Je vous avais promis un compte rendu hier, le voilà !
VOYAGE EN
AFRIQUE DU SUD
Nous sommes partis en
Afrique du Sud avec notre fille alors âgée de 13 ans en juillet août 1998 pour un séjour de 26 jours sur place. Donc comme les saisons sont inversées, c’était l’hiver là bas, mais malgré tout il ne fait pas froid : au
Cap le climat s’apparente à celui de
Nice, la moyenne des températures journalières est de 18 ° en juillet, et la nuit 7°. Il faut tout de même un pull.
Nous voyageons toujours en individuel, avec une voiture de location et des vols internes quand les distances sont trop grandes. On a une carte, des guides, et voilà, on se débrouille !
Partie 1 :
Nous avons atterri au
Cap (
Cape Town) tout au sud du continent. C’est une belle ville de style plutôt britannique, avec un grand jardin au centre ville. Il y a de bons restos (dont un français réputé où Chirac a mangé, je crois), c’est une ville européenne, la population est blanche. Mais à l’époque il y a des réfugiés mozambicains qui arrivaient par cars entiers et commençaient à foutre une mauvaise ambiance car ils mendiaient dans la rue, squattaient assis par terre dans les rues piétonnes... La rumeur disait que Mandela les faisait affluer dans la région des blancs pour faire basculer l’état dans les mains des blacks aux élections. Je ne sais pas comment ça a évolué. Il faudrait se renseigner auprès de gens du coin.
A voir à
Cap Town :
monter avec le téléphérique au dessus de la
Table Mountain, un haut plateau qui domine la ville et d’ou on a une vue magnifique (il y a un bar panoramique)
Aller se balader dans le quartier malais musulman (petites maisons pastel de toutes les couleurs, ambiance paisible et vue sur la ville)
se balader au centre ville, voir le jardin, le parlement, l’ancienne maison de Mandela
Aller sur le port (Waterfront) qui a été aménagé avec boutiques, restos, ambiance sympa.
Aux alentours du
Cap : aller voir le Cap de Bonne Espérance, c’est là, les 40° Rugissants. Paysage type
Bretagne, vent terrible, à voir.
Voir aussi les plages aux alentours du
Cap comme Sea Point et surtout Camps Bay, les gens qui vivent là ont bien de la chance. faire la route des vins (boucle de 200 km environ) cela ressemble aux vignobles français, d’ailleurs ce sont des français qui ont importé la vigne : après le massacre des protestants, beaucoup se sont réfugiés en Hollande, et lorsque les hollandais sont partis conquérir l’
Afrique du Sud, ils sont partis avec eux. Un village porte leur nom :
Franschhoek (le coin des Français). Ils avaient interdiction de parler français et ont été intégrés à la nation en une seule génération. Visiter
Stellenbosch et aller déguster les vins qui sont excellents, certaines propriétés ont des noms français.
Stellenbosh est une très jolie ville de style hollandais, il y a beaucoup d’universités et c’est bucolique.
Partie 2 :
ensuite nous avons fait “la route des jardins” en itinérants, c’est une route qui longe la côte est depuis
Cap Town jusqu’à
Port Elizabeth, ça nous a pris 5 jours avec des crochets par l’intérieur. A voir : Swellendam, très belle ville Outdshoorn à l’intérieur : c’’est là que se trouvent les élevages d’autruches. on peut visiter et même chevaucher une autruche. On peut aussi en manger, c’est très bon, un peu comme le filet de boeuf. La route pour arriver là est belle au milieu des collines couvertes de champs d’orge vert vif, villages pimpants à la hollandaise, gens sympas et accueillants. prendre le petit train à
Knysna, vieux train du XIX remis en service sur une voie ferrée qui longe la côte avec de très belles plages. Pour se baigner, l’eau est un peu fraîche en juillet mais on s’est tout de même baignés (je crois qu’on était les seuls).
Il y a aussi plusieurs parcs nationaux à visiter dans le coin.
