprise est de tous les instants avec l'impression de contempler ces paysages depuis le hublot d'un avion !
Petit à petit, nous avalons les dénivelés, doucement, parfois péniblement jusqu'à franchir le point culminant de la journée à 4390 mètres. Jamais guère plus de 20 à 25 km à l'heure et parfois beaucoup moins ! Le déplacement risque d'être plus long que prévu !
En outre, pas ou peu de panneaux et quand les noms des localités sont indiqués, ils sont parfois différents de ceux mentionnées sur les cartes. A chaque carrefour, nous sommes obligés de nous arrêter pour vérifier notre direction.
Pour corser le tout, un vent terrible… à en ébouriffer le pelage des lamas et le plumage des nandous !
A la mi-journée, après plus de trois heures de route, une pause est bienvenue mais pas n'importe où, nous cherchons de préférence un coin abrité. Après avoir repéré un escarpement coupe-vent, Hervé s'écarte de la piste et s'engage… dans le sable mou !
Zut, zut, zut, nous sommes immédiatement ensablés ! Il me garantit que nous sortirions de là d'un coup de 4X4 mais il a beau faire, nous nous enfonçons de plus belle.
Bon, rien ne sert de s'acharner, il faut retrousser nos manches. Hervé commence à manier la pelle pendant que je vais ramasser un maximum de grosses pierres. A plus de 4000 mètres d'altitude, le souffle est court et la tâche éreintante.
Vautré dans le sable, Hervé rehausse el coche à l'aide du cric et remplit le trou avec les pierres amassées. Déjà une heure que nous trimons comme des fous et je ne vois pas très bien comment nous allons nous en sortir. Il y avait bien un 4X4 derrière nous au départ mais je trouve qu'il aurait déjà dû nous rattraper… à moins qu'il n'ait pris une direction différente. Dans ce cas-là, serons-nous obligés d'attendre ici jusqu'à demain ?
Juste à ce moment-là, je vois le 4X4 arriver. Je me poste en plein milieu de la piste en faisant de grands signes au conducteur. Le véhicule s'arrête et j'explique au chauffeur avec mes rudiments d'espagnol que "nuestro coche esta bloqueado aqui". "Por que ?", me demande-t-il. Porque, porque… le vocabulaire me manque, qu'il vienne plutôt voir !
Quatre touristes (parlant parfaitement l'anglais et l'espagnol), le chauffeur et un jeune guide descendent de voiture. Hervé expose brièvement la situation et demande qu'on nous remorque.
Le chauffeur est perplexe : avec un 4X4, nous n'aurions pas dû avoir de problème. Il propose que tout le monde pousse, cela devrait suffire. Hervé se met au volant : à la une, à la deux, tout le monde pousse et… rien ne se passe !
Le Bolivien se gratte la tête : hum, il y a bien une touffe de "paja brava" coincée sous le châssis mais avec un 4X4… "Etes-vous sûr d'avoir enclenché le 4X4 ?" interroge-t-il. Hervé persuadé que oui vérifie pour la bonne cause et là, honte à nous, honte à lui, dans l'énervement il avait bien enclenché le 4X4 dans la voiture mais pas sur les roues.
Il se remet au volant, tout le monde pousse d'une chiquenaude, "el coche" bondit hors du sable sous les applaudissements. Une des touristes a photographié la scène. Dommage, nous ne l'avons pas revue par la suite mais qui sait, peut-être l'image traîne-t-elle quelque part sur un blog.
En tout cas, ils ont bien dû se moquer de nous !
Nous nous étions arrêtés pour déjeuner mais l'incident nous a pour l'instant coupé l'appétit. Il est 14 heures, nous repartons pour une heure et demi de plus en traversant des villages isolés : Cerrilos, Pululu… avant de manger un morceau, vite fait, debout à côté de la voiture.
El coche avance comme une tortue et le soleil commence déjà à décliner quand nous arrivons près d'un village au pied du Cerro Lipez. Il est 17 heures.
Nous pensions notre destination finale proche quand tout d'un coup, en regardant attentivement le GPS, je me rends compte que nous n'avons pas invoqué le bon saint. Ici c'est San Antonio et non San Pablo. Décidément, ce n'est pas notre jour !
Nous aurions pu dormir dans le carrosse ou chercher un logement chez l'habitant à San Antonio. Mais comme il nous reste une heure avant la tombée de la nuit, nous rebroussons chemin jusqu'au carrefour manqué pour prendre la direction de San Pablo afin de trouver plus de confort après toutes ces péripéties… à condition que l'hôtel soit ouvert.
Une vingtaine de kilomètres à peine mais une bonne heure de conduite sur une mauvaise piste… nous arrivons épuisés devant l'hôtel Los Volcanes. Ce que nous redoutions est arrivé : sans réservation, il n'y a personne !
En plus, les conditions de piste difficiles ont fortement entamé nos réserves de carburant et la jauge d'huile clignote. Au village de San Pablo, alors que la nuit vient de tomber, deux jeunes nous indiquent où trouver du carburant (certains habitants ont des réserves) et où trouver la personne possédant les clés de l'hôtel.
Pendant qu'Hervé complète le réservoir et fait l'appoint d'huile, les garçons m'amènent à l'autre bout du village frapper à une porte. Le fils de la maison m'assure qu'il y a un gardien dans l'hôtel, mais en m'accompagnant à nouveau sur place, il est forcé d'admettre qu'il n'y a personne.
En discutant avec lui, je finis par saisir le mot "alojamento" et la possibilité de dormir chez l'habitant. Le garçon nous accompagne alors chez Doña Flora. La vieille dame nous propose pour 20 Bol (2 euros) une chambre spartiate mais propre avec trois lits. Vu notre état de fatigue et l'heure, nous la trouvons "muy bien". Bien sûr à ce prix, les toilettes (avec chasse d'eau !) sont dans la cour, il n'y pas de douche, tout juste un lavabo avec de l'eau froide et le petit déjeuner n'est pas prévu. Après la journée qu'on vient de passer, c'est mieux que de dormir dans le 4X4.
Nous avons finalement parcouru 230 km en 9 heures (dont 1 h 30 d'arrêt), soit une moyenne de 20 km/h à peine. Les pistes du Sud Lipez sont vraiment difficiles, nous le confirmons, bien davantage que celles que nous avons expérimentées jusque là dans l'Ouest américain ou en Australie.
Après ça, dodo illico sans même dîner. Nous sommes KO.
J26 : Lun 23/05/11
J'ai eu du mal à m'endormir et ce matin au réveil, je me sens un peu vaseuse. Est-ce en raison de l'altitude (plus de 4100 m) ou simplement parce que je n'ai pas mangé grand chose hier ? Pour me remettre sur pied, Hervé me sert le petit déjeuner : eau chaude + café et lait en poudre + tartines déjà un peu rassies. Ça fait du bien !
Avant 8 heures, nous prenons congé de Doña Flora et de son mari en les remerciant pour leur accueil. Comme nous avons dormi dans nos sacs de couchage, la chambre va être vite remise en ordre !
Un coup d'œil au village de San Pablo de Lipez avant de partir !
L'étape prévue est deux fois plus courte que celle de la veille, soit 120 km environ jusqu'à Quetena Chico où nous devrions trouver une auberge où passer la nuit. Nous espérons par conséquent faire un trajet moins fatigant et surtout moins long… mais rien n'est moins sûr !
Le clou de la journée devrait être le passage d'un col à près de 5000 mètres ! Waouh !
Pour atteindre cette altitude, la montée se fera par palier. Il nous faut d'abord retourner à l'endroit où nous nous sommes aperçus de notre erreur hier : San Antonio de Lipez, au pied du Cerro du même nom.
Après San Antonio, la piste se met à chevaucher les monts environnants… pour s'envoler vers les sommets.
Un peu avant 10 heures, un premier col est atteint : 4790 mètres nous annonce un panneau à l'entrée de ce village fantôme. Ici c'est San Antonio Viejo… Emouvant, ce grand pueblo abandonné, au pied du Cerro Nuevo Mundo… pour une sombre histoire de diable, paraît-il. Superbe site pourtant !
Mais ce n'est pas fini : après une courte descente, la piste repart vers des hauteurs extrêmes au prix de secousses incessantes. Je ne suis pas en grande forme et lors de certains arrêts, je n'ai même pas le courage de sortir de la voiture. Heureusement Hervé assure côté conduite et côté photos car les paysages sont fabuleux !
Il est 11 heures. Pourtant, l'eau qui stagne dans cette prairie marécageuse est toujours gelée, preuve qu'il fait très, très froid. Ça n'a pourtant pas l'air de gêner les lamas !
Un quart d'heure plus tard, nous approchons du col !
4904 mètres : c'est le point le plus élevé de tout le parcours dans le Sud Lipez. Ça mérite que je sorte de la voiture malgré ma petite forme et pour marquer l'avènement, nous laissons El Coche pour parcourir les derniers mètres à pied.
Juste après le col, voici qu'apparaît la lagune Morejon aux reflets gris-bleu, ourlée de sel, à 4855 mètres d'altitude dominée par le volcan Uturuncu !
Il est maintenant 13 heures mais impossible d'envisager de manger en plein air, il y a beaucoup trop de vent. Alors quand à l'entrée du parc national Eduardo Avaroa les rangers nous proposent leur coin-salon, nous sommes soulagés après ces cinq heures de piste éprouvante. C'est aussi ici que nous réglons les droits pour le parc : 150 BOL/personne, entrée valable trois jours.
Requinqués par un bon casse-croûte, nous repartons plein d'entrain, d'autant que nous savons notre destination finale proche. Il ne reste qu'une quinzaine de kilomètres jusqu'à Quetena Chico.
Après un dernier passage de gué large et boueux, nous arrivons au village un peu après 14 heures, heureux d'avoir fini notre journée de route. Nous pénétrons dans la cour de ce qui semble être une auberge. En attendant la gérante, nous visitons les chambres toutes inoccupées à cette heure de la journée et destinées à des groupes de 2 à 6 personnes.
En demandant une chambre pour deux, la propriétaire annonce qu'il n'y a pas de chambre pour ce nombre. Nous insistons en nous disant prêts à louer une chambre plus grande (30 BOL par lit soit 120 BOL pour une chambre de 4 lits, ce qui ferait 12 euros). Mais rien n'y fait, elle veut absolument nous envoyer ailleurs, dans une autre auberge du village ou dans un village voisin. Mais nous ne voulons pas faire un kilomètre de plus et insistons encore. Elle finit par accepter à contrecœur.
Elle nous installe alors dans une chambre pour quatre. Les toilettes sont partagées, il y a un lavabo avec de l'eau froide, pas de chauffage mais, bonne surprise, une douche !
Nous nous empressons de nous renseigner sur son fonctionnement et tombons sur une aimable jeune femme qui nous affirme que dans une heure, l'eau sera chaude. Parfait !
Peu après, celle qui nous a si froidement accueillis vient nous prévenir que pour la douche, ce sera 10 BOL (1€) de plus. Que ne donnerait-on pas pour prendre une douche alors soit !
L'aimable jeune fille revient finalement toute gênée pour nous avertir que les tuyaux avaient gelé, donc pas de douche ! Info ou intox ? Bref, il faudra se contenter aujourd'hui encore d'une toilette de chat.
Nous passons tout l'après-midi à bouquiner, à préparer l'itinéraire des jours suivants, à nous détendre… jusqu'à l'arrivée d'un autre 4X4. Tiens, comme el coche, il a un réservoir d'essence sur le toit ! En y regardant de plus près, nous découvrons l'autocollant de Petita, celui de notre loueur, apposé sur sa lunette arrière.
Ses occupants : un couple d'Allemands voyageant comme nous en individuels. Comme quoi nous ne sommes pas les seuls baroudeurs à se frotter aux pistes du Sud Lipez ! Ils font le parcours dans le sens d'inverse, ce qui nous donne l'occasion de profiter de nos bons et mauvais plans réciproques.
Pour le dîner, nous nous concoctons une marmite de spaghettis à la sauce tomate… de quoi nous requinquer définitivement.
Alors qu'il fait nuit depuis belle lurette, un dernier groupe arrive : trois jeunes Russes en compagnie de leur chauffeur et de leur cuisinière. Nous craignons une ambiance bruyante mais non, très rapidement, c'est l'extinction des feux pour tous ! Nous dormons à 4100 mètres d'altitude.
Verde et Blanca, des lagunes hautes en couleurs
J27 : Mar 24/05/11
Réveil aux premières lueurs du jour. Les trois Russes sont déjà dans les starting blocks, prêts à faire l'ascension du volcan Uturuncu (6006 mètres). Un peu comme au Cerro Toco au Chili, la piste ici monte jusqu'à 5750 mètres. Nous avions envisagé cette ascension, mais après l'expérience du Toco, nous préférons rester sur une réussite, d'autant qu'aujourd'hui la météo n'est pas vraiment clémente.
En effet, le ciel est très chargé et la voisine de l'auberge (à qui nous achetons un peu d'essence) nous annonce pluie et neige dans la direction que nous allons prendre.
Une étape équivalente à celle d'hier (120 km) doit nous conduire au pied du volcan Licancabur, à proximité des lagunes Blanca et Verde où se trouve un refuge offrant une prestation équivalente à celle des hébergements précédents.
Aux dires du couple allemand rencontré à l'auberge, la piste serait meilleure à partir de maintenant mais à peine sortis de Quetena, les cahots reprennent. Cela ne nous empêche pas de pousser jusqu'à Barrancas, un détour de 6 km pour admirer le village abandonné blotti au pied d'une falaise déchiquetée. Les ruines laissent apparaître quelques dates repères : 1925 pour l'église, 1993 pour l'école, preuves que les lieux n'ont été désertés que récemment.
Sans doute la faute au rio : aujourd'hui nous le franchissons à gué mais qu'en est-il quand il est en crue ? Les habitants devaient être piégés !
Le bodefal voisin du village fantôme !
Après le village de Quetena Grande qui en dépit de son nom compte moins de maisons que son homonyme Chico, nous nous apprêtons à traverser des zones désertiques et reculées qui, sous les nuages, paraissent encore plus hostiles !
La voisine de l'auberge avait raison : à l'approche des lagunes Hedionda et Kollpa, les intempéries se précisent.
Mais les averses sont très localisées. Au fil de notre progression, nous sommes les témoins privilégiés de la transformation des paysages sous des cieux changeants.
Ici, le plateau saupoudré de neige se plaît à se refléter à la surface de la lagune Hedionda sous un ciel parfaitement bleu.
Là, le soleil perce timidement en dépit d'une grande traîne nuageuse.
Mais en prenant à l'ouest du salar de Chalviri la direction de Hijo Hiton vers la frontière bolivo-chilienne, le ciel s'obscurcit vraiment dans une atmosphère dramatique.
L'aspect de la piste est aussi hostile que celle du ciel et depuis ce matin, nous n'avons croisé qu'un seul véhicule.
Il est bientôt midi, nous approchons de la mine Orsu après avoir franchi à 4800 mètres le point culminant de la journée. A cette altitude, la piste est truffée de petites plaques de neige et de glace. Prudence !
Les lagunes Verde et Blanca ne sont alors plus très loin. Devant nous, le Juriques en robe carmin et caché derrière son dos, le Licancabur, les deux sommets que nous observions depuis la fenêtre de notre lodge à San Pedro de Atacama. A droite, on devine les prémices de la lagune Blanca.
Nous avons couvert les 120 km de notre étape en 4 heures environ, notre vitesse moyenne est donc légèrement en hausse. Les Allemands avaient raison : la piste est un peu meilleure.
Il est 13 heures quand nous franchissons le seuil du refuge de la Laguna Blanca. Plusieurs groupes sont venus y déjeuner à l'abri car plus encore que les jours précédents, un vent fou balaie les abords de la lagune et s'engouffre dans le refuge, faisant claquer les portes et trembler le toit. Espérons qu'il ne va pas s'envoler !
On nous propose une chambre pour deux avec "baño privado" certes, mais comme le froid intense empêche toute installation sanitaire de fonctionner correctement, il n'y a pas d'eau courante ni au lavabo ni au WC et la douche n'est là que pour le décor. Pas de chauffage non plus, ni d'électricité permanente. C'est le système D : un fût rempli d'eau plus un broc et l'électricité entre 18 et 20 heures seulement. Le prix : 120 BOL pour deux (12 $). Le refuge peut aussi servir le dîner et le petit déjeuner pour quelques bolivianos supplémentaires. Nous prenons tout le package.
En attendant, pour le midi, nous puisons dans nos provisions pour notre salade au thon journalière.
Nous aurions tellement aimé nous promener à pied autour du refuge au bord des lagunes blanche et verte mais impossible avec ce vent. : 60? 80? 100 km/h ? Alors c'est à bord de notre tacot que nous allons les découvrir mais pas sans penser à glisser dans notre sac maillot de bain et serviette !!!
Entre les deux lagunes se dresse un petit abri en pierre et à ses pieds, un bassin d'eau chaude. Les chauffeurs se gardent bien d'y amener leurs clients, ils se réservent, dit-on, ce petit bain pour eux tout seuls après leur journée de conduite. A cette heure-ci, ils sont encore tous au volant alors à nous, la baignade !
Bien que la température extérieure ressentie avoisine les -5°, nous n'avons aucun mal à nous plonger avec délice dans ce bain à plus de 30 degrés. Pendant plus d'une demi-heure, nous profitons de la douce chaleur de l'eau dans ce décor de sable, de sel et de pierre, repoussant sans cesse le moment crucial d'en sortir.
Pour s'en extraire, c'est une autre affaire ! Affronter mouillé les rafales de vent glacial, c'est pire que de se tremper l'été dans un torrent corse, au bout de quelques secondes, vous êtes anesthésié. Une expérience inoubliable ! Dire qu'il y a quelques instants, j'étais en maillot de bain !
Après avoir fait le tour complet du couple de lagunes, retour au chaud au refuge. Chaud, chaud… tout est relatif. En fait, la température à l'intérieur du refuge reste très correcte en journée tant que le soleil chauffe à travers le toit en polycarbonate (pour éviter la casse). Mais en soirée, dès qu'il se couche, il y fait très froid. Sous-vêtements longs, pantalon de ski, petite et grosse polaire, doudoune avec capuche, bonnet et gants : c'est dans cette tenue que nous nous présentons au dîner. Heureusement, une bonne soupe aux légumes nous prodigue un peu de réconfort. Nous n'en laissons pas une goutte !
Mais la chaleur, nous ne la trouverons réellement que sous la couette… plus exactement dans notre sac de couchage prévu pour supporter une température jusqu'à -10°. Cette nuit, c'est indispensable ! Altitude 4350 mètres
Colorada, la plus colorée des lagunes
J28 : Mer 25/05/11
- 13° à 8 heures : el coche fait son premier caprice en refusant de démarrer. Hervé desserre le frein pour le faire reculer au soleil et capot ouvert, nous attendons une bonne demi-heure qu'il se réchauffe. J'ai les doigts qui m'en tombent tellement il fait froid. Quand la température remonte à -8, nous démarrons enfin.
Alors que jusqu'à présent nous n'avons croisé que très peu de véhicules, nous sommes soudain très surpris de les voir arriver en nombre. En effet, à 8 heures, à la Laguna Verde, c'est l'heure de pointe des tours-operateurs. Entre ceux qui sont vides et qui rejoignent la frontière pour chercher des touristes en provenance du Chili et ceux qui ont démarré très tôt avec leurs clients, c'est le défilé incessant. Il vaut mieux être prudents, ils foncent à tombeau ouvert à travers le désert : plusieurs morts chaque année.
Précisons que la piste est maintenant large et bonne, une vraie autoroute. Peu après ce rush matinal, c'est à nouveau l'accalmie (ouf!) et nous pouvons profiter tranquillement des merveilleuses couleurs des montagnes environnantes.
Ce soir, nous espérons pouvoir bénéficier d'un hébergement de qualité à l'hôtel Tayka del Desierto. Avec un peu de chance, il est ouvert car situé sur le circuit classique du Sud Lipez, à proximité de la Laguna Colorada et de l'Arbol de Piedra. Alors croisons les doigts ! Cent cinquante kilomètres nous en séparent.
En attendant, nous progressons vers le nord, longeons le désert de Dali, encore à l'ombre, boudons les thermes de Polques archibondés et roulons vers Sol de Mañana, un champ de geysers à 4850 mètres d'altitude !
Sol de Mañana… seuls sur les lieux, dans un froid polaire alors que sous nos pieds, la terre bouillonne !
A l'approche de la Laguna Colorada, les 4X4 des tours-opérateurs reviennent en force et leurs panaches de poussière gâchent un peu la vue. Mais alors qu'ils s'engagent tous à l'est, notre route passe à l'ouest de la lagune. Nous voilà à nouveau au calme et aux premières loges pour admirer un flamant andin isolé sur la lagune colorée. Quelle merveille… cette couleur allant du rouge au rose et au mauve !
Il est midi et le refuge de la lagune Colorada tombe à point pour déjeuner à l'abri du vent (moins violent qu'hier malgré tout) en compagnie de cinq jeunes filles et leur guide. Ils nous donnent les dernières nouvelles sur l'état du salar d'Uyuni : praticable mais pas encore sec en totalité. A méditer !
Après le repas, nous prenons le petit sentier longeant la rive et amenant au mirador Aguas Calientes où l'on peut observer lamas et flamants.
Mais c'est surtout l'occasion de contempler cette incroyable palette de couleurs… en bleu-blanc-rouge… tiens, tiens !
En retournant à la voiture, le vent se lève à nouveau et comme nous l'avons dans le nez, nous avançons péniblement. N'oublions pas que nous sommes à plus de 4300 mètres.
La Laguna Colorada marque le limite de la Réserve Nationale. Immédiatement après, la piste se dégrade, laissant place à de longues distances de tôle ondulée.
Dix-huit kilomètres plus au nord, encore une autre attraction : le fameux Arbol de Piedra, magnifique sculpture naturelle.
Puis, dernière ligne droite jusqu'à l'hôtel Tayka, harmonieusement intégré au paysage ocre du désert de Siloli !
Yes, il est ouvert :-) Un lit confortable, une couette douillette, du chauffage, de l'eau chauffée à l'énergie solaire… au bout de quatre jours, quel bonheur ! En prime, un excellent repas… elle n'est pas belle, la vie !
Laguna Colorada
On a roulé sur le salar d'Uyuni encore inondé
J29 : Jeu 26/05/11
- 5° ce matin : el Coche, garé à l'ombre, fait encore des siennes. Au bout de plusieurs tentatives infructueuses, le chauffeur d'un tour-opérateur vole à notre secours et le fait démarrer en insistant sur le démarreur. Ils ont la main, les gars !
Notre projet pour les jours suivants a été un peu revu à la baisse. A l'origine, nous avions prévu de contourner le salar par l'ouest, de rejoindre ensuite l'île Incahuasi puis le village de Coquesa au nord. Nous pensions zapper Uyuni.
Aldo, notre loueur, nous avait indiqué que le contournement du salar par l'ouest était certes un projet très intéressant mais que sur certaines portions de piste nous ne dépasserions pas les 5 km/h. Or on a déjà eu notre compte de mauvaises pistes alors on préfère laisser tomber, d'autant qu'on manque d'infos précises sur l'état du salar dans cette partie.
Nous nous dirigerons par conséquent d'abord vers Uyuni. De là, nous pourrons rallier l'île Incahuasi puis éventuellement, si toutes les conditions sont réunies, le nord du salar.
Pour rejoindre Uyuni, nous choisissons de passer par Villa Alota, la Valle de Rocas, San Agustin et San Juan, un itinéraire à l'écart du circuit des TO.
Si nous sommes endurants, nous pourrons être à Uyuni (plus de 300 km) dès ce soir. Sinon, nous nous arrêterons à mi-chemin à San Juan.
Cette journée commence alors par la route des Joyaux Andins, cinq lagunes (Ramaditas, Honda, Char Khota, Hedionda, Cañapa), posées comme autant d'émeraudes au pied d'un des plus prestigieux sommets andins, l'Ollagüe (5863 mètres).
La lagune Hedionda est réputée pour ses rassemblements de flamants roses. Aujourd'hui pas un seul à l'horizon. En revanche, partout de curieux petits tas de terre dûs à ces drôles de petits rongeurs. En voici un qui pointe son nez !
En prenant à l'est après la dernière des cinq lagunes vers Villa Alota, nous nous écartons du tour classique et du flot des 4 x 4 en provenance d'Uyuni. Mais pas question pour l'instant d'augmenter notre vitesse moyenne. Piste caillouteuse, gués boueux et arrêts photos vont nous occuper une bonne partie de la matinée.
Bientôt, nous distinguons au loin une large voie. Un gazoduc ? Une autoroute ? Presque… en réalité, une piste très large et bien entretenue que nous ne tardons pas à rejoindre et qui va nous permettre d'augmenter enfin notre vitesse de croisière. 70 km/h à l'aise, d'ailleurs les véhicules que nous croisons font largement du 100. Poussière garantie L
Dire qu'il n'y en a pas un seul qui s'arrête dans cette magnifique Valle de Rocas qui s'étend à présent devant nos yeux, sauf nous.
Une heure d'exploration dans ces ravines aux formes insolites.
Wings, mushroom, balanced rocks… et autres formes rocheuses stimulant l'imagination !
Un étrange labyrinthe et une lointaine parenté avec un certain Maze en Utah.
Après cette incursion dans la vallée des roches, un peu avant Villa Alota, nous délaissons à nouveau la grande route pour un itinéraire plus confidentiel en direction de San Agustin, une piste coincée entre une haute falaise et un rio où paissent nombre de lamas.
Après un col à 4200 mètres, la vallée s'élargit, laissant bientôt place aux champs de quinoa.
Pique-nique sur la place du village de San Agustin, puis descente vers San Juan sur une piste sablonneuse et du coup poussiéreuse comme jamais. On a l'impression de rouler sur de la farine, la poussière pénètre partout. A chaque cahot, celle accumulée dans la voiture se soulève en un voile brumeux. Je suis au bord de l'asphyxie.
En traversant la voie ferrée, un avant-goût de salar : c'est l'extrémité de celui de Chiguana.
Le village de San Juan n'a rien d'attrayant. Il est 15 heures. Plus de cent cinquante kilomètres nous séparent d'Uyuni, il reste trois heures avant la tombée de la nuit. Ça va être juste mais tentons quand même !
Car Uyuni, ce n'est pas la porte à côté, le salar n'est pas accessible partout, il faut rejoindre une rampe d'accès, le trajet nous parait interminable et l'heure tourne.
Quand nous atteignons enfin la rampe de Colcha K, c'est pour nous apercevoir qu'il reste jusqu'à une trentaine de centimètres d'eau sur la surface du salar. Je me renseigne auprès d'un gars dans un engin de chantier, il m'assure qu'on peut traverser "sin problema". D'ailleurs, nous ne sommes pas les seuls.
On espère tout de même trouver du sec plus loin car sinon atteindre Uyuni avant la nuit est tout bonnement mission impossible.
Hervé règle la boussole sur son GPS et c'est parti à 5 km/h dans 30 centimètres d'eau.
Quelle impression étrange alors que tout autour de nous, la terre se confond avec le ciel.
Ouf, au bout de 5 kilomètres, nous arrivons sur la surface sèche, ce qui permet d'appuyer sur le champignon pour atteindre les 70 à 90 km/h ! C'est alors aussi facile que de rouler sur une autoroute !
Nous retrouvons à nouveau un peu d'eau à la hauteur de Colchani, au moment de sortir du salar.
Entre-temps, le soleil s'est couché, teintant le ciel d'un voile mauve. Mais nous n'avons pas le courage de faire des photos, ne songeant qu'à une chose, vite, vite rejoindre la ville et trouver un toit, sans réservation, mais pas n'importe où.
Depuis plusieurs mois, nous étions en contact avec Christophe, propriétaire de la maison d'hôtes "La petite porte". C'est là que nous aimerions loger mais il n'a que deux chambres alors…les chances sont minces.
Il est 18 h 30 et il fait nuit quand nous arrivons sur place. Un coup de sonnette, personne ! Un deuxième coup… toujours personne… quand soudain, la porte s'ouvre et Janette l'épouse bolivienne de Christophe, nous accueille en confirmant la disponibilité de la chambre. Ouf, ouf, ouf !
Derrière une façade quelconque dans une rue triste et poussiéreuse, nous découvrons alors un paradis et c'est couverts de poussière, les valises pleines de linge sale que nous passons la porte.
Séduits par les lieux, nous décidons immédiatement d'y rester deux nuits, histoire de récupérer.
Une fois bien installés, nous finissons la soirée à la Loco autour d'un délicieux filet de lama au roquefort pour Hervé, au poivre vert pour moi accompagné de quinoa aux légumes et suivi d'une part de tarte aux noix et chocolat du Brésil ! Un des meilleurs repas de notre voyage.
J30 : Ven 27/05/11 Après son passage dans le salar, el Coche, en plus de la poussière dont il était déjà garni, est maintenant recouvert d'une belle couche de cristaux de sel allant jusqu'à former de petits stalactites sous le bas de caisse. Mais pour l'instant pas question de le passer au lavage, nous comptons lui infliger le même sort aujourd'hui en retournant dans le désert de sel jusqu'à l'île Incahuasi.
Plus vaste réserve de sel et de lithium au monde, le salar d'Uyuni s'étend sur plus 1 200 000 km2 à 3653 mètres d'altitude.
En accédant au salar à Colchani, la progression se fait d'abord les roues dans l'eau ! A la vue de ces îlots de sel encerclés d'eau, on pourrait presque se croire au bord d'un océan à marée basse !
Puis, un peu plus loin, nous ne tardons pas à trouver une surface presque sèche… une vaste étendue désolée d'un blanc aveuglant et d'une incomparable pureté. Juste le ciel, le sel et nous !
Une mer blanche et plane de plaques de sel de forme hexagonale ! Leurs contours moins nets qu'en plein hiver trahissent leur assèchement récent.
Quel bonheur de faire notre propre trace dans cette immensité avec comme seul repère le relief à l'horizon mais… en évitant ces grandes auréoles grisâtres dans lesquelles, raconte-t-on, on peut s'enfoncer dangereusement.
Bientôt l'île émerge au loin. Appelée Incahuasi ou la maison de l'Inca, elle est également connue sous le nom de lsla del Pescado. En la voyant ainsi posée sur cet océan de sel, son allure de poisson se confirme.
Mais on pourrait aussi l'appeler l'île aux cactus car elle est entièrement recouverte de Trichoreceus.
Très appréciée des touristes, elle est souvent envahie de monde, surtout à l'heure du midi où tous les groupes s'y arrêtent pour la pause déjeuner. Mais aujourd'hui la fréquentation se limite à quatre ou cinq véhicules et pas plus d'une dizaine de touristes. La balade vers les hauteurs de l'île est très agréable et la vue magnifique sur le salar.
Pour nous aussi, le cadre de l'île est idéal à l'heure du déjeuner. Pas besoin de déballer notre matériel : des tables constituées d'une plaque de sel et des tabourets de sel sont immédiatement disponibles… avec vue sur le désert blanc. Parfait pour tirer le repas du sac.
Mais déjà une autre île se profile au loin, qu'on aimerait bien atteindre. C'est parti pour une vingtaine de kilomètres de plus sur cet océan de sel.
D'après notre carte, ce serait celle-ci l'île Pescado mais elle est parfois aussi nommée Isla Pescador ou Isla Grande. Bref, comme souvent en Bolivie, d'un document à l'autre, les noms varient. En tout cas, elle est beaucoup plus grande que la précédente, également recouverte de cactus mais beaucoup plus sauvage et non aménagée. D'ailleurs, aucun autre véhicule n'a poussé jusque là… est-ce mauvais signe ?
Cela doit nous inciter à la prudence. Pas question d'y accoster, l'état de la couche de sel ne nous assure pas confiance. Ce n'est pas le moment de s'embourber ! Nous nous contenterons de la contempler à distance.
Puis retour à Uyuni non sans aller tâter un peu de surface inondée, histoire de voir les sommets andins s'y refléter et les cristaux de sel y briller.
Après la magie de ce désert de sel et d'eau, retour à la réalité car el Coche est dans un sale état. Heureusement, à l'entrée d'Uyuni, une station de nettoyage quasi professionnelle tombe à point nommé pour un décapage au "Karcher".
De retour à "la petite porte", il est temps de penser à l'organisation des prochains jours.
Nous avons en effet décidé d'abandonner définitivement l'idée de rejoindre Coquesa au nord du salar, cette zone étant en général la dernière à s'assécher.
Après avoir rapidement potassé nos guides pour trouver une nouvelle destination, nous consacrerons donc les trois jours prochains à une escapade à Sucre via Potosi, avant de passer les deux derniers jours de notre voyage à La Paz.
Afin de ne pas faire chou blanc à Sucre un week-end, nous assurons une réservation d'hôtel pour les deux prochaines nuits dans cette ville.
Voiture décrassée, linge lavé, courses faites, valises préparées… tout est prêt pour cette dernière phase du voyage. Il ne reste plus qu'à aller dîner et puisque la Loco nous a fait une si bonne impression pourquoi changer ? Le filet de lama au poivre vert ravit une fois de plus nos papilles.
Deuxième nuit à la Petite Porte.
Potosi la rude et Sucre la douce
J31 : Sam 28/05/11
Nous quittons le doux cocon de la Petite Porte à 7 h 30 car la journée risque d'être longue : 208 km mais 5 heures de route jusqu'à Potosi puis 160 km et 3 heures de plus jusqu'à Sucre. Entre Potosi et Sucre, la route est asphaltée mais celle entre Uyuni et Potosi est encore en construction, uniquement bitumée aux trois quarts.
Allons, courage… car pour commencer, c'est de la piste pendant les 20 premiers kilomètres jusqu'à Pulacayo. Après cette petite localité, nous accueillons le bitume comme une libération. Après des jours et des jours de piste poussiéreuse, enfin une belle route, fraîchement terminée, comme en témoigne encore l'absence de marquage au sol. Cerise sur le gâteau, elle nous fait aussi traverser de somptueux paysages.
Ce beau ruban asphalté nous amènerait-il à Potosi en moins de temps que prévu ? Hélas, non ! Déjà au loin, on distingue des panaches de poussière, signes que les véhicules circulent sur une piste de terre. Effectivement, nous ne tardons pas à arriver au cœur d'un vaste chantier. Partout ouvriers et engins s'activent à la construction de la route. Au fil des kilomètres, nous assistons, intéressés et amusés, aux différentes étapes : du tas de terre prêt à être étalé… à la route déjà lissée sur le point d'être recouverte.
Jusqu'à Potosi se succèdent alors des portions bitumées et d'autres non. Le plus étonnant des ouvrages est sans aucun doute ce superbe pont à arche en cours de construction. Une très belle œuvre !
De chantier en déviation, nous arrivons finalement à Potosi vers midi. Notre estimation était bonne. Après avoir cherché en vain un parking gardé pour el Coche, nous finissons par le laisser près de la plaza Estudiante afin de faire un petit tour à pied dans la ville. N'ayant pas vraiment potassé les curiosités à y voir, nous errons sans véritable but dans le centre historique et au hasard des rues, admirons l'une ou l'autre des 80 églises héritées de l'époque coloniale ainsi la vue sur le Cerro Rico qui a fait la richesse de la ville avec ses mines d'argent.
Mais la foule grouillante en ce samedi et l'altitude (4000 mètres) deviennent vite oppressantes et je ne suis pas mécontente de poursuivre vers Sucre. Les paysages changent rapidement, les montagnes s'arrondissent, des eucalyptus apparaissent au bord de la route ainsi que des champs de céréales et de nombreux villages.
A mi-chemin, la route plonge de 1000 mètres dans un canyon, Sucre n'est alors plus très loin. Il est 16 heures quand, soudain, au détour d'un virage… un gros encombrement… tous les véhicules sont arrêtés, engorgeant les deux voies de circulation. Mais que se passe-t-il ? La route serait-elle barrée par un bloqueo (grève)? Je me renseigne auprès des occupants de la voiture voisine. Je ne comprends pas toute la réponse de la dame, simplement qu'il faudra patienter au moins une heure et comme elle mime un volant de voiture, je conclus qu'il doit s'agir d'un accident.
En fait, pas du tout, la circulation a été interrompue en raison d'une course automobile sans qu'aucune déviation ne soit prévue. D'ailleurs en prêtant l'oreille, on entend le crissement des pneus des bolides et en tournant le bouton de la radio, on assiste aux commentaires en direct. Ambiance locale assurée !
Quand à 17 h 30 le convoi s'ébranle enfin, nous avons tout juste le temps de rejoindre notre hôtel avant la tombée de la nuit. El Parador Santa Maria la Real… encore un paradis !
Élégant et raffiné, cet hôtel historique possède une cour à arcades, des meubles anciens, une terrasse avec vue et une étrange partie historique. Nous nous y sentons comme des coqs en pâte !
Nichée à 2750 mètres d'altitude dans une vallée entourée de basses montagnes, Sucre jouit d'un climat doux et agréable. C'est effectivement le cas en cette belle soirée de mai qui se prête fort bien à un dîner au balcon au "Los Balcones Restaurant" sur la plazza 25 de Mayo. Un assortiment de viandes pour Hervé et une brochette pour moi… des portions énormes pour un prix lui aussi très doux ! Je sens que Sucre va nous plaire !
Dim 29/05/11
Un petit déjeuner digne des plus grands hôtels dans une salle à manger au décor ancien… voilà de quoi bien démarrer la journée.
Après avoir visité la partie souterraine historique de l'hôtel, la journée est consacrée à la visite de la ville, réputée être la plus belle de Bolivie et qui est aussi la capitale constitutionnelle du pays.
La course automobile s'est installée aujourd'hui au cœur de la cité et sur la plaza 25 de Mayo, les bolides sont, ce matin, sur la ligne de départ. Devant la cathédrale
Tous les Sucrites sont au rendez-vous et bien sûr, les vendeurs de barbe à papa, de bonbons, de sandwichs et de boissons. Une grande fête populaire !
La rue principale, théâtre de la course, est barrée mais nous finissons par trouver un moyen de contourner les barrières afin de pouvoir poursuivre notre visite.
Sucre conserve de belles églises et un magnifique ensemble de bâtiments chaulés hérités de l'époque coloniale et très bien conservés grâce notamment à son inscription depuis 1991 au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Nous poursuivons notre balade jusqu'au parc Bolivar où trône une réplique miniature de la tour Eiffel réalisée par l'auteur de l'original en 1906.
Le marché fait aussi partie des incontournable de la ville : un véritable festival de couleurs et de senteurs… et des fruits et légumes à profusion !
Pour le déjeuner, ce sera au Patio, c'est une salteñeria… qui sert (mais on peut aussi emporter) de délicieux salteñas, sorte de chaussons fourrés de viande, petits pois, raisins secs et olives, le tout légèrement pimenté…
Installé dans le patio d'une demeure ancienne, le lieu est très agréable et très apprécié des locaux. D'ailleurs, on y fait la queue en ce dimanche midi.
Sucre est aussi la capitale bolivienne du chocolat, nous ne résistons pas à en goûter quelques-uns mais ils n'arrivent pas à la cheville des chocolats belges. En revanche, chez Para Ti Chocolates, celui au quinoa est très original.
Chocolat et chaussons fourrés nous ayant bien plombés, le retour pour quelques heures à l'hôtel est bienvenu. C'est alors l'occasion de découvrir la vue depuis la terrasse, par-dessus les toits.
En fin d'après-midi, nous grimpons par d'étroites rues pentues vers le jardin de la Recoleta.
Pendant ce temps, sur la plaza 25 de Mayo, les vainqueurs de la course se voient remettre leur prix alors que nous allons finir la soirée par un excellent dîner à la Taverne, le restaurant de l'Alliance française.
Une très belle journée à Sucre et un véritable coup de cœur pour cette ville !
J33 : Lun 30/05/11
Impossible de rejoindre La Paz (à 700 km) en une journée, il faut scinder le trajet en deux, c'est donc une étape de transition qui nous attend jusqu'à Oruro.
Le départ est à nouveau matinal. Jusqu'à Potosi (150 km, 3 heures) nous reprenons exactement la même route qu'à l'aller.
Cent cinquante kilomètres nous attendent ensuite jusqu'à Chalapatta à travers des canyons impressionnants, des cols à plus de 4000 mètres, des montées et descentes terribles. El coche se traîne et la route nous semble interminable.
A Chalapatta, nous rattrapons la route venant d'Uyuni. Il reste encore 117 km jusqu'à Oruro mais heureusement là, c'est en ligne quasi droite sur un haut plateau jusqu'à notre destination finale.
Oruro, une ville horrible que nous nous hâtons de quitter ! A 15 km au nord-est, j'avais repéré les thermes d'Obrajes, un "complexe touristique" comprenant une sorte de piscine d'eau thermale chaude et un hostal familial. Je ne m'attendais pas à monts et merveilles et effectivement il valait mieux. L'accueil peu aimable et la chambre glaciale ne nous paraissent même pas valoir les 220 BOL (22 €) demandés.
Finalement, pour cette dernière nuit avant La Paz, nous serons aussi bien à dormir dans el Coche sur le parking, tout simplement.
Salar d'Uyuni inondé !
Derniers jours à La Paz
J34 : Mar 31/05/11
Nous avons si bien dormi dans notre 4 x 4 sur le parking des thermes d'Obrajes que nous sommes tout surpris de trouver un second véhicule garé à côté du nôtre et encore plus étonnés de constater qu'il remorque une des voitures ayant participé à la course automobile de Sucre.
Nous replions vite fait nos affaires, ça caille, et après un rapide petit déjeuner debout à côté d'el Coche, nous prenons la direction de La Paz. Le trajet est rapide bien que la circulation sur ce tronçon soit bien plus chargée que sur les autres routes boliviennes. De nombreux chantiers sont également en cours afin de doubler à terme cet axe de circulation, l'un des plus empruntés du pays.
A 11heures, nous rendons le véhicule chez Petita (rien à signaler) et une heure plus tard, le taxi nous dépose à la Loge. Au moment de préparer ce voyage, nous avions hésité entre la Maison et la Loge, tous les deux proposant un hébergement sous forme d'appart'hôtel. Pour couper la poire en deux, nous avions passé la nuit de l'arrivée dans le premier et réservé le deuxième pour le retour.
Dans le quartier résidentiel de Sopocachi, dans une petite rue qui ne paie pas de mine, un bâtiment en forme de bateau ! Nous y sommes !
Au rez-de-chaussée, le restaurant la Comédie. Dans les étages, cinq appartements. Bernardo nous a réservé celui du deuxième étage, un deux-pièces clair et moderne aux tons brique, ocre chaud et bois sombre, avec télé et ordinateur connecté à Internet. Formule petit déjeuner à domicile avec tous les ingrédients prévus dans le frigo et le pain frais accroché à la porte le matin à 7 heures. En plus du ménage quotidien, le lavage, séchage et repassage du linge est inclus (ça, c'est inespéré). Tout cela (pour moins de 50 €) promet une fin de voyage très agréable.
Après quelques heures de repos, il est temps d'explorer à pied le quartier. Le centre, ce sera pour demain.
La ville la plus haute du monde se laisse encore mieux apprécier depuis les quelques belvédères qui l'entourent. Le plus proche de notre appartement est celui du parc Monticulo. C'est donc là que nous nous rendons en cette fin d'après-midi.
A La Paz, les quartiers les plus riches se situent dans le fond du canyon alors que les plus pauvres se concentrent sur les hauteurs. C'est particulièrement visible ici :
De beaux immeubles modernes côtoient des petites bicoques rudimentaires, le tout dominé par une impressionnante chaîne montagneuse.
Au fil de notre balade, deux détails ont retenu notre attention. Impossible d'échapper aux rues en pente !
Et partout, des enchevêtrements de fils électriques
Après avoir arpenté le quartier de bas en haut et de haut en bas, nous n'avons heureusement pas de kilomètres à faire pour trouver une bonne adresse pour le dîner. Il nous suffit de descendre d'un étage et de nous attabler à la Comédie et si Hervé se laisse une nouvelle fois tenter par une viande, moi je choisis une truite du lac Titicaca. Cuisine excellente et service impeccable. Nous y reviendrons !
J35 : Mer 01/06/2011
A 7 heures, comme prévu, le pain frais est déposé devant la porte de notre appartement et une heure plus tard, nous sommes déjà dehors, avec comme but de rallier le centre à pied… 2,5 km… en montée.
Ce qui est curieux, c'est qu'on commence par descendre… forcément, nous partons dans la mauvaise direction, ce qui nous donne l'occasion de jeter un œil sur le quartier des ambassades et des grandes entreprises.
De grands immeubles de bureaux… on pourrait se croire dans une ville comme Calgary, par ex.
Mais cette erreur matinale va nous coûter beaucoup d'énergie car la montée sera d'autant plus longue et la traversée du quartier du Prado interminable.
Nous en avons plein les bottes en arrivant à la plaza San Francisco et sommes heureux de pouvoir trouver quelques instants de paix et de repos dans l'église du même nom.
La place est en complète rénovation et une armée d'ouvriers s'y active déjà de bon matin.
Mais si nous sommes venus jusque là, c'est pour découvrir l'un des marchés les plus curieux de La Paz, celui des Sorcières.
Entre les boutiques d'artisanat pour touristes, quelques marchandes vendent des ingrédients bien étranges : des ongles de camélidés et des fœtus de lamas momifiés, destinés à influencer ou à amadouer les esprits bienveillants ou malveillants de l'univers aymara.
Une balade agréable dans ces petites rues pavées… au fil des boutiques hautes en couleurs !
Une balade entre tradition et modernité car ici, on croise aussi bien des cholitas aux longues tresses, chapeau melon, jupe traditionnelle et châle aux couleurs vives que leurs filles en jeans et tee-shirt moulant.
En milieu de matinée, la ville grouille d'activité et les vendeurs et vendeuses sont tous à leur poste. Car ce qui frappe par-dessus tout, c'est que tout se vend et s'achète dans la rue. Beaucoup ont investi dans un petit kiosque, en fait plutôt un minuscule placard renfermant toutes sortes de marchandises, de la friandise à la boisson en passant par des jouets ou des billets de loterie. Mais la plupart vendent à la sauvette à un coin de rue.
Les plus étonnants : un vendeur de loupes, un autre vendant des pochettes et porte-documents en plastique, un troisième des casquettes usagées… bref, ce spectacle donne lieu à une intense activité, chacun criant et attirant le badaud.
Sans compter une cohorte de cireurs de chaussures, disponibles à chaque coin de rue. Vous n'avez aucune excuse de ne pas avoir vos chaussures parfaitement cirées. Ces lustrabotas portent souvent une cagoule ou une casquette enfoncée jusqu'aux yeux pour, dit-on, éviter l'opprobre sociale.
En cette fin de matinée, la circulation atteint son maximum, les rues principales sont engorgées de véhicules, essentiellement des taxis, des bus et surtout une flopée de microbus. A la fenêtre de chacun d'eux, un gars débite en permanence et en criant les noms de toutes les rues desservies… au milieu de klaxons incessants.
Traverser les grandes artères dans ces conditions relève alors du parcours du combattant. Personne ne respecte rien, les Boliviens sont aussi mauvais conducteurs que les Egyptiens ou les Equatoriens et même aux passages pour piétons, on n'est pas complètement en sécurité. Depuis quelque temps pourtant, une campagne de sensibilisation a été mise en place et des "zèbres" régulent le trafic à proximité de certains carrefours. Une approche ludique mais pas toujours prise aux sérieux par les conducteurs. J'ai bien failli me faire renverser.
Ajoutez à cela la pollution et l'altitude ! Dans ce contexte pas étonnant que nous ayons un peu la tête qui tourne au bout d'une matinée dans cette ville grouillante, surotu après cinq semaines dans la solitude des déserts. J'avais listé bien d'autres points d'intérêt mais pour aujourd'hui dans le centre, on s'arrête là. Alors le retour, en taxi ou à pied ? Bon, ça descend… alors à pied !
S'il n'est pas question de retourner dans le centre, nous promener dans un parc pour profiter d'une belle vue n'est pas exclu Après le mirador du Monticulo hier, c'est donc le point de vue du Laikakota qui nous attend cet après-midi. Et toujours à pied !
Bien que le parc soit visible de loin, nous nous perdons dans le dédale des rues et des escaliers des alentours. Pensant y arriver par un raccourci, nous débouchons finalement sur la terrasse d'une propriété privée. Une belle vue mais une impasse !
En arrivant là-haut, force est de constater que le parc est actuellement fermé pour travaux. D'ailleurs c'est tout le site qui est en restructuration. La ville y a créé une passerelle piétonne et une piste cyclable reliant le parc Laikakota au parc Roosevelt, une promenade très agréable dans des espaces verts joliment aménagés et une très belle vue en prime… depuis la "via Balcon".
Finalement, à notre compteur, largement plus d'une dizaine de kilomètres aujourd'hui. A 4000 mètres d'altitude, ça creuse, alors nous sommes encore bien contents, ce soir, de pouvoir mettre les pieds sous la table à la Comédie.
Reste la corvée des valises mais avec tout le linge déjà lavé et repassé à la Loge, cela devient une simple formalité ! Merci Bernardo de proposer ce service inclus qui va drôlement me faciliter la vie au retour ! Merci aussi pour tous les cafés si gentiment offerts. Un accueil vraiment top !
J36 : Jeu 02/06/2011
Comme notre vol est prévu à 17 h 30 ce soir, il nous reste toute la matinée pour finir la découverte de la ville. Les points à voir absolument sont alors cochés sur un plan et c'est parti, une nouvelle fois à pied.
De bon matin, nous reprenons la passerelle de la via Balcon en appréciant une fois encore le panorama.
Ensuite, direction le Museo del Aire Libre où l'on peut voir des répliques de statues trouvées sur le site de Tiwanaku, un grand centre cérémoniel pré-inca. Il est sans doute plus intéressant de voir les originales sur le site archéologique mais à défaut, on s'en contentera.
J'arrive finalement à persuader Hervé que le centre-ville n'est pas si éloigné alors nous mettons le cap sur le quartier de la cathédrale. La cathédrale
A l'intérieur, un des ses principaux attraits, ses vitraux !
La plaza Murillo devant la cathédrale
La Calle Jaén, la plus jolie rue coloniale
Cette ville grouillante, que nous trouvions hier presque hostile, se présente aujourd'hui sous une facette plus sereine et alors que nous déambulons à nouveau sur le Prado pour revenir à Sopocachi, nous supportons beaucoup mieux son agitation. A croire qu'en deux jours, elle a su nous apprivoiser.
En tout cas, même si elle n'a pas la beauté et la douceur d'une ville comme Sucre, elle dégage, grâce à sa situation exceptionnelle, quelque chose de fascinant.
C'est sur cette impression que se termine notre voyage de cinq semaines… dans des contrées à l'image de sa capitale… parfois hostiles mais toujours fascinantes. Bref, un fabuleux voyage !
Marché de la Paz

