Trois14 · 18 juillet 2011 à 10:18 · 1 221 photos 410 messages · 71 participants · 129 176 affichages | | | | À: Cochize · 3 février 2012 à 21:11 · Modifié le 11 fév. 2012 à 23:46 Message 121 de 410 · Page 7 de 21 · 6 392 affichages · Partager bonjour COCHIZE et cheechako
Merci pour vos appréciations concernant les ours et la fascination qu'ont les humains pour ces animaux. Je suis d'accord avec vous, d'autant plus que vous êtes de vrais connaisseurs.
Mais cela ne date pas de Walt Disney et du gentil nounour. Voir par exemple, dans mon carnet de voyage ma logeuse d' Anchorage, tout dans la vie de sa famille ou de ses ancètres tourne autour de l'ours, et depuis très longtemps ; et s'ils en ont tués beaucoup (trop), je suis sûr qu'ils les vénèrent. C'est l'animal le plus puissant de la forêt, tout comme le lion est l'animal le plus puissant de la jungle. A ce titre, l'un et l'autre sont vénérés et craints à la fois, mais leur spectacle est le plus recherché et apprécié par tout touriste.
Mais c'est vrai que dans ses comportements, l'ours a un coté humain (à moins que ce soit l'homme qui ait un coté ours  ). Je n'en veux pour preuve que leur expression du visage. Ils savent montrer le plaisir, la déception, la colère, la satisfaction (on peut aussi dire la même chose d'autres animaux évolués, tels les chiens, chats, dauphins, baleines, et même parfois requins). Je me souviens dans le temps avoir examiné en détail leur expression à Hyder, lorsqu'ils pêchaient le saumon devant des touristes. Quelle déception à chaque échec, ils en étaient visiblement honteux, baissant la tête et fuyant le regard des spectateurs. Mais quel plaisir aprés un succés, ils regardaient les humains d'un air enjoué et complice avec des yeux pétillants ; et avant de fuir pour manger leur proie, ils tenaient à nous exprimer leur contentement.
Cela ajoute à l'intéret et à la fascination que nous leur portons. Et finalement, à condition de ne pas faire n'importe quoi et de prendre les précautions necessaires, ils demeurent (relativement) accessibles par les humains qui, tout en les respectant, peuvent les approcher (voir mon carnet de voyage).
Mais même si cette fascination est un peu enfantine, j'assume d'être resté un grand enfant.
=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+
une immersion dans le Pacific NORTHWEST, la dernière frontière... (avec le Nord tout court) du continent sous diverses facettes...en touchant à son authenticité, sa rudesse, sa leçon de vie.... un 'pays d'hommes'
Je le ressens exactement comme toi. Et c'est un pays tellement attachant !
Bien amicalement à tous les deux. | | | À: Trois14 · 5 février 2012 à 0:05 Message 122 de 410 · Page 7 de 21 · 6 258 affichages · Partager  Je n'ai pas rêvé ? Il y avait plein de messages avec de belles photos ce matin et maintenant quand je veux revenir lire tranquillement le récit....plus rien..... Où sont passés les messages ??? | | | À: Mouriann · 5 février 2012 à 0:32 Message 123 de 410 · Page 7 de 21 · 6 257 affichages · Partager Exactement pareil pour moi! | | | À: Sayrus · 5 février 2012 à 2:37 · Modifié le 6 fév. 2012 à 0:46 Message 124 de 410 · Page 7 de 21 · 6 250 affichages · Partager Bonsoir
Je découvre maintenant seulement, moi aussi, le massacre. Les trois messages avec les photos d'Anan Creek et ses ours ont bien été postées vendredi soir, ils sont restés près d'une journée en ligne, puis tout a disparu !
Après échange avec les administrateurs de V.F.,...... nous n'avons aucune explication rationnelle. Il parait certain qu'il y a eu un raté quelque part (de V.F. ?, de moi ?).
Quoi qu'il en soit, j'en suis quitte pour les remettre  . Ce sera fait cette nuit. Je suis désolé pour ce contretemps, et vous demande de m'en excuser.
J-P | | | À: Trois14 · 6 février 2012 à 0:27 · Modifié le 6 fév. 2012 à 9:22 Message 125 de 410 · Page 7 de 21 · 6 185 affichages · Partager Anan Bear and Wildlife Observatory 1
....
Il ne nous reste plus que 50 mètres à parcourir sur le chemin en caillebottis avant d'atteindre l'observatoire et sa relative protection. Mais ce ne seront pas les plus faciles. En effet, une petite famille (maman et ses deux jeunes), tient à nous faire comprendre qu'on est chez elle, y compris sur le chemin. Nous restons donc en retrait quelques instants.
Mais après avoir bien fait passer le message que nous sommes sur SON territoire (reçu 5/5), ce petit monde nous entrouvre le passage, reculant de quelques pas. Nous avançons alors calmement, en un groupe compact autour de notre guide qui a la bombe anti-ours (spray à poivre) dans sa main gauche, et sa main droite sur son pistolet bien dégagé. Tout se passe très bien, et nous parvenons à l'observatoire.
L'observatoire est constitué d'une plateforme, surélevée du sol de un mètre environ, entourée d'une petite balustrade. En fait, la protection serait illusoire si un ours voulait vraiment nous attaquer (d'autant plus que le ramage d'un arbre recouvre une partie de la plateforme, et que parfois des ours grimpent dans l'arbre, nous dominant directement). Mais l'observatoire fait manifestement objet d'un gentleman agreement entre les humains et les plantigrades : dehors, c'est le territoire des ours, qui ne nous tolèrent que pour le passage ; dedans, c'est chez nous, les ours peuvent voir, mais n'ont pas le droit de pénétrer (encore moins de toucher). Cela semble assez rigoureusement respecté, même si nos gardes sortent fusils et bombe à poivre chaque fois qu'un ours devient très limite (par exemple contre la balustrade, ou dans l'arbre, au dessus de nous).
Si vous examinez bien la dernière vue du post précédent, vous constaterez que la plateforme comprend une zone couverte et en partie fermée (elle est bienvenue de temps à autre quand la pluie est incessante). L'observatoire est constitué de trois niveaux d'observation : deux en haut qui dominent ravin, ruisseau, et campagne environnante ; et aussi, relié par un escalier rigoureusement protégé et sécurisé, un niveau en bas, complètement clos, avec de mini ouvertures sur le ruisseau, le tout vraiment au milieu des ours qui pêchent à deux mètres à peine de nous. Seules cinq personnes avec le plus souvent un ranger, sont autorisées en même temps sur cette partie basse (nous tournerons).
