La réflexion de Thierry est tout à fait juste sur d'une part le fait que les habitants du
Myanmar ont besion du tourisme pour survivre, et d'autre part sur le fait que ne pas y aller pour raisons politiques (comme moi par exemple) est un peu ridicule (on pourrait même dire pas mal ridicule).
Je voudrais quand même apporter deux éclairages.
1. Ce qui me gêne, c'est le travail obligatoire des enfants. C'est assez bizarre de ma part, car dans certains endroits d'Afrique, cela ne me heurte pas car ce travail fait culturellement partie du processus d'éducation par la participation volontaire à l'effort pour aider la famille (un peu comme les enfants occidentaux à qui l'on confie la tache familiale de débarrasser la table ou de la mettre). Si on regarde notre histoire, on trouve des traces très nettes du travail participatif des enfants comme par exemple les longues vacances scolaires d'été instituées pour libérer les bras des enfants pour aider en travaillant avec les adultes pendant les moissons.
Mais dans le cas du
Myanmar, le travail obligatoire non rémunéré (le mécanisme réel est plus complexe, mais aboutit à ça) me met très mal à l'aise quand je le rencontre. Mais ne pouvant rien changer ni en y allant, ni en y allant pas, je fais l'autruche en n'y allant pas pour ne pas voir.
Cela ne change rien à la gentillesse des habitants, ni à la beauté du pays ni à l'intérêt archéologique important de ce que l'on voit au
Myanmar qui sont extrêmes, c'est un problème personnel.
2. Il y a quand même dans l'esprit de chacun un instrument de mesure tout à fait subjectif, qui fait que ceux qui disent qu'il faut quand même aller au
Myamar parce que les habitants en ont besoin sont souvent les mêmes qui disent qu'il ne faut pas aller au
Zimbabwe pour ne pas soutenir le régime de Mugabe.
Moi, je vais sans problème au
Zimbabwe, et je complète mon droit en poids (avion) avec du riz que je remets dans certains villages que je traverse ou que je vais visiter. Je ne fais pas de l'humanitaire (cela n'en est pas), mais aller dans un pays n'est pas obligatoirement synonyme d'approuver un régime en place ou non.
Cela ne change rien à la gentillesse des habitants, à la beauté du pays ni à l'intérêt extrême de la faune africaine dans ce pays (diversité biologique et densité animale).
De toute façon, il n'y a pas souvent de réponse simple à un problème compliqué.