En conclusion
Un parcours de 5300 km, un kilométrage très proche de notre estimation initiale mais un itinéraire revu et adapté sur place et finalement bien équilibré. Des étapes parfois courtes en distance mais pas forcément en temps en raison de l'état du réseau routier, surtout en Bolivie. Des conditions climatiques parfois rudes mais jamais extrêmes, des altitudes toujours élevées. Des paysages à couper le souffle et un dépaysement total ! Un voyage qui nous a enchantés !
Commençons par ce que nous n'avons pas aimé : — la poussière… omniprésente ! — le passage des frontières… long, très long. Prévoir une demi-journée pour le passage depuis ou vers la Bolivie. Entre le Chili et l'Argentine, les formalités sont un peu plus rapides. Sinon, la solution est de consacrer un voyage à chaque pays. Ce que nous avons aimé : — Tout le reste… et particulièrement les paysages extraordinaires du Sud Lipez mais aussi ceux des parcs nationaux le long de la frontière bolivo-chilienne, du désert d'Atacama et notamment du salar de Tara sans oublier le parc national de Sajama. — après tant de beauté sauvage, la Quebrada de Humahuaca nous a fait un peu moins d'impression même si nous avons beaucoup aimé les arches du Cerro Hornocal ou la piste menant à Iruya. — enfin, un coup de cœur pour la ville de Sucre !
Sur le mode de déplacement Le Nissan Patrol, loué chez Petita, très bien équipé et entretenu par Aldo et son mécanicien, était parfaitement adapté aux conditions de piste difficiles de ces régions isolées. Pas une seule crevaison malgré le mauvais traitement infligé par le terrain. Il était malgré loin d'être étanche à la poussière. Très efficace pour le franchissement, un peu moins sur la route, il est néanmoins gourmand en carburant (25 l au 100 en moyenne). Heureusement, l'essence en Bolivie a l'avantage d'être très bon marché. Au Chili et en Argentine, le prix est proche de celui de l'Europe. La location d'un tel véhicule reste cependant une pratique marginale, la plupart des voyageurs utilisant les bus (parfois de nuit) pour les grands déplacements et les tour-opérateurs pour faire des excursions d'un ou plusieurs jours. Il donne assurément une très grande sensation de liberté. La conduite sur les pistes particulièrement en Bolivie n'est toutefois pas à prendre à la légère et exige un peu d'expérience. Il est également primordial de préparer minutieusement son itinéraire en raison de l'inexistence totale d'indications routières. Contrairement à que prétendent certains, circuler en indépendants dans la région de los Lipez est alors tout à fait faisable dans ces conditions.
Sur le mode d'hébergement Nous avons volontairement mixé des hébergements de type refuge certes rudimentaires mais permettant d'être au plus près des sites naturels et des hôtels plus confortables quand c'était possible. Dans les hôtels, le petit déjeuner est toujours inclus. Nos hébergements préférés : l'Atacama Lodge à SPA, le Cerro Chico à Tilcara, le Parador Santa Maria à Sucre et la Loge à La Paz. Les hébergements sont dans l'ensemble bon marché en Bolivie. Au Chili et en Argentine, ils sont plus proches du standard européen.
Sur la sécurité A aucun moment, nous n'avons ressenti un quelconque sentiment d'insécurité. Comme partout, il s'agit d'être vigilant et de ne pas exhiber de signe ostentatoire de richesse. Dans les villages, il n'y a aucun problème. En ville, notre véhicule était toujours garé dans un parking fermé, la nuit (toujours compris dans le prix des hôtels). Les habitants de l'altiplano andin sont des gens discrets, nous n'avons jamais été sollicités, pas même par les enfants.
Quelques données bibliographiques Pour la Bolivie, j'ai investi dans le guide Lonely Planet. Pour le Chili et l'Argentine, je me suis contentée de consulter le Routard et le LP à la bibliothèque municipale. En fait, nous avons surtout utilisé Google Earth pour visualiser et préparer l'itinéraire et Internet en général pour diverses informations. Ci-dessous, les coordonnées de quelques internautes dont les récits et/ou les témoignages m'ont aidés dans la préparation de ce voyage : http://www.namast.com/pag.php?pag=chi10 http://sites.google.com/...aterreargentine/Home http://www.enroutepourlemonde.fr/...Argentine/in... http://www.bourlingueurs.com/ Voilà vous savez tout, ou presque… en tout cas, si ce récit vous a donné envie de suivre nos traces, si vous avez besoin de renseignements complémentaires, n'hésitez pas, nous nous ferons une joie de vous répondre. Vous pouvez nous contacter par l'intermédiaire de notre forum préféré ou de notre livre d'or. Christine (récit) et Hervé (photos)
FIN...
Cerro Hornocal... encore !
Le récit accompagné de photos est ici :
https://sites.google.com/...uleuxvoyagesbolivie/

Présentation
En 2005, il y avait eu l’Equateur… et depuis, l’envie de retrouver les paysages andins ne nous a pas quittés. Mais l’Amérique du Sud, c’est vaste… alors quel(s) pays choisir pour ce deuxième séjour ?
C’est le Nord du Chili et notamment le désert d’Atacama qui nous ont attirés en premier (Ah, la vallée de la Lune) et puisque la frontière argentine n’était pas si éloignée, autant la traverser pour découvrir le Nord-Ouest argentin, réputé pour sa belle quebrada classée au patrimoine mondial.
Mais quand nous avons commencé à lorgner sur les paysages du sud de la Bolivie, le coup de foudre fut immédiat. A partir de ce moment-là, nous ne pouvions plus imaginer un voyage dans cette région sans y inclure le Sud bolivien avec ses lagunes colorées, ses geysers bouillonnants, ses volcans aux sommets enneigés et le fameux Salar d’Uyuni… mais c’est là que le projet se corsa !
En effet, la quasi-totalité des voyageurs parcourt le Sud bolivien dans des 4X4 de tours opérateurs. Seuls quelques irréductibles se lancent dans un parcours en solo… et fidèles à nos valeurs, nous voulions le tenter seuls !
Merci aux membres de VoyageForum qui nous ont précédés dans cette aventure et qui nous ont confirmé que c’était bien possible : Misele, Paratte, Quai67, Tichodrome, Tsarang974.
La seule contrainte : commencer et finir le voyage à La Paz car c’est là que nous pouvions louer un 4X4 chez Petita qui rend possible le passage dans les pays voisins.
Nous imaginons alors le parcours suivant en cinq semaines, du 28 avril au 3 juin 2011.
Même si c’est le début de l’hiver, c’est en principe la saison sèche et pas encore la période la plus froide. Restait à déterminer le sens… horaire ou antihoraire. Nous avions préparé notre itinéraire dans le sens des aiguilles d’une montre mais c’est finalement la météo qui décidera pour nous car, en raison de pluies importantes fin mars début avril, le Salar d’Uyuni est recouvert de vingt à cinquante centimètres d’eau et sa traversée toujours impossible quelques jours avant notre départ.
Par conséquent, nous nous dirigerons d'abord vers la frontière chilienne via le parc national de Sajama, traverserons ensuite le Nord du Chili et le Nord-Ouest de l'Argentine avant de finir par le Sud-Ouest de la Bolivie et le Salar d'Uyuni, qui aura eu le temps, on l'espère, de s'assécher d'ici là…
Partant hors saison, nous avons uniquement réservé notre première nuit à La Paz ainsi que notre séjour de cinq jours à San Pedro de Atacama. Nous espérons trouver facilement des hébergements sur notre parcours. Dans le cas contraire, notre véhicule (châssis long) est équipé à l’arrière d’un couchage pour deux personnes qui pourrait nous servir ponctuellement.
Enfin, pour me mettre dans le bain linguistique, je décidais de m’initier à l’espagnol. C’est ainsi que pendant toute l’année scolaire j’ai suivi deux heures de cours tous les lundis qui m’ont permis de bien progresser : une petite pensée pour Gabriela et mes collègues du cours.
Alors, prêts à suivre nos aventures ?
Notre parcours

La Paz ou le mal des montagnes
J1 et 2 : Jeu 28 et Ven 29 /04/11
Alors que le monde a les yeux tournés vers le mariage de Kate et du prince William, nous embarquons pour vingt-quatre heures de voyage… via Madrid et Lima. Rien de particulier à signaler : c’est long certes, mais moins que pour l’Australie ça aide à supporter !
Avant de quitter Lima, nous prenons nos premiers comprimés de Diamox en prévention d’éventuels troubles liés à l’altitude mais deux heures plus tard, alors que nous atterrissons à 4100 mètres à La Paz, nous sommes tout étonnés de ne rien ressentir de particulier… en tout cas, pas pour l’instant !
A l’aéroport, le chauffeur envoyé par notre hôtel nous attend. A bord de son taxi, nous découvrons avec enthousiasme la banlieue d’El Alto dans un dédale de maisons en pisé et briques orange, de boutiques, d’usines et de marchés sous un ciel parfaitement bleu et un soleil radieux.
Le dépaysement est total ! Il l’est plus encore quand le taxi s’arrête à un point de vue. La ville se dévoile à nos pieds, grouillante et trépidante, entourée de quelques sommets prestigieux dont l’Illimani (6462 m) et le Huayna Potosi. (6094 m). Nous restons bouche bée !
Quatre-cents mètres plus bas, à l’hôtel « A la Maison » dans le quartier résidentiel de Sopocachi, Ludo nous accueille en français. Il nous a réservé un appartement très douillet de 120 m2 au troisième et dernier étage… sans ascenseur. C’est à ce moment-là que nous ressentons véritablement que nous ne sommes pas au niveau de la mer ! La montée des trois niveaux est éreintante !
Pourtant, aussitôt nos valises déposées, nous repartons, toujours en taxi, chez notre loueur de 4X4. Aldo, propriétaire suisse de l’agence Petita, nous présente notre véhicule… et tous ses petits secrets. Il reprend ensuite avec nous tous les détails de notre itinéraire. Tout l’après-midi y passe.
La réception définitive du 4X4 ne se faisant que demain, le retour à notre hôtel se fait à pied… ça descend… ouf… car on commence à se sentir un peu bizarres… comme dans le coton… surtout moi !
Nous décidons malgré tout d’aller dîner même si je sais par avance que je ne pourrai sans doute pas manger grand-chose. A la Comédie, Hervé se régale d’une soupe à l’oignon et d’un filet de lama. Je mange du bout des lèvres quelques cuillerées de soupe au potiron.
Au retour, les trois étages de la Maison ont définitivement raison de moi. Je m’affale épuisée et nauséeuse sur le canapé, gagnée par le mal des montagnes.
La nuit est difficile. J’ai d’importants vertiges et toujours des nausées. Au fond de mon lit, je me dis que jamais je ne pourrai me lever demain matin, encore moins faire de la route. Il faudra certainement décaler le départ… à moins qu’il faille songer à me rapatrier ! Mais demain est un autre jour…
Deux jours à Tomarapi au pied du volcan Sajama
J3 : Sam 30/04/11
Après cette nuit chaotique, j’appréhende le lever. Je commence par m’asseoir sur le lit… ça a l’air d’aller ! Je me lève… ça va ! Je me dirige vers la salle de bains… je suis étonnée que ça aille ! Hervé a préparé le petit-déjeuner, je m’attable et je peux manger… un peu !
Certes ce n’est pas le grand appétit ni la grande forme mais je vais bien mieux qu’hier soir. On décide donc de ne rien changer à nos projets et de prévoir les courses, la prise de la voiture et notre première étape.
Aldo nous a conseillé de faire les courses en taxi car à La Paz, circuler et stationner dans le centre relève de la gageure. Ici, le taxi est très bon marché, 7 bolivianos = 0,70 euros pour une course, autant ne pas s’en priver !
Une fois les provisions et les bagages chargés, notre 4X4 est prêt pour le départ. Quelques mots sur son pedigree.
C’est un Nissan Patrol, 149 000 km au compteur. Affectueusement, nous le baptiserons « El Coche ». Le voilà, photographié au cours du voyage.
Ses équipements : sur la galerie, un réservoir supplémentaire de 100 litres pour accroître l’autonomie à 800 km espérés, deux roues de secours, une pelle, un couchage pour deux personnes, de la vaisselle, un réchaud et une lampe à gaz, une table et deux chaises pliantes. Nous avons des autorisations (actes rédigés par notaire) pour sortir le véhicule de Bolivie et le rentrer en Argentine et au Chili. Dans nos bagages, nous avons prévu des sacs de couchage pour une température jusqu’à -10°, des chaussures de marche, des vêtements chauds dont anoraks, bonnets et gants. Nous avons également téléchargé sur notre GPS les cartes des trois pays prévus et enregistré plus de cent points. Bref, nous sommes parés !
Aldo nous guide sur les premiers kilomètres… puis nous lâche sur les hauteurs d’El Alto où nous ne tardons pas à trouver la route à péage en direction du sud. Première destination : Patacamaya à un peu moins de 100 km.
Mais avant tout, il faut faire le plein du réservoir supplémentaire, de préférence avant Patacamaya nous a recommandé Aldo, car dans cette localité à 200 km de la frontière chilienne, on est vite soupçonné de vouloir faire de la contrebande d’essence.
Mais à force de voir défiler le paysage, nous laissons passer les stations-service une à une avant de réaliser que la suivante est déjà celle de Patacamaya. Alors arriverons-nous à faire le plein comme prévu ?
Quand je vois le monde à la station, j’ai des doutes. Il y a là une bonne vingtaine de véhicules qui attendent et surtout plein de Boliviens et de Boliviennes, chacun avec son jerricane, tous agglutinés autour de la pompe.
Quand arrive enfin notre tour et que nous annonçons vouloir plus de cent litres, le pompiste nous dit niet. A force d’insister, il accepte de mettre 20 litres dans notre réservoir principal et 20 autres litres dans le réservoir supplémentaire. C’est tout mais ça a l’avantage de ne pas être cher : 40 litres pour 150 Bolivianos = 15 euros, le rêve pour nous Européens ! Nous sommes tout de même un peu contrariés car la prochaine pompe se trouve à la frontière bolivo-chilienne… en espérant qu’elle soit approvisionnée !
Cap à l’ouest vers le Chili, sur une route parfaitement asphaltée ! La piste, ce sera pour plus tard !
Sur notre trajet, quelques curiosités retiennent notre attention. D’abord, ces chullpas… des tours funéraires en pierre ou en adobe, très nombreuses dans la région. Elles étaient construites par divers groupes aymaras (Indiens de Bolivie) pour abriter les restes momifiés d’ancêtres notables ou hautement estimés.
Plus loin, ce sont des paysages de mesas, nous rappelant un peu le Nouveau-Mexique, notamment cet ensemble de roches aux formes évocatrices… les sommets enneigés, en plus ! A gauche, c’est le Sajama, point culminant de Bolivie avec ses 6542 m. A droite, le Parinacota (6348 m) et le Pomerape (6240 m)… au Chili !
De plus près, on y verrait bien une tête de puma, non ?
C’est au pied du Sajama que nous avons prévu de faire étape. Nous quittons par conséquent l’asphalte au kilomètre 145 pour une piste cahoteuse qui mène au village de Tomarapi à la lisière nord du parc national de Sajama.
A côté de l’église typique de l’altiplano, l’Ecolodge Tomarapi, tenu par la communauté villageoise, offre l’hébergement le plus confortable : des chambres simples mais équipées de chauffage et de salle de bains avec eau chaude. Pour cette région, c’est le grand luxe car si en arrivant, nous n’avons pas tout de suite l’utilité du chauffage, nous serons très contents d’en bénéficier un peu plus tard car, dès que le soleil se couche, la température chute terriblement.
Au restaurant du lodge, nous goûtons au quinoa et à la viande d'alpaga… enfin, surtout Hervé, car moi, je picore… je n’ai pas encore retrouvé l’appétit ! L’altitude, c’est éprouvant !
Ce soir, nous dormons à 4200 mètres d’altitude !
J4 : Dim 01/05/11
La température est descendue bien au-dessous de zéro cette nuit et ce matin, au petit-déjeuner, bonnets et manteaux ne sont pas de trop.Mais déjà, au dehors, le soleil brille et invite à la découverte des sites du parc national voisin.
A peine sortis du village, nous apercevons les vedettes du parc... Le volcan bolivien Sajama qui a donné son nom au parc !
Et les jumeaux chiliens Pomerape et Parinacota…
… à moins que ce ne soient les lamas et alpagas qui jouent les stars… avec leurs pompons colorés.
Après un arrêt au bord de la lagune Huaña Cota dont les bords sont encore gelés,
… direction les sources d’eau chaude… si, si… on a bien l’intention de se baigner même si pour l’instant on apprécie de porter une grosse polaire !
Voici notre accompagnatrice, elle fait partie de la communauté de Manasaya qui gère cette activité dans le parc. Dans son cabas, elle porte son carnet à souches sur lequel elle nous enregistre. Pour deux, nous payons 60 Bol = 6 euros, serviettes fournies.
Elle nous guide au milieu des bodefales, végétation de tourbe et d’herbe rase typique de l’altiplano… où paissent nombre de lamas pas effarouchés du tout.
Ici c’est déjà très sympa… mais c’est le bassin suivant, idéal pour deux, que notre cholita nous a réservé !
Là, c’est tout simplement divin… l’eau est chaude (33°) et le cadre unique…
On a un peu de mal à s’extraire de ce spa naturel bienfaisant… mais d’autres découvertes nous attendent.
D’abord le village de Sajama… plutôt quelconque… sauf sa jolie petite église au toit de chaume !
Dans le parc, les guides mentionnent également un site de geysers… pour y accéder, il y a bien un petit pont blanc par dessus le rio pour les piétons, mais pour les voitures, le passage à gué est inévitable.
La photo a été prise au retour ! Impressionnant mais facile !
Sept kilomètres à l’ouest du village, voilà cet étonnant champ de geysers !
Ici ni barrière ni balisage, on se promène en toute liberté au milieu des résurgences… mais pas sans précaution, car ça glougloute, ça fait des bulles, ça crache, ça bouillonne, pas de doute, il y a une certaine activité sous nos pieds !
Nous y découvrons aussi nos premiers spécimens de « llareta »(Azorella Yareta), une plante à fleurs qui pousse en Amérique du Sud entre 3200 et 5000 mètres. Elle servait de combustible par le passé mais elle est aujourd’hui protégée.
Enfin, le queñua (Polylepis tarapacana), le seul arbuste au monde à pousser à de telles altitudes.
Pour clore la journée, nous suivons une piste vers une forêt de queñuas à 4500 mètres et finissons à pied les 50 derniers mètres dans les rochers. Cinquante mètres de dénivelé, cela paraît très peu mais à cette altitude, c’est déjà un petit exploit… ça correspond tout de même à 15 étages ! Là-haut, nos efforts sont récompensés, la vue est tout simplement grandiose ! On devine au loin le village de Sajama et en face de nous, majestueux, les deux jumeaux chiliens.
Excellente journée ! En plus, je commence à me sentir vraiment bien et au dîner, je peux enfin apprécier la bonne cuisine andine.
Deuxième nuit à Tomarapi !
Une journée de galère pour passer la frontière
J5 : Lun 02/05/11
Dès 8 heures du matin, nous quittons l’auberge de Tomarapi avec comme objectif de rallier le Chili après une dernière excursion en Bolivie vers les chullpas colorées du Rio Lauca, un détour d’une cinquantaine de kilomètres tout de même.
La piste d’accès se trouve à gauche tout juste avant Tambo Quemado, le poste frontière bolivien où se trouve aussi la seule station d’essence avant longtemps. Hervé a la bonne idée de vouloir s’assurer de l’approvisionnement de cette pompe avant de décider du détour. Grand bien lui en a pris car à la station, on nous décrète : « No gasolina ! No hay antes Arica ! »… Ai-je besoin de vous traduire ? Il n’y a pas d’essence avant Arica, la grande ville du bord de mer à 160 km !
Bon, il reste dans notre réservoir environ de quoi faire une petite centaine de kilomètres, guère plus. Dans ces conditions, le détour vers les chullpas est compromis…
Voici ce qu’on a loupé !
Il nous reste un petit espoir, celui de trouver de l’essence (en bidon) à Putre au Chili, à 60 kilomètres.
En attendant, nous voici sur le point de traverser la frontière. Hervé se gare sur le côté pour se renseigner sur les démarches à faire pour la sortie de la voiture du territoire bolivien. Un douanier nous fait signe de passer… OK, on passe mais à peine passés, le doute nous assaille ! Ne devions-nous pas régler les formalités ici ????
Une dizaine de kilomètres plus loin, nous voilà à Chungara, le poste chilien. C’est bien ici qu’on doit valider la sortie de Bolivie, du moins en ce qui concerne les personnes. Pour le véhicule, on nous envoie dans une cahute voisine et là, catastrophe, après avoir fait la queue pendant une demi-heure, Hervé s’entend dire qu’il manque LE document que nous devions faire établir à Tambo Quemado.
Alors retour à la case départ… au poste bolivien dix kilomètres derrière nous. Après moultes explications plus ou moins compréhensibles, le douanier, par ailleurs fort sympathique, finit par nous délivrer le fameux sésame puis nous envoie le photocopier dans une boutique voisine tout en nous répétant plusieurs fois « Numero de memorizad, si ?…» Nous répondons bêtement « Si, si ». Mais c’est quoi, ce fichu numéro ? Et où l’obtient-on ??
Heureusement, la dame au photocopieur nous rend attentive au numéro manquant et nous emmène à côté, dans une agence, où en quelques clics sur un ordinateur et pour quelques bolivianos, le gars fait le nécessaire et reporte sur le document initial ce fichu numéro.
Ouf, après un dernier passage auprès de notre sympathique douanier, nous voilà enfin en règle, prêts à retourner au poste chilien. Entretemps, la file d’attente s’est considérablement allongée. Après avoir tout validé pour la sortie de Bolivie, pour nous et pour notre « Coche », il nous reste à refaire les mêmes démarches pour l’entrée au Chili.
Pas de chance, nous tombons derrière les occupants d’un bus… je vous laisse imaginer la queue ! Quelques tampons plus tard et après être passés part trois ou quatre bureaux et guichets différents, il ne reste plus que la fouille du véhicule.
En effet, aucun fruit ni légume provenant de Bolivie n’a le droit de pénétrer au Chili et les douaniers ont l’œil. Tout y passe, les valises bien sûr… mais aussi la boîte à gants et autres petites caches. Heureusement qu’on avait mangé toutes les bonnes choses contenues dans la glacière pendant toutes ces heures d’attente.
Quand nous sommes enfin libérés, il est 12 h 15 heure bolivienne, 13 h 15 au Chili… soit plus de quatre heures passées en formalités !
Il est temps de jeter un œil au paysage environnant car il en vaut la peine ! Nous sommes à présent au bord du lac Chungara (4500 m), l’un des lacs les plus hauts du monde, dominé par le Parinacota (celui qu’on voyait déjà hier, mais de loin !).
Zoom sur son sommet !
Une petite balade sur les rives du lac nous permet de mieux apprécier la couleur vert émeraude de ses eaux et d’y observer une foulque en train de construire son nid.
Un peu plus loin, c’est notre première rencontre avec les vigognes (Vicugna vicugna), ces camélidés sauvages qui vivent à plus de quatre mille mètres.
Mais nous n’avons pas la tête à faire du tourisme tant que le problème de l’essence n’est pas résolu. Alors tant pis pour les autres merveilles du Lauca NP (on y reviendra peut-être demain ?), on décide de filer directement vers Putre.
La route internationale habituellement bitumée est en cours de réfection. Sur plus de 50 kilomètres, le revêtement a été retiré sans être remplacé. Je vous laisse imaginer la poussière ! Ajoutons à cela la perte de mille mètres de dénivelé et vous comprendrez que notre attention se focalise davantage sur le ruban de terre !
Enfin, après un dernier tronçon vertigineux avant Putre, nous voilà dans le centre du village… à la recherche d’essence. On nous indique qu’il y en a dans la maison rouge… en fait, une épicerie qu’on appelle ici supermarché… et qui en vend en bidons de vingt litres.
C’est le coup de massue ! Le prix du litre frôle les mille pesos soit 1,50 euro, rien à voir avec le prix bolivien. Mais nous n’avons pas le choix car, dans les prochains jours, nous avons programmé plus de quatre-cents kilomètres sans station d’essence sur le trajet.
Maintenant que nous avons réglé nos questions d’intendance, nous pouvons songer à trouver un hébergement. J’avais repéré le Terrace Lodge. Une chambre douillette et claire, décorée avec beaucoup de goût, une belle vue sur la falaise, un accueil très chaleureux par les propriétaires italiens et un prix très raisonnable : c’est parfait, on prend sans hésitation !
Nous nous y sentons si bien que nous n’avons pas envie de quitter la chambre et y improvisons une petite dînette. Nous dormons ce soir à 3500 mètres. Ah ! On se sent revivre !
A travers 4 parcs nationaux chiliens : Lauca, Vicuñas, Surire, Isluga
J6 : Mar 03/05/11
C’est parti pour plus de quatre cent kilomètres… mais pas en une seule journée, nous prévoyons au moins deux jours (voire trois) pour en profiter pleinement et tranquillement, d’autant qu’après une nuit de relâche, nous rejoignons à nouveau la haute altitude.
Pour ce soir, nous avons réservé, auprès de la CONAF, l’administration des parcs nationaux chiliens, deux lits dans le refuge du Salar de Surire à 4200 mètres.
Ce sera, par conséquent, une toute petite étape de 120 kilomètres… ponctuée de plusieurs arrêts.
Comme nous avons zappé quelques points d’intérêt du Lauca NP hier, c’est le moment de nous rattraper. Mais en raison du mauvais état de la route, nous nous contenterons de ceux qui se trouvent sur notre trajet sans retourner à la hauteur du lac Chungara.
A l’entrée du parc, les rochers de las Cuevas sont réputés abriter des viscaches (Lagidium viscacia), des rongeurs de la famille des Chinchillas ressemblant à des lapins avec une queue d’écureuil. En empruntant le petit sentier, nous ne tardons pas à en apercevoir.
Cherchez l’animal !
En y regardant mieux, il y en a partout… certains se dorent au soleil, d’autres préfèrent l’ombre !
En tout cas, la vue de ce bodefal sur fond de volcans vaut le détour. C’est magnifique !
Immédiatement après cette zone humide bien verte, une piste nous fait traverser des paysages plus désertiques vers le site archéologique « El Chacu ».
Il s’agit d’un site utilisé par les Incas et les Aymaras pour capturer les vigognes et autres camélidés. D’une longueur maximale de 100 mètres et d’une largeur de 30/40 mètres, il se situait sur la pente descendante d’un petit canyon, ce qui évitait qu’il soit visible des animaux arrivant de la pampa voisine. Chacu
Pour Lauca, ce sera tout ! Deux kilomètres après la maison des rangers de Las Cuevas, nous quittons la route internationale et tournons à droite vers Guallatire sur une bonne piste entretenue.
Guallatire, c’est à la fois ce sommet à 6060 mètres et un petit village où nous faisons notre arrêt du midi. Le volcan est actif. Voyez les fumeroles qui s’en échappent !
Guallatire, l’église du village et le petit kiosque idéal pour notre pique-nique.
Hervé en profite pour explorer le campanile.
Si le village a l’air dépeuplé, en revanche, le bodefal voisin est fréquenté par une multitude de lamas et d’alpagas ! Ils ont la belle vie dans ce cadre somptueux !
Bientôt un panneau nous indique l’entrée dans la Reserva Nacional Las Vicuñas… et comme son nom l’indique, ces camélidés graciles aux grands yeux sombres sont légion dans ce parc aux badlands colorés.
Le Salar de Surire n’est alors plus très loin… plus que quelques virages sur cette piste !
Au refuge, il n’y a personne pour l’instant. Le ranger devrait arriver dans la soirée… en tout cas, nous l’espérons. D’ici là, nous en profitons pour explorer les environs tout en scrutant l’horizon dans l’attente d’un éventuel panache de poussière.
Derrière le refuge, des viscaches en nombre posent pour la photo ! C’est l’occasion de les approcher de très, très près !
Puis en prenant de la hauteur (une centaine de mètres de dénivelé cette fois, on progresse, on progresse !), nous découvrons l’étendue du salar en dégradés de rose, gris et bleu !
Avant l’arrivée du ranger, nous voyons arriver deux autres véhicules dont descendent de l’un, deux couples suisses et leur accompagnateur, de l’autre 3 vététistes et leur guide. Manifestement, il va falloir partager les lieux.
Enfin, peu après 18 heures, le garde arrive en compagnie de deux de ses acolytes. Nous sommes par conséquent 14 personnes à vouloir loger ici cette nuit. Je me demande comment tout ce petit monde va pouvoir cohabiter mais le refuge, composé d’un bâtiment principal et d’un préfabriqué, est plus grand que je ne le pensais et chacun y trouve aisément sa place. On nous octroie une chambre à deux lits, rien que pour nous, super ! Les sanitaires sont partagés et limités au strict minimum : eau froide, pas d’eau courante au WC mais un broc, pas de douche ni de chauffage.
Dans la cuisine commune, Enrique, le guide des Suisses, prend rapidement les choses en main et mitonne des pâtes au thon pour son groupe. Pour nous deux, ce sera plus frugalement soupe, petits pois et pomme, le tout arrosé d’un verre de Merlot généreusement servi par Enrique.
Toutes les langues se mêlent pendant le dîner, de l’allemand à l’espagnol en passant par l’anglais, et le français. Alors qu’un bon feu crépite dans le poêle, manteaux et polaires restent cependant de rigueur.
Au moment de faire notre petite vaisselle, il n’y a plus d’eau au robinet de la cuisine, signe que les tuyaux ont déjà gelé. Température attendue dans la nuit : -10° ! Nous nous pelotonnons dans nos sacs de couchage pour une nuit très froide à 4200 m.
Vigognes dans le PN Las Vicuñas

La suite dans les parcs chiliens : Surire et Isluga
J7 : Mer 04/05/11
Au réveil, la vitre de la fenêtre de notre chambre est recouverte d’une fine couche de givre… à l’intérieur !
A 7 h 30, nous sommes pourtant les premiers levés et une heure plus tard déjà sur la route (pardon, la piste !) alors que nos compagnons de nuit émergent à peine de leur sac de couchage.
Notre destination de fin de journée est encore indéterminée : Colchane à 90 km ou Iquique à 315 km. Nous déciderons le moment venu.
Pour l’instant, direction les thermes et geysers de Polloquere en longeant la rive du salar. Surire n’a rien à voir avec notre humeur (sourire !) mais provient du nom « suri » donné au nandou, cet oiseau voisin de l’autruche présent sur l’Altiplano.
D’ailleurs, l’endroit mérite bien son nom, déjà les volatiles sont en vue. Mais à peine le photographe a-t-il dégainé qu’ils prennent leurs pattes à leur cou et détalent à vitesse grand V. Nous aurons l'occasion d'en revoir quelques jours plus tard, j'y reviendrai !
Les colonnes de vapeur s’échappant des piscines naturelles de Polloquere se devinent de loin et témoignent de l’intense activité volcanique.
Nous n’avons pas l‘intention de nous baigner à cette heure-ci mais un visiteur insolite occupe déjà l’un des bassins. Il se réchauffe sans doute les pattes !
C’est un flamant andin !
Après ce détour, nous retrouvons sur la piste principale nos compagnons suisses dans leur minibus jaune. Nous n’arrêterons pas de les doubler ou de les rattraper à différents points d'intérêt du parcours et… notamment devant le tableau de ce couple de viscaches en pleine bouderie.
Ils nous rejoignent ensuite au passage de ce col ! Comparaison des données de nos GPS respectifs, ils affichent bien tous les deux 4730 mètres… le point culminant de la journée ! Maintenant place à la descente !
Place à des paysages plus verdoyants, à de vastes prairies spongieuses où les eaux ont modelé des milliers de petits îlots aux formes douces et rondes où la gelée matinale a déposé un bel ourlet blanc.
Depuis le mirador voisin, nous contemplons cette zone humide géante et profitons de l’endroit pour déjeuner au « balcon ».
Après le repas, nous ne tardons pas à franchir l’entrée du parc national du volcan Isluga. C’est maintenant le sommet du même nom (5530 m) qui règne en maître !
A ses pieds, les bords de la lagune Arabilla voient les Ouettes des Andes (Guallata andina) cohabiter harmonieusement avec les lamas.
Après un bain aux thermes d’Enquelga (toujours seuls !), nous débouchons sur la route asphaltée reliant Colchane à Iquique vers 15 heures et décidons de rejoindre la ville du bord de mer dès ce soir.
Après une nuit rustique et plusieurs jours de piste poussiéreuse, nous avions envie d’un bel hôtel pour nous coucouner et d’un bon repas pour nous remettre d’aplomb… je salivais déjà à l’idée d’un bon poisson ! Mais pour l’instant, nous sommes encore à plus de 300 km… et à près de 4000 mètres d’altitude !
Alors que la route était censée nous mener au niveau de la mer, la voilà qui continue encore à grimper jusqu’à 4300 mètres avant d’ enchaîner des montées et descentes incessantes sur des dizaines de kilomètres. On se croirait sur des montagnes russes… ou plutôt chiliennes, en loccurrence !
Notre tacot a un peu de mal dans les côtes. Alors qu’il assume parfaitement sur les pistes, sur l’asphalte, ce n’est pas une flèche et on a l’impression de ne pas avancer. A cette allure, on n’est pas prêts d’arriver à Iquique…
Heureusement, un petit arrêt du côté de « Los Penitentes » va nous permettre de souffler et nous détendre un peu au milieu de ces curieuses silhouettes de pierre… qui nous en rappellent d’autres, quelque part dans l’Ouest américain ou australien ! On adore !
Ils ont tous une bonne bouille, ces Pénitents !
Après cet intermède, la route commence véritablement à amorcer sa descente dans un décor de montagnes colorées.
Puis la végétation change au fur et à mesure de la perte d’altitude et se fait de plus en plus rare jusqu’à devenir sable et poussière à l’étage inférieur. C’est dans ce paysage désolé à 100 km de la ville d’Iquique que l’on peut apercevoir un géoglyphe, visible du sol, le Gigante d’Atacama que nous ne voulons bien sûr pas louper. Hervé se dévoue pour se rendre à ses pieds !
Aux portes d’Iquique nous sommes toujours à 800 mètres d’altitude. C’est dire combien la descente finale va s’avérer impressionnante. Des lacets en épingle à cheveux, heureusement en sens unique, vont nous faire "tomber" au pied de la dune.
La nuit, elle aussi, est tombée quand nous nous arrêtons devant le Terrado Suites, un hôtel de classe internationale où nous demandons en chœur une chambre avec vue sur mer.
"Une chambre ? Mais l’hôtel est complet", nous répond-on ! On a du mal à croire qu'un hôtel de cette taille, avec près de 100 chambres, soit complet en semaine, au mois de mai. Eh bien oui, car fréquenté +++ par des hommes d’affaires en costume cravate ! On avait oublié que dans les hôtels des grandes villes il n’y avait pas uniquement que des touristes ! La déception est grande !
Commence alors la tournée des autres hôtels que j’avais notés, mais au Holiday Inn, au Radisson, au Gavina… la réponse est toujours la même. Completo !
Dans ce dernier, un réceptionniste compatissant accepte de passer quelques coups de fil pour nous tout en nous faisant comprendre que seuls les hébergements de catégorie inférieure auraient des disponibilités. Il nous trouve alors une cabine à l’autre bout de la ville… basique… très basique… loin de nos rêves de confort cosy… mais à moins de dormir dans notre carrosse, nous n’avons guère d’autre choix, vu l’heure !
Au final, en guise de dîner à base de poisson, nous nous préparerons, vite fait, une salade composée au thon… en boîte… Sans commentaire !
Iquique - Tocopilla... au bord de la mer !
J8 : Jeu 05/05/11
Nous avons bien envie de passer une journée et une nuit supplémentaire à Iquique mais pas dans cette cabine. Le premier objectif de la matinée est donc de trouver un hébergement plus sympa !
L’office du tourisme nous conseille le Divasto Hôtel mais, après une rapide visite, c’est finalement en face, à l’Hosteria Cavancha Beach en front de mer, que nous nous posons.
La salle de bains aurait certes besoin d’un petit coup de rafraîchissement mais la chambre est vaste et ses deux grandes baies vitrées donnent sur une agréable terrasse surplombant la plus belle plage d’Iquique, Cavancha Beach.
Le comble est qu’il est immédiatement voisin du Terrado, celui où on a fait chou blanc hier… Ah ! Si on avait su !
Après un bain de soleil fort apprécié sur la terrasse, nous consacrons le reste de la journée à la découverte de la ville.
Si Iquique est avant tout le plus grand port du nord du pays, elle garde encore quelques avenues bordées de maisons coloniales témoignant du passé florissant dans l’industrie du salpêtre. Elle possède également quelques plages agréables.
Promenade sur les planches de long de la plage. On se croirait presque à Deauville !
En passant, quelques belles fresques de street art !
A l’extrémité de la plage, nous quittons le bord de mer pour rejoindre le centre-ville.
Passage par la calle Baquedano avec ses demeures en pin d’Oregon aux façades et vérandas aux tons pastel. S’il y en a autant à Iquique, c’est que les bateaux, lourdement chargés de salpêtre pour les Etats-Unis, rentabilisaient toujours leur voyage retour avec du fret, comme le pin d’Oregon, qui se revendait ici à un bon prix dans la construction.
Dans cette rue, le guide du Routard recommande de jeter un œil au Palacio Astoreca, la demeure d'une riche famille d’aristocrates, bâtie en 1904, entièrement en pin d’Oregon, justement.
Il se trouve que ce palais abrite à partir d’aujourd’hui une exposition itinérante de tableaux de peintres chiliens (musée des Beaux-Arts de Santiago) : Coleccion in viaje … collection en voyage, joli nom ! Au moment où nous nous présentons, on s’empresse de nous ouvrir les portes des différentes salles d’exposition. Serions-nous les premiers visiteurs ? Tout laisse à le penser. En tout cas, l’inauguration n’aura lieu qu’en soirée.
Voici une des œuvres exposées !
Après cette parenthèse culturelle, nous arrivons dans le cœur de la ville sur la plaza Arturo Prat où trône la pittoresque « Clock Tower ». Derrière la tour de l’horloge, on aperçoit le théâtre !
Au retour, nous ne résistons pas à tremper les pieds dans l’eau, elle est aussi froide qu’en Bretagne ! En revanche, l’air est doux et ensoleillé. Température autour de 25°. Ça fait du bien !
Fin d’après-midi sur notre terrasse à regarder les lions de mer batifoler dans les flots et les pélicans s’ébrouer sur la jetée.
La vue depuis notre terrasse !
La soirée se poursuit au restaurant de l’hôtel, tout seuls, sur la terrasse (c’est dire qu’il fait bon !) à profiter de la baie et à nous régaler d’un excellent filet de sébaste dont on rêvait depuis la veille... puis s'achève au casino à claquer quelques milliers de pesos !!!
J9 : Vend 06/05/11
En raison de la courte étape qui nous attend, pas la peine de partir aux aurores, autant profiter encore un peu de la vue sur la plage de Cavancha. Au moment de charger la voiture, la couche de poussière amassée pendant cette première semaine sur les pistes se rappelle à nous : elle s’est incrustée partout ! Si on a le malheur de frôler les portières même intérieures, nos habits se transforment en serpillères. C’est une horreur !
Pour 8000 pesos (12 €), le garage voisin nous propose un lavage intérieur/extérieur. En fait, avec un seul seau d’eau, le gars va nettoyer tout le véhicule… (économie d'eau oblige ?) Mais notre Coche va sortir de là astiqué comme un sou neuf ! Quel plaisir alors de reprendre place à son bord !
Maintenant, route vers Tocopilla ,225 km par la Ruta 1… un air de désert du Sinaï avec la montagne désolée et poussiéreuse tombant dans la mer… et une route rectiligne… à l'infini !
Sur notre trajet, à 150 km d'Iquique, nous sommes très surpris de trouver un poste de douane… pourtant, on est bien au Chili… peut-être en raison d'un changement de région ? En tout cas, les douaniers n'ont pas voulu voir nos passeports, uniquement le document de douane du 4X4. Un petit coup de tampon et hop ! C'est reparti !
Quelques kilomètres avant Tocopilla, plus exactement tout juste avant le tunnel, nous nous arrêtons à la Caleta de la Cuchara qu'Aldo nous avait recommandée.
Effectivement, l'endroit est sympa et nettement plus accueillant que la ville industrielle voisine. Nous décidons par conséquent d'y rester pour la nuit et d'inaugurer le couchage dans le véhicule.
Nous partageons la crique avec quelques condors !
La soirée est douce et agréable. Après le dîner et une petite balade vespérale à la lumière de nos lampes frontales, nous nous endormons vite les yeux rivés sur les étoiles, bercés par les vagues du Pacifique !
Vers le désert d'Atacama : Chiu-Chiu, Caspana et les geysers de Tatio
J10 : Sam 07/05/11
Après deux jours au niveau de la mer, nous prévoyons aujourd'hui un retour dans l'Altiplano. A l'origine, nous pensions dormir dans le 4X4 sur le site des geysers de Tatio à 4300 mètres d'altitude. Mais finalement passer de 0 à 4300 mètres en une journée n'était pas raisonnable. On nous avait parlé d'une auberge à Caspana (3200 m) à environ une heure de route des geysers (en réalité un peu plus !)… Alors OK, direction Caspana à 230 km dont 80 km de piste.
Nous quittons donc notre petite crique du côté de Tocopilla à l'assaut des montagnes à travers un paysage gris et aride le long d'une route flanquée d'une double ligne à haute tension… pas vraiment glamour ce début de parcours !
Ici c'est une région propice à l'extraction de nombreux minerais. D'ailleurs, à proximité de Calama, nous entrevoyons la mine de cuivre de Chuquicamata, la plus grande mine à ciel ouvert du monde. Mais elle ne se visite pas le week-end alors ce n'est pas la peine de s'attarder à Calama.
Nous cherchons vainement un endroit pour pique-niquer mais jusque ici (150 km et un peu plus de trois heures), nous n'avons pas vu un seul brin d'herbe. Nous attendrons encore 40 km de plus avant de trouver notre bonheur dans l'oasis de Chiu-Chiu.
Sur la place du village, un arbre aux baies roses (un faux poivrier) nous prodigue son ombre bienfaisante et nous pouvons enfin nous attabler.
Il fait chaud, presque orageux et les sommets des Andes sont couverts de nuages. Espérons que le temps ne se gâte pas là-haut !
En attendant, profitons-en pour faire un tour dans le village, visiter son église, l'une des plus anciennes du Chili, à l'architecture coloniale typique, d'aspect massif avec d'épais murs en adobe et une menuiserie en bois de cactus.
Aux alentours, j'avais noté un site de pétroglyphes, plus précisément à mi-chemin entre Chiu-Chiu et Lasana. Nous ne tardons pas à les repérer mais certains sont difficiles d'accès car situés sur la pente pierreuse de ce canyon.
Le lama est très présent dans ces représentations de scènes pastorales.
Ici le berger avec sa crosse nous rappelle un peu le Kokopelli des Indiens pueblos d'Amérique du Nord.
Avant de rejoindre les montagnes, nous faisons un dernier arrêt prêt d'une drôle de lagune parfaitement circulaire dite sans fond !
Puis nous attaquons les 80 kilomètres de piste, plutôt bonne dans l'ensemble, à destination du joli village de Caspana, adossé au pied d'une falaise et entouré de nombreuses terrasses cultivées.
Nous y trouvons bien une auberge mais elle est fermée. Tant pis, nous sommes maintenant rodés, nous prévoyons donc une nouvelle nuit dans notre Coche et installons notre campement devant le bâtiment.
Après un tour dans le village et une visite du petit musée, c'est l'heure de la tambouille… puis coucher de bonne heure… car demain, il faut se lever aux aurores si nous voulons être aux geysers du Tatio pour le lever du soleil car c'est le matin très tôt que les geysers sont les plus impressionnants.
Eglise de Chiu Chiu

J11 : Dim 08/05/11
Réveil à 4 h 30… Les affaires sont rapidement rangées et le départ aussitôt donné. Soixante-cinq kilomètres de pistes à effectuer de nuit nous attendent jusqu'au Tatio.
On commence par louper le premier carrefour… ça commence mal ! Il faut être particulièrement concentré, à la fois sur le GPS pour suivre précisément l'itinéraire prévu, et sur l'état de la piste.
Il n'y a personne d'autre sur ce trajet sauf… tout d'un coup, une torche est braquée sur nos yeux. En fait des carabineros qui nous arrêtent au beau milieu de nulle part, en pleine nuit. Ils nous réclament les documents du véhicule et le permis de conduire d'Hervé, pas même nos passeports… puis nous adressent un franc "Adelante" !… En avant !
En avant, en avant… mais ça n'avance pas vite ! La piste est pentue, très pentue, notre tacot s'essouffle, Hervé est obligé de monter en première. La route nous apparaît également étroite, nous roulons probablement à flanc de montagne.
Ouf, ça va mieux quand nous passons le col, 4500 mètres… ce n'est pas rien !
Peu après, la piste rejoint celle venant de San Pedro de Atacama. On pensait qu'à partir de là nous rencontrerions la caravane des véhicules des tours opérateurs mais personne encore pour l'instant.
Entre 6 heures et 6 H 30, nous arrivons sur les lieux et il fait toujours nuit… nous sommes la deuxième voiture à pénétrer sur le site. L'entrée est payante comme tous les sites de la région. Ici, 5000 pesos = 7,50 € par personne.
En sortant de la voiture, le froid nous surprend, il fait -5/-10°. Polaire, doudoune, bonnet et gants sont bienvenus.
Le jour commence tout doucement à se lever dans une ambiance un peu irréelle. Les geysers se mettent à cracher leurs jets bouillonnants et nous commençons à distinguer les panaches de fumerolles s'étirant vers le ciel !
Dès que le soleil darde ses rayons, l'activité des geysers diminue mais celle des tours opérateurs est alors à son maximum. Pour tous, c'est l'heure du petit-déjeuner…pour les touristes, les œufs sont cuits dans les sources bouillantes. Pour nous, ce sera tout simplement un café au lait bien chaud accompagné de tartines.
Ensuite, pour échapper au monde, nous grimpons sur la corniche surplombant le parking pour nous retrouver seuls, absolument seuls sur les hauteurs de l'Altiplano. De là, nous dominons tout le site et apprécions la balade au milieu des rochers !
C'est aussi l'endroit idéal pour surveiller la fréquentation des lieux car les touristes ont tous rendez-vous dans la piscine naturelle après la visite des geysers. Si nous ne voulons pas partager le bain avec cinquante personnes, il est utile de garder un œil sur les parcs de stationnement. Quand il ne reste plus que notre voiture sur le parking, nous redescendons de la montagne.
Sous un ciel d'azur et un soleil radieux, les geysers ont maintenant une toute autre tête !
Certaines sources chaudes révèlent encore des merveilles insoupçonnées. Admirez celle-ci, entourée d'un joli jardin suspendu et installée dans une prairie fumante !
Avec le départ des touristes, les vigognes reprennent possession des lieux. Ces deux-là sont amusantes !
Près des thermes, il n'y a maintenant plus grand monde… c'est le moment de nous délasser dans le bassin d'eau chaude en compagnie de quelques baigneurs chiliens.
Il est midi quand nous quittons le Tatio en direction de San Pedro de Atacama par la piste qui passe par Machuca.
Nous n'arrêtons pas de nous extasier devant le panorama de ce haut plateau désertique aux couleurs mordorées, dominé par les sommets enneigés d'une ribambelle de volcans prestigieux.
Ce nandou ne s'y est d'ailleurs pas trompé... il se plaît bien dans ce décor.
Ce n'est sans doute pas pour rien que le village de Machuca s'est implanté ici, le site est magnifique.
En bonus, une belle lagune aux eaux miroitantes finit de parfaire l'image idyllique de carte postale.
Après Machuca (encore à 4000 mètres), la piste commence à perdre tout doucement de l'altitude jusqu'à San Pedro (2500 m). Nous passons les thermes de Puritama (payants)… le bain, c'est déjà fait… ainsi que le canyon de Guatin… impatients d'arriver à destination après deux nuits de bivouac et un lever matinal.
Mais avant de rejoindre l'Atacama Lodge que nous avons réservé pour cinq nuits, il est essentiel de faire un ravitaillement général dans le village de San Pedro.
Ne cherchez pas de supérette, encore moins de supermarché, à notre grande surprise, il n'y en a pas… uniquement de petites boutiques à l'ancienne ayant chacune sa spécialité. En revanche, si vous cherchez la station d'essence, il vous faudra bien chercher car elle est cachée au fin fond d'un cul de sac. Ajoutez à cela des rues non pavées et encore moins asphaltées, des piétons, des cyclistes, des 4X4… une poussière monstre… et une chaleur à laquelle on n'était plus habitués. C'est ainsi que nous est apparu ce village touristique qu'on nous avait vanté comme étant "un splendide petit village d'adobe". Bon, avec un petit peu de recul, c'est vrai que le village est sympa, surtout quand on laisse son véhicule à l'extérieur, mais nous sommes tout de même contents de ne pas y loger.
A 6 kilomètres au sud de San Pedro, l'Atacama Lodge est un véritable havre de paix. Propriétés de Alain Maury, astronome français et organisateur de séances d'observation du ciel, les lodges accueillent essentiellement des astronomes amateurs souhaitant observer le ciel parmi les plus clairs du monde dans des télescopes performants mais aussi des individuels ou groupes qui veulent tout simplement profiter d'un séjour au grand calme.
C'est notre cas et nous sommes ravis de notre choix. Nous héritons d'un lodge en adobe et toit de paille d'une quarantaine de mètres carrés comprenant une cuisine équipée, une salle de bains avec hydromassage (!) et une chambre avec… vue sur le volcan Licancabur. A cela s'ajoute une terrasse d'une surface équivalente à partager avec le lodge mitoyen… mais comme nous sommes les seuls occupants… Promis, on vous mettra des photos plus loin !
Atacama : la vallée de la Lune en long en large et en travers
J12 : Lun 09/05/11
A 8 h 45, nous sommes déjà devant la guérite d'entrée de la vallée de la Lune censée ouvrir à 8 h 30. Personne ! Tant pis, nous paierons plus tard, déplaçons la barrière et entrons… (Deux jours plus tard, nous réaliserons que, dans la région, l'heure n'est pas la même que dans le nord du pays… il devait être par conséquent 7 h 45).
Située à 10 km à l'ouest de San Pedro et à 2500 mètres d'altitude, la vallée, formée il y a 22 millions d'années, présente d'étranges paysages aux allures lunaires. L'absence de vie animale et végétale en fait un des endroits les plus inhospitaliers au monde.
Le premier site sur notre route, c'est la Quebrada de Kari… un canyon aux parois couvertes de cheminées et de flèches pétrifiées, saupoudrées d'une fine pellicule de sel. Si vous prêtez l'oreille, vous entendrez craquer le sel qui se dilate sous le soleil !
Une randonnée agréable de 4 km A/R jusqu'au pied de la Cordillère… de Sal ! Deux heures d'exploration tranquille !
Du sel, encore du sel, cette fois dans les Cavernas… de Sal ! Mais d'abord, on nous réclame notre droit d'entrée au contrôle intermédiaire, juste au niveau des cavernes. Nous nous mettons en règle : 2000 pesos par personne, valable pour la journée… avec en prime, un plan sommaire du site et quelques indications dans un anglais… sommaire aussi !
Bon, nous voilà documentés pour découvrir les deux curiosités suivantes : les Cavernas de Sal et le Cañon. Les deux itinéraires peuvent être enchaînés en boucle en une heure environ.
Equipés d'une torche, nous nous glissons, parfois au ras du sol, dans les cavernes successives. C'est fatigant mais amusant ! Contorsions obligatoires surtout avec un sac à dos !
Heureusement, la balade se poursuit ensuite à l'air libre entre dunes et mesas…
… sous l'œil attentif de ce hoodoo à l'expression humaine.
Sur une si bonne lancée, enchaînons avec El Cañon, immédiatement voisin… qui, en cette fin de matinée, a drapé son entrée de rouge !
Le sentier, d'abord coincé entre deux parois, s'élève bientôt vers un plateau torturé d'où dépasse la chaîne des volcans environnants.
La descente n'est pas évidente à trouver, un balisage confus nous conduit dans une pente périlleuse... nous obligeant à revenir sur nos pas pour choisir une voie plus sûre : la route toute proche, tout simplement !
La matinée a filé à toute vitesse et nous n'avons exploré que la moitié de la vallée. Néanmoins, nous préférons reporter le reste en fin d'après-midi afin de profiter par la même occasion du coucher du soleil.
En attendant, le meilleur endroit de repli est assurément la terrasse du lodge.
Vers 16 heures, retour dans la vallée de la Lune pour la suite de la visite. Premier objectif : la grande Dune !
Depuis peu, l'accès direct à la Dune est interdit… un nouveau sentier, plus discret, mène sur une crête voisine. Mais quelle crête ! Des vues époustouflantes… de part et d'autre, des creux, des pointes, des vagues, des pics, des arêtes, des croûtes… de sel, de sable et de pierre sculptées par l'érosion.
On a vraiment du mal à détacher notre regard de ce paysage !
Mais la dune nous attend. Zut, au moment où on approche, le soleil joue à cache-cache avec un nuage ! On décide d'attendre… un ange passe !
Le soleil revient timidement !
Allez, en passant, un dernier panorama sur le Licancabur et ses voisins. Immédiatement à sa droite, le Juriques et encore plus à droite, le Cerro Toco que nous aurons l'occasion d'évoquer prochainement.
Au moment où nous quittons la dune pour rejoindre les Tres Marias, nous voyons arriver les premiers minibus des agences de San Pedro. Houla, devant les trois statues de pierre, il y a foule !
Après deux, trois clichés, nous nous enfuyons par une piste défoncée vers d'anciennes mines de sel.
Et à notre retour devant les trois Marie, nous avons les lieux pour nous tout seuls. Nous décidons d'assister au coucher du soleil ici plutôt que sur LE lieu habituellement dédié qu'est la grande dune. Nous nous postons sur une crête et attendons !
Les derniers rayons du soleil inondent la vallée de leur lumière douce et chaude !
Le ciel rosit maintenant derrière les trois statues !
Puis c'est tout le désert qui se met à rougeoyer au soleil couchant !
La vallée de la Lune se serait-elle transformée en planète rouge… Décidément, elle n'en finit pas de nous étonner ! Nous l'avons explorée en long, en large et en travers mais bien sûr, il y aurait encore tant à voir ! Pour une autre fois, peut-être ! Pour l'instant, les gardes surveillent le départ de tous les véhicules, il est interdit de passer la nuit sur le site.
Deuxième nuit à l'Atacama Lodge.
Dans la Vallée de la Lune

