Trois14 · 18 juillet 2011 à 10:18 · 1 221 photos 410 messages · 71 participants · 129 166 affichages | | | | À: Trois14 · 5 décembre 2011 à 9:58 · Modifié le 6 déc. 2011 à 0:29 Message 21 de 410 · Page 2 de 21 · 11 710 affichages · Partager Vendredi 8 Juillet 2011 SKAGWAY
Aujourd'hui nous ferons donc une courte incursion en Alaska, à Skagway, à 200 km d'ici ( Whitehorse).
Nous délaissons donc l' Alaska Highway, pour prendre le Klondike Highway, direction Sud. Cette route (voir mon message précédent) est excellente, et particulièrement scénique. Les lacs se succèdent, mais si nous ne devons stopper qu'une fois, c'est au bout d'une centaine de km, devant la magnificence d' "Emerald Lake". Tous les dégradés de bleu et de vert se conjuguent sur la surface. Et, isolé sur la berge, un magnifique chalet en bois, nous rappelle cette chanson qui nous a fait rêver durant notre jeunesse : "ma cabane au Canada".
Après deux heures de route, nous retrouvons la ligne de chemin de fer évoquée dans le message précédent, la "White Pass & Yukon Route", exploitée par la "Pacific and Arctic Railway Company". Un train est justement en attente de départ à la gare de Fraser.
Le poste de douane Canadien, suivi une quinzaine de km plus loin par le poste de douane US, sont passés rapidement, quasiment sans formalité (il nous a suffi de certifier que nous n'avions pas d'alcool ni d'armes à feu dans l'auto (les mœurs ont bien changé à Skagway depuis le bon vieux temps, tout se perd !) et le passeport est tamponné. En fait, lors des multiples postes frontière Yukon- Alaska (ou Alaska- Yukon) que nous traverserons au cours de notre périple, on ne nous ennuiera jamais avec des formalités type ESTA.
Ensuite sur une quinzaine de miles on peut suivre du regard le tracé de la voie ferrée, magnifique avec ses viaducs et ses tunnels. Et après une longue portion de descente, sur le coup de 10h (merci au changement de fuseau qui nous a fait gagner 1 heure), nous atteignons Skagway. Nous délaissons alors la voiture, et filons vers la gare, lieu typique et stratégique de la ville.
Je recommande sans réserve le café-expresso servi au buffet.
Au bout d'une demi-heure, le train que nous avions vu à Fraser, entre enfin en gare.
Les contrôleurs sont affairés en pleine discussion. J'en profite pour visiter le convoi. Remarquez les passerelles entre les wagons, plus sympathiques que les soufflets des trains de chez nous.
Mais l'intérieur des wagons est finalement très quelconque, décevant même. Enfin, au bout de quelques minutes, le train redémarre pour rejoindre le port (éloigné de 200 mètres à peine !). Mais les croisiéristes qui ont payé si cher leur ballade ferroviaire au sommet du White Pass n'aiment pas marcher.
Un luxueux bateau de croisière, le " Disney Wonder" (appartenant au groupe de l'oncle picsou), les attend pour de nouvelles aventures enivrantes (?). Pendant ce temps, d'autres navires de croisière patientent dans le port avant de débarquer leur "cargaison", qui prendra le train suivant.
Skagway est une ville Américaine, donc comme il se doit découpée sur toute sa longueur par un ensemble de rues parallèles et perpendiculaires entre elles. La rue principale s'appelle "State Street", elle comprend de nombreux bâtiments, tout droit sortis de l'époque de la ruée vers l'or, mais cependant tous dans un état impeccable. En fait, je trouve l'ensemble très réussi. Bien sûr, ces locaux sont tous reconvertis pour des usages touristiques (nombreux commerces), mais pourquoi pas après tout.
... ... | | | À: Trois14 · 5 décembre 2011 à 10:14 · Modifié le 29 jan. 2012 à 15:50 Message 22 de 410 · Page 2 de 21 · 11 673 affichages · Partager Skagway, suite.
Comme je vous l'ai indiqué dans un message précédent, le 8 Juillet est ici jour de fête, on cherche à se remémorer la fin du 19ième siècle, quand Skagway était connu dans le monde entier. Tous les habitants (pas les touristes, encore moins les croisiéristes) sont déguisés. Dans les rues, les calèches côtoient de puissantes limousines.
Certaines maisons... je dirais particulières, retrouvent l'ambiance festive des temps jadis, et des demoiselles bien aguichantes (en particulier aux fenêtres) font de l'œil au passant honnête.
Une reconstitution avec des mannequins reproduit l'ambiance des bars d'antan.
Mais certains aussi restent bien calés sur le temps présent, et pensent même à l'an prochain (novembre 2012 pour être exact). Les maillots des champions sont en vente partout, et l'un d'eux fait fureur. Il faut dire que c'est le régional de l'étape.
Nous nous promenons ainsi longtemps avec plaisir dans les rues de la ville.
Bien sûr nous visitons les boutiques ; on y trouve de nombreux cadeaux peu chers, apparemment typiques de l' Alaska même s'ils sont tous made in China. Cela tombe bien, nous avons une liste de cadeaux à approvisionner avant notre retour au pays.
Le "Trail of 98 Museum", dans un magnifique bâtiment du XIXième en pierre de taille, mérite que l'on y consacre du temps. Il est parfaitement conçu, et fournit de nombreuses informations sur la ruée vers l'or de 1898, et particulièrement sur la montée du Chilkoot. Les multiples photos ou archives d'époque sont passionnantes à étudier. Le paquetage obligatoire que devait se coltiner les mineurs allant au Klondike est détaillé et exposé. Incroyable ! Et bien sûr, l'histoire de "Soapy Smith" et de son gang est bien mise en évidence.
