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Quy Nhon: ville côtière peu touristique avec un front de mer très agréable (Vietnam) English translation pending
Ne croyez pas les âneries que vous lirez dans ce torchon qu'est le Guide du Routard, dont un exemplaire m'est passé entre les mains alors que je n'étais même pas aux toilettes, là où il a vraiment sa place.
Une ville côtière peu touristique (rare et appréciable !), avec un front de mer très agréable (voire magique dans sa partie nord, au coucher du soleil), dont les nombreuses petites rues et ruelles perpendiculaires aux grands axes offrent une fênetre intéressante sur la vraie vie, dans des quartiers résidentiels à la fois calmes et animés. Sans parler de la population très chaleureuse. On peut même y admirer deux pagodes absolument magnifiques qui ne figurent dans aucun guide, sur Tran Thi Ky et Ham Nghi (où monsieur Doan se fera un plaisir de vous payer un coup s'il vous voit trainer dans le coin...). Au sud, la très belle plage de Quy Hoa et de superbes vues sur la baie depuis les rochers surplombant Queen's Beach, et au nord, la presqu'île de Phuong Mai et le village de pêcheurs de Hai Minh. D'un coup de bateau en bois (10 000 d aller-retour...et pas les 150 000 d demandés !), vous rejoindrez la presque-île, où trône la statue de Tran Hung Dao. Une balade dans le village de pêcheurs (le port est splendide en fin d'après-midi !!!), et vous serez sûrement invité à prendre un verre chez l'habitant. Montez à la statue pour de très belles vues sur la baie. Descendez de l'autre côté, et vous aurez une magnifique petite plage/crique de sable doré pour vous tout seul, bordée de beaux rochers, avec en toile de fond la mer constellée de petits bateaux de pêche colorés. Waaaaah...😮 Si comme moi vous avez la chance de faire cette petite sortie par un temps ensoleillé, vous allez vous régaler et rentrer avec de chouettes photos en poche.
Ne vous limitez donc pas à ce que vous lisez dans le Torchon du Routard, ou ce que les environs de votre hôtel vous laissera penser : cette ville recèle des trésors pour celui qui "sait" visiter et qui se donne la peine d'explorer, à pied ou à bicyclette...
Une ville côtière peu touristique (rare et appréciable !), avec un front de mer très agréable (voire magique dans sa partie nord, au coucher du soleil), dont les nombreuses petites rues et ruelles perpendiculaires aux grands axes offrent une fênetre intéressante sur la vraie vie, dans des quartiers résidentiels à la fois calmes et animés. Sans parler de la population très chaleureuse. On peut même y admirer deux pagodes absolument magnifiques qui ne figurent dans aucun guide, sur Tran Thi Ky et Ham Nghi (où monsieur Doan se fera un plaisir de vous payer un coup s'il vous voit trainer dans le coin...). Au sud, la très belle plage de Quy Hoa et de superbes vues sur la baie depuis les rochers surplombant Queen's Beach, et au nord, la presqu'île de Phuong Mai et le village de pêcheurs de Hai Minh. D'un coup de bateau en bois (10 000 d aller-retour...et pas les 150 000 d demandés !), vous rejoindrez la presque-île, où trône la statue de Tran Hung Dao. Une balade dans le village de pêcheurs (le port est splendide en fin d'après-midi !!!), et vous serez sûrement invité à prendre un verre chez l'habitant. Montez à la statue pour de très belles vues sur la baie. Descendez de l'autre côté, et vous aurez une magnifique petite plage/crique de sable doré pour vous tout seul, bordée de beaux rochers, avec en toile de fond la mer constellée de petits bateaux de pêche colorés. Waaaaah...😮 Si comme moi vous avez la chance de faire cette petite sortie par un temps ensoleillé, vous allez vous régaler et rentrer avec de chouettes photos en poche.
Ne vous limitez donc pas à ce que vous lisez dans le Torchon du Routard, ou ce que les environs de votre hôtel vous laissera penser : cette ville recèle des trésors pour celui qui "sait" visiter et qui se donne la peine d'explorer, à pied ou à bicyclette...
Hôtel Filitheyo aux Maldives fin août 2009 English translation pending
Bonjour, on se rend à l'hotel Filitheyo fin aout 2009 en voyage de noces, et j'aurai voulu avoir des renseignements sur l'hotel et sur le climat à cette époque de l'année.
Merci d'avance
Bonne adresse de restaurant familial et typique à Barcelone? English translation pending
Bonjour
Pourriez-vous m'indiquer une bonne adresse de restaurant typique au centre de Barcelone pour s'y retrouver avec des amis (2 familles) ? Merci
Météo sur la Côte-Nord et en Gaspésie au mois de mai? English translation pending
Bonjour à tous!
je compte passer quelques jours sur la côte Nord et en Gaspésie au début du mois de mai. Même si je me suis déjà renseignée sur des sites météorologiques, j'aimerai avoir quelques témoignages sur ce qu'il m'attend!
Merci!
Ville de Chaitén et la Carretera Australe à vélo au Chili English translation pending
Bonjour a tous
je suis a la recherche de nouvelles de la ville de chaiten au chili. j y prevoyais d y passer en velo pour prendre la carreterra australe il semblerait que la ville "n existe plus" mais peut on encore y passer? merci d avance pour vos reponses
Périple de Paris au Luxembourg à vélo début février? English translation pending
Salut à toutes et à tous !
Le semaine prochaine je souhaiterai m'évader un peu, et vu que j'ai quelques jours à tuer, je souhaitais faire le trajet Paris-Luxembourg. Je compte camper, en forêt ou ailleurs à défaut de campings ouverts. Je pense prendre la marne qui va jusqu'à Château-Thierry, puis visiter Reims un peu plus haut. Ensute je ne sais pas vraiment par ou passer ? De plus je ne sais pas quelles seront les conditions météo, et j'avoue que je ne sais pas encore ce qu'il faut que je prévoie... AIDEZ-MOI !!!!!!!!!!!!
Le semaine prochaine je souhaiterai m'évader un peu, et vu que j'ai quelques jours à tuer, je souhaitais faire le trajet Paris-Luxembourg. Je compte camper, en forêt ou ailleurs à défaut de campings ouverts. Je pense prendre la marne qui va jusqu'à Château-Thierry, puis visiter Reims un peu plus haut. Ensute je ne sais pas vraiment par ou passer ? De plus je ne sais pas quelles seront les conditions météo, et j'avoue que je ne sais pas encore ce qu'il faut que je prévoie... AIDEZ-MOI !!!!!!!!!!!!
Questions essentielles sur la Thaïlande English translation pending
a quelle periode y aller ??? = toute l annee mais a partir de janvier fevrier mars avril 😉
quelle langues ?? = anglais !!! et francais pour le commerce 😉
quels riques ??? aucun !!!! sauf d y prendre gout 😏
a eviter ??? le sud en famille !!! se faire remarquer . 🏴☠️
la bouffe ??? pas cher et tres variee !!!
les filles ??? 😛 elle vous attendent .
les stands de tir ?? pas cher ils vous attendent !!!
la location de moto, jeep, quad ...??? A NEGOCIER EST LAISSER PLUTOT LA PJOTOCOPIE DE PASSEPORT!!!!
les plages ??? toutes et certaine plus calme que d autres !!!!
les fringues ??? le faux bonne qualite la plupart et le vrai pas cher par rapport a ici !!!
bref j y retoure dans une semaine c est la troisieme fois phuket me voici 😎
Magasin à Las Vegas pour le camping? English translation pending
Bonjour à tous,
Je suis toujours en préparation de mon vayage 2009 dans l'ouest américain.
Je prévois d'atterir à Las Vegas et après avoir passé une soirée en ville de partir pour des zones moins peuplées.
Mais avant de partir de LV je souhaite compléter mon équipement pour le camping.
Quelqu'un pourrait-il m'indiquer un magasin à LV où je pourrais trouver : glacière, grille barbecue, charbon de bois, ... bref l'indispensable pour le campeur.
Merci d'avance pour vos réponses.
Jean Michel.
Découvrir Palawan: adresses d'hôtels ou guest houses? English translation pending
Bonjour.
Nous prévoyons de découvrir PALAWAN pendant 12 jours. Pourriez vous nous indiquer un hôtel ou guest typique, dans un cadre agréable pour passer notre premiére nuit sur Port Princesa (nous arrivons de MANILLE à 16h30)? Nous souhaitons prendre le bus ou van (lequel des 2 nous comblera de découverte?) pour ROXAS: auriez vous les horaires et lieu ou il faut prendre ce bus ou van? Quelles seraient les destinations devons nous privilégier pour y passer 3 à 4 jours chacunes: ROXAS, PORT BARTON, EL NIDO, QUEZON, ou autres. En sachant qu'aprés une journée bien occupée, se ballader dans les rues avec restaurants et boutiques nous serait agréable. Moyen pour s'y rendre? Auriez vous des adresses d'hôtels ou de guest houses dans ces lieux: propres, typiques (bungalow, bois) sans luxe inutile? Quelles visites et excursions pourriez vous nous conseiller? Merci pour votre aide.
