Trois bombes explosent dans un parc de
Rangoon : neuf morts
RANGOON, 15 avr 2010 (AFP) - Neuf personnes ont été tuées et 75 blessées dans l'explosion de trois bombes jeudi dans un parc fréquenté de
Rangoon, en marge des célébrations du Nouvel an bouddhiste, a indiqué un responsable birman.
Les attentats ont frappé alors que des centaines de personnes se pressaient dans le parc de Kandawgyi pour le festival de l'eau, durant lequel il est de tradition de s'asperger mutuellement.
«Neuf personnes ont été tuées - cinq hommes et quatre femmes - et au moins 75 blessées», a indiqué le responsable sous le couvert de l'anonymat. La télévision d'Etat a cependant fait état d'un bilan de six morts.
Une quatrième bombe a été découverte et désamorcée, a précisé le responsable, sans donner de détails sur la nature des explosifs et leur puissance. «Nous voulions juste participer au festival de l'eau et c'est arrivé», a témoigné, les larmes aux yeux, une femme d'une quarantaine d'années, dont la soeur de 57 ans a été tuée et la
nièce de 25 ans grièvement blessée. «Je suis extrêmement triste», a-t-elle confié à l'AFP.
«De telles explosions, qui sont l'oeuvre de destructeurs, durant le festival de l'eau du Nouvel an sont une insulte au peuple», a dénoncé le reportage diffusé par la télévision d'Etat en début de soirée.
Les explosions font suite à plusieurs attentats perpétrés ces dernières années en
Birmanie, dont l'un a tué huit personnes en décembre et dont le dernier a fait deux morts en mars.
Ils ont été la plupart du temps attribués par les généraux au pouvoir à l'Union nationale karen (KNU) qui se bat contre l'armée birmane depuis un demi-siècle pour obtenir l'autonomie de la région.
Le régime militaire entend préserver «la stabilité de l'Etat» face aux revendications politiques et territoriales des minorités qui n'ont cessé de contester le pouvoir central depuis l'indépendance du pays, en 1948.
Les généraux, au pouvoir depuis 1962, ont repris en 2009 l'offensive face aux Karens et aux Kokangs, un groupe minoritaire sinisant, dans le nord-est reculé du pays, provoquant à chaque fois un exode massif de réfugiés.
Au total, 17 groupes armés et 40 petits groupes ethniques ont signé des accords de cessez-le-feu avec la junte depuis 1988.
Des élections législatives, les premières depuis vingt ans, doivent se tenir en
Birmanie avant la fin novembre. La Ligue nationale pour la démocratie (LND) de l'opposante Aung San Suu Kyi a décidé de les boycotter, en rejetant les lois électorales promulguées par la junte.