Mais en milieu d'AM, il faut envisager le retour. Nous jetons un dernier regard à la gare, et au chasse neige si indispensable en hiver (il y a alors souvent ici plusieurs mètres de neige).
Puis nous reprenons le Klondike Hwy direction nord, vers le col du White Pass. La chance est avec nous. Un train fait le même trajet, à peu de distance de la route.
Nous longeons le "Summit Lake" dans lequel les montagnes environnantes se réfléchissent.
Re-douanes (toujours aussi fluides).
Puis petite ballade pour tester le sentier du Chilkoot, dans sa partie haute (après la montée du Chilkoot).
A partir de "Log Cabin" (parking), je comptais rejoindre le lac Linderman, où les prospecteurs de jadis construisaient leur premier radeau (ou traineau en période de glace). Une scierie qui s'était astucieusement installée dans les parages et a vite fait fortune. Mais c'est alors que mon épouse est intimidée par un ours du voisinage. Nous devons absolument rebrousser chemin, je ne connaitrai jamais le fameux lac Linderman.
Puis nous reprenons la voiture, en direction du Nord. Nous nous arrêtons quelques minutes à Carcross, seule petite agglomération sur le trajet. A certaines périodes de l'année, le village est célèbre car il est sur le passage des grandes migrations de caribous. Mais il n'y rien de tel en Juillet. Cependant le coin de la gare est sympathique.
Un pont permet à la voie ferrée de traverser un cours d'eau venant du Lac Bennett. Nous avons une pensée pour les prospecteurs qui devaient descendre cette rivière en radeau (avant la construction de la voie ferrée).
Nous rejoignons enfin notre hôtel de Whitehorse, bien après 21h. Mais un message nous attend à la réception. Bizarre, bizarre, car je pensais que personne ne savait que nous étions ici. En fait, c'est l'association Franco-Yukonnaise, dont je parle dans un message précédent, qui nous invite à un barbecue ce soir à...18h. Je ne sais absolument pas comment ils ont obtenu mon adresse. Mais quand je vous disais que cette association est très efficace... Quoi qu'il en soit, il est beaucoup trop tard, et nous ne profiterons pas de cette soirée, probablement très sympathique. Nous le regrettons. ...
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... | | | À: Trois14 · 5 décembre 2011 à 21:12 Message 23 de 410 · Page 2 de 21 · 11 634 affichages · Partager Bonsoir J-Pi,
J'ai suivi vos préparatifs et à présent j'apprécie tout particulièrement ce carnet plein d'infos et de superbes photos. La partie " Rocheuses canadiennes" m'a fait revivre le voyage que nous y avions effectué et comme vous nous avions trouvé le personnel de l'accueil de "Becker's Chalets" assez désagréable. Bien sûr j'attends la suite avec impatience.
Merci encore de prendre de votre temps pour écrire ce récit. Liliane | | | À: Trois14 · 5 décembre 2011 à 21:34 Message 24 de 410 · Page 2 de 21 · 11 634 affichages · Partager Bonsoir,
Très sympa ce carnet. J'aime tout particulièrement le mélange impressions personnelles/explications historiques. Les photos aussi sont très chouettes. Et dire que me fiant à la date du premier post, j'ai failli le louper (genre : c'est des échanges sur un"vieux" carnet). | | | À: Trois14 · 8 décembre 2011 à 22:54 Message 25 de 410 · Page 2 de 21 · 11 604 affichages · Partager Magnifique récit et de superbes photos en tout cas, surtout celles des lacs et animaux ! | | | À: Trois14 · 8 décembre 2011 à 23:54 · Modifié le 8 juil. 2013 à 0:31 Message 26 de 410 · Page 2 de 21 · 11 609 affichages · Partager Vers DAWSON CITY
Le lendemain matin, nous quittons Whitehorse sans nous mettre la pression. Il nous faut en effet attendre l'ouverture des supermarchés de la ville, afin de procéder à un dernier approvisionnement de nourriture, pour trois ou quatre journées (je ne sais pas ce que nous trouverons les prochains soirs). Ce n'est qu'à 9h passé que nous retrouvons le Klondike Highway ; mais cette fois, ce sera en direction du Nord, cap sur Dawson City, point focal de tous les rêves, lors de la Ruée vers l'Or. Les prospecteurs de la fin du 19ième siècle faisaient ce même trajet, mais par voie fluviale.
Notre premier arrêt sera justement Carmacks, seule agglomération du parcours, au bord du Yukon. Un chemin sur caillebottis de bois, permet une agréable ballade, le long du fleuve.
Puis à la mi-journée nous parvenons à un passage célèbre, "The Five Finger Rapids". C'était le principal obstacle pour les navigateurs sur le fleuve. La rivière est séparée par des énormes blocs de rocher en cinq passages distincts, l'un d'entre eux seulement étant assez profond pour permettre le passage des vapeurs à fond plat. Le courant est assez violent.
Après le lunch traditionnel, nous effectuons une promenade vers le Yukon. Un long escalier en bois permet de dévaler la falaise. Nous continuons par un sentier forestier d'un mile environ, environné de jolies fleurs...
... et débouchons sur la rive du fleuve.
Voici le même passage, mais la photo a été prise 110 ans plus tôt.
L'histoire raconte que l'endroit était redouté et que le nombre de naufrages ici fût très élevé. Pour plus de précision, on peut se reporter à la référence en la matière, l'album de Lucky Luke : "Le Klondike".
Nous reprenons la route pour quelques heures. Nous longeons des jolis lacs dans lesquels pataugent des mooses. Puis nous atteignons Moose Creek, un roadhouse, au milieu de nulle part.
Tout est un peu délabré, mais l'ensemble est plutôt sympathique. Après le plein d'essence, il est possible de se restaurer et de gouter aux bonnes pâtisseries locales, aux baies de la région.