Nous prévoyons de découvrir PALAWAN pendant 12 jours. Pourriez vous nous indiquer un hôtel ou guest typique, dans un cadre agréable pour passer notre premiére nuit sur Port Princesa (nous arrivons de MANILLE à 16h30)? Nous souhaitons prendre le bus ou van (lequel des 2 nous comblera de découverte?) pour ROXAS: auriez vous les horaires et lieu ou il faut prendre ce bus ou van? Quelles seraient les destinations devons nous privilégier pour y passer 3 à 4 jours chacunes: ROXAS, PORT BARTON, EL NIDO, QUEZON, ou autres. En sachant qu'aprés une journée bien occupée, se ballader dans les rues avec restaurants et boutiques nous serait agréable. Moyen pour s'y rendre? Auriez vous des adresses d'hôtels ou de guest houses dans ces lieux: propres, typiques (bungalow, bois) sans luxe inutile? Quelles visites et excursions pourriez vous nous conseiller? Merci pour votre aide.
Koh Phi Phi: accéder aux activités hotelières moyennant finance? English translation pending
salut à tous🙂
je souhaiterai savoir, à Ko phi phi si je reside dans une guesthouse, pourai je accéder aux plages privées, restaurants et piscines des autres hotels (moyénant finance biensur 😏) ?
merçi d avance
tchao à tous😎
je souhaiterai savoir, à Ko phi phi si je reside dans une guesthouse, pourai je accéder aux plages privées, restaurants et piscines des autres hotels (moyénant finance biensur 😏) ?
merçi d avance
tchao à tous😎
Croisière "Les trésors de l'histoire" sur le Costa Concordia: forfait boissons? English translation pending
Bonjour
J'envisage de faire la croisière "Les trésors de l'histoire".
Costa propose plusieurs forfaits boissons sur leur site.On m' a parlé d'un autre forfait qui n'y figure pas: le beverage pkg "bye the glass".Quelqu'un connait-il ce forfait ??? c'est, parait-il, un genre de toutes boissons incluses mais servis au verre.boissons alcooliques comprises.
Mais que comprend-t-il exactement ??
Merci pour vos réponses.
andré
andré
Opinion après un retour du Meeru Island Resort, Malé Nord English translation pending
Bonjour tous,
Quelques mots sur Meeru dont je reviens: très grande île effectivement; grand lagon, de la plage pour tous bien que les bungalows soient trop rapprochés à environ 3 mètres les uns des autres. gestion Maldivienne pas très adaptée à nos habitudes: trop de tickets à signer, trop de paiements en tout genre pour des détails de rien. Exemple: même la base de plongée vous facture 63$ (avec 17$ le bateau pour une plongée, précise-t-elle); mais ils ajoutent 1$ pour le service en plus. On sent un peu qu'ils cherchent à vous soutirer quelques $ chaque fois que c'est possible. C'est bien, le tout compris "all inclusive"; sauf que ce n'est pas du tout tout compris. Exemple, notre "petit noir", l'express, l'article le plus basique dans un café, est...payant. Et pas 1.20€; c'est 3.10€ sur Meeru! compter 35$/jour pour le all inclusive. Les buffets sont corrects (4 hors d'oeuvres et plusieurs plats de résistance au choix); le vin de la maison est presque raisonnable aussi. Par contre, dès qu'on veut changer de restaurant, il faut payer 45$ environ. wifi et internet pour 17$/2H confort raisonnable, spacieux, façon chalet en bois (en villa plage); manque de lumière.
Amusant, la SDB en semi-extérieur. Clientèle européenne variée, c'est bien de ne pas avoir une nationalité trop dominante. et la nuitée assez raisonnable qui compense les suppléments.
Voilà!
Artisanat local de la Guadeloupe et Martinique English translation pending
Quel marque de rhum me conseillé vous ? quel sont leurs artisana fait pas les habitants des ses Iles ?
Merci pensive
Merci pensive
Ramener des meubles de Thaïlande? English translation pending
est il possible de remenais des meuble de thailandes et si oui comment faut il faire
Moustiques en Finlande? English translation pending
J'ai cru comprendre que dans certaines régions les moustiques sont présents. Pouvez vous me dire à quelle période et sur quelle régions ces petits insectes sévissent??
merci pour vos réponses!
merci pour vos réponses!
Belles choses à voir sur la Rive sud de Saint-Laurent? English translation pending
Bonjour
Toujours à la recherche du meilleur itinéraire pour mon voyage au Québec, je voulais savoir s'il y avait de belles choses à voir côté sud du St-Laurent?
Quel est ensuite le meilleur endroit pour traverser le fleuve pour rejoindre Tadoussac?
Encore merci de vos réponses
Fabio
Toujours à la recherche du meilleur itinéraire pour mon voyage au Québec, je voulais savoir s'il y avait de belles choses à voir côté sud du St-Laurent?
Quel est ensuite le meilleur endroit pour traverser le fleuve pour rejoindre Tadoussac?
Encore merci de vos réponses
Fabio
Qui passe la relache du 1er au 8 mars à Puerto Plata? English translation pending
Salut tout le monde!!
Je fais ce post pour savoir combien de Québéker seront à Puerto Plata dans la semaine du 1 au 8 mars. Comme ça, on pourrait peut-être se connaître et se reconnaître avant de partir à l'aéroport. On sait comment des fois c'est long attendre, là bien on joue à chercher du monde....🙂
Moi je part de Montréal, le 1 mars à 4:00 pm
À bientôt dans le sud...😎
Je fais ce post pour savoir combien de Québéker seront à Puerto Plata dans la semaine du 1 au 8 mars. Comme ça, on pourrait peut-être se connaître et se reconnaître avant de partir à l'aéroport. On sait comment des fois c'est long attendre, là bien on joue à chercher du monde....🙂
Moi je part de Montréal, le 1 mars à 4:00 pm
À bientôt dans le sud...😎
Voyage au coeur de cette France qui dépayse English translation pending
Photos en fin de texte
Nul besoin d'aller très loin pour voyager.
Voyager sur la Terre, et voyager dans le temps.
Il était une fois… à deux heures et demie de route de chez nous, un petit fief bourguignon niché au creux d'une jolie campagne vallonnée, comme retranché du monde, où les habitants sont aussi nombreux que les têtes de bétail, comme on dit, et où le temps semble s'être arrêté il y a un siècle. Ou quasi.
Pour y parvenir, mieux vaut avoir fait le plein d'essence et connaître son itinéraire, car les petites routes sinueuses cheminant à travers bois, prés et champs et se rétrécissant au fur et à mesure que l'on s'éloigne de Dijon (à tel point que l'étroite ligne pointillée centrale prend des airs d'ineptie, à moins qu'elle n'ait été pensée pour les mobylettes, peut-être plus nombreuses à circuler ici que les voitures…), n'ont pas leur pareil pour mener… ailleurs… ou nulle part. Tout dépend du point de vue. Car se perdre, certains vous le confirmeront, peut être un pur moment de bonheur et de griserie, sans lequel le voyage perdrait un peu de sa saveur.
Mais tout le monde n'aime pas.
Perdus ou pas, nous voilà sur la route – enfin, sur une route, dont nous croyons nous souvenir que c'est la bonne, c'est-à-dire celle sensée nous mener où nous sommes sensés arriver, et sensés être attendus - et le paysage défile, admirable. Forêts denses, pâturages d'herbe grasse d'un vert profond, ceints d'antiques barrières de bois ou de murets moussus irreguliers, fossés pleins d'une eau courante et transparente charriant des feuilles mortes, ligne d'horizon douce et sinueuse irradiée de lumière révélant à perte de vue un espace d'une ruralité vertigineuse, palette d'ombres et de reflets dorés, silhouettes sur fond de ciel bigarré, éclaboussé et lavé des couleurs du couchant.
Le calme. La paix. Rien que l'abîme entre le ciel et la terre, qui vous happe et vous digère.
A lire les récits de voyage, j'ai constaté que la route crée souvent cet effet là : une ivresse, une griserie, une absence au goût de rêve dans laquelle il est bon de se laisser glisser, emporter, sans un mot. Et c'est pour mieux en profiter, que je me dispense de conduire chaque fois que je le peux !
Certes, nous sommes en France, tout près de chez nous… mais tellement ailleurs, déjà, car hors de portée. Evadés. Enfin !
Enfin… C'est bien beau, tout ça, mais les purs et durs esprits civilisés, indifférents aux subtilités évanescentes de la route et préférant à la mélopée des muses du voyage les instructions susurrées par la voix sensuelle de la dame du GPS, risquent quelques angoisses majeures à la vue de l'étroitesse inouïe et l'irrégularité du revêtement "de ce qu'ils osent appeler une route", la taille dérisoire, le calme et l'apparence austère des quelques hameaux nichés au creux des vallons ou à flanc de coteaux, l'absence total de tout commerce sur le trajet, la lenteur des troupeaux impavides qui rentrent placidement à l'étable, déféquant avec nonchalance et pissant de grands flots fumants sur la chaussée qu'ils encombrent sans aucun état d'âme, les caprices du gibier déboulant régulièrement des fossés, la mine revêche et méfiante des quelques vieux au regard farouche qui, assis sur des bancs de pierre devant leurs maisons d'un autre âge, vous fixent à travers la vitre de la voiture, histoire de se gausser plus ou moins ostensiblement de l'agacement délectable du rat des villes qui s'est égaré, avec sa belle berline ou son 4x4 métallisé rutilant au pare-buffle chromé, au milieu de ce trou-du-cul du monde, comme ils disent, où même le téléphone portable a renoncé à toute incursion.
