Déja petit, j'observais ces photos d'une cité perdue au milieu des montagnes, surplombée par deux pics rocheux. Pour l'anniversaire de mes 21 ans, je m'offrit le luxe de réaliser ce rève de gosse, foulé l'ancestral
Machu Picchu.
Fin juillet 2007 je décollais pour le
chili. L'aller était déjà une aventure :
Lyon-
Madrid-
Rio de Janeiro-
Montevideo-
Santiago... Pour un billet aller simple a 500 euros, je m'attendais pas a une merveille.
Arrivée a
Santiago, une amie française qui y faisait ses études m'as hébergé. Le dépaysement était déja important dans cette capitale. Des groupes de chiens érrants, les bus roulant a vive allure, des gratte-ciel immenses et non loin de la, des montagnes aux sommets enneigés au bord de la ville. J'apprenais a peine les expressions typiques et les coutumes de ce pays, comme la "propina", un pourboire qui fait bien souvent office de salaire pour les serveurs. C'est presque une insulte de ne pas l'offrir.
Le quartier de " bellavista " est un regroupement de bars et restaurants, dont les facades sont peintes de différentes couleures. Je buvais mon premier " pisco sour " fierté nationale (pisco, citron vert, sucre et blanc d'oeuf), a vérifier car le pisco est a l'origine un alcool péruvien, un sujet taboo entre les deux pays, pour ceux qui aiment bien la bouteille.
Un plat traditionnel " el lomo al pobre " (plat du pauvre) est un bon moyen pour se remplir completement l'estomac (un bifteak avec 2 oeufs au plat, des oignons frits, et des frites), et pour la douceur, au
chili comme au
pérou, il y a les "empanadas", une pate qui peut être fourrée a la viande, au fromage, etc..
Au bout de bellavista, un funiculaire m'emmena en haut du " Cerro san cristobal ". Au sommet de la colline, la vue sur la capitale est saisissante et prouve bien que
santiago est immense. Un autre parc a ne pas loupé " cerro santa lucia ".
Je ne voulais pas m'attarder a la capitale, et j'ai contacté un pote du lyçée en
france qui travaillait dans le centre-sud du
chili, pour une communautée mapuche. Je pouvais les rejoindre pour 1 mois, avant de prendre la route pour le nord. Arrivée a
Concepcion, petite ville charmante, je retrouve ce cher ami sur la place principale. Une gitane avec une belle robe haute en couleurs nous aborde, et malgrès notre résistance, la naiveté de mon premier voyage l'as emportée, elle m'as pris quelques pesos. Certes je me suis fait avoir, mais c'est une chose qui m'as appris a être plus méfiant, plus vigilant, et qui m'as servi tout au long de ce voyage, et les suivants.
Le soir on était invité dans une charmante maison en bois, un peu en périphérie de la ville chez des gens adorables et accueillants.
Le lendemain soir on partait pour " elicura " une vallée au bord du lac lanalhue, dans la belle région d'Arauco, bio-bio.
Après quelques heures de bus, je rencontrais Manuel, un robuste mapuche qui travaille la terre dans cette petite vallée d'elicura.
Ce peuple vénere la terre mère et leurs ancêtres et vivent tout simplement d'agriculture, de pèche et d'élevage.
Pour vous faire une idée, les mapuches ont énormément résisté aux conquêtes espagnoles, mais a présent lutte pour récupéré leurs terres, volées et vendues par l'état chilien a des companies forestières.
Leurs terres ressemblent a présent a un champ de bataille. Les companies ont rasés les fôrets natives pour y planter du pin et de l'eucalyptus (fabrication de papier et bois de chauffage). De nombreuses éspèces animales et végétales ont disparues, les plantations forestières a l'engrais chimique pollues les terres et les eaux et donc font apparaitre plusieurs maladies. La lutte continue et a fait des prisionniers politiques.
Je suis resté 1 mois avec eux. On mangeait les oeufs des poules, les patates de la précédente récolte, de la viande quand on pouvait, et aussi "l' aji " un piment local. La première fois que j'en ai gouté, mon pote français m'as fait la blague que c'était de la confiture au petit déjeuner...
C'était un honneur qu'ils me faisaient de vivre avec eux, le tout simplement possible au rythme de la saison. On logeait dans une cabane en bois, très peu isolée et assez fraiche la nuit, mais qu'en est-il du confort quand on se sent heureux ?
Le soir on allait a la radio locale, créé par la communautée dans un centre culturel, ou je découvrais les chants de Beatriz pichi malen, victor jara, mercedes sosa...