Sur l'arrière, dans la forêt épaisse fréquentée par des ours, des cabanes de trappeur rustiques, sans eau ni électricité, permettent d'envisager de passer une nuit typique ici. C'était mon intention première lors de la préparation du voyage ; mais mon épouse, qui les avait visitées avec moi il y a quelques années, a opposé un véto formel. L'ensemble offre cependant le téléphone à la clientèle. Même si les "cabines" sont inhabituelles, pour rester à l'écart des ours.
Le voyage se poursuit. J'avais envisagé également de programmer un détour vers Mayo et Minto, par le "silver trail", piste célèbre. Mais cela aurait demandé une journée de plus, et je ne suis pas convaincu de l'intérêt de cette extension. Nous arrivons donc en fin d'AM à Dawson City, un village particulièrement typique, resté au 19ième siècle, mais avec infiniment moins de touristes que Skagway par exemple.
Nous nous repérons au bac sur le Yukon (que nous traverserons dans deux jours), et surtout à l'énorme glissement de terrain. Notre logement est dans ce quartier.
- - | | | À: Trois14 · 8 décembre 2011 à 23:55 · Modifié le 9 déc. 2011 à 1:46 Message 27 de 410 · Page 2 de 21 · 11 596 affichages · Partager Nous avons réservé au "Whitehouse Cabins", petit établissement pas trop cher que nous connaissons déjà. Notre cabine est juste au bord du Yukon.
Elle est très rustique, et rappelle une cabane de 1900. Les lits comportent, en guise de sommier et de matelas, une toile tendue sur un chassis en bois, recouverte d'une paillasse végétale de 3 cm d'épaisseur. Mais le bungalow est chauffé, il dispose d'une kitchenette, et surtout d'une salle de bain avec eau chaude : madame est satisfaite. De mon coté j'apprécie d'une part le WiFi (inconnu au 19ième), d'autre part le barbecue extérieur (qui n'existait pas lors de notre dernier voyage). Ce sera donc encore filets de saumon grillés tous les soirs.
Après le diner, comme le jour s'éternise et qu'il est impossible de se coucher de bonne heure, nous partons faire un tour en ville, du coté du "Diamond Tooth Gerties", un cabaret d'époque qui abrite toujours un spectacle parisien de French Cancan, comme au bon vieux temps.
Le spectacle, à tendance humoristique, burelesque même, comprend de nombreux numéros, certains très bien faits. Et il se termine par des concours divers, avec la participation très active du public : le spectacle est alors dans la salle, les Américains étant vraiment sans complexe. Par ailleurs, dans un coin, des tables de jeu de casino sont très entourées. Il est aussi possible de diner sur place.
Quand nous sortons, à 23h passé, la ville est encore bien éclairée par le soleil.
Nous décidons alors de monter au "Midnight Dome", petite colline dominant la ville, à 10 minutes de voiture. L'intérêt est d'y apercevoir le soleil de minuit, bien que situé très légèrement au Sud du cercle polaire, car nous sommes en altitude. En haut, nous retrouvons quelques voitures, souvent des couples qui veulent vivre ensemble cet instant magique. L'endroit est très calme et nous dominons toute la vallée du Yukon, maintenant dans l'ombre.
il est minuit pile.
Nous avons également une vue sur l'agglomération, mais aussi sur ses environs, défigurés par la recherche de l'or.
Retour à notre cabane, dodo.
=+=+=+=+=+=+=+=
Au réveil, nous réalisons que cette journée peut devenir pour nous très particulière : nous allons enfin (peut-être) devenir riches, car j'ai bien l'intention, moi aussi, d'aller prospecter, et pourquoi pas trouver, LA pépite du XXIième siècle.
Je demande au gérant de notre bungalow de nous prêter le nécessaire du parfait chercheur d'or : pelle, mais surtout gamelle (il faut dire "pan"). Et ainsi, parfaitement équipé, nous nous dirigeons, via une piste sans difficulté, vers le ruisseau Bonanza, à une quinzaine de km de là. Nous traversons de vastes zones ravagées, retournées par l'exploitation industrielle. Par endroit, la nature tente de reprendre le dessus.
Le temps des mineurs d'antan est bien révolu. Chaque concession est délimitée avec précision, protégée un panneau "défense de pénétrer sous peine de mort". Nous croisons bulldozers, et puissants engins de dragage, encore en activité. Nous apercevons aussi une drague monumentale en bois (plus de cinquante mètres de long), qui pouvait se déplacer toute seule sur le terrain (ou flotter sur l'eau) ; mais qui en tout cas écumait tout le sous-sol de manière systématique sur plusieurs mètres. Elle n'est plus utilisée depuis quelques dizaines d'années, mais peut être visitée.
Nous longeons ensuite le fameux ruisseau Bonanza, et avons une pensée émue en arrivant au "lieu de la découverte".
Un peu plus loin, une concession, gérée par l'office du tourisme de Dawson City, est ouverte gratuitement aux touristes. C'est ici qu'il y a une quinzaine d'années, j'avais trouvé une pépite (vraiment très petite, je l'ai égarée depuis). Mais plus rien les fois suivantes. Cependant, je sens que cette année sera la bonne... ; Annie est plus sceptique. Pourquoi ce défaitisme à priori ? Des "chercheurs" sont déjà au travail.
Il est temps de s'y mettre.
Cependant, au bout d'une demi-heure, alors que je n'ai encore rien trouvé, je me vois contraint de renoncer : j'ai froid aux pieds ! Encore raté ! Tant pis, ce sera pour une autre fois. Annie bien sûr jubile ! Nous rentrons tristement picniquer dans notre "palace".