Longtemps, très longtemps après avoir quitté la ville (le temps ralentit au fur et à mesure que l'on avance, tout comme la vitesse de la voiture d'ailleurs, comme à l'approche du néant…), après avoir enchaîné les virages et contemplé, en plissant les yeux, les crépitements stroboscopiques du soleil jouant à cache-cache à travers les arbres, après avoir goûté à l'ombre épaisse des forêts et bu la lumière mordorée inondant la plaine, après avoir croisé les nombreuses croix en pierre, en métal ou en bois postées en retrait de la route ou trônant à quelques carrefours, après avoir admiré quelques domaines et corps de ferme imposants, hélas abâtardis à cette époque par des luminions de Noël kitsch à souhaits, après avoir aperçu quelques pancartes indiquant des noms bien ruraux et inhabituels, comme Villeneuve-les-Convers, Lucenay-le-Duc, Bussy-Rabutin, Thenissey, Beigneux-les-juifs, Blaisy-haut et Blaisy-bas, Darcey, Venaray-les-Laumes…, après avoir fait la course avec les trains le long de la voie ferrée et s'être fait dédaigneusement doublés par le TGV, alors, seulement… (déjà)… se profile la silhouette de l'énorme silo à grains couleur d'azur, avertissant aux initiés que nous sommes, que nous n'en avons plus que pour quelques coups de volant…
"Encore combien de villages ?", demandent les enfants, pour la dernière fois…
La pancarte d'entrée à peine passée, nous voilà, d'emblée, au "centre ville", sur la minuscule placette où siègent dignement la petite église, le cimetière clos, le monument aux morts et la jolie fontaine, tous de la même couleur pierre. Y a-t-il une mairie ? Si oui, rien ne la distingue des autres bâtisses, par ailleurs toutes similaires - mais pas sans caractère, loin s'en faut.
Souvent, lorsque nous arrivons, il fait nuit. Ou vraiment pas loin.
Nous redécouvrons donc les lieux à la lueur des réverbères et des fenêtres éclairées. Les cheminées fument, seuls quelques chats rodent dans la rue et leurs yeux jettent des éclairs dans la lumière des phares. Le calme règne et tout semble au repos. Le village est tout entier bâti de pierre : chaque maison, chaque mur, chaque monument, les ponts, jusqu'aux auges, jardinières et autres bacs à fleurs… Et est-ce pour cela, ou parce que nous sommes un peu saouls de tous ces virages et de tout cet espace vertigineux bu à grands traits : ici, tout semble figé, statufié, pétrifié, comme sur une image d'archive. Ici, le temps semble n'avoir plus cours et on est presque surpris que la vie ne se déroule en noir en blanc, de croiser des voitures au lieu de carrioles, de voir des ampoules électrique briller à travers les vitres des fenêtres plutôt que la flamme tremblotante des bougies, de découvrir, sur un pan de mur fissuré, un très flashy "Bonnes fêtes" clignotant, au lieu de quelques branches de gui enrubannées, ou une énorme moissonneuse-batteuse ultramoderne au détour d'une grange délabrée…
Moins d'une centaine d'âmes, 2 rues perpendiculaires, la place et ses monuments, quelques fermes, un vieux moulin à l'écart, une rivière paisible, un ruisseau nerveux : voilà tout ce qui fait ce hameau. C'est si petit, ici, qu'on pourrait presque le traverser sans s'en rendre compte.
Quelques mètres après la place, juste avant de sortir du village, nous prenons à droite, entre l'atelier à bois et l'atelier fer, et entrons dans la cours de "chez la Mamie", qui nous attend, forcément, en guettant par la fenêtre, en cuisinant ou faisant sa vaisselle. A moins qu'elle ne soit encore à la messe, à cette heure. Sa maison est une grosse bâtisse où la partie habitable fut aménagée et agrandie en plusieurs étapes, grignotant progressivement sur les étables, greniers et autres dépendances concomitantes, pour loger les membres de la famille au fil des naissances. Et quelle famille ! La Mamie a eu un paquet d'enfants, et ce à partir de 19 ans. Mariée au premier parti venu : le frère du mari de sa sœur, un charretier devenu garagiste par la force du progrès, gros fumeur et gros buveur, emporté il y a environ quinze ans par un cancer ("Tu vois, la vie ne fait pas si mal les choses", m'a-t-elle dit, un jour), elle n'a pas eu une vie facile et ne tient plus à l'existence que par la religion et les antidépresseurs qu'elle prend depuis plus de trente ans. Très pieuse, la pauvre a vu, désolée et impuissante, quasi tous ses enfants briser les liens sacrés du mariage, et une de ses petites-filles se convertir à l'Islam… Mais chut, la voilà, alors que nous venons à peine d'émerger de la voiture. Elle sort en chaussons et en tablier, dans le froid glacial, pour nous embrasser avec effusion et s'extasier de comme les enfants ont grandi, avec cet accent rugueux inimitable typique de la Bourgogne profonde qui, hélas, s'éteint progressivement avec les anciens et ne tardera pas à disparaître du paysage…
Nous entrons sur ses talons. Chez elle, ça sent comme avant, chez ma grand-mère à moi. Une odeur de soupe maison, de vieux bibelots et de cadres poussiéreux, de détergeant à l'huile de lin, de cageots de pommes entreposés et de désodorisant pour toilettes. Peut-être un peu la vieillerie, aussi. Les revêtements de murs ont été refaits récemment, de même qu'on été posés des volets roulants aux fenêtres. Dans la cuisine trône une cuisinière à gaz toute neuve. Pour un peu, on se croirait dans une maison moderne, si ce n'étaient les murs qui mesurent bien 50 ou 60 cm d'épaisseur, les fenêtres ruisselant de condensation qui laissent un peu passer les courants d'air, la vieille baignoire carrée écaillée dans la buanderie, les vieux WC planqués entre trois bouts de contreplaqués peints d'une horrible couleur rose-saumon, les chambres, froides et pleines de lits aux matelas creux et aux couvertures élimées, toutes à l'étage, accessibles par le traditionnel escalier de bois caché derrière sa porte d'accès, les couvercles de boîtes à chocolat ou les bondieuseries variées qui constituent la déco murale, etc. La chaudière ronfle par intermittence. Dans la cuisine, sur le gaz, mijotent dans une vielle poêle toute noire et cabossée, des pommes de terre toutes rondes baignant dans un bain crépitant de saindoux et une grosse cocotte-minute qui sifflote.
Chez la Mamie, on ne plaisante pas avec la nourriture. A 18h30 le couvert est mis d'office, et la bienséance impose de faire honneur au repas, quelle qu'ait été l'heure et le contenu du goûter des enfants. Repas toujours rustique, aussi copieux que délicieux. Elle nous régale (et nous gave) de "tout maison" : conserves de légumes et de fruits du jardin, liqueur de cassis (simple sirop pour les enfants), crème et lait de ferme produits par son fils, fromage blanc maison à tomber par terre agrémenté de confitures, clafoutis de fruits de saison, biscuits, gâteaux moelleux à souhaits… Et pas question d'en laisser dans l'assiette !! Le gaspillage, ça la rend malade. D'ailleurs, je suis toujours fascinée de la voir, à la fin de chaque repas, humecter son doigt pour happer consciencieusement les dernières miettes égarées sur la nappe… Un réflexe qui me fait mesurer toute la distance qui nous sépare, moi qui suis d'une génération qui n'a jamais connu ni guerre ni restrictions, de ces femme qui, comme elle, connaissent la valeur des choses essentielles : manger à sa faim, se chauffer, avoir son homme à la maison et pas au front ni dans un camp de prisonnier… de ces choses qu'on considère comme normales et évidentes, en nantis inconscients que nous sommes.
Bien souvent, notre visite a pour but une fête familiale, laquelle regroupe environ quatre-vingt personnes dans la petite salle des fêtes jouxtant l'église. Chacun ramène un plat, un dessert, du vin, de quoi festoyer dignement. Passée l'effervescence un peu fouillis des arrivées, des préparatifs, des retrouvailles et des salutations, les affinités font leur œuvre et les groupes d'âge se reforment naturellement parmi la multitude de cousins, cousines, oncles, tantes, neveux, petits-enfants, arrière-petits-enfants, mamies, papis et autres aïeux…
Les discussions de ma génération m'ennuient, la plupart du temps. Tout a déjà été dit et rabâché. Du coup, je laisse trainer mes oreilles près du groupe des anciens. J'aime à écouter, discrètement, ce que se racontent nos aînés, ceux qui trônent tout en haut de leur pyramide familiale, en toute discrétion. Dans le groupe, ce sont toujours les mêmes qui parlent. Souvent les femmes, d'ailleurs, sauf celles qui, parce qu'elles sont complètement sourdes, et donc larguées, se contentent d'opiner régulièrement et obligeamment du chef. Les hommes écoutent, placent un bon mot de temps à autre, et certains finissent par disparaître sans qu'on sache trop comment, ni où. Peut-être ont-il des vaches à rentrer et à traire ? Une sieste ou une balade à faire ? Ou, tout simplement, assez du bruit ambiant et besoin de se retrouver seuls avec eux-mêmes ?