Atacama : de la vallée de la Mort à la vallée de l'Arc-en-ciel
J13 : 10/05/11
Dans une région réputée pour son ciel très clair, il fait ce matin bien gris. Nous prenons tout de même la route en espérant une amélioration en cours de journée. Au programme : deux autres vallées et un site de pétroglyphes.
A 4 km à l'ouest de San Pedro, sur la route de Calama, une piste très rugueuse nous conduit dans la vallée de la Muerte dont le nom est en fait une déformation de "Valle de la Marte" (Mars). Nous espérions la parcourir d'une extrémité à l'autre afin de pouvoir rattraper plus loin la route vers Calama jusqu'à notre point d'intérêt suivant.
Mais bientôt, la piste devient sableuse. Enclenchement du 4X4… ça passe… puis le sable devient de plus en plus profond et la pente de plus en plus importante. Il faut se faire une raison, renoncer au trajet "one way" et continuer un peu à pied. Pourtant des traces témoignent du passage de véhicules : en réalité, l'astuce consiste à faire le parcours dans le sens inverse pour bénéficier de la descente. Avis aux amateurs !
Nous longeons alors le champ de dunes à pied (c'est ici que se pratique le snowboard) avant de grimper sur un escarpement rocheux d'où notre regard embrasse toute la vallée. Malheureusement, de gros nuages s'accrochent toujours aux sommets et les conditions ne sont pas parfaites !
Retour sur la route de Calama que nous suivons jusqu'au km 55 après avoir franchi un col à 3500 mètres. Là, nous prenons, à droite, la piste vers Rio Grande.
Youpi, le soleil fait une percée alors que nous approchons de notre destination !
A 23 km du carrefour précédent se trouve un site d'art rupestre : Hierbas Buenas. Nous pensions devoir chercher les pétroglyphes, pas du tout, ils nous sont quasiment servis sur un plateau.
Un cabanon pour le gardien, un abri pour le pique-nique, des poubelles, des toilettes, des emplacements de parking, des sentiers délimités par plein de petits cailloux… tout est parfaitement signalés et aménagés aussi bien que dans les parcs américains ou australiens. Dans ces conditions, l'accès coûte 2000 pesos (3 €) par personne comprenant aussi les droits pour la vallée de l'Arc-en-ciel (Arcoiris).
Il n'y a plus qu'à aller contempler… et il y a matière ! Le site à lui seul vaut le coup d'œil : un ensemble de roches, couleur vanille, chapeautées d'une couche chocolat… très esthétique !
A l'époque préhispanique, le site servait d'étape aux caravaniers qui faisaient du troc. Les habitants de l'Atacama auraient gravé des messages sur les pierres à destination de ces voyageurs.
Les motifs sont nombreux et représentent principalement des animaux tels que lamas, renards et flamants.
Après avoir observé les différentes gravures sous tous les angles, en route pour la vallée de l'Arc-en-ciel… quelques kilomètres plus loin !
A l'entrée dans ce large canyon… premières impressions ! Waouh ! Que de couleurs !
Nous décidons d'aller jusqu'au fond de la vallée en voiture avant de revenir petit à petit en explorant à pied les secteurs qui nous paraissent particulièrement intéressants.
Nous commençons par remarquer ce massif de hoodoos. Et si nous allions y faire un tour ?
Nous nous y faufilons aussitôt.
Depuis l'entrée de ce massif, les teintes de la vallée sont encore plus flagrantes !
Nous poursuivons notre balade dans la palette de couleurs…
… en nous attardant sur quelques tableaux !
Celui-ci est tout simplement fascinant !
Bien que les nuages aient à nouveau pris le dessus, nous faisons une dernière incursion dans la vallée voisine, parallèle, très colorée aussi et dont les parois sont couvertes de quelques cactus remarquables. Un cactus de sexe féminin ?
Puis c'est le retour à San Pedro sous un ciel de plus en plus chargé qui va même donner quelques gouttes de pluie ici dans le désert. Sur les sommets, il doit pleuvoir… ou peut-être même neiger !
La séance d'observation du ciel que nous avons prévue depuis notre arrivée n'est pas encore pour ce soir !
Atacama : à l'assaut du cerro Toco, à 5604 mètres
J14 : Mer 11/05/11
Il a fait très mauvais hier soir et neigé en altitude. En regardant par la fenêtre, on distingue une fine couche de neige fraîchement tombée sur les sommets et sur l'Altiplano. La température matinale s'en ressent aussi.
Dans ces conditions, tenter l'ascension du Cerro Toco (5604 mètres) tombe à l'eau.
En revanche, c'est un temps idéal pour faire du vélo. Nous laissons "El coche" sur le parking municipal de San Pedro et arpentons dès 8 h 30 les rues du village à la recherche d'un loueur. Nous en repérons un, au joli nom de "Km Zero", qui devrait ouvrir à 9 heures. En attendant, capucino et expresso au salon de thé O2 en face nous font patienter. 9 h 15, toujours personne dans la "tienda de bicicletas". Le patron du café que nous sollicitons s'empresse de se renseigner par téléphone. Le loueur est à Calama et ne comptait pas ouvrir sa boutique mais il nous envoie son père. Dix minutes plus tard, notre homme est sur place et à 9 h45, nous enfourchons enfin nos montures pour une demi-journée (5 heures) ou plus.
Le soleil a fini par triompher des nuages. Il fait très beau et déjà chaud.
Au programme, une boucle par la vallée de Quitor et le tunnel de l'ancienne route de Calama puis retour par l'actuelle route de Calama jusqu'au point de départ.
Dès la sortie du village, le ton est donné. Avec tout ce qu'il a plu en montagne, le rio est bien alimenté et s'étale sur toute la largeur de la vallée de Quitor. On a beau zigzaguer entre les petits îlots en évitant de poser le pied par terre, on finit inévitablement par se tremper les extrémités après plusieurs gués consécutifs.
La Quebrada del Diablo est la première curiosité au programme de cette sortie mais un rio encore plus profond que les précédents va faire capoter le projet.
Nous revenons sur nos pas dans cette vallée verdoyante parsemée d'herbes de la pampa ondulant sous le souffle du vent… pour nous diriger vers le fameux tunnel
Commence alors une rude montée dans une gorge aux roches rouges. Altitude de la vallée 2480 m, altitude du tunnel 2640 m, dénivelé 160 mètres. Jusqu'à 100 mètres de dénivelé, je résiste, je serre les dents et je reste en selle. Au-delà, je triche un peu en poussant mon destrier.
Encore quelques tours de roue et place à un beau panorama sur les crêtes environnantes, tout juste avant le tunnel !
La traversée se fait dans la pénombre (on a oublié de prendre nos lampes frontales) à peine percée par un filet de lumière venant de l'extrémité opposée.
C'est maintenant la descente tout en douceur mais par endroit dans du sable mou, ce qui oblige à pédaler même en descendant. Le pique-nique permet heureusement de recharger les batteries. Hervé annonce qu'il reste quatre kilomètres jusqu'au carrefour avec la route asphaltée mais j'ai l'impression que plus je pédale, plus la route s'éloigne.
Le parcours devient vraiment inconfortable avec une alternance de caillasse et de sable mou. Par moment, il faut carrément s'écarter de la piste, trop mauvaise, pour pédaler hors trace. Les kilomètres s'accumulent… Ça use, ça use !
Enfin la route ! A ce point du parcours, il reste 15 km à couvrir jusqu'à San Pedro… que j'espérais en descente. Pas du tout, la descente finale n'est pas pour tout de suite. D'abord 10 km de montée… de quoi me mettre le moral à plat. Heureusement une bonne orange bien juteuse va nous prodiguer l'énergie nécessaire pour les juguler. Après cet ultime effort, c'est la descente libératrice, 5 km qu'Hervé dévale à tombeau ouvert pendant que je reste loin derrière, agrippée à mes freins.
Nous posons le pied à terre au "Km zéro" à 14 h 45 après 5 heures soit une demi-journée de location (12 euros pour deux) et avec 35 km au compteur dont 20 de piste défoncée… un sacré périple !
Nous sommes fourbus mais contents. Un entraînement bénéfique, dans la perspective d'une prochaine ascension de sommet.
Fin d'après-midi cool à la terrasse d'un café à San Pedro puis retour au lodge pour un repos bien mérité.
En cours de soirée, Hervé entend un craquement en se baissant. Une fermeture Eclair qui a cédé ? Non, plus grave… il sort de sa poche la carte bleue… cassée en deux (c'est la seule en notre possession !). La puce électronique est intacte mais ici c'est la bande magnétique qui importe. Nous avons bien encore quelques devises mais pas de quoi terminer le voyage. Alors sommes-nous condamnés à finir clochards ? A suivre…
J15 : Jeu 12/05/11
Ciel très dégagé ce matin ! C'est l'occasion ou jamais de tenter l'ascension du Cerro Toco que nous contemplons depuis notre fenêtre depuis quatre jours maintenant.
Le voici photographié la veille depuis notre lodge… les Chiliens le qualifient de montagne à vaches… mais il culmine tout de même à plus de 5600 mètres…
Entre les différents sommets qui nous entourent, celui-ci a l'avantage de pouvoir être tenté sans guide et sans équipement technique. En outre, une piste menant vers un ancien camp minier permet de monter en véhicule jusqu'à 5200 mètres et des poussières… réduisant à moins de 400 mètres le dénivelé à gravir.
Certes nous étions déjà montés à 4810 mètres au refuge du volcan Cotopaxi en Equateur… mais jamais davantage ! Comment allions-nous réagir et pourrions-nous même y arriver ? That is the question !
C'est donc un peu fébriles que nous prenons, dès 8 heures, la direction du Toco par la route internationale du Paso de Jama. C'est la route reliant le Chili à l'Argentine et elle est largement empruntée par les poids lourds. Leur vitesse témoigne de l'extrême difficulté de la pente … on dirait qu'ils sont arrêtés tant ils ont du mal à monter. Derrière eux, "el Coche" est à peine plus vaillant, la plupart du temps en seconde. De surcroît, la route est jonchée de grosses pierres ayant servi aux chauffeurs à bloquer leurs camions en panne pour éviter de reculer.
Régulièrement, on se concerte : ça va? Oui, moi ça va, et toi ? Pour l'instant tout est OK.
A 4200 mètres d'altitude et à une quarantaine de kilomètres de SPA, nous quittons la route internationale pour une piste caillouteuse et pour 1000 mètres de plus à grimper. Nous dépassons le véhicule d'une agence, à l'arrêt pour une pause.
4800 mètres : ça y est, nous sommes à la hauteur du Mont Blanc et à celle du refuge du Cotopaxi.
5000 mètres, la piste devient de plus en plus étroite et pentue.
5260 mètres : fin de la piste près de l'ancien camp minier. Il fait très beau… et moins froid qu'on ne le craignait. Nous nous équipons cependant sérieusement : chaussures de marche, pantalons épais, polaires, doudounes, bonnets, gants, bâtons de marche, sacs à dos avec boisson chaude et en-cas… et bien sûr l'appareil photo. Le véhicule croisé précédemment nous rejoint.
La consigne que nous nous sommes fixés est la suivante : marcher très lentement et surtout redescendre au moindre signe de mal des montagnes. 9 h 45 : c'est parti sur un sentier bien tracé, légèrement verglacé par une fine pellicule de neige. Nous avançons tout doucement, en veillant à bien ventiler à chaque pas. Les gars conduits par l'agence entament leur montée derrière nous.
10 heures, 5309 mètres : déjà une première pause et une belle vue !
Une pause plus loin, des "jeunes", un Français et un Russe conduits par un guide chilien… nous rattrapent ! Ils viennent d'abandonner leur coéquipier brésilien déjà gagné par le mal des montagnes. Ils nous invitent à les suivre mais nous n'avons pas ni le même âge ni le même rythme. Nous avons besoin de prolonger notre halte car chaque mètre gagné demande un gros effort. Quand nous nous mettons enfin debout, ils sont déjà loin !
11 heures, 5440 mètres : nous arrivons dans un secteur de plus en plus enneigé. Le sentier, au début très visible, disparaît entre les pierres et sous la neige.
Ni cairn, ni balisage… alors par où passer ? On a beau scruter la montagne, les gars devant nous ne sont plus en vue ! Nous avons aussi perdu leur trace. Heureusement, Hervé, rusé comme un Sioux, finit par retrouver quelques traces de pas ténues lui paraissant fraiches… nous voilà tirés d'affaire et prêts à reprendre la lente ascension.
12 heures, 5545 mètres et un arrêt de plus ! Côté souffle, tout va bien mais la fatigue est réelle. A chaque halte, je ne peux m'empêcher de m'affaler sur un rocher et ai toutes les peines du monde à me relever. Pendant que je m'attarde, Hervé en profite pour explorer le large plateau devant nous à la recherche du meilleur panorama.
Il cherche en outre un indice pour valider la suite de l'itinéraire car, à nouveau, nous sommes dans l'interrogation. Par où passer ? Pas l'ombre d'une silhouette en vue ! Mais où sont passés les gars ? Hervé m'affirme être sûr de son itinéraire mais moi, je commence vraiment à douter. Et si nous n'étions pas sur la bonne trace ? Franchement, parmi les sommets qui nous entourent, lequel est celui que nous cherchons ?
Hervé, confiant, décide de suivre son intuition et moi, je n'ai pas d'autre choix que de le suivre tout en continuant à douter à voix haute… quand soudain, du haut de la montagne, dévalent à toute vitesse les trois gars de tout à l'heure. Nous sommes bien sur la bonne voie et cette bonne nouvelle nous donne des ailes pour vaincre les dernières difficultés.
12 h 30, 5600 mètres… et enfin la vue sur l'autre versant vers les lagunes Verde et Blanca en Bolivie. ! Extraordinaire ! Dire que nous serons à leur pied dans quelques semaines.
Sur le chemin de crête… l'arrivée est imminente !
12 h 35 : ça y est, Hervé est le premier à poser devant le mât du sommet !
Le GPS affiche 5622 mètres… on a du mal à le croire… mais nous avons vaincu le Cerro Toco !
Nous nous accordons quelques minutes pour savourer notre performance et… contempler le panorama. De gauche à droite, le Licancabur, le Juriques et les lagunes boliviennes.
Mais déjà il faut se dépêcher de descendre pour éviter le mal de montagne qui tente de nous envahir. Nous essayons de limiter les arrêts mais je me sens curieusement moins bien dans la descente que dans la montée… un peu comme si j'étais saoule. Au bout d'une heure dix, nous atteignons néanmoins la voiture... fatigués mais ravis de notre "exploit".
A 5000 mètres, nous obliquons vers le plateau du Chantajor afin de voir à quoi ressemblent les radiotélescopes en construction. Avec la mise en service en 2012 du plus grand observatoire de radioastronomie jamais construit au monde (projet regroupant Américains, Européens et Japonais), la région est en passe de devenir une plate-forme scientifique incontournable sur la planète.
Un bel alignement !
Retour à San Pedro par la route internationale, encore plus impressionnante et dangereuse dans la descente, pourvue de nombreuses voies de freinage d'urgence tous les kilomètres, pour les poids lourds en détresse. "El coche" qui se traînait à l'aller a maintenant besoin d'un sérieux coup de bride pour être ralenti.
Arrêt au village pour tester notre carte bancaire que nous avons pris soin de réparer à la bande adhésive. Mais les terminaux informatiques sont en panne dans tous les commerces, aussi bien le distributeur automatique que la station d'essence. Nous ne serons donc pas encore fixés sur notre sort et réglons nos dépenses en devises… tant qu'il nous en reste !
La fin de l'après-midi est consacrée à la préparation des bagages (départ demain matin pour l'Argentine) et accessoirement à un peu de repos car la journée n'est pas finie. Ce soir, nous avons rendez-vous avec la lune…
A 21 heures, nous rejoignons un groupe d'une vingtaine de Francophones dans le jardin d'Alain Maury pour une séance d'observation du ciel, d'abord à l'œil nu puis grâce à des télescopes performants. Etoiles, planètes, nébuleuses, galaxies, tout y passe et bientôt, grâce aux explications passionnées de l'astronome et de son épouse chilienne Alejandra, la Croix du Sud, la Mouche, Alpha du Centaure ou Saturne n'ont plus de secrets pour nous ! Enfin, la vedette du spectacle est incontestablement … la lune !
Une belle soirée qui nous a permis d'améliorer nos connaissances du ciel tout en passant un agréable moment ! A recommander ! Dernière nuit à l'Atacama Lodge.
Au cours de la montée du Cerro Toco

Vers l'Argentine par le désert de Tara
J16 : Ven 13/05/11
Notre séjour à San Pedro de Atacama s'achève. Nous avons volontairement zappé toutes les lagunes aux alentours : Cejas, Tebenquiche, Miscanti, Miniques… car nous devrions en voir d'autres, encore plus belles, dans le Sud-Ouest bolivien.
Nous prenons donc la route vers l'Argentine… oups, pas immédiatement … heureusement que nous avons pensé à demander confirmation car nous allions filer directement vers le Paso de Jama. En effet, les formalités douanières relatives à la sortie du Chili doivent se faire ici au poste de douane à l'entrée de San Pedro, 120km avant la frontière réelle !
Il y a un peu d'attente mais au final, en une demi-heure, tout est réglé.
Cap sur le Paso de Jama, comme hier, par cette incroyable route internationale. Sur les quarante premiers kilomètres, nous sommes en terrain connu… après, place à la nouveauté !
Le point de chute, ce soir, est prévu dans le village argentin de Susques à 300 kilomètres de San Pedro mais avec le détour dans le désert de Tara, il faut compter une cinquantaine de kilomètres de plus. Ni village, ni station-service sur cette route avant la frontière argentine, il faut le savoir aussi !
Rien que des volcans… aux flancs marbrés… à perte de vue !
… et quelques lagunes aussi ! Celle de Pujsa à 80 km de SPA mérite un arrêt !
A l'approche du Salar de Tara, à 4500 mètres d'altitude, les imposants monolithes des Monjes de la Pacana montent la garde à proximité de la nationale.
Mais les paysages autour de ces colosses ne constituent qu'une mise en bouche. Il faut s'aventurer au cœur du désert pour découvrir ses trésors cachés. Pour les atteindre, il faut impérativement un 4X4 car le risque d'ensablement est sérieux.
Aucune piste n'y mène! Après le sable mou, on a le choix, sur cette grande ligne droite, entre des centaines de traces. Il vaut donc mieux avoir préparé son itinéraire !
Seul repère dans cette immensité : ce cactus en forme de coussin… Cumulopuntia boliviana ignescens.
Suivre les cailloux du Petit Poucet risque aussi de vous conduire sur une fausse piste ;-)
Au milieu de cette étendue désertique surgissent alors des formations rocheuses tout en rondeur, dont les couleurs et les formes nous font penser à celles du désert Blanc en Egypte ou encore aux Coyote Buttes en Arizona.
Comme pour leurs "cousines", la nature y a dessiné des anneaux, des courbes et des vagues.
Mais ces doigts pointés vers le ciel annoncent d'autres formations encore plus singulières !
Quand apparaît devant nous cette immense falaise, nous savons que nous avons atteint les "Cathédrales de Tara".
Cette mesa s'interrompt brusquement pour laisser place à une lagune… le "Salar de Tara" ! Nous sommes à 4300 mètres d'altitude.
Sur ses rives, un petit abri tombe à pic pour le déjeuner. Le banc est déjà prévu, nous n'avons qu'à installer notre table et à déballer nos victuailles.
Un décor de rêve !
A 15 heures, nous sommes de retour sur la route internationale et une heure plus tard, à la frontière argentine. Quelle chance, il n'y a aucune attente, les formalités sont accomplies dans la foulée, le véhicule à peine fouillé… tout se passe comme sur des roulettes. Nous réglons nos montres, il y a une heure de décalage entre les deux pays.
Encore deux bonnes heures jusqu'à Susques… en passant de 4200 à 3600 mètres.
Le premier hôtel sur notre trajet est le Pastos Chicos… un complexe touristique comprenant une station-service, un restaurant et un hôtel. Nous demandons à visiter… la décoration est chaleureuse… mais la chambre sent très fort la peinture fraiche et la fenêtre ne s'ouvre pas. Nous laissons tomber avec regret !
Dans le virage suivant, Unquillar Hotel a l'air fermé mais en frappant à la porte, une jeune femme se précipite pour nous ouvrir. L'endroit est accueillant, joliment décoré également, la chambre mignonne, équipée de chauffage pour un prix bien inférieur que le précédent. Nous prenons sans regret !
La patronne du Pastos Chicos aura la bonne surprise de nous revoir un peu plus tard dans la soirée… pour le dîner. Au menu, une bonne viande d'Argentine accompagnée d'un excellent Malbec.
Nous n'avons toujours pas pu tester notre carte bancaire rafistolée (pas de banque aux alentours) et continuons à payer en devises. Pour combien de temps encore ?
Monjes de la Pacana

De Susques à Salta par la Ruta 40
J17 : Sam 14/05/11
Aujourd'hui, route vers Salta, plus de 300 km, par la R 40… hum, "route" est un peu prétentieux car il s'agit d'une piste... du moins jusqu'à mi-parcours, ce qui devrait bien faire une journée de trajet, entrecoupée de quelques sites remarquables.
L'accès de cette Ruta 40 se prend juste avant l'hôtel Pastos Chicos. Au début, la piste se présente bien, large et lisse, avec de temps en temps un peu de tôle ondulée. Elle grimpe doucement vers la Puna - l'altiplano argentin à 4200 m - dans un paysage mamelonné ponctué de quelques villages perdus.
Au loin on commence à distinguer la silhouette massive du volcan Tuzgle. Il compte, autour de sa base, quelques merveilles qui vont tour à tour nous occuper toute la matinée.
Tout d'abord, sur ses contreforts apparaît une falaise rocheuse et à ses pieds, le site d'escalade qui nous intéresse.
A vrai dire, nous n'avons aucune intention de pratiquer cette activité mais simplement d'explorer de long en large ce site de boulders, l'un des plus beau d'Amérique du Sud aux dires des connaisseurs de ce sport.
Nous l'avons découvert en regardant le film d'un groupe de grimpeurs, une Suissesse et neuf Grenoblois qui, fin 2010, ont été les premiers à y ouvrir des voies.
L'endroit est tout simplement fascinant, avec ses amas rocheux éparpillés sur toute la pente comme si un géant les avait fait dégringoler de la montagne.
Je sers à donner l'échelle… ou à retenir le caillou ?
Toujours au pied du Tuzgle, mais un peu plus loin, voilà une ancienne mine de soufre désaffectée… et une nouvelle occasion d'explorer ses moindres recoins. Seuls quelques murs restent encore debout !
Le camp était situé dans un environnement naturel exceptionnel au milieu d'une belle prairie marécageuse dominée par le cône veiné du volcan.
Enfin, pour finir, nous suivons la piste derrière la mine jusqu'au bout…
Quelle ne fut notre surprise de trouver là, si loin de tout, et surtout si loin de la R40, une maison… habitée… un peu comme celle-ci !
Après toutes ces flâneries, il est déjà 14 heures et grand temps d'avancer vers Salta. Allez, un dernier coup d'œil au Tuzgle, omniprésent !
Mais, à peine repartis, nous voilà à nouveau arrêtés, bouche bée, à l'entrée de cette vallée colorée où prédomine soudain le rouge carmin.
La piste continue à serpenter entre les collines en direction du viaduc de la Polvorilla.
Son état se dégrade nettement à cet endroit, et si on avait dû commencer par là, on aurait sans doute hésité à poursuivre tant la trace se perd dans le lit de la rivière !
Le viaduc est vraiment un bel ouvrage… apparemment on peut y monter, mais nous, on s'est contenté de l'admirer d'en bas.
Il est 14 heures, nous sommes à peine à moitié route de Salta, nous sommes samedi, nous n'avons pas réservé d'hébergement et nous craignons que le scénario d'Iquique ne se répète.
Nous décidons par conséquent de limiter les arrêts et de tracer jusqu'à la ville. Nous comptons sur le retour de l'asphalte pour augmenter notre vitesse moyenne mais ce n'est qu'après San Antonio de los Cobres que nous retrouvons le bitume.
A partir de ce village, une interminables série de lacets va nous faire perdre 2500 mètres d'altitude (Salta est à 1200 mètres) et alors qu'on croyait en avoir fini avec la piste, voilà que, cinquante kilomètres avant Salta, une nouvelle portion largement fréquentée par des camions nous inflige encore une fin de parcours dans une poussière infernale.
Quand enfin Salta se profile, nous sommes soulagés ! Il n'y plus qu'à se diriger vers le centre pour trouver un hébergement. J'avais repéré le Convento Antiguo qui m'avait fait bonne impression sur Internet. Malheureusement, ce que nous craignions, est arrivé : il est complet. Un plan en main, nous passons en revue tous les hôtels des rues Caseros et España mais quand ils ne sont pas complets, ils sont soit bruyants, soit moches, soit trop excentrés. Finalement, quand le Wilson Hotel nous propose sa dernière chambre, une grande suite avec parking, Wifi et petit déjeuner, nous n'hésitons plus… et posons nos valises dans cet hôtel moderne en plein centre.
Mais avant tout, il devient urgent de retirer des liquidités. Notre carte bleue raccommodée voudra-t-elle bien fonctionner ? Suspense… Hervé s'applique à l'introduire fermement dans le distributeur automatique. La machine hoquette, crachote… nous retenons notre souffle… et finalement accepte de nous délivrer nos billets ! Nous voilà tranquillisés sur la poursuite de notre voyage… du moins jusqu'au prochain retrait !
La bourse bien remplie et le cœur léger, nous partons visiter le centre-ville : la Cathédrale richement décorée, les abords de la Plaza 9 de Julio entourée de beaux bâtiments coloniaux admirablement préservés.
Il fait doux bien qu'un peu nuageux. Salta est très animée en ce samedi soir : beaucoup de monde dans les rues, aux terrasses des cafés, de la musique … et pour nous, l'envie de prolonger la soirée dans un restaurant près de la place centrale (dont j'ai oublié le nom).
Dans le désert de Tara

Dans la Quebrada de Humahuaca : Purmarcara et Tilcara
J18 : Dim 15/05/11
Déception au réveil, le ciel est désespérément gris ! On espérait approfondir la visite de Salta ce matin et admirer la ville depuis le mirador du Cerro Bernardo mais vu l'état du ciel, cette prolongation ne se justifie plus. Après quelques courses dans le supermarché du quartier, nous quittons la ville après le check-out à 11 heures.
Nous assurons néanmoins notre gîte de ce soir à Tilcara par une réservation téléphonique. Le village de Tilcara se situe dans la Quebrada de Humahuaca à environ 200 km au nord de Salta. Pour rejoindre la région, deux possibilités jusqu'à Jujuy : l'autoroute ou la Ruta 9 dite de la "Cornisa" (de la corniche).
Cette dernière est bien plus pittoresque et c'est pour cela que nous l'avons choisie. Etroite et sinueuse, elle traverse une forêt humide (oui, oui, humide !) où les lianes et les fougères rivalisent avec les eucalyptus… dans une ambiance très brumeuse. Parfois réduite à quatre mètres de largeur à peine, elle enchaîne les virages dans lesquels on ne peut se croiser et qu'il faut négocier "uno por vez", chacun son tour. Heureusement qu'il y a très peu de monde ! A ce rythme, trois heures pour parcourir les 90 km est une bonne moyenne.
Pour corser le tout, voilà que la pluie s'en mêle alors que nous espérions nous arrêter près du lac de la Cienega. Tant pis, on continue et ce n'est que bien plus au nord que le ciel laisse apparaître l'espoir d'une amélioration.
Ce n'est finalement qu'à l'approche de Purmamarca que le temps s'améliore réellement, nous sommes à plus de 2000 mètres d'altitude à l'entrée de la Quebrada de Humahuaca, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Alors finis les nuages et la végétation luxuriante, place à un univers à nouveau plus minéral, presque sans herbe, avec comme seules silhouettes celles des cactus, en suivant le lit du rio Grande… presque complètement asséché.
Avec le retour du soleil, le petit détour jusqu'à Purmamarca vaut vraiment le coup, afin d'approcher une des curiosités géologiques de la Quebrada de Humahuaca : la montagne aux Sept Couleurs !
Vue sur Purmarcara depuis le mirador.
Le "Paseo de los Colorados", un sentier de 3 km, permet d'être aux premières loges pour admirer la montagne colorée et ses replis. Il y a un vent terrible… j'ai du mal à tenir debout au passage de ce ressaut !
Du beige au violet en passant par le rouge orangé et le vert, la montagne aux Sept Couleurs exhibe la richesse minérale de la quebrada.
Poursuivons maintenant vers Tilcara. Après la montagne colorée, voici les outils du peintre… de grandes plaques rocheuses, aux reflets rouge, ocre, vert-de-gris ou ardoise, alignées les unes à côté des autres, telles des dizaines de palettes. Nous sommes en face de la "Paleta del Pintor" (la Palette du Peintre).
Plus que quelques kilomètres et nous voici à Tilcara. Nous avons réservé une "cabaña" au "Cerro Chico, lo del francés…" à l'écart du village, tout au bout d'une piste chaotique.
Sur les flancs du Cerro Negro, Nourredine, un ancien ingénieur français, a construit sept bungalows au milieu de verdoyantes terrasses en culture, de vergers et d'un parc boisé, réalisant ainsi son rêve d'enfant : créer un petit village dans la montagne.
Il nous réserve un accueil sympathique et chaleureux, nous laissant le choix entre deux cabañas. Elles sont toutes décorés dans un style rustique traditionnel, équipées de salle de bains avec eau chaude 24 h/24 et d'un poêle à bois… et offrent une vue panoramique exceptionnelle sur la Quebrada,
Nous choisissons la plus grande avec la meilleure vue, tant pis s'il faut monter les bagages un peu plus haut ! Conquis, nous réservons immédiatement une deuxième nuit.
Pour plus de photos du Cerro Chico, c'est ICI. Nous profitons de ce cadre exceptionnel jusqu'à la tombée de la nuit avant de nous retirer à l'intérieur, près du poêle bien chaud pour un dîner improvisé. Première nuit au Cerro Chico.
J19 : Lun 16/05/11
Réveil avec le soleil levant, inondant la quebrada. Excellent petit déjeuner avec les meilleurs croissants de tout le séjour ! Nous sommes si bien au Cerro Chico que nous avons envie de profiter pleinement des lieux, du moins ce matin. Nourredine nous a indiqué une balade en boucle sur les hauteurs de la propriété alors… vamos !
Une petite sente raide s'élève derrière notre cabine. Du point de vue, au premier plan, les bungalows et la piscine, au centre le lit du rio Grande et parallèle à la rivière, la route qui mène plus au nord vers la Quiaca et la frontière bolivo-argentine.
Tout le flanc de montagne au-dessus de la propriété a été aménagé en terrasses, avec des cactus et toute une variété de plantes grasses. On se croirait dans un jardin botanique !
En poursuivant la promenade, une nouvelle vue sur la propriété : au fond à gauche, on distingue maintenant le village de Tilcara et, au milieu, un petit étang : la laguna de los patos (le lac aux canards).
Alors que nous nous rapprochons à nouveau des habitations, nous tombons nez à nez avec un renard, "el zorro" en espagnol ! Il nous regarde droit dans les yeux !
Enfin, le tour ne serait pas complet sans un saut jusqu'à l'enclos des lamas. N'est-il pas mignon celui-ci, avec sa tresse ?
Après un déjeuner sur la terrasse, il est temps de découvrir les autres attractions touristiques de Tilcara et, en premier lieu, la Pucara de Tilcara. Il s'agit d'une forteresse de l'époque précolombienne construite il y a environ 900 ans par les Indiens Tilcaras, et qui a été restaurée à l'identique par des archéologues de l'université de Buenos Aires. Nous sommes lundi, ça tombe bien, l'entrée est gratuite avec donation.
Vue générale du site.
On peut y voir un ensemble d'habitations labyrinthiques de pierre, soigneusement reconstituées… au milieu d'un jardin de cactus.
Les poutres des maisons sont en bois de cactus, les murs et les toits en pierre.
A son apogée, le site hébergeait plus de 2000 habitants. Vu la hauteur des plafonds, on peut aisément imaginer qu'ils étaient de petite taille. Quant aux habitantes, probablement ressemblaient-elles à cela ?
En tout cas, ils jouissaient d'une vue imprenable sur toute la quebrada, ce qui facilitait beaucoup la protection des lieux.
Après cette agréable balade dans le temps, en route vers une autre attraction vantée dans les guides : la Garganta del Diablo. Pour y accéder, une piste de 8 km pour les véhicules ou un sentier à pied de 4km pour les piétons. Nous sommes un peu fainéants aujourd'hui alors nous optons pour la première solution. Nous imaginions une belle chute d'eau, en fait la Garganta, une cascade artificielle créée par un canal d'irrigation, n'a rien d'exceptionnel.
De retour au village, comme l'hôtel n'accepte pas la carte bancaire, nous passons une fois de plus au distributeur. Confiant, Hervé introduit la carte (la fameuse carte cassée et recollée), la machine hésite… hésite encore et… ô stupeur, avale la carte. La banque attenante est fermée, ouverture demain matin ! Nous voilà dans de beaux draps ! Affolés, nous nous précipitons dans le centre téléphonique voisin pour appeler un numéro d'urgence. Mais impossible ni de comprendre ni de se faire comprendre vraiment ! Finalement, la meilleure solution n'est-elle d'attendre tout simplement demain matin et l'ouverture de la banque pour qu'on nous rende la carte ? Mais qu'allons-nous devenir si nous ne pouvons obtenir de retrait ?
En attendant, avec les derniers pesos et pour nous remonter le moral, nous nous offrons un bon dîner à "El Patio" sur les conseils de Nourredine. Brochettes de lama pour Hervé et lama à l'orange pour moi accompagnés d'une bonne bouteille de Cabernet Sauvignon !
Deuxième nuit au Cerro Chico !
De Humahuaca à Iruya : Cerro Hornocal, San Isidro
J20 : Mar 17/05/11
Dès 9 heures, nous attendons de pied ferme l'ouverture de la banque. Avec mon espagnol sommaire, j'explique à l'employé que "nuestra tarjeta Visa esta bloqueada en la machina". Il se dirige aussitôt vers le cagibi renfermant le distributeur. Il revient avec la carte dans un triste état et décrète qu'elle n'est plus bonne à rien. Mais alors que faire ?
Après un moment de réflexion, nous lui demandons une seconde chance. Si nous retentions un deuxième essai après avoir réparé la carte une nouvelle fois ? Nous ne risquons pas grand chose maintenant que la banque est ouverte.
Aussitôt dit, aussitôt fait … la machine hoquette, crachote… et... et… et… Hourra ! les billets apparaissent. Nous sommes sauvés… pour l'instant… jusqu'au prochain retrait en Bolivie !
Après une pause café et un petit tour au marché, nous prenons la route vers Humahuaca, 45 km au nord de Tilcara. Au bout de trois semaines, nous découvrons enfin que "el Coche" possède une antenne (rétractable), ce qui nous permet d'écouter de la musique… enfin détendus !
Le village d'Humahuaca (où nous arrivons à 11 heures) ne nous inspire guère mais, aux alentours, un point de vue remarquable ne nous a pas échappé lors de la préparation du voyage. Sa localisation a été tout particulièrement difficile à établir.
La Ruta 73 (en réalité, une piste) s'éloigne de Humahuaca (2950 m). En ligne de mire, un sommet garni d'antennes, et pour l'atteindre une série de lacets serrés. Ici, la vue à la descente !
Au bout de 25 km et à 4200 mètres, un replat offre un point de vue idéal vers la montagne en face… sur les arches multicolores du Cerro Hornocal. Un tableau grandeur nature !
En réalité, ce cordon montagneux est issu d'une formation géologique particulière appelée "Yacoraite", composée principalement de schistes plus ou moins plissés, recouverts de grès tendre, rouge foncé, mais aussi bleu, jaune, vert, violet, ce qui donne cet effet de couleurs absolument incroyable !
Nous espérions y rester un moment et pique-niquer en face de ce chef-d'œuvre de la nature. Mais un vent violent nous en dissuade aussitôt le nez dehors. Malgré le froid, nous grimpons néanmoins sur le haut de la colline pour un point de vue encore plus grandiose. Nous avons le souffle coupé à la fois par l'altitude, le vent et… le panorama !
Quant à notre coin de pique-nique, nous l'installons, un étage plus bas, à l'abri du vent derrière les murs d'une masure abandonnée… en veillant à ne pas se faire piquer par ces cactus, des figuiers de Barbarie.
Nous retrouvons la route nationale vers 14 h 30, pas pour très longtemps, car une quinzaine de kilomètres plus loin, nous tournons à nouveau à droite vers Iruya à 60 km.
Une piste caillouteuse, où circulent malgré tout bus et camions, nous emmène d'abord à un col à 4000 mètres en passant par quelques hameaux aux noms insolites : Iturbe, Chaupi Rodeo et même… New-York… heu, pardon, Muyoc !
A partir de là s'enchaînent de belles vallées et gorges encaissées puis, soudain au détour d'un virage, une nouvelle œuvre de la nature : une montagne colorée aux larges marbrures roses… à ne pas manquer !
Alors que nous nous apprêtons à photographier ce sommet remarquable, une bergère bien audacieuse vient nous réclamer un droit pour avoir pris ses moutons en photo. Mais alors que nous acceptons bien volontiers de la dédommager de quelques pesos, elle en exige davantage. Alors nous la laissons à… ses moutons et reprenons la route !
Les paysages qui nous attendent à partir du col sont encore plus étonnants ! D'abord, une chaîne montagneuse aux flancs lisses et doux comme drapés de velours !
Une piste serpentant en mille lacets dans une descente vertigineuse. On ose à peine imaginer qu'on va passer par là ! Mais quand on sait que le col culmine à 4000 m et que le village d'Iruya est situé à 2500 m, on comprend mieux !
Puis des à-pics impressionnants !
Enfin… après plus de deux heures, une église et quelques maisons accrochées à une falaise : Iruya, un village… au bout du monde, vraiment !
Nous nous mettons tout de suite à la recherche d'un hébergement (pour deux nuits) et nous n'aurons pas à chercher longtemps… à l'hosteria Federico III, il y a tout ce qu'il nous faut : une petite chambre au mur de galets chaulés, avec chauffage, eau chaude, petit déjeuner, donnant sur une terrasse proprette avec vue sur la falaise, pour un prix certes presque équivalent à celui de la cabaña de la veille mais ici, on est loin de tout…
Une fois installés, allons voir le village ! Une belle église restaurée, de petites venelles pavées très pentues… Iruya ne manque pas de charme !
Mais alors que le village est vraiment isolé, il n'en est pas moins vivant et résonne en permanence des jeux et des rires d'un grand nombre d'enfants et de jeunes.
Le Federico III fait aussi restaurant. Nous n'avons alors qu'à traverser la cour pour mettre les pieds sous la table devant des "brisas norteñas" (sorte de tourte) pour Hervé et un "Federico III pastel" (sorte de crêpe au fromage et oignons) pour moi. En dessert, nous nous partageons une crêpe au caramel… si bonne que nous ne résistons pas à en commander immédiatement une seconde.
J21 : Mer 18/05/11
Aujourd'hui à priori "el coche" devrait rester au repos et nous, randonner à pied jusqu'à Isidro soit une quinzaine de km A/R. Cet itinéraire est un classique souvent évoqué sur notre forum préféré. Il suffit de suivre la piste qui, elle, remonte le rio.
Le départ est donné de bonne heure et le pas rapide au début… forcément on commence par descendre… mais dès que le sens de la pente s'inverse, bouh ! on ressent immédiatement la différence… c'est comme si quelqu'un nous retenait par les épaules !
Mais ce que nous n'avions pas prévu, c'est qu'à cette saison, le rio est bien plus profond qu'en pleine saison sèche et sauf à se mouiller les mollets, nous ne voyons pas de moyen de traverser. Alors quand les occupants d'un 4X4 passant à ce moment-là nous préviennent que ce ne sera pas la seule fois où nous devrions franchir la rivière, nous changeons nos plans et rebroussons chemin jusqu'au village.
"El coche" va donc reprendre du service immédiatement. En réalité, il y a une bonne quinzaine de gués (nous les avons comptés), certains doubles et le torrent coule très fort. 4X4 obligatoire !
La piste s'arrête au pied du village de San Isidro, perché sur une falaise 30 à 40 mètres plus haut. Un autre village du bout du monde !
Un petit sentier y grimpe directement mais Hervé, qui aime bien les variantes, décide de partir dans le sens opposé par le lit de la rivière. Quelle idée saugrenue ! Je le suis en grognant ! Au bout de quelques centaines de mètres, il finit par admettre son mauvais choix. Mais maintenant qu'on a fait tout ce chemin pourquoi ne pas tenter une boucle nous ramenant vers le village plutôt que de revenir sur nos pas ? Pas si facile ! Après avoir trouvé un canyon latéral, Hervé persévère puis aperçoit un homme sur un sentier, un peu plus haut ! Un peu d'escalade et nous voilà tirés d'affaire, sur la bonne voie pour atteindre San Isidro… hum, d'une façon très peu conventionnelle !
Ça y est, le village est en vue !
Comme son voisin Iruya et contrairement à ce qu'on pourrait croire, le village est habité et animé. D'ailleurs, en le traversant, nous rencontrons à cette heure-ci (12/13h) beaucoup d'écoliers.
Pour survivre, les habitants ont sans doute besoin d'être autosuffisants, ceci expliquant sans doute la scène suivante : de la viande de lama séchant sur un fil… à côté du linge !
Sur le chemin du retour à Iruya, nous faisons une pause pour admirer les étonnantes couleurs du canyon en dégradés de roses et gris.
Les nombreux passages dans la rivière nous donnent une idée, d'autant que nous bénéficions d'un peu de temps : et si on faisait une toilette approfondie à notre "coche" ?A l'aide d'une petite bassine et d'une bouteille plastique, nous l'aspergeons abondamment avant de le frotter à l'intérieur comme à l'extérieur. Le voilà pimpant et rutilant… mais pour combien de temps ?
De retour à l'hôtel, la fin de l'après-midi passe à buller sur la terrasse. Nous ne sommes pas les seuls, lui aussi apprécie le farniente !
Mais dès que le soleil décline, il fait vite frisquet. C'est le moment de bouger et de courir le village à la recherche d'un comedor où dîner ce soir. Nous en repérons plusieurs mais à l'heure du dîner, leurs portes sont étonnamment fermées. Alors il n'y a plus qu'à retourner manger au Federico, le seul à être ouvert. Des escalopes milanaises au menu de ce soir et pour le dessert, une valeur sûre : comme hier, des crêpes au caramel !
Deuxième nuit au Federico III.
Cerro Hornocal

