A l'époque où j'étais étudiant à
Buenos Aires, je me suis fait " agresser " dans le quartier de Caballito, là où la ville finit et où débute le gigantesque et mystérieux " Gran
Buenos Aires " sous les ponts du périphérique...
J'attendais deux amis français qui habitaient dans le coin, c'était un jour férié (le 2 avril, jour de commémoration de la Guerre des
Malouines), les rues étaient quasi désertes et je sirotais un coca, une clope au bec.
Deux jeunes qui ne devaient pas être âgés de plus de 19 ans s'arrêtent dans un pick up pourri, l'un d'eux sort du véhicule et m'aborde avec un accent très très prononcé. Croyant qu'il me demandait la route, je lui réponds, " no sé, disculpa ! ". Le bonhomme me regarde et me rétorque " Te estoy robando che ! " (" Je veux te voler ducon ! ") ET il saisit le petit sac que je portais en bandoullière, comme le connard d'Européen que j'étais

Je devais emménager dans un nouvel appart ce jour-là, ce qui fait que j'avais les 1000 pesos de la garantie, ma CB, mon passeport, mon billet d'avion retour, téléphone, mp4 et tutti quanti ! J'ai regardé les deux gringalets qui me menaçaient de sortir un couteau, l'un d'eux a saisi le sac en gueulant " la mochila ! la mochila ! Tengo el cuchillo ! (" Ton sac ! Ton sac ! J'ai un couteau !), je l'ai repoussé violemment, il a trébuché, j'en ai profité pour sprinter et me réfugier dans un petit commerce ! J'ai juste eu le temps d'entendre le conducteur du pick up qui me lançait " La concha de tu madre !!! " (La ch*** de ta mère !)
Rien de grave finalement parce que j'étais beaucoup plus imposant que ces deux jeunes mais j'avoue que s'il avait effectivement sorti le couteau, j'aurais surement dû m'incliner et lui remettre le sac avec tout ce qu'il contenait.

Je me suis permis de relater cette (més)aventure parce que je suis tout à fait d'accord avec le fait qu'un sentiment de sécurité " trompeur " peut être dangereux à
Buenos Aires, ville qui respire les airs de
Paris,
Madrid et
Rome... Sans bien sûr tomber dans la paranoïa, restez tout de même vigilants et ne faites jamais, au grand jamais, l'erreur de porter une petite sacoche qui revient à dire " Braquez moi, je porte de l'argent sur moi ! "