Nous prenons place à l'intérieur de l'observatoire. Annie ne perd pas une seconde pour admirer les ours dans le ravin. Au loin, sur le chemin d'accès, un ours a repris sa position de sentinelle.
La vallée de la rivière est très belle, bucolique.
Sur l'autre rive du ruisseau, les ours sont partout.
Un arbre couché semble être une importante voie de passage pour ours.
Et dans la rivière, la pêche bat son plein.
Certains, plus à l'aise dans l'eau vive, préfèrent travailler directement dans le courant, au pied d'une chute puissante.
On aperçoit sur la vidéo suivante les nombreux saumons qui virevoltent dans cette marmite agitée, mais tout va si vite, qu'ils sont insaisissables...
Plus tranquille, une petite famille pêche. Enfin, maman, car les jeunes trouvent le temps long.
Pendant ce temps, hautain et magnifique sur une branche toute proche de nous, un aigle chauve guette, toujours prêt à récupérer quelques miettes du festin, oubliées par les ours.
- | | | À: Trois14 · 6 février 2012 à 0:37 · Modifié le 21 mars 2012 à 2:47 Message 126 de 410 · Page 7 de 21 · 6 182 affichages · Partager Anan Bear and Wildlife Observatory 2
Parfois, la pêche est couronnée de succès.
Et le festin commence...
... même si cela prend parfois des airs de boucherie.
La bête bouge encore (vidéo ci après)...
Oui, mais tout le monde n'a pas cette chance. Certains, les plus jeunes, s'impatientent.
Les aigles aussi, s'impatientent.
La pêche continue.
Tous proches de nous, sur notre rive, deux jeunes crient famine. Leur mère doit se remettre à l'eau.
Mais le succès vient rapidement. Elle remonte le saumon, rejoint ses deux affamés, qui la suivent dans la forêt en salivant par avance.
=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+ Ceci est ma séquence émotion.
J'ai eu la chance de réussir une vidéo à laquelle je tiens beaucoup. La qualité cinématographique n'est pas au rendez vous ; mais, si nous sommes très souvent témoins de belles scènes fugaces, il est rare que nous soyons en train de filmer à cet instant précis.
Je suis sur la terrasse de l'observatoire, penché à l'extérieur de la rambarde, et filme un ours noir qui passe à trois mètres de moi, descend à la rivière et plonge instantanément dans un coin d'eau poissonneux. Les saumons virevoltent, nagent en tout sens, certains s'échappent, mais à l'instant où l'ours en attrape un, j'entends un bruit tout près, sur ma droite............ aussi sans lever l'œil de mon appareil, je tourne alors la tète (avec la caméra), cherche un instant, et découvre vite, à un mètre de moi, un autre ours qui observe, jaloux et énervé, le succès de son congénère. Le premier ours remonte avec son poisson, et va le manger en solitaire.
Je dois dire que les rangers, qui ont l'œil à tout, avaient bien vu la scène, et sans me faire l'ombre d'une remarque, m'ont laissé filmer, penché à l'extérieur tout près du second ours. Ils avaient seulement sorti leurs armes à tout hasard (bombe à poivre et carabine).
![]()
tout près de moi,
![]()
mon voisin l'ours.
Ceci est un souvenir fort pour moi.
=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+
L'après midi se poursuit, sans que nous ne voyions le temps passer, sans même que nous ne remarquions que la pluie redouble. La pêche continue.
Mais la vie ne se borne pas aux artistes pêcheurs. Je vous avais dit qu'un arbre, tout près de notre terrasse (ses branches la survolent), servait de terrain de jeu. Aussi, si vous êtes poursuivis par un ours, souvenez-vous bien que ce n'est pas en grimpant dans un arbre que vous trouverez votre salut.
(la photo est floue, mais cela va si vite)
- | | | À: Trois14 · 6 février 2012 à 0:44 · Modifié le 21 mars 2012 à 2:56 Message 127 de 410 · Page 7 de 21 · 6 176 affichages · Partager Anan Bear and Wildlife Observatory 3, et retour à Wrangell
En amont de l'observatoire, le ruisseau taille une très belle vallée dans la forêt. Il n'y a pas d'ours visibles dans cette zone, mais de très nombreux bald eagles virevoltent entre le faîte des arbres et les rochers du torrent.
Et vers l'aval,...... toujours des aigles à tête chauves.
La soirée s'avance. Vers 18h, on nous fait comprendre que nous n'allons pas tarder à devoir rentrer. Aussi, nous ne perdons rien des derniers instants à Anan Creek.
Mais il faut vraiment partir... ... si nous le pouvons, car une famille d'ours apprécie notre sympathique compagnie, et ne semble pas déterminée à nous laisser quitter si vite. Elle nous coupe carrément le chemin.
En tête, notre guide essaye de parlementer avec l'ours,
... avant d'ordonner une retraite stratégique, sous l'œil de la ranger, qui parait s'amuser de la situation.
Enfin, la famille ours s'éloigne (un peu) nous ouvrant la retraite, sous l'œil du guide avec sa bombe à ours, et de la ranger woman, auprès de laquelle Annie, prudente, s'était stratégiquement de suite mise à l'abri (voir la fin de la vidéo).
Nous pouvons maintenant passer, toujours bien surveillés par l'ours gardien du temple.
Plus bas dans le ruisseau, c'est toujours le royaume des grizzlys. Ils laissent des traces gigantesques dans la boue, au bord de notre sentier.
Nous rejoignons notre vedette rapide.
Puis le retour à Wrangell (une grosse heure de bateau) se déroule dans un silence complet. Nous sommes encore tous, par la pensée, demeurés à Anan Creek sous le charme du site, et prolongeons cette après-midi fantastique que personne ne veut terminer. Un merveilleux rêve éveillé. Qu'est-ce que cela aurait été si nous avions eu beau soleil ?