De la Quebrada de Chulin à Yavi : des pétroglyphes à gogo
J22 : Jeu 19/05/11
A 9 h 30, nous quittons Iruya par la même piste qu'à l'aller, celle aux mille lacets. Nous avons de la chance car, jusqu'au col, nous ne croisons aucun véhicule et finalement, nous mettons moins de 2 heures pour rejoindre la nationale.
Nous poursuivons vers le nord et la frontière bolivienne. Ce soir, nous avons prévu d'être à Yavi, toujours en Argentine, soit un trajet de près de 250 km depuis Iruya, mais pas d'une traite… nous avons quelques projets pour la journée.
Près de Tres Cruces, voilà déjà le premier arrêt avec, comme objectif, celui de rejoindre un canyon du nom de Quebrada de Chulin où se trouve une caverne (Inca Cueva) où a été découverte en 1937 une momie vieille de 6000 ans.
Plus que la caverne, c'est la quebrada qui nous intéresse. D'après notre documentation, ce serait un beau canyon aux roches rouges renfermant en outre une belle collection de pétroglyphes.
Le site se trouve à environ deux heures de marche du Rio Grande et le point de départ se situe près du carrefour de Tres Cruces, au niveau d'un pont ferroviaire abandonné. Altitude 3560 m.
Aucun panneau, ni balisage ni cairn. A part les coordonnées GPS de la grotte aux momies, pas d'autre indication en notre possession !
Nous laissons "el coche" (avec toutes nos affaires) garé sur le bord de la route, certes avec un brin d'appréhension, et suivons le lit asséché de la rivière en direction d'une paroi rouge, visible de loin. Il est presque midi.
Au bout d'une heure, nous approchons du point GPS programmé mais, à part deux petites maisons abandonnées, rien qui ne puisse évoquer la grotte en question. Peut-être est-ce l'ancien camp des chercheurs de momies ?
Sans aucune indication supplémentaire, nous étions sur le point d'abandonner quand Hervé propose de continuer encore un peu, à gauche des masures, pendant un quart d'heure au maximum… n'oublions pas qu'on a laissé le 4X4 sur le bord de la nationale !
Quinze minutes plus tard, voilà les premières parois rouges annonçant l'entrée dans la Quebrada de Chulin. Nous sommes à présent à 3700 mètres.
Alors plus question de renoncer, explorons davantage ! Des rochers rouges et lisses… agrémentés de bouquets d'herbes de la pampa ! Un filet d'eau stagnant dans des potholes ! Ça nous rappelle quelque chose.
Des falaises rouges percées d'une arche naturelle auxquelles s'accrochent quelques arbustes ! Du slickrock ! Assurément on a déjà vu ça ailleurs !
Ma parole ! On se croirait dans un "red canyon" de l'Utah !
Et par-dessus le marché, comme là-bas, un site de pétroglyphes, caché sous une voûte !
Vraiment, ce canyon est un petit bijou et on aurait aimé y passer l'après-midi. Peut-être aurions nous fini par trouver la grotte aux momies, cachée quelque part dans les hauteurs ! Mais nous ne sommes pas totalement rassurés d'avoir laissé la voiture sans surveillance aussi longtemps. Avec quelques regrets, nous décidons de ne pas poursuivre.
Quarante cinq minutes plus tard, nous sommes de retour auprès d'el coche qui se porte comme un charme. Sans doute ne risquait-il pas plus ici que sur un parking dans la forêt de Fontainebleau !
Cap au nord : Abra Pampa, bourgade triste balayée par les vents où nous pique-niquons sur un banc de la place centrale, puis encore plus au nord vers la ville frontière de La Quiaca, tout aussi déprimante.
Entre les deux, un immense plateau à 3500 mètres clôturé des deux côtés de la route et consacré à l'élevage de vaches, de moutons et de lamas. A l'entrée de la Quiaca, nous prenons immédiatement à droite la direction de Yavi.
Mais avant notre destination finale, un dernier détour… vers la Laguna Colorada (pas celle de Bolivie, mais celle de Yavi !) où l'on peut observer là aussi un grand nombre de pétroglyphes.
En approchant de la lagune, ils ne sont pas visibles d'emblée. Mais des amas de pierre érigés en murets attirent mon attention. Bingo… j'ai trouvé. Chaque enceinte abrite bien un site de pétroglyphes, il ne reste plus qu'à visiter chaque cachette. Certaines sont néanmoins condamnées par un portail cadenassé.
Pour rejoindre Yavi, Hervé décide d'essayer une piste non indiquée sur la carte du GPS mais semblant aller dans la bonne direction. Encore une de ses lubies ! Rapidement il faut nous rendre à l'évidence : pas moyen d'arriver sur la piste principale par cette variante. La trace se perd dans le décor… et nous avec ! Nous avançons hors piste, au rythme des creux et des bosses au beau milieu du plateau. Impasse totale !
Finalement, le chauffeur fantaisiste au volant d'un 4X4 efficace finit par nous tirer de là avec quelques suées avant de reprendre sagement la piste classique jusqu'à Yavi.
Yavi : des maisons en adobe et toit de chaume alignées le long de la rue principale et tout au bout, à la sortie du village, l'Hostal & Cabañas de Yavi où nous espérions trouver un hébergement. Personne…
La voisine nous indique que la propriétaire ne vit pas en permanence sur place mais habite quelque part dans le village. Il va bientôt faire nuit et nous n'avons pas trop envie de chercher alors quand la jeune femme nous propose une chambre chez elle, nous sommes intéressés.
Intérieur kitsch mais chaleureux ! Certes l'eau de la douche est à peine tiède, la pression faible, il n'y a pas de chauffage mais le petit déjeuner est compris et le prix imbattable : 80 ARS soit 16 €. Nous acceptons illico ! Son nom : Posada "Aires de Yavi".
Après un petit tour dans le village (église, musée), nous papotons avec la propriétaire et ses deux petites filles autour d'un bon feu de cheminée avant de sortir dîner. Le seul restaurant de Yavi est en panne de gaz, la soirée se poursuit dans notre chambre autour d'une soupe, vite préparée sur notre réchaud. C'est un jour de chance pour notre hôtelière : peu après, elle louera sa deuxième chambre à cinq touristes argentins !
Retour en Bolivie : Tupiza et ses canyons
J 23 : Ven 20/05/11
Après le petit déjeuner à la Posada, direction la frontière argentine avec un peu d'appréhension devant les formalités qui nous attendent.
Quelques véhicules argentins sont déjà arrêtés devant le poste et leurs conducteurs en train de faire la queue devant l'un des bureaux. Après nous être brièvement renseignés, en précisant bien que nous étions français et notre véhicule bolivien, on nous indique de patienter derrière les autres, manifestement tous argentins, propriétaires de leur véhicule. L'attente s'éternise. Apparemment dans le bureau, le douanier a l'air de gérer un cas litigieux. Nous piétinons dans le froid et les courants d'air, passablement énervés. Quand enfin vient notre tour, nous apprenons avec quelque agacement que notre cas relève du bureau voisin. Dire qu'on a fait attendu tout de temps pour rien ! Mais, à côté, la douanière très embarrassée ne sait pas trop quoi faire de nos papiers. Après un coup de fil prolongé, elle finit par conserver tous nos documents et nous dit que c'est OK.
Mais ce n'est pas fini pour autant, il reste à passer l'immigration (pour les personnes). Pas de chance, nous tombons là encore derrière les occupants d'un bus !
Finalement nous sommes libérés au bout de deux heures… pour l'instant… car il reste à valider l'entrée en Bolivie et la file d'attente déborde là aussi du trottoir. Heureusement, tout se règle en cinq minutes car on nous indique immédiatement le bon guichet pour lequel il n'y a pas de queue. Ouf !
Nous ne nous attardons pas dans la ville frontière de Villazon sauf pour acheter quelques fruits au marché. Nous comprenons au vu des centaines de boutiques et de vendeurs ambulants pourquoi tant d'Argentins traversent la frontière, notamment à pied : pas besoin de passer l'immigration pour une simple escapade de quelques heures, il suffit de franchir le pont. Le prix des marchandises en Bolivie permet sans doute de faire de bonnes affaires.
Très vite nous prenons la route pour Tupiza à 90 km, une route encore en construction, asphaltée presque en totalité sauf les ouvrages (ponts). Nous avons donc droit régulièrement à quelques déviations poussiéreuses jusqu'à notre arrivée.
Nichée à 2950 m d'altitude dans la vallée du rio Tupiza, entourée d'un paysage déchiqueté et bénéficiant d'un climat doux toute l'année, cette petite ville (22 000 habitants tout de même) est, paraît-il, le lieu idéal pour se reposer quelques jours.
Ça tombe bien, telle est notre intention pour les deux prochaines journées avant d'entamer l'expédition tant attendue vers le Sud Lipez et ses lagunes.
Pour notre hébergement, nous avons en tête d'aller au Mitru Hotel situé en plein centre, qui, selon le guide LP, est le meilleur de la ville. Une chambre très propre équipée de mobilier en bois de cactus, une bonne couette bien chaude car il n'y a pas de chauffage, une salle de bains privée avec eau chaude 24h/24, la télé, le petit déjeuner et la Wifi. En sus, un petit coin de gazon autour d'une belle piscine, un environnement fleuri, une place dans un parking fermé pour "el coche"… tout cela pour 260 Bolivianos = 26 €. Pas d'hésitation, nous prenons sur le champ !
Après un déjeuner rapide sur la terrasse, nous nous empressons de régler quelques questions d'intendance : passage à la banque (ouf, la carte après quelques balbutiements a bien voulu fonctionner), courses au marché, laverie… avant de nous octroyer quelques heures de détente.
Comme annoncé, le centre-ville dégage une atmosphère provinciale très appréciable. Beaucoup de petites boutiques (ne cherchez pas de supermarché !), des restaurants, des cafés, des agences touristiques, un marché… et le spectacle des Boliviennes pour beaucoup encore en tenue traditionnelle… dépaysement garanti !
La cathédrale
Une "tienda de bicicletas"
Bref, à la fois un rythme de vie paisible et une joyeuse animation ! Une ville très agréable !
Fin de journée sur une chaise longue tout en prenant le soleil, si, si… à l'abri du vent près de la piscine, il fait très chaud. Bikini et crème solaire sont d'ailleurs les accessoires indispensables pour la plupart des jeunes touristes de l'hôtel. Mais dès le coucher de soleil, petite laine de rigueur !
A Tupiza, difficile d'échapper à la soirée "tout" pizza ! Plus qu'un jeu de mot, c'est devenu une institution et les pizzerias fleurissent à tous les coins de rue ! Alors nous nous laissons tenter, d'autant qu'à deux pas de l'hôtel, nous avions repéré le restaurant "Italiana" au cadre à la fois rustique et stylé. La cuisine est à la hauteur du décor… délicieuse et goûteuse. On y reviendra.
J24 : Sam 21/05/11
C'est à nouveau jour de repos pour "el coche" et pour nous, jour de rando, en l'occurrence dans le "Cañon del Inca", soit une quinzaine de km. Départ à pied en direction… de la décharge ! Dommage pour cette pollution visuelle car au second plan, on commence déjà à entrevoir les rochers rouges de la quebrada.
C'est par la "Puerta del Diablo" que nous pénétrons dans le canyon.
Plus loin, ces pics élancés nous confirment que nous arrivons maintenant dans la "Valle de los Penes" ou "los Machos" !
Mais bientôt le sentier s'arrête au pied d'une grande paroi où coule un petit filet d'eau, nous sommes dans le canyon de l'Inca !
Serait-ce lui, l'Inca ?
Au fond de cette vallée, nous essayons de repérer une trace qui nous permettrait de rejoindre Tupiza en faisant une boucle. La petite carte sommaire distribuée par les agences de la ville laisse à penser que celle-ci existe, d'autant que la carte de Google Earth laissait également deviner une trace ténue. Ceci dit, la carte locale n'est pas à l'échelle et entre la carte satellite et la réalité du terrain, il y a un abîme !
Voici la carte en question, en vert fluo l'itinéraire qu'on espère pouvoir suivre !
Ayant remarqué des marques de pas et/ou de pattes d'animal (chien ?) à l'entrée d'une ravine, nous pensons être sur la bonne voie et commençons à grimper dans un amas rocheux !
50 m, 100 m, 150 m de dénivelé : nous progressons régulièrement, de rocher en rocher, en espérant ne pas avoir à faire demi-tour car plus que la montée, c'est la descente dans ces éboulis de pierres instables que je crains.
200 mètres de dénivelé : stop, Hervé annonce qu' il faut renoncer, la pente devient vraiment trop scabreuse. Nous sommes manifestement sur une fausse piste… impossible de franchir ces parois !
Retour chez l'Inca pour profiter d'un déjeuner à l'ombre.
Mais pas question de rester sur notre faim ! Immédiatement après la pause du midi, nous repartons musarder dans les canyons, non pas pour tenter de retrouver une quelconque trace, nous avons fait une croix dessus, mais pour découvrir toutes les facettes de ces paysages. X heures à aller et venir !
Des vallées envahies de cactus… un petit air de Nouveau-Mexique !
Et une armée de pénitents ?
A force d'arpenter ainsi tous les canyons latéraux, on en a plein les bottes et en arrivant à Tupiza à 15 heures, nous ne rêvons que d'une chose, tremper nos pieds surchauffés dans la piscine !
La trempette va être rapide car glaciale. En revanche, comme hier, un peu de bronzette ne fait pas de mal ! Profitons, profitons… car demain débute notre expédition dans la région de Los Lipez et nous nous attendons à des conditions plus rustiques.
Dernières courses afin de faire le plein de provisions pour 5 à 7 jours puis dîner au restaurant italien, cette fois-ci en compagnie de Marie Josée, une jeune Québécoise avec laquelle nous parlons de… voyages, bien sûr !
Dans les canyons de Tupiza

Sur les pistes du Sud Lipez : des hauts et des bas
J25 : Dim 22/05/11
Après différents réaménagements du parcours, nous avons à cette date deux journées d'avance sur notre planning initial, une marge confortable au moment d'aborder la partie cruciale de notre voyage, celle dont beaucoup prétendaient qu'elle ne pouvait pas se faire sans tour-opérateur.
Alors que le circuit classique proposé par les agences se déroule en 3 jours/2 nuits au départ d'Uyuni ou 4 jours/3 nuits depuis Tupiza, nous pensons le faire en 5 à 7 jours en alternant des hébergements 5 étoiles (boliviennes !) et d'autres… plutôt 5 cactus !
Notre première étape doit nous amener à San Pablo de Lipez où nous devrions passer la nuit à l'hôtel Tayka Los Volcanos, classé confortable, mais nous n'avons fait aucune réservation et espérons qu'il sera ouvert en ce tout début de saison malgré sa situation excentrée. Tout ceci va nous réserver bien des surprises !
Déjà le début de matinée commence par quelques coups de sang ! Sortir "el coche" du garage n'est pas une mince affaire. Réveiller les propriétaires garés derrière nous, trouver les clés, déplacer tous les véhicules, tout ça prend du temps ! Enfin, ça y est, nous voilà dans la rue mais pas encore partis pour autant. En effet, le marché du dimanche étale ses stands sur toute la rue principale, sans aucune déviation mise en place ! Nous tournons en rond ! C'est finalement en suivant par hasard une voiture locale que nous finissons par sortir de ce labyrinthe.
Ça y est, cette fois-ci, les formations en ailerons de la quebrada de Palala, à la sortie de Tupiza, confirment que nous sommes bien sur le début de la piste vers le Sud Lipez. Nous voilà vraiment partis !
La route commence alors à escalader une quebrada abrupte et étroite pendant une dizaine de kilomètres jusqu'à une crête, prise en étau entre deux pics et deux vallées : el Sillar = la Selle ! Vous remarquerez les veines bleutées provoquées par la présence de plomb dans la roche !
Les flancs de la montagne sont recouverts d'une forêt d'aiguilles pétrifiées.
J'avais lu qu'il pouvait y avoir jusqu'à 60 véhicules de tours-opérateurs au départ d'Uyuni, chaque jour. De Tupiza ils sont en général moins nombreux. En tout cas, pour l'instant, nous apercevons un seul véhicule devant nous au Sillar et un autre loin derrière, ce n'est pas pour nous déplaire et plutôt rassurant.
Voilà le 4X4 loin devant nous !
De crête en crête, de versant en versant, la surprise est de tous les instants avec l'impression de contempler ces paysages depuis le hublot d'un avion !
Petit à petit, nous avalons les dénivelés, doucement, parfois péniblement jusqu'à franchir le point culminant de la journée à 4390 mètres. Jamais guère plus de 20 à 25 km à l'heure et parfois beaucoup moins ! Le déplacement risque d'être plus long que prévu !
En outre, pas ou peu de panneaux et quand les noms des localités sont indiqués, ils sont parfois différents de ceux mentionnées sur les cartes. A chaque carrefour, nous sommes obligés de nous arrêter pour vérifier notre direction.
Pour corser le tout, un vent terrible… à en ébouriffer le pelage des lamas et le plumage des nandous !
A la mi-journée, après plus de trois heures de route, une pause est bienvenue mais pas n'importe où, nous cherchons de préférence un coin abrité. Après avoir repéré un escarpement coupe-vent, Hervé s'écarte de la piste et s'engage… dans le sable mou !
Zut, zut, zut, nous sommes immédiatement ensablés ! Il me garantit que nous sortirions de là d'un coup de 4X4 mais il a beau faire, nous nous enfonçons de plus belle.
Bon, rien ne sert de s'acharner, il faut retrousser nos manches. Hervé commence à manier la pelle pendant que je vais ramasser un maximum de grosses pierres. A plus de 4000 mètres d'altitude, le souffle est court et la tâche éreintante.
Vautré dans le sable, Hervé rehausse el coche à l'aide du cric et remplit le trou avec les pierres amassées. Déjà une heure que nous trimons comme des fous et je ne vois pas très bien comment nous allons nous en sortir. Il y avait bien un 4X4 derrière nous au départ mais je trouve qu'il aurait déjà dû nous rattraper… à moins qu'il n'ait pris une direction différente. Dans ce cas-là, serons-nous obligés d'attendre ici jusqu'à demain ?
Juste à ce moment-là, je vois le 4X4 arriver. Je me poste en plein milieu de la piste en faisant de grands signes au conducteur. Le véhicule s'arrête et j'explique au chauffeur avec mes rudiments d'espagnol que "nuestro coche esta bloqueado aqui". "Por que ?", me demande-t-il. Porque, porque… le vocabulaire me manque, qu'il vienne plutôt voir !
Quatre touristes (parlant parfaitement l'anglais et l'espagnol), le chauffeur et un jeune guide descendent de voiture. Hervé expose brièvement la situation et demande qu'on nous remorque.
Le chauffeur est perplexe : avec un 4X4, nous n'aurions pas dû avoir de problème. Il propose que tout le monde pousse, cela devrait suffire. Hervé se met au volant : à la une, à la deux, tout le monde pousse et… rien ne se passe !
Le Bolivien se gratte la tête : hum, il y a bien une touffe de "paja brava" coincée sous le châssis mais avec un 4X4… "Etes-vous sûr d'avoir enclenché le 4X4 ?" interroge-t-il. Hervé persuadé que oui vérifie pour la bonne cause et là, honte à nous, honte à lui, dans l'énervement il avait bien enclenché le 4X4 dans la voiture mais pas sur les roues.
Il se remet au volant, tout le monde pousse d'une chiquenaude, "el coche" bondit hors du sable sous les applaudissements. Une des touristes a photographié la scène. Dommage, nous ne l'avons pas revue par la suite mais qui sait, peut-être l'image traîne-t-elle quelque part sur un blog.
En tout cas, ils ont bien dû se moquer de nous !
Nous nous étions arrêtés pour déjeuner mais l'incident nous a pour l'instant coupé l'appétit. Il est 14 heures, nous repartons pour une heure et demi de plus en traversant des villages isolés : Cerrilos, Pululu… avant de manger un morceau, vite fait, debout à côté de la voiture.
El coche avance comme une tortue et le soleil commence déjà à décliner quand nous arrivons près d'un village au pied du Cerro Lipez. Il est 17 heures.
Nous pensions notre destination finale proche quand tout d'un coup, en regardant attentivement le GPS, je me rends compte que nous n'avons pas invoqué le bon saint. Ici c'est San Antonio et non San Pablo. Décidément, ce n'est pas notre jour !
Nous aurions pu dormir dans le carrosse ou chercher un logement chez l'habitant à San Antonio. Mais comme il nous reste une heure avant la tombée de la nuit, nous rebroussons chemin jusqu'au carrefour manqué pour prendre la direction de San Pablo afin de trouver plus de confort après toutes ces péripéties… à condition que l'hôtel soit ouvert.
Une vingtaine de kilomètres à peine mais une bonne heure de conduite sur une mauvaise piste… nous arrivons épuisés devant l'hôtel Los Volcanes. Ce que nous redoutions est arrivé : sans réservation, il n'y a personne !
En plus, les conditions de piste difficiles ont fortement entamé nos réserves de carburant et la jauge d'huile clignote. Au village de San Pablo, alors que la nuit vient de tomber, deux jeunes nous indiquent où trouver du carburant (certains habitants ont des réserves) et où trouver la personne possédant les clés de l'hôtel.
Pendant qu'Hervé complète le réservoir et fait l'appoint d'huile, les garçons m'amènent à l'autre bout du village frapper à une porte. Le fils de la maison m'assure qu'il y a un gardien dans l'hôtel, mais en m'accompagnant à nouveau sur place, il est forcé d'admettre qu'il n'y a personne.
En discutant avec lui, je finis par saisir le mot "alojamento" et la possibilité de dormir chez l'habitant. Le garçon nous accompagne alors chez Doña Flora. La vieille dame nous propose pour 20 Bol (2 euros) une chambre spartiate mais propre avec trois lits. Vu notre état de fatigue et l'heure, nous la trouvons "muy bien". Bien sûr à ce prix, les toilettes (avec chasse d'eau !) sont dans la cour, il n'y pas de douche, tout juste un lavabo avec de l'eau froide et le petit déjeuner n'est pas prévu. Après la journée qu'on vient de passer, c'est mieux que de dormir dans le 4X4.
Nous avons finalement parcouru 230 km en 9 heures (dont 1 h 30 d'arrêt), soit une moyenne de 20 km/h à peine. Les pistes du Sud Lipez sont vraiment difficiles, nous le confirmons, bien davantage que celles que nous avons expérimentées jusque là dans l'Ouest américain ou en Australie.
Après ça, dodo illico sans même dîner. Nous sommes KO.
J26 : Lun 23/05/11
J'ai eu du mal à m'endormir et ce matin au réveil, je me sens un peu vaseuse. Est-ce en raison de l'altitude (plus de 4100 m) ou simplement parce que je n'ai pas mangé grand chose hier ? Pour me remettre sur pied, Hervé me sert le petit déjeuner : eau chaude + café et lait en poudre + tartines déjà un peu rassies. Ça fait du bien !
Avant 8 heures, nous prenons congé de Doña Flora et de son mari en les remerciant pour leur accueil. Comme nous avons dormi dans nos sacs de couchage, la chambre va être vite remise en ordre !
Un coup d'œil au village de San Pablo de Lipez avant de partir !
L'étape prévue est deux fois plus courte que celle de la veille, soit 120 km environ jusqu'à Quetena Chico où nous devrions trouver une auberge où passer la nuit. Nous espérons par conséquent faire un trajet moins fatigant et surtout moins long… mais rien n'est moins sûr !
Le clou de la journée devrait être le passage d'un col à près de 5000 mètres ! Waouh !
Pour atteindre cette altitude, la montée se fera par palier. Il nous faut d'abord retourner à l'endroit où nous nous sommes aperçus de notre erreur hier : San Antonio de Lipez, au pied du Cerro du même nom.
Après San Antonio, la piste se met à chevaucher les monts environnants… pour s'envoler vers les sommets.
Un peu avant 10 heures, un premier col est atteint : 4790 mètres nous annonce un panneau à l'entrée de ce village fantôme. Ici c'est San Antonio Viejo… Emouvant, ce grand pueblo abandonné, au pied du Cerro Nuevo Mundo… pour une sombre histoire de diable, paraît-il. Superbe site pourtant !
Mais ce n'est pas fini : après une courte descente, la piste repart vers des hauteurs extrêmes au prix de secousses incessantes. Je ne suis pas en grande forme et lors de certains arrêts, je n'ai même pas le courage de sortir de la voiture. Heureusement Hervé assure côté conduite et côté photos car les paysages sont fabuleux !
Il est 11 heures. Pourtant, l'eau qui stagne dans cette prairie marécageuse est toujours gelée, preuve qu'il fait très, très froid. Ça n'a pourtant pas l'air de gêner les lamas !
Un quart d'heure plus tard, nous approchons du col !
4904 mètres : c'est le point le plus élevé de tout le parcours dans le Sud Lipez. Ça mérite que je sorte de la voiture malgré ma petite forme et pour marquer l'avènement, nous laissons El Coche pour parcourir les derniers mètres à pied.
Juste après le col, voici qu'apparaît la lagune Morejon aux reflets gris-bleu, ourlée de sel, à 4855 mètres d'altitude dominée par le volcan Uturuncu !
Il est maintenant 13 heures mais impossible d'envisager de manger en plein air, il y a beaucoup trop de vent. Alors quand à l'entrée du parc national Eduardo Avaroa les rangers nous proposent leur coin-salon, nous sommes soulagés après ces cinq heures de piste éprouvante. C'est aussi ici que nous réglons les droits pour le parc : 150 BOL/personne, entrée valable trois jours.
Requinqués par un bon casse-croûte, nous repartons plein d'entrain, d'autant que nous savons notre destination finale proche. Il ne reste qu'une quinzaine de kilomètres jusqu'à Quetena Chico.
Après un dernier passage de gué large et boueux, nous arrivons au village un peu après 14 heures, heureux d'avoir fini notre journée de route. Nous pénétrons dans la cour de ce qui semble être une auberge. En attendant la gérante, nous visitons les chambres toutes inoccupées à cette heure de la journée et destinées à des groupes de 2 à 6 personnes.
En demandant une chambre pour deux, la propriétaire annonce qu'il n'y a pas de chambre pour ce nombre. Nous insistons en nous disant prêts à louer une chambre plus grande (30 BOL par lit soit 120 BOL pour une chambre de 4 lits, ce qui ferait 12 euros). Mais rien n'y fait, elle veut absolument nous envoyer ailleurs, dans une autre auberge du village ou dans un village voisin. Mais nous ne voulons pas faire un kilomètre de plus et insistons encore. Elle finit par accepter à contrecœur.
Elle nous installe alors dans une chambre pour quatre. Les toilettes sont partagées, il y a un lavabo avec de l'eau froide, pas de chauffage mais, bonne surprise, une douche !
Nous nous empressons de nous renseigner sur son fonctionnement et tombons sur une aimable jeune femme qui nous affirme que dans une heure, l'eau sera chaude. Parfait !
Peu après, celle qui nous a si froidement accueillis vient nous prévenir que pour la douche, ce sera 10 BOL (1€) de plus. Que ne donnerait-on pas pour prendre une douche alors soit !
L'aimable jeune fille revient finalement toute gênée pour nous avertir que les tuyaux avaient gelé, donc pas de douche ! Info ou intox ? Bref, il faudra se contenter aujourd'hui encore d'une toilette de chat.
Nous passons tout l'après-midi à bouquiner, à préparer l'itinéraire des jours suivants, à nous détendre… jusqu'à l'arrivée d'un autre 4X4. Tiens, comme el coche, il a un réservoir d'essence sur le toit ! En y regardant de plus près, nous découvrons l'autocollant de Petita, celui de notre loueur, apposé sur sa lunette arrière.
Ses occupants : un couple d'Allemands voyageant comme nous en individuels. Comme quoi nous ne sommes pas les seuls baroudeurs à se frotter aux pistes du Sud Lipez ! Ils font le parcours dans le sens d'inverse, ce qui nous donne l'occasion de profiter de nos bons et mauvais plans réciproques.
Pour le dîner, nous nous concoctons une marmite de spaghettis à la sauce tomate… de quoi nous requinquer définitivement.
Alors qu'il fait nuit depuis belle lurette, un dernier groupe arrive : trois jeunes Russes en compagnie de leur chauffeur et de leur cuisinière. Nous craignons une ambiance bruyante mais non, très rapidement, c'est l'extinction des feux pour tous ! Nous dormons à 4100 mètres d'altitude.
Verde et Blanca, des lagunes hautes en couleurs
J27 : Mar 24/05/11
Réveil aux premières lueurs du jour. Les trois Russes sont déjà dans les starting blocks, prêts à faire l'ascension du volcan Uturuncu (6006 mètres). Un peu comme au Cerro Toco au Chili, la piste ici monte jusqu'à 5750 mètres. Nous avions envisagé cette ascension, mais après l'expérience du Toco, nous préférons rester sur une réussite, d'autant qu'aujourd'hui la météo n'est pas vraiment clémente.
En effet, le ciel est très chargé et la voisine de l'auberge (à qui nous achetons un peu d'essence) nous annonce pluie et neige dans la direction que nous allons prendre.
Une étape équivalente à celle d'hier (120 km) doit nous conduire au pied du volcan Licancabur, à proximité des lagunes Blanca et Verde où se trouve un refuge offrant une prestation équivalente à celle des hébergements précédents.
Aux dires du couple allemand rencontré à l'auberge, la piste serait meilleure à partir de maintenant mais à peine sortis de Quetena, les cahots reprennent. Cela ne nous empêche pas de pousser jusqu'à Barrancas, un détour de 6 km pour admirer le village abandonné blotti au pied d'une falaise déchiquetée. Les ruines laissent apparaître quelques dates repères : 1925 pour l'église, 1993 pour l'école, preuves que les lieux n'ont été désertés que récemment.
Sans doute la faute au rio : aujourd'hui nous le franchissons à gué mais qu'en est-il quand il est en crue ? Les habitants devaient être piégés !
Le bodefal voisin du village fantôme !
Après le village de Quetena Grande qui en dépit de son nom compte moins de maisons que son homonyme Chico, nous nous apprêtons à traverser des zones désertiques et reculées qui, sous les nuages, paraissent encore plus hostiles !
La voisine de l'auberge avait raison : à l'approche des lagunes Hedionda et Kollpa, les intempéries se précisent.
Mais les averses sont très localisées. Au fil de notre progression, nous sommes les témoins privilégiés de la transformation des paysages sous des cieux changeants.
Ici, le plateau saupoudré de neige se plaît à se refléter à la surface de la lagune Hedionda sous un ciel parfaitement bleu.
Là, le soleil perce timidement en dépit d'une grande traîne nuageuse.
Mais en prenant à l'ouest du salar de Chalviri la direction de Hijo Hiton vers la frontière bolivo-chilienne, le ciel s'obscurcit vraiment dans une atmosphère dramatique.
L'aspect de la piste est aussi hostile que celle du ciel et depuis ce matin, nous n'avons croisé qu'un seul véhicule.
Il est bientôt midi, nous approchons de la mine Orsu après avoir franchi à 4800 mètres le point culminant de la journée. A cette altitude, la piste est truffée de petites plaques de neige et de glace. Prudence !
Les lagunes Verde et Blanca ne sont alors plus très loin. Devant nous, le Juriques en robe carmin et caché derrière son dos, le Licancabur, les deux sommets que nous observions depuis la fenêtre de notre lodge à San Pedro de Atacama. A droite, on devine les prémices de la lagune Blanca.
Nous avons couvert les 120 km de notre étape en 4 heures environ, notre vitesse moyenne est donc légèrement en hausse. Les Allemands avaient raison : la piste est un peu meilleure.
Il est 13 heures quand nous franchissons le seuil du refuge de la Laguna Blanca. Plusieurs groupes sont venus y déjeuner à l'abri car plus encore que les jours précédents, un vent fou balaie les abords de la lagune et s'engouffre dans le refuge, faisant claquer les portes et trembler le toit. Espérons qu'il ne va pas s'envoler !
On nous propose une chambre pour deux avec "baño privado" certes, mais comme le froid intense empêche toute installation sanitaire de fonctionner correctement, il n'y a pas d'eau courante ni au lavabo ni au WC et la douche n'est là que pour le décor. Pas de chauffage non plus, ni d'électricité permanente. C'est le système D : un fût rempli d'eau plus un broc et l'électricité entre 18 et 20 heures seulement. Le prix : 120 BOL pour deux (12 $). Le refuge peut aussi servir le dîner et le petit déjeuner pour quelques bolivianos supplémentaires. Nous prenons tout le package.
En attendant, pour le midi, nous puisons dans nos provisions pour notre salade au thon journalière.
Nous aurions tellement aimé nous promener à pied autour du refuge au bord des lagunes blanche et verte mais impossible avec ce vent. : 60? 80? 100 km/h ? Alors c'est à bord de notre tacot que nous allons les découvrir mais pas sans penser à glisser dans notre sac maillot de bain et serviette !!!
Entre les deux lagunes se dresse un petit abri en pierre et à ses pieds, un bassin d'eau chaude. Les chauffeurs se gardent bien d'y amener leurs clients, ils se réservent, dit-on, ce petit bain pour eux tout seuls après leur journée de conduite. A cette heure-ci, ils sont encore tous au volant alors à nous, la baignade !
Bien que la température extérieure ressentie avoisine les -5°, nous n'avons aucun mal à nous plonger avec délice dans ce bain à plus de 30 degrés. Pendant plus d'une demi-heure, nous profitons de la douce chaleur de l'eau dans ce décor de sable, de sel et de pierre, repoussant sans cesse le moment crucial d'en sortir.
Pour s'en extraire, c'est une autre affaire ! Affronter mouillé les rafales de vent glacial, c'est pire que de se tremper l'été dans un torrent corse, au bout de quelques secondes, vous êtes anesthésié. Une expérience inoubliable ! Dire qu'il y a quelques instants, j'étais en maillot de bain !
Après avoir fait le tour complet du couple de lagunes, retour au chaud au refuge. Chaud, chaud… tout est relatif. En fait, la température à l'intérieur du refuge reste très correcte en journée tant que le soleil chauffe à travers le toit en polycarbonate (pour éviter la casse). Mais en soirée, dès qu'il se couche, il y fait très froid. Sous-vêtements longs, pantalon de ski, petite et grosse polaire, doudoune avec capuche, bonnet et gants : c'est dans cette tenue que nous nous présentons au dîner. Heureusement, une bonne soupe aux légumes nous prodigue un peu de réconfort. Nous n'en laissons pas une goutte !
Mais la chaleur, nous ne la trouverons réellement que sous la couette… plus exactement dans notre sac de couchage prévu pour supporter une température jusqu'à -10°. Cette nuit, c'est indispensable ! Altitude 4350 mètres
Colorada, la plus colorée des lagunes
J28 : Mer 25/05/11
- 13° à 8 heures : el coche fait son premier caprice en refusant de démarrer. Hervé desserre le frein pour le faire reculer au soleil et capot ouvert, nous attendons une bonne demi-heure qu'il se réchauffe. J'ai les doigts qui m'en tombent tellement il fait froid. Quand la température remonte à -8, nous démarrons enfin.
Alors que jusqu'à présent nous n'avons croisé que très peu de véhicules, nous sommes soudain très surpris de les voir arriver en nombre. En effet, à 8 heures, à la Laguna Verde, c'est l'heure de pointe des tours-operateurs. Entre ceux qui sont vides et qui rejoignent la frontière pour chercher des touristes en provenance du Chili et ceux qui ont démarré très tôt avec leurs clients, c'est le défilé incessant. Il vaut mieux être prudents, ils foncent à tombeau ouvert à travers le désert : plusieurs morts chaque année.
Précisons que la piste est maintenant large et bonne, une vraie autoroute. Peu après ce rush matinal, c'est à nouveau l'accalmie (ouf!) et nous pouvons profiter tranquillement des merveilleuses couleurs des montagnes environnantes.
Ce soir, nous espérons pouvoir bénéficier d'un hébergement de qualité à l'hôtel Tayka del Desierto. Avec un peu de chance, il est ouvert car situé sur le circuit classique du Sud Lipez, à proximité de la Laguna Colorada et de l'Arbol de Piedra. Alors croisons les doigts ! Cent cinquante kilomètres nous en séparent.
En attendant, nous progressons vers le nord, longeons le désert de Dali, encore à l'ombre, boudons les thermes de Polques archibondés et roulons vers Sol de Mañana, un champ de geysers à 4850 mètres d'altitude !
Sol de Mañana… seuls sur les lieux, dans un froid polaire alors que sous nos pieds, la terre bouillonne !
A l'approche de la Laguna Colorada, les 4X4 des tours-opérateurs reviennent en force et leurs panaches de poussière gâchent un peu la vue. Mais alors qu'ils s'engagent tous à l'est, notre route passe à l'ouest de la lagune. Nous voilà à nouveau au calme et aux premières loges pour admirer un flamant andin isolé sur la lagune colorée. Quelle merveille… cette couleur allant du rouge au rose et au mauve !
Il est midi et le refuge de la lagune Colorada tombe à point pour déjeuner à l'abri du vent (moins violent qu'hier malgré tout) en compagnie de cinq jeunes filles et leur guide. Ils nous donnent les dernières nouvelles sur l'état du salar d'Uyuni : praticable mais pas encore sec en totalité. A méditer !
Après le repas, nous prenons le petit sentier longeant la rive et amenant au mirador Aguas Calientes où l'on peut observer lamas et flamants.
Mais c'est surtout l'occasion de contempler cette incroyable palette de couleurs… en bleu-blanc-rouge… tiens, tiens !
En retournant à la voiture, le vent se lève à nouveau et comme nous l'avons dans le nez, nous avançons péniblement. N'oublions pas que nous sommes à plus de 4300 mètres.
La Laguna Colorada marque le limite de la Réserve Nationale. Immédiatement après, la piste se dégrade, laissant place à de longues distances de tôle ondulée.
Dix-huit kilomètres plus au nord, encore une autre attraction : le fameux Arbol de Piedra, magnifique sculpture naturelle.
Puis, dernière ligne droite jusqu'à l'hôtel Tayka, harmonieusement intégré au paysage ocre du désert de Siloli !
Yes, il est ouvert :-) Un lit confortable, une couette douillette, du chauffage, de l'eau chauffée à l'énergie solaire… au bout de quatre jours, quel bonheur ! En prime, un excellent repas… elle n'est pas belle, la vie !
Laguna Colorada

On a roulé sur le salar d'Uyuni encore inondé
J29 : Jeu 26/05/11
- 5° ce matin : el Coche, garé à l'ombre, fait encore des siennes. Au bout de plusieurs tentatives infructueuses, le chauffeur d'un tour-opérateur vole à notre secours et le fait démarrer en insistant sur le démarreur. Ils ont la main, les gars !
Notre projet pour les jours suivants a été un peu revu à la baisse. A l'origine, nous avions prévu de contourner le salar par l'ouest, de rejoindre ensuite l'île Incahuasi puis le village de Coquesa au nord. Nous pensions zapper Uyuni.
Aldo, notre loueur, nous avait indiqué que le contournement du salar par l'ouest était certes un projet très intéressant mais que sur certaines portions de piste nous ne dépasserions pas les 5 km/h. Or on a déjà eu notre compte de mauvaises pistes alors on préfère laisser tomber, d'autant qu'on manque d'infos précises sur l'état du salar dans cette partie.
Nous nous dirigerons par conséquent d'abord vers Uyuni. De là, nous pourrons rallier l'île Incahuasi puis éventuellement, si toutes les conditions sont réunies, le nord du salar.
Pour rejoindre Uyuni, nous choisissons de passer par Villa Alota, la Valle de Rocas, San Agustin et San Juan, un itinéraire à l'écart du circuit des TO.
Si nous sommes endurants, nous pourrons être à Uyuni (plus de 300 km) dès ce soir. Sinon, nous nous arrêterons à mi-chemin à San Juan.
Cette journée commence alors par la route des Joyaux Andins, cinq lagunes (Ramaditas, Honda, Char Khota, Hedionda, Cañapa), posées comme autant d'émeraudes au pied d'un des plus prestigieux sommets andins, l'Ollagüe (5863 mètres).
La lagune Hedionda est réputée pour ses rassemblements de flamants roses. Aujourd'hui pas un seul à l'horizon. En revanche, partout de curieux petits tas de terre dûs à ces drôles de petits rongeurs. En voici un qui pointe son nez !
En prenant à l'est après la dernière des cinq lagunes vers Villa Alota, nous nous écartons du tour classique et du flot des 4 x 4 en provenance d'Uyuni. Mais pas question pour l'instant d'augmenter notre vitesse moyenne. Piste caillouteuse, gués boueux et arrêts photos vont nous occuper une bonne partie de la matinée.
Bientôt, nous distinguons au loin une large voie. Un gazoduc ? Une autoroute ? Presque… en réalité, une piste très large et bien entretenue que nous ne tardons pas à rejoindre et qui va nous permettre d'augmenter enfin notre vitesse de croisière. 70 km/h à l'aise, d'ailleurs les véhicules que nous croisons font largement du 100. Poussière garantie L
Dire qu'il n'y en a pas un seul qui s'arrête dans cette magnifique Valle de Rocas qui s'étend à présent devant nos yeux, sauf nous.
Une heure d'exploration dans ces ravines aux formes insolites.
Wings, mushroom, balanced rocks… et autres formes rocheuses stimulant l'imagination !
Un étrange labyrinthe et une lointaine parenté avec un certain Maze en Utah.
Après cette incursion dans la vallée des roches, un peu avant Villa Alota, nous délaissons à nouveau la grande route pour un itinéraire plus confidentiel en direction de San Agustin, une piste coincée entre une haute falaise et un rio où paissent nombre de lamas.
Après un col à 4200 mètres, la vallée s'élargit, laissant bientôt place aux champs de quinoa.
Pique-nique sur la place du village de San Agustin, puis descente vers San Juan sur une piste sablonneuse et du coup poussiéreuse comme jamais. On a l'impression de rouler sur de la farine, la poussière pénètre partout. A chaque cahot, celle accumulée dans la voiture se soulève en un voile brumeux. Je suis au bord de l'asphyxie.
En traversant la voie ferrée, un avant-goût de salar : c'est l'extrémité de celui de Chiguana.
Le village de San Juan n'a rien d'attrayant. Il est 15 heures. Plus de cent cinquante kilomètres nous séparent d'Uyuni, il reste trois heures avant la tombée de la nuit. Ça va être juste mais tentons quand même !
Car Uyuni, ce n'est pas la porte à côté, le salar n'est pas accessible partout, il faut rejoindre une rampe d'accès, le trajet nous parait interminable et l'heure tourne.
Quand nous atteignons enfin la rampe de Colcha K, c'est pour nous apercevoir qu'il reste jusqu'à une trentaine de centimètres d'eau sur la surface du salar. Je me renseigne auprès d'un gars dans un engin de chantier, il m'assure qu'on peut traverser "sin problema". D'ailleurs, nous ne sommes pas les seuls.
On espère tout de même trouver du sec plus loin car sinon atteindre Uyuni avant la nuit est tout bonnement mission impossible.
Hervé règle la boussole sur son GPS et c'est parti à 5 km/h dans 30 centimètres d'eau.
Quelle impression étrange alors que tout autour de nous, la terre se confond avec le ciel.
Ouf, au bout de 5 kilomètres, nous arrivons sur la surface sèche, ce qui permet d'appuyer sur le champignon pour atteindre les 70 à 90 km/h ! C'est alors aussi facile que de rouler sur une autoroute !
Nous retrouvons à nouveau un peu d'eau à la hauteur de Colchani, au moment de sortir du salar.
Entre-temps, le soleil s'est couché, teintant le ciel d'un voile mauve. Mais nous n'avons pas le courage de faire des photos, ne songeant qu'à une chose, vite, vite rejoindre la ville et trouver un toit, sans réservation, mais pas n'importe où.
Depuis plusieurs mois, nous étions en contact avec Christophe, propriétaire de la maison d'hôtes "La petite porte". C'est là que nous aimerions loger mais il n'a que deux chambres alors…les chances sont minces.
Il est 18 h 30 et il fait nuit quand nous arrivons sur place. Un coup de sonnette, personne ! Un deuxième coup… toujours personne… quand soudain, la porte s'ouvre et Janette l'épouse bolivienne de Christophe, nous accueille en confirmant la disponibilité de la chambre. Ouf, ouf, ouf !
Derrière une façade quelconque dans une rue triste et poussiéreuse, nous découvrons alors un paradis et c'est couverts de poussière, les valises pleines de linge sale que nous passons la porte.
Séduits par les lieux, nous décidons immédiatement d'y rester deux nuits, histoire de récupérer.
Une fois bien installés, nous finissons la soirée à la Loco autour d'un délicieux filet de lama au roquefort pour Hervé, au poivre vert pour moi accompagné de quinoa aux légumes et suivi d'une part de tarte aux noix et chocolat du Brésil ! Un des meilleurs repas de notre voyage.
J30 : Ven 27/05/11 Après son passage dans le salar, el Coche, en plus de la poussière dont il était déjà garni, est maintenant recouvert d'une belle couche de cristaux de sel allant jusqu'à former de petits stalactites sous le bas de caisse. Mais pour l'instant pas question de le passer au lavage, nous comptons lui infliger le même sort aujourd'hui en retournant dans le désert de sel jusqu'à l'île Incahuasi.
Plus vaste réserve de sel et de lithium au monde, le salar d'Uyuni s'étend sur plus 1 200 000 km2 à 3653 mètres d'altitude.
En accédant au salar à Colchani, la progression se fait d'abord les roues dans l'eau ! A la vue de ces îlots de sel encerclés d'eau, on pourrait presque se croire au bord d'un océan à marée basse !
Puis, un peu plus loin, nous ne tardons pas à trouver une surface presque sèche… une vaste étendue désolée d'un blanc aveuglant et d'une incomparable pureté. Juste le ciel, le sel et nous !
Une mer blanche et plane de plaques de sel de forme hexagonale ! Leurs contours moins nets qu'en plein hiver trahissent leur assèchement récent.
Quel bonheur de faire notre propre trace dans cette immensité avec comme seul repère le relief à l'horizon mais… en évitant ces grandes auréoles grisâtres dans lesquelles, raconte-t-on, on peut s'enfoncer dangereusement.
Bientôt l'île émerge au loin. Appelée Incahuasi ou la maison de l'Inca, elle est également connue sous le nom de lsla del Pescado. En la voyant ainsi posée sur cet océan de sel, son allure de poisson se confirme.
Mais on pourrait aussi l'appeler l'île aux cactus car elle est entièrement recouverte de Trichoreceus.
Très appréciée des touristes, elle est souvent envahie de monde, surtout à l'heure du midi où tous les groupes s'y arrêtent pour la pause déjeuner. Mais aujourd'hui la fréquentation se limite à quatre ou cinq véhicules et pas plus d'une dizaine de touristes. La balade vers les hauteurs de l'île est très agréable et la vue magnifique sur le salar.
Pour nous aussi, le cadre de l'île est idéal à l'heure du déjeuner. Pas besoin de déballer notre matériel : des tables constituées d'une plaque de sel et des tabourets de sel sont immédiatement disponibles… avec vue sur le désert blanc. Parfait pour tirer le repas du sac.
Mais déjà une autre île se profile au loin, qu'on aimerait bien atteindre. C'est parti pour une vingtaine de kilomètres de plus sur cet océan de sel.
D'après notre carte, ce serait celle-ci l'île Pescado mais elle est parfois aussi nommée Isla Pescador ou Isla Grande. Bref, comme souvent en Bolivie, d'un document à l'autre, les noms varient. En tout cas, elle est beaucoup plus grande que la précédente, également recouverte de cactus mais beaucoup plus sauvage et non aménagée. D'ailleurs, aucun autre véhicule n'a poussé jusque là… est-ce mauvais signe ?
Cela doit nous inciter à la prudence. Pas question d'y accoster, l'état de la couche de sel ne nous assure pas confiance. Ce n'est pas le moment de s'embourber ! Nous nous contenterons de la contempler à distance.
Puis retour à Uyuni non sans aller tâter un peu de surface inondée, histoire de voir les sommets andins s'y refléter et les cristaux de sel y briller.
Après la magie de ce désert de sel et d'eau, retour à la réalité car el Coche est dans un sale état. Heureusement, à l'entrée d'Uyuni, une station de nettoyage quasi professionnelle tombe à point nommé pour un décapage au "Karcher".
De retour à "la petite porte", il est temps de penser à l'organisation des prochains jours.
Nous avons en effet décidé d'abandonner définitivement l'idée de rejoindre Coquesa au nord du salar, cette zone étant en général la dernière à s'assécher.
Après avoir rapidement potassé nos guides pour trouver une nouvelle destination, nous consacrerons donc les trois jours prochains à une escapade à Sucre via Potosi, avant de passer les deux derniers jours de notre voyage à La Paz.
Afin de ne pas faire chou blanc à Sucre un week-end, nous assurons une réservation d'hôtel pour les deux prochaines nuits dans cette ville.
Voiture décrassée, linge lavé, courses faites, valises préparées… tout est prêt pour cette dernière phase du voyage. Il ne reste plus qu'à aller dîner et puisque la Loco nous a fait une si bonne impression pourquoi changer ? Le filet de lama au poivre vert ravit une fois de plus nos papilles.
Deuxième nuit à la Petite Porte.
Potosi la rude et Sucre la douce
J31 : Sam 28/05/11
Nous quittons le doux cocon de la Petite Porte à 7 h 30 car la journée risque d'être longue : 208 km mais 5 heures de route jusqu'à Potosi puis 160 km et 3 heures de plus jusqu'à Sucre. Entre Potosi et Sucre, la route est asphaltée mais celle entre Uyuni et Potosi est encore en construction, uniquement bitumée aux trois quarts.
Allons, courage… car pour commencer, c'est de la piste pendant les 20 premiers kilomètres jusqu'à Pulacayo. Après cette petite localité, nous accueillons le bitume comme une libération. Après des jours et des jours de piste poussiéreuse, enfin une belle route, fraîchement terminée, comme en témoigne encore l'absence de marquage au sol. Cerise sur le gâteau, elle nous fait aussi traverser de somptueux paysages.
Ce beau ruban asphalté nous amènerait-il à Potosi en moins de temps que prévu ? Hélas, non ! Déjà au loin, on distingue des panaches de poussière, signes que les véhicules circulent sur une piste de terre. Effectivement, nous ne tardons pas à arriver au cœur d'un vaste chantier. Partout ouvriers et engins s'activent à la construction de la route. Au fil des kilomètres, nous assistons, intéressés et amusés, aux différentes étapes : du tas de terre prêt à être étalé… à la route déjà lissée sur le point d'être recouverte.
Jusqu'à Potosi se succèdent alors des portions bitumées et d'autres non. Le plus étonnant des ouvrages est sans aucun doute ce superbe pont à arche en cours de construction. Une très belle œuvre !
De chantier en déviation, nous arrivons finalement à Potosi vers midi. Notre estimation était bonne. Après avoir cherché en vain un parking gardé pour el Coche, nous finissons par le laisser près de la plaza Estudiante afin de faire un petit tour à pied dans la ville. N'ayant pas vraiment potassé les curiosités à y voir, nous errons sans véritable but dans le centre historique et au hasard des rues, admirons l'une ou l'autre des 80 églises héritées de l'époque coloniale ainsi la vue sur le Cerro Rico qui a fait la richesse de la ville avec ses mines d'argent.
Mais la foule grouillante en ce samedi et l'altitude (4000 mètres) deviennent vite oppressantes et je ne suis pas mécontente de poursuivre vers Sucre. Les paysages changent rapidement, les montagnes s'arrondissent, des eucalyptus apparaissent au bord de la route ainsi que des champs de céréales et de nombreux villages.
A mi-chemin, la route plonge de 1000 mètres dans un canyon, Sucre n'est alors plus très loin. Il est 16 heures quand, soudain, au détour d'un virage… un gros encombrement… tous les véhicules sont arrêtés, engorgeant les deux voies de circulation. Mais que se passe-t-il ? La route serait-elle barrée par un bloqueo (grève)? Je me renseigne auprès des occupants de la voiture voisine. Je ne comprends pas toute la réponse de la dame, simplement qu'il faudra patienter au moins une heure et comme elle mime un volant de voiture, je conclus qu'il doit s'agir d'un accident.
En fait, pas du tout, la circulation a été interrompue en raison d'une course automobile sans qu'aucune déviation ne soit prévue. D'ailleurs en prêtant l'oreille, on entend le crissement des pneus des bolides et en tournant le bouton de la radio, on assiste aux commentaires en direct. Ambiance locale assurée !
Quand à 17 h 30 le convoi s'ébranle enfin, nous avons tout juste le temps de rejoindre notre hôtel avant la tombée de la nuit. El Parador Santa Maria la Real… encore un paradis !
Élégant et raffiné, cet hôtel historique possède une cour à arcades, des meubles anciens, une terrasse avec vue et une étrange partie historique. Nous nous y sentons comme des coqs en pâte !
Nichée à 2750 mètres d'altitude dans une vallée entourée de basses montagnes, Sucre jouit d'un climat doux et agréable. C'est effectivement le cas en cette belle soirée de mai qui se prête fort bien à un dîner au balcon au "Los Balcones Restaurant" sur la plazza 25 de Mayo. Un assortiment de viandes pour Hervé et une brochette pour moi… des portions énormes pour un prix lui aussi très doux ! Je sens que Sucre va nous plaire !
Dim 29/05/11
Un petit déjeuner digne des plus grands hôtels dans une salle à manger au décor ancien… voilà de quoi bien démarrer la journée.
Après avoir visité la partie souterraine historique de l'hôtel, la journée est consacrée à la visite de la ville, réputée être la plus belle de Bolivie et qui est aussi la capitale constitutionnelle du pays.
La course automobile s'est installée aujourd'hui au cœur de la cité et sur la plaza 25 de Mayo, les bolides sont, ce matin, sur la ligne de départ. Devant la cathédrale
Tous les Sucrites sont au rendez-vous et bien sûr, les vendeurs de barbe à papa, de bonbons, de sandwichs et de boissons. Une grande fête populaire !
La rue principale, théâtre de la course, est barrée mais nous finissons par trouver un moyen de contourner les barrières afin de pouvoir poursuivre notre visite.
Sucre conserve de belles églises et un magnifique ensemble de bâtiments chaulés hérités de l'époque coloniale et très bien conservés grâce notamment à son inscription depuis 1991 au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Nous poursuivons notre balade jusqu'au parc Bolivar où trône une réplique miniature de la tour Eiffel réalisée par l'auteur de l'original en 1906.
Le marché fait aussi partie des incontournable de la ville : un véritable festival de couleurs et de senteurs… et des fruits et légumes à profusion !
Pour le déjeuner, ce sera au Patio, c'est une salteñeria… qui sert (mais on peut aussi emporter) de délicieux salteñas, sorte de chaussons fourrés de viande, petits pois, raisins secs et olives, le tout légèrement pimenté…
Installé dans le patio d'une demeure ancienne, le lieu est très agréable et très apprécié des locaux. D'ailleurs, on y fait la queue en ce dimanche midi.
Sucre est aussi la capitale bolivienne du chocolat, nous ne résistons pas à en goûter quelques-uns mais ils n'arrivent pas à la cheville des chocolats belges. En revanche, chez Para Ti Chocolates, celui au quinoa est très original.
Chocolat et chaussons fourrés nous ayant bien plombés, le retour pour quelques heures à l'hôtel est bienvenu. C'est alors l'occasion de découvrir la vue depuis la terrasse, par-dessus les toits.
En fin d'après-midi, nous grimpons par d'étroites rues pentues vers le jardin de la Recoleta.
Pendant ce temps, sur la plaza 25 de Mayo, les vainqueurs de la course se voient remettre leur prix alors que nous allons finir la soirée par un excellent dîner à la Taverne, le restaurant de l'Alliance française.
Une très belle journée à Sucre et un véritable coup de cœur pour cette ville !
J33 : Lun 30/05/11
Impossible de rejoindre La Paz (à 700 km) en une journée, il faut scinder le trajet en deux, c'est donc une étape de transition qui nous attend jusqu'à Oruro.
Le départ est à nouveau matinal. Jusqu'à Potosi (150 km, 3 heures) nous reprenons exactement la même route qu'à l'aller.
Cent cinquante kilomètres nous attendent ensuite jusqu'à Chalapatta à travers des canyons impressionnants, des cols à plus de 4000 mètres, des montées et descentes terribles. El coche se traîne et la route nous semble interminable.
A Chalapatta, nous rattrapons la route venant d'Uyuni. Il reste encore 117 km jusqu'à Oruro mais heureusement là, c'est en ligne quasi droite sur un haut plateau jusqu'à notre destination finale.
Oruro, une ville horrible que nous nous hâtons de quitter ! A 15 km au nord-est, j'avais repéré les thermes d'Obrajes, un "complexe touristique" comprenant une sorte de piscine d'eau thermale chaude et un hostal familial. Je ne m'attendais pas à monts et merveilles et effectivement il valait mieux. L'accueil peu aimable et la chambre glaciale ne nous paraissent même pas valoir les 220 BOL (22 €) demandés.
Finalement, pour cette dernière nuit avant La Paz, nous serons aussi bien à dormir dans el Coche sur le parking, tout simplement.
Salar d'Uyuni inondé !

