Compte rendu voyage Tibet (Ü-Tsang-Ngari-Amdo) Zyrtex · 3 octobre 2013 à 2:23 · 737 photos 66 messages · 11 participants · 23 245 affichages | | | | À: Estiu · 8 octobre 2013 à 21:27 Re: Compte rendu voyage Tibet (Ü-Tsang-Ngari-Amdo) Message 21 de 66 · Page 2 de 4 · 3 704 affichages · Partager Génial ce site!!!! | | | À: Estiu · 9 octobre 2013 à 10:54 Re: Compte rendu voyage Tibet (Ü-Tsang-Ngari-Amdo) Message 22 de 66 · Page 2 de 4 · 3 688 affichages · Partager Merci pour le lien ! | | | À: Zyrtex · 20 octobre 2013 à 4:41 · Modifié le 21 oct. 2013 à 4:00 Re: Compte rendu voyage Tibet (Ü-Tsang-Ngari-Amdo) Message 23 de 66 · Page 2 de 4 · 3 641 affichages · Partager Après une longue pause, il est temps de reprendre le récit... Pour pouvez suivre les photos dans ma galerie ici: www.flickr.com/...s/72157631679644894/
Direction plein sud pour découvrir la vallée du Yarlung Tsangpo plus connu sous son nom indien Brahmapoutre, siège de la grande civilisation tibétaine Yarlung, et cœur de l'empire tibétain. Si j'envisageais initialement la visite des tombeaux (ce sont de grands tumulus bien visibles sur google earth) des premiers rois tibétains et du monastère Nyingmapa de Mindroling (l'un des principaux monastères de cette branche du bouddhisme tibétain), notre arrêt forcé sur Xining ayant écourté les jours du permis, nous avons décidé de nous focaliser sur Yambulakang et de filer directement à Samye.
La vallée du Brahmapoutre est maintenant reliée par une autoroute à Lhasa, afin de connecter l’aéroport de Gonggar sur la rive sud du fleuve avec la capitale provinciale. Nous arrivons donc rapidement sur les berges de la grande plaine alluviale, au milieu duquel s'écoule tranquillement le Yarlung Tsangpo ou plutôt ses multiples ramifications, le fleuve occupant un espace plus important, le débit permet donc la décharge des sédiments provenant du cours supérieur pour former de nombreux bancs de sables qui lui donne une allure particulièrement esthétique. Les berges Sud sont occupées par de nombreux petits villages assez charmants, encore peu influencés par l’architecture chinoise. Nous nous arrêtons justement pour prendre un thé dans un grand village dont je parcoure rapidement le centre. De nombreuses maisons faites d'adobe, de très belles portes. La vallée est plus arborée que sur Lhasa.
Yarlung Tsangpo
Petit village dans la vallée du Yarlung Tsangpo
Nous continuons jusqu'à Tsetang ou "Shannan" puis filons 7 kilomètres au Sud vers l'ancienne forteresse. Si Yambulakang est aujourd'hui reconvertie en un monastère Gelugpa, elle aurait été fondée au deuxième siècle avant JC comme place forte, haut perchée sur un éperon par le premier roi de la dynastie Yarlung Nyatri Tsenpo. Son architecture actuelle serait plutôt l’œuvre de Songsten Gampo qui l'aurait transformée en sa résidence d'été après qu'il se soit installé à Lhasa. C'est une forteresse ou dzong à l’architecture caractéristique que l'on retrouve un peu de partout sur la plateau tibétain (notamment sur Shegar près du camp de base de l' Everest). Le " Palais de la biche" fut comme la grande majorité des monastères de cette partie partie du Tibet complètement rasé par les chinois, l'édifice observé de nos jours est en fait une réplique qui fut reconstruite (comme la plupart des monastères détruits durant cette la révolution culturelle) d'après les plans d'époques en 1982. Le monastère en soit n'est pas très intéressant puisqu'il ne comporte pas de peintures d'époque ou de trésors comme au Jokhang ou à Samye que nous rejoindrons dans la soirée, mais son architecture est très esthétique et justifie tout à fait sa visite. En été la vue sur la vallée doit être superbe, depuis cette position stratégique dominant les champs d'orges bien arrosés par la mousson. Il y a un chameau qui attend les touristes peu sportifs pour gravir les marches jusqu'à la chapelle...
Dzong et monastère de Yambulakang
Nous retournons sur nos pas sur Tsetang pour récupérer un permis et traversons le Yarlung Tsangpo pour rejoindre le monastère de Samye situé sur la rive Nord, au milieu de champs dunaires, accompagnés par de gros flocons. Nous sortons de la chambre en fin d'après-midi et montons sur la colline dominant le village, pour assister à un magnifique coucher de soleil.
Coucher de soleil sur Samye
Nous visiterons le monastère le lendemain matin. | | | À: Zyrtex · 21 octobre 2013 à 5:04 Re: Compte rendu voyage Tibet (Ü-Tsang-Ngari-Amdo) Message 24 de 66 · Page 2 de 4 · 3 611 affichages · Partager Nous nous réveillons sous les flocons, comme ces derniers jours le temps est assez instable. Le monastère aurait été fondée par le grand maître tantrique Padmasambhava convié par le roi Tresong Detsen de venir l'aider dans sa tâche de convertir le Tibet au bouddhisme depuis la lointaine vallée de Swat, le haut Indus étant à l'époque le principal foyer bouddhiste du sous-continent. Si le bouddhiste s'implanta au Tibet sous son prédécesseur Songsten Gampo, la résistance de la religion Böns d'origine chamanique était encore très forte à l'époque et fut sans doute réprimée sous la force avec l'aide de nombreux grands érudits indiens. La légende veut que Guru Rimpoche fut appelé par le second grand roi religieux afin de détruire le démon qui détruisait chaque nuit les travaux de constructions accomplis durant la journée par le moine indien Shantarakshita. Toujours selon la légende, il aurait anéanti les forces maléfiques en réalisant la danse tantrique du Vajrayakila et après avoir construit le monastère de Gar Gompa au Royaume du Mustang. Là je me perd un peu tant il y a de légendes autour de Padmasambhava, il y a d'ailleurs un peu de partout au Tibet des grottes sacrées où le sage aurait médité durant plusieurs années. Je doute que toutes aient effectivement reçu l'érudit...
Salle d'assemblée et loge du Daili Lama au monastère Gelugpa de Samye
La particularité du monastère de Samye est sa forme de mandala, à l'image de la grande université d'Odantapuri située dans l'ancien Royaume du Maghada (aujourd'hui au Bihar), que nous avons pu apprécier lors du coucher de soleil de la veille. Le monastère est particulièrement intéressant, il abrite de merveilleuses peintures certainement très anciennes. Je crois comprendre que ces peintures ont été épargnées par les ravages de la révolution culturelle qui aura malheureusement sévit de partout au Tibet voire en Chine... Samye fut en effet reconstruit vers 1985. C'est avec le Jokhang et Shalu mon monastère Gelugpa préféré.
