Bonjour
Dans ce sud qui est votre univers de vie aujourd'hui, la bonne gestion de l'eau vue à l'époque est-elle comme je l'imagine maintenant ?
Beaucoup de choses ont changé. D'abord la gestion globale au niveau des barrages a dépossédé les gens d'une partie de leur autonomie, et donc les a dé-responsabilisés en partie. La gestion des droits de l'eau dans les oasis est un sujet de "thèse", c'est très structurant, et le fait que le makhzen (pouvoir central) a des avantages et des inconvénients...
A Tazzarine, l'eau des maisons vient des canalisations du village, on a installé des douches (relativement peu nombreuses, d'ailleurs, dans la maison de mon beau père il y a deux douches pour une trentaine de personnes), et peu à peu les frigos remplacent les anciennes jarres en terre entourées de peau de chèvre humides et conservées à l'ombre, pour rafraîchir l'eau.
Maintenant, les bonnes habitudes se conservent :) le lavage "à grande eau" est en réalité "à petite eau", vaisselle et lavage sont faites en économisant au maximum dans une bassine, et l'eau "coûte cher".
Pour la culture, c'est ou bien l'eau communale, ou les puits. Pour les puits, ça coûte le gas-oil de la pompe, et malheureusement le goutte-à-goutte n'est pas fréquent (l'état en fait la promotion et finance les installations, mais bon... ça marche mieux ailleurs, il faut dire qu'installer un goutte à goutte dans le désert, avec les tempêtes de sable, ce n'est pas simplissime d'entretien).
Ce qui manque, amha, ce sont des citernes pour récupérer l'eau de pluie, quand cela tombe. C'est dommage, car cela envahit les rues, on patauge dans la gadoue, et vu le système hydrographique, une bonne partie va "irriguer" le désert. Je suppose que cela se mettra en place peu à peu, si les pluies deviennent plus fréquentes. Les gens ont déjà des réservoirs, mais ils les remplissent avec les "lâcher de barrage".
J'ai rarement vu gâcher de l'eau dans les villages. L'époque où on allait la tirer du puit ou la chercher un peu loin n'est pas si éloignée...