Hello vielle canaille !
Bien sûr j'y ai pensé !...
Tiens voilà, l'article du jour...le tien, un an plus tard !!!



Depuis le retour à la paix, et la restauration de la Monarchie en 1993, le 7 janvier est régulièrement l’objet de tensions entre les différentes forces politiques du pays. Cette année, c’est toutefois sans véritable opposition que le PPC célèbrera « son » anniversaire. Décryptage
Le monument de l'amitié Khmèro-Vietnamienne à
Phnom Penh (crédit: Asean View Report)Janvier 1979
Le
Cambodge, alors dénommé Kampuchéa Démocratique, est sous le joug des Khmers Rouges depuis maintenant près de 4 ans. Appliquant à la lettre les principes maoïstes, Pol Pot et les autres dirigeants du mouvement communiste transforment le
Cambodge en véritable camp de travaux forcés. Peu importent les pertes humaines, le nouveau pouvoir souhaite régénérer la société cambodgienne qu’il juge au mieux trop faible, au pire corrompue par l’étranger. C’est justement ce nationalisme primaire qui va conduire les Khmers Rouges à leur perte.
Lançant plusieurs raids meurtriers sur la frontière vietnamienne, les Khmers Rouges, forts du soutien chinois, se sentent suffisamment forts pour revendiquer les provinces perdues du Kampuchéa Krom. Que ce soit par refus de cette politique exacerbée, ou plus simplement par peur des purges qui secouent l’appareil du Kampuchéa Démocratique, plusieurs milliers de cadres et soldats Khmers Rouges désertent et rejoignent le
Vietnam qui les regroupe bientôt au sein d’un Front Uni National pour le Salut du Kampuchéa (FUNSK). C’est donc avec l’appui du FUNSK que les forces vietnamiennes lancent plusieurs opérations punitives tout au long de l’année 1978. C’est seulement au début 1979 que le conflit éclate ouvertement, et rapidement les forces Khmères Rouges sont défaites et repoussées à la frontière occidentale. Le 7 janvier 1979
Phnom Penh est donc libérée du joug Khmer Rouge.
Libération ou occupation ?
Lorsque les Khmers Rouges sont chassés de la capitale et du pouvoir, le soulagement est général au sein de la population, comme au sein de la diaspora. Un régime communiste succède toutefois à un autre régime communiste. Et ceux qui dirigent désormais le pays sont sous le contrôle direct des vietnamiens ravivant les vieilles peurs. La présence vietnamienne aurait-elle été mieux acceptée si elle avait été écourtée? Probablement, toujours est-il que les vietnamiens allaient garder la main mise sur le
Cambodge plus d’une décennie. Une présence forcée qui aujourd’hui encore ravive les anciennes fractures. Si le PPC, héritier politique du FUNSK, n’a eu de cesse de commémorer cette « victoire du peuple Cambodgien », ses opposants, monarchistes ou nationalistes, ont continuellement depuis dénoncé cette date comme celle du début de l’occupation vietnamienne. C’est ainsi que depuis 1993, au gré des fortunes politiques, le 7 janvier est successivement exclu puis intégré dans la liste des jours fériés officiels au gré des fortunes politiques.
Encore récemment, le 7 janvier était l’objet de tensions politiques entre PPC, FUN et autre PSR, d’autres mouvements plus marginaux, comme le Front des étudiants, en profitaient pour manifester leur ultranationalisme. Cette année toutefois, fort de son écrasante victoire aux dernières législatives et du morcellement d’une opposition bien silencieuse, et en dépit des biens inoffensives bombes découvertes vendredi dernier, Hun Sen et le PPC peuvent en toute tranquillité célébrer la « victoire » de 1979. 40.000 personnes sont en effet annoncées au Stade Olympique. Est-ce à dire que le 7 janvier est désormais accepté par toute la population, probablement pas. Les Cambodgiens ont peut-être tout simplement décidé de tourner la page des querelles commémoratives. Et de laisser au vainqueur du moment le plaisir de s’auto-congratuler.
Ke Bun Tha (LePetitJournal.com
Cambodge) mercredi 7 janvier 2009