Il fait un peu frais dans la yourte au matin mais, grâce au poêle et à la couette, nous n'avons pas du tout souffert du froid.
À titre de comparaison, les nuits en tente en
Afrique Australe sont bien plus glaciales que les nuits en yourte au
Kirghizistan.
Durant les mois de juin juillet août, bien entendu !
La pluie s'est abattue sur le lac depuis notre coucher, les sols sont détrempés, le ciel est bas, le soleil absent.
Heureusement, il n'y a pas de brouillard.
Le petit déjeuner servi, nous reprenons notre route direction la rive ouest du lac.
L'état de la piste n'est franchement pas terrible, nous n'avons pas envie de nous embourber.
Nous faisons donc demi-tour jusqu'à l'embranchement pour le col de Moldo-Ashuu, col situé à 3346 mètres d'altitude.
Les nuages bouchent le panorama, nous entamons la descente en espérant une éclaircie.
Une éclaircie qui ne viendra pas vraiment...
Si nous nous arrêtions là-bas ?
La vue semble un peu plus dégagée !
Nous ne sommes pas les seuls à avoir repéré l'endroit, deux familles kirghizes en balade se sont aussi arrêtées.
Elles ne tardent pas à nous demander notre nationalité puis la permission de nous prendre en photos avec leur famille.
Un repas nous est ensuite proposé, nous déclinons l'invitation en indiquant que nous venons de prendre le petit-déjeuner et que nous n'avons donc plus faim du tout.
Nous acceptons cependant poliment un muffin mais nous ne pourrons pas nous échapper avant d'avoir goûté au kurut, ce fromage sec fermenté à la saveur très prononcée !
Pas mauvais du tout. Dommage qu'il n'y en ait pas sur les tables des guesthouses à la place des biscuits aux étranges couleurs qui y trônent depuis on ne sait quand...
J'ai oublié de vous parler de ce petit détail !
Quand vous prenez place pour dîner comme pour petit déjeuner, la table est remplie de présentoirs à gâteaux très kitschs bourrés de trucs généralement indéfinissables.
Des cailloux de toutes les couleurs qui sont apparemment des chocolats, des torsades roses, des biscuits salés ? sucrés ?, des cacahuètes, des noix, des raisins secs...
Des sortes de coupes à champagne et de verres à cocktail servent de pots à confiture et le tout est généralement recouvert d'une moustiquaire pour éviter que toute cette nourriture ne devienne un all inclusive pour mouches.
Très appétissant...
Mais revenons à nos moutons !
Le plat fait place aux épingles à cheveux, la météo s'arrange un peu.
Nous devinons au loin un petit troupeau mais avons du mal à déterminer l'espèce qui le compose.
Jamais nous n'aurions imaginé croiser quelques chameaux !
Nous retrouvons le goudron au niveau de Jangy-Talap, un village où nous dormirons dans quelques jours.
Malheureusement, un peu plus loin, les chinois sont encore à la manœuvre et le RAV4 sera inondé de poussière jusqu'à
Naryn...
35 kilomètres plus tard, nous nous garons devant
le bel hôtel
réservé dans le village de Tash-Bashat et prenons enfin une bonne douche.
Nous nous promenons dans le village, un village rural comme bien d'autres où le vent de la modernité s'est arrêté à quelques paraboles et à quelques revendeurs de forfaits internet.
De retour à notre logis, nous nous apercevons qu'une nuée de 4x4 numérotés a pris possession de tout le parking.
On dirait bien que nous ne serons pas seuls à table aujourd'hui...
Le patron vient alors nous avertir qu'une petite soirée est organisée pour le groupe, soirée qui ne devrait pas s'éterniser après 22 30.
Je comprends mieux pourquoi il m'avait suggéré, deux, trois jours auparavant, de décaler ma date de réservation...
Je suis un peu inquiète mais quand je m'aperçois que la moyenne d'âge du groupe est nettement plus proche des 80 ans que des 30, je suis largement rassurée.
À les voir, je me demande d'ailleurs qui conduit chaque 4x4. On est plus près de l'entrée en maison de retraite que du sexygénaire fringuant...
Je me demande aussi quel plaisir y a-t-il à se suivre à plus d'une dizaine sur une piste, les derniers ne voyant du paysage que la nuée de poussière soulevée par les premiers...
Peut-être se voient-ils dans leurs têtes comme des participants au dernier
Paris-
Dakar (Nom actuellement ridicule soit dit en passant...) ?
Chacun ses goûts mais je note le nom de l'agence pour ne jamais m'y inscrire !
La table d'hôtes sera bonne. Un plov bien cuisiné cette fois-ci !
Et une décoration plus attrayante que les sempiternels amuse-gueules décatis...
Quant à la soirée, je n'ai rien entendu.
Vive le casque anti-bruit et un bon bouquin !
Vers 22 00, mon compagnon frappe sur mon épaule et me fait signe de l'ôter.
Ça fait au moins 10 minutes qu'ils sont partis dormir !
Et à part une chanson, le bruit provenant de la salle commune s'est en fait résumé à des conversations...