Je profite de ces vues pour faire remarquer au lecteur une particularité intéressante (les spécialistes ont probablement une explication). Tous les ruisseaux que nous rencontrons, au Yukon ou en Alaska, dans lesquels des prospecteurs recherchent de l'or, sont toujours parcourus par une eau de couleur marron, comme ferrugineuse. Cela semble être un bon indice, avis aux chercheurs. - - | | | À: Trois14 · 8 décembre 2011 à 23:56 · Modifié le 29 jan. 2012 à 15:52 Message 28 de 410 · Page 2 de 21 · 11 594 affichages · Partager L'après midi est consacrée à une promenade à pied de la ville.
Elle est limitée sur un coté par le Yukon, très large à ce niveau, par la montagne de l'autre. Les voies de circulation, bordées par des trottoirs en bois, sont soit perpendiculaires (ce sont des rues), soit parallèles (ce sont des avenues) au fleuve. Elles sont en terre, non revétues, mais demeurent en excellent état. Nous nous souvenons en effet dans le passé d'avoir vécu ici durant une période de pluie, les rues de la ville étaient aplanies et remises à neuf tous les matins par le passage d'un lourd bulldozer municipal.
le Magasin Général, finalement bien mieux achalandé que ce que je pensais,
une maison d'habitation typique, comme il y en a beaucoup,
le théâtre
un hôtel moderne (mais cher)
un restaurant
Et enfin (nous nous imaginons sans effort dans un album de Lucky Luke) :
le journal local
un hôtel typique
une avenue (en terre)
Mais, le sol, dégelant en surface sur quelques dizaines de centimètres en été ou lorsqu'on chauffe, se déforme irrégulièrement, et certains bâtiments mal isolés, pâtissent du permafrost et ont dû être condamnés.
Dans la partie haute du village, sur la 8ième avenue, nous retrouvons, bien conservées, proches l'une de l'autre, deux habitations remarquables : - +- le "deux pièces", où a vécu jusqu'en 1912 le poète Robert Service, surnommé le barde du Yukon (il a ensuite émigré en France où il vécut à Paris dans la Quartier Latin, puis en Bretagne où il est enterré aujourd'hui).
cabane de Robert Service
- +- la modeste cabane de Jack London, un des premiers Stampeders du Yukon. Il arriva (via Skagway et le Chilkoot) à Dawson à l'automne 1897, mais, atteint par le scorbut, il a dû quitter la région dès la fin de l'été suivant. Il emprunta alors la route Nord, descendant le fleuve Yukon jusqu'à la mer de Behring, et de là trouva un bateau pour San Francisco. Il n'a pas fait fortune : les quelques pépites qu'il a pu vendre à son retour lui ont été payées moins de 5$ (de l'époque). Mais cette expédition lui a procuré l'inspiration pour de nombreux récits ou romans merveilleux sur la nature sauvage. Ce furent ses premiers réels succès. A coté de la cabane, se tient le "grenier" surélevé où London conservait sa nourriture à l'abri des ours. On peut voir que l'intérieur de la cabane est particulièrement "spartiate". La couchette parait infiniment moins moelleuse que celle de notre logement du jour, pourtant très rustique. On voit encore ses outils de "chercheur d'or".
cabane de Jack London
Enfin, après le diner, nous retournons en ville sur la première avenue (celle qui longe le fleuve), car nous avons repéré un glacier qui fabrique du "frozen yogourt" (notre vice).
Des sièges en devanture s'offrent à nous, sous un agréable soleil déclinant (si peu). Nous y demeurons un long moment. Le glacier a beaucoup de succès. De nombreux 4x4 rustiques stoppent à proximité, et leurs passagers (des chercheurs d'or du voisinage ?, des ouvriers des grandes compagnies ?) achètent comme nous leur désert du soir. Certaines glaces sont vraiment énormes (1 kg ?). Nous constatons alors une loi toujours vérifiée : plus l'acheteur est gros et gras, plus sa glace est imposante.
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- | | | À: Mamieli · 9 décembre 2011 à 11:13 Message 29 de 410 · Page 2 de 21 · 11 545 affichages · Partager bonjour mamieli
Et merci de tes encouragements. Je sais que vous préparez un voyage de ce type (pour quand ?). Tiens nous au courant.
J-Pi | | | À: Bluequark · 9 décembre 2011 à 11:24 · Modifié le 12 déc. 2011 à 1:17 Message 30 de 410 · Page 2 de 21 · 11 540 affichages · Partager boujour
Merci de tes appréciations.
J'aime tout particulièrement le mélange impressions personnelles/explications historiques
Effectivement, un voyage dans ces contrées doit faire fantasmer. Et pour cela, il faut se souvenir en permanence de l'histoire. Aussi je la rappelle de temps à autres (parfois trop).
Quant à mes "impressions personnelles", je dirais mes digressions, ou mes commentaires, elles font intimement partie du voyage. Je les présente donc parfois ici, même si j'ai probablement tort ; car comme toutes les opinions, elles sont personnelles, parfois même partiales. Et donc critiquables. J'espère qu'elles ne choquent pas trop, en tout cas ne font pas fuir les rares lecteurs.
J-Pi | | | À: Tomguiss · 9 décembre 2011 à 11:29 Message 31 de 410 · Page 2 de 21 · 11 614 affichages · Partager bonjours Thomas
superbes photos en tout cas, surtout celles des animaux
Merci de ton encouragement.
Mais concernant les photos d'animaux, il n'y a jusqu'à présent qu'un apperçu symbolique. Si tu apprécies les photos d'ours, patience...