Je réalise soudain que je suis tenaillé par une envie folle de revenir un jour ici ; je prépare dans ma tête, en douce, quelques plans sur la comète pour le futur. Je réalise que sans même mettre sur pied un long voyage en Alaska, il parait simple et peu coûteux de faire une extension par Alaska Airlines jusqu'à Wrangell depuis Seattle, d'y passer deux jours (en couplant une journée à Anan Creek et une autre sur la Stikine River).
Et plus fou encore (les rêves ne sont-ils pas justement faits pour cela), je sais que à un kilomètre de l'observatoire, l'administration de la Tongass National Forest loue "Anan Bay Cabin", une cabane jolie mais ultra sommaire (l'eau courante est celle du ruisseau, les couchettes sont des planches de bois brut, il faut en venant amener nourriture, sac de couchage, ustensiles de cuisine, et fuel pour le chauffage). Mais les ours sont présents partout, derrière les vitres du chalet. Il est alors possible de rejoindre à pied l'observatoire d'Anan Creek tous les jours. Cependant les trajets quotidiens non accompagnés par un ranger, et au milieu des ours, risquent d'être très sportifs. Deux ou trois jours là bas en autonomie pourraient être un bon plan original ; mais je pense qu'Annie refusera même d'y songer.
Afin de vous faire encore plus fantasmer sur Anan Creek et ses ours, je me permets de proposer trois vidéos Youtube, plus réussies que les miennes (ces vidéos ne sont donc pas de moi, mais elles font parfaitement revivre l'ambiance des lieux) :
Visite du site par beau temps, sous le soleil, en teeshirt :
Ours agiles dans les arbres :
En cas de gros besoins :
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Mais la vie continue, il le faut bien.
Nous débarquons à Wrangell vers 20 heures, et la soirée promet d'être longue. En effet, nous n'avons plus de chambre, et nous ne reprenons un ferry qu'à 4 heures 30 du matin (encore une fois). Nous arpentons à nouveau en voiture la rue principale du village, espérant trouver une idée lumineuse pour occuper la soirée. Il y a bien deux bars, ils paraissent investis par des durs à cuire du coin, par quelques indiens, et par des jeunes ; mais s'ils pouvaient rester ouverts très tard ce soir, cela ferait bien notre affaire. Malheureusement, les gens ici sont des couche-tôt, et il se confirme que tout fermera à 21h.
Enfin, nous nous remémorons notre expérience de la longue soirée à Sitka, dans l'hôtel qui avait accepté de nous abriter quelques heures au chaud. Ici, le grand hôtel (c'est très relatif) de la ville, c'est l'hôtel Stikine, celui où nous avions accosté au retour d'Anan Creek. Nous y revenons donc, je tente de négocier l'autorisation de passer discrètement toute une partie de la nuit dans le lobby de l'hôtel (qui de toute façon, reste ouvert 24h/24). Afin de mettre plus de chance de notre coté, nous décidons de diner ici. Autorisation accordée ! La vie n'est-elle pas belle ?
Nous rejoignons la salle de restaurant, et trouvons attablés, comme seuls clients à cette heure tardive, le couple qui était face à nous dans la vedette (la dame à qui j'ai appris que la réintroduction de l'ours en France était difficile). Ils terminent leur repas, et nous font signe pour que nous nous attablions à coté. Ils sont finalement très sympathiques, encore sous l'emprise de leur après midi merveilleux à Anan Creek. Notre repas est long à être servi, et je patiente avec la bière locale (je ne suis pourtant pas grand amateur de bière, mais tout ce qui rappelle l' Alaska est si bon aujourd'hui). Elle s'avère délicieuse, surtout dans ce contexte.
Nous discutons de nos voyages respectifs. Nos voisins habitent Phoenix, où nous passerons dans quelques jours (ils nous invitent à venir les voir chez eux, mais cela ne colle pas avec nos projets). Lui est avocat, elle est guide de tourisme en Arizona. Elle ne connait pourtant nos destinations là bas (CBN/The Wave, Havasupai, Secret Canyon,...) que de réputation, mais n'y a jamais mis les pieds. Je leur montre depuis mon ordinateur des vues prises lors de précédents voyages sur ces sites, et ils conviennent qu'ils ne soupçonnaient pas qu'il y avait des coins aussi magiques dans leur propre état (je pense finalement le connaitre bien mieux qu'eux) ! Si je ne sais plus quoi faire plus tard, je pourrais toujours postuler pour un poste de guide de tourisme en Arizona.
Pour ce voyage, ils sont venus en avion à Wrangell, uniquement pour découvrir Anan Creek. Ils couchent dans cet hôtel, et reprennent demain Alaska Airlines jusqu'à Phoenix. Leur compagnie s'avère finalement très plaisante. Enfin, une fois leur repas terminé, ils prennent congé de nous. Pas complètement toutefois, car lorsque nous aurons terminé et demanderons la note, le serveur nous apprendra que tout a déjà été réglé par l'autre couple, avec discrétion. Je trouve cela très classe.
La soirée se prolonge ensuite à lire ou à regarder des vidéos sur mon ordi dans le hall de l'hôtel. Tout est beaucoup moins confortable qu'à Sitka. Nous avons à notre disposition deux chaises, qui à la longue nous paraitront dures, dures...... Mais au moins nous sommes au chaud.
A 3h30 du matin, après avoir parcouru une fois de plus, pour le fun, la rue principale de Wrangell (décidément, je confirme qu'il n'y a vraiment aucune vie nocturne ici) nous rejoignons le port de ferry qui est tout proche. Peu après le M/V Columbia arrive à quai.
Nous embarquons très rapidement, avec des formalités réduites au minimum à cette heure de la nuit. Une cabine nous attend, et elle nous paraitra accueillante. Nous l'apprécierons. D'autant plus que nous allons passer trois nuits sur ce rafiot...
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Merci beaucoup d'avoir pris la peine pour remettre tout cet article que j'avais lu mais n'avais pas vu les vidèos. Et puis j'aime bien, après lecture, revenir sur les photos et celles des ours en particulier. Je comprends que vous ayez particulièrement aimé Anan Creek avec une envie d'y revenir !!!Comme vous j'ai vu que l'on pouvait "louer une cabin" afin 'y observer les ours. Mais je ne pense pas que nous soyons assez courageux pour y rester car nous y serions vraiment livrés à nous-mêmes. En tout cas, même si ce carnet devrait se terminer bientôt, c'est un carnet que je garde précieusement sous le coude car j'espère bien pouvoir m'en inspirer un jour. Merci encore de m'avoir avez fait rêver et bonne continuation pour vos prochains voaayges. Liliane | | | À: Trois14 · 7 février 2012 à 8:55 Message 130 de 410 · Page 7 de 21 · 6 112 affichages · Partager Hello JP,
Formidable !  Quels chouettes moments !
