POLITIQUEArema Didier Ratsiraka se manifeste
Surprise hier à la conférence de presse de l’Arema. Durant le cocktail qui a suivi, l’ancien président Didier Ratsiraka (en médaillon) s’est adressé au téléphone aux membres de son parti. Il a émis des critiques contre le pouvoir. Des membres de l’Arema réunis au Motel de Tana, hier.En direct de
Paris, où l'amiral Didier Ratsiraka est en exil depuis 2002, l'ancien président de la République a commenté, hier, quelques sujets chauds des affaires nationales. Il a parlé de l'insécurité qui prévaut actuellement dans le pays. Il a émis des critiques sur le remblayage du Betsimitatatra et sur les mesures d'expulsion des étrangers prises par le gouvernement malgache.
Ange Andrianarisoa a, ainsi, composé le numéro de l’amiral et fait entendre aux journalistes la déclaration de celui qui prétendait être Didier Ratsiraka. C'était hier, au motel de
Tana à Anosy, juste après la conférence de presse donnée par des membres du Comité directeur national (CDN) et du collège national de l'Avant-garde pour la rénovation de
Madagascar (Arema).
Dans le contenu de sa déclaration, Didier Ratsiraka avance comme principales raisons de l'insécurité, la pauvreté de la population ainsi que la division des forces armées depuis les évènements de 2002 rendant difficile la réconciliation.
Aviser le Quai d'Orsay et les Champs Elysées«Le fait de mettre un officier de la 8e promotion de l'Académie militaire à la tête de l'État-major général de l'armée porte atteinte à la hiérarchie et au respect de la discipline. Il va donner des ordres à ceux des 7e, 6e, 5e, 4e et 3e promotions», a soutenu l'amiral en faisant allusion à la nomination du général de brigade André Lucien Rakotoarimasy.
En ce qui concerne le remblayage du côté de la route digue, à Andohatapenaka, l'exilé a demandé aux membres de l’Arema d'interpeller le pouvoir. Il a évoqué qu'un accord international avait été conclu sous son régime avec l'Agence française de développem
De g. à dr., Moïse Rakotosihanaka, Ange Andrianarisoa, Samuelson Andriamanisa et Daniel Raniriharinosy.ent (AFD) pour l'aménagement du Betsimitatatra.
«Il faudrait examiner les dispositions de cet accord international qui prévaut sur celui élaboré au niveau national», a-t-il mentionné avec fermeté. Didier Ratsiraka a aussi comparé les deux régimes qui se sont succédé en dénonçant l'expulsion, entre autres, des journalistes Christian Chadefaux et Olivier Péguy.
Ce n'est qu’à la fin de la conversation téléphonique avec l'ancien président de l'Assemblée nationale que l'amiral Ratsiraka a semblé se rendre compte que des journalistes écoutaient son intervention. Cela serait dû à un malentendu. «J’aurais dû aviser le Quai d'Orsay et les Champs Elysées avant de m'adresser à la presse. Mais ce qui est fait est fait», a-t-il conclu avant de raccrocher.
A son arrivée à Ivato, hier, au terme de sa visite en
Tanzanie, le président de la République, Marc Ravalomanana, a réagi sur l'intervention de son prédécesseur en répondant à la question d'un journaliste. Il a affirmé que sur la direction des affaires nationales, il n'avait d’ordre à recevoir de personne.
Pourtant, il justifie, au passage, la nomination du chef de l'État-major général de l'armée malagasy (Cemgam), «On a choisi un officier de la 8e promotion car nous nous efforçons de mettre en œuvre une réforme de la défense nationale et de la sécurité», a-t-il soutenu.
Encadré
Soutien à l'amiralDes membres du comité directeur national et du collège national de l'Avant-garde pour la rénovation de
Madagascar (Arema) ont exprimé, hier, à Anosy, leur attachement à l'ancien président de la République et fondateur de leur parti, Didier Ratsiraka. Ils ont déclaré s’être entretenus avec l'amiral avant de faire face à la presse. C'est le cas, entre autres, de l'ancien président de l'Assemblée nationale, Ange Andrianarisoa, des anciens sénateurs Moïse Rakotosihanaka, Daniel Raniriharinosy, Raphaël Rakotozandrindrainy et Paul Bernard Randriamora.
Fano Rakotondrazaka
Date : 10-10-2008
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