Hola Queenie,
Juste quelques info's en plus (je souscris totalement à ce que t'a écrit mariecris).
Officiellement, aucun Cubain ne peut "acheter" un appartement ou une maison. S'il possède un appartement (par héritage, ou parce que ses parents ont divisé leur appartement, c'est-à-dire mis une partie à son nom, etc.), il peut - officiellement, avec l'aval de l'office du logement - le "permuter" (l'échanger) contre un appartement avec une chambre de plus ou contre une maison, moyennant une bonne raison (mariage par exemple) et, en général, une somme d'argent en plus (la différence entre ce que vaut l'ancien et le nouvel appartement, les m2 à disposition, etc.). C'est très compliqué, il faut des tas de papiers... Il existe de véritables "chaînes" de permutations entre plusieurs propriétaires, cela peut durer des mois. Ne parlons pas des réparations et autres aménagements une fois la transaction officialisée... Ca, c'est la 1re possibilité officielle !
2e possibilité officielle: il peut participer à une micro-brigade de construction de son entreprise et espérer qu'au moment de l'assemblée générale, après la fin des constructions, le vote des employés et ses mérites en feront l'heureux bénéficiaire d'un logement qu'il aura participé à construire. Mais celui-là, il faudra qu'il en paie l'achat en mensualités pendant plusieurs années, en fonction de l'estimation de l'office du logement (ces mensualités sont directement déduites de son salaire tous les mois). Inutile de te dire que cela prend plusieurs années... et qu'il est fréquent de participer à plusieurs brigades sans être "choisi" par l'assemblée ! Toutes les entreprises n'ont pas de brigade...
3e possibilité: il est musicien, sportif de pointe, médecin, prof d'université ou a des mérites exceptionnels que le pays récompense, etc. Dans ce cas, son ministère peut lui assigner un appartement qui est livre et qu'il peut acquérir en propriété moyennant le paiement de mensualités. J'ai des amis qui ont obtenu des appartements comme cela et qui ont amélioré leur situation d'habitat par diverses "permutations"... mais cela prend aussi des années et demande beaucoup d'effort... et de l'argent !
Si un appartement ou une maison sont achetés sur le marché parallèle (donc par une transaction directe entre propriétaires, totalement illégale, ou avec un prête-nom, encore plus illégal), un avocat et un notaire avec de bons contacts avec l'office du logement doivent être de mêche (cela coûte très cher), les actes de propriété sont falsifiés et toute l'affaire peut "exploser" si des voisins envieux ou un comité de quartier y trouvent à redire et te dénoncent. Trop risqué pour placer ton argent... à moins que tu décides de le placer "à fonds perdus", par pure philantropie ! Ton nom n'apparaîtra jamais, et tu ne pourras jamais faire valoir aucun droit sur un tel apparement, même mariée et même si tu peux fournir toutes les preuves que c'est toi qui a versé l'argent pour "l'acheter"... De nombreux étrangers ayant pratiqué ce sport ce sont retrouvés "le bec dans l'eau"...
Concernant l'ouverture officielle d'une casa particular ou d'un paladar (restaurant privé) à
La Havane (en province je n'en sais rien), cela deviens en effet de plus en plus compliqué et j'ai plusieurs amies, qui ont hérité de grandes maisons à la mort de leurs parents, qui souhaitaient le faire et qui ont abandonné après des mois à cause de toutes les tracasseries administratives. La taxe mensuelle à payer pour une casa particular est très élevée (je crois qu'elle est actuellement de 200 CUC), même s'il n'y a pas de clients. Pour les risques concernant une casa particular sans permis officiel, voire plus haut ! Comme il y a beaucoup d'irrégularités (pour ne pas dire plus...) dans ce domaine, les contrôles se sont renforcés ces derniers mois et les amendes sont astronomiques et souvent accompagnées d'une peine de prison.
Pour répondre aux remarques concernant l'achat d'appartements par des étrangers:
Il y a quelques années, en effet, plusieurs appartements ont été vendus à des étrangers dans de luxueuses résidences à Miramar, spécialement construites à cet effet sur la 5e avenue. Ils coûtaient entre 150'000 et 200'000 US (selon la position dans l'immeuble) et donnaient automatiquement un droit de résidence dans le pays. Mais cela a été rapidement stoppé... les propriétaires ont pu garder l'appartement acquis et ils peuvent en profiter, mais les frais d'entretien son énormes. En général, ce sont des gérants d'entreprises étrangères installés dans le pays qui les ont achetés, où des diplomates qui ont pris leur retraite dans l'île (j'en connais un). L'accès à ces immeubles est strictement contrôlé jour et nuit par un gardien, tu dois t'identifier à ton arrivée et ton hôte doit confirmer au téléphone qu'il t'attend. Sinon, pas de pardon ! En cas de départ définitif de
Cuba, ils ne peuvent être "revendus" qu'à l'Etat, du moins pour le moment. Même si les lois du logement changent vite...
Dernière remarque si tu veux aller vivre à
Cuba: trouves-toi un travail qui te donne droit au permis de séjour de "Technico extrajero", soit "technicien de l'étranger" (p.ex. Radio Habana
Cuba, Prensa Latina, une agence québécoise de coopération, OMS, etc., cela dépend de ton métier). Cela facilite ton installation sur place et te donne le temps de faire le "tour de la question". Ensuite, à toi de décider de l'avenir de ton projet...
Excuses-moi, j'ai été un peu longue. Mais à
Cuba, rien n'est simple et mieux vaut prendre quelques précautions avant de se lancer dans une affaire qui risque de mal tourner et de te faire perdre tes belles idées et aussi ton argent.
Amitiés
Marianne