ralalaaaaaa !
je decouvre tout ceci tres tardivement !
bonjour a tous
voila : "j'habite" a
siem reap pour des raisons professionnelles.
en arrivant de
france, fort de mon bon droit, j'expliquais a ma femme qu'il me fallait un visa business pour pouvoir ensuite le presenter a mon employeur qui se chargerait du reste pour le faire etendre a ses frais.
allez savoir pourquoi, elle etait intimement persuadee qu'il me fallait un simple visa touriste (celui ou il a marque "employment not permitted"...) et que tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes et que de toute facon, a l'aeroport de
siem reap, ils faisaient pas des choses comme ca.
ce que femme veut...
bref, 15 jours plus tard, a une semaine de mon embauche, elle decidait finalement que j'avais raison et un formidable periple s'organisait.
on l'appelera "l'odyssee du visa business a Poi Pet" avec moi en role principal et deux khmers en roles secondaires (un chauffeur et un gars qui n'a servi strictement a rien, mais comme ce sont sont des amis, la ballade etait somme toute sympathique)
je passe sur le trajet
Siem Reap/Poi Pet, tout a ete dit : la route est bonne et en 2h30/3h00 tout est regle.
et me voici a la frontiere thai, pret a effectuer un saut de puce
cambodge/
thailande puis
thailande/
cambodge le tout en 2h00 max.
poste frontiere cote cambodgien (pour violemment detruire mon visa touriste) : j'ai a peine le temps de m'inserer dans la file d'attente, tongs aux pieds, une main dans une poche et l'autre tenant le passeport qu'un gars m'apostrophe.
pour une somme derisoire, il me permettrait de me jouer de cette horrible et longue file d'attente (3 personnes...) pour aposer le tampon qui va bien !
oui, mais le monsieur ne sais pas qu'il a affaire a un "serial paranoiak" et que mon passeport dans des mains inconnues, ca va pas le faire !
s'engage un semblant de discussion, lui essayant de me vendre son service et moi n'en comprenant pas l'utilite.
arrivent des touristes, des vrais, on les reconnait bien, ils ont des sacs a dos (alors que moi, non, rien dans le dos), mon interlocuteur me lache et se jete sur eux (sans plus de succes, malheureusement pour lui).
je fais mes 5 minutes de queue, montre en main et me voici propulse entre les deux frontieres : casinos, bureaux de change ambulants, flot de personnes passant d'un pays a l'autre et les habituels racoleurs "do you want a lady ?"
petit instant de stress puisque j'arrive au poste thai (sur la gauche en venant du
cambodge) et qu'il peut y avoir des soucis vu le but de ma mission.
je remplis mon p'tit papier et je me presente a la douaniere (oui, j'avoue avoir attendu le moment ou elle etait libre pour faire mine d'avoir fini de remplir mon papier, c'est honteux et pas bien, mais que voulez vous, les monsieurs me faisaient peur...).
tout va pour le mieux sauf au moment ou elle me dit que le champ "adresse de residence en
thailande" n'est pas rempli.
je me lance alors dans l'explication la plus nulle du monde : je dois rencontrer un ami sur le marche, je ne vais pas resider et meme, dans une heure je reviens au
cambodge.
petite moue dubitative de la dame (du genre "t'as raison mon gars, 'un ami'... tu viens plutot faire un tour par ici avec des intentions pas louables du tout !"), mais tampon/fermeture du passport/"welcome sir" et me voici en
thailande.
cout de l'operation : rien (en dollar, en riels ou en baths)
je tourne un peu sur le marche, regarde la devanture d'un pub et environ 20 minutes plus tard, j'estime avoir rate mon ami imaginaire (puisque j'vous l'dit, meme qu'il m'a envoye un message imaginaire pour me dire qu'il pouvait pas venir et que, de rage, je l'ai efface -le message) et decide de retourner au
cambodge.
je passe le poste frontiere thailandais, pulverisation de mon visa et cheminement en direction des casinos.
ayant compris que le poste d'arrivee au
cambodge se situait sur la droite en venant de
thailande, je traverse la route et emboite le pas a des francais (ou des francophones) traversant la frontiere a pied.
j'arrive au poste et vlan !
