Paru dans les Echos :
La compagnie a présenté les détails de son plan bases de province. Dès octobre, elle proposera des vols à prix réduits au départ de
Marseille vers 13 destinations.
Face à la concurrence des compagnies aériennes à bas coûts, comme Easyjet ou Ryanair, Air France a décidé de réagir. Ce lundi, elle a officiellement lancé son plan bases de province, dont elle avait déjà jeté les bases. L'objectif est d'ouvrir une cinquantaine de destinations au départ de
Marseille,
Toulouse,
Nice et (plus tard)
Bordeaux afin de générer 4 millions de passagers supplémentaires.
Dans un premier temps, dès octobre, le transporteur va proposer des vols à prix réduits depuis
Marseille vers 13 nouvelles destinations:
Mulhouse,
Biarritz,
Brest,
Athènes,
Copenhague,
Moscou et aussi vers
Beyrouth,
Istanbul ou
Casablanca. Et, annonce Air France, sur les destinations domestiques ou du type
Düsseldorf ou
Prague, le billet sera proposé à partir de 50 euros TTC! «On a trois grilles de prix selon la distance», a précisé Bruno Matheu, directeur général délégué commercial.
Pour parvenir à proposer ces tarifs avantageux, Air France compte sur les baisses de coûts et sur les gains de productivité obtenus grâce à l'installation de ses bases de province. Pas question, en revanche, de réduire la qualité de service à bord des appareils, assure-t-elle.Opposition des hôtesses et stewards
Concrètement, les personnels navigants installés en province se verront proposer de faire plus d'heures de vol, mais de façon groupée. Les pilotes par exemple, pourraient voler 715 heures par an, contre 550 ou 600 heures actuellement, a précisé
Pierre-Henri Gourgeon, le directeur général d'Air France, reconduit la semaine dernière
pour un second mandat. «A l'heure de vol, la rémunération baisse mais la rémunération par jour augmente» et les pilotes pourront être plus souvent chez eux, a-t-il précisé.
Les pilotes d'Air France ont approuvé à près de 55% cette nouvelle organisation, par voie de référendum. En revanche, les trois syndicats d'hôtesses et de stewards représentatifs dans la compagnie (Unsa, Unac et SNPNC) ont décidé de ne pas signer le projet d'accord. «Nous n'étions pas opposés au projet de bases en province, mais il n'est pas question d'en profiter pour revenir sur les acquis sociaux des dernières décennies», a réagi Philippe Sportès, responsable Unsa.
Pierre-Henri Gourgeon a déclaré lundi que ce projet pourrait être mis en place sur la base du volontariat, même en l'absence d'un accord. La compagnie avait pourtant toujours affirmé que cette nouvelle organisation ne se ferait pas sans l'aval du personnel.LES ECHOS (AVEC AFP)