Monastère Gelugpa de Samye
Le ciel se dégage dans la matinée à mon plus grand bonheur, ce qui me permet de prendre de très belles photos. Samye est aussi le point de départ d'un trekking classique qui relit la vallée du Yarlung au monastère de Ganden à l'Est de Lhasa, traversant des pâturages peuplés par les yaks durant l'été. Il y aussi le petit ermitage de Chimpu situé quelques kilomètres plus haut, initialement prévu dans notre itinéraire.
Monastère Gelugpa de Samye
Après le déjeuner, nous filons plein Ouest vers Shigatse, nous devons en effet revoir notre itinéraire, le col de Kamba La vers le lac Yamdrok Tso et Gyantse étant fermé du fait de la neige. Nous reprogrammons leur visite pour le retour de notre périple vers l'Ouest. Nous longeons durant un bon moment de magnifiques dunes formées par l'accumulation des sables emportés par les vents d'Ouest depuis le haut plateau, qui buttent ici à l'entrée des gorges du Yarlung Tsangpo. Certaines dunes se forment même sur des pentes Ouest des sommets de la vallée avoisinants les 5000 mètres de haut! Il y a aussi de grandes plantations de bouleaux sur les berges pour le bois de construction. La vallée à l'Ouest de Gonggar n'est pas très intéressante, le fleuve s'engouffre dans une vallée plus encaissée, avant de se rouvrir une cinquantaine de kilomètre avant Shigatse pour laisser place aux cultures au milieu desquels on observe à l'automne de grands groupes de grues à cou noirs. Juste génial!
Paysages de la vallée du Yarlung Tsangpo entre Samye et Gonggar (rive Nord)
Grues à cou noir dans la vallée du Yarlung Tsangpo vers Shigaste
Pour pouvez suivre les photos dans ma galerie ici: www.flickr.com/...s/72157631679644894/ | | | À: Zyrtex · 23 octobre 2013 à 5:04 · Modifié le 8 nov. 2013 à 3:49 Re: Compte rendu voyage Tibet (Ü-Tsang-Ngari-Amdo) Message 25 de 66 · Page 2 de 4 · 3 572 affichages · Partager Nous partons visiter le monastère Gelugpa de Tashilhumpo, siège des Panchen Lamas. le Panchen Lama est le deuxième chef spirituel du Tibet, juste après le Dalaï Lama.
Nous visitons tout d'abord la vielle ville de Shigaste que nous avons brièvement visité la veille. Au contraire du Barkhor, la vielle ville de Shigaste est très préservée et garde tout son charme et son authenticité. Nous montons au pied de la forteresse de la ville, également ancienne garnison chinoise et résidence du gouverneur du Tsang ou Tibet de l'Ouest. Fondé au XVIème siècle par un noble de la famille Nyak qui était au pouvoir à cette époque, le Dzong de Samdruptse a été complètement détruit durant la révolution culturelle et reconstruit en béton très récemment. Nous continuons en direction du monastère, passant en partie dur le chemin de la Kora emprunté par de nombreux pèlerins, aujourd'hui étant un jour de fête pour le monastère.
Vielle ville de Shigatse et Dzong de Samdruptse
Tashilhumpo fut fondé par le premier Dailï Lama en 1447. Au contraire des monastères Lhasapas, Tashilhumpo est un monastère encore bien vivant et hébergeant de nombreux moines. Cela est certainement dû aux bonnes relations qu'entretiennent les autorités chinoises avec le 11ème Panchen Lama actuellement en exercice, qui fut investi par le Gouvernement Central, alors que le véritable 11ème Panchen Lama (reconnu par le Dailï Lama comme étant la réincarnation de son prédécesseur) est actuellement détenu depuis 1995. Les rumeurs cours qu'il serait aujourd'hui décédé dans les geôles de Pékin. Le monastère possède une magnifique statue de Maitreya de 26 mètres de haut érigée par le neuvième Dailï Lama dans la Jamba Chyenmu. Nous visitons également le palais du Panchen Lama qui abrite les reliques du Quatrième Panchen Lama reposant dans un stupa imposant, la grande salle d'assemblée et le Chajing Duodang, au pied d'un magnifique temple à étages. Les reliques des 5ème a 9ème Dailï Lamas ont été profanées par les gardes rouges et jetées à la rivière. Les quelques reliques qui purent être sauvées sont aujourd'hui préservées dans les chortens construits en 1985 par le 10ème Panchen Lama.
Monastère de Tashilumpo
Drapeaux de prières entre Shigatse et Sakya
Après de délicieux Thukpas Amdopas pour le déjeuner, nous partons pour le monastère de Sakya, siège de l'école Sakypa fondé par Khön Könchog Gyalpo de l'influente famille Khön. Sans rentrer dans les différences idéologiques avec les autres courants, il est intéressant de signaler qu'au contraire des écoles Gelugpa et Kagyugpa, les hiérarques du mouvement ont toujours été des descendants de la famille Khön. Bien que de tradition monastique, les chefs de lignée sont mariés, ce qui les différencie nettement des traditions des autres écoles. L’École Sakyapa devint le pouvoir politique prééminent de l'Etat Tibétain sous la dynastie Mongole des Yuan qui s'installa sur le trône suite à la conquète de Kubilaï Khan de la Chine. Ce dernier appela d'ailleurs Phagpa, grand érudit et chef de la lignée Sakyapa à ses côtés. Le monastère et en particulier le temple principale ou Lakhang Chempo possède une architecture tout à fait différente des autres monastères tibétains; il fut conçu comme une forteresse aux épais murs faisant office de remparts. Les couleurs prédominantes très caractéristiques (gris, blanc, rouge) ou Rigsum Gompo représentent la trinité formée par les trois protecteurs ou Boddhisattvas: Jampelyang (en sanscrit Manjushri), Chenrezi (Avalokiteshvara) et Chana Dorje (Vajrapani). Le Lakhang Chempo abrite une magnifique salle d'assemblée qui abrite de magnifiques reliques, dont une conque qui aurait étéofferte comme présent à Phagpa par le Grand Khubilaï Khan lui même. Il abrite également une immense bibliothèque contenant près de 84 000 rouleaux.
Lakhang Chempo
Bibliothèque du Lakhang Chempo
Mandala de sable au Lakhang Chempo
Cérémonie dans la salle d'assemblée au Lakhang Chempo
Vidéo de la cérémonievimeo.com/...Nzc4NzV8NzcwMQ%3D%3D
Monastère de Sakya
Nous continuons ensuite vers le col de Gyatso La où s'étendent de grands pâturages, et arrivons à New Shegar où nous passerons la nuit. | | | À: Zyrtex · 27 octobre 2013 à 22:56 · Modifié le 28 oct. 2013 à 4:25 Re: Compte rendu voyage Tibet (Ü-Tsang-Ngari-Amdo) Message 26 de 66 · Page 2 de 4 · 3 540 affichages · Partager Nous entrons aujourd'hui dans la Réserve Naturelle de Qomolungma, une aire protégée de près de 34 000 km² qui vise à protéger le formidable paysage himalayen de la région de l' Everest et en particulier ses milieux humides de grande importance situés sur la route de migration des espèces d'oiseaux migratoires sibériennes vers le sous-continent indien.