Merci beaucoup de nous avoir fait partager tes meilleurs coins à ours d' Alaska et bravo pour l'ensemble de ton carnet (quel boulot... et bon courage pour la fin).
Je suis curieuse de voir l'état des sites d'Havasupaï... donc je guette la suite avec gourmandise 
A+
Christine | | | À: Trois14 · 11 février 2012 à 0:56 · Modifié le 11 fév. 2012 à 23:59 Message 131 de 410 · Page 7 de 21 · 6 067 affichages · Partager KETCHIKAN
Nous embarquons donc, à 4h heures du matin sur le ferry M/V Columbia. C'est un des plus gros navires de l'AMHS, l'un des plus confortables aussi. Le garage est cette fois bien garni (le navire fait un long trajet depuis Skagway jusqu'à Seattle -Bellingham en fait-, avec de nombreuses escales).
Notre cabine, bien que simple et toujours d'une couleur vert militaire, est plus vaste, plus moderne, plus habitable que celle que nous avions sur le M/V Matanuska, il y a quelques jours. Les couchettes sont nettement plus larges, et les draps fournis sont suffisamment grands pour jouer correctement leur rôle. Nous prenons nos aises, car cette cabine sera notre "chez nous" pour les trois prochaines nuits, jusqu'à Seattle.
Mais le sommeil sera de courte durée. En matinée, le ferry s'amarre au quai de Ketchikan, dont il ne repartira qu'en milieu d'après midi. Cela nous laisse du temps pour visiter. Mais cette fois, ce sera à pied, nous laissons la voiture en cale. Nous ne demeurerons que sept heures sur place, et à priori cela devrait être largement suffisant. En effet Ketchikan est avant tout, aujourd'hui, la première escale que font en Alaska les bateaux de croisière de luxe, et toute la vie de la ville est rythmée par cette activité, ce qui ne paraît pas enthousiasmant. Nous verrons bien.
KETCHIKANC'est la ville d' Alaska la plus proche des "Etas-Unis du bas". C'est aussi la quatrième ville de l'état (12000 habitants). Située sur une île montagneuse, très proche du continent, elle fait partie du territoire des Indiens Tlingits, et est devenue un centre mondial pour la sculpture de poteaux de totems (cela, soigneusement perpétué et encouragé, constitue la visite organisée traditionnelle des clients des paquebots de croisière). Des randonnées à pieds ou des expéditions en kayak, permettant de découvrir les fjords et la forêt de Tongass environnante, peuvent être envisagées.
Ketchikan a longtemps été considéré comme la capitale mondiale du saumon. De nombreuses écloseries sont installées dans les environs. Mais le principe est différent de celui des élevages de saumons de Norvège. Ici les alevins sont développés avec soin. Puis, dès qu'ils atteignent une certaine taille, ils sont relâchés en grand nombre, vivent leur vie en liberté au milieu des océans, et reviennent plusieurs années plus tard, se faire reprendre sur place. On peut vraiment affirmer que ce sont des élevages de saumons sauvages.
Mais Ketchikan est surtout connu comme la ville la plus humide des USA. Un dicton local n'affirme-t-il pas que : si par chance à un moment donné il ne pleut pas sur Ketchikan, on peut en déduire sans risque de se tromper qu'il pleuvra dans l'heure qui suit.
Le port de ferry est situé à environ 3 km du centre ville. Nous débarquons à pied.
le M/V Columbia
La grande majorité des passagers, comme nous, quittent le navire pour passer la journée en ville, ils empruntent taxis ou bus municipaux. Mais nous décidons finalement, malgré la pluie battante, de faire le parcours à pied, afin de mieux profiter des environs. La route longe la montagne,
mais c'est bien coté mer que se concentre l'activité (restaurants, bateaux de pêche, hydravions en grand nombre qui décollent de là)
Nous approchons du centre ville. Les nombreux bateaux de croisière, gigantesques, se tassent maintenant à la queue-leu-leu.
Le centre ville est hyper commerçant. Des boutiques traditionnelles de touristes (teeshirts,...) alternent avec des bijouteries, ou des magasins d'art indien. Tout est nettement orienté vers le luxe (comme d'ailleurs dans chaque ville escale de bateau de croisière), mais nous n'avons jamais retrouvé (encore moins ici qu'ailleurs) le charme désuet de Skagway.
Parfois cependant, le passé "pêche" resurgit.
Et il pleut toujours très fort. Non, ce n'est décidément plus l' Alaska que nous avons adoré (dire que nous étions à Anan Creek il y a seulement quelques heures  ). Tout paraît pacotille, surfait, tout juste bon pour accrocher le touriste facile et le décider à se soulager de quelques $$$.
Heureusement, un peu sur les hauteurs, nous découvrons un quartier bien plus typique, même si les "croisiéristes" ne s'y bousculent pas : Creek Street. C'est l'ancien quartier chaud de la ville, que fréquentaient les marins de passage. Il est constitué de nombreuses charmantes maisonnettes en bois sur pilotis, peintes aux couleurs chatoyantes, chacune se voulant plus "accueillante" que sa voisine. Elles sont disposées de part et d'autre d'un torrent que remontent les saumons. Bien sûr, aujourd'hui le type de commerce a évolué, ces dames ont dû changer de métier, et ces maisonnettes sont devenues... des boutiques à touristes. Mais au moins l'ensemble a-t-il conservé son charme d'antan, avec des noms évocateurs du passé.
baies sauvages
Encore plus haut (aïe aïe aïe les jambes), cette fois complètement désertée par les touristes, nous parvenons dans une zone d'habitations assez agréables, avec des maisons plus traditionnelles de l' Alaska, où vivent les habitants fortunés d'ici. Le ruisseau devient alors plus sauvage, et est doublé par une échelle à poisson. Mais bien vite, trempés par la pluie, nous rejoignons le centre (et les touristes), puis décidons de rentrer au bateau sans plus tarder. Cependant, soucieux d'avoir un peu d'activité (nous allons passer 40 heures immobiles sur le ferry), nous parcourons à nouveau les 3 km à pied qui nous mènent au port.