Un week-end on est parti a Curanilahue, petite ville de la région, pour un regroupement social. Il y avait des ouvriers, mineurs, mapuches, étudiants etc...
Dans une école, ils avaient installés plusieurs salles pour évoquer les problèmes de la région et trouver des solutions. La journée s'est terminée au centre culturel, avec du vin, des guitares, et des jeunes qui avaient de l'espoir dans les yeux.
Le lendemain on s'est retrouvé a la radio de la ville, et par surprise interviewé. On y a même chanté une chanson de "tryo" avec une guitare...
Il me restait peu de temps avant de repartir vers
santiago, et je faisais le bilan de cette merveilleuse expérience, de ces rencontres... C'est en mi-septembre que je reprenais la route, le coeur sérré et les larmes.
Le retour a
santiago était difficile, mais j'étais soutenu par mon amie qui avait vécue une experience similaire au
pérou quelques années auparavant.
Mon voyage en solitaire débutait. Je suis allé a
Valparaiso, lieu culte de Neruda (poète chilien célebre). Cette ville en bord de mer est ornée de maisons multicolores et la plage laisse apercevoir des phoques qui se prélassent. Malheureusement le beau temps n'était pas avec moi.
Je pris alors le bus pour la pointe nord du
chili :
Arica.
28 heures de bus a travers le désert de l'
atacama, ou a certains endroits on croirait être sur la lune.
Arica, la ville ou le printemps est la toute l'année. Au bord du pacifique, n'ayez pas peur si vous croisez des militaires, c'est pas la guerre!
Je décidais de mes destinations sur le tas, au fur et a mesure. J'ai alors choisi Putre.
A partir de
Arica qui es au niveau de la mer, a 130 km voila ce petit et charmant village de putre a 3500m d'altitude, autant vous dire que le trajet est éprouvant !
Putre a encore des souvenirs du peuple aymara, jusqu'a même son nom qui signifie " murmure de l'eau ". Et vu le calme plat qui y reigne et le bruit de l'eau qui y coule lentement, le village porte bien son nom.
J'y ai ressenti quelques difficultés a respirer a cause de l'altitude, alors que les enfants du village jouait au foot pendant des heures. Je me suis posé a une petite auberge pour la première nuit. Le lendemain je suis allé encore plus haut, découvrir les hauts plateau andins, et surtout le plus haut lac du monde (et non, ce n'est pas le titikaka) Le lac chungara, ou se reflète la pointe du volcan parinacota. Sur le plateau vis quelques familles dans des miniscules villages, et on peut y observer des Vicuñas (vigognes), Viscachas (lapin a queue étrange), Guanaco, lamas et alpagas. J'y ai mangé un steack de ce dernier !
Le parc naturel
Lauca est magnifique, je m'approchais de la frontière bolivienne en pensant que je n'irais pas y vivre d'aventures, faute d'argent en poche.
Au retour a putre, sur la place du village, j'ai rencontré Juan carlos, et son ami hanz. Deux peintres en batiments saisonniers, d'
arica. Juan carlos m'as prété sa guitare, on en a fait ensemble, puis on est allé acheté une bouteille de vin pour fété ça. Ils étaient logé par leurs patrons qui était resté a
arica et m'ont donc proposé de décamper de l'auberge et les rejoindre. C'est avec eux que je me suis rendu compte que mon niveau d'espagnol était plus que correct, je leur ai fait des petits cours de français.
Le lendemain j'étais invité a une petite fête chez le peintre du village Tito. Si vous voyez des peintures murales a putre, ca vient de lui !
Après un apéritif, il m'as présenté un vieil aymara et un péruvien avec qui j'ai simpatisé. Il était un peu tard et tito me propose d'aller boire un coup au petit bar de l'hotel de sa soeur, il voyait que je respirais avec difficultés alors il m'as tendu des feuilles de coca a maché, le gout est spécial mais après ca on peut marché aisément !
Tito m'avoue alors qu'il a des origines mapuches, une grande conversation en perspective...
Le lendemain je pensais qu'il fallait reprendre la route, même si je me sentais comme un roi, avec juan carlos j'étais logé gratuit, et on allait au resto ou il me faisait passé (difficilement : je suis blond aux yeux bleu) pour un employé, et on mangeait tous gratuit, sur le compte de son patron !
Je leurs ai dit que je partais le lendemain et ils m'ont organisé une soirée chez tito, avec un boeuf musical, guitares et percussions, on était une petite vingtaine avec les collègues de travail de juan carlos, que des amis du vin chilien.
