On parle souvent (pour ne pas dire uniquement) du temps de vol des pilotes. Sauf erreur de ma part, je pense qu'il y a aussi la répartition de ce temps à prendre en compte et que beaucoup de "petites" vacations (1 à 3 h par exemple) entrecoupées de temps d'attentes un peu long ne sont pas la même chose que des vols courts enchainés comme sur certaines low cost ou un vol long, pour la même durée totale de pilotage.
Bien sûr; On parle du nombre d'heure de vol des pilotes comme un indicateur de leur activité. Mais cet indicateur a ses limites.
- Déjà, il n'a rien à voir avec le temps de travail : un pilote moyen courrier peut effectuer 4 vols dans la journées : temps de vol autour de 6 heures. Temps de travail : environ 10 heures. Car il faut bien arriver avant le premier vol, préparer le vol, préparer l'avion, et le temps entre les vols est consacré à la préparation du vol suivant et la re-configuration de l'avion. Un pilote moyen courrier non instructeur et non cadre vole environ 750 heures par an. Cela ne veut pas dire (loin de là !) qu'un pilote moyen courrier travaille 750 heures par an !
Pour le long-courrier, la préparation est plus longue, et une fois le frein serré à l'arrivée, le travail n'est pas terminé. Le débarquement des passagers dure en moyenne 25 minutes, et les pilotes sont à leur poste en cas de problème. Un pilote Lc vole en moyenne 800 heures par an. Un peu plus les années de croissance, un peu moins les années difficiles ;
- Il faut aussi compter les séances nombreuses d'entraînement et de contrôle, que ce soit au simulateur (4 fois par an) ou au sol, en formation. A ma connaissance, il ne s'agit pas de loisirs, donc cela fait partie du temps de travail.
- Enfin, pour que ce soit comparable, il faut que dans les chiffres publiés par les autres compagnies, on sache si le temps de vol comprend les instructeurs, les pilotes en formation (qui volent moins) et les cadres (et il se trouve que dans les autres chiffres que l'on a sur le Figaro, ils sont exclus du décompte, ce qui fait monter les chiffres), et que l'on considère aussi s'il s'agit d'une compagnie travaillant en hub ou non. si c'est le cas, les attentes entre les vols sont plus longues, comme je l'ai déjà expliqué et cela fait donc mécaniquement baisser le nombre d'heures annuelles.
J'espère avoir été clair et permis à chacun de se faire une opinion plus argumentée que ce que laisse entendre le Figaro ou d'autres feuilles de choux.