La pluie n'ayant jamais cessé durant notre escale, nous ne sommes donc pas en mesure de valider le dicton concernant Ketchikan (voir plus haut).
Inutile de vous dire que Ketchikan n'est pas notre ville d' Alaska favorite.
- | | | À: Trois14 · 11 février 2012 à 1:29 · Modifié le 21 mars 2012 à 3:16 Message 132 de 410 · Page 7 de 21 · 6 056 affichages · Partager Retour à Seattle
Après nous être séchés et changés, nous quittons le port de Ketchikan dans l'après midi pour notre dernière et longue étape. Nous parcourons d'abord un chenal étroit entre deux îles, toujours guidé par un pilote en proue du navire.
Nous pouvons contempler l'activité sur la rive ; le plus souvent, ce sont de gigantesques exploitations forestières, appartenant aux plus grands journaux de la planète, avides de pâte à papier.
Nous laissons à bâbord l'île Annette, puis, au large de Prince Rupert (que nous ne verrons pas), nous longeons à tribord la très grande Queen Charlotte Island.
Nous rejoindrons rapidement "nos appartements", afin de compenser la nuit précédente qui avait été très courte.
Au petit matin, alors que nos visites en Alaska sont terminées, >>>>>> >>>>> la pluie cesse enfin  . Nous avons passé une bonne nuit, bien au chaud dans notre cabine. Tandis que d'autres ont dû avoir nettement plus froid !
Le ferry arrête soudain ses machines. Une chaloupe est mise à la mer et rejoint le rivage, à Bella Bella en Colombie Britannique (proche de Bella Coola, que j'avais lors d'un précédent voyage envisagé de rejoindre. En effet les ours y sont très nombreux, et ces localités sont accessibles par terre, via une très longue piste. Mais je ne l'ai jamais faite). La chaloupe revient à bord un quart d'heure plus tard, sans que je ne puisse savoir ce qu'elle avait été faire à terre (distribution de courrier?)
Bella Bella dans la brume
Nous reprenons notre route. La pluie laisse place à des nappes de brouillard donnant à la région un aspect fantasmagorique,
... parfois, ce brouillard laisse entrevoir un magnifique navire de croisière filant vers l' Alaska.
Puis le ranger de service nous signale des orques à bâbord. Le temps de dégainer mon Panasonic et de tirer...
si si, on voit (avec beaucoup d'imagination c'est vrai) quelque chose à l'extrême droite de la photo. [D'ailleurs, je suis obligé de laisser cette vue, car ce sera la dernière que je peux présenter, avant plusieurs jours. Une sauvegarde malencontreusement ratée m'a en effet fait effacer une centaine de photos. Aussi, à partir de maintenant, c'est le black-out, vous aurez la parole, mais pas l'image. Nous ne la retrouverons qu'en Arizona]
La journée se poursuit. Sur les rives, l'activité se maintient, les exploitations forestières se succèdent, laissant dans la forêt de larges coupes dénudées, très étendues. Des papeteries parmi les plus importantes du monde sont installées ici. Tout ça pour que vous puissiez trouver votre journal favori chaque matin.
Dans les salons d'observation à l'avant du navire, règne une animation bonne enfant. Les passagers discutent entre eux de manière détendue, comme s'ils se fréquentaient depuis toujours. Je fais la connaissance de Constantin, un Américain d'origine grecque, responsable des travaux de la ville d' Austin au Texas. Il a roulé sa bosse un peu partout dans le monde, y compris à Paris, et est très sympathique. Il voyage avec sa femme (qui s'est fait de nombreuses copines sur le bateau), et contrairement à la grande majorité de ses compatriotes, il n'a pas voulu visiter l' Alaska dorloté en paquebot de croisière, mais a préféré connaître quelque chose de plus authentique. Ils alternent trajets en avion et trajets en ferry (ils ne font pas suivre de voiture). Mais son grand regret me confie-t-il, c'est qu'il n'a jamais pu apercevoir un seul ours ! Là, je dois avouer que je n'ai pas su résister à la tentation. J'allume mon ordi, et lui montre mes photos d'ours d'un peu partout en Alaska et au Yukon, en particulier ceux de Katmai (Brooks River), et ceux d'Anan Creek. Il parait subjugué par chaque nouvelle vue. Il m'assure alors qu'il existe aux USA des concours de photographie, et il est persuadé qu'avec ces vues, je serai sûr de gagner. Quand il a tout visionné, ... il appelle sa femme, ... qui appelle ensuite ses copines, ... qui appellent ensuite leurs maris, ... qui appellent ensuite leurs amis. Tout ce petit monde, avec en prime le ranger de service qui s'est invité, visionnent avec avidité mes ours, mais ont de la peine à imaginer qu'un amateur (un étranger de surcroit) ait pu voir tout cela en un mois seulement ; et finalement ils me complimentent. Sur la bateau, c'est mon heure de gloire (oui, je sais, la vanité est un vilain défaut, mais c'est si bon).
En milieu d'après midi, nous pénétrons dans le large chenal séparant le continent et l' île de Vancouver (cela sent vraiment le Sud et la fin du voyage  ). Nous laissons Port Hardy sur notre droite.
Nous avons rendez-vous avec Constantin et son épouse qui ont réservé une table de quatre, pour un dernier diner ensemble, agrémenté d'un bon vin californien au restaurant du ferry (repas excellent, service classe, et le tout bon marché).
Beaucoup plus tard, alors que nous sommes sur le point de rejoindre notre cabine (il fait nuit depuis un bon moment), le bateau se faufile encore dans un chenal étroit (une centaine de mètres de large) entre des îles, puis soudain renouvelle la séquence du matin (arrêt, chaloupe à la mer,...), mais cette fois vers Campbell River, sur l' île de Vancouver (soit dit en passant, une autre région connue pour ses ours). C'est une agglomération assez importante, on aperçoit des immeubles à étages éclairés et des hôtels. Il est tout à fait invraisemblable qu'ici, à une portée d'avion de Vancouver, les gens comptent sur notre ferry pour le courrier. Ces arrêts-surprises resteront donc une énigme pour moi.