J-Pi | | | À: Trois14 · 9 décembre 2011 à 11:36 Message 32 de 410 · Page 2 de 21 · 11 612 affichages · Partager Bonjour J-pi
Hélas, ce ne sera pas encore pour 2012 car nous devrions être à Seattle vers le 10 avril jusqu'au premiers jours de Juin (j'attends nos nouveaux passeports pour réserver les billets). Et la période ne s'y prête pas. Il faudra bien qu'un jour (mais rapidement car nous prenons aussi de l'âge) mes enfants (et petits-enfants) ne viennent pas en été en France pour nous permettre d'y aller à cette période !!! En attendant je "rêve" devant votre récit. Et j'essaie de préparer un autre périple qui soit plus en rapport avec la période de notre présence, mais je dois aussi jongler avec les vacances scolaires des USA afin de profiter des petits-enfants. Cela fait beaucoup de "contraintes", mais je ne vais pas me plaindre !!!! Bonne continuation pour vous. Liliane | | | À: Trois14 · 9 décembre 2011 à 21:25 Message 33 de 410 · Page 2 de 21 · 11 596 affichages · Partager Hello JP,
Je suis avec délectation ce carnet passionnant et passionné sur cette région qui fait partie de ma (trop longue  ) wishlist en Amérique du Nord...
Merci pour toutes tes références historiques, j'ai l'impression d'être replongé dans une atmosphère à la Jack London. Ce carnet représente un énorme travail je trouve, et je t'en remercie très vivement  .
Je trouve que vous avez eu de la chance (jusque là) avec le temps... Bien joué  !
J'attends la suite !
Xavier | | | À: Xfg59 · 11 décembre 2011 à 0:23 · Modifié le 8 juil. 2013 à 0:40 Message 34 de 410 · Page 2 de 21 · 11 581 affichages · Partager Nous nous réveillons sur le coup de 6h, et remarquons de suite un nouveau message sous la porte :
Votre mission pour les deux prochains jours, si vous l'acceptez, sera de rejoindre Homer en Alaska le plus rapidement possible. Attention, la route est longue, ne musardez pas en chemin. Ce message s'autodétruira...... ... pfeuuttt.
Et comment, bien sûr que nous l'acceptons. Nous n'oublions pas que après-demain nous devons sans faute rendre visite à nos amis, les ours de Katmai, que nous rejoindrons en hydravion depuis Homer. Par contre, "ne musardez pas en chemin", ils sont marrants dans les bureaux. Savent-ils au moins que ce matin nous allons emprunter la fameuse "Top of the World Highway", et que ce sera peut-être la dernière fois de ma vie que je la prendrai. D'autant plus que ce matin, le soleil est de la partie, le temps est clair, alors que les fois précédentes, soit il pleuvait, soit le temps était bouché.
Nous nous préparons bien vite, et quittons notre cabine de Dawson City vers 7h. Bien que le temps soit magnifique, des petits nuages de brume flottent encore sur le Yukon, mais ils ne vont pas tarder à se lever. Nous rejoignons le bac sur le fleuve, à 50 mètres de "chez nous". Il se présente quelques minutes plus tard.
Nous embarquons (c'est gratuit), traversons le Yukon, très large à cet endroit ; nous ne pouvons nous empêcher de jeter un dernier regard ému sur Dawson City, que nous quittons.
La "Top of the World Hwy" commence de l'autre coté du fleuve. C'est une piste, ouverte seulement en été, longue de 300 km, qui se parcourt en 7 heures environ. Mais la partie "scénique" se termine à Chicken, à 180 km d'ici, et prend une bonne demi-journée (la suite, goudronnée, ne présente pas d'intérêt). Un poste frontière croquignolesque, à peu près à mi-chemin, nous permet de pénétrer aux Etats Unis.
La piste est une longue piste de crête, avec des vues magnifiques sur les chaines de montagnes environnantes. Coté canadien, elle est excellente, avec même parfois des portions en bitume. D'ailleurs, plus tard dans la journée, elle sera empruntée par de nombreux camping cars (qui ne se laissent pas doubler facilement) !
Enfin, vers 10h, nous atteignons des baraquements, c'est le poste frontière entre le Canada et les Etats Unis, un petit poste frontière entre deux grands pays !
"Poker Creek, deux habitants" : le douanier, jovial (il nous propose le café avant de tamponner nos passeports), me confirme que ce sont lui et sa femme. Quoi qu'il en soit, ce poste frontière est célèbre, c'est le poste frontière le plus septentrional des USA.
Nous sommes à nouveau en Alaska. - - | | | À: Trois14 · 11 décembre 2011 à 0:27 · Modifié le 12 déc. 2011 à 1:28 Message 35 de 410 · Page 2 de 21 · 11 575 affichages · Partager La partie US de la piste est de plus mauvaise qualité (jusqu'à Chicken au moins), avec de nombreux nids de poule, mais rien de bien difficile. Elle est également très belle.
Nous rencontrons un peu plus loin une autre zone habitée : un roadhouse/poste d'essence.
Le prix du gallon dans cette station est plus du double de ce qu'il est actuellement en Californie. Pourtant l' Alaska produit la majeure partie du pétrole de tout le pays !
Nous poursuivons. La vie sauvage est très présente.
Je dois préciser ici un point bien troublant. Mon GPS de route, un TomTom, fait des siennes. Autant au Canada, même dans les zones les plus reculées du Yukon, il était précis, autant en Alaska il est approximatif. La carte est bien exacte, toutes les tortuosités de la piste sont bien indiquées, mais c'est le calage de la carte sur ses coordonnées GPS qui est erroné. Et cela de manière aléatoire, l'écart est souvent de plus d'un mile ! Aussi, en permanence, l'engin nous demande de rejoindre la route à plusieurs centaines de mètres de là (selon lui), puis de tourner à droite (ou à gauche). Ceci est particulièrement énervant. Aussi je coupe le son, et passe à plus grande échelle. Il faut dire que pour un tel voyage, l'utilité du GPS est très limitée, car nous ne risquons pas de nous tromper de route (ou de piste) : il n'y en a qu'une, et elle est parfaitement tracée ! Cependant il est agréable de savoir en permanence où nous en sommes, et combien de temps il reste à conduire. En fait, cette erreur, nous la retrouverons partout dans l'état de l' Alaska (elle disparaitra dès que nous repasserons au Canada), à l'exception des grandes agglomérations (en fait, Anchorage et sa grande banlieue, mais c'est le seul endroit où la fonction "guidage" a quelque intérêt). Le GPS nous situe toujours à quelques centaines de mètres près. D'où provient cette erreur permanente ? - Probablement pas de la cartographie utilisée, qu'il serait facile de recaler avec précision. - Peut-être existe-t-il une imprécision de principe du GPS sous les hautes latitudes (les trajectoires des satellites ayant été choisies inclinées, optimisées pour maximiser la densité d'information et la précision dans les latitudes plus fréquentées) ? Mais alors, il faudrait imaginer qu'il existe un dispositif de recalage automatique dans la région d' Anchorage, et au Yukon. - Peut-être aussi, l'administration américaine a-t-elle exigé cette imprécision, l' Alaska, proche de la Russie ayant longtemps été une zone hyper stratégique.