La réserve comprend tous les sommets Tibétains de 8000 mètres: Makalu, Lhotse, Everest ou Chomolongma, Cho Oyu, ainsi que le Shisha Pangma, plus à l'Ouest. C'est une grande réserve qui protège un vaste écosystème himalayen connecté avec les aires protégées népalaise limitrophes sur le versant Sud de l'Himalaya, à travers de multiples corridors, comme le Parc National Makalu-Barun, le Parc National Sagamartha, le Parc National de Langtang, et les aires de protection communautaires du Manaslu (MCA) et des Annapurna (ACAP). La réserve abrite une faune caractéristique de l'Himalaya: léopard des neiges, mouton bleu (naur ou bharal), thar de l'Himalaya, kiang ou âne sauvage tibétain. Elle protège également d'énormes réserves d'eau douce sous forme de glaciers qui alimentent les rivières Arun (tibétain: Bum Chu), Sun Kosi (tibétain: Mastang Chu) et Trisuli (tibétain: Kiorong Tsangpo) qui coupent la chaîne himalayenne et traversent le Népal. Elle protège même quelques espèces très rares au Tibet comme la civette palmiste de l'Himalaya, ours à collier et cerf musqué caractéristique des forêts humides de l'Himalaya, que l'on retrouve par exemple dans la vallée de Kangshung ou encore la vallée de Nyalam où passe la route de l'amitié.
Il faut acquitter des droits d'entrée pour accéder à la vallée de Tashi Gaon ainsi que le monastère de Rongbuck situé au pied de l' Everest, près de l'immense glacier de Rongbuk qui descend du Col Sud. Après le poste de contrôle, nous commençons à gravir les grands lacets qui mènent au col du Pang La (5200 mètres), d'où la vue sur la chaîne de l'Himalaya est particulièrement merveilleux. Nous décidons de monter sur la petit bosse au dessus du col, à 5265 mètres de haut selon Google Earth. La vue est encore plus saisissante depuis ce mirador, nous distinguons les sommets (d'Est en Ouest) du Chomo Lonzo, Makalu, Lhotse, Everest, Pumari, Gyachung Kang, Cho Oyu, Lapche Kang, et du Shishapangma.
Paysage au Nord du Pang La (vallée de la Bum Chu - Arun Khola)
Chaîne de l'Himalaya depuis le Pang La
Nous descendons ensuite jusque dans la vallée de Tashi après avoir découvert de charmants petits villages aux cultures en terrasse. J'ai été vraiment émerveillé par la vallée de Tashi, c'est une petite vallée très authentique où les signent du sacré tibétain comme Rigsum Gompo sont omniprésents. Les maisons aux murs de chaux sont très typiques, il y a de nombreux chortens disséminés un peu partout dans la vallée comme sur les pentes des sommets. On aperçoit les ruines d'un village proche de Rongbuk qui semble avoir détruit durant la révolution culturelle, puis le premiers grands sommet très alpins recouverts par les neiges éternelles.
Vallée de Tashi Gaon
Troupeau de moutons bleus ou "naurs"
Nous allons directement au camp de base pour touristes, situé un peu avant la moraine du glacier de Rongbuck, d'où l'on peut apprécier le plus haut sommet du globe. Il est difficile d'apprécier ses dimensions tant il semble encore loin de nous (25 km), en comparaison avec les sommets du Karakoram ou la face Sud du Dhaulagiri par exemple.
Camp de base de l'Everest et langue terminal du glacier de Rongbuk
Nous retournons sur nos pas et nous arrêtons dans un petit ermitage très charmant se trouvant entre le monastère et le camp de base, où ont été érigés de nombreux chortens. Nous sommes invités à descendre par une jeune fille tibétaine pour connaître une grotte de méditation illuminée à la bougie. Nous déjeunons ensuite sur Rongbuk et visitons les alentours du monastère pour prendre les photos typiques de l' Everest avec les chortens du monastère en premier plan. Nous rencontrons plusieurs troupeaux de moutons bleus dans la vallée sur notre retour.
Ermitage au dessus de Rongbuk:
Monastère de Rongbuk
Nous remontons le long de grands pâturages bien verdoyants en direction de l'Ouest où paissent de nombreux troupeaux de chevaux tibétains et de yaks entre les tentes de nomades juste en dessous du col de Lamna La, se délectant d'herbes bien grasses. Nous franchissons le col et empruntons le début de la longue descente vers la large vallée de Tingri, sous les dernières lueurs du jour. Nous prenons quelques photos du vieux village de Tingri dominé par l'ancien Dzong et arrivons dans notre guest house.
Descente vers Tingri:
| | | À: Zyrtex · 27 octobre 2013 à 23:23 · Modifié le 28 oct. 2013 à 3:34 Re: Compte rendu voyage Tibet (Ü-Tsang-Ngari-Amdo) Message 27 de 66 · Page 2 de 4 · 3 530 affichages · Partager Réveil très matinal sous des températures très fraiches, il faut dire que Tingri est à plus de 4300 mètres d'altitude. Nous continuons de remonter la Bum Chu puis prenons plein Ouest vers la route de l'Amitié et la frontière Népalaise. Long arrêt pour prendre le petit déjeuner et le thé sur la route. Il y a des très nombreux Dzongs en ruines dans la vallée, qui gardaient les marches tibétaines de cette région limitrophe du puissant voisin Népalais
La vallée de la Bum Chu et ses dzongs en ruine:
Nous arrivons juste en dessous du Lalung La, col menant vers Nyalam et le Népal, mais filons à l'Ouest, vers de grandes étendues au Nord de la Chaîne du Shishapangma. Nous découvrons nos premiers troupeaux d'antilopes tibétaines et de kiangs dans les grandes prairies autour du lac Langjiang Tso. Il y a de charmants villages au loin. Nous arrivons ensuite sur les rives du lac Peiku Tso aux eaux turquoises. Nous nous y arrêtons deux bonnes heures et marchons sur ses rives magnifiques. Il y a des nombreux canards et oies sur les rives. De nombreuses traces de gazelles. Au Sud, nous découvrons toute la chaîne du Shishapangma. C'est un lieu sublime et très tranquille. Nous prenons notre temps. Et remontons doucement vers la jeep non sans avoir pris le temps de prendre plusieurs dizaines de photos.