A
Mossel Bay, voir l’arbre où les navigateurs portugais déposaient leurs lettres pour leurs parents à l’époque de Bartoloméo Diaz il y a 500 ans. De sacrés marins !
On a finit la route à
Port Elizabeth (là on est dans une région black, ambiance un peu craignos, on nous a recommandé de ne pas sortir le soir, il y a des règlements de comptes entre l’Inkata et le parti adverse).
Ensuite on a pris l’avion jusqu’à
Durban, la ville indienne de l’
Afrique du sud.
Partie 3 :
DurbanDurban est une très grande ville à population à majorité Indienne. D’ailleurs Gandhi a vécu à
Durban. Ambiance cool, architecture style anglais.
Là il commence à faire bon, l’eau de mer est chaude, il y a pas mal de surfers.
ça vaut le coup d’y passer 2 jours pour visiter les marchés, les centres commerciaux (bien), tâter l’ambiance, aller à la plage...
Nous on a passé 2 jours à 100 km au sud dans un grand complexe hôtelier à Southbroom (14 hectares je crois, avec piscines, golf et activités) où on peut faire du golf de façon décontractée (pas de snobs) avec des singes qui se poursuivent dans les bosquets ! Cocasse.
A partir du Nord de
Durban, on est en pays Zoulou. Les zoulous sont super sympas, ce sont des guerriers, ils sont fiers et vous regardent droit dans les yeux, et ils ne font pas de vacheries si on est corrects avec eux (pas le cas de ceux de la tribu de Mandela les Xhosas, qui vivent au sud de
Durban : ce sont des petits gros ne regardent jamais en face et sont des fourbes. A l’époque en 98, régulièrement à la une des journaux, soit les zoulous, soit les xhosas faisaient une descente dans le village de l’autre tribu et c’était le massacre : ils tuaient tout le village, les vieux, les gosses, même les animaux domestiques. Et la semaine d’après représailles et re-massacre. Je ne sais pas comment ça a évolué). Dans le coin de Southbroom, tous les quartiers résidentiels sont gardés par des gardes armés. On nous disait de ne pas sortir la nuit, mais enfin cela n’avait pas l’air spécialement tendu contre les blancs.
Une chose que j’ai oublié de dire, que l’
Afrique du Sud ce n’est pas l’Afrique comme on l’entend : il y a un bon niveau de vie, les routes sont excellentes, les gosses vont à l’école, ce n’est pas du tout le tiers monde. Les gens sont habillés à l’occidentale, ils gardent leurs costumes traditionnels pour les fêtes.
Il y a une chaine hoteliere nationale, Protéa, l’équivalent des Best Western, très bon rapport qualité prix.
Tout est propre, on peut manger de tout car les conditions d’hygiène sont rigoureuses, il y a des hôpitaux et des pharmacies, des supermarchés, enfin c’est comme en Europe... mais en Afrique. On mange bien, la viande est bonne, et les légumes, les fruits abondants. Très bons vins locaux aussi.
Partie 4 : les réserves d’animaux
Ensuite on a remonté la côte est vers le Nord, pour aller dans une réserve d’animaux privée : Hlubluwe Game Resort. C’est une réserve qui appartient à une personne qui a acheté quelque chose comme 800 hectares et qui y a lâché des animaux sauvages. On circule avec un guide en 4x4 jeep, non armé, et on piste les animaux. On a vu des éléphants passer à 2 m de la jeep arrêtée et qui n’avait pas de vitres, et ils nous regardaient avec leur petit oeil noir... il ne faut pas bouger, pas faire de photos, pas parler. Ils ne sont pas agressifs si on est calme. C’est vraiment un moment fort à vivre. On a vu aussi des rhinocéros, là il faut faire attention car ils peuvent charger. Et aussi des hyènes, des oiseaux, des buffles sauvages. On fait un tour au lever du jour à 5 h du matin (ça caille, on voit la buée devant nos bouches), puis la journée il fait bon, je dirais 25 °. La nuit on repart pister les animaux avec les phares et les torches, c’est incroyable, ils ne se sauvent pas ! Le lendemain, le guide nous a emmené dans une réserve privée voisine où on a circulé en bateau, on a vu des crocodiles, un hippopotame (le plus dangereux des animaux en Afrique) et d’autres bestioles.
