Adieu Lénine ! Nous te quittons à regret.
Avant de prendre définitivement la direction d'
Osh, nous effectuons cependant un petit crochet vers la frontière du
Tadjikistan.
Un cycliste géorgien, déjà croisé la veille, pédale vigoureusement sur cette route déserte.
Qu'il garde des forces, il aura bientôt un col à grimper...
Le paysage est, comme hier, tout d'abord monotone puis devient carte postale.
La fonte des neiges n'est plus à son apogée, le lit de la rivière semble totalement disproportionné par rapport au flot qui s'écoule.
Des yacks prennent la pose avant d'y étancher leur soif, c'est le paradis !
La frontière a été déplacée quasi au niveau de la plaine, nous ne pouvons pas aller plus loin.
Nous rebroussons donc chemin et nous voilà bientôt sur la même route qu'avant-hier.
Sary-Tash, des camions, un col, Gulcha, des camions, un col, la
vallée de la Ferghana !
Nous retrouvons la chaleur et le
Kirghizistan habité.
Je te propose d'aller directement à la
Montagne sacrée de Sulaiman-Too.
Si on passe d'abord à l'hôtel, pas sûre qu'on ait le courage de ressortir...
La montagne est en fait un ensemble de collines qui, à travers les siècles, ont servi et servent encore de lieux de culte.
Elle domine
Osh et offre d'imprenables panoramas sur cette ville, la deuxième agglomération du pays.
Nous quittons maintenant l'atmosphère climatisée du RAV4 pour suivre le sentier principal.
Il fait chaud, très chaud et plutôt humide, il y a comme de l'orage dans l'air.
Les pentes des collines sont jaunes, desséchées, prêtes à s'enflammer à la moindre étincelle.
Les soviétiques ont voulu effacer le souvenir des dieux et ont transformé la principale grotte votive en restaurant.
Ce lieu est aujourd'hui un musée dont les collections sont très mal mises en valeur.
En revanche, quel témoignage d'une certaine période de l'histoire !
Le sentier balisé grimpe ensuite jusqu'à la maison de Babur, cellule de prière et de méditation construite par le fondateur de l'empire moghol.
Tout ceci est bien insipide par rapport aux paysages jusque là traversés...
Même la vue sur la ville ne vaut pas grand-chose !
Osh n'est qu'un assemblage de maisons et de petits immeubles sans attraits transpercé ça et là de larges avenues peu encombrées.
Pas un gratte ciel, pas un monument pour attirer l'oeil, même la mosquée fait pâle figure.
Le seul événement notable de cette balade sera une brève rencontre avec des locaux.
Enfin des locales.
Enfin des locales ouzbèkes, ce pays n'étant qu'à un jet de pierre.
Étonnées de voir des étrangers, elles engagent la conversation avec leurs rares mots d'anglais.
Enfin, elles me parlent.
Enfin, elles ne parlent qu'à moi.
Mon conjoint est totalement transparent pour elles...
Parler à un homme, quel tabou.
La religion, quelle misère.
Je remarque que les femmes ouzbèkes ont un point commun avec certains rappeurs ou encore Madonna...
Une impressionnante collection de chicots en or qui me laisse perplexe.
Au prix de ce métal actuellement, cela ne doit pas être l'option la plus économique...
Et, selon mon goût, cela n'est pas non plus la solution la plus esthétique...
Bon, trêve de bavardages, trouvons
l'hôtel
!
Nous aurons un peu de mal, MapsMe est encore faux sur ce coup là !
L'établissement se modernise, la chambre est toute neuve.
Le sommet de la modernité d'ailleurs, il y a même une tablette de chaque côté du lit pour recharger le téléphone sans utiliser de fil.
Je n'avais jamais vu cela encore, le
Kirghizistan s'avère une fois de plus étonnant.
L'hôtel continue toutefois à servir de camping pour les camions et les 4x4 aménagés.
Quelques mastodontes remplissent sa cour et leurs occupants profitent de la blanchisserie pour rafraîchir leur garde robe.
À 3 euros le gros sac, ils auraient tort de se gêner !
Je consulte alors la liste des restaurants accessibles à pied.
Tiens, un géorgien ! Miam !
Comment ça, pas de vin ni alcool pour respecter leurs convictions religieuses ???
À mon dernier passage en Géorgie, ce pays était loin d'être musulman.
De plus, l'alcool y coulait à flots !
J'ai oublié que le sud du
Kirghizistan était nettement plus rigoriste que le nord et qu'ici, on badine beaucoup moins avec les interprétations puritaines du coran.
Tous les établissements servant de l'alcool sont éloignés ou mal critiqués pour leur nourriture.
Il va falloir faire sans.
Je ne choisis pourtant pas le géorgien qui n'en a finalement que le nom et opte pour un franchisé de l'enseigne Navat, une chaîne locale de restaurants chics proposant des spécialités kirghizes et d'
Asie Centrale.
L'établissement n'est qu'à une centaine de mètres de l'hôtel et possède une grande terrasse sur laquelle notre anglophone serveur nous installe.
Il nous confie le menu (en anglais une fois n'est pas coutume) et une autre carte.
Miracle, les dieux ont eu pitié de nous, la carte des boissons alcoolisées !
Si vous entrez dans un des restaurants de cette chaîne, n'hésitez pas à la demander car nous verrons qu'elle est loin d'être systématiquement donnée.
Je reprends un kuurdak au mouton, mon conjoint un lagman.
Comme ce soir, c'est Byzance nous y ajoutons deux entrées : des aubergines croustillantes et des espèces de samossas.
Pour arroser le tout, quoi de mieux qu'une bouteille ?
De vin...
Géorgien...
Le cadre est très agréable, les coussins moelleux, le service impeccable.
Le nourriture est plutôt bonne même si ce ne sera pas le meilleur kuurdak dégusté.
Un lieu parfait pour recharger les batteries après quelques soirées très tristounettes au niveau du décor comme des papilles !
Et puis, malgré le vin qui coûte plus de la moitié du repas, l'addition reste riquiqui : 39.25 euros pour nous deux.