Grandes étendues entre la Lalung La et le Peiku Tso, au Nord de la chaîne du Shishapangma
Troupeau de kiangs
Petits villages authentiques
Grandes étendues et Shishapangma
Berges du lac Peiku Tso, petite merveille du haut plateau:
Vous pouvez suivre mes photos sur ma galerie flickr en cliquant sur le lien suivant: httpflickr.com/photos/40746420@N03/sets/72157631679644894/ Image attachée: Photo postée par le membre Zyrtex. | | | À: Zyrtex · 28 octobre 2013 à 3:32 · Modifié le 28 oct. 2013 à 4:28 Re: Compte rendu voyage Tibet (Ü-Tsang-Ngari-Amdo) Message 28 de 66 · Page 2 de 4 · 3 521 affichages · Partager Suite des photos du Peiku Tso:
Peiku Tso et Shishapangmpa:
Résurgence sur les rives du Peiku Tso
Peiku Tso et Shishapangma
Nous remontons le long d'un canyon et arrivons dans le Xinag de Gyerong, une vallée très proche de la frontière népalaise. La zone fermée au tourisme, se situe juste de l'autre côté des villages Gurungs népalais du Tamang Heritage Trail, entre Ganesh Himal et Langtang, au milieu de vastes forêts de pins de l'Himalaya. Je me demande bien quand la Chine ouvrira au tourisme la vallée qui semble restée très authentique selon les images satellites de Google earth.
Paysages au dessus du Peiku Tso:
Pour notre part, nous filons vers le Nord et traversons de grandes praires ou paissent des centaines de yaks, sur les berges du Drolung Tso. Nous franchissons un petit col et nous arrêtons au village dénommé Zebajiang (selon google earth). Répartition de ballons gonflables pour les enfants, et arrivons à la laide Saga. Le temps semble bien long durant l'après-midi. Pour les visiteurs qui répéterons l'itinéraire, Je vous conseille vraiment de prendre votre temps au lac Peiku Tso et y rester plusieurs heures pour apprécier la beauté des lieux, ou bien de traîner dans les ruelles de vieux Tingri au réveil. Il faudra dans ce cas vous contenter de biscuits pour le déjeuner.
Pâturages du Drolung Tso:
Descente vers le Yarlung Tsangpo
Nous comprenons que notre guide et notre chauffeur essayent d'arriver le plus vite possible à l'étape suivante pour se rendre durant des heures dans des bars à picoler... Ce ne sera que le débuts des emmerdes.
Vous pouvez suivre mes photos sur ma galerie flickr en cliquant sur le lien suivant: httpflickr.com/photos/40746420@N03/sets/72157631679644894/ | | | À: Zyrtex · 28 octobre 2013 à 19:12 Re: Compte rendu voyage Tibet (Ü-Tsang-Ngari-Amdo) Message 29 de 66 · Page 2 de 4 · 3 496 affichages · Partager Superbes séries... La dernière série ressmble beaucoup à l'Altiplano, les montagnes ont remplacé les volcans | | | À: Zyrtex · 1 novembre 2013 à 13:10 Re: Compte rendu voyage Tibet (Ü-Tsang-Ngari-Amdo) Message 30 de 66 · Page 2 de 4 · 3 468 affichages · Partager Bonjour,
Superbe. J'adore les photos de paysages et des villages. Cela donne vraiment envie d'y aller. | | | À: Zyrtex · 1 novembre 2013 à 14:04 Re: Compte rendu voyage Tibet (Ü-Tsang-Ngari-Amdo) Message 31 de 66 · Page 2 de 4 · 3 598 affichages · Partager Merci beaucoup pour ce partage ! | | | À: Zyrtex · 6 novembre 2013 à 0:27 Re: Compte rendu voyage Tibet (Ü-Tsang-Ngari-Amdo) Message 32 de 66 · Page 2 de 4 · 3 563 affichages · Partager Madre miaaaaaaaaaa
Quel beau voyage et quel beau compte rendu, tu m'as fait voyager pendant toute la lecture du post.
Félicitation et merci beaucoup de partager... ça fait rêver.
A bientôt et bonne route! | | | À: Zyrtex · 7 novembre 2013 à 21:28 · Modifié le 9 nov. 2013 à 14:38 Re: Compte rendu voyage Tibet (Ü-Tsang-Ngari-Amdo) Message 33 de 66 · Page 2 de 4 · 3 530 affichages · Partager Le lendemain longue traversée vers le petit monastère de Chiu Gompa, sur les rives du lac Manarasovar. A vol d'oiseaux il y a plus de 370 kilomètres! Mais au final la route n'est pas si longue, les paysages sont magnifiques.
Nous franchissons immédiatement au Nord de Saga le col de Saga La a plus de 4800 mètres. Il y a beaucoup de yaks de part et d'autres du col, surtout de l'autre côté ou se situent de vastes pâturages au pied d'un sommet enneigé de plus de 6000 mètres. Nous avons quitté la vallée de Yarlung Tsangpo, pour éviter les plaines inondables durant la mousson. Sans doutes la zone de l'ancienne route qui devenait impraticable lors de pluies importantes.
Nous longeons de très belles rivières (Rukyok et Kyibuk Tsangpo, puis Men Chu) et des montagnes colorées sur les piémonts du Lumpo Kangri, un sommet enneigé de 7000 mètres de haut, et apercevons les ruines de vieux dzongs, sans doutes dévastées par les gardes rouges. Il y a de nombreux campements nomades Drogpas. La faune sauvage fait son apparition, on observe quelques gazelles et des kiangs dans les vallées les plus préservées.
Il y a un petit monastère au Nord un peu après le bourg de Dargyeling.
Ancien dzong
Belles rivières
Paysages colorés
Arrivée sur Zhandong
De grandes zones dunaires font ensuite leur apparition, nous arrivons au petit village de Drongpa Tradun et au monastère de Tradun Gompa (aussi appelé Jang Traduntse), que nous ne pouvons visiter. Il semble cependant complétement vide, du moins a cette période de l'année. Il abriterait un statue de Padmasambhava. Il est situé sur une petite bosse qui domine une vaste plaine où paissent des milliers de yaks! C'est une mosaïque de grandes prairies et de petits lacs, une grande zone humide formée par la confluence des rivières Tsar Chu et Yur Chu qui héberge l'un des meilleurs pâturages de cette région du Tibet. Une dizaine de kilomètres plus au Sud, nous devinons le Yarlung Tsangpo. Encore plus loin, c'est le Mustang, ancien Royaume de Lho qui me fascine et ou je compte me rendre au printemps 2012.
Monastère de Tradun Gompa
Mur de manu et cornes de yaks, vue vers le Mustang
Pâturages de Drongpa Tradun
Yarlung Tsangpo
Nous longeons ensuite le fleuve, passons Zhongba, passons le col de Soge La et arrivons par le haut aux fameuses dunes de Paryang, où nous arrêtons durant une demi heure pour prendre plusieurs clichés. La vue est splendide, au loin nous devinons un lac au bleu céleste sur le Yarlung Tsangpo, qui selon les cartes semble s’appeler Damqok Tsangpo dans sa partie haute. La chaîne de l'Himalaya se dévoile devant nous, marquant la frontière avec le Dolpo au Népal voisin. Nous distinguons un peu plus au Sud Ouest des sommets proéminents dont le Kubi Kangri qui fait forte impression du haut de ses 6859 mètres de haut. Il y a des grands pâturages au pied des dunes, c'est le village de Paryang où nous descendons maintenant déjeuner. Un village sans charme recouvert d’immondices, comme souvent dans ses villages perdus de l'Ouest du Tibet qui découvrent les méfaits apportés par "la modernité". Nous continuons maintenant vers l'Ouest et traversons les grands pâturages de Paryang, traversés par de nombreux méandres du Yarlung Tsangpo et de ses affluents.