Derniers jours à La Paz
J34 : Mar 31/05/11
Nous avons si bien dormi dans notre 4 x 4 sur le parking des thermes d'Obrajes que nous sommes tout surpris de trouver un second véhicule garé à côté du nôtre et encore plus étonnés de constater qu'il remorque une des voitures ayant participé à la course automobile de Sucre.
Nous replions vite fait nos affaires, ça caille, et après un rapide petit déjeuner debout à côté d'el Coche, nous prenons la direction de La Paz. Le trajet est rapide bien que la circulation sur ce tronçon soit bien plus chargée que sur les autres routes boliviennes. De nombreux chantiers sont également en cours afin de doubler à terme cet axe de circulation, l'un des plus empruntés du pays.
A 11heures, nous rendons le véhicule chez Petita (rien à signaler) et une heure plus tard, le taxi nous dépose à la Loge. Au moment de préparer ce voyage, nous avions hésité entre la Maison et la Loge, tous les deux proposant un hébergement sous forme d'appart'hôtel. Pour couper la poire en deux, nous avions passé la nuit de l'arrivée dans le premier et réservé le deuxième pour le retour.
Dans le quartier résidentiel de Sopocachi, dans une petite rue qui ne paie pas de mine, un bâtiment en forme de bateau ! Nous y sommes !
Au rez-de-chaussée, le restaurant la Comédie. Dans les étages, cinq appartements. Bernardo nous a réservé celui du deuxième étage, un deux-pièces clair et moderne aux tons brique, ocre chaud et bois sombre, avec télé et ordinateur connecté à Internet. Formule petit déjeuner à domicile avec tous les ingrédients prévus dans le frigo et le pain frais accroché à la porte le matin à 7 heures. En plus du ménage quotidien, le lavage, séchage et repassage du linge est inclus (ça, c'est inespéré). Tout cela (pour moins de 50 €) promet une fin de voyage très agréable.
Après quelques heures de repos, il est temps d'explorer à pied le quartier. Le centre, ce sera pour demain.
La ville la plus haute du monde se laisse encore mieux apprécier depuis les quelques belvédères qui l'entourent. Le plus proche de notre appartement est celui du parc Monticulo. C'est donc là que nous nous rendons en cette fin d'après-midi.
A La Paz, les quartiers les plus riches se situent dans le fond du canyon alors que les plus pauvres se concentrent sur les hauteurs. C'est particulièrement visible ici :
De beaux immeubles modernes côtoient des petites bicoques rudimentaires, le tout dominé par une impressionnante chaîne montagneuse.
Au fil de notre balade, deux détails ont retenu notre attention. Impossible d'échapper aux rues en pente !
Et partout, des enchevêtrements de fils électriques
Après avoir arpenté le quartier de bas en haut et de haut en bas, nous n'avons heureusement pas de kilomètres à faire pour trouver une bonne adresse pour le dîner. Il nous suffit de descendre d'un étage et de nous attabler à la Comédie et si Hervé se laisse une nouvelle fois tenter par une viande, moi je choisis une truite du lac Titicaca. Cuisine excellente et service impeccable. Nous y reviendrons !
J35 : Mer 01/06/2011
A 7 heures, comme prévu, le pain frais est déposé devant la porte de notre appartement et une heure plus tard, nous sommes déjà dehors, avec comme but de rallier le centre à pied… 2,5 km… en montée.
Ce qui est curieux, c'est qu'on commence par descendre… forcément, nous partons dans la mauvaise direction, ce qui nous donne l'occasion de jeter un œil sur le quartier des ambassades et des grandes entreprises.
De grands immeubles de bureaux… on pourrait se croire dans une ville comme Calgary, par ex.
Mais cette erreur matinale va nous coûter beaucoup d'énergie car la montée sera d'autant plus longue et la traversée du quartier du Prado interminable.
Nous en avons plein les bottes en arrivant à la plaza San Francisco et sommes heureux de pouvoir trouver quelques instants de paix et de repos dans l'église du même nom.
La place est en complète rénovation et une armée d'ouvriers s'y active déjà de bon matin.
Mais si nous sommes venus jusque là, c'est pour découvrir l'un des marchés les plus curieux de La Paz, celui des Sorcières.
Entre les boutiques d'artisanat pour touristes, quelques marchandes vendent des ingrédients bien étranges : des ongles de camélidés et des fœtus de lamas momifiés, destinés à influencer ou à amadouer les esprits bienveillants ou malveillants de l'univers aymara.
Une balade agréable dans ces petites rues pavées… au fil des boutiques hautes en couleurs !
Une balade entre tradition et modernité car ici, on croise aussi bien des cholitas aux longues tresses, chapeau melon, jupe traditionnelle et châle aux couleurs vives que leurs filles en jeans et tee-shirt moulant.
En milieu de matinée, la ville grouille d'activité et les vendeurs et vendeuses sont tous à leur poste. Car ce qui frappe par-dessus tout, c'est que tout se vend et s'achète dans la rue. Beaucoup ont investi dans un petit kiosque, en fait plutôt un minuscule placard renfermant toutes sortes de marchandises, de la friandise à la boisson en passant par des jouets ou des billets de loterie. Mais la plupart vendent à la sauvette à un coin de rue.
Les plus étonnants : un vendeur de loupes, un autre vendant des pochettes et porte-documents en plastique, un troisième des casquettes usagées… bref, ce spectacle donne lieu à une intense activité, chacun criant et attirant le badaud.
Sans compter une cohorte de cireurs de chaussures, disponibles à chaque coin de rue. Vous n'avez aucune excuse de ne pas avoir vos chaussures parfaitement cirées. Ces lustrabotas portent souvent une cagoule ou une casquette enfoncée jusqu'aux yeux pour, dit-on, éviter l'opprobre sociale.
En cette fin de matinée, la circulation atteint son maximum, les rues principales sont engorgées de véhicules, essentiellement des taxis, des bus et surtout une flopée de microbus. A la fenêtre de chacun d'eux, un gars débite en permanence et en criant les noms de toutes les rues desservies… au milieu de klaxons incessants.
Traverser les grandes artères dans ces conditions relève alors du parcours du combattant. Personne ne respecte rien, les Boliviens sont aussi mauvais conducteurs que les Egyptiens ou les Equatoriens et même aux passages pour piétons, on n'est pas complètement en sécurité. Depuis quelque temps pourtant, une campagne de sensibilisation a été mise en place et des "zèbres" régulent le trafic à proximité de certains carrefours. Une approche ludique mais pas toujours prise aux sérieux par les conducteurs. J'ai bien failli me faire renverser.
Ajoutez à cela la pollution et l'altitude ! Dans ce contexte pas étonnant que nous ayons un peu la tête qui tourne au bout d'une matinée dans cette ville grouillante, surotu après cinq semaines dans la solitude des déserts. J'avais listé bien d'autres points d'intérêt mais pour aujourd'hui dans le centre, on s'arrête là. Alors le retour, en taxi ou à pied ? Bon, ça descend… alors à pied !
S'il n'est pas question de retourner dans le centre, nous promener dans un parc pour profiter d'une belle vue n'est pas exclu Après le mirador du Monticulo hier, c'est donc le point de vue du Laikakota qui nous attend cet après-midi. Et toujours à pied !
Bien que le parc soit visible de loin, nous nous perdons dans le dédale des rues et des escaliers des alentours. Pensant y arriver par un raccourci, nous débouchons finalement sur la terrasse d'une propriété privée. Une belle vue mais une impasse !
En arrivant là-haut, force est de constater que le parc est actuellement fermé pour travaux. D'ailleurs c'est tout le site qui est en restructuration. La ville y a créé une passerelle piétonne et une piste cyclable reliant le parc Laikakota au parc Roosevelt, une promenade très agréable dans des espaces verts joliment aménagés et une très belle vue en prime… depuis la "via Balcon".
Finalement, à notre compteur, largement plus d'une dizaine de kilomètres aujourd'hui. A 4000 mètres d'altitude, ça creuse, alors nous sommes encore bien contents, ce soir, de pouvoir mettre les pieds sous la table à la Comédie.
Reste la corvée des valises mais avec tout le linge déjà lavé et repassé à la Loge, cela devient une simple formalité ! Merci Bernardo de proposer ce service inclus qui va drôlement me faciliter la vie au retour ! Merci aussi pour tous les cafés si gentiment offerts. Un accueil vraiment top !
J36 : Jeu 02/06/2011
Comme notre vol est prévu à 17 h 30 ce soir, il nous reste toute la matinée pour finir la découverte de la ville. Les points à voir absolument sont alors cochés sur un plan et c'est parti, une nouvelle fois à pied.
De bon matin, nous reprenons la passerelle de la via Balcon en appréciant une fois encore le panorama.
Ensuite, direction le Museo del Aire Libre où l'on peut voir des répliques de statues trouvées sur le site de Tiwanaku, un grand centre cérémoniel pré-inca. Il est sans doute plus intéressant de voir les originales sur le site archéologique mais à défaut, on s'en contentera.
J'arrive finalement à persuader Hervé que le centre-ville n'est pas si éloigné alors nous mettons le cap sur le quartier de la cathédrale. La cathédrale
A l'intérieur, un des ses principaux attraits, ses vitraux !
La plaza Murillo devant la cathédrale
La Calle Jaén, la plus jolie rue coloniale
Cette ville grouillante, que nous trouvions hier presque hostile, se présente aujourd'hui sous une facette plus sereine et alors que nous déambulons à nouveau sur le Prado pour revenir à Sopocachi, nous supportons beaucoup mieux son agitation. A croire qu'en deux jours, elle a su nous apprivoiser.
En tout cas, même si elle n'a pas la beauté et la douceur d'une ville comme Sucre, elle dégage, grâce à sa situation exceptionnelle, quelque chose de fascinant.
C'est sur cette impression que se termine notre voyage de cinq semaines… dans des contrées à l'image de sa capitale… parfois hostiles mais toujours fascinantes. Bref, un fabuleux voyage !
Marché de la Paz

En conclusion
Un parcours de 5300 km, un kilométrage très proche de notre estimation initiale mais un itinéraire revu et adapté sur place et finalement bien équilibré. Des étapes parfois courtes en distance mais pas forcément en temps en raison de l'état du réseau routier, surtout en Bolivie. Des conditions climatiques parfois rudes mais jamais extrêmes, des altitudes toujours élevées. Des paysages à couper le souffle et un dépaysement total ! Un voyage qui nous a enchantés !
Commençons par ce que nous n'avons pas aimé : — la poussière… omniprésente ! — le passage des frontières… long, très long. Prévoir une demi-journée pour le passage depuis ou vers la Bolivie. Entre le Chili et l'Argentine, les formalités sont un peu plus rapides. Sinon, la solution est de consacrer un voyage à chaque pays. Ce que nous avons aimé : — Tout le reste… et particulièrement les paysages extraordinaires du Sud Lipez mais aussi ceux des parcs nationaux le long de la frontière bolivo-chilienne, du désert d'Atacama et notamment du salar de Tara sans oublier le parc national de Sajama. — après tant de beauté sauvage, la Quebrada de Humahuaca nous a fait un peu moins d'impression même si nous avons beaucoup aimé les arches du Cerro Hornocal ou la piste menant à Iruya. — enfin, un coup de cœur pour la ville de Sucre !
Sur le mode de déplacement Le Nissan Patrol, loué chez Petita, très bien équipé et entretenu par Aldo et son mécanicien, était parfaitement adapté aux conditions de piste difficiles de ces régions isolées. Pas une seule crevaison malgré le mauvais traitement infligé par le terrain. Il était malgré loin d'être étanche à la poussière. Très efficace pour le franchissement, un peu moins sur la route, il est néanmoins gourmand en carburant (25 l au 100 en moyenne). Heureusement, l'essence en Bolivie a l'avantage d'être très bon marché. Au Chili et en Argentine, le prix est proche de celui de l'Europe. La location d'un tel véhicule reste cependant une pratique marginale, la plupart des voyageurs utilisant les bus (parfois de nuit) pour les grands déplacements et les tour-opérateurs pour faire des excursions d'un ou plusieurs jours. Il donne assurément une très grande sensation de liberté. La conduite sur les pistes particulièrement en Bolivie n'est toutefois pas à prendre à la légère et exige un peu d'expérience. Il est également primordial de préparer minutieusement son itinéraire en raison de l'inexistence totale d'indications routières. Contrairement à que prétendent certains, circuler en indépendants dans la région de los Lipez est alors tout à fait faisable dans ces conditions.
Sur le mode d'hébergement Nous avons volontairement mixé des hébergements de type refuge certes rudimentaires mais permettant d'être au plus près des sites naturels et des hôtels plus confortables quand c'était possible. Dans les hôtels, le petit déjeuner est toujours inclus. Nos hébergements préférés : l'Atacama Lodge à SPA, le Cerro Chico à Tilcara, le Parador Santa Maria à Sucre et la Loge à La Paz. Les hébergements sont dans l'ensemble bon marché en Bolivie. Au Chili et en Argentine, ils sont plus proches du standard européen.
Sur la sécurité A aucun moment, nous n'avons ressenti un quelconque sentiment d'insécurité. Comme partout, il s'agit d'être vigilant et de ne pas exhiber de signe ostentatoire de richesse. Dans les villages, il n'y a aucun problème. En ville, notre véhicule était toujours garé dans un parking fermé, la nuit (toujours compris dans le prix des hôtels). Les habitants de l'altiplano andin sont des gens discrets, nous n'avons jamais été sollicités, pas même par les enfants.
Quelques données bibliographiques Pour la Bolivie, j'ai investi dans le guide Lonely Planet. Pour le Chili et l'Argentine, je me suis contentée de consulter le Routard et le LP à la bibliothèque municipale. En fait, nous avons surtout utilisé Google Earth pour visualiser et préparer l'itinéraire et Internet en général pour diverses informations. Ci-dessous, les coordonnées de quelques internautes dont les récits et/ou les témoignages m'ont aidés dans la préparation de ce voyage : http://www.namast.com/pag.php?pag=chi10 http://sites.google.com/...aterreargentine/Home http://www.enroutepourlemonde.fr/...Argentine/in... http://www.bourlingueurs.com/ Voilà vous savez tout, ou presque… en tout cas, si ce récit vous a donné envie de suivre nos traces, si vous avez besoin de renseignements complémentaires, n'hésitez pas, nous nous ferons une joie de vous répondre. Vous pouvez nous contacter par l'intermédiaire de notre forum préféré ou de notre livre d'or. Christine (récit) et Hervé (photos)
FIN...
Cerro Hornocal... encore !