Le lendemain matin, nous longeons la rive qui devient de plus en plus urbanisée, et à 8h précise arrivons à Bellingham, terme de notre trajet maritime. Il fait de nouveau très beau  .
La boucle est bouclée.
L'Alaska c'est bien fini, et nous avons le cœur lourd.
Il est difficile de réaliser que pour tous ces instants "nature" et sauvages que nous avons vécus, dans ces coins arriérés qui nous ont tant plu, c'est dans l'un des cinquante états des Etas-Unis que nous étions, l'un des pays les plus puissants et les plus développés au monde.
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Nous débarquons, retrouvons cette circulation, ces feux rouges, ces hypermarchés ou ces hôtels en grand nombre, ces stations d'essence rapprochées au prix à nouveau raisonnable (encore que...), ces américains obèses,... C'est triste à en pleurer  !
Ceci étant, nous avons la journée devant nous. Car nous ne reprenons un avion à Seattle que ce soir à 19h (en fonçant nous pourrions être à l'aéroport en moins de deux heures). Nous décidons donc d'aller nous promener sur le Mont Baker, une très belle montagne enneigée qui domine Bellingham comme le Mont Rainier domine Seattle. En d'autres circonstances, nous aurions apprécié cette ballade de quelques heures : route scénique en forêt, belles chutes d'eau, et neige sur le haut (mais les pistes de ski sont fermées à cette période).
A midi, sur le chemin du retour, nous trouvons un joli petit lac enchâssé dans un cadre de montagnes, avec une table de picnic qui s'offre à nous. Nous nous attablons, mais dix minutes plus tard, depuis le chalet voisin qui se trouve de l'autre coté de la route, un américain un peu lourdaud (200 kg) enfourche un quad pétaradant pour parcourir les cinquante mètres qui nous séparent de lui. D'un air bourru il vient nous faire remarquer que la table de picnic est privée (ce n'est indiqué nulle part), et nous prie d'aller finir notre repas ailleurs. Décidemment, l' Alaska c'est bien loin !
Avec résignation, nous rendons la voiture à 16h. Elle a été notre fidèle compagnon sur plus de 10000 km de route ou de piste, et nous nous étions bien habitués à elle. Je lui souhaite de faire encore d'autres voyages du même type dans sa vie tumultueuse de location. Notre pare-brise étoilé (souvenir de la route de Haines) ne fait l'objet d'aucune remarque de la part d'Hertz.
Nous rejoignons le terminal de Southwest Airlines, où dans l'attente du départ vers Las Vegas, je n'ai pas le coeur à profiter du WiFi gratuit. Nous préférons, bien calés au fond de nos sièges, revivre en pensée les bons moments encore vivaces de ce voyage, et en repasser le film dans notre tête.
Séquence nostalgie.
Bien sûr j'ai pris un grand plaisir à revoir l'Alaska que je connaissais déjà (l'Alaska Highway et ses paysages somptueux, Skagway et le Chilkott, Dawson City, Top of the World Highway, Homer, Katmai et les ours de Brooks Falls, Kennicott et McCarthy, le survol du Kaskawulsh Glacier... et tant d'autres choses encore).
Mais j'ai encore bien plus apprécié l'Alaska que je ne connaissais pas, et que nous avons découvert cette année, l'Alaska Maritime, difficilement accessible.C'est un pays différent, rude, mais de vérité, ou rien n'est surfait ; tout y est difficile, mais sain. C'est encore la nature qui commande. C'est un pays de courage et de valeurs humaines. J'ajoute que cette appréciation s'applique également aux Amérindiens de là bas. Autant je suis gêné, pas en confiance avec les Indiens des "états du bas" (bien que ce soient nous les blancs qui les ayons réduits à cet état), autant les Indiens d'Alaska sont travailleurs, fiables, respectables et finalement respectés, et bien intégrés.
Parmi toutes ces villes ou ces villages de la côte, mes préférences vont à Juneau et sa vitalité, et à Wrangell et sa nature grandiose. Anan Creek et ses ours restera toujours pour moi un des plus mermeilleux endroits de la planète.Je forme très fort le voeu de pouvoir y revenir un jour.
Enfin, je n'oublie pas les rencontres magnifiques que nous avons pu faire durant ce mois, depuis notre logeuse à Anchorage qui ne vivait que dans le souvenir des ours, jusqu'à Constantin notre ami gréco-américain du ferry, qui voulait tellement voir un ours, en passant par tant d'autres personnages originaux et fabuleux.J'ai une pensée particulière pour les courageux Marie et Johann, qui sont encore là haut, sur les pistes en vélo, au milieu des ours ; pour eux la route jusqu'à la Terre de Feu est encore bien longue...
Enfin, je me suis régalé, et j'ai apprécié à sa juste valeur la fiabilité et la complémentarité efficace de notre équipage, indispensable pour que la réussite soit totale.Un grand merci à Annie de m'avoir supporté, et d'avoir vécu avec moi ces moments fabuleux.Je me remémore les derniers mots du journal de Christopher McCandless ("Into the Wild") : "Hapiness is only real when shared"
"Le bonheur n'est réel que quand il est partagé"
LA SUITE DU CARNET (partie ARIZONA), C'EST ICI - | | | À: Trois14 · 11 février 2012 à 9:44 Message 133 de 410 · Page 7 de 21 · 6 036 affichages · Partager Sniff! Nous sommes aussi triste de devoir quitter l' Alaska ! Quel dommage que la ballade soit finie ! Merci en tous les cas de m'avoir fait découvrir cet Etat. | | | À: Bluequark · 11 février 2012 à 11:26 · Modifié le 11 fév. 2012 à 11:43 Message 134 de 410 · Page 7 de 21 · 6 018 affichages · Partager merci à toi et à tous ceux qui m'ont fait l'honneur de me lire. C'est à leur fidélité que je dois d'avoir eu le courage de poursuivre ce carnet. Si j'ai pu susciter quelques envies de découverte de l' Alaska, j'en serais ravi.
Mais le compte rendu n'est pas terminé. Il va se continuer encore quelques jours en Arizona. Le SouthWest USA et ses pierres rouges est une de mes régions préférées du globe, j'y reviens habituellement toujours avec gourmandise et plaisir. Mais cette fois, ce ne sera pas le cas. Le coeur était vraiment resté en Alaska.