Tito a fait une petite peinture sur tissu (une spirale noire sur fond jaune) et après avoir tous écrit un petit mot a mon égard, me l'ont offert.
L'hospitalité chilienne était vraiment incroyable.
Une frontière, ça parait administratif, mais de franchir celle du
pérou m'as rappelé tous ces bons souvenirs, je partais avec le coeur triste, mais l'envie de découvrir ce nouveau pays, et d'enfin réalisé ce rève.
Après une nuit a tacna, je partais pour
Arequipa, la ville blanche. Au
pérou, je pouvais (avec la débrouille) mangé pour 2 soles, et dormir pour moins de 10. Ce qui fait 3 euros par jours environ. Cepandant je ne certifie pas la qualité des hospedaje, je me suis meme retrouvé sous la douche avec un compteur électrique dans la même pièce, mais la bouffe était souvent bonne, et j'étais le seul blanc et blond dans les restaurants.
Il n'y a pas énormément de choses a voir a
arequipa a part si vous aimez les cathédrales (ce qui n'est pas mon cas). J'ai rencontré un jeune de
lima, kevin, avec qui on a bien simpatisé. Le lendemain je l'ai retrouvé sur la place principale. La, un mec balafré vient faire la discute et me met en confiance, ca sentait le piège a plein nez. Après avoir pris ma casquette (sous prétexte de l'éssayer) et mon briquet, le ton est monté entre lui et moi. J'ai a peine eu le temps de tourné la tête que kevin s'es jetté sur lui... Un flic s'en est mélé, a calmer les choses, et m'as demandé si il m'avait volé. J'ai pas aimé cette situation, de devoir dénoncer quelqu'un mais j'avais pas le choix...
Aujourd'hui encore je comprend pas la réaction de kevin, je le connaissais que de 24h et il m'avait défendu... En
france, personne aurait réagi...
Bref ! Après une nuit en discothèque et 4 jours de plus a
arequipa, je partais une fois de plus bien triste, car j'avais rencontré une fille avec qui on s'entendait très bien, et c'est rare dans les principales villes péruviennes. Quelques femmes couchent avec des touristes pour obtenir des papiers, ou même les endorment avant pour tout leurs voler dans la chambre d'hotel... c'est assez courant a
Cuzco.
Direction
Puno, ou je suis resté qu'un jour, un peu déçu, il parait que le lac titikaka est plus beau du coté bolivien.
Puis
Cuzco, et son temple sacsahuyaman, ses nuits endiablées, ses rues pavées et baties sur des murs datant des incas. Voici une ville qui vie a fond, même envahi par des touristes comme nous, elle reste belle. Mes nuits coutaient 8 soles, dans la calle procuradores, une petite rue marchande collée a la
plaza de armas, et encore, il est possible de faire baissé le prix de la chambre a 5 soles....
J'y ai fété mes 21 ans avec beaucoup d'amis de
cuzco,
lima, d'
amazonie, rencontrés au fur et a mesure des soirées. Je vous avoue que j'avais certains amis pas très net, mais il me laissaient tranquille étant donné que j'étais presque fauché et que je mangeais et dormais aux mêmes endroits qu'eux. Il m'arrivait certains soirs a acheté un repas a des femmes dans la rue, et on mangeait dans des tupperware, avant de donné des flyers de discothèque a des touristes (j'avais en échange entrèes et boissons gratuites).
Cette ville était un marché ambulant, avec des gens aux coins de rues, téléphones portables en mains et criant " llamadas, llamadas ", qui vendaient des appels a l'unité, des vendeurs de cigarettes a l'unité et de barres chocolatées, j'ai même vu un mec vendre du PQ dans la rue.
A noté que
San Blas est un quartier charmant, et que les restaurants pas chers sont vers la calle Belen (quartier soi-disant dangereux).
Avec ce qui me restait de mes économies, je partait en bus pour le célèbre
machu picchu, histoire de finir ce voyage en beautée. Le trajet fut long. Avant d'arriver au village de santa maria, on est restés bloqué par des travaux (chutes d'eaux sur la route) pendant bien 3h. Arrivé au village je me suis retrouvé dans une petite auberge, ou il y avait toute une classe de collège de
lima qui m'ont posé pleins de questions sur mon voyage. Je partageais ma chambre avec un prof qui ronflait comme jamais. Le climat était tropical, chaud, on sentait l'humidité et les chants des insectes jours et nuits (grillons et companie).