On a passé 2 ou 3 jours dans cette réserve, c’est super.
Ensuite on est remontés en voiture toujours vers le Nord, on a traversé le
Swaziland (ils appellent ça la
Suisse, il y a des grandes forêts de sapins et des montagnes, les habitants, des noirs, sont sympas, mais le niveau de vie est moins élevé qu’en
Afrique du Sud, beaucoup de natalité galopante...). Le climat est comme dans les Vosges en été, et le paysage idem.
On a continué pour remonter vers le
Parc Kruger. C’est un parc immense qui fait à peu près 200 km du Nord au Sud, il appartient à l’Etat Sud Africain et est super bien géré.
Il faut savoir que la gestion est du même genre que les parcs nationaux aux
USA : il y a des rangers, les routes sont goudronnées, il y a des centres avec boutiques et cartes qui vous indiquent les animaux repérés dans les heures passées par les rangers (par exemple grâce à ça on a pu voir un léopard ce qui est assez rare car en principe ils restent dormir dans les arbres dans la journée, il pêchait dans la rivière). On circule dans sa voiture particulière, c’est interdit de descendre de voiture pour la sécurité mais il n’y a pas de danger.
Là, c’est fantastique pour voir les animaux, bien mieux qu’au
Kenya où c’est un peu l’usine (enfin je ne connais que
Tsavo). Nous avons vu plein d’éléphants, de girafes, un léopard, des gazelles à profusion, des oiseaux...
Ensuite on a été dans une réserve privée à coté de
Kruger (je n’ai plus le nom, c’est un ancien directeur d’agence de pub du
Cap qui a tout plaqué pour créer une réserve). L’ambiance très familiale est super sympa, le soir on mange autour du feu de camp dans le “boma”, on loge dans des tentes en toile, douche en plein air. La nuit on entend les lions qui rugissent au loin, mais il y a une clôture barbelée et électrifiée pour protéger le camp. La journée on part en trek à pied dans la réserve : il n’y a pas de grand fauve dans cette réserve, on a pu approcher les girafes à 5 mètres, c’est très émouvant comme grandes bêtes là. Il y a un guépard par contre qui a sauté sur une des touristes (belge !) qui s’était baissée pour changer sa pellicule. Le guépard est comme un gros chat, celui là en avait marre qu’on empiète sur son territoire en se rapprochant de plus en plus pour le photographier à 10 mètres, il remuait la queue comme un chat, et quand la fille s’est baissée, il lui a sauté dessus en 3 bonds et a passé ses pattes autour de son cou, de dos. Heureusement il ne l’a pas mordue, le guide zoulou a un peu agité un bâton et le guépard l’a lâchée (ce guépard a été nourri au biberon avant d’être relâché dans la nature, donc il n’est pas 100 % sauvage, et sa taille n’est pas impressionnante). Il est resté à tourner au milieu de nous, on ne bougeait pas d’un poil, je me disais pourvu qu’il ne me morde pas la main en passant... Après il nous a suivi car on avait 1 km à pied à faire pour revenir à la jeep. Dès qu’il était trop loin (donc possibilité de prendre son élan pour nous sauter dessus) on s’arrêtait. Je n’en menais pas large car il n’attaque pas les grands mais les petits qui n’ont pas la taille réglementaire comme moi (1, 54 m) et naturellement les autres se défilaient car ils avaient peur et je fermais la marche... On est arrivé à la jeep (découverte), on est montés dedans et il a continué à nous suivre. Là pareil, on ralentissait quand il était trop loin. On est arrivés au camp. Ouf !! mais d’après le directeur du camp, ce n’est pas dangereux.