Champs dunaires de Paryang et village de Gacho en contrebas
Pâturages de Paryang
| | | À: Zyrtex · 8 novembre 2013 à 1:03 · Modifié le 9 nov. 2013 à 15:05 Re: Compte rendu voyage Tibet (Ü-Tsang-Ngari-Amdo) Message 34 de 66 · Page 2 de 4 · 3 517 affichages · Partager Nous continuons toujours vers l'Ouest, la vue sur l'Himalaya est omniprésente comme les gazelles tibétaines et les kiangs. Nous apercevons bientôt une zone glaciaire vers le Sud où se trouve les sources du fleuve sacré, formé par les glaciers de Jema Yungdrung, Nganser & Gyama Langdzon. Nous arrivons au lac de Gangyu Tso situé après le col de Mayum La de 5200 mètres, lequel est précédé par un énième un check point. Ce lac est réputé pour ses eaux impropres a la consommation, tout comme le lac Langa Tso, voisin du Manarasovar. Il y a de grands troupeaux de kiangs.
Paysages entre Paryang et le Gangyu Tso
Troupeau de gazelles sur les berges du Gangyu Tso
Troupeau de kiangs sur les berges du Gangyu Tso
Paysages entre le Gangyu Tso et le lac Manarasovar
Puis nous arrivons dans les grandes prairies Nord du lac Manarasovar, terres nomades peuplées de yaks bien sur, mais aussi d'antilopes tibétaines ou chiru, gazelles et kiangs. Les lieux sont magnifiques, le mont Kailash trône littéralement sur les plaines, du haut de ses 6714 mètres. Nous comprenons bien pourquoi il s'agit du sommet le plus vénéré du globe, sa beauté est sans égale. Il est connu comme Gang Rimpoche pour les tibétains, le "précieux joyau des neiges. Une montagne vénérée par les fidèles hindous, pour lesquels "la montagne de Crystal" serait la demeure du dieu Shiva, ainsi que des Böns et des Jaïns. La forme pyramidale proéminente dut sans doute à l'origine de la vénération historique des adeptes des grandes religions du Sud Asiatique. C'est aussi le point de convergence des quatre plus grands fleuves du sous-continent:
- Le Senge Khabab ( fleuve qui sort de la bouche du lion) ou Indus, grand fleuve sacré traversant le Ladhak, le Karakoram puis les plaines du Punjab. Sa source est située à deux jours de marche au Nord du Drolma La. - Le Tamchok Khabab ( fleuve qui sort de la bouche du cheval) ou Bhramapoutre, que nous longeons depuis plusieurs jours le long de la faille trans-himalayenne, sur les berges duquel est née la grand civilisation Yarlung. Il traverse l'Himalaya au niveau de la Namcha Barwa puis traverse les plaines fertiles de l'Assam avant de formé un delta commun avec le Ganges. - Le Mapcha Khabab ( rivière qui sort de la bouche du paon) ou Karnali, qui prend sa source au sud du lac, près de la ville tibétaine de Purang, avant de franchir l'Himalaya. C'est un des principaux affluents du Ganges. - Enfin, le Langchen Khabab ( rivière qui sort de la bouche de l'éléphant) ou Sutlej, affluent majeur de l'Indus. Il franchit l'Himalaya au Kinnaur indien. La grande civilisation Bönpo de Kyunglung est née le long des gorges de sa partie supérieure, puis du Royaume de Gugé qui fut le fer de lance de la renaissance du Boudhisme au Tibet.
Nous arrivons sur le monastère de Chiu très charmant, puis nous baladons sur les rives du lac Manarasovar ou Mapam Tso, un lieu (encore une fois) incroyable, pour changer... Au fond domine l’impressionnante Gurla Mandata ou Neno Nani couverte de glaciers éternels, pilier Nord Ouest du Népal de et la région de Humla - Karnali de plus de 7728 mètres de haut. Nous éprouvons un grand sentiment de paix et de tranquillité.
En été, le lac Manarasovar ou Mapam tso est quant à lui le point de convergence de nombreux pèlerins hindous, pour lesquels il représente le deuxième pèlerinage le plus important.
Lac Manarasovar et grandes prairies
Monastère de Chiu Gompa
Lac Manarasovar
Lac Manarasovar et Gurla Mandata
Grandes prairies dominées par le Mont Kailash
Mont Kailash
Coucher de soleil sur Chiu Gompa, petite merveille au pied du Kailash
| | | À: Zyrtex · 9 novembre 2013 à 22:32 Re: Compte rendu voyage Tibet (Ü-Tsang-Ngari-Amdo) Message 35 de 66 · Page 2 de 4 · 3 481 affichages · Partager Réveil matinal pour assister au lever de soleil sur lac Manarasovar. Il fait vraiment très froid, c'est d'ailleurs l'une des seules nuits fraiches de ce voyage au Tibet en novembre, avec celles sur Shegar, Tingri et Saga.
Lever de soleil sur le lac Manarasovar
Dernière vue sur Chiu Gompa
Un kiang pose pour nous avec le Kailash en toile de fond
Nous n'avons pas prévu de réaliser la Kora autour du Kailash, d'une part pensant qu'à cette époque le col de Drolma La serait enneigé - ce qui n'est absolument pas le cas - et pour privilégier plus de temps sur Kyunglung, et la route Nord pour le retour. Nous avons donc décidé de nous approcher de la demeure de Shiva par le Sud et le monastère Drigung Kagyu de Gyandrak Gompa, situé sur la Kora intérieure du Mt Kailash. Il aurait été fondé il a plus de 800 ans sur le lieu où le fondateur de la religion Bön, Shenrab Miwoche, aurait réalisé divers rituels afin d'apaiser les esprits de la nature habitants les montagnes de la région. Le monastère actuel fut reconstruit en 1983. Il y a plusieurs yaks autours du monastère, un gypaète barbu nous survole.
Petite randonnée vers Gyandrak Gompa
Mais l'intéret pour nous est surtout un petit éperon derrière le monastère que j'ai repéré précédement sur Google Earth, qui devrait nous offrir la plus belle vue sur le Kailash. Il est situé sur l'arrête Ouest du Mont Yelakzung à l'altitude 5335 mètres environ. Il me semble d'ailleurs qu'aucun touriste ne se soit jamais rendu sur les lieux, je ne trouve absolument aucune photo depuis ce mirador. Il est vrai que les touristes délaissement habituellement la Kora intérieure pour la plus fameuse Kora extérieure. La marche est plutôt facile, mais le souffle plutôt court. Nous arrivons aux niveau de quelques drapeaux de prière, la vue s'ouvre face à nous, apparait le Kailash, magnifique. Je vous donne les coordonnées UTM pour identifier le coin sur Google Earth: 31°01'08"N - 81°17'29"E.