Le lendemain je loupais la navette pour le prochain village, santa theresa. De même pour deux savoyards ! On a fait connaissance et on a fini par monter a l'arrière d'un camion de paysans, trajet en plein air !
Le conducteur était peu prudent et les falaises impressionantes. On s'arrétais dans des petits villages pour faire monter du monde, avec de belles cabanes et des bananiers imposants.
Arrivé a Santa theresa avec les deux francais, une marche de 6-7 heures nous attendais. L'urubamba laché son torrent puissant, et des cascades d'eaux a couper le souffle. Les deux dernières heures de marche se font sur la voie férrée qui emmene bien 80 % des touristes depuis
cuzco.
Arrivée a
aguas calientes, cette petite ville au coeur des montagnes est très jolie mais ressemble a un parc d'attraction pour touristes.
Le lendemain les deux savoyards partaient pour le
machu picchu a midi, vu que le matin il pleuvait. J'ai préféré attendre, pour le beau temps et surtout y aller seul.
Donc j'ai pris un sentier annexe, Le cerro Putukusi. Face au
machu picchu, l'accès est impressionant, une échelle immense (voir ma photo de profil) mais l'ascension vaut le coup d'oeil, offre une vue sur le côté des ruines.
Très tot le lendemain matin, je commençais a grimper les marches qui mènent aux ruines (un bus y va aussi) après une petite heure j'ai tourné la tête et vue le début des ruines, un frisson m'as parcouru le corps.
Cette journée ensoleillée a été merveilleuse, je m'aventurais sur le Huayna picchu (haut sommet derrière les ruines), puis descendais sur l'autre versant pour le temple de la lune, pour finir sur le chemin ou sont prises toutes les photos connues du site. Le tableau que je voyais étant enfant dans les livres, était enfin sous mes yeux. C'est avec le sourrire que je quittais ce mysterieux site fort en énergie et en histoire.
Petite erreur, ayant passé cette journée en marcel et sans crème solaire, j'ai brulé au premier degré sur les épaules. Ne pouvant pas rentré en train, vu le prix, je faisais marche arrière vers santa theresa, avec le sac a dos et les brulures. Je pensais a mon rève réalisé et regardais une dernière fois le huayna picchu au loin afin d'oublier la douleur.
A santa theresa un jeune m'as fait la discute et est venu avec moi a l'hopital. Ils m'ont laissé lavé les épaules et m'ont passé de la crème qui apaisé un peu.
Le jeune habitait a santa maria, on a fait le trajet en navette ensemble. Il avait a peine 20 ans et tenais un petit magasin dans le village (probablement de ses parents) et sa soeur travaillait avec lui. Il s'occuper de la radio du village et m'as laissé dire quelques mots.
Le seul souci dans ce village est l'électricité (éclairage public). Elle y était que 1h par jour.
Il m'as offert a mangé et des cigarettes avant que je parte pour
cuzco. Je lui ai offert une lampe a dynamo (ce genre de torche qui marche sans piles), c'était pour lui un vrai trésor !
Retour a
Cuzco, je me suis remis petit a petit de mes blessures et je faisais le tour des adieux a tous ces gens que je connaissais en ville.
J'avais rencontré gerardo de
lima, a qui j'avais prété de l'argent, je lui avais fait confiance et il m'as tout rendu !
Comme chaque adieux,
Cuzco as été une grande peine. Gerardo m'as dit que sa mère sera a la gare de bus a mon arrivée. Elle m'as présenté les frères de gerardo qui tenaient un restaurant chic dans
lima, ils m'ont hébergés et m'ont invité a leurs restaurant pendant deux jours avant mon grand retour en
france. Le retour au confort chez eux était agréable mais étrange, je m'étais habitué aux auberges délabrées et au resto " viande-riz, soupe, plat principal et maté.
Ils m'ont fait gouté les "anticuchos " brochette d'abat très savoureuse. Et le grand frère m'as fait boire un pisco pur de grande classe!
Dernière heures a
lima, avant la fin de ce voyage. Mon compte en
france était bloqué, et je me suis rendu compte qu'il fallait que je m'acquitte d'une taxe a l'aéroport...
Heureusement, en réunissant mes tous derniers dollars, euros, et soles, je suis arrivé a payé.
Le bonheur de ce voyage touchait a sa fin, dans la salle d'embarquement les images de ces trois petits mois riches en évènements défilées dans ma tête. Le retour en
france fut épouvantable...
PS : Bravo a ceux qui ont tout lu ! "et dézaulé pour lé kelkes fote d' aurtograf"
Guillaume