La rédaction va faire une pose de trois semaines, car je quitte l'Europe ces tous prochains jours, et il est alors peu probable que je m'investisse dans le carnet. Mais promis, en mars je reviendrai pour le SW USA.
JP | | | À: Trois14 · 11 février 2012 à 11:33 Message 135 de 410 · Page 7 de 21 · 6 015 affichages · Partager Salut Pi
Le SouthWest USA et ses pierres rouges est une de mes régions préférées du globe, j'y reviens habituellement toujours avec gourmandise et plaisir. Mais cette fois, ce n'est pas le cas. Le coeur est vraiment resté en Alaska.
Cela voudrait-il dire que lorsqu'on a goûté au vert et aux températures agréables on a plus de mal avec le rouge et les températures un peu excessives? | | | À: Itat · 11 février 2012 à 11:46 Message 136 de 410 · Page 7 de 21 · 6 003 affichages · Partager bonjour Thibaud
Cela voudrait-il dire que lorsqu'on a goûté au vert et aux températures agréables on a plus de mal avec le rouge et les températures un peu excessives? 
Probablement il y a un peu de cela. Mais je dirais plutôt qu'il y a un temps pour tout, et que c'était peut-être une erreur d'avoir voulu mélanger les genres.
J-Pi | | | À: Trois14 · 11 février 2012 à 14:29 Message 137 de 410 · Page 7 de 21 · 5 982 affichages · Partager Bonjour Jpi Merci encore pour ce récit et toutes ces photos.Dommage que le voyage (en Alaska) se termine.
J'ai étée une lectrice particulièrement assidue et plus que jamais l' Alaska m'attire. Il est vrai que vous avez su rendre votre récit très interressant, avec toutes ces annotations. Pour ma part, j'ai pris beaucoup de notes. Quant à Anan creek, je comprends votre coup de coeur.
Je continuerai à lire la suite de votre voyage et j'espère que vous saurez me convaincre d'y aller car je crois en effet être plus tournée vers le "vert" que l'"ocre". En effet, nous partons le 12 avril pour Seattle et j'avoue avoir du mal à organiser un périple dans cette région du Sud Ouest (pourtant ce n'est pas faute d'avoir lu et relu des récits de voyages sur VF).
En tous cas, faites encore d'aussi beaux voyages. | | | À: Trois14 · 11 février 2012 à 14:57 Message 138 de 410 · Page 7 de 21 · 5 979 affichages · Partager Merci pour ce très beau compte rendu!
J'avais déjà eu l'occasion de voir des émissions sur l' Alaska qui m'avait déjà séduite, mais là vous m'avez encore plus donné l'envie d'aller découvrir cette région absolument magnifique!!! Toutes ces charmantes petites villes, cette nature splendide et surtout tous les animaux, c'est un vrai coup de coeur!
L' Alaska a été ajoutée à ma liste des voyages incontournables. 
Merci encore d'avoir pris le temps de nous faire partager tout ça! | | | À: Trois14 · 12 février 2012 à 15:18 Message 139 de 410 · Page 7 de 21 · 5 923 affichages · Partager Bonjour,
Et merci pour ce carnet de voyage sur une destination rare, pour tes photos et ton récit qui font tellement rêver (si on met à part le bibendum au quad, of course...  ). Je comprends que tu ne souhaites pas renouveler un travail aussi considérable de si tôt ! C' est bien agréable de faire un pareil périple par procuration, et sans les moustiques-vampires  . En attendant peut-être de se lancer un jour... Si j' ai bien compris, tu es sur le point de nous abandonner lâchement aux rigueurs de l' hiver européen. Sans rancune, et bon nouveau voyage à vous 2 ! | | | À: Trois14 · 12 février 2012 à 19:24 · Modifié le 12 fév. 2012 à 19:40 Message 140 de 410 · Page 7 de 21 · 5 907 affichages · Partager petit message pour redire avant que tu ne partes vers d'autres cieux le plaisir que nous avons pris à parcourir cette chronique d'un voyage dans le Grand North West........
et si j'osais encore quelque bavardage et quelques disgressions au fil de sa lecture....
chez Carol....
l'ours blanc du mari de Carol me fait penser au mythe d'antan selon lequel le jeune ''Esquimau'', pour devenir homme, devait partir seul et tuer son premier ours, comme le Masai tuer son lion... (selon des employés de la Fédération des coopératives du Nouveau-Québec, à l'époque sise à Levis, face à Québec)
dessin des années 50
ta photo avec le grizzly dressé......
impressionnant la bête....
je me disais : la pose, l'attitude des mains me rappellent quelque chose et j'ai trouvé (enfin peut-être !)...ne doit-on pas y voir un clin d'oeil au célèbre ''bear man ''. Y'a un petit air de famille non ? sauf que...bien sûr le tien est plus grand !! à première vue c'est la seule différence !
les petits villages russes et le charme de leurs chapelles orthodoxeset le passage à Sitka
.... m'ont fait me remémorer que parmi les Russes et Ukrainiens historiquement présents dans la grande région Nord Ouest, la communauté des Doukhobors persécutée par le Tsar a migré plus au sud en Colombie Britannique (et Saskatchewan). Les Doukhobor étaient très présents autour de Grand Forks B.C. dans le sud de la Province (pratiquement à la frontière internationale). Dans les années 70 on y voyait encore des inscriptions bilingues et des femmes âgées portaient encore dans les rues le fichu traditionnel de la matriaska. On y mangeait évidemment russe dont l'incontournable bortsch. Les fichus ont disparu... mais la cuisine russe subsite dans les restaurants et probablement dans certaines familles. J'ai eu l'occasion, à l'époque, de rendre visite à une de ces famille dont la ferme aux auvents et balcons de bois ouvragés et festonnés semblait sorti d'un roman de Tolstoi qui fut d'ailleurs un de leurs soutiens. L'aieule, une dame très agée, ne parlait que le russe..... dépaysement garanti en venant de Vancouver..
