Passé le bourg rural de Es Pilar de la Mola, se dessine un peu plus loin la silhouette du
Phare de la Mola (5). Une nouvelle occasion de halte avec vue et pas n'importe laquelle !
Comme si les falaises de ce cap n'étaient pas encore assez hautes avec leur centaine de mètres en surplomb de la mer, la lanterne du phare est juchée à une vingtaine de mètres, tout en haut d'une tour blanche.
La nuit, la portée de son faisceau lumineux est visible jusqu'à 23 miles marins (37 km), par temps clair bien sûr !
Après une première présentation avec une photo prise côté soleil, voici l'autre face, celle à l'ombre, toute aussi valorisante pour cet édifice construit en 1861.
En contemplant la mer du haut de ce promontoire rocheux on se prend à rêver volant comme les oiseaux marins habitués des lieux. Évoluer au gré des vents et des courants ascendants puis descendants le long de ces parois minérales et ensuite tournoyer avec pour horizon la mer à perte de vue... quel beau programme, n'est-ce pas ?
Les pieds bien sur terre ou plutôt sur pierres, on se contentera d'admirer les nuances infinies de ce splendide camaïeu de bleu.
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A défaut de voler... impossible d'aller plus loin, il nous faut faire demi-tour pour continuer nos découvertes.
A l'orée du bourg de Es Pilar, bifurquons sur la gauche, là, vers cette piste de terre. Le quad se joue habilement des ornières et autres nids de poule tout en soulevant un nuage de poussière. Quelques centaines de mètres passés et nous voici devant un ancien
moulin à vent (6).
A le voir en si bon état on a du mal à imaginer qu'il a plus de deux siècles d'existence. Bravo au passage aux ouvriers ayant réalisé cette belle rénovation.
L'intérieur de l'île est ainsi parsemé de plusieurs moulins mais tous ne pas sont aussi bien conservés.
A l'image de cet autre moulin vu dans la plaine, au bord d'un champ cultivé. Celui-ci ne servait pas à moudre des grains de céréales mais actionnait une pompe à eau au-dessus d'un
puits (7).
Entre des murets de pierres, quelques champs sont toujours exploités : vignes, céréales et figuiers. Des
figuiers qui exhalent lorsqu'on les approche une odeur fraîche et végétale si caractéristique.
Certains de ces arbres fruitiers, les plus anciens, ont des branches si longues qu'ils n'ont même plus la force de les soutenir. Elles sont si lourdes que les arboriculteurs disposent pour les étayer de véritables échafaudages de bois.
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Sur les îles, c'est bien connu, tous les chemins mènent aux rivages qui souvent sont des plages. Après ces quelques visites itinérantes, une première étape plage s'impose et ce ne sera évidemment pas la seule.
Migjorn (8) est selon la formule consacrée (et si banale !) une des plus belles plages de Formentera. Ce ruban de sable clair entrecoupé de plusieurs affleurements rocheux s'étire sur environ cinq kilomètres le long de la côte sud-est et ces lieux sont particulièrement invitants.
Avec une telle étendue, il est donc assez facile d'y trouver un petit coin tranquille face à l'eau, juste pour soi. Le décor naturel de ce site bien protégé lui confère un aspect sauvage très appréciable, entre petites dunes côtières et eaux cristallines.
N'imaginez pas de route en front de mer mais pour accéder à cette plage, enfin à ces plages, il y a bien six ou sept routes ou chemins discrets qui y mènent.
Cependant, on peut tout de même longer, mais à pied, quelques portions du littoral sur des passages en bois. Ils serpentent sur le cordon dunaire.
Là, vous pourrez admirer sans retenue le rivage de sable et la belle bleue.
De même, je suis à peu près certain que chemin faisant vous allez en rencontrer... non, ce ne sont pas quelques mythiques sirènes mais des «
sargantana». Ce nom est du catalan, il est la traduction de
lézards. Ces petites bêtes sont devenues un des emblèmes de l'île où elles vivent en nombre.
De couleur verte avec des reflets bleutés, celui-ci a bien voulu prendre la pose comme une vedette locale, le temps que je lui tire le portrait !
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Tiens un autre
sargantana ! Mais cette fois le lézard iconique figure en dessin sur l'enseigne rouge de cette boutique. Vous la voyez, accrochée sur la façade à droite ?
Notre périple insulaire nous fait passer en ville. Ville est peut-être un bien grand mot pour cette grosse bourgade du centre de l'île. En tout cas,
Sant Francesc (9) est bien le chef-lieu administratif de Formentera et aussi la principale agglomération de ce territoire d'un peu plus de 12 000 résidents permanents.
Visiter une ville espagnole en début d'après-midi n'est sans doute pas le meilleur moment pour apprécier son atmosphère et l'activité de ses habitants. L'heure de la
siesta est sacrée, et à cette heure même la ville semble assoupie !
Il y a bien, à une terrasse de café de la place centrale, quelques personnes attablées, mais l'on imagine qu'en soirée ces lieux doivent être bien plus animés.
De l'autre côté de la place, l'
église Sant Francesc Xavier (18e s.) par son imposante architecture domine tout le quartier.
Ici on est à mille lieux des décorations chargées des façades d'églises de style baroque ou rococo ! Une construction austère qui se passe d'ornements extérieurs, là n'était pas à l'époque l'essentiel. De façon plus pragmatique, on privilégiait l'aspect défensif, ainsi la population de l'île pouvait y trouver refuge en cas de danger.