Dans le groupe, personne ne s'émeut de ces absences, ni même ne semble les remarquer. Les langues vont bon train. On parle des prochaines célébrations, des pèlerinages, des sorties organisées par les amis de Ste Reine. Et puis on se donne des nouvelles, on se raconte ses maux divers en grimaçant et on rapporte, commente ou critique ce qu'en disent les médecins. On parle beaucoup, avec lenteur, d'un air compatissant et triste, presque à mi-voix, des maladies des autres. Et puis, sans broncher, on évoque les derniers morts et enterrés, et ceux qui n'en ont plus pour très longtemps... On parle aussi de ses enfants, petits-enfants, des mariages, des naissances, des divorces et des séparations, beaucoup. Et je suis, alors, toujours profondément surprise d'entendre ces femmes se remonter les unes les autres pour charger avec animosité leurs semblables, d'autres femmes donc, qu'elles sont promptes à faire immanquablement porter le chapeau de la rupture des couples : ou d'avoir été trop fades et insipides, ou trop légères et libérées, ou trop austères et rigides, ou trop laxistes, ou trop autoritaires... Peut-on remettre en cause toute une existence et quatre, cinq ou six dizaines d'années dédiées à un seul homme, auquel on n'a jamais imaginé pouvoir se soustraire ?
Dans ce domaine, il y a incompréhension inter-générationnelle, c'est indéniable : Les femmes d'aujourd'hui, quel drôle de genre, tout de même, à divorcer dès qu'on leur fout une beigne ou soi-disant parce que le mari déserte un peu trop le lit conjugal, à vouloir à tout prix leur autonomie, à travailler autant voire plus (et gagner autant, voire plus) que leurs hommes, à décider du bon moment d'avoir un enfant, à laisser leurs gamins en garde, à cuisiner du surgelé vite-fait, à sortir et voyager… Et ces jeunes, mal élevés par des mères absentes et des pères démissionnaires étouffés sous les tâches ménagères négligées par leur épouse, qui ne vont plus ni au cathé, ni à la messe, et n'ont plus pour leurs ainés le moindre respect. La faute à qui, hein ? Mais où va le monde !!
J'écoute.
Peu à peu, les phrases pâlissent et leurs sens, au milieu des mots qui roulent sous l'accent comme les cailloux dans le ruisseau et des expressions de patois, s'efface peu à peu. Ne reste qu'un doux murmure, un brouhaha informe assourdi par les rires et les cris des autres, les jeux des enfants, les va-et-vient de tous. Noyée dans ce flot, l'attention déconnectée, je réalise que tout cela pourrait tout aussi bien se passer ailleurs, dans un autre pays, et dans une autre langue, langue que je ne comprendrais alors qu'à peu près, grâce aux intonations de voix, aux mimiques des visages et aux gestes des mains. Cela ne ferait pas une grosse différence. Oui, peut-être que cette scène, ailleurs, se déroulerait exactement de la même manière. Peut-être s'y déroule-t-elle déjà, même.
Lorsque je les observe, ces anciens d'ici, une impression puissante me gagne toujours. De leurs attitudes, de leur présence, de leurs façons de se parler sans pratiquement se regarder, parce qu'ils se connaissent par cœur, de leur façon de rire et de soupirer, émane quelque chose que je n'ai ressenti, pour l'instant, de façon aussi tangible, qu'ici. Quelque chose qui m'évoque (mais est-ce vraiment cela ?) : la fraternité. Cette solidarité, puissante, indéfectible, qui lie les gens du village entre eux, et surtout les vieux, issus pour la plupart de trois ou quatre familles majoritaires ayant toujours vécues ici. Eux tous, et quelques-uns de leurs enfants et petits-enfants, n'ont rien connu d'autre que ce coin, ou sont arrivés d'un village voisin au moment de leur mariage. Le seul voyage de la plupart d'entre eux : un pèlerinage à Lourdes, le plus souvent organisé par la paroisse. Leur patelin, c'est leur vie, d’un bout à l'autre. Pendant leur enfance, ils ont joué dans le petit ruisseau limpide qui traverse le village de part en part et longe le cimetière, ont fréquenté l'école communale à l'instituteur unique. Ils se sont mariés à l'église, ont enterré nombre des leurs dans le petit cimetière. Ils aiment leurs collines arrondies et leur vieux petit château à moitié déglingué, leurs fermes boueuses, leurs champs caillouteux, leurs croix austères, leurs chapelles de pierre et leurs troupeaux débonnaires.
Cet attachement à un lieu, à une terre, m'a fait comprendre, un jour, à moi qui suis d'une génération de feignants et de lâches, d'où les combattant des deux guerres, ces soldats au patriotisme viscéral, tiraient cet amour de la France qui les menaient souvent à la mort, fiers de verser leur sang en servant leur pays… Nous, les jeunes, n'avons plus de racines, et même nos familles ne sont plus cet ancrage d'antan. Nous sommes si blasés, si indifférents et nombrilistes : au nom de quoi nous battrions-nous ? Même l'insoutenable qui nous entoure ne nous fait plus réagir. Ou si peu… juste à grands coups de mots vides et de dédouanements empressés.
Avec les vieux disparait l'âme de la France courageuse et patriote… Et je ne sais pas trop qu'en penser.
Ici, l'histoire a renforcé les liens déjà forts de l'attachement commun à la terre : en 44, une rafle a envoyé une bonne partie des habitants en camp de concentration, et peu en sont revenus. "La Mamie" (que tout le monde appelle par son surnom, tout comme la plupart des gens ici…) était une toute jeune fille à cette époque, et, ce jour-là, elle était – à pieds bien sûr - sur la route à quelques bornes de là, de retour de chez une tante je crois. En rentrant au village, elle a trouvé les maisons désertes et, avertie du drame, en gagnant la gare la plus proche, put entrevoir sa sœur et sa mère monter dans un wagon. Sa mère qui succomba sur le chemin du retour, peu après la libération, et qu'elle ne reverra pas. Sa grande sœur, par contre, la célèbre "marraine", est revenue, elle. Et toute sa vie fut auréolée de cette expérience douloureuse. "La marraine", avec son regard d'enfant et ses manières un peu désuètes de bourgeoise de campagne, offusquée du peu de cas que font les jeunes d'aujourd'hui de cette période de l'histoire et qui, soucieuse de participer à la transmission de la mémoire, fit retranscrire ses souvenirs de déportation dans un petit livret qui fut distribué à toute la famille et aux amis. Pour avoir été chargée de le relire pour en corriger les fautes et l'avoir donc ausculté sous toutes les coutures, je le connais bien, ce récit poussif et scolaire, où la maladresse du style perturbe un peu la lecture mais ne parvient pas, malgré tout, à altérer le caractère dramatique du vécu, qui se suffit de toutes façons à lui seul.
Oui, ici, l'histoire a laissé des traces, et si ce n'est sur la terre, au moins dans le cœur des hommes. Et pas que les guerres. Chaque chemin, chaque colline, chaque champ, même, a ses propres drames à raconter. Là, untel s'est fait écraser en se retournant avec son tracteur. Là, un jeune s'est tué à mobylette. Là, le père de la Mamie fut retrouvé mort… Dans cette maison, une femme s'est suicidée. Sur le bord des routes, comme partout, fleurissent des bouquets de fleurs suspendus à des croix.
On a aussi vu débarquer le progrès et ses coups-bas : l'énorme silo du village voisin fut implanté aux limites de la commune, les lignes à haute tension ont poussé comme de gigantesques champignons d'acier sur les collines et leurs câbles on traversé le ciel. Le TGV a tracé sa route dans la vallée sans que personne n'aie son mot à dire… Et ce vécu commun, faisant fi des inévitables chamailleries humaines, toutes ces saisons, ces événements partagés, ces paysages mille fois arpentés et connus par cœur, l'angélus familier rappelant invariablement les travailleurs au foyer, les nuits paisibles ponctuées par le tintement régulier des cloches de l'église et l'écho du passage des trains, etc., façonnent les visages et semblent donner le même regard aux gens.
J'aime les écouter parler, mais j'ai mes limites, et le bruit des discussions, des rires et des cris qui résonnent dans la petite salle, dépasse assez vite le seuil critique annonciateur de migraine... Les repas à rallonge qui s'éternisent jusqu'au milieu de l'après-midi, ça n'a jamais été mon truc. Je ne tarde donc pas à filer à l'anglaise, avant le dessert souvent, appareil photo en bandoulière, et je pars retrouver les sentiers familiers, les barrières affaissées, les murets éboulés, les ruisseaux qui descendent des collines et les rivières qui serpentent dans le bocage, les buses qui volent en cercles au dessus des prés. La moitié du village étant de la fête, je ne croise personne, ou quasi, et la paix règne aux alentours : une volupté �� peine troublée par les quelques passages du TGV.
En grimpant sur la route qui mène à Hauteroche, je m'offre une vue plongeante sur l'architecture en croix monochrome du village. Les cheminées fument tranquillement, l'air est limpide et glacé comme de l'eau, le ciel est blanc de lumière hivernale et le sol de givre. Dans le ruisseau trempent et oscillent des glaçons aux formes tourmentées, suspendus aux feuillages et aux brindilles.
De là-haut, je le sais, on aperçoit, par delà la forêt, au sommet d'un versant éloigné, la stature imposante de l'abbaye de Flavigny (connue pour ses délicieux petits bonbons tous ronds et blancs à l'anis), silhouette sombre et trapue se détachant sur le fond clair du ciel. Et, un peu plus loin, l'entrée d'Hauteroche est dominée par des falaises abruptes perforées de deux énormes trous, semblant veiller sur les habitants d'un regard aux orbites vides. A leurs pieds, en cherchant un peu, on trouve quantités de fossiles.
