Bonjour,
L'affaire Teddy Bear a fait beaucoup de bruit. Et il y a de quoi.
Ayant la chance de m'exprimer par l'intermédaire d'un clavier je peux modérer mon langage. Je n'en pense pas moins.
Vous qui allez au soleil découvrir ce beau pays, vous les rencontrerez, vous les croiserez ces touristes qui ne viennent que pour celà. Si vous ouvrez les yeux dans les petits restaurants à
Chennai, à Mamallapuram, à
Kovalam (pas à Goa que j'éviterai toujours), dans ces si typiquement indiennes rave-party de
Manali, un peu partout en
Inde, vous finirez par remarquer ces hommes occidentaux qui entrent dans votre dhaba tenant un jeune garçon indien par la main et venant partager un thali à la table d'à côté.
La misère est telle que tout se vend. Je me suis fait proposer dans l'ordre, une femme, un homme, un jeune garçon puis une petite fille. Désarçonné, assommé que j'étais.
Douya, je prend ta relève et je conte le tout-le-monde-il-est-pas-beau-tout-le-monde-il-est-pas-gentil. J'ai envie de pleurer.
Bon, terrifiant.
Un copain indien a lié connaissance un jour, à Goa (hé mec, c'est quand la full-moon party ?), avec un néo-zélandais. Un jour, celui-ci lui a donné rendez-vous dans sa chambre pour le lendemain matin - si je ne suis pas revenu de la plage, attends-moi -. Il n'a pas attendu longtemps. La police est arrivée, a trouvé sur place la drogue qu'il fallait pour envoyer mon copain en centrale. Le néo-zélandais lui n'a rien eu (à vérifier).
C'est ainsi que les dealers survivent. En dénonçant de temps en temps des clients à la police.
Certes, ce copain n'était pas à l'époque un parfait enfant de coeur, il me l'a confié. Il m'a dit aussi qu'il n'avait rien à voir avec ce trafic pour lequel il fut accusé.
Deux années en centrale. Deux années seulement grâce à sa femme qui a dépensé des sommes folles pour payer des avocats marrons et lui éviter quelques années de plus. Je n'ai pas oublié la description qu'il m'a faite de son cauchemard. L'horreur, je nous en dirai pas plus. Je tiens à ce que vous passiez tous une bonne journée, que les chanceux qui viendront au Zango ce soir grâce à Aurélie et à Loopkin puissent nourrir pendant ces quelques heures qui nous restent avant la rencontre une pêche d'enfer.
Je ne souhaite à personne de passer une nuit dans cette prison - m'a-t-il dit.
Bon, le livre ? Très intéressant. L'analyse des comportements, l'étude des relations entre prisonniers, comment l'auteur arrive à conserver en lui l'essentiel sans lequel tout bascule, la critique du commerce de la
doctrine magique du bon guru... Edifiant.
Je dois dire que je frissonne rétrospectivement en pensant à ma convocation, l'année dernière à Anoopgarh, par le C.I.D. (central inquiry department). Maintenant j'ai la certitude d'avoir bien fait de quitter cette ville, les habitants y sont pourtant si gentils, très très vite. J'y reviendrai un jour, avec les autorisations nécessaires. Promis !
De ma fenêtre le ciel bleu au dessus de l'école semble prendre l'avantage sur les nuages. Un petit sourire ?