Bonjour,
Je relis pour la n-ème fois les poèmes de Mririda traduits du Chleuh (langue berbère de l'
Atlas) par un fin connaisseur de la culture berbère. Ces "Chants de la Tessaout" sont un petit bijou, criant de vérité et d'humanité, où se dévoilent les soucis et les joies des femmes de l'
Atlas, leur vie quotidienne et leurs espoirs. Je ne peux que le conseiller à ceux qui aiment le
Maroc, et ses Berbères : sans doute peu de librairies l'ont en magasin (sauf au
maroc) mais on peut le trouver sur le Net, you see what I mean (pas de pub ici)...
Un poème :
Ma soeur, ne me fais pas de reproches.
Bien sûr, je n'aurais pas dû dormir à l'azib (bergerie d'été là-haut dans les alpages)
Et tu sais, ma soeur, ce qu'il advient à l'azib
Par une chaude soiée, auprès d'un jeune homme...
Serais-je la seule à m^'être attendrie
dans les bras d'un homme, ô ma soeur ?
Pouvais-je penser que cette nuit, ô ma soeur,
Aurait un lendemain trop lourd pour mon ventre ?
Garde moi au moins le secret, ô ma soeur !
La vieille Tamaoucha connaît la vertu des plantes,
De ces plantes qui me délivreront sans tarder.
Tu sais bien qu'ensuite il n'y paraîtra rien.
Tamoucha a déjà l'alun et la résine
Qui me feront une nouvelle virginité.
Elle m'a même promis de parler mariage,
Le croirais-tu ? à notre cher cousin...
Dis-moi, ma soeur, sera-t-il bon mari ?
Que nous resterait-il contre les hommes
Si nous n'avions la ruse et le sourire ?
Timgharine, Timeghdarine... O mon cousin
le dernier vers joue sur la ressemblance phonétique des 2 mots, se traduit par :
"femmes, traîtresses"

B'slama