ben oui, "vlan" car a la lumiere de ce que je viens de lire, je tombe dans le vilain piege "vous n'avez pas de visa ??? mais faut retourner en faire un la bas mon bon monsieur !"
demi-tour, je tombe (toujours sur le trottoire que j'avais emprunte) sur une miserable cahute avec un gentil monsieur a l'apparence officielle et les mains pleines de ces papiers necessaire a l'etablissement du visa.
et c'est parti pour le grand rodeo : "on paie en baht mon bon monsieur ! allez changer vos dollars chez la bonne dame en face, le temps que vous faites cela, je gere le reste. vous avez une photo ? non ? zut... vous ne bougez pas ? vous n'avez pas l'air decide de bouger ? bon, ben ca fera 1800 baht, ca vous va ? vous n'avez pas l'air de savoir combien cela fait et vous avez l'air d'accord ? nous sommes tous heureux, c'est parfait, je vous attends."
je sais que je me fais arnaquer, mais je ne sais pas encore de combien.
je vais voir la bonne dame et je lui demande 2000 baht.
elle convertit, m'annonce la couleur, se fait disputer par celle qui semble etre sa mere, refait ses calculs et m'en demande 60 $ (ce qui, au final, n'est pas une si mauvaise affaire a ce que je crois voir sur les sites de change)
a ce moment, je me dis "ok, le monsieur est un peu gourmand mais soit, sur ce coup la, je suis seul en tord, faisons le dos rond, il s'agirait pas de finir bloque entre les deux postes frontiere" (vous noterez au passage que je ne rejete meme pas la faute sur le dos de ma douce moitie qui ne m'a pas accompagne et qui se moque bien de ce genre de probleme puisqu'elle a un visa permanent).
je donne l'argent a mon gentil douanier (enfin, je le presume comme tel : gentil et douanier) qui a l'air tout content et qui a passe a la trappe toute question concernant la photo.
il prend mon passeport, ma demande de visa et tique : mon ancien visa etait un "tourist" et je reviens en demandant un "business" et en plus en passant la frontiere deux fois dans la meme journee ! (si ce n'est dans la meme heure, mais ca, il n'a pas les moyens de le verifier).
visiblement, entre crapule on s'entend bien : il me redemande la nature du visa demande, fait mine de reflechir, empoche les 1800 bahts... et se tire avec mon passeport !
punaise, le "serial paranoiak" en moi se reveille !
je fais mine d'etre a l'aise, souris aux gens, engage meme la discussion avec un "racoleur" cambodgien qui a un peu de temps a tuer.
finalement mon douanier revient au bout de 10 minutes, tout souriant et me tendant mon passeport, je peux y aller en toute confiance.
j'y vais donc l'air confiant, le poste d'arrivee valide mon visa et me revoici cote cambodgien.
evidemment, la nuee me fond dessus : taxi sir ? you go to
siem reap ?
je fais mon coq, je bredouille mes trois mots de cambodgien " ate, mienne lane " (c'est phonetique, c'est pour rendre compte de mon pietre accent) et commence a paniquer puisque mon pote n'est pas visible et que la nuee se resserre autour de moi en m'expliquant des choses super interessantes en cambodgien (mais qui depassaient malheureusement mon niveau de comprehension puisqu'a part les trois mots cites plus haut, je ne comprends pas grand chose).
heureusement, la voiture de mon pote apparait comme par magie sous mon nez et hop ! direction
siem reap (40$ d'essence aller/retour)
cout total de l'operation : 100$
selon ma femme, la meme chose m'aurait coute dans les 250$ en passant par une agence (frais de changement de visa+etablissement du nouveau visa), mais connaissant maintenant la fiabilite de ses sources, j'ai des doutes...
cela dit, j'ai vu ce qu'etait le poste frontiere de Poi Pet (juste pour la curiosite, ca vaut le detour, c'est impressionnant), j'ai fait une ballade en voiture qui m'a permise de mieux connaitre le chauffeur et le monsieur inutile (en fait censer relayer le chauffeur mais qui a dormi tout le trajet retour, faut dire qu'a l'aller, il a passe son temps a raconter n'importe quoi et a chanter, fallait bien qu'il recupere).
et surtout de sourire betement en lisant vos commentaires a propos de l'arnaque a la frontiere, tout en me disant "je me suis bien fait roule dans la farine" bien fait pour moi