Indiana Jones et sa femme à Ranomafana.
Parking bondé à l’entrée du
parc national de Ranomafana, les chauffeurs discutent paisiblement entre eux, les guides vantent leurs services surtaxés et sont en perpétuelle recherche de nouvelles victimes.
Comme toujours je reste spectateur curieux et attentif en observant ce qui se passe autour de moi en attendant que mes clients visitent le parc.
Je vois un couple américain déballer le déguisement complet d’
Indiana Jones, jusque là rien de vraiment exceptionnel sur ce site. Ce n’était qu’à la touche finale, quand pratiquement tous les regards stupéfaits se sont tournées vers eux, que j’ai réalisé que ce seront certainement des spécimens intéressants à suivre de plus prés.
Ils sont entrés avec les bottes scotchés au pantalon à l’aide d’une large bande adhésive orange vif, tenue de brousse, chapeau en cuir artificiellement usé, un filet de bananes attaché à la ceinture.
Trop beau pour ne pas les suivre !
A peine entrés dans le parc avec guide et rabatteurs, la femme commence à éplucher des bananes et à les jeter parterre en appelant « maki, maki, maki ». Elle attend en observant le moindre signe d’approche d’un lémurien affamé.
Rien de rien.
Tant pis, elle change de méthode.
Cette fois elle avance en brandissant une banane épluchée devant elle mais en gardant la même incantation. Les rabatteurs observent la scène bouche bée. Elle s’imagine peut être que c’est du à sa prononciation américaine et elle change d’intonation : « mâakii, makki, mâââkiiiiiiii.
Toujours rien.
Je ne résiste pas à l’envie de lui demander une banane qu’elle m’offre avec un regard plein d’espoir.
Je l’épluche lentement et je la mange en la remerciant.