L'importance des bâtons de randonnée English translation pending
Bonjour,
Je voulais ouvrir une discussion sur l’importance des bâtons de randonnée car je me suis rendu compte que beaucoup de débutants ne pensent pas que cela fasse partie du matériel nécessaire.
Selon moi il est très important d’en avoir. Cela est d’autant plus important que le dénivelé, le poids du sac et la difficulté du terrain sont importants.
Voici les principales raisons qui j’espère vous convaincront :
• Pour préserver vos articulations (genoux, dos, chevilles, etc.) en réduisant les chocs. • Pour vous équilibrer et éviter de tomber. • Pour franchir des obstacles. • Pour soulager les muscles du bas du corps.
De plus, si vous êtes débutants, vous avez plus de chances de vous blesser car vos muscles et votre technique ne sont pas encore adaptés.
Il y a d’autres raisons, et pour les personnes qui veulent aller plus loin, j’ai écrit un article détaillé sur le sujet : 10 raisons d’utiliser des bâtons de randonnée.
Vous l’avez compris, je suis totalement pour !
J’aimerais savoir s’il y a des gens qui sont contre et pourquoi (bruit, impact environnemental, etc.).
François
Je voulais ouvrir une discussion sur l’importance des bâtons de randonnée car je me suis rendu compte que beaucoup de débutants ne pensent pas que cela fasse partie du matériel nécessaire.
Selon moi il est très important d’en avoir. Cela est d’autant plus important que le dénivelé, le poids du sac et la difficulté du terrain sont importants.
Voici les principales raisons qui j’espère vous convaincront :
• Pour préserver vos articulations (genoux, dos, chevilles, etc.) en réduisant les chocs. • Pour vous équilibrer et éviter de tomber. • Pour franchir des obstacles. • Pour soulager les muscles du bas du corps.
De plus, si vous êtes débutants, vous avez plus de chances de vous blesser car vos muscles et votre technique ne sont pas encore adaptés.
Il y a d’autres raisons, et pour les personnes qui veulent aller plus loin, j’ai écrit un article détaillé sur le sujet : 10 raisons d’utiliser des bâtons de randonnée.
Vous l’avez compris, je suis totalement pour !
François
Court séjour sac à dos d'une semaine en Irlande English translation pending
Bonjour à tous, je suis tout nouvel explorateur, cela risque d'être mon premier voyage du genre. Aussi je me tourne vers vous pour me guider quelque peu. En effet sur un coup de tête, nous voulons partir ma copine et moi en sac à dos en Irlande, je connais pas assez les coins pour faire un circuit si court à pied ou en vélo. Cependant nous savons que les paysages sont à couper le souffle. Je me tourne vers vous afin de connaître un petit circuit qui pourrait nous permettre de réussir convenablement notre première exploration du genre. J'ai regardé quelques peu et j'ai vu des choses intéressantes avec les B&B ou les auberges de jeunesses. Que me conseillez vous ?
Merci de votre attention et bon voyage pour les chanceux !
Alex
Merci de votre attention et bon voyage pour les chanceux !
Alex
Longue randonnée, sac à dos ou valise? English translation pending
Bonjour.
Bien, je pars faire ma randonnée de apris jusq'au bout de l'Italie dans une semaine.
Je m'interroge néanmoins. J'ai peur qu'avec un sac de 25 kilos, je me flingue le dos en deux jours. On m'a dit de prendre plutôt une grosse valise que je tirerais le long du chemin, éventuellement avec un harnais.
Moi je veux bien, mais la valise avec deux petites roues de super marché, je suis pas sûr que ce soit top pour traverser les côtes, les montagnes, les landes de sables de plusieurs kilomètres, les terrain plein de cailloux gros comme mon poing....
Certains m'ont parlé du carrix, mais j'ai peur qu'il ne puisse pas tenir de façon pratique une charge suffisante. Certaines fosi je compte en voir personne pendant 4 jours et donc emporte run supplément de 18 litres d'eau en plus du sac.
Que me suggérez vous?
Bien, je pars faire ma randonnée de apris jusq'au bout de l'Italie dans une semaine.
Je m'interroge néanmoins. J'ai peur qu'avec un sac de 25 kilos, je me flingue le dos en deux jours. On m'a dit de prendre plutôt une grosse valise que je tirerais le long du chemin, éventuellement avec un harnais.
Moi je veux bien, mais la valise avec deux petites roues de super marché, je suis pas sûr que ce soit top pour traverser les côtes, les montagnes, les landes de sables de plusieurs kilomètres, les terrain plein de cailloux gros comme mon poing....
Certains m'ont parlé du carrix, mais j'ai peur qu'il ne puisse pas tenir de façon pratique une charge suffisante. Certaines fosi je compte en voir personne pendant 4 jours et donc emporte run supplément de 18 litres d'eau en plus du sac.
Que me suggérez vous?
Trente et un jours en Namibie, Botswana et Chutes Victoria (septembre-octobre 2009) English translation pending
Maintenant, ça y est, nous sommes revenus depuis quelques semaines (zut, quelques mois…, zut, plus que ça...). Mais il est temps de se replonger dans ce qu’on peut déjà appeler des « souvenirs » de notre périple.
Je vais essayer de garder un peu de logique dans mon carnet de voyage, mais il est possible que ça ait quelques fois tendance à partir dans toutes les directions… Je pense que je glisserai les infos au moment où elles me reviendront en mémoire (dans la description des différentes étapes). Néanmoins, voici les quelques éléments de base. Nous sommes parti en indépendant avec une voiture de location (4x4 avec tente de toit). Cela fait maintenant plus d'un et demi que nous sommes rentrés, mais je me devais de tenir ma promesse et de publier ce carnet sur le forum, ne serait-ce que pour partager à nouveau mon expérience, après tout ce que j'ai trouvé d'utile dans les textes publiés ici. N'hésitez pas à m'envoyer questions et commentaires, ce sera avec plaisir que j'essaierai de répondre !
1) notre itinéraire :
Nous sommes partis à cheval sur septembre et octobre 2009.
J1 : Paris-> Francfort, décollage pour Windhoek J2 : Arrivée à Windhoek, nuit chez Londiningi B&B J3 : Bagatelle Kalahari Game Lodge (proche Mariental) J4 : Bagatelle Kalahari Game Lodge (proche Mariental) J5 : Bagatelle Kalahari Game Lodge (proche Mariental) J6 : Namib Naukluft campsite J7 : Sesriem campsite J8 : Sesriem campsite J9 : Swakopmund, Pension Rapmund J10 : Spitzkoppe campsite J11 : Mowani campsite (région de Twyfelfontein) J11 : Ongongo community campsite (Sesfontein) J12 : Purros community campsite J13 : Purros community campsite J14 : Palmwag lodge J15 : Okaukuejo campsite (Etosha) J16 : Halali campsite (Etosha) J17: Namutoni campsite (Etosha) J18 : Mahangu Safari Lodge campsite (près de Mahango) J19 : Namushasha Lodge campsite (Bande de Caprivi) J20 : Kubu Lodge campsite (Kasane) J21 : Maramba River lodge (Livingstone) J22 : The garden on the Chobe River Lodge (Kasane) J23 : Ihaha campsite (Chobe National Park) J24: Planet Baobab campsite J25 : Audi Camp campsite (Maun) J26 : Third bridge campsite (Moremi) J27 : Audi Camp campsite (Maun) J28 : Audi Camp campsite (Maun) J29 : Zelda Guest Farm campsite J30 : Londiningi B&B (Windhoek) J31 : vol vers Francfort puis Paris
2) l’avant préparation
J’ai commencé la préparation plus d’un an avant de partir. Mon objectif était d’emmener mon amoureuse en Namibie et au Botswana en lui faisant une surprise, et ça a été au final réussi, elle n’a appris que 3 heures avant le départ du vol Air Namibia depuis Francfort que nous allions en Namibie. Depuis un an et demi auparavant, le nom de code de la destination était « Maubeuge ».
J’ai utilisé les guides Bradt, pour ceux qui ne sont pas rebutés par l’anglais, je trouve qu’ils sont vraiment très bien faits (Namibie et Botswana). J’ai l’impression qu’ils sont piles comme un guide de voyage doit être fait : à chaque fois que je m’attendais à trouver une info elle était là de manière logique, sans avoir à aller chercher 200 pages plus loin, les conseils avisés, les descriptions des logements pointues et relativement à jour.
Concernant la réservation des hébergements et de certaines activités sur place, je suis passé par Tourmaline, qui a maintes et maintes fois été recommandé sur ce forum, et que je ne peux que recommander �� mon tour. Ils m’ont aidé à améliorer un peu mon parcours, ont effectué toutes les réservations. A notre arrivée à l’aéroport nous avons été accueillis par un guide de l’agence super gentil, qui nous a remis un carnet de route hyper détaillé et très soigné, bourré d’informations sur chaque étape. Nous avons aussi reçu un carnet détaillé sur la Namibie (géographie, histoire, populations…) les fameuses cartes Shell Veronica Rodt Namibie et Botswana, et enfin le guide touristique de cette même Veronica Rodt pour le Botswana. Il a passé presque une demi-journée avec nous pour tout nous présenter en détail. Le tout pour un prix assez modique (aux alentours de 80 euros au total). J’ai trouvé en tout cas que la qualité de service était irréprochable, et pour ceux qui souhaitent partir en ayant toutes les réservations effectuées, je dirais que c’est s’éviter la partie frustrante de la préparation où les gens ne répondent pas aux mails, etc. Ils se sont également chargés de la réservation de la voiture de location.
Nous avons choisi de partir avec le circuit complètement bouclé et réservé (à part deux jours au Botswana que nous avons organisés sur place). Le débat entre les gens qui préfèrent tout réserver avant ou bien tout faire au jour le jour a déjà donné lieu à des discussions sur le forum. Je souhaitais pour ma part arriver en étant sûr d’avoir des places dans tous les endroits que je souhaitais voir, sans avoir à nous demander chaque jour où nous allions dormir le soir. Ca procure un certain confort d’avoir tout payé auparavant, de donner un bon en arrivant et de se poser. Ca évite les tensions de voyage sur ce que chacun préfèrerait, et puis ce n’est pas parce qu’on a réservé quelque chose qu’on ne peut pas faire une autre option, au pire on perd le prix de la location et puis voilà. A noter qu’il y a certains endroits où on ne peut pas réserver (Spitzkoppe, Purros, Ongongo), et d’autres où à la saison touristique une réservation est utile pour être sûr d’avoir une place (Etosha, Sesriem). Concernant l’arnaque (oups, ça m’a échappé) des campsites des parcs nationaux au Botswana, j’y reviendrai plus loin
3) la voiture Nous avons opté pour un 4x4. Nous avions à l’origine demandé un simple cabine (moins cher), mais nous nous sommes retrouvés avec un double pour le même prix. Avec le recul, je pense que le double cabine est quand même mieux, ne serait-ce que pour pouvoir laisser les affaires personnelles sur les sièges arrières, à portée de main d’une part, et surtout à l’abri de la poussière qui s’infiltre assez facilement dans la benne, même couverte. Le Hilux n’est pas je pense un « vrai » 4x4 d’aventurier (je crois que le Defender ou un bon vieux LandCruiser rentre mieux dans cette catégorie), mais il est amplement suffisant pour un voyage « classique ».
Une nouvelle fois, le débat « 4x4 ou pas 4x4 » a déjà eu lieu sur le forum, mais voici mon opinion au regard de nos expériences de ce voyage. Il est clair que l’immense majorité des routes de Namibie et d’une partie du Botswana est accessible en véhicule standard. Cependant, je pense qu’au niveau sécurité (la première sécurité consistant de toute façon à ne pas rouler trop vite, etc !), on est plus assuré de ne pas sortir de la route ou casser une roue au premier nid de poule avec une voiture faite pour rouler sur du cailloutis qu’avec une voiture taillée pour le goudron. Pas mal de véhicules sont équipés de 2 roues de secours (à vérifier à la location), et puis il est pratique d’avoir sa maison sur le toit et de pouvoir promener tout un équipement de camping facilement. Après pour certaines zones (Purros, Moremi, Chobe), on peut y aller, alors que l’accès est impossible en voiture standard.
Nous n’avons pas pris de réduction de franchise. Sur une longue durée, la réduction de franchise coute très cher, et les exclusions sont de toute façon tellement nombreuses que je n’ai pas estimé que le risque justifiait l’investissement. La probabilité qu’un accident sérieux arrive en étant dans les conditions de l’assurance est à mon avis assez faible, ce qui fait que l’accident qui se produira sera à la charge du client, franchise ou pas. C’est ce que je pense… J’avais par contre pris une assurance pare brise et pneus. Nous n’avons pas eu à nous en servir (pas de crevaisons sur un mois, et pas de casse pare brise non plus), mais si vous êtes tentés par cette assurance, demandez avant aussi les conditions d’application : j’ai découvert en arrivant que l’assurance ne couvrait que deux pneus et 1 pare brise… Encore une fois, faire son calcul et analyser les risques.
Nous avions pris l'option frigo dans la voiture. Cela nous a bien servi, mais il n'y a rien de miraculeux non plus: le frigo (chez notre loueur en tout cas) tirait sur la batterie de la voiture (pas sur une batterie dédiée), donc pas question de le laisser allumé la nuit quand le moteur ne tourne pas. Il est possible de demander un câble (pas inclus dans le kit « de base » pour nous) pour le brancher au secteur dans les campsites, mais nous avons rarement eu accès à l'électricité sur les sites (qui sont par ailleurs parfaits pour tout le reste). En conséquence, le frigo nous a servi surtout pour stocker les aliments frais jusqu'au soir même, sans par exemple pouvoir faire de réserves de viandes pour plusieurs jours car n'étant jamais sûrs de la présence d'électricité aux campsites. Peut-être que certains loueurs permettent d'avoir plus d'autonomie avec leurs dispositifs, mais demandez, car tout ne va pas automatiquement de soi.
Enfin, nous avons emporté un téléphone satellite (même si notre itinéraire ne le justifiait pas vraiment) qui permet malgré tout de pouvoir se raccrocher au monde en cas de pépin. A noter que le nôtre a refusé de marcher durant les deux dernières semaines, ce qui nous a valu un remboursement partiel de la somme (grâce à Tourmaline qui est intervenu auprès du loueur de téléphone).
4) la saison
Le choix du mois de septembre s’est fait un peu par défaut du fait de raisons professionnelles et ça a été plutôt chouette. Nous n’avons pas été noyé dans trop de monde (mais bon, je pense que la Namibie est assez tranquille au niveau « foules » même au mois de juillet !).
Le climat était plutôt agréable, chaud la journée sans être étouffant, et les nuits fraiches, juste assez pour se blottir dans son duvet sans mourir de chaud. Nous n’avons presque pas eu de pluie. Je dis « presque », mais en fait nous nous attendions à la saison sèche, alors que nous avons eu pas mal de pluie dans les Nxai Pans et Moremi au Botswana, puis lors de notre dernière nuit dans le Kalahari. C’était parfois des orages énormes qui duraient toute la nuit. Je n’ai pas réussi à savoir si c’était commun pour la période (fin septembre, début octobre).
Enfin, nous avons croisé des moustiques, les premiers à Etosha (si si !) puis dans la bande de Caprivi. Rien de bien grave, il y a eu quelques soirs où il a fallu se couvrir de DEET. Le corollaire des moustiques dans ce coin là est le paludisme. D’après ce que j’ai pu trouver, le risque est quasiment nul à cette période, mais nous avons pris de la Malarone. Encore une fois, le débat a eu lieu, je pense que c’est encore une fois une question d’évaluation du risque…
5) Etape par étape
Je vais passer maintenant aux étapes, en essayant à chaque fois de donner nos impressions et autres renseignements qui pourraient être utiles, sait-on jamais. L’en-tête à côté du ‘Jn’ correspond à l’endroit où nous avons passé la nuit à la fin du jour en question.
J1 : Paris-> Francfort, décollage pour Windhoek J2 : Arrivée à Windhoek, nuit chez Londiningi B&B
Le vol Air Namibia nous dépose à l’heure à l’aéroport de Windhoek, le vol s’est bien passé, le service est plutôt pas mal (j’espère ne pas passer pour un snob des vols aériens), en tout état de cause, je dirais « bon rapport qualité/prix ». Nous sommes accueillis par le guide de Tourmaline qui nous amène chez Londiningi. L’auberge est très chouette, l’accueil très bon, enfin bref, rien à redire. Nous avons droit à un briefing extensif de la part du guide sur tout notre parcours, explications diverses et variées, le carnet de route est parfait, les bons de réservation sont là. Nous passons également récupérer la voiture chez African Tracks. L’équipement de camping est un peu vieillot (on se rend bien compte qu’il n’est pas de toute première jeunesse), mais là encore, le rapport qualité/prix a l’air assez bon. La première expérience de conduite est un peu stressante au début, il faut conduire à gauche, et surtout le plus dur je trouve est de s’habituer au gabarit ! Moi qui suis plutôt habitué au format Twingo, j’ai eu l’impression de conduire un char Leclerc. Mais bon, ça vient vite, et on apprend (un peu trop) vite à avoir confiance dans les rétroviseurs pour les marches arrière !
Nous partons vaguement à pied dans le quartier, c’est le coin chic de Windhoek, il y a des grandes maisons joliment arborées, mais par contre les barbelés sont omniprésents… On fait quelques emplettes sur place (notre premier biltong, de la viande séchée qui va devenir notre plat national pour les pique-nique par la suite !). Il y a des gardes un peu partout, l’ambiance est assez curieuse. Nous avons aussi acheté une carte de téléphone portable prépayée, mais nos téléphones que je croyais débloqués ne devaient pas l’être tant que ça vu que ça n’a jamais marché.
Nous dinons le soir au Joes’s Beerhouse, un super restau pas loin de l’auberge. Le décor est super réussi, on mange dehors sur des grosses tables en bois, les portions de viandes grillées sont généreuses, et le prix… namibien ! Ca cale le niveau : dans un bon restau dans les quartiers « chics » de Windhoek, on peut se faire péter le bidon pour péniblement 10 euros chacun binouse comprise.
J3 : Bagatelle Kalahari Game Lodge (proche Mariental) J4 : Bagatelle Kalahari Game Lodge (proche Mariental) J5 : Bagatelle Kalahari Game Lodge (proche Mariental)
Le lendemain, ça y est, l'aventure commence, direction le sud et le Kalahari. Je me suis amusé à rentrer les étapes dans le GPS (Garmin et www.tracksforafrica.com), et visiblement, ça marche super bien (au moins pour sortir de Windhoek, après, on peut pas dire qu'on risque beaucoup de se perdre !). Sur la route on croise nos premiers « animaux », quelques babouins qui traversent nonchalamment. Pour nous deux petits européens fraichement débarqués de l'avion, ça fait son petit effet.
On se dirige vers Mariental pour trois jours de relâche chez Bagatelle. La durée de notre séjour s'étant allongée quelques mois avant le départ parce qu'Air Namibia avait annulé ses départs depuis Londres et que nous ne pouvions pas arriver plus tard (le trajet était bouclé), on a décidé (enfin, j'ai, surprise oblige !) de se poser trois jours sans faire grand chose dans un endroit confortable où on peut se poser pour bouquiner au milieu des dunes sans avoir de soucis. L'accueil était vraiment super, les petites maisons dans les dunes sont mignonnes, confortables, y'a une petite bouteille de vin à l'arrivée. Le soir on prend les repas sous les étoiles, les bouteilles de vin ne sont vraiment pas chères. Bref, pour nous qui ne sommes pas des habitués des hôtels au standing un peu élevé, il faut bien reconnaître qu'il n'est pas désagréable de se laisser un peu aller, dans une ambiance de dépaysement total, hors du monde... Nous participons à leur « game drive » dans leur réserve privée, nous découvrons notre première girafe, nos premiers gnous, zèbres, springboks, oryx. Ils ne sont guère nombreux, mais comme ce sont les premiers, nous sommes éblouis. Le paysage est vraiment somptueux à la lumière de fin du jour, l'herbe jaune (vraiment couleur jaune, pas juste séchée), le vert des arbres et le rouge du sable, le tout au coucher du soleil avec le petit apéro qui va bien que le guide sort au moment opportun, c'est absolument magique, pile ce qu'il nous fallait après une longue année de dur labeur.
Les trois jours sur place ne sont pas indispensables, mais pour nous ils sont passés finalement assez vite, au gré du sable rouge, des autruches devant la maison le matin, de « l'afternoon tea » et petits gâteaux l'après midi et des paons nombreux autour de la petite piscine (glacée d'ailleurs). Le dernier soir, une petite bouteille de champagne local attendait dans la chambre. Bref, un séjour sur la lune, une entrée en matière parfaite pour un voyage d'un mois qui s'annonçait comme un rêve éveillé. Et pour redescendre sur Terre, le tout pour un prix pas exorbitant, en tout cas le rapport qualité prix était vraiment excellent. Je recommande.
J6 : Namib Naukluft campsite
Ce matin départ pour une traversée vers l'ouest. Après 80 km, on s'aperçoit qu'on a oublié le carnet de route et tous les bons au lodge... Marche arrière donc, ils ont bien tout gardé, ouf ! Les paysages sont plutôt rudes, on croise péniblement une voiture toutes les dix minutes. Nous abordons notre première route gravillonnée, c'est vrai que ça ressemble à une route goudronnée, on a l'impression qu'on peut se transformer en pilote, mais gare, ça glisse, et mine de rien y'a quelques nids de poules ou cailloux isolés qui sont traitres. On croise plusieurs niveleuses qui corrigent la surface de la route. Au bord de la route, on voit aussi quelques fois des roulottes, au milieu de nulle part... Suite au prochain épisode !
Nous croisons en fin de journée une petite voiture sur le bord de la route arrêtée. Je m'arrête pour leur demander si tout va bien. C'est une bande de quatre « jeunes » (oulà, je me sens ancien combattant en disant ça, je n'ai que 28 ans en fait, 26 au moment des faits), ils sont en rade, leur pneu arrière gauche a éclaté, et... ils ne savent pas changer une roue... Je leur donne un coup de main, et je découvre qu'en fait ils sont partis le matin même pour quelques jours de ballade dans le pays. Ils sont volontaires internationaux, et ont loué une petite voiture pas chère pour se balader. Ils n'ont même pas une vraie carte, ils cherchent à aller a Sesriem, ils roulent dans la mauvaise direction, loin du but et la nuit tombe... C'est le premier événement qui m'a fait dire que louer un 4x4 rend quand même service parce que c'est fait pour aller sur ce terrain là, tu as tes deux roues de secours, etc... Eux après une journée étaient déjà dans la mouise... Ils n'avaient probablement pas mis toutes les chances de leur côté, mais je me suis revu étudiant où en voyage, je comptais les sous, j'aurais pu être à leur place quelques années plus tôt ! C'est bien de gagner sa vie quand même !
Nous arrivons au campsite de Naukluft à la nuit tombée, il faut manœuvrer le « tank » dans un espace tout petit, c'est pas évident. C'est notre premier campsite, et on découvre que nous avons sur notre emplacement eau, foyer, grille, tout ce qu'il faut... Surprenant (dans le bon sens !), et ça durera tout le séjour. Les campings européens n'ont qu'a bien se tenir. Premier montage de notre tente de toit, non pas que ce soit très sorcier, mais bon la première fois on y passe quand même un peu de temps. Tant que j'y suis pour ne pas oublier après, deux conseils : n'hésitez pas à acheter du bois dans les supermarchés dès que vous en croisez, on n'en trouve pas partout, et il ne faut pas en prendre n'importe où. Ensuite, nous avions amené une lampe à gaz avec une connexion vissable, mais nous n'avons pas trouver de recharges de ce type dans tous les magasins que nous avons vus, seulement des cartouches perçables, donc... Voilà, c'est dit.
Nous nous endormons pour la première fois dans notre petit nid sur le toit.
J7 : Sesriem campsite
On se lève le matin au bruit des babouins qui vident les poubelles métalliques du camp. Au pliage de la tente, je me rappelle dans un éclair de lucidité un conseil que j'avais lu au détour du forum, laisser les duvets dépliés dans la tente avant de la replier ! Ça marche, et ça évite de passer « plein de temps » chaque jour à plier et déplier le sac de couchage. Direction l'Olive Trail. Il n'y a personne, le paysage est plutôt sympa et sauvage, la dernière partie (descente du cours de la rivière asséchée) est assez spectaculaire (toutes proportions gardées...), avec une végétation épatante : des « arbres » accrochés aux falaises, on se demande comment ils font pour tenir là, et puis au fond de la rivière, quelques beaux arbres très verts à cause de l'eau qui affleure sous les cailloux. La dernière partie du parcours nécessite un petit peu d'attention, avec notamment un passage avec des chaines à flanc de rocher au dessus d'une grande boutasse pleine d'une eau pas très alléchante. Nous n'avons croisé au niveau bestioles que des petites bêtes format marmotte qui elles aussi se doraient au soleil.
Nous prenons la route vers Sesriem où nous arrivons en milieu d'après-midi. Au fil de la journée, la lumière change tout doucement, et les paysages sont vraiment magiques. C'est assez brut : montagnes aux formes simples, tracé rectiligne de la route, immensité des plaines herbeuses à la couleur toujours jaune riche. Le site est bien aménagé, avec plein de place sur les emplacements. Certains sites situés très à l'ouest ont une vue vraiment très chouette sur le départ de la chaine de dunes. On repart vite fait vers la Elim Dune pour essayer de profiter la lumière de fin de journée sur le paysage. Une fois arrivés (c'est à quelques minutes du campsite de Sesriem), mon amoureuse arme son appareil photo, tandis que je me rend compte que je vais passer une mauvaise nuit si je ne monte pas jusqu'en haut de la dune. Je me lance, dans le sable rouge, au milieu des herbes qui poussent ici et là et des scarabées qui dévalent les pentes à toute berzingue. A chaque fois qu'on croit être arrivé, il en reste encore un bout, mais finalement le sommet est là et ça en vaut vraiment la peine. On voit d'un côté le cordon de dunes qui s'en va vers l'horizon, de l'autre la plaine et les montages rocailleuses, le tout éclairé par la lumière rasante de la fin du jour, c'est vraiment magnifique. Je redescends en courant comme un fou dans la sable, j'arrive en bas complètement à bout, mais heureux de me dire que j'ai été mettre le pied là haut. L'aller retour m'a pris une heure, à la louche, mais j'ai vraiment cherché à aller au bout de mes forces. J'ai fini sur les rotules (au sens propre) poursuivi dans le sable par une fourmi immense et têtue.
Le soir, nous savourons nos Savanah Dry (un genre de cidre sud africain en petites bouteilles qui est devenu notre boisson nationale depuis quelques jours) au coin du feu. Le réveil sera très très tôt demain matin.
J8 : Sesriem campsite
C'est parti pour un jour de magie... Le réveil sonne très tôt, pour profiter de l'ouverture matinale de la porte du parc. Les résidents du campsite peuvent rentrer avant ceux qui séjournent dans les divers lodges de la région. Tout le monde s'élance, mais au bout de quelques kilomètres tout est assez dilué (il semble que le 80 km/h ne soit pas au même endroit sur tous les compteurs de vitesse). On se pose à la Dune 45 avant le lever du soleil. Cela prend une petite demi-heure de l'escalader sur l'étroite crête. Il y a avec nous pas mal d'overlanders, mais ça reste acceptable. Le lever de soleil en tant que tel est chouette, mais c'est davantage la découverte du paysage par le haut sous une belle lumière qui vaut le détour. La route s'étire dans une plaine entourée de deux immenses cordons de dunes rouge, immenses. C'est à se demander comment tous ces grains de sable tiennent pour former des montagnes aussi grandes...
L'expérience est sympa, mais je pense que ça vaut davantage la peine soit de finir la route directement vers Sossusvlei, soit de se poser à une autre dune pour voir le lever du soleil. Peu sont accessibles (pas de pistes depuis la route), mais le paysage sera aussi chouette que la « Dune 45 », avec personne d'autre que votre petite famille et les petits scarabées qui dévalent partout.
Il ne reste pas beaucoup de trajet jusqu'à la fin de la route goudronnée. Sossusvlei et Deadvlei sont quelques kilomètres plus loin. Pour les atteindre, il faut utiliser les navettes, ou bien si vous avez un engin adapté (4x4 obligatoire, cf. les panneaux !) on peut finir soit même la route. C'est du bon sable bien profond, mais les « rails » sont bien marqués, et il n'y pratiquement qu'à se laisser guider. Je suis assez novice en conduite « tout-terrain », donc je suis passé en 4x4 standard par défaut, mais ça doit surement marcher en mode 2x4. En bon élève, j'avais aussi dégonflé les pneus.
Tout au bout de la piste on arrive donc à Sossusvlei, après avoir croisé Deadvlei sur la gauche. Il y a un genre d'immense aire de pique- nique, avec des tables réparties sous les quelques arbres disponibles. Il y a aussi des toilettes sèches. Il faut marcher un peu (enfin « il faut », c'est pas un truc horrible quand même, vu le lieu !) pour grimper sur la dune qui surplombe le lac salé. Le paysage est absolument grandiose, y'a pas grand chose d'autre à dire... Les possibilités de ballades dans les dunes sont plus ou moins infinies, moyennant d'avoir de l'eau (beaucoup), un chapeau et de la crème solaire pour ne pas finir transformé en homard. Je recommande de marcher pieds nus dans le sable, c'est beaucoup plus confortable que d'essayer de mettre des chaussures qui se toute façon se rempliront de sable, et puis je trouve que ça donne l'impression d'être en liberté, les pieds dans la tiédeur confortable des petits grains rouges... Faites attention à tous les scarabées qui dévalent la dune à toute allure. D'ailleurs, d'où il viennent tous ces scarabées ? Parce qu'on les voit toujours descendre très vite, comme apparus de nulle part. Ça a été pour moi une révélation quand j'ai « percé le secret ». Si jamais ce n'est pas évident pour vous, cherchez bien, et vous trouverez :-)
Ensuite (nous sommes à la mi-journée, pour donner une idée de l 'échelle de temps), nous avons passé quelques heures sous notre arbre à pique-niquer et bouquiner, pour faire passer les heures les plus chaudes et aller à Deadvlei sous un soleil un peu moins écrasant (pour les hommes comme pour les photographes). J'avais lu un peu tard dans notre guide qu'il est possible de monter tout en haut de la très haute dune qui surplombe le paysage à Deadvlei, et après 15 minutes de marche je renonce en me disant qu'il est idiot de monter la haut tout seul en cas de problème, et puis mon amoureuse n'étant pas tentée par l'aventure, je ne voulais pas la laisser toute seule trop longtemps, quand même. Nous commençons la marche vers le Deadvlei (il y a une petite demi-heure de marche depuis le « parking ») un peu trop tôt, vers 15h30. Il fait encore très chaud, et le sable est presque brulant (il ne faut pas laisser le même pied par terre trop longtemps !). La lumière n'est pas encore parfaite. Par contre, nous sommes absolument seuls au monde. L'environnement est absolument magique, je ne peux pas vraiment décrire ce qu'il y a dans nos cervelles, mais c'est quelque chose qui restera à vie dans nos têtes, un endroit qui nous aura marqué, comme quelques autres déjà dans les parties du monde que nous avons déjà pu voir.
On s'en retourne au campsite à la lumière du soleil qui se couche tout doucettement, à l'heure où les gens commencent à arriver en nombre dans les dunes. La route est ponctuée d'autruches, de troupes généreuses de springboks et d'oryx.
Le regret que j'aurais sur la journée est de ne pas avoir pu monter la grande dune. Si vous êtes du genre à vouloir « aller en haut », essayez de le caler dans la journée, le matin doit être plus judicieux, car il doit bien falloir 1 ou 2 heures pour faire l'aller retour. Mais ce n'est que très annexe au vu de tout le reste...
J9 : Swakopmund, Pension Rapmund
Départ matinal, la route est longue jusqu'à Swakopmund. Le paysage est toujours aussi beau, à la lumière du matin. La piste est plutôt bonne, une nouvelle fois, il est vraiment nécessaire de ne pas se laisser « endormir » et appuyer inconsidérément sur le champignon. Arrêt à Solitaire, évidement. L'endroit porte bien son nom, le décor fait un peu « Route 66 » (que je n'ai jamais vue en fait... !), et puis bien évidemment, nous n'échappons pas au struddle (un gâteau allemand aux pommes) ! La portion est généreuse, et n'ayant aucune référence en matière de struddle, nous trouvons ça plutôt un super régal. A noter qu'ils mettent des raisons secs dedans (je dis ça pour prévenir, parce que ma chère et tendre n'aime pas les raisins secs).
Plus nous avançons vers le nord, plus le paysage devient « rugueux ». Chose curieuse, on circule sur un plateau, et les cols à passer sont en fait des canyons dans lesquels il faut descendre et remonter de l'autre côté. Le paysage devient complètement lunaire une fois qu'on rentre à nouveau dans le Namib Naukluft. Il ne ferait franchement pas bon tomber en panne ici (en fait pas plus ni moins qu'ailleurs, mais bon...). L'arrivée à Walvis Bay se fait dans une ambiance de fin du monde, ciel un peu brumeux, tempête qui promène le sable des dunes sur la route et qui fouette les vitres... Au loin sur l'océan, les nombreux rigs de forage qui attendent patiemment leur tour de chantier rappellent que nous ne sommes pas si loin que ça d'une zone du monde plus ou moins troublée, et en tout cas le tout est une sorte de retour sur terre un peu brutal. Je ne me sens pas bien jusqu'à l'arrivée à Swakopmund, un mélange d'impressions noircies par ce monde industriel qui nous retombe dessus, cette tempête, bref, ce trou d'air dans le nuage sur lequel nous étions.
Nous sommes installés à la pension Rapmund, chambre avec vue sur mer, pour un prix hyper raisonnable. Si je rajoute la qualité du petit déjeuner du lendemain, je recommande chaudement le lieu, excellent rapport qualité prix. Je vous épargnerai le cliché de la rigueur à l'allemande... oups, je ne l'ai pas évité !
A noter que le bureau des parcs nationaux est tout prêt de l’hôtel, où il est possible d'acheter les permis pour le Welwitschia Drive.
Le soir nous allons manger au Tug, apparemment le restaurant chouette de Swakopmund, et le moins qu'on puisse dire, c'est que c'est monstrueux. On se lâche, on prend le plus gros plateau de fruits de mer et un plat de homard grillé. Attention, le plat de homard c'est un homard et demi dans l'assiette (ou trois demis homards), avec force garniture et sauces. Avec le vin, on s'en sort pour 70 € à deux, pour des plats que nous n'aurions jamais pris en France parce qu'ils auraient été franchement en dehors de nos moyens.
J10 : Spitzkoppe campsite
Après un gros ravitaillement au Spar local, on se met en route avec pour objectif du jour le Spitzkope. Un désir personnel de voir quelques unes des curiosités naturelles locales m'a finalement convaincu d'acheter un permis pour le Welwitschia Drive. Nous trouvons la route, qui traverse notamment le « moon landscape ». Chose curieuse, on a presque l'impression qu'il a plu durant la nuit, le sol semble presque humide. Etant donné que je crois avoir lu que c'est un des endroits les plus arides du monde, j'ai un sérieux doute, mais le ressenti est étrange. Certains guides il me semble indiquent que la route est vraiment mauvaise, mais elle nous a semblé être tout à fait praticable pour un véhicule standard. Le « drive » en lui même est un cul se sac, les seuls embranchements qui la quittent sont privés et desservent au regard des panneaux des concessions de mines d'uranium.
Les paysages sont sympas, mais si vous ne tenez pas absolument, contrairement à moi, à croiser les fameux welwitschias, le détour ne s'impose probablement pas. Ce sont des plantes vraiment curieuses, qui ressemblent à un « tas » de feuilles vertes (il n'y en a que deux, malgré les apparences) qui survivraient là depuis 2000 ans dans des conditions extrêmes... Assurément, unique en son genre.
Nous tentons un peu plus loin de visiter la mine d'uranium Rio Tinto (les plus gros camions du monde, dixit le Bradt !!), mais même mon plus beau sourire et mes plus grands yeux doux n'auront pas raison de la sécurité du site. Cependant il est possible de la visiter, moyennant de prévoir ça suffisamment avant. La personne à l'entrée m'a donné un numéro à appeler, je l'ai peut-être encore si cela intéresse des gens.
Aujourd'hui, nous avons éclairci le mystères des pelleteuses-roulottes, que je laissais planer depuis quelques jours. Les « grader » qui se baladent sur les routes pour en corriger la surface promènent en fait une petite roulotte le soir (ou le matin...), une fois qu'ils ont fini (ou avant de commencer) leur quota kilométrique de la journée, afin de loger leur chauffeur pendant la nuit. Il doit y avoir dans le pays toute une corporation de gars qui passent leur temps à traverser le pays pour refaire les routes, de 40 kilomètres en 40 kilomètres... Insignifiant probablement, mais un concept que je trouve à la limite du poétique...
Le long de la route, il y a quelques petits villages, avec des micro étalages et des gens qui accourent quand ils entendent la voiture arriver. Le site du Spitzkoppe est vraiment splendide, le confort est rudimentaire, et il faut bien penser à conserver le site dans son état naturel. Je pars en expédition une bonne heure sur les flancs accessibles de la montagne par un bout de sentier, au milieu d'un tas de plantes toutes plus exotiques les unes que les autres, les couleurs du coucher de soleil sont vraiment très chouettes. Notre site est par contre « mal exposé », nous perdons donc le soleil très vite. Mais il y a le choix (le camp s'étend sur plusieurs kilomètres). Soirée au coin du feu, grillades, Savanah Dry et bouquinage, classique quoi !
J11 : Mowani campsite (région de Twyfelfontein)
Destination la région de Twyfelfontein. Au nord de Uis nous prenons un genre de raccourci qui nous permettra de rencontrer notre premier panneau « éléphant » (sans les éléphants qui vont avec). Le paysage commence petit à petit à changer, à devenir plus « dur », au fur et à mesure qu'on remonte vers le nord. Nous sommes installés ce soir au Mowani Moutain Camp, sur les campsites du lodge. La situation est magnifique, de grands sites, avec une douche entre deux rochers, en pleine nature, avec une belle vue dégagée sur la vallée, splendide. Le lodge en lui même est un peu plus loin, et n'a pas l'air mal non plus.
J11 : Ongongo community campsite (Sesfontein)
Nous remontons aujourd'hui vers Ongongo campsite. Nous ne sommes pas allés voir les peintures rupestres, ce n'est pas vraiment notre tasse de thé. Quand à la montagne brulée et aux orgues basaltiques, nous nous sommes dit qu'il y avait plus de chances d'être “déçus” que réellement émerveillés, donc nous avons aussi passé notre chemin.
La route vers le nord est relativement monotone, il y a très (très) peu de monde. On croise quelques zèbres. Au nord de Palmwag, le paysage devient plus rude (enfin, c'est l'impression qu'il me fait). Peut-être est-ce aussi parce que le ciel est un peu gris et poussiéreux...
Peu avant Sesfontein il faut trouver au milieu d'un village la route qui sur la droite se dirige vers le campsite. C'est très sérieusement caillouteux. Je pense que ça doit passer avec prudence dans un véhicule standard. Par contre certains emplacements du camps eux ne sont pas accessibles aux voitures de base. Des tas de petits mômes courent autour de la voiture pour nous vendre ou demander des bidouilles. Le campement est nettement moins alléchant que les précédents, c'est plus petit, il n'y a pas une vue spectaculaire.
Nous avons passé la fin de la journée au bord de la petite piscine naturelle, assez agréable, mais le caractère “chaud” de la source me laisse songeur. Peut-être n'est-ce pas du tout une source chaude ? Je m'attendais à une sorte de jacuzzi naturel, et ce n'était pas ça.
Le gars qui s'occupe du camp nous a proposé d'aller faire un tour pour voir des éléphants, des lions, ou des himbas, (dans la même phrase)... Devant notre air dubitatif, il s'est senti obligé de mimer de manière assez disgracieuse (pour ne pas dire obscène) une femme au postérieur généreux. Ca nous a conforté dans notre idée de ne pas faire ce genre d'excursion “culturelle”, en tout cas pas en sa compagnie, et de laisser ces gens tranquilles.
J12 : Purros community campsite
Aujourd'hui départ pour “la grande aventure” vers Purros. On avait naïvement pensé pouvoir faire du ravitaillement à Sesfontein, erreur ! Le magasin propose des aliments de base (farine, huile, sucre, levure), mais pas de pain, pas non plus de vague fruit. Il y a un peu de bidoche congelée. Tout ça pour dire qu'il ne faut pas craindre de prévoir large en partant de Swakopmund, nous n'avons pas croisé de magasin “grand” jusqu'à Outjo deux jours plus tard. On repart donc avec de la farine et de la levure, on se fera notre pain...
La route vers Purros est très chouette, elle s'ouvre assez vite dans une grande vallée dont on suit le cours. Le chemin est tour à tour caillouteux, sableux, quelques lits de rivière (asséchés) à traverser. On croise quelqu'un en chemin qui nous demande un outil pour resserrer les cosses de sa batterie. Sur le moment on ne pense qu'au couteau suisse de mon amoureuse, qui parvient à faire son office, après qu'il nous a bien fait comprendre pour autant que notre outil n'était pas terrible. Le gars nous demande si ça ne dérangerait qu'on lui fasse cadeau du couteau pour qu'il puisse resserrer la cosse un peu plus loin au cas où. Devant notre refus, il part sans même dire merci... On a fait quelque chose de pas bien ?
En route on aperçoit des girafes qui se reposent dans le lit de la rivière.
Le campement est vraiment superbe, magnifique, au milieu des arbres sur le bord du lit de la rivière. Notre site est sous un arbre qui forme un petit espace privé avec un bac pour faire la vaisselle et un robinet, à quelques mètres, des sanitaires sont aménagés sous un autre arbre, le tout bien ratissé, c'est incroyable de trouver ça ici. Un vrai petit coin de paradis.
On part à la recherche d'éléphants en compagnie du guide (qui s'occupe aussi de gérer le campement). Il s'installe dans notre voiture et nous emmène là où il pense qu'on puisse voir des bestiaux. Il nous fait descendre un lit de rivière où coule encore un peu d'eau. On découvre notre premier éléphant (du désert, en plus !). C'est vrai que c'est sacrément majestueux... On en trouve un autre un peu plus loin, et on en profite pour s'enliser dans de la bouillasse, avec l'éléphant pas très loin. Instant de panique (pour moi), mais en fait un coup de vitesse lente nous permet de sortir sans problème. Le guide a en fait bien plus confiance dans les capacités motrices de la voiture que moi... On croise un tas de girafes en revenant vers le village. Le guide nous a aussi raconté entre temps que l'équipe de “Rendez-vous en Terre Inconnue” était venue par là pour tourner et qu'il avait servi d’interprète pour l'émission, étant himba lui même. Apparemment, Muriel Robin serait même revenue quelques jours seulement avant notre arrivée. Sur le moment on pense qu'il essaie de nous faire plaisir en nous faisant croire à une sorte de coïncidence sympathique. Nous verrons une émission quelques mois après notre retour qui nous fera penser que c'était peut-être tout à fait vrai...
On se fait un bonne petite soirée au coin du feu avec notre pain cuit au feu de bois (façon patate, enrobé dans de l'alu, c'est pas mal, mais on expérimentera en galette sur la grille du barbeuk plus tard, c'est pas mal non plus), des tas de petites bougies et un bon bouquin. Il y a des vaches dans le camp qui font du bruit, mais la nuit, on a vite fait d'imaginer que c'est un éléphant qui va surgir de nulle part...
J13 : Purros community campsite
Journée “repos” dans le petit coin de bout du monde de Purros, grasse matinée, bouquinage sous les arbres... Histoire de se remettre de nos émotions, et de nous préparer à toutes celles qui arrivent !
J14 : Palmwag lodge
Au matin, nous partons traquer le lion, toujours en compagnie du même guide. Il nous fait descendre à nouveau le cours de la rivière : les bestiaux à crinière ont apparemment déjeuné la veille d'un zèbre, dont la carcasse est toujours en place et que le guide pense toujours assez appétissante pour les faire revenir. Cependant, nous ne les verrons pas montrer le bout de leur museau. Ca ne peut pas marcher à tous les coups, et paradoxalement, ça nous rassure presque de voir que tous les animaux de cette région ne sont pas trop humanisés et prévisibles.
Au retour vers le campsite, nous passons amener le guide chez lui dans le village voisin. Il souhaite faire coucou à sa famille avant de retourner prendre son poste au camp. Tout son petit monde habite une petite case sans toit. Ne sachant trop que faire et n'étant en fait pas très à l'aise à l'idée d'aller jouer les touristes en mal d'intégration, nous n'osons pas trop descendre du véhicule et aller nous incruster à ce moment de tendresse familiale : nous échangeons des sourires avec les petits mômes qui sont là, et qui ont l'air aussi gênés que nous. Nous ne sommes distants que de quelques mètres, mais on mesure qu'un monde entier de modes de vie et de certitudes nous sépare... Ca ressemble probablement à de la philosophie de comptoir, mais c'est ce que je ressens à ce moment là. Je me sens un peu idiot là, dans ma grosse voiture, à ne pas trop savoir que faire...
Nous reprenons la route vers Palmwag (la même qu'à l'aller, l'étape à Ongongo en moins, ça se fait très bien dans la journée). Elle est ponctuée au départ de Purros d'éléphants du désert batifolant dans le lit asséché de la rivière, et de tas de girafes en arrivant à Palmwag.
Nous avions réservé le camp, mais en arrivant, on décide de se mettre dans une chambre du lodge parce que, parce que bon... ! Chambre qui au demeurant est très agréable. Le thé et les gâteaux de l'après-midi sont en libre service au bar. Sur le trajet qui mène à la piscine du lodge, on voit en contrebas des passerelles des traces de pieds tailles 245, qui doivent correspondre aux pas des éléphants qui se baladent dans le coin... Nous profitons du coucher du soleil sur la terrasse du restaurant, surplombant la nature environnante ou un pachyderme nonchalant ne tarde pas à faire son apparition. Je ne vous épargnerai donc pas le cliché du coktail en terrasse au coucher du soleil avec vue sur une grosse bébête, parce que mine de rien, ça doit correspondre dans notre subconscient à une expérience de luxo-aventuro-naturo-vacances dont nous rêvions avant d'être là... Le repas au restaurant est très bien, de même que la nuit qui suivra (sous la couette, pas dans le restaurant...).
J15 : Okaukuejo campsite (Etosha)
Au matin après un petit déjeuner gargantuesque, surprise au moment du chargement, la commande à distance de l'ouverture des portes ne fonctionne pas. Surprenant, d'autant plus que le témoin lumineux sur la commande fonctionne, lui. Ouverture “à l'ancienne”, et petit coup d'adrénaline, la voiture ne démarre pas. Eclair de lucidité : les phares dont je suis conscient depuis le début du périple que je vais au moins une fois oublier de les éteindre ont choisi la veille pour exercer leur traitrise. Plus de batterie donc. Heureusement nous sommes sur le parking d'un lodge, donc la leçon n'est pas trop violente et nous trouvons deux espagnols contents de nous rendre service, d'autant plus que quelques jours avant ils avaient été eux laissés sur le bord de la route sans aide au désenlisage... Mine de rien, démarrer un gros diesel avec des câbles ne va pas de soi. Il faut faire accélerer le moteur du véhicule en marche, le ralenti seul n'étant pas suffisant pour délivrer la puissance nécessaire au démarrage de l'autre. Cette astuce (qui en est une en tout cas pour moi, n'ayant que quelques connaissances très basiques en mécanique automobile) nous a été enseignée par une personne du lodge, que nous avions été quérir en panique après de nombreux essais infructueux.
Route vers Outjo, où nous arrivons à la sortie des écoles. Une marée d'écoliers de tous âges se promène dans la ville, chacun dans l'uniforme de son institution. Gros ravitaillement au Spar et bottle shop locaux. On effectue aussi un raid dans une boucherie où on se charge biltong maison (épicé et nature) qui s'avèrera être un immense cru : un peu gras, pas trop sec, fondant sous la dent, un vrai régal. Je fais également l'acquisition d'un steak de koudou, qu'une cuisson ultérieure se voulant à point transformera avec application en semelle Méphisto. Néanmoins, la pointe d'exotisme sera présente au diner !
Direction ensuite Etosha et son entrée sud. Nous nous installons au camp d'Okaukuejo vers 17h. Le camp pour le coup est beaucoup moins “sexy” que ceux que nous avons croisés jusqu'à maintenant, et on comprend que la réservation était importante étant donné le monde. Le point d'eau est à quelques pas à peine, ambiance salle de cinéma, bancs surplombant la boutasse avec quelques barbelés pour isoler les deux pattes des quatre pattes et des plumes. Pour le moment, quelques zèbres et girafes sont là. Au fur et à mesure que l'horizon remonte vers le soleil rougissant, de nombreuses girafes s'approchent de l'eau, mêlant leurs cous et donnant des reflets très photogéniques à la lumière du couchant. Des armées de “dindons” sont à la parade : oiseaux format poulet, noirs à tâches blanches, qui ont apparemment oublié leur aptitude à voler. Ils cavalent sans cesse autour du point d'eau, en espérant désespérément attirer l'attention. La mienne en tout cas leur est acquise, et j'ai monté un fan club dindons, pour faire reconnaitre le mal qu'ils se donnent pour nous.
Aller retour à la voiture pour ramener des munitions buvables à bulles pour accompagner le biltong, et apparition du premier rhino. Je crois que ce sont des rhinocéros noirs, apparemment assez rares. Peu après, un springbok baguenaudant dans le coin détalle sans crier gare, pour laisser place à Mme. et M. Lions. Ce sont nos premiers. Des flashes de photographes éclatent autour du bassin, je ne suis pas convaincu que ce soit une très bonne idée... Un deuxième rhino se présente, ainsi que des éléphants qui viennent s'abreuver. A la jumelle et dans le peu de lumière donnée par l'éclairage du plan d'eau, on s'aperçoit que la lionne est accompagnée de deux petits lionceaux.
Après le repas, on retourne au trou d'eau, où deux nouveaux rhinos sont là. D'autres éléphants montrent le bout de leurs trompes... Des chacals se promènent dans les environs du camp, probablement attirés par les reliquats de koudous trop cuit et autres déchets comestibles. C'est vraiment une soirée magnifique, même si le cadre est un peu plus “zoo”, le ballet de tous ces animaux qui se succèdent, se chassent est vraiment un spectacle inoubliable.
J16 : Halali campsite (Etosha)
La nuit a été un peu difficile, ponctuée d'un côté par les hurlements probables de chacals et supposés de lions, et de l'autre par les ronronnements du frigo, qui pour la première fois depuis notre départ fonctionne de nuit (conséquemment au premier campsite que nous rencontrons disposant de prises de courant). Le départ est très matinal pour essayer d'apercevoir les bébêtes avant qu'elles ne s'endorment à l'ombre dans le chaud de la journée. Nous croisons nos premières hyènes. La tournée des trous d'eau suit un parcours assez « standard ». Le taux de répétabilité des rencontres est probablement très bas, mais voici nos principales observations : Olifantsbad : deux magnifiques lions à la parade Charistaub : une bande d'éléphants tassés sous un arbres, avec plein de petits dans les pattes de leurs mamans Salvadora : des centaines de zèbres, avec des petits, certains prennent une pose toute douce en plaçant leurs truffes dans leurs cous respectifs. Nous ne savons pas trop quelle est la signification de ce comportement, mais il semble empreint d'une grande tendresse zébresque Rietfontein : une bande d'une vingtaine d'éléphants pataugent avec délectation dans la bouillasse, des petits font des noeuds avec leur trompe Homob : deux lions au repos sous un arbre. De manière générale, le paysage est ponctué de troupeaux immenses de zèbres, springboks, gnus et autres herbivores, éléphants compris. Nous prenons notre repas de midi au buffet du camp Halali, avant de prendre le soleil près de la piscine et de se laisser aller à une bonne sieste. Nous retournons à Rietfontein voir si nos éléphant sont toujours là, mais ils ont disparu et cédé la place à une lionne qui passe sa fin d'après-midi là.
Le trou d'eau du campement restera désert, mis à part quelques dindons et une hyène qui viendra se perdre là. La nuit est relativement chaude dans mon souvenir, probablement parce que j'y ai mal dormi.
J17: Namutoni campsite (Etosha)
Lever difficile après une nuit agitée. Départ pour Goas. Sur la route, pas encore très loin du camp, on se fait insulter par un gars dans son pick-up qui nous reproche d'avoir pris une route en travaux et qui est fermée, alors que nous n'avons pas vu le moindre panneau. Il s'avérera en fait qu'il était par terre, selon le responsable du chantier c'est « your people » qui l'ont enlevé, en gros, ces salauds de touristes dont le loisir principal est d'enlever les panneaux. Le gars est presque à devenir violent quand nous expliquons que nous n'avons voulu embêter personne, nous opérons donc un repli défensif stratégique et prendrons une autre route pour commencer la journée. Je comprends qu'il ne soit pas content que des gens viennent retarder son chantier, cela arrive peut-être tous les jours pour lui, nous ne sommes pas à sa place. Néanmoins, c'est la première fois que nous avons l'impression de gêner, et ce genre d'événements ont le don de me ruiner une journée, ma cervelle ressassant sans cesse les mauvais moments avant d'accepter tous les bons. Nous croisons un beau lion solitaire dans la savane, mais peu de bestiaux (non plus que de gens d'ailleurs) durant la matinée.
Nous aurons le bonheur cependant au détour d'un virage de croiser une scène mémorable. Trois lions épluchent une carcasse de girafe déjà bien entamée. Un troupeau de hyènes est positionné en retrait, avec une tactique (ou un comportement que nous interprétons comme tel) d'étouffement des lions, qui finissent par abandonner la carcasse. Les hyènes prennent position et semblent se délecter des restes puants de viande faisandée, pataugent là dedans puis se roulent dans la poussière. Elles déambulent autour des quelques véhicules observant la scène, c'est très impressionnant. Ces bêtes ont vraiment la gueule de l'emploi (enfin, du leur). On n'imaginerait pas un charognard autrement. Chose curieuse, sous un certain profil, elles ont presque l'air sympathiques et câlines... J'ai pris un film de la scène, principalement pour garder en mémoire les bruits de craquements d'os, de grognements... Des petits chacals se joignent à la fête et boulottent notamment ce qui était il y a peu une tête de girafe.
Nous finissons la matinée à Chudob, où nous assistons à un spectacle d'herbivores en tout genre et en grand nombre, l'ensemble formant une joyeuse carte postale. On y trouve notamment nos premiers phacochères, ainsi qu'une énorme bête que nous baptisons « Eland », en prenant le bestiau le plus proche en dessin dans notre guide.
Après-midi au camp de Namutoni, la piscine est d'un beau vert, qui malgré tout ne donne guère d'espoir d'aller nous y baigner... Nous nous posons cependant sur les transats au soleil et gouleyons quelques frites de la baraque voisine.
Nous repartons à nos trous d'eau l'après midi, mais cela ne sera guère fructueux.
Les bâtiments de Namutoni sont assez particuliers, il semble que ce soit une ancienne prison, le tout réaménagé en magasins et cafés, assez sympathiques au demeurant. Bien fatigués que nous sommes, nous passons la soirée au coin du feu et très vite au fond des duvets.
J18 : Mahangu Safari Lodge campsite (près de Mahango)
Très grosse étape aujourd'hui, la plus longue du séjour en fait (640 km), direction, le nord. Au sortir du camp le matin, on dérape presque sur un gros chat à tâches qui traverse la route devant nous. Nous cherchons à le revoir dans les fourrés, mais il a du se cacher très vite... guépard ou léopard donc, on en a vu un !
Une fois partis, la route se déroule, à peu de chose près rectiligne dans la garrigue locale. Plus on avance vers le nord, plus les petits villages se succèdent. On ravitaille à Rundu, ville atmosphère bout du monde plutôt grande, à l'ambiance joyeusement bordélique. Essence, supermarché, tout est dispo ici.
Nous avons un emplacement extra au Mahangu Safari lodge, au bord du fleuve Okavango. C'est d'ailleurs curieux de retrouver un cours d'eau aussi important, après tout ce temps passé dans des paysages très arides. La chaleur est très humide, et nous apprécions la petite piscine, même si elle est plutôt fraiche. Le camp est plein de panneaux « attention hippopotames », et propose des ballades en bateau sur le fleuve pour les découvrir (nous n'y avons pas participé).
Nous nous endormons le soir au bruit des batifolements des hippos dans la rivière. C'est très impressionnant, d'autant qu'on se doute qu'ils ne sont pas très loins, mais qu'on ne les voit pas du tout. Nous avons aujourd'hui pris notre premier comprimé de Malarone, cf. les commentaires du début sur le palu. Nous avons en fait vu nos premiers moustiques à Etosha (en nombre très limité pour autant).
J19 : Namushasha Lodge campsite (Bande de Caprivi)
Le matin visite au parc de Mahangu. On descend la branche qui suit plus ou moins la rivière. Nous n'y trouverons pas profusion de bestioles, mais découvrirons nos premiers hippopotames (enfin, juste leur tête sur l'eau), ainsi qu'un beau crocodile dans le courant d'un bras de fleuve. Arrivés au bas de la boucle, nous essayons de remonter par la piste de l'intérieur des terres, mais je m'enlise au bout de quelques mètres dans le sable, et nous préférons rebrousser chemin et tracer notre route vers la destination du soir directement.
Nous déroulons donc la route de la bande de Caprivi, direction Namushasha, en franche ligne droite. Pique-nique sur une « aire », à quelques kilomètres de la frontière avec l'Angola. Un peu avant Kongola, droite toute.
Le lodge se situe au dessus de la rivière Kwando (je crois), dans un paysage de marécages et d'eau. Fini les étendues arides et désertiques. La terrasse du lodge domine superbement le paysage, et les logement en dur du lodge ont l'air pas mal du tout. Ils sont cependant tous pleins, et nous ne pourrons pas nous « upgrader ». Verre de rouge sur cette même terrasse avec vue sur les éléphants au coucher du soleil, rien à redire.
Le camp est bien pourvu, douches chauffées au bois (peut-être pas si développement durable que ça, il faut fournir le bois...). Comme à Purros, nous nous faisons notre pain nous même, farine et levure de boulanger, mais en remplaçant la cuisson aluminium sur braises par une méthode galette sur grilles de barbecue, et ça donne un résultat plutôt sympa. Assurément, en cas de coup dur, y'a de quoi se caler comme il faut !
J20: Namushasha Lodge campsite (Bande de Caprivi)
Aujourd'hui, on se fait la « totale » au lodge. Croisière (toutes proportions gardées...) en bateau le matin dans des labyrinthes de papyrus et nénuphars en tout genre. Le guide nous amène tout près d'hippos dans leur piscine, nous verrons aussi un gros lézard vert à ventre jaune, immédiatement baptisé comme tel dans notre carnet de route.
L'après-midi, « nature-drive » dans un énorme camion judicieusement appelé « monster », dont je ne parviendrai à tenir le volant que pendant une pause photo... Nous y verrons des groupes d'éléphants relativement proches, ainsi que notre premier buffle et un hippopotame hors de l'eau. La ballade est sympa, mais probablement pas indispensable.
Nous prenons notre repas du soir au lodge, c'est un buffet et la nourriture ne nous laissera pas un souvenir impérissable, mais le cadre est vraiment très chouette. Demain, route vers le Botswana ! Mon palpitant commence à battre un peu plus fort au moment ou j'écris, quand je repense à ce lendemain en question...
J20 : Kubu Lodge campsite (Kasane)
Mouvement donc vers la frontière par la route principale de la bande de Caprivi. Passage de la frontière à Ngoma, les douaniers des deux bords sont très accueillant, bref, on leur proposerait bien un job à Roissy pour remplacer les nôtres... La voiture est cependant fouillée à la recherche de viande, les roues et chaussures passées dans un bain de désinfectant, dont j'ignore si les bactéries s'enfuient vraiment tant ce bain a l'air là depuis longtemps...
Route vers Kasane, dès l'arrivée on commence à se faire une idée de l'endroit : les voitures s'arrêtent au milieu de la route pour laisser traverser... les éléphants ! Nous sommes posés au campsite du Kubu Lodge, c'est un peu rustique (du niveau d'un camping français en fait...), mais d'après les conseils de Tourmaline, c'est ce qu'il y a de moins pire à Kasane. Nous nous réservons une nuit au « The Garden on the Chobe River lodge » pour deux jours plus tard, étant donné que deux nuits sont libres dans notre planning (que nous avons laissées comme telles pour tenter d'avoir une place à Ihaha, malgré le prétendu et fameux « fully-booked » annoncé, j'y reviendrai). Kasane est une ville assez originale, globalement rectiligne le long du fleuve, et succession de lodge tous plus beaux les uns que les autres, dans une ambiance clairement beaucoup plus « téléobjectifs gilets plein de poches » que « compact camping barbecue ». Nous nous situons entre les deux, je n'ai plein de poches que dans mon short en convenant que c'est bien utile, mais j'ai gardé l'appareil compact plus pratique à promener.
Ensuite, départ pour la croisière du soir sur le Chobe. Nous partons avec une voiture du lodge qui nous amène à un petit embarcadère où nous prenons place sur une petite barcasse, peu nombreux et uniquement avec des français.
Je ne préfère pas essayer de décrire ce que nous avons ressenti durant ces quelques heures sur le fleuve. Hippopotames, éléphants et buffles par centaines, troupeau d'éléphants qui traverse le fleuve à quelques mètres du bateau pour aller se prélasser dans des marres de boue, lumière magnifique... Un moment qui restera, comme Sossusvlei, dans les plus beaux moments de rêve que nous avons vécus.
Deux conseils qui me paraissent importants : faire ce tour en bateau absolument, même si vous n'avez que quelques jours, mais en revanche, essayez de ne pas commencer par là, étant donné que la suite vous paraitra d'une certaine manière un peu plus fade...
Diner au restaurant du Kubu lodge, très bien tant au niveau agrément de l'endroit que ce qu'il y a dans l'assiette. De toute façon, nous sommes encore perdus dans notre petit nuage d'images de cette ballade, et on pourrait manger des choux de Bruxelles crus qu'on trouverait de toute façon délicieux...
J21 : Maramba River lodge (Livingstone)
Départ pour la Zambie, direction les Chutes Victoria. Nos transferts ont été organisés par Tourmaline et sont assurés par Bushtracks. De peur d'oublier plus tard, je les recommande, tout était réglé comme du papier à musique et à fonctionné parfaitement. Nous avons au final je pense gagné beaucoup de temps, et probablement pas perdu tant d'argent que ça.
J'avais en effet choisi de ne pas faire passer notre voiture en Zambie, suite à de nombreux compte-rendus que j'avais lu sur le forum. Je n'ai pas eu à le regretter. Nous avons passé les frontières comme des fleurs (pas trouvé meilleure image !), avec une barque rien que pour nous, presque pas d'attente du côté Zambien (la personne de Bushtracks doit avoir ses entrées dans le bureau de l'immigration). Particulièrement du côté Zambie, la frontière est un immense chaos, camions par centaines (alors que seulement quelques bacs bringuebalant les prennent un par un !), voitures, foule, bureaux apparemment multiples. Il y a je pense de quoi y perdre beaucoup de temps et de sang froid, et certainement aussi d'argent quand on est un touriste un peu perdu qui cherche à se sortir de ce bourbier.
Même si vous n'êtes là que pour une nuit (en l'occurrence comme nous), je vous conseille de prendre le visa « multiple entries » de la Zambie (cf. plus loin)...
Notre chauffeur nous dépose au Maramba river lodge (entre Livingstone et les chutes, bon rapport qualité prix), puis direction les chutes en taxi (prix modique, car je ne m'en rappelle plus). Déception à l'arrivée du côté Zambie : il n'y a pour ainsi dire pas d'eau, et donc... pas de chutes ! J'avais bien lu que le mois de septembre n'est pas l'époque où les chutes sont les plus belles, mais là, c'est la douche froide (ce n'est pas le cas de le dire...). La configuration des lieux fait qu'il est indispensable de passer au Zimbabwe pour profiter vraiment du spectacle, ce que je n'avais pas prévu de faire, pour raisons vaguement idéologiques et peut-être financières. Mais bon, nous n'avons pas fait tout ce chemin pour nous arrêter là, et nous gagnons bien notre vie, donc, direction le Zimbabwe ! Enfin, d'abord, direction le distributeur du Zambezi Sun...
On repasse l'immigration Zambienne, puis taxi jusqu'au poste du Zinmbabwe en passant sur le pont qui enjambe le Zambèze. La distribution commence : coût du visa pour le Zimbabwe (je ne l'ai plus en tête, mais plusieurs dizaines de dollars par tête, à vérifier à votre départ), puis 20 ou 30 dollars d'entrée du parc national.
La ballade en revanche le long des chutes est là beaucoup plus spectaculaire, on va tout près, et il n'y a pour ainsi dire personne.
Retour au poste frontière du Zimbabwe pour sortir, puis re-taxi vers le poste Zambien, ou il faut repayer le visa single-entry plein pot (je ne rappelle plus, plusieurs dizaines de dollars également, mais il était très très rentable de prendre de base le multiple-entries).
Retour au lodge et diner sur la terrasse au dessus du bras de rivière envahi par les jacinthes d'eau.
J22 : The garden on the Chobe River Lodge (Kasane)
Avant de rentrer à Kasane, petit plaisir : visite matinale à Livingstone Island, au milieu du Zambèze, juste au dessus des chutes. Départ du Royal Livingstone en petit bateau, traversée de l'ile à pied, on se met en tenue de bain, et hop, à pied et à la nage dans le Zambèze, à quelques mètres des chutes ! C'est vraiment très excitant, le guide nous amène jusqu'à une sorte de piscine vraiment à l'aplomb des chutes, il y a même moyen de plonger d'un rocher de manière, sur la photo que le guide prend, à avoir l'air de se jeter dans le vide. C'est vraiment très très spectaculaire, et l'adrénaline est bien là... Ensuite, on nous offre un petit déjeuner gargantuesque sur la petite ile.
Cette excursion est vraiment à faire selon moi, le prix est assez raisonnable au regard de la qualité de ce qui est proposé et des émotions et souvenirs qui en restent. En tout cas, si vous choisissez de ne pas aller au Zimbabwe, c'est vraiment une manière originale de profiter des chutes du côté Zambien. Signe peut-être du destin, j'ai perdu la carte mémoire qui contenait « la » fameuse photo où je semble sauter dans le vide...
Retour au Maramba lodge pour reprendre les sacs à dos, puis direction Kasane via la Zambie.
Mis à part le taxi Maramba ↔ Chutes, tous les transferts avaient été organisés par Bustracks, millimétrés, nous avons vraiment profité de ces deux journées à fond sans soucis techniques d'organisation locale. Ce n'est certes pas très aventurier, mais, vraiment, je suis convaincu que ça économise énormément de soucis, qui, si vous n'êtes là que peu de temps peuvent vite prendre le pas sur le plaisir et gâcher des moments potentiellement inoubliables.
A Kasane, nous sommes donc au The Garden on the Chobe River lodge. C'est la première fois que nous sommes dans un lodge vraiment « luxe » (d'avantage que Bagatelle), et il faut avouer que se prélasser dans une chambre pleines de fleurs, avec sa petite terrasse, une super salle de bain, c'est vraiment agréable... Nous nous laissons aller tout l'après-midi à bouquiner et faire la sieste, avant de prendre un repas du soir somptueux. Tout le monde dine à la même table, le vin est « à volonté ». Malgré quelques coupures de courant intempestives, la soirée est dans la lignée de ces derniers jours : magique...
J23 : Ihaha campsite (Chobe National Park)
Petit-déj' de luxe dans notre lodge de luxe (qui nous coutera en fait 100 dollars de moins que prévu, super affaire !), puis direction le Chobe Riverfront. A l'entrée du Parc, nous n'avons aucune difficulté à obtenir un permis pour la nuit au campsite d'Ihaha.
Petite parenthèse du coup sur les parcs du Botswana. Lors de la préparation du voyage, j'avais compris qu'il était assez dur d'avoir des places réservées, les camps étant supposément tous pleins plus d'un an à l'avance. J'avais néanmoins également en tête les rapports de nombreuses personnes qui étaient parvenues sans soucis à trouver des places au jour le jour. Désireux cependant d'assurer le coup au maximum, j'avais demandé à Tourmaline d'organiser des réservations, sans véritablement me rendre compte qu'ils utilisent pour ça les services d'un agent au Botswana qui vous est refacturé 240 dollars ! La nuit que nous avons passée à Ihaha était prétendument fully-booked, de même qu'une nuit ensuite à Moremi que nous n'avons pas eu de mal à trouver sur place... Nous avons au final payé ces 240 dollars pour avoir un permis d'entrée au parc acheté à l'avance, étant donné que l'agent facture quel que soit le résultat... La conclusion de ça pour moi est donc en effet de confirmer que s'il n'est pas vain de tenter de réserver directement auprès du service des parcs, acheter les services d'un courtier est inutile, et même proche de l'arnaque. J'avais raccroché mon chapeau d'aventurier sur ce coup-là en voulant trop contrôler les événements, et je m'en suis mordu les doigts.
Le river front regorge en particulier d'éléphants, très nombreux. Nous croisons aussi des « antilopes à rond blanc sur les fesses » et des hippotragues à tête noire (à vos souhaits). Plusieurs fois, nous rebrousserons chemin pour éviter de passer trop prêt de groupes de pachydermes dont le chef apparent nous reluquait d'un œil mauvais. Une zone de pique-nique est disponible le long du parcours, tout aussi dangereuse a priori qu'ailleurs, où il est part contre interdit de descendre...
Cela dit, le campsite est du même acabit : notre emplacement est un peu à l'écart, une sorte de déversoir pour visiteurs en excès. Il n'est pas aménagé, et le trajet entre le site et le bloc sanitaire est long et, plus ennuyeux, ponctué de buffles allongés sous les arbres. Ambiance.
Nous établissons notre campement auprès d'un gros fourré, à la lisière de la grande plaine herbeuse où au loin s'écoule le fleuve. Au détour d'une chaise déchargée du coffre, je vois à quelques mètres à peine derrière un buisson une tête d'éléphant... Le temps de prévenir les voisins qui ne l'ont pas vue, nous opérons un repli stratégique dans la voiture, terrorisés à l'idée qu'elle puisse être sur leur route malgré les précautions que nous pensions avoir prises... La petite troupe passera finalement calmement entre les deux emplacements pour aller profiter de la fin de journée sur la plaine... Point positif : on peut maintenant se vanter d'avoir eu un jour dans notre vie la visite d'éléphants sur notre site de camping... et ce n'est pas fini... !
Diner à la bougie au coin du feu, une soirée de plus qui restera dans les annales de nos souvenirs !
Durant la nuit qui s'ensuit, ma compagne est réveillée par des bruits plus ou moins douteux. Au réveil le lendemain matin, nos voisins qui ont veillé nous informerons du passage d'un groupe de lions sur notre emplacement, correspondant parfaitement à la période où ma compagne s'est réveillée.
J24: Planet Baobab campsite
Nous continuons la boucle du river front jusqu'à Ngoma gate, avant de reprendre au sud direction Maun, par Nata et Gweta. Après de très longues hésitations, je n'ai pas choisi de prendre par Savuti, suite à divers avis publiés sur le forum et aussi aux conseils de Tourmaline. Je me suis dit que pour une première fois, nous ne tenterions pas le diable d'une traversée potentiellement compliquée.
La route Kasane Nata est en fait une galère, certes d'un autre genre probablement que le sable de Savuti. Plus on va vers le sud, plus des nids de poules (enfin, de poules aux hormones, format dindon...) se multiplient très dangereusement, imposant un slalom permanent, et ne permettant pas de rouler à une vitesse digne d'une route goudronnée. C'est assez dangereux, bien plus en tout cas que ce à quoi je me serais attendu si l'on m'avait dit de faire attention à des nids de poules. A noter que nous avons également croisé de nombreuses zones de travaux, probablement une réponse à la situation véritablement désastreuse de cette route.
Nous voyons aussi nos premières gouttes de pluie. Le campsite de Planet Baobab est plutôt agréable, sans être beaucoup plus original qu'une étape sur la longue route, ce qu'il est en fait... Durant la nuit que nous passerons ici, nous aurons de la pluie, et nous verrons aussi un orage passer au loin... Nous ne nous attendions pas à ça pour la saison !
J25 : Audi Camp campsite (Maun)
En route pour Maun, nous visitons le Nxai Pan, sous des averses régulières. Sous de gros nuages noirs, le paysage est presque un peu lugubre, d'autant plus qu'il y a très peu d'animaux, qui ne sont pas là en cette saison. Nxai est en fait d'avantage une zone où l'eau doit s'accumuler à la saison humide qu'un lac salé. La piste qui y conduit était fraichement tracée, praticable mais très sableuse. L'événement notable de cette matinée, c'est une famille d'autruches composée d'un adulte et d'une myriade de petits gentiment en chemin sur la route, que nous rattrapons donc... Mais ils ne souhaitent pas sortir, pas du tout... tant est si bien que sans pourtant avoir trop insisté, nous nous retrouvons chargés par maman autruche, toutes ailes dehors !
Nous faisons un détour par les Baobabs de Baines, un groupes de très beaux arbres qui poussent au bord d'un lac salé. Le site est vraiment très chouette, un peu à l'écart, propice à un pique nique sympa. Il y a pas loin un site de camp, dont je ne sais pas s'il on peut facilement y dormir ou pas.
Nous finissons la route vers Maun, ponctuée de troupeaux d'animaux domestiques qui imposent de fréquents ralentissements (enfin, pas à tout le monde, mais nous tenons à nos vies et à notre franchise...). A Maun, nous récupérons le permis d'accès à Moremi chez le courtier dont j'ai parlé un peu au dessus. Plus de commentaires à ce stade... Le Audi Camp est pour le coup le site le moins bien que nous ayons vu, tout le monde est relativement empilé. Une arrivée de bonne heure semble permettre d'être installé sur la parcelle de gazon qui est à l'entrée, et ainsi éviter d'être compacté tout au fond du camp. L'espace restau et piscine est plutôt agréable. Le camp est à la sortie nord de Maun et donc sur la route de Moremi. Cependant, je ne vois pas ça comme un élément suffisamment décisif pour ne pas essayer d'en trouver un autre à Maun, le jour où nous serons de retour !
J26 : Third bridge campsite (Moremi)
Aujourd'hui, départ de bonne heure pour le parc de Moremi, muni de notre « sésame » (rire jaune...) chèrement payé pour l'entrée plus une nuit à South Gate (cf. plus haut). Arrivée à la porte, on nous confirme qu'il y a naturellement de la place pour ce soir à Third Bridge, et qu'il n'y a qu'à s'arranger avec le ranger sur place. Il pleut ce matin, et les forêts des alentours de la piste qui nous conduit vers le Moremi nous rappellent un peu un automne chez nous, il fait gris, il pleut, les couleurs sont un peu passées, bref, moins dépaysant qu'imaginé. Nous ne voyons quasiment aucun animal. Les pistes sont en bon état, mais on imagine bien ce que ça peut devenir en saison des pluies, la terre a l'air très fine, et la moindre petite marre est très bouillasseuse. Un des deux premiers ponts (je ne me rappelle plus lequel) n'est plus vraiment praticable, et il faut traverser dans un gué à côté.
Arrivés à Third Bridge, pas de ranger en vue, nous suivons donc les conseils d'un sudaf' local qui nous conseille de nous trouver un arbre, de nous poser dessous et d'attendre de voir ce qui se passe.
Nous repartons faire le tour de Mboma Island, le paysage est très sauvage, et à la pointe de l'ile, la petite station de bateau fait très « bout du monde ». Du côté est, nous croisons quelques éléphants. La route étant très étroite et entourée d'arbres, ces mêmes éléphants se découvrent pour certains au dernier moment, et du coup très très prêt de la voiture, et les possibilités de faire demi-tour sont... compliquées. Nous n'aurons pas ce besoin, mais néanmoins, l'adrénaline est montée quelque fois ! A ceux qui craindraient de rayer leurs véhicules, ne pas passer par là, ces mêmes arbres très serrés autour de la voiture sont potentiellement les meilleurs amis de votre carrossier. Notre loueur ne dira rien, mais sûrement parce que nous aurons de quoi porter ses yeux ailleurs... (cf. plus loin).
De retour au camp, nous finirons l'après-midi à bouquiner, en observant les babouins se déchainer sur les installations d'un site voisin dont les propriétaires sont partis en ballade : la bâche de protection montée sur piquets est devenue un trampoline pour babouins, qui s'en donnent à cœur joie, c'est très impressionnant. Le seul moyen de les éloigner serait d'aller à leur emplacement et d'y rester, mais ce serait délaisser le nôtre qui serait ravagé à son tour. En un moment d'inattention, l'un de ces babouins est monté dans notre voiture dont nous avions oublié de fermer la porte, et il a fallu le chasser séance tenante, juste le temps pour lui de chaparder un bout de papier qui trainait dans un vide-poche.
La soirée sera bien plus calme qu'à Ihaha, pas d'éléphants dans le camping ni de lions...
J27 : Audi Camp campsite (Maun)
Lever de bonne heure pour profiter de la matinée dans les pistes de Moremi. On nous a la veille indiqué un coin où une belle bande de lions était susceptible de camper. Après quelques recherches parmi les (très très) nombreuses pistes « annexes », nous les repérons finalement. Une belle bande de 10 lionnes qui font la grasse matinée, en prenant la pose devant les quelques voitures hérissées de téléobjectifs et autres jumelles. Très impressionnant d'être tout prêt d'une telle bande de carnassiers... Nous continuerons la matinée à découvrir les multitudes de petites pistes (toutes méthodiquement répertoriées dans la cartographie GPS de Tracks4africa, peut-être l'endroit où ce même GPS a été le plus utile d'ailleurs, même si ce n'est pas très aventurier...). Quelques petites bêtes par ci par là, de belles marres à hippos, quelques herbivores terrestres. Pour les férus conducteurs tout terrain, il y a là vraiment moyen de tester les capacités de son véhicule (notamment des traversées de bras de rivières), mais en tout cas, nous ne tenterons pas l'aventure, vu que je ne suis pas sûr de maitriser tous les éléments. Rester planté au fond d'une marre de boue ne me tente guère (et le prix du dépannage encore moins!). Par contre, un arbre pas très vigilant a décidé de traverser le chemin durant notre seule marche arrière de la journée (la seule où j'avais un peu pris confiance, depuis presque un mois...)... On devrait toujours faire attention aux arbres qui traversent... Bref, une aile arrière pliée, un pare-choc bousillé et un phare cassé, ça va faire mal à la carte bleue... Les petites rayures d'hier feront du coup office de cerise sur le gâteau...
Le coup psychologique est rude, du coup on se rentre un peu choqués (surtout moi, même si y'a pas mort d'homme, ça fait mal de perdre 1000 euros en se disant que si machin bidule on aurait pas fait trucmuche et que du coup voilà). Pour se remonter le moral, tequila sunrise et poulet frite sur la terrasse du Audi Camp feront l'affaire ! Nous sommes cette fois-ci installés sur la pelouse à l'entrée du camp, qui est bien plus agréable que la partie du site où nous avons passé la première nuit (arriver tôt, y'a pas de miracle!).
Au final cette visite de Moremi nous laissera une impression mitigée, le temps déjà n'était pas franchement au rendez-vous, les animaux bien que nombreux ne se sont pas montrés dans la même profusion qu'à Chobe, et puis nous avons fini sur une mauvaise note avec cette aile ravagée. Inconsciemment aussi, la fin du voyage pointe le bout de son nez et il reste moins à faire que ce que nous avons déjà vu...
Point positif, la facilité (administrative et terrestre) de visite de ces parcs du Botswana est « surprenante » au regard de ce que je pensais avant d'arriver. A noter, au cas où je ne l'aurais pas déjà dit avant, nous avons entendu dans notre lodge de Kasane un guide dire qu'il était à l'ordre du jour de fermer l'accès au public au parc de Chobe, et de le réserver aux seules visites guidées et organisées. Je ne sais pas ce qu'il en est à ce jour...
J28 : Audi Camp campsite (Maun)
Au programme de ce dernier jour entier au Botswana nous partons en mokoro dans le delta, une ballade organisée par le Audi Camp. Le transfert jusqu'au départ se fait dans une espèce d'énorme camion qui traverse des routes inondées, enfin bref, un truc de « mec » quoi...
Nous embarquons dans notre frêle esquif, et la sensation est immédiate : on glisse au fil de l'eau, on entend le bruit des nénuphars et autres roseaux qui frottent contre la coque, on se faufile dans des petits canaux d'eau claire, c'est vraiment très agréable, et une façon vraiment originale de profiter des lieux.
Nous déchantons dès que la promenade dans le bush commence. Le guide ne parle absolument pas, malgré toutes mes tentatives de questions, il faut vraiment insister pour lui arracher un mot. Il reste la plupart du temps à marcher tout seul devant sans rien dire. C'est vraiment dommage : étant donné que l'environnement est relativement ingrat (prairie sèche, quelques arbres, marres) la valeur ajoutée d'une telle promenade vient avant tout du guide, sans quoi elle se transforme en randonnée sans intérêt sous un soleil de plomb... C'est curieux, il a son téléphone portable autour du coup et passe une partie de son temps à envoyer des SMS, il n'a pas une goute d'eau, comme on ne veut pas le laisser crever de soif nous lui proposons de la nôtre, qu'il finira par accepter. Durant la pause déjeuner, il reste à l'écart sous un arbre à envoyer des textos pendant que nous mangeons notre panier repas, nous en venons à nous demander si nous sommes sensés lui proposer « nos restes ». Bref, tout ça respire un peu l'amateurisme et l'attraction touristique bas de gamme où le guide se doit de ne pas être un coût trop cher au tour operator.
Durant le retour en mokoro, il nous abandonne pendant 10 minutes en plein cagnard sur la pirogue pour aller se baigner tout seul un peu plus loin, sans nous laisser penser le moins du monde que nous sommes bienvenus pour faire de même. Nous voyons un hippo au loin, et il ne se donne absolument pas la peine d'évoquer le sujet et encore moins de s'arrêter (je précise que la sécurité dans la configuration de l'endroit ne pouvait pas être la cause de ce non-arrêt). Nous lui laissons malgré tout un pourboire, mais le cœur n'y est pas. Nous n'en voulons même pas au guide en lui même (il avait peut-être un problème familial, on ne sait jamais), mais tout laisse à penser que c'est l'organisateur de ce tour en particulier qui fait que les guides ne doivent pas être très motivés (pas d'eau, pas de repas, et peut-être pas de salaire autre que le pourboire ?). Du coup, une mauvaise affaire pour tout le monde (ce n'est malgré tout pas donné). Conclusion, je recommanderais autant que possible de choisir avec attention la promenade en mokoro si vous la faites (peut-être attendre d'être sur place et consulter des gens en direct, ce que nous n'avons pas fait). C'est très clairement un moyen génial de profiter de la nature des environs, mais ça peut vite se transformer en une mixture un peu malsaine si on tombe mal.
La soirée est grasse et salée à souhait au restau du Audi Camp. Durant la nuit, un gros orage nous réveille qui durera jusqu'au matin. Saison sèche, où es-tu ?
J29 : Zelda Guest Farm campsite
Ce matin, j'avais prévu une autre surprise pour mon amoureuse, uns survol du delta en petit avion. J'étais plutôt angoissé par la tempête, mais elle s'est calmée suffisamment pour permettre au petit coucou (un Cessna 172) de décoller. J'avais planifié le jour de longue date (enfin croyait), mais l'agence nous avait en fait attendu la veille ! Malgré tout, il a été très facile semble-t-il de réveiller le pilote qui est arrivé dare dare. Tout ça pour dire que vous pouvez semble-t-il vous décider au dernier moment avec de bonnes chances de réussite.
Le vol est vraiment un souvenir mémorable, en particulier la vision depuis le ciel d'un grand troupeau d'éléphant est vraiment magique. Le vent est très fort et l'avion avance en crabe en remuant beaucoup, ça a l'air de ressembler à la conduite d'une deux chevaux en haute montagne. On survole un des lodges grand luxe du delta, c'est vrai qu'on ne doit pas être trop mal installé là dedans... Atterrissage... et d'une certaine manière c'est le début de la fin, nous prenons la route pour la Namibie où notre séjour s'achève dans deux jours...
Sur la route, nous croiserons de nombreux barrages. A l'un d'eux, le policier me fait reculer de 200 mètres sous prétexte que je ne me suis pas arrêté à un stop qu'il avait placé très en amont de sa position, peut-être pour une raison valable, mais en tout cas semble-t-il d'avantage justifié par l'envie de « piéger » tous les gens se présentant à lui (la voiture qui est passée après nous s'est aussi faite avoir) que par un souci de fluidifier la circulation. On m'aura demandé deux fois en une journée mon permis de conduire (une première fois à Maun le matin même) au Botswana, alors que je ne me suis jamais fait contrôler en France... Comme quoi... A un autre de ces barrages, on découvre dans notre coffre un fond de biltong et de droewors, que nous mangeons du coup sur le champ... Nous devons au passage signer un registre établissant qu'on nous a « confiscated » des produits interdits.
Le passage de la frontière se fait sans encombre, puis nous traçons notre route sur la Trans-Kalahari Highway jusqu'au Zelda Guest Farm. Une nouvelle fois, site de camp parfait, bien équipé, bref, la « routine » ! Le site est vide, à part deux françaises qui démarrent leur circuit, à qui du coup nous donnons quelques tuyaux et des restes de nourriture que nous n'arriverons pas à écluser.
Le propriétaire des lieux participe à un programme de sauvegarde des félins (capturés par d'autres fermiers qui les amènent là plutôt que de les tuer, si j'ai bien compris l'esprit de la manœuvre), et nous avons donc droit à une séance de nourrissage de 4 guépards et d'un léopard. C'est très spectaculaire, surtout les guépards qui se déchainent littéralement sur les morceaux de viande d'âne que le fermier leur donne, en faisant des bruits atroces dignes des hyènes d'Etosha, se précipitent sur les grillages, bref, nous sommes bien content de ne pas être à leur portée. Le léopard pour sa part est beaucoup plus « digne », et semble ne pas souhaiter se joindre à cette curée.
La soirée se fait dans une ambiance menaçante et électrique d'orage, le ciel est marbré d'éclairs. L'atmosphère est épaisse et ventée, nous nous réfugions tant bien que mal dans un abris du camp pour manger notre dernier repas sauvage de ces vacances... Finalement, les circonstances naturelles épicent l'angoisse du départ... L'orage durera encore une bonne partie de la nuit, en plein Kalahari...
J30 : Londiningi B&B (Windhoek)
Fin de la route jusqu'à Windhoek et repas cancérigène et obésifiant dans un KFC glauque (quelques fois, des pulsions incompréhensibles font commettre des erreurs !). Devant l'étendue des dégâts nous nous sommes arrangés avec le loueur pour rendre la voiture un jour plus tôt pour qu'il puisse faire les réparations au plus vite, moyennant qu'ils nous dépose à l'aéroport le lendemain. Bien que l'addition fasse mal (+/- 1000 euros de carrosserie), ils sont professionnels, pas de pinaillage sur l'état des lieux, et nous n'avons pas l'impression de nous être fait arnaquer vu ce qu'il y a à faire. De toute façon même en réduisant la franchise, nous ne nous y serions pas retrouvés vu le coût d'assurance supplémentaire, et qui n'aurait peut-être même pas marché au final vu le caractère « non-standard » de l'endroit où l'arbre a traversé la route derrière nous (à vérifier dans les petites lignes du contrat, je n'ai pas pris la peine de le faire de toute façon).
Le soir diner chez Londiningi, de nouveau sous l'orage...
J31 : vol vers Francfort puis Paris
On profite autant que possible du petit déj' fabuleux de Londiningi, mais le cœur n'y est plus... Nous allons faire quelques emplettes de souvenirs au centre ville de Windhoek. J'adopte pour ma part une famille sculptée de mes fameux dindons, tant qu'à faire kitsch, autant y aller franchement. A peine achetés, je me rappelle que je m'était promis de ne pas acheter de produits en bois travaillé pour ne pas inciter au coupage sauvage des arbres... Raté pour cette fois.
Nous faisons notamment escale au Namibia Craft Centre (je crois), un groupement de nombreuses boutiques d'objets normalement fabriqués dans des communautés et dont les revenus doivent leur bénéficier. L'endroit est plutôt agréable, et si mes souvenirs sont bons, un charmant petit café propose de très bons plats dans un cadre agréable...
Nous en sommes réduits à admirer la beauté de la lumière de la fin du jour sur les parkings de l'aéroport. Contrastes de couleurs saisissants... Le cœur est ailleurs, mais hélas pas l'avion, qui lui est bien là, fidèle au poste, pour nous ramener dans le monde réel. L'atterrissage a déjà commencé...
Je vais essayer de garder un peu de logique dans mon carnet de voyage, mais il est possible que ça ait quelques fois tendance à partir dans toutes les directions… Je pense que je glisserai les infos au moment où elles me reviendront en mémoire (dans la description des différentes étapes). Néanmoins, voici les quelques éléments de base. Nous sommes parti en indépendant avec une voiture de location (4x4 avec tente de toit). Cela fait maintenant plus d'un et demi que nous sommes rentrés, mais je me devais de tenir ma promesse et de publier ce carnet sur le forum, ne serait-ce que pour partager à nouveau mon expérience, après tout ce que j'ai trouvé d'utile dans les textes publiés ici. N'hésitez pas à m'envoyer questions et commentaires, ce sera avec plaisir que j'essaierai de répondre !
1) notre itinéraire :
Nous sommes partis à cheval sur septembre et octobre 2009.
J1 : Paris-> Francfort, décollage pour Windhoek J2 : Arrivée à Windhoek, nuit chez Londiningi B&B J3 : Bagatelle Kalahari Game Lodge (proche Mariental) J4 : Bagatelle Kalahari Game Lodge (proche Mariental) J5 : Bagatelle Kalahari Game Lodge (proche Mariental) J6 : Namib Naukluft campsite J7 : Sesriem campsite J8 : Sesriem campsite J9 : Swakopmund, Pension Rapmund J10 : Spitzkoppe campsite J11 : Mowani campsite (région de Twyfelfontein) J11 : Ongongo community campsite (Sesfontein) J12 : Purros community campsite J13 : Purros community campsite J14 : Palmwag lodge J15 : Okaukuejo campsite (Etosha) J16 : Halali campsite (Etosha) J17: Namutoni campsite (Etosha) J18 : Mahangu Safari Lodge campsite (près de Mahango) J19 : Namushasha Lodge campsite (Bande de Caprivi) J20 : Kubu Lodge campsite (Kasane) J21 : Maramba River lodge (Livingstone) J22 : The garden on the Chobe River Lodge (Kasane) J23 : Ihaha campsite (Chobe National Park) J24: Planet Baobab campsite J25 : Audi Camp campsite (Maun) J26 : Third bridge campsite (Moremi) J27 : Audi Camp campsite (Maun) J28 : Audi Camp campsite (Maun) J29 : Zelda Guest Farm campsite J30 : Londiningi B&B (Windhoek) J31 : vol vers Francfort puis Paris
2) l’avant préparation
J’ai commencé la préparation plus d’un an avant de partir. Mon objectif était d’emmener mon amoureuse en Namibie et au Botswana en lui faisant une surprise, et ça a été au final réussi, elle n’a appris que 3 heures avant le départ du vol Air Namibia depuis Francfort que nous allions en Namibie. Depuis un an et demi auparavant, le nom de code de la destination était « Maubeuge ».
J’ai utilisé les guides Bradt, pour ceux qui ne sont pas rebutés par l’anglais, je trouve qu’ils sont vraiment très bien faits (Namibie et Botswana). J’ai l’impression qu’ils sont piles comme un guide de voyage doit être fait : à chaque fois que je m’attendais à trouver une info elle était là de manière logique, sans avoir à aller chercher 200 pages plus loin, les conseils avisés, les descriptions des logements pointues et relativement à jour.
Concernant la réservation des hébergements et de certaines activités sur place, je suis passé par Tourmaline, qui a maintes et maintes fois été recommandé sur ce forum, et que je ne peux que recommander �� mon tour. Ils m’ont aidé à améliorer un peu mon parcours, ont effectué toutes les réservations. A notre arrivée à l’aéroport nous avons été accueillis par un guide de l’agence super gentil, qui nous a remis un carnet de route hyper détaillé et très soigné, bourré d’informations sur chaque étape. Nous avons aussi reçu un carnet détaillé sur la Namibie (géographie, histoire, populations…) les fameuses cartes Shell Veronica Rodt Namibie et Botswana, et enfin le guide touristique de cette même Veronica Rodt pour le Botswana. Il a passé presque une demi-journée avec nous pour tout nous présenter en détail. Le tout pour un prix assez modique (aux alentours de 80 euros au total). J’ai trouvé en tout cas que la qualité de service était irréprochable, et pour ceux qui souhaitent partir en ayant toutes les réservations effectuées, je dirais que c’est s’éviter la partie frustrante de la préparation où les gens ne répondent pas aux mails, etc. Ils se sont également chargés de la réservation de la voiture de location.
Nous avons choisi de partir avec le circuit complètement bouclé et réservé (à part deux jours au Botswana que nous avons organisés sur place). Le débat entre les gens qui préfèrent tout réserver avant ou bien tout faire au jour le jour a déjà donné lieu à des discussions sur le forum. Je souhaitais pour ma part arriver en étant sûr d’avoir des places dans tous les endroits que je souhaitais voir, sans avoir à nous demander chaque jour où nous allions dormir le soir. Ca procure un certain confort d’avoir tout payé auparavant, de donner un bon en arrivant et de se poser. Ca évite les tensions de voyage sur ce que chacun préfèrerait, et puis ce n’est pas parce qu’on a réservé quelque chose qu’on ne peut pas faire une autre option, au pire on perd le prix de la location et puis voilà. A noter qu’il y a certains endroits où on ne peut pas réserver (Spitzkoppe, Purros, Ongongo), et d’autres où à la saison touristique une réservation est utile pour être sûr d’avoir une place (Etosha, Sesriem). Concernant l’arnaque (oups, ça m’a échappé) des campsites des parcs nationaux au Botswana, j’y reviendrai plus loin