Nous parvenons enfin, peu après midi, à Chicken, un village folklorique d'une vingtaine d'habitants.
Chicken a été fondé par des chercheurs d'or, et certains perpétuent encore cette activité de nos jours. Ici aussi, à coté des exploitations artisanales, on retrouve les grandes compagnies, qui utilisent des dragues mécaniques puissantes. Chicken est aussi une halte touristique (?), avec un camping, un gift shop et un poste d'essence. On peut trouver dans le papier ci après (photographié sur place) toutes les explications sur le village, son histoire, sa vie. D'abord, pourquoi le village s'appelle-t-il comme ça ?
Nous rejoignons le camping, quasi désert, pour notre picnic quotidien. Un ruisseau aurifère (remarquez la couleur de l'eau) coule à proximité, et les rives ont été "travaillées" sur une grande largeur, retournées à plusieurs reprises.
Fireweed
Notre voiture a souffert de la poussière de la "Top of the World". Nous devons envisager une toilette pour paraitre respectable avant de rejoindre la civilisation.
Je repère alors une piste qui traverse le ruisseau : cela fera l'affaire.
Nous reprenons la route (bien meilleure à partir d'ici, goudronnée), et retrouvons plus tard, peu avant Tok, l' Alaska Highway, et la rivière Tanana. Tok est une étape traditionnelle sur l'Alcan, avec plusieurs campings ou motels, et quelques restaurants (mais ici aussi, certains ont tristement fermé leurs portes). Cependant cette fois, sous la pression du message de ce matin ("ne musardez pas en route"), nous décidons d'aller loin. Nous pensons faire étape à Glennallen, en principe à 2h30 de route de là. Mais les travaux de réfection de la route seront nombreux, incessants même. Nous n'atteindrons Glennallen qu'à près de 19h.
Nous trouvons sans peine un camping dont j'avais noté l'adresse, le Northernights Campground. Outre des emplacements sympas dans la forêt (aucune tente, que de gros et luxueux RV), il propose deux cabanes simples, en bois. Par chance elles sont libres ce soir toutes les deux ; nous en payons une. On nous apprend alors que deux soirs par semaine, le propriétaire réunit ses hôtes campeurs à 19h45 pour partager leur expérience, et surtout gouter à un dessert typique préparé par sa femme. La vie n'est-elle pas belle, aujourd'hui est un jour à dessert ! Nous rejoignons très vite notre cabine (très sommaire. Il y a bien un micro-onde, mais aucune table ou chaise), préparons puis, assis sur le lit, avalons un peu de riz au thon ; mais nous conservons un grosse place pour le dessert.
Nous revenons à la réception, et rencontrons les autres voyageurs. Les desserts sont en fait toutes sortes de gâteaux ou tartes typiques, souvent aux baies de la foret. Leur gâteau à la rhubarbe est un délice (Annie note la recette) ; nous regrettons finalement d'avons diné avant de venir, tant c'est bon, copieux et varié ici ; mais en principe, un dessert termine bien un repas, n'est-ce pas ? Enfin, nous discutons longuement avec tous les autres voyageurs. Toutes les expériences, les conseils que nous recevons, seront utiles. Chacun raconte ses anecdotes de voyage, nous visionnons quelques photos. Les gens sont très sympathiques avec nous, car, même si certains viennent également de très loin, nous sommes les plus exotiques. Tous veulent que je parle de Paris, de la French Riviera, ou des châteaux de la Loire (je pense qu'il a dû y avoir récemment un reportage sur La France dans le dernier numéro de leur revue préférée de Camping Car).
- - | | | À: Trois14 · 11 décembre 2011 à 0:35 · Modifié le 12 déc. 2011 à 1:35 Message 36 de 410 · Page 2 de 21 · 11 573 affichages · Partager Tôt le lendemain nous quittons Glennallen. Un embranchement (la Richardson Hwy) conduit vers le Sud à Valdez (nous emprunterons cette route lors de notre retour). Mais pour nous aujourd'hui, c'est direction Anchorage, cap à l'Ouest. La seule halte que nous nous permettons (toujours le message d'hier !), c'est pour prendre un café dans un roadhouse qui sert aussi de lieu de rassemblement pour tous les habitants des environs.
Nous continuons la longue route. Nous longeons sur notre gauche un magnifique glacier, mais nous ne nous arrêtons pas (le message !). La circulation devient de plus en plus dense, il est évident que nous approchons d'une grande métropole américaine. Passé Palmer, notre route devient d'ailleurs autoroute (à l'Européenne, avec voies séparées). Cela devient stressant, car les routes sauvages et désertes du grand Nord, on s'y habitue très vite. On retrouve avec peine les feux rouges.
Il est l'heure du picnic, et pour cela, à Anchorage, j'ai mes habitudes. Ce sera sur la rive du lac Hood (le plus grand aéroport pour hydravion du monde), où le spectacle est permanent.