Vue sur le Kailash
Redescente vers Darchen
Nous revenons sur Darchen (un véritable dépotoir ou personne ne souhaiterait rester) pour retrouver notre guide qui n'a pas souhaité venir avec nous, prenons le déjeuner, puis filons vers l'Ouest et le village de Montser, où nous resterons pour visiter les hautes gorges de la Sutlej demain matin. Nous traversons de grandes plaines riches en faune, découvrons de belles montagnes colorées qui pourraient rappeler à certain Punamarca, puis arrivons a Montser, village sans gout qui semble avoir construit après la colonisation chinoise. Les prairies au Nord du village sont plutôt sympas, il y a de beaux troupeaux de yaks et de chevaux tibétains.
Paysages depuis la route entre Darchen et Montser
Village de Montser
Note: Je vous conseille de dormir sur Chiu Gompa plutôt que l'horrible Darchen. Si vous le pouvez il serait préférable de camper, car les logement sont vraiment très simples mais tout à fait convenables. Il y a un petit guest house sur Montser asse basique. | | | À: Zyrtex · 9 novembre 2013 à 23:13 Re: Compte rendu voyage Tibet (Ü-Tsang-Ngari-Amdo) Message 36 de 66 · Page 2 de 4 · 3 475 affichages · Partager L'objectif d'aujourd'hui est de visiter les sites de la haute vallée de la Sutlej, grand affluent de l'Indus qui prend sa source au Lac Manarasovar, juste au pied de Chiu Gompa.
Nous visitons d'abord le site sacré de Tirthapuri, un complexe généralement visité par les pèlerins après la Kora du Kailash lors de la Saga Dawa. Il y a un grotte où auraient médités Padmasambhava et Yeshe Tsogyel. On visite le petit monastère et les grand murs de mani et de nombreux chortens au milieu d'un badland et de hoodoos de couleur rouge. Le geyser ne produit plus aujourd'hui de jet impressionnant, il est de taille équivalente à ceux du Tatio dans l'Atacama Chilien.
Monastère de Tirtapuri
Mur de mani à Tirtapuri
Geysers de Tirtapuri
Nous descendons par la suite le long de la Sutlej. Nous longeons d'abords des prairies où paissent yaks et kiangs, puis pénétrons dans de très belles gorges jusqu'au monastère Bönpo de Gurugyam, l'un des plus importants de l'Ouest Tibétain. Il fut fondé au début du Xème siècle sur le site de méditation des grands maitres Böns Gyerchen Drenpa Namka, Tsewang Rigzin et Pema Tongdrol au temps de l'ancienne civilisation Zhang Zhung. La plupart de ses moines se trouvent aujourd'hui au monastère de Dolanji en Inde, après avoir fuit lors de l'invasion chinoise. On peut voir un loup et un léopard des neiges empaillés dans la salle d'assemblée du monastère. Pensez à réaliser la Kora dans le sens inverse des aiguilles d'un montre pour respecter la tradition Bönpo!
Haute vallée de la Sutlej juste en dessous de Tirtapuri
Monastère de GuruGyam
Nous continuons ensuite à travers de magnifiques gorges et arrivons sur le cite de Khyunglung, la mythique capitale de l'ancien royaume Bönpo de Zhangzhung.
Gorges de la Sutlej
Vielles pèlerines au village de Khyunglung
Vous pouvez visualiser de très nombreuses photographie sur mon compte flickr sur le lien suivant: www.flickr.com/...s/72157631679644894/
Note: Je vous conseille de visiter à la journée les sites et de dormir un seconde nuit sur Montser. Il serait aussi judicieux de les visiter depuis Darchen ou plutôt Chiu Gompa, pour éviter le long (mais magnifique) transfert depuis Khyunglung vers Thöling dans l'après-midi. Il existe une route directe par les gorges entre Khyunglung et Thöling, il semble cependant qu'il ne soit pas possible de l'entreprendre légalement, mais certains chauffeurs l'aurait déjà emprunté ces dernières années. | | | À: Zyrtex · 10 novembre 2013 à 1:09 Re: Compte rendu voyage Tibet (Ü-Tsang-Ngari-Amdo) Message 37 de 66 · Page 2 de 4 · 3 470 affichages · Partager Nous voici enfin arrivé sur Khyunglung. C'est apparemment ici que sont apparus les premiers sites habités du Tibet. Notre connaissance sur l'Ouest Tibétain est très limitée, cependant, la capitale du Royaume antique de Zhangzhung semble avoir hébergée près de 3000 habitants. Il semble que la cité fut édifiée près de 2800 ans avant l'ère chrétienne ! Des chroniques Bönpo retrouvées récemment tendent à montrer que l'Ouest Tibétain était alors connu comme le "Centre", alors que les régions aujourd'hui connu comme Ü-Stang, Amdo, Kham et Ladakh n'étaient que des régions périphériques. Zhangzhung aurait été le coeur d'un royaume puissant qui s'étendait du Ladhak aux régions centrales du Tibet. On s'interroge aujourd'hui quelle était la source d'alimentation de l'ancienne cité, il n'y a en effet aucune trace d'anciens champs capables de nourrir sa population, et les sites actuellement en culture ne pouvaient suffire à approvisionner la cité. Il reste encore de nombreux mystères à éclaircir... La ressemblance architectonique avec les anciennes cités troglodytes néolithiques du Mustang est frappante, les paysages de deux régions sont marqués par des éléments géologiques en commun: des grands canyons, des paysages minéraux très colorés, des formations de hoodoos et de badlands.
L'histoire plus récente nous raconte que le grand roi Songtsen Gampo conquit le royaume et l'annexa à l'empire Yarlung, puis que lex esplorateurs Moorcroft puis Tucci un siècle plus tard redécouvrir les lieux quasiment déserts.
Il y a deux sites de vielles cités troglodytes à Khyunglung: la cité de Khyunglung Ngulkhar, la capitale de Zhangzhung et siège du palais d'argent, en rive droite de la Sutlej et 2 kilomètres en aval du nouveau village, et une petite cité périphérique située au dessus de la nouvelle gompa, à l'Est du village actuel, en rive gauche de la Sutlej.
Carte des lieux
Mon guide ne connaissait pas les lieux et pensait que Khyunglung était simplement la nouvelle gompa, nous avons dû lui expliquer qu'il s'agissait de la plus vielle civilisation sur le plateau tibétain. Nous nous sommes trompés et avons débuté par la visite de la cité périphérique, dans les badlands au dessus de la nouvelle gompa. Il y a de vieux chortens éventrés au milieu des nombreuses grottes creusées dans les formations argileuses. Le site est splendide. Mais nous nous rendons compte qu'il ne s'agit pas de Khyunglung, on croit deviner la cité de l'autre côté de la Sutlej.