3) la voiture Nous avons opté pour un 4x4. Nous avions à l’origine demandé un simple cabine (moins cher), mais nous nous sommes retrouvés avec un double pour le même prix. Avec le recul, je pense que le double cabine est quand même mieux, ne serait-ce que pour pouvoir laisser les affaires personnelles sur les sièges arrières, à portée de main d’une part, et surtout à l’abri de la poussière qui s’infiltre assez facilement dans la benne, même couverte. Le Hilux n’est pas je pense un « vrai » 4x4 d’aventurier (je crois que le Defender ou un bon vieux LandCruiser rentre mieux dans cette catégorie), mais il est amplement suffisant pour un voyage « classique ».
Une nouvelle fois, le débat « 4x4 ou pas 4x4 » a déjà eu lieu sur le forum, mais voici mon opinion au regard de nos expériences de ce voyage. Il est clair que l’immense majorité des routes de Namibie et d’une partie du Botswana est accessible en véhicule standard. Cependant, je pense qu’au niveau sécurité (la première sécurité consistant de toute façon à ne pas rouler trop vite, etc !), on est plus assuré de ne pas sortir de la route ou casser une roue au premier nid de poule avec une voiture faite pour rouler sur du cailloutis qu’avec une voiture taillée pour le goudron. Pas mal de véhicules sont équipés de 2 roues de secours (à vérifier à la location), et puis il est pratique d’avoir sa maison sur le toit et de pouvoir promener tout un équipement de camping facilement. Après pour certaines zones (Purros, Moremi, Chobe), on peut y aller, alors que l’accès est impossible en voiture standard.
Nous n’avons pas pris de réduction de franchise. Sur une longue durée, la réduction de franchise coute très cher, et les exclusions sont de toute façon tellement nombreuses que je n’ai pas estimé que le risque justifiait l’investissement. La probabilité qu’un accident sérieux arrive en étant dans les conditions de l’assurance est à mon avis assez faible, ce qui fait que l’accident qui se produira sera à la charge du client, franchise ou pas. C’est ce que je pense… J’avais par contre pris une assurance pare brise et pneus. Nous n’avons pas eu à nous en servir (pas de crevaisons sur un mois, et pas de casse pare brise non plus), mais si vous êtes tentés par cette assurance, demandez avant aussi les conditions d’application : j’ai découvert en arrivant que l’assurance ne couvrait que deux pneus et 1 pare brise… Encore une fois, faire son calcul et analyser les risques.
Nous avions pris l'option frigo dans la voiture. Cela nous a bien servi, mais il n'y a rien de miraculeux non plus: le frigo (chez notre loueur en tout cas) tirait sur la batterie de la voiture (pas sur une batterie dédiée), donc pas question de le laisser allumé la nuit quand le moteur ne tourne pas. Il est possible de demander un câble (pas inclus dans le kit « de base » pour nous) pour le brancher au secteur dans les campsites, mais nous avons rarement eu accès à l'électricité sur les sites (qui sont par ailleurs parfaits pour tout le reste). En conséquence, le frigo nous a servi surtout pour stocker les aliments frais jusqu'au soir même, sans par exemple pouvoir faire de réserves de viandes pour plusieurs jours car n'étant jamais sûrs de la présence d'électricité aux campsites. Peut-être que certains loueurs permettent d'avoir plus d'autonomie avec leurs dispositifs, mais demandez, car tout ne va pas automatiquement de soi.
Enfin, nous avons emporté un téléphone satellite (même si notre itinéraire ne le justifiait pas vraiment) qui permet malgré tout de pouvoir se raccrocher au monde en cas de pépin. A noter que le nôtre a refusé de marcher durant les deux dernières semaines, ce qui nous a valu un remboursement partiel de la somme (grâce à Tourmaline qui est intervenu auprès du loueur de téléphone).
4) la saison
Le choix du mois de septembre s’est fait un peu par défaut du fait de raisons professionnelles et ça a été plutôt chouette. Nous n’avons pas été noyé dans trop de monde (mais bon, je pense que la Namibie est assez tranquille au niveau « foules » même au mois de juillet !).
Le climat était plutôt agréable, chaud la journée sans être étouffant, et les nuits fraiches, juste assez pour se blottir dans son duvet sans mourir de chaud. Nous n’avons presque pas eu de pluie. Je dis « presque », mais en fait nous nous attendions à la saison sèche, alors que nous avons eu pas mal de pluie dans les Nxai Pans et Moremi au Botswana, puis lors de notre dernière nuit dans le Kalahari. C’était parfois des orages énormes qui duraient toute la nuit. Je n’ai pas réussi à savoir si c’était commun pour la période (fin septembre, début octobre).
Enfin, nous avons croisé des moustiques, les premiers à Etosha (si si !) puis dans la bande de Caprivi. Rien de bien grave, il y a eu quelques soirs où il a fallu se couvrir de DEET. Le corollaire des moustiques dans ce coin là est le paludisme. D’après ce que j’ai pu trouver, le risque est quasiment nul à cette période, mais nous avons pris de la Malarone. Encore une fois, le débat a eu lieu, je pense que c’est encore une fois une question d’évaluation du risque…
5) Etape par étape
Je vais passer maintenant aux étapes, en essayant à chaque fois de donner nos impressions et autres renseignements qui pourraient être utiles, sait-on jamais. L’en-tête à côté du ‘Jn’ correspond à l’endroit où nous avons passé la nuit à la fin du jour en question.
J1 : Paris-> Francfort, décollage pour Windhoek J2 : Arrivée à Windhoek, nuit chez Londiningi B&B
Le vol Air Namibia nous dépose à l’heure à l’aéroport de Windhoek, le vol s’est bien passé, le service est plutôt pas mal (j’espère ne pas passer pour un snob des vols aériens), en tout état de cause, je dirais « bon rapport qualité/prix ». Nous sommes accueillis par le guide de Tourmaline qui nous amène chez Londiningi. L’auberge est très chouette, l’accueil très bon, enfin bref, rien à redire. Nous avons droit à un briefing extensif de la part du guide sur tout notre parcours, explications diverses et variées, le carnet de route est parfait, les bons de réservation sont là. Nous passons également récupérer la voiture chez African Tracks. L’équipement de camping est un peu vieillot (on se rend bien compte qu’il n’est pas de toute première jeunesse), mais là encore, le rapport qualité/prix a l’air assez bon. La première expérience de conduite est un peu stressante au début, il faut conduire à gauche, et surtout le plus dur je trouve est de s’habituer au gabarit ! Moi qui suis plutôt habitué au format Twingo, j’ai eu l’impression de conduire un char Leclerc. Mais bon, ça vient vite, et on apprend (un peu trop) vite à avoir confiance dans les rétroviseurs pour les marches arrière !
Nous partons vaguement à pied dans le quartier, c’est le coin chic de Windhoek, il y a des grandes maisons joliment arborées, mais par contre les barbelés sont omniprésents… On fait quelques emplettes sur place (notre premier biltong, de la viande séchée qui va devenir notre plat national pour les pique-nique par la suite !). Il y a des gardes un peu partout, l’ambiance est assez curieuse. Nous avons aussi acheté une carte de téléphone portable prépayée, mais nos téléphones que je croyais débloqués ne devaient pas l’être tant que ça vu que ça n’a jamais marché.
Nous dinons le soir au Joes’s Beerhouse, un super restau pas loin de l’auberge. Le décor est super réussi, on mange dehors sur des grosses tables en bois, les portions de viandes grillées sont généreuses, et le prix… namibien ! Ca cale le niveau : dans un bon restau dans les quartiers « chics » de Windhoek, on peut se faire péter le bidon pour péniblement 10 euros chacun binouse comprise.
J3 : Bagatelle Kalahari Game Lodge (proche Mariental) J4 : Bagatelle Kalahari Game Lodge (proche Mariental) J5 : Bagatelle Kalahari Game Lodge (proche Mariental)
Le lendemain, ça y est, l'aventure commence, direction le sud et le Kalahari. Je me suis amusé à rentrer les étapes dans le GPS (Garmin et www.tracksforafrica.com), et visiblement, ça marche super bien (au moins pour sortir de Windhoek, après, on peut pas dire qu'on risque beaucoup de se perdre !). Sur la route on croise nos premiers « animaux », quelques babouins qui traversent nonchalamment. Pour nous deux petits européens fraichement débarqués de l'avion, ça fait son petit effet.
On se dirige vers Mariental pour trois jours de relâche chez Bagatelle. La durée de notre séjour s'étant allongée quelques mois avant le départ parce qu'Air Namibia avait annulé ses départs depuis Londres et que nous ne pouvions pas arriver plus tard (le trajet était bouclé), on a décidé (enfin, j'ai, surprise oblige !) de se poser trois jours sans faire grand chose dans un endroit confortable où on peut se poser pour bouquiner au milieu des dunes sans avoir de soucis. L'accueil était vraiment super, les petites maisons dans les dunes sont mignonnes, confortables, y'a une petite bouteille de vin à l'arrivée. Le soir on prend les repas sous les étoiles, les bouteilles de vin ne sont vraiment pas chères. Bref, pour nous qui ne sommes pas des habitués des hôtels au standing un peu élevé, il faut bien reconnaître qu'il n'est pas désagréable de se laisser un peu aller, dans une ambiance de dépaysement total, hors du monde... Nous participons à leur « game drive » dans leur réserve privée, nous découvrons notre première girafe, nos premiers gnous, zèbres, springboks, oryx. Ils ne sont guère nombreux, mais comme ce sont les premiers, nous sommes éblouis. Le paysage est vraiment somptueux à la lumière de fin du jour, l'herbe jaune (vraiment couleur jaune, pas juste séchée), le vert des arbres et le rouge du sable, le tout au coucher du soleil avec le petit apéro qui va bien que le guide sort au moment opportun, c'est absolument magique, pile ce qu'il nous fallait après une longue année de dur labeur.
Les trois jours sur place ne sont pas indispensables, mais pour nous ils sont passés finalement assez vite, au gré du sable rouge, des autruches devant la maison le matin, de « l'afternoon tea » et petits gâteaux l'après midi et des paons nombreux autour de la petite piscine (glacée d'ailleurs). Le dernier soir, une petite bouteille de champagne local attendait dans la chambre. Bref, un séjour sur la lune, une entrée en matière parfaite pour un voyage d'un mois qui s'annonçait comme un rêve éveillé. Et pour redescendre sur Terre, le tout pour un prix pas exorbitant, en tout cas le rapport qualité prix était vraiment excellent. Je recommande.
J6 : Namib Naukluft campsite
Ce matin départ pour une traversée vers l'ouest. Après 80 km, on s'aperçoit qu'on a oublié le carnet de route et tous les bons au lodge... Marche arrière donc, ils ont bien tout gardé, ouf ! Les paysages sont plutôt rudes, on croise péniblement une voiture toutes les dix minutes. Nous abordons notre première route gravillonnée, c'est vrai que ça ressemble à une route goudronnée, on a l'impression qu'on peut se transformer en pilote, mais gare, ça glisse, et mine de rien y'a quelques nids de poules ou cailloux isolés qui sont traitres. On croise plusieurs niveleuses qui corrigent la surface de la route. Au bord de la route, on voit aussi quelques fois des roulottes, au milieu de nulle part... Suite au prochain épisode !
Nous croisons en fin de journée une petite voiture sur le bord de la route arrêtée. Je m'arrête pour leur demander si tout va bien. C'est une bande de quatre « jeunes » (oulà, je me sens ancien combattant en disant ça, je n'ai que 28 ans en fait, 26 au moment des faits), ils sont en rade, leur pneu arrière gauche a éclaté, et... ils ne savent pas changer une roue... Je leur donne un coup de main, et je découvre qu'en fait ils sont partis le matin même pour quelques jours de ballade dans le pays. Ils sont volontaires internationaux, et ont loué une petite voiture pas chère pour se balader. Ils n'ont même pas une vraie carte, ils cherchent à aller a Sesriem, ils roulent dans la mauvaise direction, loin du but et la nuit tombe... C'est le premier événement qui m'a fait dire que louer un 4x4 rend quand même service parce que c'est fait pour aller sur ce terrain là, tu as tes deux roues de secours, etc... Eux après une journée étaient déjà dans la mouise... Ils n'avaient probablement pas mis toutes les chances de leur côté, mais je me suis revu étudiant où en voyage, je comptais les sous, j'aurais pu être à leur place quelques années plus tôt ! C'est bien de gagner sa vie quand même !
Nous arrivons au campsite de Naukluft à la nuit tombée, il faut manœuvrer le « tank » dans un espace tout petit, c'est pas évident. C'est notre premier campsite, et on découvre que nous avons sur notre emplacement eau, foyer, grille, tout ce qu'il faut... Surprenant (dans le bon sens !), et ça durera tout le séjour. Les campings européens n'ont qu'a bien se tenir. Premier montage de notre tente de toit, non pas que ce soit très sorcier, mais bon la première fois on y passe quand même un peu de temps. Tant que j'y suis pour ne pas oublier après, deux conseils : n'hésitez pas à acheter du bois dans les supermarchés dès que vous en croisez, on n'en trouve pas partout, et il ne faut pas en prendre n'importe où. Ensuite, nous avions amené une lampe à gaz avec une connexion vissable, mais nous n'avons pas trouver de recharges de ce type dans tous les magasins que nous avons vus, seulement des cartouches perçables, donc... Voilà, c'est dit.
Nous nous endormons pour la première fois dans notre petit nid sur le toit.
J7 : Sesriem campsite
On se lève le matin au bruit des babouins qui vident les poubelles métalliques du camp. Au pliage de la tente, je me rappelle dans un éclair de lucidité un conseil que j'avais lu au détour du forum, laisser les duvets dépliés dans la tente avant de la replier ! Ça marche, et ça évite de passer « plein de temps » chaque jour à plier et déplier le sac de couchage. Direction l'Olive Trail. Il n'y a personne, le paysage est plutôt sympa et sauvage, la dernière partie (descente du cours de la rivière asséchée) est assez spectaculaire (toutes proportions gardées...), avec une végétation épatante : des « arbres » accrochés aux falaises, on se demande comment ils font pour tenir là, et puis au fond de la rivière, quelques beaux arbres très verts à cause de l'eau qui affleure sous les cailloux. La dernière partie du parcours nécessite un petit peu d'attention, avec notamment un passage avec des chaines à flanc de rocher au dessus d'une grande boutasse pleine d'une eau pas très alléchante. Nous n'avons croisé au niveau bestioles que des petites bêtes format marmotte qui elles aussi se doraient au soleil.
Nous prenons la route vers Sesriem où nous arrivons en milieu d'après-midi. Au fil de la journée, la lumière change tout doucement, et les paysages sont vraiment magiques. C'est assez brut : montagnes aux formes simples, tracé rectiligne de la route, immensité des plaines herbeuses à la couleur toujours jaune riche. Le site est bien aménagé, avec plein de place sur les emplacements. Certains sites situés très à l'ouest ont une vue vraiment très chouette sur le départ de la chaine de dunes. On repart vite fait vers la Elim Dune pour essayer de profiter la lumière de fin de journée sur le paysage. Une fois arrivés (c'est à quelques minutes du campsite de Sesriem), mon amoureuse arme son appareil photo, tandis que je me rend compte que je vais passer une mauvaise nuit si je ne monte pas jusqu'en haut de la dune. Je me lance, dans le sable rouge, au milieu des herbes qui poussent ici et là et des scarabées qui dévalent les pentes à toute berzingue. A chaque fois qu'on croit être arrivé, il en reste encore un bout, mais finalement le sommet est là et ça en vaut vraiment la peine. On voit d'un côté le cordon de dunes qui s'en va vers l'horizon, de l'autre la plaine et les montages rocailleuses, le tout éclairé par la lumière rasante de la fin du jour, c'est vraiment magnifique. Je redescends en courant comme un fou dans la sable, j'arrive en bas complètement à bout, mais heureux de me dire que j'ai été mettre le pied là haut. L'aller retour m'a pris une heure, à la louche, mais j'ai vraiment cherché à aller au bout de mes forces. J'ai fini sur les rotules (au sens propre) poursuivi dans le sable par une fourmi immense et têtue.
Le soir, nous savourons nos Savanah Dry (un genre de cidre sud africain en petites bouteilles qui est devenu notre boisson nationale depuis quelques jours) au coin du feu. Le réveil sera très très tôt demain matin.
J8 : Sesriem campsite
C'est parti pour un jour de magie... Le réveil sonne très tôt, pour profiter de l'ouverture matinale de la porte du parc. Les résidents du campsite peuvent rentrer avant ceux qui séjournent dans les divers lodges de la région. Tout le monde s'élance, mais au bout de quelques kilomètres tout est assez dilué (il semble que le 80 km/h ne soit pas au même endroit sur tous les compteurs de vitesse). On se pose à la Dune 45 avant le lever du soleil. Cela prend une petite demi-heure de l'escalader sur l'étroite crête. Il y a avec nous pas mal d'overlanders, mais ça reste acceptable. Le lever de soleil en tant que tel est chouette, mais c'est davantage la découverte du paysage par le haut sous une belle lumière qui vaut le détour. La route s'étire dans une plaine entourée de deux immenses cordons de dunes rouge, immenses. C'est à se demander comment tous ces grains de sable tiennent pour former des montagnes aussi grandes...
L'expérience est sympa, mais je pense que ça vaut davantage la peine soit de finir la route directement vers Sossusvlei, soit de se poser à une autre dune pour voir le lever du soleil. Peu sont accessibles (pas de pistes depuis la route), mais le paysage sera aussi chouette que la « Dune 45 », avec personne d'autre que votre petite famille et les petits scarabées qui dévalent partout.
Il ne reste pas beaucoup de trajet jusqu'à la fin de la route goudronnée. Sossusvlei et Deadvlei sont quelques kilomètres plus loin. Pour les atteindre, il faut utiliser les navettes, ou bien si vous avez un engin adapté (4x4 obligatoire, cf. les panneaux !) on peut finir soit même la route. C'est du bon sable bien profond, mais les « rails » sont bien marqués, et il n'y pratiquement qu'à se laisser guider. Je suis assez novice en conduite « tout-terrain », donc je suis passé en 4x4 standard par défaut, mais ça doit surement marcher en mode 2x4. En bon élève, j'avais aussi dégonflé les pneus.
Tout au bout de la piste on arrive donc à Sossusvlei, après avoir croisé Deadvlei sur la gauche. Il y a un genre d'immense aire de pique- nique, avec des tables réparties sous les quelques arbres disponibles. Il y a aussi des toilettes sèches. Il faut marcher un peu (enfin « il faut », c'est pas un truc horrible quand même, vu le lieu !) pour grimper sur la dune qui surplombe le lac salé. Le paysage est absolument grandiose, y'a pas grand chose d'autre à dire... Les possibilités de ballades dans les dunes sont plus ou moins infinies, moyennant d'avoir de l'eau (beaucoup), un chapeau et de la crème solaire pour ne pas finir transformé en homard. Je recommande de marcher pieds nus dans le sable, c'est beaucoup plus confortable que d'essayer de mettre des chaussures qui se toute façon se rempliront de sable, et puis je trouve que ça donne l'impression d'être en liberté, les pieds dans la tiédeur confortable des petits grains rouges... Faites attention à tous les scarabées qui dévalent la dune à toute allure. D'ailleurs, d'où il viennent tous ces scarabées ? Parce qu'on les voit toujours descendre très vite, comme apparus de nulle part. Ça a été pour moi une révélation quand j'ai « percé le secret ». Si jamais ce n'est pas évident pour vous, cherchez bien, et vous trouverez :-)
Ensuite (nous sommes à la mi-journée, pour donner une idée de l 'échelle de temps), nous avons passé quelques heures sous notre arbre à pique-niquer et bouquiner, pour faire passer les heures les plus chaudes et aller à Deadvlei sous un soleil un peu moins écrasant (pour les hommes comme pour les photographes). J'avais lu un peu tard dans notre guide qu'il est possible de monter tout en haut de la très haute dune qui surplombe le paysage à Deadvlei, et après 15 minutes de marche je renonce en me disant qu'il est idiot de monter la haut tout seul en cas de problème, et puis mon amoureuse n'étant pas tentée par l'aventure, je ne voulais pas la laisser toute seule trop longtemps, quand même. Nous commençons la marche vers le Deadvlei (il y a une petite demi-heure de marche depuis le « parking ») un peu trop tôt, vers 15h30. Il fait encore très chaud, et le sable est presque brulant (il ne faut pas laisser le même pied par terre trop longtemps !). La lumière n'est pas encore parfaite. Par contre, nous sommes absolument seuls au monde. L'environnement est absolument magique, je ne peux pas vraiment décrire ce qu'il y a dans nos cervelles, mais c'est quelque chose qui restera à vie dans nos têtes, un endroit qui nous aura marqué, comme quelques autres déjà dans les parties du monde que nous avons déjà pu voir.
On s'en retourne au campsite à la lumière du soleil qui se couche tout doucettement, à l'heure où les gens commencent à arriver en nombre dans les dunes. La route est ponctuée d'autruches, de troupes généreuses de springboks et d'oryx.
Le regret que j'aurais sur la journée est de ne pas avoir pu monter la grande dune. Si vous êtes du genre à vouloir « aller en haut », essayez de le caler dans la journée, le matin doit être plus judicieux, car il doit bien falloir 1 ou 2 heures pour faire l'aller retour. Mais ce n'est que très annexe au vu de tout le reste...
J9 : Swakopmund, Pension Rapmund
Départ matinal, la route est longue jusqu'à Swakopmund. Le paysage est toujours aussi beau, à la lumière du matin. La piste est plutôt bonne, une nouvelle fois, il est vraiment nécessaire de ne pas se laisser « endormir » et appuyer inconsidérément sur le champignon. Arrêt à Solitaire, évidement. L'endroit porte bien son nom, le décor fait un peu « Route 66 » (que je n'ai jamais vue en fait... !), et puis bien évidemment, nous n'échappons pas au struddle (un gâteau allemand aux pommes) ! La portion est généreuse, et n'ayant aucune référence en matière de struddle, nous trouvons ça plutôt un super régal. A noter qu'ils mettent des raisons secs dedans (je dis ça pour prévenir, parce que ma chère et tendre n'aime pas les raisins secs).
Plus nous avançons vers le nord, plus le paysage devient « rugueux ». Chose curieuse, on circule sur un plateau, et les cols à passer sont en fait des canyons dans lesquels il faut descendre et remonter de l'autre côté. Le paysage devient complètement lunaire une fois qu'on rentre à nouveau dans le Namib Naukluft. Il ne ferait franchement pas bon tomber en panne ici (en fait pas plus ni moins qu'ailleurs, mais bon...). L'arrivée à Walvis Bay se fait dans une ambiance de fin du monde, ciel un peu brumeux, tempête qui promène le sable des dunes sur la route et qui fouette les vitres... Au loin sur l'océan, les nombreux rigs de forage qui attendent patiemment leur tour de chantier rappellent que nous ne sommes pas si loin que ça d'une zone du monde plus ou moins troublée, et en tout cas le tout est une sorte de retour sur terre un peu brutal. Je ne me sens pas bien jusqu'à l'arrivée à Swakopmund, un mélange d'impressions noircies par ce monde industriel qui nous retombe dessus, cette tempête, bref, ce trou d'air dans le nuage sur lequel nous étions.
Nous sommes installés à la pension Rapmund, chambre avec vue sur mer, pour un prix hyper raisonnable. Si je rajoute la qualité du petit déjeuner du lendemain, je recommande chaudement le lieu, excellent rapport qualité prix. Je vous épargnerai le cliché de la rigueur à l'allemande... oups, je ne l'ai pas évité !
A noter que le bureau des parcs nationaux est tout prêt de l’hôtel, où il est possible d'acheter les permis pour le Welwitschia Drive.
Le soir nous allons manger au Tug, apparemment le restaurant chouette de Swakopmund, et le moins qu'on puisse dire, c'est que c'est monstrueux. On se lâche, on prend le plus gros plateau de fruits de mer et un plat de homard grillé. Attention, le plat de homard c'est un homard et demi dans l'assiette (ou trois demis homards), avec force garniture et sauces. Avec le vin, on s'en sort pour 70 € à deux, pour des plats que nous n'aurions jamais pris en France parce qu'ils auraient été franchement en dehors de nos moyens.
J10 : Spitzkoppe campsite
Après un gros ravitaillement au Spar local, on se met en route avec pour objectif du jour le Spitzkope. Un désir personnel de voir quelques unes des curiosités naturelles locales m'a finalement convaincu d'acheter un permis pour le Welwitschia Drive. Nous trouvons la route, qui traverse notamment le « moon landscape ». Chose curieuse, on a presque l'impression qu'il a plu durant la nuit, le sol semble presque humide. Etant donné que je crois avoir lu que c'est un des endroits les plus arides du monde, j'ai un sérieux doute, mais le ressenti est étrange. Certains guides il me semble indiquent que la route est vraiment mauvaise, mais elle nous a semblé être tout à fait praticable pour un véhicule standard. Le « drive » en lui même est un cul se sac, les seuls embranchements qui la quittent sont privés et desservent au regard des panneaux des concessions de mines d'uranium.
Les paysages sont sympas, mais si vous ne tenez pas absolument, contrairement à moi, à croiser les fameux welwitschias, le détour ne s'impose probablement pas. Ce sont des plantes vraiment curieuses, qui ressemblent à un « tas » de feuilles vertes (il n'y en a que deux, malgré les apparences) qui survivraient là depuis 2000 ans dans des conditions extrêmes... Assurément, unique en son genre.
Nous tentons un peu plus loin de visiter la mine d'uranium Rio Tinto (les plus gros camions du monde, dixit le Bradt !!), mais même mon plus beau sourire et mes plus grands yeux doux n'auront pas raison de la sécurité du site. Cependant il est possible de la visiter, moyennant de prévoir ça suffisamment avant. La personne à l'entrée m'a donné un numéro à appeler, je l'ai peut-être encore si cela intéresse des gens.
Aujourd'hui, nous avons éclairci le mystères des pelleteuses-roulottes, que je laissais planer depuis quelques jours. Les « grader » qui se baladent sur les routes pour en corriger la surface promènent en fait une petite roulotte le soir (ou le matin...), une fois qu'ils ont fini (ou avant de commencer) leur quota kilométrique de la journée, afin de loger leur chauffeur pendant la nuit. Il doit y avoir dans le pays toute une corporation de gars qui passent leur temps à traverser le pays pour refaire les routes, de 40 kilomètres en 40 kilomètres... Insignifiant probablement, mais un concept que je trouve à la limite du poétique...
Le long de la route, il y a quelques petits villages, avec des micro étalages et des gens qui accourent quand ils entendent la voiture arriver. Le site du Spitzkoppe est vraiment splendide, le confort est rudimentaire, et il faut bien penser à conserver le site dans son état naturel. Je pars en expédition une bonne heure sur les flancs accessibles de la montagne par un bout de sentier, au milieu d'un tas de plantes toutes plus exotiques les unes que les autres, les couleurs du coucher de soleil sont vraiment très chouettes. Notre site est par contre « mal exposé », nous perdons donc le soleil très vite. Mais il y a le choix (le camp s'étend sur plusieurs kilomètres). Soirée au coin du feu, grillades, Savanah Dry et bouquinage, classique quoi !
J11 : Mowani campsite (région de Twyfelfontein)
Destination la région de Twyfelfontein. Au nord de Uis nous prenons un genre de raccourci qui nous permettra de rencontrer notre premier panneau « éléphant » (sans les éléphants qui vont avec). Le paysage commence petit à petit à changer, à devenir plus « dur », au fur et à mesure qu'on remonte vers le nord. Nous sommes installés ce soir au Mowani Moutain Camp, sur les campsites du lodge. La situation est magnifique, de grands sites, avec une douche entre deux rochers, en pleine nature, avec une belle vue dégagée sur la vallée, splendide. Le lodge en lui même est un peu plus loin, et n'a pas l'air mal non plus.
J11 : Ongongo community campsite (Sesfontein)
Nous remontons aujourd'hui vers Ongongo campsite. Nous ne sommes pas allés voir les peintures rupestres, ce n'est pas vraiment notre tasse de thé. Quand à la montagne brulée et aux orgues basaltiques, nous nous sommes dit qu'il y avait plus de chances d'être “déçus” que réellement émerveillés, donc nous avons aussi passé notre chemin.
La route vers le nord est relativement monotone, il y a très (très) peu de monde. On croise quelques zèbres. Au nord de Palmwag, le paysage devient plus rude (enfin, c'est l'impression qu'il me fait). Peut-être est-ce aussi parce que le ciel est un peu gris et poussiéreux...
Peu avant Sesfontein il faut trouver au milieu d'un village la route qui sur la droite se dirige vers le campsite. C'est très sérieusement caillouteux. Je pense que ça doit passer avec prudence dans un véhicule standard. Par contre certains emplacements du camps eux ne sont pas accessibles aux voitures de base. Des tas de petits mômes courent autour de la voiture pour nous vendre ou demander des bidouilles. Le campement est nettement moins alléchant que les précédents, c'est plus petit, il n'y a pas une vue spectaculaire.
Nous avons passé la fin de la journée au bord de la petite piscine naturelle, assez agréable, mais le caractère “chaud” de la source me laisse songeur. Peut-être n'est-ce pas du tout une source chaude ? Je m'attendais à une sorte de jacuzzi naturel, et ce n'était pas ça.
Le gars qui s'occupe du camp nous a proposé d'aller faire un tour pour voir des éléphants, des lions, ou des himbas, (dans la même phrase)... Devant notre air dubitatif, il s'est senti obligé de mimer de manière assez disgracieuse (pour ne pas dire obscène) une femme au postérieur généreux. Ca nous a conforté dans notre idée de ne pas faire ce genre d'excursion “culturelle”, en tout cas pas en sa compagnie, et de laisser ces gens tranquilles.
J12 : Purros community campsite
Aujourd'hui départ pour “la grande aventure” vers Purros. On avait naïvement pensé pouvoir faire du ravitaillement à Sesfontein, erreur ! Le magasin propose des aliments de base (farine, huile, sucre, levure), mais pas de pain, pas non plus de vague fruit. Il y a un peu de bidoche congelée. Tout ça pour dire qu'il ne faut pas craindre de prévoir large en partant de Swakopmund, nous n'avons pas croisé de magasin “grand” jusqu'à Outjo deux jours plus tard. On repart donc avec de la farine et de la levure, on se fera notre pain...
La route vers Purros est très chouette, elle s'ouvre assez vite dans une grande vallée dont on suit le cours. Le chemin est tour à tour caillouteux, sableux, quelques lits de rivière (asséchés) à traverser. On croise quelqu'un en chemin qui nous demande un outil pour resserrer les cosses de sa batterie. Sur le moment on ne pense qu'au couteau suisse de mon amoureuse, qui parvient à faire son office, après qu'il nous a bien fait comprendre pour autant que notre outil n'était pas terrible. Le gars nous demande si ça ne dérangerait qu'on lui fasse cadeau du couteau pour qu'il puisse resserrer la cosse un peu plus loin au cas où. Devant notre refus, il part sans même dire merci... On a fait quelque chose de pas bien ?
En route on aperçoit des girafes qui se reposent dans le lit de la rivière.
Le campement est vraiment superbe, magnifique, au milieu des arbres sur le bord du lit de la rivière. Notre site est sous un arbre qui forme un petit espace privé avec un bac pour faire la vaisselle et un robinet, à quelques mètres, des sanitaires sont aménagés sous un autre arbre, le tout bien ratissé, c'est incroyable de trouver ça ici. Un vrai petit coin de paradis.
On part à la recherche d'éléphants en compagnie du guide (qui s'occupe aussi de gérer le campement). Il s'installe dans notre voiture et nous emmène là où il pense qu'on puisse voir des bestiaux. Il nous fait descendre un lit de rivière où coule encore un peu d'eau. On découvre notre premier éléphant (du désert, en plus !). C'est vrai que c'est sacrément majestueux... On en trouve un autre un peu plus loin, et on en profite pour s'enliser dans de la bouillasse, avec l'éléphant pas très loin. Instant de panique (pour moi), mais en fait un coup de vitesse lente nous permet de sortir sans problème. Le guide a en fait bien plus confiance dans les capacités motrices de la voiture que moi... On croise un tas de girafes en revenant vers le village. Le guide nous a aussi raconté entre temps que l'équipe de “Rendez-vous en Terre Inconnue” était venue par là pour tourner et qu'il avait servi d’interprète pour l'émission, étant himba lui même. Apparemment, Muriel Robin serait même revenue quelques jours seulement avant notre arrivée. Sur le moment on pense qu'il essaie de nous faire plaisir en nous faisant croire à une sorte de coïncidence sympathique. Nous verrons une émission quelques mois après notre retour qui nous fera penser que c'était peut-être tout à fait vrai...
On se fait un bonne petite soirée au coin du feu avec notre pain cuit au feu de bois (façon patate, enrobé dans de l'alu, c'est pas mal, mais on expérimentera en galette sur la grille du barbeuk plus tard, c'est pas mal non plus), des tas de petites bougies et un bon bouquin. Il y a des vaches dans le camp qui font du bruit, mais la nuit, on a vite fait d'imaginer que c'est un éléphant qui va surgir de nulle part...
J13 : Purros community campsite
Journée “repos” dans le petit coin de bout du monde de Purros, grasse matinée, bouquinage sous les arbres... Histoire de se remettre de nos émotions, et de nous préparer à toutes celles qui arrivent !
J14 : Palmwag lodge
Au matin, nous partons traquer le lion, toujours en compagnie du même guide. Il nous fait descendre à nouveau le cours de la rivière : les bestiaux à crinière ont apparemment déjeuné la veille d'un zèbre, dont la carcasse est toujours en place et que le guide pense toujours assez appétissante pour les faire revenir. Cependant, nous ne les verrons pas montrer le bout de leur museau. Ca ne peut pas marcher à tous les coups, et paradoxalement, ça nous rassure presque de voir que tous les animaux de cette région ne sont pas trop humanisés et prévisibles.
Au retour vers le campsite, nous passons amener le guide chez lui dans le village voisin. Il souhaite faire coucou à sa famille avant de retourner prendre son poste au camp. Tout son petit monde habite une petite case sans toit. Ne sachant trop que faire et n'étant en fait pas très à l'aise à l'idée d'aller jouer les touristes en mal d'intégration, nous n'osons pas trop descendre du véhicule et aller nous incruster à ce moment de tendresse familiale : nous échangeons des sourires avec les petits mômes qui sont là, et qui ont l'air aussi gênés que nous. Nous ne sommes distants que de quelques mètres, mais on mesure qu'un monde entier de modes de vie et de certitudes nous sépare... Ca ressemble probablement à de la philosophie de comptoir, mais c'est ce que je ressens à ce moment là. Je me sens un peu idiot là, dans ma grosse voiture, à ne pas trop savoir que faire...
Nous reprenons la route vers Palmwag (la même qu'à l'aller, l'étape à Ongongo en moins, ça se fait très bien dans la journée). Elle est ponctuée au départ de Purros d'éléphants du désert batifolant dans le lit asséché de la rivière, et de tas de girafes en arrivant à Palmwag.
Nous avions réservé le camp, mais en arrivant, on décide de se mettre dans une chambre du lodge parce que, parce que bon... ! Chambre qui au demeurant est très agréable. Le thé et les gâteaux de l'après-midi sont en libre service au bar. Sur le trajet qui mène à la piscine du lodge, on voit en contrebas des passerelles des traces de pieds tailles 245, qui doivent correspondre aux pas des éléphants qui se baladent dans le coin... Nous profitons du coucher du soleil sur la terrasse du restaurant, surplombant la nature environnante ou un pachyderme nonchalant ne tarde pas à faire son apparition. Je ne vous épargnerai donc pas le cliché du coktail en terrasse au coucher du soleil avec vue sur une grosse bébête, parce que mine de rien, ça doit correspondre dans notre subconscient à une expérience de luxo-aventuro-naturo-vacances dont nous rêvions avant d'être là... Le repas au restaurant est très bien, de même que la nuit qui suivra (sous la couette, pas dans le restaurant...).
J15 : Okaukuejo campsite (Etosha)
Au matin après un petit déjeuner gargantuesque, surprise au moment du chargement, la commande à distance de l'ouverture des portes ne fonctionne pas. Surprenant, d'autant plus que le témoin lumineux sur la commande fonctionne, lui. Ouverture “à l'ancienne”, et petit coup d'adrénaline, la voiture ne démarre pas. Eclair de lucidité : les phares dont je suis conscient depuis le début du périple que je vais au moins une fois oublier de les éteindre ont choisi la veille pour exercer leur traitrise. Plus de batterie donc. Heureusement nous sommes sur le parking d'un lodge, donc la leçon n'est pas trop violente et nous trouvons deux espagnols contents de nous rendre service, d'autant plus que quelques jours avant ils avaient été eux laissés sur le bord de la route sans aide au désenlisage... Mine de rien, démarrer un gros diesel avec des câbles ne va pas de soi. Il faut faire accélerer le moteur du véhicule en marche, le ralenti seul n'étant pas suffisant pour délivrer la puissance nécessaire au démarrage de l'autre. Cette astuce (qui en est une en tout cas pour moi, n'ayant que quelques connaissances très basiques en mécanique automobile) nous a été enseignée par une personne du lodge, que nous avions été quérir en panique après de nombreux essais infructueux.
Route vers Outjo, où nous arrivons à la sortie des écoles. Une marée d'écoliers de tous âges se promène dans la ville, chacun dans l'uniforme de son institution. Gros ravitaillement au Spar et bottle shop locaux. On effectue aussi un raid dans une boucherie où on se charge biltong maison (épicé et nature) qui s'avèrera être un immense cru : un peu gras, pas trop sec, fondant sous la dent, un vrai régal. Je fais également l'acquisition d'un steak de koudou, qu'une cuisson ultérieure se voulant à point transformera avec application en semelle Méphisto. Néanmoins, la pointe d'exotisme sera présente au diner !
Direction ensuite Etosha et son entrée sud. Nous nous installons au camp d'Okaukuejo vers 17h. Le camp pour le coup est beaucoup moins “sexy” que ceux que nous avons croisés jusqu'à maintenant, et on comprend que la réservation était importante étant donné le monde. Le point d'eau est à quelques pas à peine, ambiance salle de cinéma, bancs surplombant la boutasse avec quelques barbelés pour isoler les deux pattes des quatre pattes et des plumes. Pour le moment, quelques zèbres et girafes sont là. Au fur et à mesure que l'horizon remonte vers le soleil rougissant, de nombreuses girafes s'approchent de l'eau, mêlant leurs cous et donnant des reflets très photogéniques à la lumière du couchant. Des armées de “dindons” sont à la parade : oiseaux format poulet, noirs à tâches blanches, qui ont apparemment oublié leur aptitude à voler. Ils cavalent sans cesse autour du point d'eau, en espérant désespérément attirer l'attention. La mienne en tout cas leur est acquise, et j'ai monté un fan club dindons, pour faire reconnaitre le mal qu'ils se donnent pour nous.
Aller retour à la voiture pour ramener des munitions buvables à bulles pour accompagner le biltong, et apparition du premier rhino. Je crois que ce sont des rhinocéros noirs, apparemment assez rares. Peu après, un springbok baguenaudant dans le coin détalle sans crier gare, pour laisser place à Mme. et M. Lions. Ce sont nos premiers. Des flashes de photographes éclatent autour du bassin, je ne suis pas convaincu que ce soit une très bonne idée... Un deuxième rhino se présente, ainsi que des éléphants qui viennent s'abreuver. A la jumelle et dans le peu de lumière donnée par l'éclairage du plan d'eau, on s'aperçoit que la lionne est accompagnée de deux petits lionceaux.
Après le repas, on retourne au trou d'eau, où deux nouveaux rhinos sont là. D'autres éléphants montrent le bout de leurs trompes... Des chacals se promènent dans les environs du camp, probablement attirés par les reliquats de koudous trop cuit et autres déchets comestibles. C'est vraiment une soirée magnifique, même si le cadre est un peu plus “zoo”, le ballet de tous ces animaux qui se succèdent, se chassent est vraiment un spectacle inoubliable.
J16 : Halali campsite (Etosha)
La nuit a été un peu difficile, ponctuée d'un côté par les hurlements probables de chacals et supposés de lions, et de l'autre par les ronronnements du frigo, qui pour la première fois depuis notre départ fonctionne de nuit (conséquemment au premier campsite que nous rencontrons disposant de prises de courant). Le départ est très matinal pour essayer d'apercevoir les bébêtes avant qu'elles ne s'endorment à l'ombre dans le chaud de la journée. Nous croisons nos premières hyènes. La tournée des trous d'eau suit un parcours assez « standard ». Le taux de répétabilité des rencontres est probablement très bas, mais voici nos principales observations : Olifantsbad : deux magnifiques lions à la parade Charistaub : une bande d'éléphants tassés sous un arbres, avec plein de petits dans les pattes de leurs mamans Salvadora : des centaines de zèbres, avec des petits, certains prennent une pose toute douce en plaçant leurs truffes dans leurs cous respectifs. Nous ne savons pas trop quelle est la signification de ce comportement, mais il semble empreint d'une grande tendresse zébresque Rietfontein : une bande d'une vingtaine d'éléphants pataugent avec délectation dans la bouillasse, des petits font des noeuds avec leur trompe Homob : deux lions au repos sous un arbre. De manière générale, le paysage est ponctué de troupeaux immenses de zèbres, springboks, gnus et autres herbivores, éléphants compris. Nous prenons notre repas de midi au buffet du camp Halali, avant de prendre le soleil près de la piscine et de se laisser aller à une bonne sieste. Nous retournons à Rietfontein voir si nos éléphant sont toujours là, mais ils ont disparu et cédé la place à une lionne qui passe sa fin d'après-midi là.
Le trou d'eau du campement restera désert, mis à part quelques dindons et une hyène qui viendra se perdre là. La nuit est relativement chaude dans mon souvenir, probablement parce que j'y ai mal dormi.
J17: Namutoni campsite (Etosha)
Lever difficile après une nuit agitée. Départ pour Goas. Sur la route, pas encore très loin du camp, on se fait insulter par un gars dans son pick-up qui nous reproche d'avoir pris une route en travaux et qui est fermée, alors que nous n'avons pas vu le moindre panneau. Il s'avérera en fait qu'il était par terre, selon le responsable du chantier c'est « your people » qui l'ont enlevé, en gros, ces salauds de touristes dont le loisir principal est d'enlever les panneaux. Le gars est presque à devenir violent quand nous expliquons que nous n'avons voulu embêter personne, nous opérons donc un repli défensif stratégique et prendrons une autre route pour commencer la journée. Je comprends qu'il ne soit pas content que des gens viennent retarder son chantier, cela arrive peut-être tous les jours pour lui, nous ne sommes pas à sa place. Néanmoins, c'est la première fois que nous avons l'impression de gêner, et ce genre d'événements ont le don de me ruiner une journée, ma cervelle ressassant sans cesse les mauvais moments avant d'accepter tous les bons. Nous croisons un beau lion solitaire dans la savane, mais peu de bestiaux (non plus que de gens d'ailleurs) durant la matinée.
Nous aurons le bonheur cependant au détour d'un virage de croiser une scène mémorable. Trois lions épluchent une carcasse de girafe déjà bien entamée. Un troupeau de hyènes est positionné en retrait, avec une tactique (ou un comportement que nous interprétons comme tel) d'étouffement des lions, qui finissent par abandonner la carcasse. Les hyènes prennent position et semblent se délecter des restes puants de viande faisandée, pataugent là dedans puis se roulent dans la poussière. Elles déambulent autour des quelques véhicules observant la scène, c'est très impressionnant. Ces bêtes ont vraiment la gueule de l'emploi (enfin, du leur). On n'imaginerait pas un charognard autrement. Chose curieuse, sous un certain profil, elles ont presque l'air sympathiques et câlines... J'ai pris un film de la scène, principalement pour garder en mémoire les bruits de craquements d'os, de grognements... Des petits chacals se joignent à la fête et boulottent notamment ce qui était il y a peu une tête de girafe.
Nous finissons la matinée à Chudob, où nous assistons à un spectacle d'herbivores en tout genre et en grand nombre, l'ensemble formant une joyeuse carte postale. On y trouve notamment nos premiers phacochères, ainsi qu'une énorme bête que nous baptisons « Eland », en prenant le bestiau le plus proche en dessin dans notre guide.
Après-midi au camp de Namutoni, la piscine est d'un beau vert, qui malgré tout ne donne guère d'espoir d'aller nous y baigner... Nous nous posons cependant sur les transats au soleil et gouleyons quelques frites de la baraque voisine.
Nous repartons à nos trous d'eau l'après midi, mais cela ne sera guère fructueux.
Les bâtiments de Namutoni sont assez particuliers, il semble que ce soit une ancienne prison, le tout réaménagé en magasins et cafés, assez sympathiques au demeurant. Bien fatigués que nous sommes, nous passons la soirée au coin du feu et très vite au fond des duvets.
J18 : Mahangu Safari Lodge campsite (près de Mahango)
Très grosse étape aujourd'hui, la plus longue du séjour en fait (640 km), direction, le nord. Au sortir du camp le matin, on dérape presque sur un gros chat à tâches qui traverse la route devant nous. Nous cherchons à le revoir dans les fourrés, mais il a du se cacher très vite... guépard ou léopard donc, on en a vu un !
Une fois partis, la route se déroule, à peu de chose près rectiligne dans la garrigue locale. Plus on avance vers le nord, plus les petits villages se succèdent. On ravitaille à Rundu, ville atmosphère bout du monde plutôt grande, à l'ambiance joyeusement bordélique. Essence, supermarché, tout est dispo ici.
Nous avons un emplacement extra au Mahangu Safari lodge, au bord du fleuve Okavango. C'est d'ailleurs curieux de retrouver un cours d'eau aussi important, après tout ce temps passé dans des paysages très arides. La chaleur est très humide, et nous apprécions la petite piscine, même si elle est plutôt fraiche. Le camp est plein de panneaux « attention hippopotames », et propose des ballades en bateau sur le fleuve pour les découvrir (nous n'y avons pas participé).
Nous nous endormons le soir au bruit des batifolements des hippos dans la rivière. C'est très impressionnant, d'autant qu'on se doute qu'ils ne sont pas très loins, mais qu'on ne les voit pas du tout. Nous avons aujourd'hui pris notre premier comprimé de Malarone, cf. les commentaires du début sur le palu. Nous avons en fait vu nos premiers moustiques à Etosha (en nombre très limité pour autant).
J19 : Namushasha Lodge campsite (Bande de Caprivi)
Le matin visite au parc de Mahangu. On descend la branche qui suit plus ou moins la rivière. Nous n'y trouverons pas profusion de bestioles, mais découvrirons nos premiers hippopotames (enfin, juste leur tête sur l'eau), ainsi qu'un beau crocodile dans le courant d'un bras de fleuve. Arrivés au bas de la boucle, nous essayons de remonter par la piste de l'intérieur des terres, mais je m'enlise au bout de quelques mètres dans le sable, et nous préférons rebrousser chemin et tracer notre route vers la destination du soir directement.
Nous déroulons donc la route de la bande de Caprivi, direction Namushasha, en franche ligne droite. Pique-nique sur une « aire », à quelques kilomètres de la frontière avec l'Angola. Un peu avant Kongola, droite toute.
Le lodge se situe au dessus de la rivière Kwando (je crois), dans un paysage de marécages et d'eau. Fini les étendues arides et désertiques. La terrasse du lodge domine superbement le paysage, et les logement en dur du lodge ont l'air pas mal du tout. Ils sont cependant tous pleins, et nous ne pourrons pas nous « upgrader ». Verre de rouge sur cette même terrasse avec vue sur les éléphants au coucher du soleil, rien à redire.
Le camp est bien pourvu, douches chauffées au bois (peut-être pas si développement durable que ça, il faut fournir le bois...). Comme à Purros, nous nous faisons notre pain nous même, farine et levure de boulanger, mais en remplaçant la cuisson aluminium sur braises par une méthode galette sur grilles de barbecue, et ça donne un résultat plutôt sympa. Assurément, en cas de coup dur, y'a de quoi se caler comme il faut !
J20: Namushasha Lodge campsite (Bande de Caprivi)
Aujourd'hui, on se fait la « totale » au lodge. Croisière (toutes proportions gardées...) en bateau le matin dans des labyrinthes de papyrus et nénuphars en tout genre. Le guide nous amène tout près d'hippos dans leur piscine, nous verrons aussi un gros lézard vert à ventre jaune, immédiatement baptisé comme tel dans notre carnet de route.
L'après-midi, « nature-drive » dans un énorme camion judicieusement appelé « monster », dont je ne parviendrai à tenir le volant que pendant une pause photo... Nous y verrons des groupes d'éléphants relativement proches, ainsi que notre premier buffle et un hippopotame hors de l'eau. La ballade est sympa, mais probablement pas indispensable.
Nous prenons notre repas du soir au lodge, c'est un buffet et la nourriture ne nous laissera pas un souvenir impérissable, mais le cadre est vraiment très chouette. Demain, route vers le Botswana ! Mon palpitant commence à battre un peu plus fort au moment ou j'écris, quand je repense à ce lendemain en question...
J20 : Kubu Lodge campsite (Kasane)
Mouvement donc vers la frontière par la route principale de la bande de Caprivi. Passage de la frontière à Ngoma, les douaniers des deux bords sont très accueillant, bref, on leur proposerait bien un job à Roissy pour remplacer les nôtres... La voiture est cependant fouillée à la recherche de viande, les roues et chaussures passées dans un bain de désinfectant, dont j'ignore si les bactéries s'enfuient vraiment tant ce bain a l'air là depuis longtemps...
Route vers Kasane, dès l'arrivée on commence à se faire une idée de l'endroit : les voitures s'arrêtent au milieu de la route pour laisser traverser... les éléphants ! Nous sommes posés au campsite du Kubu Lodge, c'est un peu rustique (du niveau d'un camping français en fait...), mais d'après les conseils de Tourmaline, c'est ce qu'il y a de moins pire à Kasane. Nous nous réservons une nuit au « The Garden on the Chobe River lodge » pour deux jours plus tard, étant donné que deux nuits sont libres dans notre planning (que nous avons laissées comme telles pour tenter d'avoir une place à Ihaha, malgré le prétendu et fameux « fully-booked » annoncé, j'y reviendrai). Kasane est une ville assez originale, globalement rectiligne le long du fleuve, et succession de lodge tous plus beaux les uns que les autres, dans une ambiance clairement beaucoup plus « téléobjectifs gilets plein de poches » que « compact camping barbecue ». Nous nous situons entre les deux, je n'ai plein de poches que dans mon short en convenant que c'est bien utile, mais j'ai gardé l'appareil compact plus pratique à promener.
Ensuite, départ pour la croisière du soir sur le Chobe. Nous partons avec une voiture du lodge qui nous amène à un petit embarcadère où nous prenons place sur une petite barcasse, peu nombreux et uniquement avec des français.
Je ne préfère pas essayer de décrire ce que nous avons ressenti durant ces quelques heures sur le fleuve. Hippopotames, éléphants et buffles par centaines, troupeau d'éléphants qui traverse le fleuve à quelques mètres du bateau pour aller se prélasser dans des marres de boue, lumière magnifique... Un moment qui restera, comme Sossusvlei, dans les plus beaux moments de rêve que nous avons vécus.
Deux conseils qui me paraissent importants : faire ce tour en bateau absolument, même si vous n'avez que quelques jours, mais en revanche, essayez de ne pas commencer par là, étant donné que la suite vous paraitra d'une certaine manière un peu plus fade...
Diner au restaurant du Kubu lodge, très bien tant au niveau agrément de l'endroit que ce qu'il y a dans l'assiette. De toute façon, nous sommes encore perdus dans notre petit nuage d'images de cette ballade, et on pourrait manger des choux de Bruxelles crus qu'on trouverait de toute façon délicieux...
J21 : Maramba River lodge (Livingstone)
Départ pour la Zambie, direction les Chutes Victoria. Nos transferts ont été organisés par Tourmaline et sont assurés par Bushtracks. De peur d'oublier plus tard, je les recommande, tout était réglé comme du papier à musique et à fonctionné parfaitement. Nous avons au final je pense gagné beaucoup de temps, et probablement pas perdu tant d'argent que ça.
J'avais en effet choisi de ne pas faire passer notre voiture en Zambie, suite à de nombreux compte-rendus que j'avais lu sur le forum. Je n'ai pas eu à le regretter. Nous avons passé les frontières comme des fleurs (pas trouvé meilleure image !), avec une barque rien que pour nous, presque pas d'attente du côté Zambien (la personne de Bushtracks doit avoir ses entrées dans le bureau de l'immigration). Particulièrement du côté Zambie, la frontière est un immense chaos, camions par centaines (alors que seulement quelques bacs bringuebalant les prennent un par un !), voitures, foule, bureaux apparemment multiples. Il y a je pense de quoi y perdre beaucoup de temps et de sang froid, et certainement aussi d'argent quand on est un touriste un peu perdu qui cherche à se sortir de ce bourbier.
Même si vous n'êtes là que pour une nuit (en l'occurrence comme nous), je vous conseille de prendre le visa « multiple entries » de la Zambie (cf. plus loin)...
Notre chauffeur nous dépose au Maramba river lodge (entre Livingstone et les chutes, bon rapport qualité prix), puis direction les chutes en taxi (prix modique, car je ne m'en rappelle plus). Déception à l'arrivée du côté Zambie : il n'y a pour ainsi dire pas d'eau, et donc... pas de chutes ! J'avais bien lu que le mois de septembre n'est pas l'époque où les chutes sont les plus belles, mais là, c'est la douche froide (ce n'est pas le cas de le dire...). La configuration des lieux fait qu'il est indispensable de passer au Zimbabwe pour profiter vraiment du spectacle, ce que je n'avais pas prévu de faire, pour raisons vaguement idéologiques et peut-être financières. Mais bon, nous n'avons pas fait tout ce chemin pour nous arrêter là, et nous gagnons bien notre vie, donc, direction le Zimbabwe ! Enfin, d'abord, direction le distributeur du Zambezi Sun...
On repasse l'immigration Zambienne, puis taxi jusqu'au poste du Zinmbabwe en passant sur le pont qui enjambe le Zambèze. La distribution commence : coût du visa pour le Zimbabwe (je ne l'ai plus en tête, mais plusieurs dizaines de dollars par tête, à vérifier à votre départ), puis 20 ou 30 dollars d'entrée du parc national.
La ballade en revanche le long des chutes est là beaucoup plus spectaculaire, on va tout près, et il n'y a pour ainsi dire personne.
Retour au poste frontière du Zimbabwe pour sortir, puis re-taxi vers le poste Zambien, ou il faut repayer le visa single-entry plein pot (je ne rappelle plus, plusieurs dizaines de dollars également, mais il était très très rentable de prendre de base le multiple-entries).
Retour au lodge et diner sur la terrasse au dessus du bras de rivière envahi par les jacinthes d'eau.
J22 : The garden on the Chobe River Lodge (Kasane)
Avant de rentrer à Kasane, petit plaisir : visite matinale à Livingstone Island, au milieu du Zambèze, juste au dessus des chutes. Départ du Royal Livingstone en petit bateau, traversée de l'ile à pied, on se met en tenue de bain, et hop, à pied et à la nage dans le Zambèze, à quelques mètres des chutes ! C'est vraiment très excitant, le guide nous amène jusqu'à une sorte de piscine vraiment à l'aplomb des chutes, il y a même moyen de plonger d'un rocher de manière, sur la photo que le guide prend, à avoir l'air de se jeter dans le vide. C'est vraiment très très spectaculaire, et l'adrénaline est bien là... Ensuite, on nous offre un petit déjeuner gargantuesque sur la petite ile.
Cette excursion est vraiment à faire selon moi, le prix est assez raisonnable au regard de la qualité de ce qui est proposé et des émotions et souvenirs qui en restent. En tout cas, si vous choisissez de ne pas aller au Zimbabwe, c'est vraiment une manière originale de profiter des chutes du côté Zambien. Signe peut-être du destin, j'ai perdu la carte mémoire qui contenait « la » fameuse photo où je semble sauter dans le vide...
Retour au Maramba lodge pour reprendre les sacs à dos, puis direction Kasane via la Zambie.
Mis à part le taxi Maramba ↔ Chutes, tous les transferts avaient été organisés par Bustracks, millimétrés, nous avons vraiment profité de ces deux journées à fond sans soucis techniques d'organisation locale. Ce n'est certes pas très aventurier, mais, vraiment, je suis convaincu que ça économise énormément de soucis, qui, si vous n'êtes là que peu de temps peuvent vite prendre le pas sur le plaisir et gâcher des moments potentiellement inoubliables.
A Kasane, nous sommes donc au The Garden on the Chobe River lodge. C'est la première fois que nous sommes dans un lodge vraiment « luxe » (d'avantage que Bagatelle), et il faut avouer que se prélasser dans une chambre pleines de fleurs, avec sa petite terrasse, une super salle de bain, c'est vraiment agréable... Nous nous laissons aller tout l'après-midi à bouquiner et faire la sieste, avant de prendre un repas du soir somptueux. Tout le monde dine à la même table, le vin est « à volonté ». Malgré quelques coupures de courant intempestives, la soirée est dans la lignée de ces derniers jours : magique...
J23 : Ihaha campsite (Chobe National Park)
Petit-déj' de luxe dans notre lodge de luxe (qui nous coutera en fait 100 dollars de moins que prévu, super affaire !), puis direction le Chobe Riverfront. A l'entrée du Parc, nous n'avons aucune difficulté à obtenir un permis pour la nuit au campsite d'Ihaha.
Petite parenthèse du coup sur les parcs du Botswana. Lors de la préparation du voyage, j'avais compris qu'il était assez dur d'avoir des places réservées, les camps étant supposément tous pleins plus d'un an à l'avance. J'avais néanmoins également en tête les rapports de nombreuses personnes qui étaient parvenues sans soucis à trouver des places au jour le jour. Désireux cependant d'assurer le coup au maximum, j'avais demandé à Tourmaline d'organiser des réservations, sans véritablement me rendre compte qu'ils utilisent pour ça les services d'un agent au Botswana qui vous est refacturé 240 dollars ! La nuit que nous avons passée à Ihaha était prétendument fully-booked, de même qu'une nuit ensuite à Moremi que nous n'avons pas eu de mal à trouver sur place... Nous avons au final payé ces 240 dollars pour avoir un permis d'entrée au parc acheté à l'avance, étant donné que l'agent facture quel que soit le résultat... La conclusion de ça pour moi est donc en effet de confirmer que s'il n'est pas vain de tenter de réserver directement auprès du service des parcs, acheter les services d'un courtier est inutile, et même proche de l'arnaque. J'avais raccroché mon chapeau d'aventurier sur ce coup-là en voulant trop contrôler les événements, et je m'en suis mordu les doigts.
Le river front regorge en particulier d'éléphants, très nombreux. Nous croisons aussi des « antilopes à rond blanc sur les fesses » et des hippotragues à tête noire (à vos souhaits). Plusieurs fois, nous rebrousserons chemin pour éviter de passer trop prêt de groupes de pachydermes dont le chef apparent nous reluquait d'un œil mauvais. Une zone de pique-nique est disponible le long du parcours, tout aussi dangereuse a priori qu'ailleurs, où il est part contre interdit de descendre...
Cela dit, le campsite est du même acabit : notre emplacement est un peu à l'écart, une sorte de déversoir pour visiteurs en excès. Il n'est pas aménagé, et le trajet entre le site et le bloc sanitaire est long et, plus ennuyeux, ponctué de buffles allongés sous les arbres. Ambiance.
Nous établissons notre campement auprès d'un gros fourré, à la lisière de la grande plaine herbeuse où au loin s'écoule le fleuve. Au détour d'une chaise déchargée du coffre, je vois à quelques mètres à peine derrière un buisson une tête d'éléphant... Le temps de prévenir les voisins qui ne l'ont pas vue, nous opérons un repli stratégique dans la voiture, terrorisés à l'idée qu'elle puisse être sur leur route malgré les précautions que nous pensions avoir prises... La petite troupe passera finalement calmement entre les deux emplacements pour aller profiter de la fin de journée sur la plaine... Point positif : on peut maintenant se vanter d'avoir eu un jour dans notre vie la visite d'éléphants sur notre site de camping... et ce n'est pas fini... !
Diner à la bougie au coin du feu, une soirée de plus qui restera dans les annales de nos souvenirs !
Durant la nuit qui s'ensuit, ma compagne est réveillée par des bruits plus ou moins douteux. Au réveil le lendemain matin, nos voisins qui ont veillé nous informerons du passage d'un groupe de lions sur notre emplacement, correspondant parfaitement à la période où ma compagne s'est réveillée.
J24: Planet Baobab campsite
Nous continuons la boucle du river front jusqu'à Ngoma gate, avant de reprendre au sud direction Maun, par Nata et Gweta. Après de très longues hésitations, je n'ai pas choisi de prendre par Savuti, suite à divers avis publiés sur le forum et aussi aux conseils de Tourmaline. Je me suis dit que pour une première fois, nous ne tenterions pas le diable d'une traversée potentiellement compliquée.
La route Kasane Nata est en fait une galère, certes d'un autre genre probablement que le sable de Savuti. Plus on va vers le sud, plus des nids de poules (enfin, de poules aux hormones, format dindon...) se multiplient très dangereusement, imposant un slalom permanent, et ne permettant pas de rouler à une vitesse digne d'une route goudronnée. C'est assez dangereux, bien plus en tout cas que ce à quoi je me serais attendu si l'on m'avait dit de faire attention à des nids de poules. A noter que nous avons également croisé de nombreuses zones de travaux, probablement une réponse à la situation véritablement désastreuse de cette route.
Nous voyons aussi nos premières gouttes de pluie. Le campsite de Planet Baobab est plutôt agréable, sans être beaucoup plus original qu'une étape sur la longue route, ce qu'il est en fait... Durant la nuit que nous passerons ici, nous aurons de la pluie, et nous verrons aussi un orage passer au loin... Nous ne nous attendions pas à ça pour la saison !
J25 : Audi Camp campsite (Maun)
En route pour Maun, nous visitons le Nxai Pan, sous des averses régulières. Sous de gros nuages noirs, le paysage est presque un peu lugubre, d'autant plus qu'il y a très peu d'animaux, qui ne sont pas là en cette saison. Nxai est en fait d'avantage une zone où l'eau doit s'accumuler à la saison humide qu'un lac salé. La piste qui y conduit était fraichement tracée, praticable mais très sableuse. L'événement notable de cette matinée, c'est une famille d'autruches composée d'un adulte et d'une myriade de petits gentiment en chemin sur la route, que nous rattrapons donc... Mais ils ne souhaitent pas sortir, pas du tout... tant est si bien que sans pourtant avoir trop insisté, nous nous retrouvons chargés par maman autruche, toutes ailes dehors !
Nous faisons un détour par les Baobabs de Baines, un groupes de très beaux arbres qui poussent au bord d'un lac salé. Le site est vraiment très chouette, un peu à l'écart, propice à un pique nique sympa. Il y a pas loin un site de camp, dont je ne sais pas s'il on peut facilement y dormir ou pas.
Nous finissons la route vers Maun, ponctuée de troupeaux d'animaux domestiques qui imposent de fréquents ralentissements (enfin, pas à tout le monde, mais nous tenons à nos vies et à notre franchise...). A Maun, nous récupérons le permis d'accès à Moremi chez le courtier dont j'ai parlé un peu au dessus. Plus de commentaires à ce stade... Le Audi Camp est pour le coup le site le moins bien que nous ayons vu, tout le monde est relativement empilé. Une arrivée de bonne heure semble permettre d'être installé sur la parcelle de gazon qui est à l'entrée, et ainsi éviter d'être compacté tout au fond du camp. L'espace restau et piscine est plutôt agréable. Le camp est à la sortie nord de Maun et donc sur la route de Moremi. Cependant, je ne vois pas ça comme un élément suffisamment décisif pour ne pas essayer d'en trouver un autre à Maun, le jour où nous serons de retour !
J26 : Third bridge campsite (Moremi)
Aujourd'hui, départ de bonne heure pour le parc de Moremi, muni de notre « sésame » (rire jaune...) chèrement payé pour l'entrée plus une nuit à South Gate (cf. plus haut). Arrivée à la porte, on nous confirme qu'il y a naturellement de la place pour ce soir à Third Bridge, et qu'il n'y a qu'à s'arranger avec le ranger sur place. Il pleut ce matin, et les forêts des alentours de la piste qui nous conduit vers le Moremi nous rappellent un peu un automne chez nous, il fait gris, il pleut, les couleurs sont un peu passées, bref, moins dépaysant qu'imaginé. Nous ne voyons quasiment aucun animal. Les pistes sont en bon état, mais on imagine bien ce que ça peut devenir en saison des pluies, la terre a l'air très fine, et la moindre petite marre est très bouillasseuse. Un des deux premiers ponts (je ne me rappelle plus lequel) n'est plus vraiment praticable, et il faut traverser dans un gué à côté.
Arrivés à Third Bridge, pas de ranger en vue, nous suivons donc les conseils d'un sudaf' local qui nous conseille de nous trouver un arbre, de nous poser dessous et d'attendre de voir ce qui se passe.
Nous repartons faire le tour de Mboma Island, le paysage est très sauvage, et à la pointe de l'ile, la petite station de bateau fait très « bout du monde ». Du côté est, nous croisons quelques éléphants. La route étant très étroite et entourée d'arbres, ces mêmes éléphants se découvrent pour certains au dernier moment, et du coup très très prêt de la voiture, et les possibilités de faire demi-tour sont... compliquées. Nous n'aurons pas ce besoin, mais néanmoins, l'adrénaline est montée quelque fois ! A ceux qui craindraient de rayer leurs véhicules, ne pas passer par là, ces mêmes arbres très serrés autour de la voiture sont potentiellement les meilleurs amis de votre carrossier. Notre loueur ne dira rien, mais sûrement parce que nous aurons de quoi porter ses yeux ailleurs... (cf. plus loin).
De retour au camp, nous finirons l'après-midi à bouquiner, en observant les babouins se déchainer sur les installations d'un site voisin dont les propriétaires sont partis en ballade : la bâche de protection montée sur piquets est devenue un trampoline pour babouins, qui s'en donnent à cœur joie, c'est très impressionnant. Le seul moyen de les éloigner serait d'aller à leur emplacement et d'y rester, mais ce serait délaisser le nôtre qui serait ravagé à son tour. En un moment d'inattention, l'un de ces babouins est monté dans notre voiture dont nous avions oublié de fermer la porte, et il a fallu le chasser séance tenante, juste le temps pour lui de chaparder un bout de papier qui trainait dans un vide-poche.
La soirée sera bien plus calme qu'à Ihaha, pas d'éléphants dans le camping ni de lions...
J27 : Audi Camp campsite (Maun)
Lever de bonne heure pour profiter de la matinée dans les pistes de Moremi. On nous a la veille indiqué un coin où une belle bande de lions était susceptible de camper. Après quelques recherches parmi les (très très) nombreuses pistes « annexes », nous les repérons finalement. Une belle bande de 10 lionnes qui font la grasse matinée, en prenant la pose devant les quelques voitures hérissées de téléobjectifs et autres jumelles. Très impressionnant d'être tout prêt d'une telle bande de carnassiers... Nous continuerons la matinée à découvrir les multitudes de petites pistes (toutes méthodiquement répertoriées dans la cartographie GPS de Tracks4africa, peut-être l'endroit où ce même GPS a été le plus utile d'ailleurs, même si ce n'est pas très aventurier...). Quelques petites bêtes par ci par là, de belles marres à hippos, quelques herbivores terrestres. Pour les férus conducteurs tout terrain, il y a là vraiment moyen de tester les capacités de son véhicule (notamment des traversées de bras de rivières), mais en tout cas, nous ne tenterons pas l'aventure, vu que je ne suis pas sûr de maitriser tous les éléments. Rester planté au fond d'une marre de boue ne me tente guère (et le prix du dépannage encore moins!). Par contre, un arbre pas très vigilant a décidé de traverser le chemin durant notre seule marche arrière de la journée (la seule où j'avais un peu pris confiance, depuis presque un mois...)... On devrait toujours faire attention aux arbres qui traversent... Bref, une aile arrière pliée, un pare-choc bousillé et un phare cassé, ça va faire mal à la carte bleue... Les petites rayures d'hier feront du coup office de cerise sur le gâteau...
Le coup psychologique est rude, du coup on se rentre un peu choqués (surtout moi, même si y'a pas mort d'homme, ça fait mal de perdre 1000 euros en se disant que si machin bidule on aurait pas fait trucmuche et que du coup voilà). Pour se remonter le moral, tequila sunrise et poulet frite sur la terrasse du Audi Camp feront l'affaire ! Nous sommes cette fois-ci installés sur la pelouse à l'entrée du camp, qui est bien plus agréable que la partie du site où nous avons passé la première nuit (arriver tôt, y'a pas de miracle!).
Au final cette visite de Moremi nous laissera une impression mitigée, le temps déjà n'était pas franchement au rendez-vous, les animaux bien que nombreux ne se sont pas montrés dans la même profusion qu'à Chobe, et puis nous avons fini sur une mauvaise note avec cette aile ravagée. Inconsciemment aussi, la fin du voyage pointe le bout de son nez et il reste moins à faire que ce que nous avons déjà vu...
Point positif, la facilité (administrative et terrestre) de visite de ces parcs du Botswana est « surprenante » au regard de ce que je pensais avant d'arriver. A noter, au cas où je ne l'aurais pas déjà dit avant, nous avons entendu dans notre lodge de Kasane un guide dire qu'il était à l'ordre du jour de fermer l'accès au public au parc de Chobe, et de le réserver aux seules visites guidées et organisées. Je ne sais pas ce qu'il en est à ce jour...
J28 : Audi Camp campsite (Maun)
Au programme de ce dernier jour entier au Botswana nous partons en mokoro dans le delta, une ballade organisée par le Audi Camp. Le transfert jusqu'au départ se fait dans une espèce d'énorme camion qui traverse des routes inondées, enfin bref, un truc de « mec » quoi...
Nous embarquons dans notre frêle esquif, et la sensation est immédiate : on glisse au fil de l'eau, on entend le bruit des nénuphars et autres roseaux qui frottent contre la coque, on se faufile dans des petits canaux d'eau claire, c'est vraiment très agréable, et une façon vraiment originale de profiter des lieux.
Nous déchantons dès que la promenade dans le bush commence. Le guide ne parle absolument pas, malgré toutes mes tentatives de questions, il faut vraiment insister pour lui arracher un mot. Il reste la plupart du temps à marcher tout seul devant sans rien dire. C'est vraiment dommage : étant donné que l'environnement est relativement ingrat (prairie sèche, quelques arbres, marres) la valeur ajoutée d'une telle promenade vient avant tout du guide, sans quoi elle se transforme en randonnée sans intérêt sous un soleil de plomb... C'est curieux, il a son téléphone portable autour du coup et passe une partie de son temps à envoyer des SMS, il n'a pas une goute d'eau, comme on ne veut pas le laisser crever de soif nous lui proposons de la nôtre, qu'il finira par accepter. Durant la pause déjeuner, il reste à l'écart sous un arbre à envoyer des textos pendant que nous mangeons notre panier repas, nous en venons à nous demander si nous sommes sensés lui proposer « nos restes ». Bref, tout ça respire un peu l'amateurisme et l'attraction touristique bas de gamme où le guide se doit de ne pas être un coût trop cher au tour operator.
Durant le retour en mokoro, il nous abandonne pendant 10 minutes en plein cagnard sur la pirogue pour aller se baigner tout seul un peu plus loin, sans nous laisser penser le moins du monde que nous sommes bienvenus pour faire de même. Nous voyons un hippo au loin, et il ne se donne absolument pas la peine d'évoquer le sujet et encore moins de s'arrêter (je précise que la sécurité dans la configuration de l'endroit ne pouvait pas être la cause de ce non-arrêt). Nous lui laissons malgré tout un pourboire, mais le cœur n'y est pas. Nous n'en voulons même pas au guide en lui même (il avait peut-être un problème familial, on ne sait jamais), mais tout laisse à penser que c'est l'organisateur de ce tour en particulier qui fait que les guides ne doivent pas être très motivés (pas d'eau, pas de repas, et peut-être pas de salaire autre que le pourboire ?). Du coup, une mauvaise affaire pour tout le monde (ce n'est malgré tout pas donné). Conclusion, je recommanderais autant que possible de choisir avec attention la promenade en mokoro si vous la faites (peut-être attendre d'être sur place et consulter des gens en direct, ce que nous n'avons pas fait). C'est très clairement un moyen génial de profiter de la nature des environs, mais ça peut vite se transformer en une mixture un peu malsaine si on tombe mal.
La soirée est grasse et salée à souhait au restau du Audi Camp. Durant la nuit, un gros orage nous réveille qui durera jusqu'au matin. Saison sèche, où es-tu ?
J29 : Zelda Guest Farm campsite
Ce matin, j'avais prévu une autre surprise pour mon amoureuse, uns survol du delta en petit avion. J'étais plutôt angoissé par la tempête, mais elle s'est calmée suffisamment pour permettre au petit coucou (un Cessna 172) de décoller. J'avais planifié le jour de longue date (enfin croyait), mais l'agence nous avait en fait attendu la veille ! Malgré tout, il a été très facile semble-t-il de réveiller le pilote qui est arrivé dare dare. Tout ça pour dire que vous pouvez semble-t-il vous décider au dernier moment avec de bonnes chances de réussite.
Le vol est vraiment un souvenir mémorable, en particulier la vision depuis le ciel d'un grand troupeau d'éléphant est vraiment magique. Le vent est très fort et l'avion avance en crabe en remuant beaucoup, ça a l'air de ressembler à la conduite d'une deux chevaux en haute montagne. On survole un des lodges grand luxe du delta, c'est vrai qu'on ne doit pas être trop mal installé là dedans... Atterrissage... et d'une certaine manière c'est le début de la fin, nous prenons la route pour la Namibie où notre séjour s'achève dans deux jours...
Sur la route, nous croiserons de nombreux barrages. A l'un d'eux, le policier me fait reculer de 200 mètres sous prétexte que je ne me suis pas arrêté à un stop qu'il avait placé très en amont de sa position, peut-être pour une raison valable, mais en tout cas semble-t-il d'avantage justifié par l'envie de « piéger » tous les gens se présentant à lui (la voiture qui est passée après nous s'est aussi faite avoir) que par un souci de fluidifier la circulation. On m'aura demandé deux fois en une journée mon permis de conduire (une première fois à Maun le matin même) au Botswana, alors que je ne me suis jamais fait contrôler en France... Comme quoi... A un autre de ces barrages, on découvre dans notre coffre un fond de biltong et de droewors, que nous mangeons du coup sur le champ... Nous devons au passage signer un registre établissant qu'on nous a « confiscated » des produits interdits.
Le passage de la frontière se fait sans encombre, puis nous traçons notre route sur la Trans-Kalahari Highway jusqu'au Zelda Guest Farm. Une nouvelle fois, site de camp parfait, bien équipé, bref, la « routine » ! Le site est vide, à part deux françaises qui démarrent leur circuit, à qui du coup nous donnons quelques tuyaux et des restes de nourriture que nous n'arriverons pas à écluser.
Le propriétaire des lieux participe à un programme de sauvegarde des félins (capturés par d'autres fermiers qui les amènent là plutôt que de les tuer, si j'ai bien compris l'esprit de la manœuvre), et nous avons donc droit à une séance de nourrissage de 4 guépards et d'un léopard. C'est très spectaculaire, surtout les guépards qui se déchainent littéralement sur les morceaux de viande d'âne que le fermier leur donne, en faisant des bruits atroces dignes des hyènes d'Etosha, se précipitent sur les grillages, bref, nous sommes bien content de ne pas être à leur portée. Le léopard pour sa part est beaucoup plus « digne », et semble ne pas souhaiter se joindre à cette curée.
La soirée se fait dans une ambiance menaçante et électrique d'orage, le ciel est marbré d'éclairs. L'atmosphère est épaisse et ventée, nous nous réfugions tant bien que mal dans un abris du camp pour manger notre dernier repas sauvage de ces vacances... Finalement, les circonstances naturelles épicent l'angoisse du départ... L'orage durera encore une bonne partie de la nuit, en plein Kalahari...
J30 : Londiningi B&B (Windhoek)
Fin de la route jusqu'à Windhoek et repas cancérigène et obésifiant dans un KFC glauque (quelques fois, des pulsions incompréhensibles font commettre des erreurs !). Devant l'étendue des dégâts nous nous sommes arrangés avec le loueur pour rendre la voiture un jour plus tôt pour qu'il puisse faire les réparations au plus vite, moyennant qu'ils nous dépose à l'aéroport le lendemain. Bien que l'addition fasse mal (+/- 1000 euros de carrosserie), ils sont professionnels, pas de pinaillage sur l'état des lieux, et nous n'avons pas l'impression de nous être fait arnaquer vu ce qu'il y a à faire. De toute façon même en réduisant la franchise, nous ne nous y serions pas retrouvés vu le coût d'assurance supplémentaire, et qui n'aurait peut-être même pas marché au final vu le caractère « non-standard » de l'endroit où l'arbre a traversé la route derrière nous (à vérifier dans les petites lignes du contrat, je n'ai pas pris la peine de le faire de toute façon).
Le soir diner chez Londiningi, de nouveau sous l'orage...
J31 : vol vers Francfort puis Paris
On profite autant que possible du petit déj' fabuleux de Londiningi, mais le cœur n'y est plus... Nous allons faire quelques emplettes de souvenirs au centre ville de Windhoek. J'adopte pour ma part une famille sculptée de mes fameux dindons, tant qu'à faire kitsch, autant y aller franchement. A peine achetés, je me rappelle que je m'était promis de ne pas acheter de produits en bois travaillé pour ne pas inciter au coupage sauvage des arbres... Raté pour cette fois.
Nous faisons notamment escale au Namibia Craft Centre (je crois), un groupement de nombreuses boutiques d'objets normalement fabriqués dans des communautés et dont les revenus doivent leur bénéficier. L'endroit est plutôt agréable, et si mes souvenirs sont bons, un charmant petit café propose de très bons plats dans un cadre agréable...
Nous en sommes réduits à admirer la beauté de la lumière de la fin du jour sur les parkings de l'aéroport. Contrastes de couleurs saisissants... Le cœur est ailleurs, mais hélas pas l'avion, qui lui est bien là, fidèle au poste, pour nous ramener dans le monde réel. L'atterrissage a déjà commencé...
Éthiopie et Kenya en transports locaux English translation pending
Bonjour,
J'avais créé un sujet initialement sur la région Kenya/Tanzanie/Ouganda/Rwanda que j'ai muté pour plusieurs raison (prix, TO nécessaire, gros manque d'infos, mis à part les visites des réserves et le kilimandjaro en 4x4 ou via TO) Une "campagne de promotion" d'un des aficionado de l'Éthiopie sur un des messages parlant du Kenya a fait glisser ma curiosité vers le nord . Après de nombreuses recherches sur ce forum, et les lectures de nombreux sujets, je suis tombé tout simplement amoureux de ce pays, au point où je ne peux envisager de voir un autre pays. L'Ethiopie correspond parfaitement à mes attentes : budget (très?) limité, voyage culturel, en privilégiant l'architecture, l'histoire et les paysages (les rencontres se faisant d'elles même en bus), et dans une certaine mesure, l'ambiance nocturne à addis (j'ai lu le post sur les bar de jazz d'addis, j'ai déjà hâte !)
Concernant mes conditions de voyage: - je voyage seul et comme je peux (bus, camionstop.....course à pied lorsque c'est nécessaire) - je dispose de 4 à 5 semaines en tout et pour tout (je peux prolonger, mais avec le ramadan qui sera déjà entamé et les vendanges, je ne pousserai pas trop) : pour le moment, je table sur du 9 juillet - 9 aout (je prend mon billet moroni - nairobi cette semaine) - je pense faire l'aller-retour nairobi addis par voie terrestre (oui, j'ai lu les messages, c'est pas de tout repos ! selon le souvenir que m'aura laissé le voyage aller, et le temps du trajet, je prendrai ou non la voie des airs) - j'aime la marche, encore plus s'il y a une carotte au bout du chemin 😉 - je suis pas un grand sportif mais j'ai une bonne condition
Je suis actuellement dans un pays où je ne peux avoir accès à des guides papiers, je ne me suis basé que sur des forum (celui ci particulièrement) pour monter mon trip. Les problèmes que j'ai rencontré lors de mes recherches: - le manque d'informations actualisées: situation actuelle à la frontière kenyanne? (sur des forums anglais, j'ai lu qu'il y avait eu des heurts en mai dernier) - contradictions parfois: possible de prendre son visa éthiopien et kenyan à Moyale? (donc dans le deux sens)
Concernant les détails du voyage que j'envisage: A l'heure actuelle, il se subdivise en gros ainsi: - Nairobi : 2 nuits (pour me délester de certaines affaires chez un ami, et acheter le guide Bradt ou Lonely planet? (pour info: les deux sont dispo au yaya centre de nairobi); et commencer un peu à lire de ce guide pour me mettre dans le bain) - trajet Nairobi - isolio puis camionstop jusqu'à moyale - depuis moyale, bus jusqu'à addis ; si vous avez de bons coins à ne pas manquer sur cette route, je suis preneur ! - addis: 2 nuits - addis - awash - dire dawa - harer : pour s'imprégner un minimum des lieux, sans toutefois prendre racines, pensez vous qu'une semaine suffise? - retour à addis: 1 nuit? - addis - bahir dar - gondar - aksum - lalibella (cette dernière partie est possible via l'axe adwa - gashena?) - retour à addis: 1 nuit puis addis - moyale - nairobi puis nairobi - paris (via bahrein, 15h de vol) (ou comment terminer 7 mois en Afrique dans la douleur 😎
En gros, ce sera: 1 semaine consacrée au transport nairobi-addis-nairobi + séjour nairobi 1 semaine consacrée à l'axe east, à savoir awash - dire dawa et plus particulièrement harer 2 à 3 semaines consacrées au nord ouest (addis - bahir - gondar - aksum - lalibella)
Les questions que je me posais : 1/ considérant le temps dont je dispose, pensez vous que ce soit faisable? 2/ dans le cas contraire, ajouter une semaine supplémentaire me permettrait il de boucler ce voyage? 3/ un retour sur les conditions climatiques en juin-juillet-aout? (j'ai lu qu'en septembre-octobre, c'est pluie au nord ! ) 4/ combien coute à peu près le trajet isiolo-moyale et moyale-addis?ça se fait en combien de temps à peu près (je parle de la durée du trajet à peu près, pas du temps necessaire pour trouver un camion)? (les discussions à ce sujet font état de 22h ou de 5 jours ! ) 5/ en moyenne, le bus local coute t'il cher? (exemple: un addis-gonder?) et le bus plus "confort"? (les sky bus c'est ça?) 6/ des rando en solo d'une journée sont possible (dans le sens: techniquement possible et sans risque?) dans les parc alentour de certaines villes? (genre le parc d'awash, les environ de tana lake, siemien mountain, shire reserve?) 7/ le visa s'obtient toujours à Moyale? (dans les deux sens) (j'ai vu des réponses contradictoires à ce sujet sur le forum; si quelqu'un a du frais ou du tiède, je prend ! ) 8/ mis à part cet axe, y a t'il une douane, autre que moyale, octroyant des visas entre les deux pays? (je pensais aux environ de turkana?) 9/ je suis musulman et j'aimerais pratiquer dans la mesure du possible; est ce que cela peut être un danger de dévoiler ce point aux gens que je rencontrerais?
Je vous remercie pour toute information que vous pourrez me donner, même la plus insignifiante !
J'avais créé un sujet initialement sur la région Kenya/Tanzanie/Ouganda/Rwanda que j'ai muté pour plusieurs raison (prix, TO nécessaire, gros manque d'infos, mis à part les visites des réserves et le kilimandjaro en 4x4 ou via TO) Une "campagne de promotion" d'un des aficionado de l'Éthiopie sur un des messages parlant du Kenya a fait glisser ma curiosité vers le nord . Après de nombreuses recherches sur ce forum, et les lectures de nombreux sujets, je suis tombé tout simplement amoureux de ce pays, au point où je ne peux envisager de voir un autre pays. L'Ethiopie correspond parfaitement à mes attentes : budget (très?) limité, voyage culturel, en privilégiant l'architecture, l'histoire et les paysages (les rencontres se faisant d'elles même en bus), et dans une certaine mesure, l'ambiance nocturne à addis (j'ai lu le post sur les bar de jazz d'addis, j'ai déjà hâte !)
Concernant mes conditions de voyage: - je voyage seul et comme je peux (bus, camionstop.....course à pied lorsque c'est nécessaire) - je dispose de 4 à 5 semaines en tout et pour tout (je peux prolonger, mais avec le ramadan qui sera déjà entamé et les vendanges, je ne pousserai pas trop) : pour le moment, je table sur du 9 juillet - 9 aout (je prend mon billet moroni - nairobi cette semaine) - je pense faire l'aller-retour nairobi addis par voie terrestre (oui, j'ai lu les messages, c'est pas de tout repos ! selon le souvenir que m'aura laissé le voyage aller, et le temps du trajet, je prendrai ou non la voie des airs) - j'aime la marche, encore plus s'il y a une carotte au bout du chemin 😉 - je suis pas un grand sportif mais j'ai une bonne condition
Je suis actuellement dans un pays où je ne peux avoir accès à des guides papiers, je ne me suis basé que sur des forum (celui ci particulièrement) pour monter mon trip. Les problèmes que j'ai rencontré lors de mes recherches: - le manque d'informations actualisées: situation actuelle à la frontière kenyanne? (sur des forums anglais, j'ai lu qu'il y avait eu des heurts en mai dernier) - contradictions parfois: possible de prendre son visa éthiopien et kenyan à Moyale? (donc dans le deux sens)
Concernant les détails du voyage que j'envisage: A l'heure actuelle, il se subdivise en gros ainsi: - Nairobi : 2 nuits (pour me délester de certaines affaires chez un ami, et acheter le guide Bradt ou Lonely planet? (pour info: les deux sont dispo au yaya centre de nairobi); et commencer un peu à lire de ce guide pour me mettre dans le bain) - trajet Nairobi - isolio puis camionstop jusqu'à moyale - depuis moyale, bus jusqu'à addis ; si vous avez de bons coins à ne pas manquer sur cette route, je suis preneur ! - addis: 2 nuits - addis - awash - dire dawa - harer : pour s'imprégner un minimum des lieux, sans toutefois prendre racines, pensez vous qu'une semaine suffise? - retour à addis: 1 nuit? - addis - bahir dar - gondar - aksum - lalibella (cette dernière partie est possible via l'axe adwa - gashena?) - retour à addis: 1 nuit puis addis - moyale - nairobi puis nairobi - paris (via bahrein, 15h de vol) (ou comment terminer 7 mois en Afrique dans la douleur 😎
En gros, ce sera: 1 semaine consacrée au transport nairobi-addis-nairobi + séjour nairobi 1 semaine consacrée à l'axe east, à savoir awash - dire dawa et plus particulièrement harer 2 à 3 semaines consacrées au nord ouest (addis - bahir - gondar - aksum - lalibella)
Les questions que je me posais : 1/ considérant le temps dont je dispose, pensez vous que ce soit faisable? 2/ dans le cas contraire, ajouter une semaine supplémentaire me permettrait il de boucler ce voyage? 3/ un retour sur les conditions climatiques en juin-juillet-aout? (j'ai lu qu'en septembre-octobre, c'est pluie au nord ! ) 4/ combien coute à peu près le trajet isiolo-moyale et moyale-addis?ça se fait en combien de temps à peu près (je parle de la durée du trajet à peu près, pas du temps necessaire pour trouver un camion)? (les discussions à ce sujet font état de 22h ou de 5 jours ! ) 5/ en moyenne, le bus local coute t'il cher? (exemple: un addis-gonder?) et le bus plus "confort"? (les sky bus c'est ça?) 6/ des rando en solo d'une journée sont possible (dans le sens: techniquement possible et sans risque?) dans les parc alentour de certaines villes? (genre le parc d'awash, les environ de tana lake, siemien mountain, shire reserve?) 7/ le visa s'obtient toujours à Moyale? (dans les deux sens) (j'ai vu des réponses contradictoires à ce sujet sur le forum; si quelqu'un a du frais ou du tiède, je prend ! ) 8/ mis à part cet axe, y a t'il une douane, autre que moyale, octroyant des visas entre les deux pays? (je pensais aux environ de turkana?) 9/ je suis musulman et j'aimerais pratiquer dans la mesure du possible; est ce que cela peut être un danger de dévoiler ce point aux gens que je rencontrerais?
Je vous remercie pour toute information que vous pourrez me donner, même la plus insignifiante !
Trouver un hôtel sur Moab (urgent) English translation pending
VOILa, toujours dans mon souci de changement d'itinéraire de dernière minute, il me restais à trouver un hôtel sur moab
l'agence s'est occupée de changer sur les autres jours et a reussi, mais ils n'ont plus d'hôtels de libres sur moab, et me propose à green river
soit un éloignement d'1 heure sur tous les parcs (2h30 pour aller à island of the sky voir le lever du soleil....😠.) en plus cela nous éloigne d'une heure auusi pour aller à monument valley, ce qui nous fera arriver encore plus tard à page et nous pénalisera pour faire les petites chose qu il voulait dans la soirée...
bref, j'aimerai trouver mieux, un hôtel sur moab !
MAIS COMMENT FAIT ON ??????
quelqu'un peu me guider pour en trouver un de dispo ? ou faut il se renseigner, sur quel site faut 'il aller ? CAR J4AI BESOIN DE SAVOIR SI J ANNULE AVEC L AGENCE OU PAS
"Révolutions" islandaise, espagnole, grecque, française... English translation pending
En usagers assidus du net que vous êtes, vous devez probablement être au courant de ce qui se passe ces derniers temps un peu partout en Europe: "révolution" silencieuse en Islande suite à la banqueroute du pays, mouvement qui a contaminé l'Espagne ces dernières semaines sous la forme de campements sur les places principales d'une 60aine de villes (et qui continuent actuellement, bien que l'échéance des élections municipales et régionales soient passées). Rassemblements qui eux-mêmes essaiment à présent à travers toute l'Europe et même en Amérique Latine, paraît-il.
Je mets bien "révolution" entre parenthèses, car il ne s'agit pas à mon sens de réelles révolutions, plutôt de remous avant-coureurs... Pour ceux qui découvrent, voici quelques liens pour vous mettre à niveau: - Sur les événements islandais: http://www.rue89.com/2011/01/09/la-revolution-democratique-en-islande-tient-du-fantasme-184214 - Sur les événements espagnols: http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/05/30/une-nuit-avec-les-indignes-de-la-puerta-del-sol-a-madrid_1529152_3214.html http://www.marianne2.fr/De-quoi-les-Indignes-sont-ils-le-nom_a206824.html - Sur les rassemblements en france: http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1652;apres-le-printemps-arabe-l-ete-europeen.html
Je me demandais, ce que vous, voyageurs, pensez de ces événements? Et au-delà, que vous inspire ces nouvelles formes de révoltes internationales, possibles grâce au net ?
Je mets bien "révolution" entre parenthèses, car il ne s'agit pas à mon sens de réelles révolutions, plutôt de remous avant-coureurs... Pour ceux qui découvrent, voici quelques liens pour vous mettre à niveau: - Sur les événements islandais: http://www.rue89.com/2011/01/09/la-revolution-democratique-en-islande-tient-du-fantasme-184214 - Sur les événements espagnols: http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/05/30/une-nuit-avec-les-indignes-de-la-puerta-del-sol-a-madrid_1529152_3214.html http://www.marianne2.fr/De-quoi-les-Indignes-sont-ils-le-nom_a206824.html - Sur les rassemblements en france: http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1652;apres-le-printemps-arabe-l-ete-europeen.html
Je me demandais, ce que vous, voyageurs, pensez de ces événements? Et au-delà, que vous inspire ces nouvelles formes de révoltes internationales, possibles grâce au net ?
Concours photo du mois de juin 2011. Thème "La bouffe à travers le monde" English translation pending
Le thème du mois est : la bouffe à travers le monde
De l'entrée en passant par le plat principal et jusqu'au dessert. Le tout boisson comprise. De l'étal de nourriture prête à la consommation (cela exclut donc les étals de marché car sinon on peut s'attendre à des photos de vaches paissant dans un pré sous un ciel menaçant 🤪) à la consommation elle-même. Sont exclues du concours les photos de chien se faisant étripé au fond d'une cuisine de restaurant chinois et bien sûr ... les concombres. Quelques exemples (hors concours) en photos attachées ci-dessous.
- 3 photos maximum par personne à poster jusqu'au 24 Juin minuit. - Pour la bonne lisibilité du fil des images du concours, merci de poster 1 seule image par post et de lui donner un numéro d'ordre (photo 1, photo 2 et photo 3) - On vote du 25 au 29 Juin. - On vote pour 3 photos. La première reçoit 3 points; la seconde, 2 points et la troisième, 1 point. - La photo gagnante sera celle ayant obtenu le plus de points. - Tout le monde peut voter, participant ou non, avec indication du nom de l'auteur et du numéro d'ordre de la photo. Un petit commentaire pour expliciter le vote est le bienvenu. - Proclamation des résultats le 30 Juin. - Le vainqueur gagne l'immense privilège d'organiser le concours du mois de Juillet. - En cas d'égalité les vainqueurs s'arrangeront entre eux pour le concours suivant.
Bonne participation et bonne chance à toutes et tous
Afin de ne pas encombrer ce topic de palabres et autres discussions vous avez l'espace voisin suivant pour vous exprimer : Discussion autour du thème du concours du mois de Juin 2011 "Bouffe"