Puis sans perdre un instant (le message toujours !) nous reprenons le volant, en direction de Homer (4h de route), via la péninsule de Kenai. Cette péninsule de Kenai est belle c'est vrai, mais ce que j'aime moins, c'est qu'elle est encore plus célèbre et fréquentée qu'elle est belle. Il y a énormément de trafic, beaucoup de 4x4, tous trainant un bateau. Car cette région, les rives de la rivière Kenai en particulier, est considérée comme un haut lieu mondial de la pêche sportive au saumon en rivière, surtout durant les différentes périodes de rush des saumons (c'est le cas vers le 15 Juillet). Des bouchons se forment aux carrefours dans les agglomérations ; celles-ci sont largement pourvues en grands magasins (Walmart, Safeway,...) et en commodités. L' Alaska Sauvage, ce n'est pas définitivement plus ici.
Mais passé la région de Soldotna, les pêcheurs se font plus rares, car nous sommes quand même à plus de 100 km d'Ancorage. Le décor change. De l'autre coté du bras de mer nommé "Cook Inlet", nous apercevons la péninsule de l' Alaska, qui se poursuit jusqu'aux confins de la Russie par le long chapelet des îles Aléoutiennes. L'ensemble est dominée par une une belle chaine de montagne, avec de nombreux volcans : l'Aleutian Range (nous les reverrons demain lors de notre vol vers Katmai). Nous passons rapidement près d'un ancien village russe très sympa où nous avions dormi il y a 4 ans, Ninilchick. Au large nous reconnaissons le magnifique Mt Redoubt, un beau volcan, aujourd'hui paisible.
Mt Reboubt, 2011
Mais en 1986, il avait été célèbre par une très violente éruption, qui a déposé beaucoup de cendre sur toute la ville d' Anchorage. Tous s'en souviennent encore.
Mt Reboubt, éruption de 1986
Un peu plus loin, à Anchor Point, nous dépassons le point routier le plus à l'Ouest de tous les Etats Unis continentaux.
Enfin, vers 17h, nous parvenons à proximité d'Homer. Nous apercevons au loin le fameux Spit d'Homer.
La ville se compose en effet de deux parties : la partie principale, sur les pentes du rivage, avec tous les bâtiments principaux, et une partie que j'appellerai "folklorique" développée dans les années 60 par des communautés hippies, assez peuplée aujourd'hui, située sur le Spit. Le Spit est une langue de terre longue de 8 km (100 m de large, altitude 6-7 mètres maximum). Elle a probablement était formée dans les temps anciens par un puissant tsunami. Mais les autorités sont très inquiètes, car ce que la mer a formé, elle peut aussi le détruire. On craint en particulier un puissant tsunami (avec vague de 10 mètres) qui pourrait être la conséquence de l'éruption soudaine d'un volcan maritime (probablement le Mt Augustine que nous survolerons demain). D'ailleurs, lors d'un tremblement de terre dans les années 60, beaucoup de dégâts ont été constatés. Mais c'est une zone très touristique, le risque n'est pas précisemment identifié (comme pour le tsunami de Fukushima), et il est difficile de déloger tous ces gens.
le Spit d'Homer
Quoi qu'il en soit, nous devons y passer ce soir, c'est notre mission (impossible). Nous devons en effet confirmer notre vol de demain, et toutes les agences touristiques sont sur le Spit.
Le halibut est appelé chez nous en Europe le flétan.
Nous progressons sur le Spit.
Vers le fond, le port
A proximité les meilleurs trophées du jour sont exposés, avec leurs pécheurs.
Et juste à coté du port un petit "lagon" est réservé aux pécheurs de saumon à la ligne. Le produit de la pêche est dépecé sur place sur des tables faites pour cela, préparé en filet par les pécheurs eux-mêmes, puis est stocké dans les lourds congélateurs qu'ils font suivre dans leur camping car (oméga3 garanti pour tout l'hiver).
Remarquez la couleur rouge éclatant du bon saumon sauvage de l' Alaska. C'est très triste pour nous européens gavés aux saumons d'élevage, insipides et beiges. Nous achetons d'ailleurs pour ce soir et demain soir deux beaux pavés bien frais de saumon et de halibut.
Nous dénichons enfin les bureaux de la Société avec laquelle nous volerons demain.
Nous devons passer préalablement à la pesée, pour équilibrer et préparer le plan de chargement de l'appareil.
Un saloon typique (typique de quoi, en fait ?) nous ouvre ses portes. L'intérieur est tapissé de billets de 1$ laissés en souvenir par les clients.
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- | | | À: Trois14 · 11 décembre 2011 à 0:38 · Modifié le 11 déc. 2011 à 1:34 Message 37 de 410 · Page 2 de 21 · 11 575 affichages · Partager Puis nous rejoignons la ville plus conventionnelle. Un marché écolo se tient au bord de la route.
Les légumes proposés sont énormes. En effet, bien que l' Alaska ne soit pas considéré comme un pays très chaud, il est très propice à la culture durant les deux mois d'été, quand le soleil donne presque 24h par jour. Les fleurs, les plantes adorent cela. C'est d'ailleurs en Alaska que poussent les légumes les plus volumineux de la terre (voir le livre des records).
Nous nous faisons ensuite une courte promenade en voiture le long de la baie Kachemak, dans laquelle se jettent de gros glaciers.
Kachemak Bay
Mais nous avons réservé une cabane pour plusieurs nuits et il est temps de penser à en prendre possession ; j'ai noté l'adresse. Mais nous serons retardés, à proximité, par un magnifique spectacle : un nid de "bald eagle", garni.
Puis au bout de quelques minutes, une petite tête sort également du nid.
Nous accédons finalement à notre logement vers 20h. Ce sera une petite maisonnette en bois (une cabane, quoi). Comme souvent, elle est sommaire, mais bien agréable. Le chauffage est efficace, c'est le principal nous en aurons besoin.
