J12 (14/07/18) Homer -> Katmai NP :
Réveil dans le Nissan à 7h sous une pluie fine...

Il fait 48 degrés Farenheit.
Les conditions météos ne sont pas top mais ce n'est pas encore la cata et nous n'avons pas reçu de mail d'annulation pour notre excursion au
Katmai NP.
Rendez-vous au Beluga Lake à 8h30.
Nous sommes les premiers devant le ponton de l'hydravion.
Stressés de savoir si nous allons pouvoir partir malgré la pluie.

Le pilote arrive et nous rassure aussitôt.
Tout le monde est là, nous sommes 10 au total.
Comme bien souvent nous sommes les plus jeunes et ceux qui parlent le moins bien américain.

Petit briefing. Le pilote est particulièrement coool (a prononcer à l’américaine), cigare au bec, je me demande même si il est pas un peu défoncé.
Il a un style vraiment unique, un mélange de bandit mexicain, de pêcheur du dimanche et de pilote fou.

Et surtout la voix et le faciès du gros fumeur avec sa bronchopneumopathie chronique, j’espère qu’il va pas nous faire son embolie pendant le vol.

Il a l'air de bien se moquer des jeunes Rangers du parc qui se la jouent un peu trop à son gout.
Bref, après quelques bonnes blagues et fous rires partagés, nous embarquons dans la bonne humeur, très soulagés que le vol n'ait pas été annulé.
Je monte à l’arrière.
La cabine est assez grande, le pilote me fait m'asseoir à l'arrière derrière la porte pour avoir plus de place pour mes jambes.
Je suis bien installé par contre ça sent le carburant à mort là dedans... ça me rend à moitié malade.

Allumage du moteur, petit tour sur le lac, et c'est parti mon kiki !
Nous décollons à 9h pile, tout en douceur. La magie de l’hydravion.

Nous laissons la péninsule de Kénai derrière nous et traversons le golfe de Cook dans sa plus grande largeur.
Petit à petit nous descendons en altitude pour pouvoir rester sous les nuages et finissons quasiment par raser l'eau.
Nous essuyons quelques pluies puis nous atteignons la péninsule d'
Alaska, chaine de volcans d'environ 800km qui sépare l'océan Pacifique de la baie de
Bristol, et se poursuit par les iles
aléoutiennes.
Nous sommes toujours en basse altitude et survolons nos premiers grizzlys.
Les nuages sont de plus en plus épais et de plus en plus bas.
Nous subissons plusieurs turbulences, et enchainons les changements de direction.
Le survol de cette immensité sauvage et vierge de toute anthropisation, ses grosses bêtes que l'on voit courir dans les ruisseaux, et les conditions difficiles pour s'y rendre me donne l’impression d’aller explorer l'ile du Jurrasic parc !
Je ne serai qu'à moitié surpris qu'un ptérosaure débarque de nulle part et se saisisse de l'hydravion entre ces griffes gigantesques.

Je commence à être sérieusement malade et à trouver le temps long.

Finalement je remarque que quelque chose cloche et je check notre géolocalisation sur mon téléphone.
Nous sommes toujours aussi proche de la côte et sommes, en fait, en train de tourner en rond.
Moi qui apprécie habituellement les turbulences, désormais je suis à 2 doigts de vomir.
J’ai pas payé pour souffrir okay ??!

Après encore de, trop nombreux, virages, le pilote nous dit quelque chose dans nos casques audios mais nous ne comprenons rien et nous amerrissons sur le premier lac que l'on trouve.
Nous trouvons une petite plage pour débarquer et sortons de l'hydravion.
Nous ne sommes manifestement pas à Brooks Falls.

Le ciel est complétement couvert, il fait un froid de canard mais ça fait du bien de prendre l’air et je me sens un peu mieux.
Le pilote nous explique que les nuages sont trop bas et que nous ne pouvons risquer de prendre la passe entre les montagnes.
Il a une règle, il ne survole pas la montagne si il ne voit pas ce qu’il y a de l’autre côté.
Selon lui, si les nuages montent d’une centaine de mètres nous pourrons essayer de passer, sinon nous devrons rentré à Homer.
Nous faisons une pause de 45 minutes.
Tout le monde est dépité. Ça ne rigole plus du tout.
Nous nous baladons sur la berge couverte de crotte de grizzlys, pendant que notre pilote se fume quelque cigare et s’enfile quelques filet de saumons grillés.
Puis c’est l’heure de redécoller.
Le pilote nous dit simplement qu'on va voir mais visiblement le temps ne s’est pas amélioré.
Il pleut et les nuages sont encore plus bas que tout à l'heure.
Nous décollons dans le brouillard.
Zéro visibilité mais au moins il n’y a plus de turbulence. Je vais mieux, ouf !
Nous partons en direction de Homer et au niveau de Augustine Island m’a géo localisation m’indique que nous faisons demi-tour et nous nous dirigeons plein sud ouest vers Brook.
Nous sommes dans les nuages et ne voyons rien du tout.
Mon GPS m'indique que nous sommes à plus de 2400m d'altitude, d'où le froid glacial dans l'habitacle !
J'ai prévenu Alison mais personne d'autre a suivi à bord, tout le monde pensait que nous rentrions à Homer. Aussi quand nous sortons des nuages et survolons les lacs Grosvenor et Naknek c’est la surprise et l'euphorie !
Nous amerrissons à 12h30.
Quelques hydravions sont déjà là mais pas tant que ça finalement.
Tout le monde sautille de joie au débarquement et le pilote se fait chaleureusement applaudir !
Nous y sommes arrivés, enfin! Brooks camp in bear country !

Nous devions rester jusqu’à 15h30 et le pilote accepte de repousser le départ à 16h. C’est déjà ça.
Et Il ne pleut plus, c’est parfait !

Tout le monde file aussitôt au Visitor center.
Nous regardons la vidéo obligatoire (qui pourrait franchement être raccourcie

) et petit discours bienveillant de la ranger.
L’excitation est à son comble, tout le monde trépigne d’impatience
Comme des enfants attendant la récréation, nous avons hâte d’être libérer et de pouvoir filer vers la chute.
Après 15-20 minutes d'informations nous sommes finalement autorisé à visiter le parc.
Nous traversons le camp et la rivière Brook sans problème.
Ouf ! On nous avait prévenu qu’on pouvait parfois attendre très longtemps si un ours était dans les alentours à ce moment là et que l'accès au pont flottant était alors interdit.
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Suite J12