Dans le passé, jusque dans les années 50, voire 60, une frange radicale de la la communauté, connue sous le nom de The Sons of Freedom contestait l'autorité des autorités canadiennes et se faisait remarquer par ses modes de protestation discutables. Les Fils de la Liberté défilaient parfois nus dans les rues ce qui ne fait de tort à personne mais aussi incendiaient des bâtiments et posaient quelques ''pétards'' par ci, par là, ce qui est plus embêtant.
l'exploitation musée de Kenicott.......
je trouve que la rencontre avec un site industriel figé brutalement alors qu'il était en pleine activité c'est un peu comme une rencontre avec le temps suspendu du poète; il y a là toujours quelque chose qui fait réfléchir...
je ne connaissais pas du tout l'histoire ''dramatique'' de Kenicott la ville-fantôme-musée qui semble s'être arrêtée comme dans un film catastrophe mais ta description m'a fait penser au début de... l'Atomic Energy Commission du Ghana. Étrange rapport diras-tu ?
Sous N'Krumah, donc peu de temps après l'indépendence le Ghana avait l'ambition de se doter d'une Atomic Energy Commission avec l'aide des Russes. Et puis, en 66, N'Krumah a été renversé par ceux qui craignaient que le pays ne, devienne une République Socialiste à la Soviétique. D'un jour à l'autre les Russes sont partis (en même temps que, en sens inverse, les Ghanéens de la sphère soviétique étaient rapatriés). Arrêt brutal, instantané même du projet de construction du CEA Ghanéen...
Bien plus tard (automne1982) je me trouve à Accra. Une tentative de coup venant d'avoir lieu contre le nouveau pouvoir en place la Land Rover sur laquelle nous comptions pour aller en brousse vient d'être ''réquisitionnée'' par les putschistes. Nous sommes, mon collègue allemand et moi-même pendant deux bonnes semaines- en dehors de la journée passée dans les locaux du Gouvernement- confinés pour ''raisons de sécurité'' sur un sorte de ''campus'' fermé, inachevé, gardé et qui se trouve être... l'ex-futur CEA !. On a tout le temps de s'y promener.. ! C'est hallucinant... des échafaudages le long des murs des bâtiments inachevés, sur les échafaudages des gâchoirs de maçon encore à moitié plein de mortier, outils de toutes sortes, truelles etc... Par les fenêtres pas nettoyées depuis des années on arrive à distinguer......des bureaux, des laboratoires en voie d'équipement, des branchements en cours, des cartons ouverts portants des instructions en cyrillique ou en anglais,...., des instruments ont été sortis de leur caisse...ici un microscope, là quelque chose qui pourrait appartenir à un spectromètre.....
irréel.. on dirait que le site a été abandonné non pas d'un jour à l'autre mais figé au milieu même d'une journée ordinaire.... sur intervention d'une force extra-terrestre ou peut-être bien plutôt prosaiquement dans le cas présent, de l'armée !
.... depuis les choses ont repris un cours différent
à Wrangell....
voilà un témoin du passé qui me semble bien préservé : sur la première photo de la rue, le premier 4x4, couleur bordeaux, garé le long du trottoir : l'ancêtre des SUV, un Jeep Wagooner incontournable pendant presque trente ans depuis le milieu des années 60 mais qui ne se fabrique plus depuis... 1990.
à Anan sur la route du mirador d'observation par le caillebotis..et dans le creek
magnifiques....magnifiques vues de la forêt pluviale du Pacifique !! qu'il est vrai qu'elle n'a parfois rien à envier à son homologue tropicale (sans certains inconvénients tel les serpents !)
J'ai pris un plaisir tout particulier à faire défiler et redéfiler les photos du creek (pour les ours bien sûr !) mais aussi pour l'exubérance de cette forêt pluviale Pacifique avec l'omniprésence des arbres morts couchés qui en constituent un trait caractéristique. Mine de rien ils me rappellent plein d'anecdotes. Les arbres morts couchés sont parfois bien utiles pour la progression....tant celle des ours, comme sur tes photos- d'ailleurs on dirait qu'un des arbres a été intentionnellement abattu pour eux à la tronçonneuse- que celle des bipèdes mais par contre ils peuvent aller jusqu'à former un entrelac tel que l'on y progresse comme dans un parcours du combattant, en se coulant par dessus l'un et se glissant sous le suivant.
Servant de milieu nourricier (les nurse trees des anglophones) et parfois de substratum aérien à une végétation secondaire pouvant dissimuler le sol pour peu que l'attention soit occupée ailleurs, il peut vous arriver d' en chevaucher un sur plusieurs mètres avant de réaliser que vous êtes en fait à 1 ou 2 mètres en l'air !! L'association des draperies de mousses filamenteuses et des contorsions des racines aériennes des arbres secondaires enroulées autour du ''nurse tree'' arrive à créer des fantasmagories dignes d'un film fantastique... moi çà me faisait penser à Washington Irving et son cavalier sans tête de Sleepy Hollow.
Sur une des photos avant le mirador, sur une photo montrant de ces arbres couchés, je crois bien reconnaitre au premier plan une autre vieille connaissance : des buissons de Devil's Club : le bien nommé, dont on garde le souvenir...piquant si l'on a eu, une seule fois, d'autre choix que de s'y frayer un chemin..
et enfin...la rencontre avec un ex-collègue à MacCarthy...
alors là... ! je trouve aussi la coincidence vraiment stupéfiante... quand un truc comme cela arrive on se dit vraiment que le monde est un gros village.
''nous travaillions dans le même domaine, il a fait sa carrière dans un organisme fédéral américain basé à Rockville, à 20 miles de Washington DC ''
D'ailleurs en parlant de coincidences...je me demande... ! Un domaine dans lequel un expert français peut rencontrer collègues et pairs américains d'une Agence fédérale à Rockville, MD, il ne doit pas y en avoir beaucoup. Je pense à une Agence dont les trois initiales sonnent un peu comme celles d'une chaine TV et dont l'homologue français serait aussi à trois initiales qui sonneraien plutôt comme.... celles d'une association sportive !! j'ai donc peut-être aussi appartenu au ''domaine'' mais tout à fait en amont d'abord et tout à fait en aval ensuite.
que le monde (semble) devenir petit !!
merci encore pour cette attachante chronique....
et si je me décide à rendre visite à Brooks River ou Anan Creek depuis la B. C. je ne manquerai pas de revenir puiser dans ton retour d'expérience..
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