La cabane n'est pas étanche car les planches ne sont pas jointives : nous remarquons, dans la salle de bain une plante extérieure qui a choisi de se développer... à l'intérieur.
Quoi qu'il en soit, le barbecue habituel est installé sur la terrasse, et Annie est déjà aux commandes : les saumons n'ont qu'à bien se tenir...
- | | | À: Trois14 · 11 décembre 2011 à 0:42 · Modifié le 8 juil. 2013 à 0:51 Message 38 de 410 · Page 2 de 21 · 11 581 affichages · Partager Ce matin, nous nous réveillons nerveux : ce moment était très attendu. Ce devrait être une très bonne journée, avec de nombreuses rencontres sauvages. Nous la passerons à Brooks River, dans le Katmai NP, au milieu des ours. C'est la deuxième fois que nous y allons. En 2007, nous y avons passé un merveilleux moment, une journée dont nous nous souviendrons toute la vie. Nous souhaitons la revivre une fois encore. Il y a 4 ans, nous avions accédé à Brooks depuis Anchorage, d'abord par une ligne régulière en bimoteur jusqu'à King Salmon (1h), puis en petit hydravion (15') jusqu'à Brooks Camps. Le plan est différent cette année. Nous rejoindrons directement Nakneck Lake (à proximité immédiate de Brooks Falls) depuis Homer par un vol direct de 2h en hydravion. Je pense que c'est le meilleur choix, car l'hydravion vole à basse altitude, et nous survolons sur le trajet des spots exceptionnels. D'abord les volcans de l'Aleutian Range, puis nous longeons l'île de Kodiak, nous passeons au dessus de la McNeil River, et arriverons par l'Est dans le parc de Katmai.
Le RV est fixé à 7h30 sur le lac qui constitue la base d'hydravion d'Homer, à 500 m de notre cabane.
Notre pilote, chemise orange, devant sa "cargaison" de touristes.
Nous sommes 10 dans le monomoteur. Je choisis la place du fond, afin de mieux surveiller la situation.
décollage depuis Homer
Nous apercevons déjà deux volcans sur la droite de l'appareil, de l'autre coté du Cook Inlet : au centre le Mont Redoubt, déjà aperçu hier (celui qui était en éruption en 1986), et à l'extrême gauche en limite d'image, le Mt Iliamna.
Mt Redoubt
Mt Iliamna
La mer est parsemée de petits ilots.
Puis nous passons à courte distance du Mt Augustine (celui qui fait peser un risque de tsunami dans la région). Il forme une île sur l'océan, coiffée d'un cône régulier. C'est magnifique !
Mt Augustine
En regardant de plus près, nous apercevons une activité volcanique indéniable : un panache de fumée s'échappe de la caldera, au sommet.
le volcan fume
Nous laissons ensuite sur la gauche de l'avion le rivage enneigé de l'île de Kodiak (également très réputée pour ses ours).
Kodiak Island
- | | | À: Trois14 · 11 décembre 2011 à 0:45 · Modifié le 29 jan. 2012 à 15:55 Message 39 de 410 · Page 2 de 21 · 11 556 affichages · Partager Nous parvenons ensuite au dessus de la terre ferme de la presqu'ile aléoutienne, que nous atteignons au niveau de l'embouchure en delta de la Kemai River.
Kemai River
Kemai River
L'avion doit reprendre de l'altitude pour passer une nouvelle chaine de montagne, assez haute.
lac bleu sur glacier blanc
montagne avec caldéra
vallée profonde
lac dans caldéra
Nous longeons maintenant l'imposant Mt Katmai, qui culmine à plus de 2000m. Il a fait l'objet en 1912 d'un phénomène volcanique ultra violent. Le paysage des environs a été complètement remodelé, des sommets ont disparu. Mais la conséquence majeure de cette éruption, est que de la lave provenant de la même chambre magmatique s'est échappée par une énorme cheminée adjacente, et a créé une nouvelle montagne, le volcan Novarupta. L'explosion du Novarupta en 1912, concomitante à celle du Mt Katmai, constitue (avec l'éruption du Pinatubo aux Philippines) le phénomène naturel le plus violent du XXième siècle. Le volume expulsé est environ 50 fois plus important que celui de l'éruption du Mt St Helens. Elle a eu des conséquences sur toute la planète (cendres, obscurcissement de l'atmosphère, refroidissement climatique) pendant plusieurs années. Certains lui attribuent même une part de responsabilité dans l'avènement de la guerre de 1914.
Il est remarquable de constater qu'il ne reste aujourd'hui quasiment plus rien de ce volcan Novarupta, sinon un dôme de lave très bas. Mais une énorme caldera s'est formée, englobant ce qui est aujourd'hui "la vallée des 10.000 fumées", et surtout tout le parc naturel de Katmai, qui est finalement situé à une altitude assez basse.
D'ailleurs, passée (à quelques mètres près) une dernière crête, l'avion plonge littéralement dans cette énorme caldéra. Le paysage devient vert, avec des lacs partout.
Curieusement, certaines zones rappellent même étrangement la région tropicale des Iles Palau dans le Pacifique.
Palau, ou Alaska ?
Enfin nous amerrissons sur le lac Naknek.
Sur la berge, un responsable du comité d'accueil nous attend déjà :
Un autre semble nous montrer où garer notre hydravion sur la plage.
Nous sommes impatients de débarquer. -
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- | | | À: Xfg59 · 11 décembre 2011 à 14:23 Message 40 de 410 · Page 2 de 21 · 11 525 affichages · Partager Arggghh ! Tu t'es arrêté juste au moment où cela devenait particulièrement palpitant !  Vite la suite ! J'adore ton, carnet, je n'en perds pas une miette ! Merci ! | Carnets similaires sur l'Amérique du Nord: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 13 968 visiteurs en ligne depuis une heure! |