Hauteroche, c'est, au delà du nom aussi poétique qu'évocateur, à nouveau, un dépaysement. Une ambiance bien plus montagneuse, des pierres plus grises, des rochers fascinants piquetés de trous où la joubarbe se plait à pousser, dont les gens ornent la devanture de leur maison ou avec lesquels ils entourent leur jardin, construisent des murets ou des monticules servant de chapelles. J'aime ce village, toujours venteux. Il nous arrive – privilège de famille nombreuse et donc encombrante, qu'on ne sait jamais où caser - de loger dans le gîte rural, cette charmante maisonnette au grenier reconverti en chambres d'hôtes, avec ses lits grinçants et ses poutres imposantes, dont les fenêtres dominent les toits d'un côté et la cour d'une antique maison de maître de l'autre. Des prospectus y traînent, vantant l'intérêt des visites touristiques locales, dont le fameux site très controversé d'Alesia, évidemment. A cela, je préfère remonter le long de la Douix, jusqu'à la grotte d'où jaillit sa source, vaquer à travers prés en cherchant dans les fossés ces petites étoiles fossilisées qui font l'émerveillement des enfants, ou encore passer voir l'un des fils de La Mamie, dans sa ferme, pour y boire un verre de lait chaud tout juste sorti du pis de ses vaches, parler (l'été) des derniers vêlages et caresser les veaux nouveau-nés, dans la chaleur moite de la laiterie et la saine odeur du foin…
Les enfants ne s'y trompent pas : ici, les vacances durent plus longtemps, et on adopte tout naturellement un autre rythme. On se détend, on se ressource, on se laisser aller à la quiétude et à la tranquillité ambiantes. Il y a toujours un coin inexploré à découvrir, un chemin à arpenter, un barrage à agencer dans le ruisseau, des bouts de bois pour bricoler dans l'atelier, des fleurs des champs à cueillir, des détours à découvrir, des photos à prendre, des chevaux, des vaches, des oiseaux, des poissons à observer, un train à attendre, soit du haut du pont, pour qu'il nous salue d'un joyeux coup de klaxon lorsqu'on lui fera coucou, soit caché dans le tunnel qui passe sous les voies, où la terre tremblera alors dans un bruit de tonnerre.
Ici, c'est la France profonde, la belle France, celle qui se respire, se goûte, s'écoute, se sent, s'admire. Celle qui ressource. Qui dépayse, pour peu qu'on vienne de n'importe où ailleurs.
Cette France que, pour un peu, on croirait éternelle…
Celle qui, quand je la quitte, peut-être du fait de la succession de virages et des ondulations incessantes de la route qui nous entraîne vers Chaumont, de la lourdeur de la cuisine de la Mamie ou de l'excès de sociabilité, me laisse immanquablement barbouillée, le cœur au bord des lèvres et la mélancolie latente, comme au sortir d'un rêve, dans lequel je serais volontiers restée.

Nul besoin d'aller très loin pour voyager.
Voyager sur la Terre, et voyager dans le temps.
Il était une fois… à deux heures et demie de route de chez nous, un petit fief bourguignon niché au creux d'une jolie campagne vallonnée, comme retranché du monde, où les habitants sont aussi nombreux que les têtes de bétail, comme on dit, et où le temps semble s'être arrêté il y a un siècle. Ou quasi.
Pour y parvenir, mieux vaut avoir fait le plein d'essence et connaître son itinéraire, car les petites routes sinueuses cheminant à travers bois, prés et champs et se rétrécissant au fur et à mesure que l'on s'éloigne de Dijon (à tel point que l'étroite ligne pointillée centrale prend des airs d'ineptie, à moins qu'elle n'ait été pensée pour les mobylettes, peut-être plus nombreuses à circuler ici que les voitures…), n'ont pas leur pareil pour mener… ailleurs… ou nulle part. Tout dépend du point de vue. Car se perdre, certains vous le confirmeront, peut être un pur moment de bonheur et de griserie, sans lequel le voyage perdrait un peu de sa saveur.
Mais tout le monde n'aime pas.
Perdus ou pas, nous voilà sur la route – enfin, sur une route, dont nous croyons nous souvenir que c'est la bonne, c'est-à-dire celle sensée nous mener où nous sommes sensés arriver, et sensés être attendus - et le paysage défile, admirable. Forêts denses, pâturages d'herbe grasse d'un vert profond, ceints d'antiques barrières de bois ou de murets moussus irreguliers, fossés pleins d'une eau courante et transparente charriant des feuilles mortes, ligne d'horizon douce et sinueuse irradiée de lumière révélant à perte de vue un espace d'une ruralité vertigineuse, palette d'ombres et de reflets dorés, silhouettes sur fond de ciel bigarré, éclaboussé et lavé des couleurs du couchant.
Le calme. La paix. Rien que l'abîme entre le ciel et la terre, qui vous happe et vous digère.
A lire les récits de voyage, j'ai constaté que la route crée souvent cet effet là : une ivresse, une griserie, une absence au goût de rêve dans laquelle il est bon de se laisser glisser, emporter, sans un mot. Et c'est pour mieux en profiter, que je me dispense de conduire chaque fois que je le peux !
Certes, nous sommes en France, tout près de chez nous… mais tellement ailleurs, déjà, car hors de portée. Evadés. Enfin !
Enfin… C'est bien beau, tout ça, mais les purs et durs esprits civilisés, indifférents aux subtilités évanescentes de la route et préférant à la mélopée des muses du voyage les instructions susurrées par la voix sensuelle de la dame du GPS, risquent quelques angoisses majeures à la vue de l'étroitesse inouïe et l'irrégularité du revêtement "de ce qu'ils osent appeler une route", la taille dérisoire, le calme et l'apparence austère des quelques hameaux nichés au creux des vallons ou à flanc de coteaux, l'absence total de tout commerce sur le trajet, la lenteur des troupeaux impavides qui rentrent placidement à l'étable, déféquant avec nonchalance et pissant de grands flots fumants sur la chaussée qu'ils encombrent sans aucun état d'âme, les caprices du gibier déboulant régulièrement des fossés, la mine revêche et méfiante des quelques vieux au regard farouche qui, assis sur des bancs de pierre devant leurs maisons d'un autre âge, vous fixent à travers la vitre de la voiture, histoire de se gausser plus ou moins ostensiblement de l'agacement délectable du rat des villes qui s'est égaré, avec sa belle berline ou son 4x4 métallisé rutilant au pare-buffle chromé, au milieu de ce trou-du-cul du monde, comme ils disent, où même le téléphone portable a renoncé à toute incursion.
Longtemps, très longtemps après avoir quitté la ville (le temps ralentit au fur et à mesure que l'on avance, tout comme la vitesse de la voiture d'ailleurs, comme à l'approche du néant…), après avoir enchaîné les virages et contemplé, en plissant les yeux, les crépitements stroboscopiques du soleil jouant à cache-cache à travers les arbres, après avoir goûté à l'ombre épaisse des forêts et bu la lumière mordorée inondant la plaine, après avoir croisé les nombreuses croix en pierre, en métal ou en bois postées en retrait de la route ou trônant à quelques carrefours, après avoir admiré quelques domaines et corps de ferme imposants, hélas abâtardis à cette époque par des luminions de Noël kitsch à souhaits, après avoir aperçu quelques pancartes indiquant des noms bien ruraux et inhabituels, comme Villeneuve-les-Convers, Lucenay-le-Duc, Bussy-Rabutin, Thenissey, Beigneux-les-juifs, Blaisy-haut et Blaisy-bas, Darcey, Venaray-les-Laumes…, après avoir fait la course avec les trains le long de la voie ferrée et s'être fait dédaigneusement doublés par le TGV, alors, seulement… (déjà)… se profile la silhouette de l'énorme silo à grains couleur d'azur, avertissant aux initiés que nous sommes, que nous n'en avons plus que pour quelques coups de volant…
"Encore combien de villages ?", demandent les enfants, pour la dernière fois…
La pancarte d'entrée à peine passée, nous voilà, d'emblée, au "centre ville", sur la minuscule placette où siègent dignement la petite église, le cimetière clos, le monument aux morts et la jolie fontaine, tous de la même couleur pierre. Y a-t-il une mairie ? Si oui, rien ne la distingue des autres bâtisses, par ailleurs toutes similaires - mais pas sans caractère, loin s'en faut.
Souvent, lorsque nous arrivons, il fait nuit. Ou vraiment pas loin.
Nous redécouvrons donc les lieux à la lueur des réverbères et des fenêtres éclairées. Les cheminées fument, seuls quelques chats rodent dans la rue et leurs yeux jettent des éclairs dans la lumière des phares. Le calme règne et tout semble au repos. Le village est tout entier bâti de pierre : chaque maison, chaque mur, chaque monument, les ponts, jusqu'aux auges, jardinières et autres bacs à fleurs… Et est-ce pour cela, ou parce que nous sommes un peu saouls de tous ces virages et de tout cet espace vertigineux bu à grands traits : ici, tout semble figé, statufié, pétrifié, comme sur une image d'archive. Ici, le temps semble n'avoir plus cours et on est presque surpris que la vie ne se déroule en noir en blanc, de croiser des voitures au lieu de carrioles, de voir des ampoules électrique briller à travers les vitres des fenêtres plutôt que la flamme tremblotante des bougies, de découvrir, sur un pan de mur fissuré, un très flashy "Bonnes fêtes" clignotant, au lieu de quelques branches de gui enrubannées, ou une énorme moissonneuse-batteuse ultramoderne au détour d'une grange délabrée…
Moins d'une centaine d'âmes, 2 rues perpendiculaires, la place et ses monuments, quelques fermes, un vieux moulin à l'écart, une rivière paisible, un ruisseau nerveux : voilà tout ce qui fait ce hameau. C'est si petit, ici, qu'on pourrait presque le traverser sans s'en rendre compte.
