Bonsoir Elodie, je viens de lire les dernières participations. Ca prend un tour qui peut être polémique. Je comprends la réflexion de Cambrousse. Voyagou vit en Afrique, sans doute l'écouter aussi, mais l'Afrique est immense.
Mon père est né en
Algérie et je ne connais pas ce pays, il paraît que j'y suis allé à 2 ans, aucun souvenir. Je sais seulement que quand ma famille y retourne elle est bien accueillie. La dernière fois qu'ils y sont allés en masse, je traversais l'
Amérique du Sud à vélo et je regrette de ne pas avoir été du voyage. Donc si j'ai des racines en
Algérie, je me garde bien de parler de ce pays que je ne connais pas. Ce qui corrobore peut-être ce que dit Cambrousse.
Après vivre dans un pays, oui mais le connait-t-on? J'ai travaillé dans une ambassade dite craignos. J'y suis allé car l'aventure m'appelait, je pourrais expliquer pourquoi ce serait long, mais je peux si ça intéresse certains. Le travail que j'y ai fait était enthousiasmant, je pensais me trouver avec des rambos attirés par l'aventure. Eh bien non, des petits fonctionnaires attirés par le salaire très conséquent (dont j'ai aussi bénéficié), mais ils se terraient généralement entre expat et ne connaissaient pas le pays, ce qui ne les empêchaient pas d'en parler, souvent très très loin de la réalité. Donc ces discussions sur internet sont très difficiles, on ne sait pas avec qui on parle vraiment.
Comme te dit voyagou les femmes seront tes plus fidèles alliées, et cela est vrai sur la Terre entière. Mélusine Mallender, jeune femme qui a fait des barouds invraisemblables, généralement à moto seule à travers le monde, et qui a fait entre autre une descente des canaux de la Terra del Fuego en kayak, elle aurait dû mourir, mais elle est revenue.
Tu peux lire cette aventure incroyable dans la mer en furie dans le livre "au cœur des extrêmes" de Christian Clot. Je l'ai rencontrée au cours d'un festival voyage et images à la Bresse à côté de chez moi. Elle faisait deux présentations, et moi je présentais une traversée du désert de l'Atacama à vélo. J'ai longuement parlé avec elle,
très très impressionnante pour une petite "pépette" qui n'a peut-être pas 30 ans. Elle explique très bien qu'une jeune femme en solo est accueillie par les femmes, et de ce fait le mari la prend sous sa protection et qu'il n'y a plus rien à craindre. Tape son nom sur google et tu peux la contacter.
Des fois on a des scrupules à donner des conseils, comme quand tu renseignes une personne sur une voie d'alpinisme très dangereuse, sachant que la liste des morts est déjà longue. Mais bon, on est tous majeurs après 18 ans, et il n'est pas de mon ressort de faire la morale. Il faut dire que l'on vit dans un monde tellement hostile au risque, que les barrières de compréhension deviennent vite infranchissables entre les adeptes du voyage sans risque et les adeptes du "baroud".
En tout cas quand tu partiras n'oublie pas de "minimiser" tes comptes-rendus pour préserver tes parents, car des affaires limites tu en auras, genre bus qui te frôle et pire. Avec le recul je me rends compte que j'ai rendu la vie de mes parents impossible, en particulier avec l'alpinisme. Les copains mouraient autour, mais l'idée de nous arrêter ne nous effleurait pas. Ma mère vivait un peu sur une autre planète, mon père non. Il était chirurgien, et connaissait avec précision la fragilité de la vie, et souvent il n'a pas dû dormir, mais ne me disait rien. Il m'achetait même tout le matériel que je voulais. Pense bien à préserver tes parents, même si tu mens un peu. Raconte avec force les trucs sympas, un peu moins quand tu as eu peur. C'est un sujet de philo: toute vérité est elle bonne à dire? Mais si tu es appelée, pars.
Je vais te donner les liens vers des filles sans limites en solo.
Luc