Salut Gooms !!!
Avec plaisir, je peux te filer quelques infos.
La région la plus isolée de la province de
Salta est la Puna
argentine qui est en fait l'equivalent de l'altiplano Bolivien ou du
desert d'Atacama chilien, qui se situe à l'Est de
San Antonio de los Cobres (où s'arretent les derniers touristes).
C'est une région qui a été exculsivement utilisée pour ses grandes ressources minerales (or, argent, lithium, borax, uranium, etc...). De ce fait, des villes minières furent crées en plein deserts de sel entre 4000 et 5000m d'altitude, aux pieds d'immenses volcans.
Malheureusement (ou heureusement selon le point de vue) ces compagnies ont presque toutes essuyées des faillites, des rachats par des multinationales ou autres. Si bien que la majeure partie des exploitations se sont arrétées, laissant du jour au lendemain des villes allant jusqu'à 3000 habitants sans ressources.
Aucune agriculture possible sur ces terres ingrates.
Le seul espoir résidait dans la ligne de chemin de fer traversant la région qui franchissait la Cordillère pour entrer au
Chili et vendre de la viande
argentine. Ainsi, les anciennes gares " à minerais" servaient aussi de parcs à bestiaux.
Là encore, peu d'espoir. Le
Chili arretant toute importation de vente
argentine (principalement à cause d'une politico-fièvre aphteuse des animaux) ces gares furent elles aussi abandonnées.
Aujourd'hui, après l'ultra liberalisme argentin, et la vente du chemin de fer regional au
Chili, le train franchit toujours la Cordillère pour vendre du gas au
Chili sans s'arreter dans les anciennes gares.
Les villages, en complete autarcie à plus de 12h de piste de la première ville (
Salta) ne sont reliés que par quelques camions de ravitaillement de la province, et le docteur de la zone venant une fois toutes les 2 semaines.
Malgré tout, quelques personnes subsistent et ne veulent pas abandonner cette terre ou ils sont nés pour aller se terrer en ville et vivre dans un système qui n'est pas le leur.
Devant la situation, l'ex ambassadeur Français en
Argentine, Mr Dijoux, en visite dans la zone est tombé veritablement amoureux de cette zone et désirait proposer une alternative.
Avec l'aide de quelques irreductibles argentins et par l'intermediaire d'une association AFAPUNA un projet de mise en valeur touristique des sites a été mis en place. Un gîte d'accueil tout confort servant de camp de base fût construit, des frigos achetés à quelques familles assurant les diners des visiteurs, et meme un ordinateur connecté à internet par satellite !!!
Il est à noter que la demarche est avant tout locale, les habitants des villages sont eux même force de proposition sur ce projet, et l'association n'a permis que le soutien et la mise en place.
Le village servant de "centre" à toutes les actions est Tolar Grande.
Mon rôle au sein du projet a été de mettre en place des circuits de decouverte de la région à partir de Tolar Grande, avec comme objectif de faire venir des touristes etrangers qui pour ceux qui ont pu arriver jusque là bas se souviennent encore de l'accueil incroyable de la population et des enfants du village.
Car, sur cet ancien village de 2000 hab. il reste aujourd'hui, 10 ans après la fermeture de la mine, 130 personnes, dont la moitié sont des enfants, scolarisés dans la petite ecole du village.
J'ai pu déjà faire des petites projections de diaporama (en toute simplicité sur un ordinateur portable), et à chaque fois ca s'est super bien passé.
A partir de Tolar Grande, d'autres villages sont accessibles (Sante Rosa de los pastos Grandes, notamment ou l'institutrice du village sera aussi certainement tres heureuse de vous recevoir).
Pour rien vouc cacher, le probleme majeur est le deplacement. Je ne sais pas comment vous comptez vous organiser, mais il vous faut au minimum 1 pickup super solide, avec des provisions et surtout beaucoup de gasoil car les distances sont immenses. De plus, sans chauffeur connaissant les lieux c 'est difficile, on se perd tres facilement.
Une expedition dans la Puna ca se prepare bien, car s'il vous arrive une merde technique, on retrouvera vos squellettes 20 ans plus tard (et encore...).
Pour tout vous dire, il serait meme interessant de monter un documentaire de fond, sur la situation actuelle. A l'epoque j'avais essayé de m'y interesser mais n'etant pas du"milieu" audiovisuel c'est toujours un peu dur.
Bref, si vous avancez un peu sur votre projet notamment au point de vue organisation, tu peux me faire signe, je peux essayer de passer quelques coups de fil.
Bonne chance