Quelques mètres après la place, juste avant de sortir du village, nous prenons à droite, entre l'atelier à bois et l'atelier fer, et entrons dans la cours de "chez la Mamie", qui nous attend, forcément, en guettant par la fenêtre, en cuisinant ou faisant sa vaisselle. A moins qu'elle ne soit encore à la messe, à cette heure. Sa maison est une grosse bâtisse où la partie habitable fut aménagée et agrandie en plusieurs étapes, grignotant progressivement sur les étables, greniers et autres dépendances concomitantes, pour loger les membres de la famille au fil des naissances. Et quelle famille ! La Mamie a eu un paquet d'enfants, et ce à partir de 19 ans. Mariée au premier parti venu : le frère du mari de sa sœur, un charretier devenu garagiste par la force du progrès, gros fumeur et gros buveur, emporté il y a environ quinze ans par un cancer ("Tu vois, la vie ne fait pas si mal les choses", m'a-t-elle dit, un jour), elle n'a pas eu une vie facile et ne tient plus à l'existence que par la religion et les antidépresseurs qu'elle prend depuis plus de trente ans. Très pieuse, la pauvre a vu, désolée et impuissante, quasi tous ses enfants briser les liens sacrés du mariage, et une de ses petites-filles se convertir à l'Islam… Mais chut, la voilà, alors que nous venons à peine d'émerger de la voiture. Elle sort en chaussons et en tablier, dans le froid glacial, pour nous embrasser avec effusion et s'extasier de comme les enfants ont grandi, avec cet accent rugueux inimitable typique de la Bourgogne profonde qui, hélas, s'éteint progressivement avec les anciens et ne tardera pas à disparaître du paysage…
Nous entrons sur ses talons. Chez elle, ça sent comme avant, chez ma grand-mère à moi. Une odeur de soupe maison, de vieux bibelots et de cadres poussiéreux, de détergeant à l'huile de lin, de cageots de pommes entreposés et de désodorisant pour toilettes. Peut-être un peu la vieillerie, aussi. Les revêtements de murs ont été refaits récemment, de même qu'on été posés des volets roulants aux fenêtres. Dans la cuisine trône une cuisinière à gaz toute neuve. Pour un peu, on se croirait dans une maison moderne, si ce n'étaient les murs qui mesurent bien 50 ou 60 cm d'épaisseur, les fenêtres ruisselant de condensation qui laissent un peu passer les courants d'air, la vieille baignoire carrée écaillée dans la buanderie, les vieux WC planqués entre trois bouts de contreplaqués peints d'une horrible couleur rose-saumon, les chambres, froides et pleines de lits aux matelas creux et aux couvertures élimées, toutes à l'étage, accessibles par le traditionnel escalier de bois caché derrière sa porte d'accès, les couvercles de boîtes à chocolat ou les bondieuseries variées qui constituent la déco murale, etc. La chaudière ronfle par intermittence. Dans la cuisine, sur le gaz, mijotent dans une vielle poêle toute noire et cabossée, des pommes de terre toutes rondes baignant dans un bain crépitant de saindoux et une grosse cocotte-minute qui sifflote.
Chez la Mamie, on ne plaisante pas avec la nourriture. A 18h30 le couvert est mis d'office, et la bienséance impose de faire honneur au repas, quelle qu'ait été l'heure et le contenu du goûter des enfants. Repas toujours rustique, aussi copieux que délicieux. Elle nous régale (et nous gave) de "tout maison" : conserves de légumes et de fruits du jardin, liqueur de cassis (simple sirop pour les enfants), crème et lait de ferme produits par son fils, fromage blanc maison à tomber par terre agrémenté de confitures, clafoutis de fruits de saison, biscuits, gâteaux moelleux à souhaits… Et pas question d'en laisser dans l'assiette !! Le gaspillage, ça la rend malade. D'ailleurs, je suis toujours fascinée de la voir, à la fin de chaque repas, humecter son doigt pour happer consciencieusement les dernières miettes égarées sur la nappe… Un réflexe qui me fait mesurer toute la distance qui nous sépare, moi qui suis d'une génération qui n'a jamais connu ni guerre ni restrictions, de ces femme qui, comme elle, connaissent la valeur des choses essentielles : manger à sa faim, se chauffer, avoir son homme à la maison et pas au front ni dans un camp de prisonnier… de ces choses qu'on considère comme normales et évidentes, en nantis inconscients que nous sommes.
Bien souvent, notre visite a pour but une fête familiale, laquelle regroupe environ quatre-vingt personnes dans la petite salle des fêtes jouxtant l'église. Chacun ramène un plat, un dessert, du vin, de quoi festoyer dignement. Passée l'effervescence un peu fouillis des arrivées, des préparatifs, des retrouvailles et des salutations, les affinités font leur œuvre et les groupes d'âge se reforment naturellement parmi la multitude de cousins, cousines, oncles, tantes, neveux, petits-enfants, arrière-petits-enfants, mamies, papis et autres aïeux…
Les discussions de ma génération m'ennuient, la plupart du temps. Tout a déjà été dit et rabâché. Du coup, je laisse trainer mes oreilles près du groupe des anciens. J'aime à écouter, discrètement, ce que se racontent nos aînés, ceux qui trônent tout en haut de leur pyramide familiale, en toute discrétion. Dans le groupe, ce sont toujours les mêmes qui parlent. Souvent les femmes, d'ailleurs, sauf celles qui, parce qu'elles sont complètement sourdes, et donc larguées, se contentent d'opiner régulièrement et obligeamment du chef. Les hommes écoutent, placent un bon mot de temps à autre, et certains finissent par disparaître sans qu'on sache trop comment, ni où. Peut-être ont-il des vaches à rentrer et à traire ? Une sieste ou une balade à faire ? Ou, tout simplement, assez du bruit ambiant et besoin de se retrouver seuls avec eux-mêmes ?
Dans le groupe, personne ne s'émeut de ces absences, ni même ne semble les remarquer. Les langues vont bon train. On parle des prochaines célébrations, des pèlerinages, des sorties organisées par les amis de Ste Reine. Et puis on se donne des nouvelles, on se raconte ses maux divers en grimaçant et on rapporte, commente ou critique ce qu'en disent les médecins. On parle beaucoup, avec lenteur, d'un air compatissant et triste, presque à mi-voix, des maladies des autres. Et puis, sans broncher, on évoque les derniers morts et enterrés, et ceux qui n'en ont plus pour très longtemps... On parle aussi de ses enfants, petits-enfants, des mariages, des naissances, des divorces et des séparations, beaucoup. Et je suis, alors, toujours profondément surprise d'entendre ces femmes se remonter les unes les autres pour charger avec animosité leurs semblables, d'autres femmes donc, qu'elles sont promptes à faire immanquablement porter le chapeau de la rupture des couples : ou d'avoir été trop fades et insipides, ou trop légères et libérées, ou trop austères et rigides, ou trop laxistes, ou trop autoritaires... Peut-on remettre en cause toute une existence et quatre, cinq ou six dizaines d'années dédiées à un seul homme, auquel on n'a jamais imaginé pouvoir se soustraire ?
Dans ce domaine, il y a incompréhension inter-générationnelle, c'est indéniable : Les femmes d'aujourd'hui, quel drôle de genre, tout de même, à divorcer dès qu'on leur fout une beigne ou soi-disant parce que le mari déserte un peu trop le lit conjugal, à vouloir à tout prix leur autonomie, à travailler autant voire plus (et gagner autant, voire plus) que leurs hommes, à décider du bon moment d'avoir un enfant, à laisser leurs gamins en garde, à cuisiner du surgelé vite-fait, à sortir et voyager… Et ces jeunes, mal élevés par des mères absentes et des pères démissionnaires étouffés sous les tâches ménagères négligées par leur épouse, qui ne vont plus ni au cathé, ni à la messe, et n'ont plus pour leurs ainés le moindre respect. La faute à qui, hein ? Mais où va le monde !!
J'écoute.
Peu à peu, les phrases pâlissent et leurs sens, au milieu des mots qui roulent sous l'accent comme les cailloux dans le ruisseau et des expressions de patois, s'efface peu à peu. Ne reste qu'un doux murmure, un brouhaha informe assourdi par les rires et les cris des autres, les jeux des enfants, les va-et-vient de tous. Noyée dans ce flot, l'attention déconnectée, je réalise que tout cela pourrait tout aussi bien se passer ailleurs, dans un autre pays, et dans une autre langue, langue que je ne comprendrais alors qu'à peu près, grâce aux intonations de voix, aux mimiques des visages et aux gestes des mains. Cela ne ferait pas une grosse différence. Oui, peut-être que cette scène, ailleurs, se déroulerait exactement de la même manière. Peut-être s'y déroule-t-elle déjà, même.
