Bonjour !
J'ai eu à gérer un groupe de petits français (16 majeurs 18-22ans) à l'été 2009 en
Inde pendant 1 mois et demi...
Je ne sais pas si tu es déjà allée en
Inde. Mais oui l'atterrissage est brutal.
Delhi est une ville assez violente si tu n'es pas habituée. Tes gamins vont découvrir en effet la vraie misère et les bataillons d'estropiés. C'est rude, surtout si l'on est jeune et donc sans la maturité nécessaire pour prendre du recul.
A cela, il faut ajouter la chaleur, les odeurs, le bo..el ambiant. Si tu n'as pas voyagé autrement qu'avec papa-maman, ca va les surprendre.
Ensuite, pour avoir vu des villes de tibétains (type
Dharamshala...), il faut savoir que c'est plus "facile" à vivre. Car il y a moins de pauvreté (en tout cas apparente dans la rue) et surtout quasiment pas d'handicapés (non que j'aie une dent contre eux, mais en
inde, ce ne sont pas les fauteuils roulants comme chez nous...). Donc si tu restes pas mal de temps dans le village, ca devrait mieux se passer. Ensuite, après un temps d'adaptation, tu verras que les indiens sont tres sympas (peut etre les plus gentils que j'ai vu à ce jour). Plus encore quand une vingtaine de jeunes blancs débarquent dans leur village pour les aider. Cela leur permettra de mieux comprendre et surtout de revenir sur leur expérience première.
Pour la suite de ton voyage,
Agra, Udaipur,
Jaisalmer cela ne posera pas de problèmes majeurs. Ce sont des villes "propres" et tres belles (meme si le
Rajasthan est l'un des états les plus pauvres, il y a moins de misère apparente qu'à
Delhi ou dans le Bihar et Jharkand par exemple. Quant à
Agra, les abords du
Taj Mahal sont "nettoyés"). Rishikech, c'est trop touristique pour conserver encore quoi que ce soit de typique et d'intéressant.
Donc pour résumer ; le plus dur c'est l'arrivée à
Delhi.
Ce qui va les choquer :
- la crasse (euphémisme)
- les odeurs
- la chaleur de
Delhi en Juillet aout qui relève toutes les odeurs
- la maladie (troubles de la digestion)
- les mendiants (tu oublies le clodo qui fait la manche dans le métro...)
- les estopiés qui exposent leur handicap comme argument de vente pour la piecette
A ce sujet, les abords des gares c'est la cour des miracles.
Autre point, les mendiants savent que les occidentaux sont "faibles" (les indiens ne prennent pas de gants comme nous et jettent les mendiants comme des chiens). Donc ils insistent et sont collants. Surtout auprès des plus jeunes et des filles. Il n'y a pas 50 solutions : les jeter comme les indiens (ce qui est tout aussi choquant en tant qu'occidental que de voir le défilé).
A
Delhi quand tu es dans un rickshaw, au feu rouge, tu as 3 gamins qui sortent d'on ne sait où pour te faire la manche jusqu'à ce que le feu passe au vert.
Tu peux les prévenir de ca, mais impossible de les préparer à ce qu'il vont voir.
Une fois sur place, comment le gérer ?
Il faut voir avec l'ampleur de la crise. Mais les réunir pour les faire parler est une bonne méthode je pense. Cela permet à ceux qui supportent bien de s'exprimer et de donner des moyens aux plus faibles de surmonter. Et surtout qu'ils sachent qu'ils sont un groupe et que tout le monde (ou tout du moins une bonne partie) a le meme ressenti.
Fais ca régulièrement (moi je le faisais une fois par semaine), cela évitera que les crises intestines ne se gangrènent.
Mon groupe était constitué de 16 jeunes (bon j'avais un an de plus qu'eux...). C'était la première fois de leur vie qu'ils partaient dans un pays aussi différent, aussi longtemps et
De ce que j'en ai vu :
- je ne connais pas une personne qui soit allé en
Inde avant ses 16 ans et qui en soit revenue enchantée
- personne n'est indifférent : soit tu adores, soit tu détestes et ne pense qu'à remonter dans l'avion.
- au final, quel que soit ton ressenti, tu en reviendra changé
En revanche, je ne sais pas gérer l'acclimatation aux conditions de vie sommaires.
L'
Inde fait peur. Mais c'est aussi un super pays et les gens sont formidables. Il faut parvenir à dépasser cette répulsion première pour le voir. Ensuite, si tu prends le train pendant des heures, les gens viendront spontanément parler avec vous. Pareil dans la rue.
En tant que femme occidentale, attends toi à etre sans cesse dévisagée dans la rue. Certaines de mon groupe ont trouvé ça "lourd" à la longue.
Enfin, je pense que la raison pour laquelle ils font parti de ton groupe à son importance. S'ils sont volontaires, c'est qu'ils s'en doutent, et montreront une meilleure volonté pour surmonter tout ca. En revanche si c'est un bataillon de la disciplinaire, alors bon courage.
Il y avait dans mon groupe 2 personnes qui étaient là parce que papa et maman en avaient marre de leurs gamines "gosse de riche" et qui les avaient envoyé en humanitaire en
Inde apprendre la vie. Non seulement ca n'a servi à rien parce qu'elles se sont braquées à la sortie de l'aéroport, et je n'ai jamais rien pu en tirer. J'ai fini par les mettre à la cuisine à l'abri car au moins elles ne nous emm... plus pendant le travail (un chantier pour construire un dispensaire).
Bon courage à toi, mais ne t'en fais pas, ca en vaut largement la peine.
Si tu as d'autres questions, n'hésites pas !
Nicolas