Il fait un peu chaud ce matin, non ?
La clim' ne tourne plus, impossible d'ouvrir la lumière, plus de courant dans le quartier !
La cuisinière nous indique qu'elle ne peut ni faire bouillir l'eau, ni cuire des oeufs, nous devrons nous contenter de pain, de confiture et de biscuits...
La carte bancaire est également inutilisable, nous commençons à sortir quelques billets quand l'électricité revient !
C'est quand on n'en a plus qu'on s'aperçoit que ce qui semble aller de soi est essentiel.
L'étape du jour consiste à traverser le pays quasi jusqu'à sa frontière sud.
Encore quasi 300 kilomètres à parcourir mais tout en goudron cette fois-ci.
Ça se mérite le pic Lénine !
Nous effectuons de plus un détour pour visiter les merveilles d'Uzgen, un minaret et des mausolées datant de l'époque médiévale.
Le Christo local est encore passé par là et nous regrettons les kilomètres effectués pour admirer de la tôle.
Nous sommes désormais dans la
vallée de la Ferghana, plaine agricole très fertile et très peuplée.
Les champs sont jaunes, secs, il fait étouffant.
Nous avons hâte de retrouver les montagnes.
La route est assez fréquentée, c'est un axe majeur vers le
Tadjikistan et surtout la
Chine, le début de la
Pamir Highway.
Pas mal de camions de marchandises donc ce qui rend la montée vers le col de Chyiyrchyk (2400 m) assez agaçante.
Le climat est, en revanche, plus agréable et les paysages reprennent du cachet !
Nous arrivons maintenant en vue de Gulcha, la dernière bourgade à posséder des stations services proposant du 95.
Nous remplissons à bloc notre réservoir pour tenir sans se poser de questions jusqu'au surlendemain !
La route nous propulse ensuite à la Taldyk Pass (3600 m), c'est le moment de ressortir la polaire.
Et d'ouvrir grand les yeux...
Nous voilà en vue de la vallée d'Alaï, une longue vallée glaciaire coincée entre deux chaînes de montagnes : le Tian Shan au nord, le
Pamir au sud.
Cette vallée se situe environ à 3000 mètres d'altitude et est cernée par d'imposants pics enneigés dont la taille fait du Mont-Blanc un nain.
Le pic Lénine, par exemple, culmine à 7134 mètres au dessus du niveau de la mer !
C'est le 7000 le plus facile à gravir, enfin le moins difficile et ça va se bousculer un peu sur ses pentes d'ici quelques semaines.
Pas question pour nous de tenter l'aventure, nous nous contenterons de l'admirer de loin !
Mais, pour l'instant, pas de pic Lénine à l'horizon. Juste un village, le village de Sary-Tash, une bourgade dont le seul intérêt est sa situation.
Magnifique, non ?
À gauche, la route file vers la
Chine, à droite, vers le
Tadjikistan.
Nous empruntons celle de gauche sur une 30 de kilomètres jusqu'au Chamonix local, Sary-Mogul.
Enfin, le Chamonix d'il y a 200 ans...
Quelques longues ruelles poussiéreuses, quelques guesthouses, deux mosquées, une poignée d'échoppes.
N'oubliez pas de faire vos provisions en tout genre avant d'échouer ici !
Nous nous garons sur
le parking de l'hôtel
(La photo dans Google maps est complètement fausse...) et allons voir à quoi ressemble notre chambre.
Il s'agit d'une construction récente attenante à la guesthouse originelle.
Les logements sont petits et leur aménagement tient du bric à brac mais c'est propre, il y a des sanitaires privatifs et surtout une vue imprenable depuis le lit !
Le crâne chauve de Lénine est actuellement dans les nuages mais j'espère bien l'apercevoir d'ici à notre départ !
Nous allons effectuer une longue balade jusqu'aux dernières maisons du village puis rentrons dîner.
Ce ne sera pas Byzance une fois de plus mais au moins, ici, les prix sont raisonnables !
5 euros par personne.
Étrange, c'est la maison d'hôtes la plus loin d'une ville de tout le voyage...
Le soleil va se coucher, nous aussi.
Eh ! Regarde, ça se dégage !
Je ne regrette pas du tout les kilomètres effectués pour se rendre dans ce coin paumé !