Lorsque je les observe, ces anciens d'ici, une impression puissante me gagne toujours. De leurs attitudes, de leur présence, de leurs façons de se parler sans pratiquement se regarder, parce qu'ils se connaissent par cœur, de leur façon de rire et de soupirer, émane quelque chose que je n'ai ressenti, pour l'instant, de façon aussi tangible, qu'ici. Quelque chose qui m'évoque (mais est-ce vraiment cela ?) : la fraternité. Cette solidarité, puissante, indéfectible, qui lie les gens du village entre eux, et surtout les vieux, issus pour la plupart de trois ou quatre familles majoritaires ayant toujours vécues ici. Eux tous, et quelques-uns de leurs enfants et petits-enfants, n'ont rien connu d'autre que ce coin, ou sont arrivés d'un village voisin au moment de leur mariage. Le seul voyage de la plupart d'entre eux : un pèlerinage à Lourdes, le plus souvent organisé par la paroisse. Leur patelin, c'est leur vie, d’un bout à l'autre. Pendant leur enfance, ils ont joué dans le petit ruisseau limpide qui traverse le village de part en part et longe le cimetière, ont fréquenté l'école communale à l'instituteur unique. Ils se sont mariés à l'église, ont enterré nombre des leurs dans le petit cimetière. Ils aiment leurs collines arrondies et leur vieux petit château à moitié déglingué, leurs fermes boueuses, leurs champs caillouteux, leurs croix austères, leurs chapelles de pierre et leurs troupeaux débonnaires.
Cet attachement à un lieu, à une terre, m'a fait comprendre, un jour, à moi qui suis d'une génération de feignants et de lâches, d'où les combattant des deux guerres, ces soldats au patriotisme viscéral, tiraient cet amour de la France qui les menaient souvent à la mort, fiers de verser leur sang en servant leur pays… Nous, les jeunes, n'avons plus de racines, et même nos familles ne sont plus cet ancrage d'antan. Nous sommes si blasés, si indifférents et nombrilistes : au nom de quoi nous battrions-nous ? Même l'insoutenable qui nous entoure ne nous fait plus réagir. Ou si peu… juste à grands coups de mots vides et de dédouanements empressés.
Avec les vieux disparait l'âme de la France courageuse et patriote… Et je ne sais pas trop qu'en penser.
Ici, l'histoire a renforcé les liens déjà forts de l'attachement commun à la terre : en 44, une rafle a envoyé une bonne partie des habitants en camp de concentration, et peu en sont revenus. "La Mamie" (que tout le monde appelle par son surnom, tout comme la plupart des gens ici…) était une toute jeune fille à cette époque, et, ce jour-là, elle était – à pieds bien sûr - sur la route à quelques bornes de là, de retour de chez une tante je crois. En rentrant au village, elle a trouvé les maisons désertes et, avertie du drame, en gagnant la gare la plus proche, put entrevoir sa sœur et sa mère monter dans un wagon. Sa mère qui succomba sur le chemin du retour, peu après la libération, et qu'elle ne reverra pas. Sa grande sœur, par contre, la célèbre "marraine", est revenue, elle. Et toute sa vie fut auréolée de cette expérience douloureuse. "La marraine", avec son regard d'enfant et ses manières un peu désuètes de bourgeoise de campagne, offusquée du peu de cas que font les jeunes d'aujourd'hui de cette période de l'histoire et qui, soucieuse de participer à la transmission de la mémoire, fit retranscrire ses souvenirs de déportation dans un petit livret qui fut distribué à toute la famille et aux amis. Pour avoir été chargée de le relire pour en corriger les fautes et l'avoir donc ausculté sous toutes les coutures, je le connais bien, ce récit poussif et scolaire, où la maladresse du style perturbe un peu la lecture mais ne parvient pas, malgré tout, à altérer le caractère dramatique du vécu, qui se suffit de toutes façons à lui seul.
Oui, ici, l'histoire a laissé des traces, et si ce n'est sur la terre, au moins dans le cœur des hommes. Et pas que les guerres. Chaque chemin, chaque colline, chaque champ, même, a ses propres drames à raconter. Là, untel s'est fait écraser en se retournant avec son tracteur. Là, un jeune s'est tué à mobylette. Là, le père de la Mamie fut retrouvé mort… Dans cette maison, une femme s'est suicidée. Sur le bord des routes, comme partout, fleurissent des bouquets de fleurs suspendus à des croix.
On a aussi vu débarquer le progrès et ses coups-bas : l'énorme silo du village voisin fut implanté aux limites de la commune, les lignes à haute tension ont poussé comme de gigantesques champignons d'acier sur les collines et leurs câbles on traversé le ciel. Le TGV a tracé sa route dans la vallée sans que personne n'aie son mot à dire… Et ce vécu commun, faisant fi des inévitables chamailleries humaines, toutes ces saisons, ces événements partagés, ces paysages mille fois arpentés et connus par cœur, l'angélus familier rappelant invariablement les travailleurs au foyer, les nuits paisibles ponctuées par le tintement régulier des cloches de l'église et l'écho du passage des trains, etc., façonnent les visages et semblent donner le même regard aux gens.
J'aime les écouter parler, mais j'ai mes limites, et le bruit des discussions, des rires et des cris qui résonnent dans la petite salle, dépasse assez vite le seuil critique annonciateur de migraine... Les repas à rallonge qui s'éternisent jusqu'au milieu de l'après-midi, ça n'a jamais été mon truc. Je ne tarde donc pas à filer à l'anglaise, avant le dessert souvent, appareil photo en bandoulière, et je pars retrouver les sentiers familiers, les barrières affaissées, les murets éboulés, les ruisseaux qui descendent des collines et les rivières qui serpentent dans le bocage, les buses qui volent en cercles au dessus des prés. La moitié du village étant de la fête, je ne croise personne, ou quasi, et la paix règne aux alentours : une volupté �� peine troublée par les quelques passages du TGV.
En grimpant sur la route qui mène à Hauteroche, je m'offre une vue plongeante sur l'architecture en croix monochrome du village. Les cheminées fument tranquillement, l'air est limpide et glacé comme de l'eau, le ciel est blanc de lumière hivernale et le sol de givre. Dans le ruisseau trempent et oscillent des glaçons aux formes tourmentées, suspendus aux feuillages et aux brindilles.
De là-haut, je le sais, on aperçoit, par delà la forêt, au sommet d'un versant éloigné, la stature imposante de l'abbaye de Flavigny (connue pour ses délicieux petits bonbons tous ronds et blancs à l'anis), silhouette sombre et trapue se détachant sur le fond clair du ciel. Et, un peu plus loin, l'entrée d'Hauteroche est dominée par des falaises abruptes perforées de deux énormes trous, semblant veiller sur les habitants d'un regard aux orbites vides. A leurs pieds, en cherchant un peu, on trouve quantités de fossiles.
Hauteroche, c'est, au delà du nom aussi poétique qu'évocateur, à nouveau, un dépaysement. Une ambiance bien plus montagneuse, des pierres plus grises, des rochers fascinants piquetés de trous où la joubarbe se plait à pousser, dont les gens ornent la devanture de leur maison ou avec lesquels ils entourent leur jardin, construisent des murets ou des monticules servant de chapelles. J'aime ce village, toujours venteux. Il nous arrive – privilège de famille nombreuse et donc encombrante, qu'on ne sait jamais où caser - de loger dans le gîte rural, cette charmante maisonnette au grenier reconverti en chambres d'hôtes, avec ses lits grinçants et ses poutres imposantes, dont les fenêtres dominent les toits d'un côté et la cour d'une antique maison de maître de l'autre. Des prospectus y traînent, vantant l'intérêt des visites touristiques locales, dont le fameux site très controversé d'Alesia, évidemment. A cela, je préfère remonter le long de la Douix, jusqu'à la grotte d'où jaillit sa source, vaquer à travers prés en cherchant dans les fossés ces petites étoiles fossilisées qui font l'émerveillement des enfants, ou encore passer voir l'un des fils de La Mamie, dans sa ferme, pour y boire un verre de lait chaud tout juste sorti du pis de ses vaches, parler (l'été) des derniers vêlages et caresser les veaux nouveau-nés, dans la chaleur moite de la laiterie et la saine odeur du foin…
Les enfants ne s'y trompent pas : ici, les vacances durent plus longtemps, et on adopte tout naturellement un autre rythme. On se détend, on se ressource, on se laisser aller à la quiétude et à la tranquillité ambiantes. Il y a toujours un coin inexploré à découvrir, un chemin à arpenter, un barrage à agencer dans le ruisseau, des bouts de bois pour bricoler dans l'atelier, des fleurs des champs à cueillir, des détours à découvrir, des photos à prendre, des chevaux, des vaches, des oiseaux, des poissons à observer, un train à attendre, soit du haut du pont, pour qu'il nous salue d'un joyeux coup de klaxon lorsqu'on lui fera coucou, soit caché dans le tunnel qui passe sous les voies, où la terre tremblera alors dans un bruit de tonnerre.
Ici, c'est la France profonde, la belle France, celle qui se respire, se goûte, s'écoute, se sent, s'admire. Celle qui ressource. Qui dépayse, pour peu qu'on vienne de n'importe où ailleurs.
Cette France que, pour un peu, on croirait éternelle…
Celle qui, quand je la quitte, peut-être du fait de la succession de virages et des ondulations incessantes de la route qui nous entraîne vers Chaumont, de la lourdeur de la cuisine de la Mamie ou de l'excès de sociabilité, me laisse immanquablement barbouillée, le cœur au bord des lèvres et la mélancolie latente, comme au sortir d'un rêve, dans lequel je serais volontiers restée.

Hôtel Playa Pesquero à Holguin du 18 au 25 janvier English translation pending
Bonjour,
Je quitte dimanche pour le Playa Pesquero et je voulais savoir si le bureau de change de l'aéroport demeure ouvert le soir (j'arrive vers 9 h)? Devons nous réserver nos restos à la carte le soir même si on arrive vers 10h?