Vielle cité périphérique au dessus de la nouvelle gompa
Prairies au dessus de la nouvelle gompa
Nous nous sommes cependant bien accrochés avec notre guide et notre chauffeur hier soir, il faut dire qu'ils nous exaspèrent de plus en plus. Ils ne souhaitent juste rentrer le plus tôt possible aux guests houses, et se rendent aux pubs dès que possible. Le guide es jeune est semble mal influencé par notre chauffeur qui ne souhaite en faire qu'à sa tête.
Je leur signifie que Khyunglung est située en contrebas mais tout deux semblent réticents à l'idée de nous laisser plus de temps sur place. Je suis assez déçu et nous nous contenter d'admirer les ruines de la légendaire cité depuis un promontoire sur la rive gauche de la Sutlej, au niveau de deux chortens. Il y a un pont suspendu métallique qui permet de franchir le cours d'eau. Il suffit ensuite de suivre le sentier jusqu'au pied des badlands en logeant les chortens et les murs de mani. Il faut accepter à contrecœur reprendre la route pour Montser puis Gugé, situé à plus de 3-4 heures de là. La visite nécessiterait au moins deux bonnes heures sur place. J'espère y revenir un jour pour arpenter les vieux chemin, tunnels et ces grottes habitées depuis près de cinq millénaires.
Mirador sur la cité de Khyunglung
Khyunglung
Vous pouvez trouvez plus d'explications sur les liens suivants: Photos de l'expédition menée par Kim Bannister: kyunglung.blogspot.com/
www.thlib.org/.../bellezza/wb/b1-2-4/
Et sur le lien youtube suivant:
La route continue en rive Gauche de la Sutlej vers Thöling en passant par le sites de Dongpo Gon et de Dawa Dzong, qui abriteraient de vastes ruines et des monastères. Les paysages situés entre Khyunglung et Thöling semblent fascinants et il n'était pas clair s'il était possible d'emprunter cette route en toute légalité lors de ma visite, que j'aurais souhaité emprunter. Sur Google earth se trouvent diverses photos des membres d'une expéditions en rafting dans les gorges de la Sutlej, montrant d'autres sites troglodytes dans les gorges étroites de la rivière. Je suis certain que la région cache encore bien d'autres mystères, la proximité avec l' Inde et les enjeux militaires, ne permettent cependant pas pour l'instant d'explorer les environs.
Nous revenons ensuite sur Montser puis filons plein Ouest vers Ali.
Vous pouvez visualiser de très nombreuses photographie sur mon compte flickr sur le lien suivant: www.flickr.com/...s/72157631679644894/ | | | À: Zyrtex · 15 novembre 2013 à 2:53 Re: Compte rendu voyage Tibet (Ü-Tsang-Ngari-Amdo) Message 38 de 66 · Page 2 de 4 · 3 427 affichages · Partager Quelques photos de la route entre Motser et Thöling...
Nous passons un petit col et plongeons dans la vallée de la Gar Chu, le long de laquelle nous rencontrons de nombreux troupeaux de yaks, de kiangs et de gazelles.
Vallée de la Gar Chu
Nous prenons ensuite plein Sud pour emprunter une longue montée, puis franchissons les Gangdise Shan, une haute chaîne qui n'est que le prolongement de la chaîne du Ladhak vers le territoire tibétain. Nous observons plusieurs troupeaux de kiangs en contrebas du col.
Franchissement de la chaîne des Gangdise
La vue est sublime, nous découvrons la cuvette de Tsamda ou Gugé, enclavé entre les chaînes Himalayenne et des Gangdise. C'est un méli-mélo de canyon argileux, et l'un des nombreux géo-parques déclarés sur le territoire chinois. Nous découvrons la face cachée du Kamet, qui écrase les lieux par sa hauteur. Derrière le haut sommet se trouve la région indienne du Garwhal, plus à l'Ouest le Kinnaur. Au milieu du canyon s'écoule la Sutlej qui prend sa source sur le plateau, au lac Manarasovar.
Grand canyon de la Sutlej depuis le col et chaîne de l'Himalaya
Sommet du Kamet depuis le col
Nous traversons d'abord de hauts plateaux dorés au pied des Gangdise, puis descendons au milieu d'un spectacle géologique hors du commun, à travers canyon et falaises d'argile digne du grand canyon américain, c'est un spectacle époustouflant.
Paysages versant Sud des Gangdise
Entrée dans le canyon de la Sutlej
Nous franchissons la Sutlej et arrivons sur Thöling, autrefois monastère resplendissant aujourd'hui transformé en une vulgaire garnison militaire chinoise, toutefois nettement agréable en comparaison avec les villes de l'Ouest tibétain.
La Sutlej en dessous de Thöling
| | | À: Zyrtex · 16 novembre 2013 à 0:45 · Modifié le 16 nov. 2013 à 1:49 Re: Compte rendu voyage Tibet (Ü-Tsang-Ngari-Amdo) Message 39 de 66 · Page 2 de 4 · 3 407 affichages · Partager Suivant le même critère que pour Khyunlung, je poste des photos en masse de Gugé, afin de combler le manque d'information concernant cette région isolée du Tibet sur la toile, peut être la plus fascinante du monde tibétain... La plus méconnue sans nul doute.
Nous sommes maintenant au cœur du Grand Canyon de la Sutlej, au milieu d'un labyrinthe formé par l'action millénaire de l'érosion éolienne et de l'eau. C'est un délire minéral, au milieu duquel s'est épanouit un royaume tibétain puissant, qui fut le siège de la renaissance du bouddhisme sur le plateau tibétain, le fameux et mystérieux Royaume de Gugé.
Afin de situer Gugé sur la flèche du temps, il est nécessaire de revenir à la dynastie Yarlung et à l'assassinat de Tri Rapalchen, Troisième Grand Roi religieux du Tibet par son frère Langdarma. Ce dernier aurait été un fervent adepte de la religion Bön et aurait à son tour été assassiné en 846 par un moine boudhiste en cette période marquée par des conflits et des persécutions entre les deux camps. La mort Langdarma ne marque pas seulement la chute du grand empire Yarlung, mais également la fin du premier age d'or du bouddhisme sur le plateau tibétain.
Face à l’impossibilité de mettre un terme aux rébellions qui s'ensuivirent, un descendant du dernier souverain s'enfuit vers l'Ouest du Tibet pour se réfugier dans l'enclave de Purang, dans la haute vallée de la Karnali, juste au Sud du lac Manarasovar. Nyemagon fonda le premier Royaume de Purang en 912 par des liens matrimoniaux avec l'une des famille de l'aristocratie de l'ancien Zhang Zhung, soumit par le fondateur de la lignée Yarlung, le grand Songtsen Gampo. Il prit rapidement le contrôle de l'ensemble du territoire de Ngari. A sa mort, le Roayume fut partagé entre ses trois fils: Palgyigon prit le pouvoir sur le Maryul, connut aujourd'hui sous le nom de Laddakh, Detsungon le Zanskar, et Tashigon le territoire s'étendant sur Purang et Gugé. Ainsi naquit ce royaume oublié qui avec le temps, étendit son influence sur les régions voisines du Maryul, du Zanskar, de Rutok, de Ngari, et certainement même jusqu'au Mustang selon des études récentes.