De l'entrée en passant par le plat principal et jusqu'au dessert. Le tout boisson comprise. De l'étal de nourriture prête à la consommation (cela exclut donc les étals de marché car sinon on peut s'attendre à des photos de vaches paissant dans un pré sous un ciel menaçant 🤪) à la consommation elle-même. Sont exclues du concours les photos de chien se faisant étripé au fond d'une cuisine de restaurant chinois et bien sûr ... les concombres. Quelques exemples (hors concours) en photos attachées ci-dessous.
- 3 photos maximum par personne à poster jusqu'au 24 Juin minuit. - Pour la bonne lisibilité du fil des images du concours, merci de poster 1 seule image par post et de lui donner un numéro d'ordre (photo 1, photo 2 et photo 3) - On vote du 25 au 29 Juin. - On vote pour 3 photos. La première reçoit 3 points; la seconde, 2 points et la troisième, 1 point. - La photo gagnante sera celle ayant obtenu le plus de points. - Tout le monde peut voter, participant ou non, avec indication du nom de l'auteur et du numéro d'ordre de la photo. Un petit commentaire pour expliciter le vote est le bienvenu. - Proclamation des résultats le 30 Juin. - Le vainqueur gagne l'immense privilège d'organiser le concours du mois de Juillet. - En cas d'égalité les vainqueurs s'arrangeront entre eux pour le concours suivant.
Bonne participation et bonne chance à toutes et tous
Afin de ne pas encombrer ce topic de palabres et autres discussions vous avez l'espace voisin suivant pour vous exprimer : Discussion autour du thème du concours du mois de Juin 2011 "Bouffe"