Et je voulais aussi savoir si le taux de change est-il vraiment meilleur à l'aéroport?
Les souvenirs sont aussi moins chers à l'aéroport aussi? ou dans les boutiques d'hotel? ou les marchés aux puces??
Merci!
Je quitte dimanche pour le Playa Pesquero et je voulais savoir si le bureau de change de l'aéroport demeure ouvert le soir (j'arrive vers 9 h)? Devons nous réserver nos restos à la carte le soir même si on arrive vers 10h?
Et je voulais aussi savoir si le taux de change est-il vraiment meilleur à l'aéroport?
Les souvenirs sont aussi moins chers à l'aéroport aussi? ou dans les boutiques d'hotel? ou les marchés aux puces??
Merci!
Plats incontournables au Mexique? English translation pending
Bonjour!
Quels sont les plats à ne pas manquer au Mexique? Leur nom et description?😉
Merci!
Quels sont les plats à ne pas manquer au Mexique? Leur nom et description?😉
Merci!
Chaussettes anti-sangsue pour la Malaisie? English translation pending
Bonjour,
Quelqu'un saurait-il où je pourrais me procurer des chaussettes anti-sangsue ? Je pars en malaisie en février est-il préférable de les acheter en france ou directement sur place ? je ne trouve aucun magasin sur le net qui puisse vendre cela sinon donnez moi vos solutions pour y remédier un max merci
Quelqu'un saurait-il où je pourrais me procurer des chaussettes anti-sangsue ? Je pars en malaisie en février est-il préférable de les acheter en france ou directement sur place ? je ne trouve aucun magasin sur le net qui puisse vendre cela sinon donnez moi vos solutions pour y remédier un max merci
Où dormir près de Colorado National Monument? English translation pending
Il est possible qu'on visite un peu ce parc sur le chemin du retour vers Denver.
On y arriverait en milieu ou fin d'après-midi pour repartir en fin de matinée le lendemain.
J'hésite à dormir au Saddlehorn campground (sans douches) directement dans le parc OU au camping (sans doute Fruita section) du James M Robb Colorado River state park (avec douches et baignade possible) Ou alors dans un logement en dur "de charme" type maison en bois "old time" si quelqu'un a une idée...
Le cadre du Saddlehorn justifie-t-il que l'on fasse le sacrifice d'un peu de confort (douches, rivière) qu'on aurait trouvé au Colorado River SP (ou ailleurs d'ailleurs!)?
Merci pour votre aide!
Marie
J'hésite à dormir au Saddlehorn campground (sans douches) directement dans le parc OU au camping (sans doute Fruita section) du James M Robb Colorado River state park (avec douches et baignade possible) Ou alors dans un logement en dur "de charme" type maison en bois "old time" si quelqu'un a une idée...
Le cadre du Saddlehorn justifie-t-il que l'on fasse le sacrifice d'un peu de confort (douches, rivière) qu'on aurait trouvé au Colorado River SP (ou ailleurs d'ailleurs!)?
Merci pour votre aide!
Marie
Endroits à visiter et choses à faire pour deux jours à Mombasa? (Kenya) English translation pending
Bonsoir,
Je suis de passage pour 2 jours à Mombasa, en février.
Quels sont les endroits à visiter, et les choses à faire?
Merci à vous.
Fanny.
Quelle ville européenne choisir pour un séjour court en famille? English translation pending
bonjour,
je souhaite préparer un petit séjour en famille de 3/4jours en Europe pour les vacances d avril 2009
mais j'hésite beaucoup, mes filles ont 5 et 7 ans, alors je recherche un dépaysemt mais pas trp épuisant .
alors Prague a une bonne presse pour les familles car elle semble de taille humaine et biensur magnifique avec des hotels qui semblent abordables ! :-)
ou Bublin, pour faire plaisir à mon mari, mais j ai peur du côté fatiguant pour les filles .
mais il me semble que la vie : ..hotel .. etc est chère
Alors si vous avez des idées, merci pour votre aide.......
Transport aérien d'une moto Europe - Mongolie English translation pending
Bonjour,
J'aimerais visiter l'Asie centrale en moto (avec ma propre moto), départ: Mongolie, fin: ?? on verra, Iran peut-etre? Pendant deux mois. Savez-vous comment je peux envoyer ma moto jusqu'en Mongolie? Je pense que le transport aérien est le seul moyen. Est-ce que quelqu'un peux me renseigner (quel compagnie, votre expérience, etc.)? J'habite Bruxelles mais peux déposer ma moto dans n'importe quelle ville en France, Belgique, Pays Bas, Allemagne, etc.
Merci d'avance
Guillaume
J'aimerais visiter l'Asie centrale en moto (avec ma propre moto), départ: Mongolie, fin: ?? on verra, Iran peut-etre? Pendant deux mois. Savez-vous comment je peux envoyer ma moto jusqu'en Mongolie? Je pense que le transport aérien est le seul moyen. Est-ce que quelqu'un peux me renseigner (quel compagnie, votre expérience, etc.)? J'habite Bruxelles mais peux déposer ma moto dans n'importe quelle ville en France, Belgique, Pays Bas, Allemagne, etc.
Merci d'avance
Guillaume
Australie: PC portable et douanes? English translation pending
Bonjour a tous,
je pars dans quelques jours en Australie avec le visa W&H.
je prend avec moi un pc portable, je voulais savoir si les douanes ou autre services contrôlent les pc portables et leur contenu.
par exemple, est ce qu'il font attention si on a des films téléchargé sur nos pc.
vu qu'une partie de ces film sont des film téléchargés illégalement, y'a t-il un risque vis a vis des droits d'auteur ou autre.
merci par avance pour vos réponses
je pars dans quelques jours en Australie avec le visa W&H.
je prend avec moi un pc portable, je voulais savoir si les douanes ou autre services contrôlent les pc portables et leur contenu.
par exemple, est ce qu'il font attention si on a des films téléchargé sur nos pc.
vu qu'une partie de ces film sont des film téléchargés illégalement, y'a t-il un risque vis a vis des droits d'auteur ou autre.
merci par avance pour vos réponses
Voyage aux îles Lofoten en Norvège English translation pending
Bonjour,
Je voudrais des renseignements sur les îles Lofoten en Norvège, cette destination me fait rêver.
Quelle est la meilleure saison pour y aller ?
Ce n'est pas trop bondé en été ?
Si quelqu'un a de bonnes adresses pour se loger ?
J'ai examiné la carte, il y a plusieurs îles, quelles sont les plus belles ?
Est-il facile de faire des randonnées ainsi que des activités comme le kayak sans rien réserver à l'avance ?
Merci de vos réponses🙂
Prix des excursions Marsans à partir de Samana ou de Las Terrenas? English translation pending
Bonjour ! 🙂
Par curiosité quelqu'un aurait-il le prix des excursions pratiquées par le Tour Opérateur MARSANS pour les excursions à partir de Samana ou de Las Terrenas ?
Merci de votre aide ! 😉
Par curiosité quelqu'un aurait-il le prix des excursions pratiquées par le Tour Opérateur MARSANS pour les excursions à partir de Samana ou de Las Terrenas ?
Merci de votre aide ! 😉
Visites sur Gran Canaria en avril? English translation pending
Ayant visité Ténérife 3 années consécutivement, amateur d'îles, je vais me rendre à Gran Canaria en avril près de Playa Los Ingles.
A part tous ces pièges à touristes, qu'avez-vous à me conseiller comme visites?
Festivités polynésiennes English translation pending
ayant lu de nombreuses pages webs a ce sujet, auncune ne precise l oragnisation des festivités sur l ile de tahiti entre le 5 juillet et le 14. notre vol arrive le 5 juillet et nous y seront pour une duree de 15 jours...
je pensais donc rester sur tahiti au debut et voir quelques iles apres (trop peu de temps a mon gout)
jai lu ceci : "PK 22, 5 Visite du Marae Arahurahu Ce marae se trouve dans une vaste clairière et a été particulièrement mis en valeur avec quelques tikis de pierre et de bois, le site a été restauré en 1954.C'est ici que se déroulent des reconstitutions de cérémonies anciennes lors des fêtes du Heiva, en juillet. Fete de juillet (fin le 14)"quels spectacles a ne pas manquer ?
ou puis je trouver le calendrier des fetes 2009 (mm sur les pages officielles l information reste sommes toute vague...)
celui ci serait t il aux allentours des dates que jai données?
jai aussi lu que pres de marae il y avait les coins les plus "sauvages" et inhabité de tahiti. nous serait il possible de dormir la bas a la belle etoiles?
merci pour les infos. 🙂
jai lu ceci : "PK 22, 5 Visite du Marae Arahurahu Ce marae se trouve dans une vaste clairière et a été particulièrement mis en valeur avec quelques tikis de pierre et de bois, le site a été restauré en 1954.C'est ici que se déroulent des reconstitutions de cérémonies anciennes lors des fêtes du Heiva, en juillet. Fete de juillet (fin le 14)"quels spectacles a ne pas manquer ?
ou puis je trouver le calendrier des fetes 2009 (mm sur les pages officielles l information reste sommes toute vague...)
celui ci serait t il aux allentours des dates que jai données?
jai aussi lu que pres de marae il y avait les coins les plus "sauvages" et inhabité de tahiti. nous serait il possible de dormir la bas a la belle etoiles?
merci pour les infos. 🙂