La grande renaissance du bouddhisme émergeât depuis Thöling, capitale du Royaume de Gugé, sous Yeshe Ö, fils de Tashigon. Nous reviendrons sur cette partie de l'histoire un peu plus tard, concentrons pour le moment sur la citadelle de Tsaparang, située 26 kilomètres en aval de la capitale de de Yeshe Ö.
Suite à de nombreuses guerres avec les souverains Qarakhanides du Taklamakan, puis l'hégémonie Sakyapa durant la période mongole, qui aura conduit à la séparation des parties Nord et Sud de Gugé, le roi Namgyelde puis son fils Puntsokde revitalisèrent Gugé, suite à la chute de Sakya marquée par la montée du courrant Phagmodrupa au Tibet Central. La citadelle troglodyte de Tsaparang (et ses réseaux de tunnels excavés dans l'argile) fut établie par Puntsokde, lors de l'érection des monastères de Loteng et de Dreteng, situés respectivement en bas et en haut du piton d'argile.
L'age d'or de Tsaparang coïncide avec les règnes de Lobzang Rabten puis de Jikten Wangchuk de la fin du XVème siècle au milieu du XVIème siècle, qui marque également l'apogée de l'école Gelugpa.
La citadelle fut sans doute ravagée par une armée du Laddakh en ce temps alliée au Royaume de Rutok, ce qui marquât la chute totale de Gugé. Lors de sa viste de Tsaparang en 1624, l'explorateur jésuite Portugais Antonio de Andrade fut témoin des dernières années de Gugé, qui semble s'être effondrée un cinquantaine d'année plus tard. Alors que Tucci découvrit des ruines particulièrement préservée, la citadelle actuelle ne fit pas exception, et fut complètement ravagée par les gardes rouges lors de la révolution culturelle chinoise.
Elle héberge cependant certaines des peintures murales les plus fines et les plus anciennes de style tantrique, et à l'influence des cultures Cachemirie et de Dunhuang. érigée au dessus de la Sutlej, dans un cirque minéral qui s'insère au cœur des magnifiques gorges de la Sutlej, la ville prospéra de part sa situation sur l'une des routes de commerce entre l' Inde, le Cachemire, le Tibet et la route de la Soie plus au Nord. A son apogée la ville était une étape caravanière importante, peuplée par plusieurs milliers de personnes vivant principalement dans un complexe de grottes troglodytes reliées par un réseau de tunnel creusés dans l'argile.
Vallée de la Sutlej entre Thöling et Tsaparang
Monastère et chorten de Dolma Lhakang
Vue d'ensemble de la citadelle d'argile depuis le bas
Immédiatement au dessus de la caisse, tenu par une famille tibétaine fort peu sympathique, nous grimpons vers les monastères de Lhakang Karpo ( ou Monastère blanc) et de Lakhang Marpo ( ou Monastère rouge). Le premier protégeait jusqu'aux années 1960 de belles statues en terre cuite des huit Bodhistavas qui furent détruites par ces maudits gardes rouges après cet accès de folie de Mao. Il contient les restes de peintures qui mériteraient une restauration très urgente, dégradée par le temps et les chinois. Elle s'apparenteraient fortement aux peintures du monastère d'Alchi au Laddhak voisin. Il n'est malheureusement pas possible de prendre des clichés dans le monastère.
Lakang Karpo
Le Lakhang Marpo fut fondée par la reine Dondrubma, épouse de Lobzang Rabten au XVème siècle. La porte d'entrée est cernée par des cintes de bois d'acacia aux motifs indiens sculptés par des artisans cachemiris, représentant notamment des éléphants d'Asie, démontrant la forte influence indienne et les relations étroites avec les régions sub-himalyennes avec Gugé. Les peintures des 35 bouddhas de la compassion sont également en mauvais état, tout comme le stupa central et la fresque qui fait le tour des murs du monastère. Les peinture du haut sont cependant plutôt bien conservées; elles représentent divers bouddhas (bouddha médecin...) et diverses figures importantes du boudhisme tantrique (Tara verte, Avalokitesvara, Padmasambhava, un protecteur...). Le plafond en bois entièrement peint, représente des motifs géométriques et floraux. Face au temple rouge se trouve la petite chapelle de Yamatanka.
Lakang Marpo
Quelques photos des peintures murales: www.mountainsoftravelphotos.com/...0Red%20Mahak...
Nous apprécions en contrebas les grottes troglodytes sur les flants des collines des alentours, qui contiennent encore aujourd'hui des ossements humains
Grottes troglodytes au pied de la citadelle
Nous continuons la montée vers le haut de la citadelle, à travers les ruines de murs de briques et de grottes troglodytes identiques à celles qui se trouve au Mustang, au dessus de Nyphu par exemple. Elles contiennent généralement deux à trois pièces et de petits rebords qui devaient permettre de ranger divers objets. La grande majorité e dispose pas de conduit afin d'évacuer la fumée, sont donc noircies par la fumée de feu de bois.
Montée vers la citadelle
Architecture caractéristique des grottes troglodytes de Tsaparang
Certaines grottes fermées, comportent des peintures magnifiques, marquée notamment par le bleu caractéristique du Cachemire
Peinture murale dans un grotte troglodyte
| | | À: Zyrtex · 16 novembre 2013 à 1:13 Re: Compte rendu voyage Tibet (Ü-Tsang-Ngari-Amdo) Message 40 de 66 · Page 2 de 4 · 3 402 affichages · Partager La montée continue à travers les ruines de murs d'habitations, d'anciens magasins et de grottes troglodytes.
Montée vers la citadelle
Nous traversons par la suite la montagne par un tunnel creusé dans la roche, qui séparait la partie haute réservée à la famille royale, de la partie basse de la citadelle, où vivait le peuple. Il s'agit de l'unique voie menant à la partie haute, complètement protégée des falaises sur les autres flancs du piton d'argile qui s'élance au dessus de la Sutlej.
Citadelle en dessous du tunnel. On distingue les fenêtres du Palais d'hiver
Tunnel donnant vers la citadelle
La partie haute abrite les Palais d'été et d'hiver, ainsi que le temple de Demchok construit au XVIème siècle pour la famille royale. Il abritait autrefois un petit mandala tridimensionnel et ne présente guère d'intérêt. Si je n'ai pas trouvé son entrée, la citadelle renferme un palais d'hiver troglodytes, situé au cœur de la montagne, 12 mètres sous terre. Il comporterait selon les guides sept pièces excavées dans la montagne, dont les fenêtres ouvrent vers la face Ouest de la citadelle.
Anciens édifices de la citadelle
Monastère de Demchok
La vue depuis la citadelle est magnifique, les ruines particulièrement attractives...
Vue sur la vallée depuis la citadelle
Image attachée: Photo postée par le membre Zyrtex. | Carnets similaires sur le Tibet: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 11 401 visiteurs en ligne depuis une heure! |