Sinon il y avait une phacochère et son petit qui venaient manger à notre salle à manger car ils crevaient de faim avec la sécheresse, ils n’avaient que la peau sur les os, ils nous mangeaient presque dans la main. On aussi visité des villages de tribus alentour, accueil très sympa.
Enfin une super expérience et plus de peur que de mal, en principe les animaux sauvages sont moins agressifs que les humains ;-) Il n’y a que les hippos qui soient vraiment dangereux, la plupart des accidents graves sont de leur fait car ils attaquent les barques et massacrent les occupants, même pas pour les manger, juste par agressivité.
Après cela, nous avons visité l’intérieur, la région du Veld, c’est la campagne, avec des fermes, des grottes... :
Blyde River canyon,
Pilgrim’s Rest. C’est là que les pionniers afrikaners ont terminé leur conquête du pays.
Partie 5 :
les chutes de
Victoria Falls au
Zimbabwe (ex Rhodésie) :
Si vous avez déjà vu les chutes du Niagara, n’allez pas à Victoria, vous serez déçus : on longe une faille pendant 3 ou 4 km avec la rivière tout au fond, mais il n’y a pas de vue panoramique comme à Niagara. On n’a pas de recul, il faudrait survoler en hélico.
En plus les hotels sont très chers (1500 F la nuit...) et les gens du coin pas sympas. Ils font du racisme anti blancs, on dirait, ce qui n’est pas le cas des noirs d’
Afrique du sud qui considèrent les blancs comme une de leurs multiples tribus.
Partie 6 :
Prétoria : nous avons atterris à Prétoria, la capital historique. Il y a de beaux monuments, mais toutes les fenêtres ont des grillages et des barbelés. Drôle d’ambiance. On cherchait à visiter une vieille maison historique, un noir s’est approché, on a eu un peu peur et en fait il s’est proposé pour nous guider. Comme quoi il faut rester calme et souriants, ça désamorce.
Par contre à mon avis, il faut éviter à tout prix
Johannesbourg, une des villes les plus dangereuses si ce n’est LA ville la plus dangereuse du monde : nous l’avons évité avec soin. Il parait que les gens vous braquent pour avoir votre voiture au carrefour et ils vous foutent une balle dans la tête même si vous vous laissez faire. En regardant la une des journaux, à chaque fois il y avait un truc sanglant en couverture : braquage de banque avec prise d’otages et échanges de tirs nourris, etc... Tous les gens ont une arme à feu, alors ça craint...
Une chose que j’ai oublié de raconter aussi dans cette région, ce sont les bidonvilles au bord des autoroutes ou entre les échangeurs : plein de noirs quittent leur campagne, attirés par le mirage des villes, ils se retrouvent sans boulot sans maison, et se font une cabane avec trois bouts de cartons. Il faut faire attention aux abords de Prétoria, car vous foncez sur l’autoroute (il y a de superbes autoroutes) et brusquement il y a un mec complètement déchiré ou une famille qui traverse l’autoroute à pied... Parfois aussi, il y en a qui laissent traîner une grosse branche au milieu de l’autoroute... Mieux vaut aller pas trop vite mais pas trop lentement non plus pour qu’ils n’aient pas le temps d’attaquer. Dans les journaux aussi, à l’époque en 98, dans la région de Prétoria, chaque jour une famille de fermiers blancs se faisait massacrer (ça, en
France on en n’a jamais parlé, parce qu’on soutenait Mandela mais c’est Mandela qui encourageait ce genre d’actions pour créer une psychose chez les blancs et qu’ils se barrent).
Enfin voilà, ce fut un voyage inoubliable et à par
Victoria Falls et la région de Prétoria un peu craignos (mais on est revenus entiers), l’
Afrique du Sud est un pays magnifique et très varié du Sud au Nord, les gens sont sympas et il n’y a pas de problème de racisme vraiment marqué, il y a des milliers de choses à voir, dans des conditions confortables, avec encore très peu de touristes (surtout des australiens), des plages immenses et propres, et pour les réserves d’animaux c’est le top !!!