Conclusion voyage - et si c'était à refaire?
Les +
1- Je retournerai au
Tibet en automne, il s'agit de la meilleure période pour les amateurs de photographie. Le ciel est bleu, au contraire de l'été très nuageux. Il s'agit aussi du début de l'époque des pèlerinages, des pèlerins se ruent sur
Lhasa depuis les 4 coins du
Tibet, c'est un spectacle pour les yeux. On s'amuse à reconnaître l'origine des femmes à partir de leur costumes et de leur parures. Contrairement aux idées reçues, il ne fait pas froid sur
Lhasa du fait de sa latitude très basse, au contraire de
Pékin par exemple. J'ai largement préféré le froid de
Lhasa (0 à 10°C) que le froid de
Pékin (-10 à 0°C).
2- Je retournerai encore dans l'Ouest Tibétain et ses paysages sauvages peuplés par une faune intéressante et abondante. Outre les paysages du lac Manarasovar et du mythique
Kailash, j'ai été fasciné par Kyunglung et Gugé. Kyunglung est malheureusement complètement oublié des touristes, c'est pourtant un des hotspots du
Tibet à mon sens. Les paysages des hautes gorges de la Sutlej sont magnifiques, puis c'est un privilège de visiter les ruines de l'ancienne capitale de l'ancienne civilisation de Zhang Zhung si méconnue. Concernant Gugé, le canyon de la Sutlej est un délire géologique fabuleux, à la hauteur des paysages de l'Ouest américain ou du Mustang népalais. La forteresse de Tsaparang est chef d’œuvre, tout comme celle de Dungkar et le village de Piwang. Ces deux derniers sites sont proposés par les agences de voyage française depuis 2010 seulement, il n'y a vraiment aucun touriste qui s'y rend. regardez mes photos pour comprendre l'hérésie! Enfin, les amateurs d'art apprécieront les fresques uniques du style Gugé de Thöling, un monastère autrefois très important, malheureusement ravagé par les gardes rouges durant la vague de folie qui déferla sur la
Chine durant la Révolution Culturelle dictée par Mao Zedong.
3- Je repasserai par une agence locale réputée comme
Tibet Highland Tours. J'ai été convaincu par le professionnalisme de l'agence, fait unique dans le monde des agences tibétaines. Des prix très attractifs (et bien en dessous des prix proposés par les agences chinoises ou de
Chengdu qui sous-traitent avec leur correspondants sur
Lhasa), un connaissance des règles et de la législation sans pareil (beaucoup d'agence n'y connaissent rien), une longue expérience, un service parfait.
Les -
1- Le service des guides tibétains n'est vraiment pas à la hauteur, les guides ne possèdent pas suffisamment de connaissances culturelles sur le
Tibet. Si la grande majorité des guides proposés par les agences réputées maitrisent l'anglais, ne vous attendez pas à avoir un guide anglophone si vous passez par une agence peu connue. Dans notre cas, nous avons souffert du manque d'expérience du guide, qui a vraisemblablement du se plier aux exigences chauffeur. Cela nous a bien fait ruminer lors du voyage, suite à de nombreuses disputes dont on se saurait bien passé. Je dissocie cependant complètement ce qui s'est passé avec le guide du service de l'agence. Il est donc indispensable de se rendre au
Tibet avec un bon livre, pour les anglophone je recommande le
Tibet Footprint Handbooks.
2- Je regrette de ne pas avoir entrepris notre retour à
Lhasa depuis Gugé par la Route Nord qui traverse le plateau du Chang Tang et ses lacs salés, sa faune sauvage. ces grands espaces semblent grandioses, très sauvages...
3- Si j'étais un voyageur averti, j'ai été peiné de découvrir à quel point
Lhasa était aujourd'hui une ville sinisée. Les voyageurs qui souhaitent connaître un
Tibet authentique ne doivent pas choisir le
Tibet central comme destination, mais plutôt les régions pittoresques et traditionnelles du Kham et de l'Amdo. Ce sera ma prochaine destination tibétaine.
Il faut se rendre au
Tibet rapidement car il sera bientôt trop tard. Le
Tibet connaît aujourd'hui de profond changement culturels, il faut s'empresser de le découvrir avant que les chinois n'aient transformé à tout jamais la ville de
Lhasa en une ville chinoise Han, bien loin du récit de Alexandra David Neel. Pour ce qui est des régions reculées du Kham et de l'Amdo, ce sera bientôt la destination privilégiée des voyageurs sur les pas d'Alexandra, qui souhaitent retrouver l'ambiance des récits de l'exploratrice, et des grands espaces seulement habités par les yaks, les nomades, et quelques petits monastères perdus au fin fond de vallées reculées.