Un autre détail montre le sens pratique de cette construction sur un des côtés, il y avait une citerne qui recueillait les (rares) eaux de pluie. Et j'imagine que lorsque le niveau de la citerne devenait critique devaient résonner dans la nef contiguë des chants religieux implorant le ciel...
A l'écart du centre et plus en contrebas, c'est une autre église que l'on peut voir. Enfin, plutôt une chapelle :
sa Tanca Vella.
Beaucoup plus modeste que la précédente mais bien plus ancienne, sa construction date de 1369. Une époque ou le roi désirait repeupler l'île, en effet la population venait d'être décimée par une épidémie de peste.
Avec sa grille en guise de porte d'entrée, pour un peu, elle évoquerait plus l'aspect d'une prison que celle d'une chapelle.
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D'un cap à l'autre... après la pointe est de l'île, nous quittons la ville en direction du sud. Une fois passé les dernières maisons qui longent la route, quelques hameaux puis une succession de parcelles cultivées, la végétation se fait de plus en plus rare.
Le
Cap Barbaria (10)pourtant distant de seulement une dizaine de kilomètres de
Sant Francesc a des airs de bout du monde, seule une vaste étendue de pierres recouvre les hautes falaises. Au-delà, le bleu s'impose, dans le ciel et à la surface de la mer.
Ici, on se trouve à l'extrémité méridionale de Formentera et pour baliser ce cap un phare a été érigé en 1970, il en impose avec ses 78 mètres de haut.
C'est la nuit qu'un phare se dévoile sous son plus bel aspect avec son faisceau qui balaie les alentours. A cette heure de la journée, contentons nous de l'unique mais forte lumière, elle vient d'un soleil qui n'est pas avare. Il inonde le paysage de lumière et de chaleur.
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Les rochers, on en retrouve encore en arrivant à la
Cala Saona (11). Ils prennent ici une jolie teinte ocre rouge et surtout la côte est échancrée par une profonde crique.
Blottie en fond de
cala, une plage de sable particulièrement accueillante nous invite à une nouvelle halte, ce sera l'avant dernière de notre tour de Formentera.
Amateur de sable, je suis arénophile (collectionneur de sable) et souvent j'en ramène quelques grains recueillis lors de mes escapades en bord de mer.
Vu de loin, le sable de cette plage semble assez commun avec toutefois une belle teinte blonde mais en l'observant de plus près, je m'aperçois qu'il arbore par endroits une superbe tonalité rosé. Là où les vaguelettes s'échouent en le brassant, certains grains scintillent et sont vraiment roses.
Mais pour les saisir, c'est une autre affaire. Une fois retiré de l'eau, l'aspect d'ensemble de ce sable que je voyais rose devient plus sombre... dommage, finalement je n'en ramènerai pas !
Et dire que je n'ai même pas eu l'idée de le prendre en photo cet original sable, moi qui ai le déclenchement photo si facile, cela m'étonne encore.
Sans doute, j'avais hâte de profiter des eaux translucides de la calanque. Selon la formule habituelle, j'aurai envie d'ajouter que l'eau de la baignade était « bonne », même si vous vous doutez que j'ai évité de la goûter !
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D'une plage à l'autre... La boucle est maintenant presque bouclée, nous longeons la grande saline déjà vue, plutôt dans la journée.
Mais nous ne saurions quitter Formentera sans avoir fait un tour vers deux des grandes plages parmi les plus prisées de l'île.
Playa Ses Illetes et
playa Llevant (12) s'étirent de part et d'autre d'un long et fin cordon de dunes parsemé de rochers.
Lors de la prise de notre quad, le loueur nous avez gentiment prévenu : il n'est pas possible de rouler dans ce secteur protégé ! La préservation de ce milieu naturel fragile nécessite certaines précautions, on se doit de l'accepter.
Cependant la plage de Llevant, côté est s'avère accessible, allons-y !
En cette fin d'après-midi, la longue plage est presque déserte. Il ne reste que quelques estivants profitants encore des derniers rayons de soleil.
Sur des centaines de mètres, le rivage est ponctué d'affleurements rocheux qui délimitent ainsi une succession de minuscules baies, paisibles à souhait.
C'est sûr, si l'on avait eu plus de temps, la curiosité nous aurait certainement mené jusqu'à l'extrémité de cette langue de sable. Et puis aussi vers Ses Illetes, la grande anse située de l'autre côté, face à l'ouest.
Il s'agit là des plages les plus fréquentées de l'île en raison d'une part de leur charme incontestable mais sans doute aussi parce qu'elles sont les plus proches du débarcadère de Sa Savina.
En vélo depuis le port situé à environ quatre kilomètres, le parcours est constamment plat et puis des navettes sont disponibles pour les touristes d'un jour, amateurs de plage... Finalement, nombreux sont ceux qui ne profitent uniquement que de ces plages lors de leur journée sur Formentera ! Pourquoi pas, mais avouons que si plaisantes soient-elles, quel dommage de ne découvrir que ce seul aspect de l'île !
Formentera a bien d'autres intérêts à offrir à ses visiteurs, notre tour et nos étapes en sont un aperçu.
Formentera, c'est un vrai cocktail typiquement
Baléares mais avec le plus d'un appréciable zeste d'authenticité.
Jean SM – Formentera – Juin 2017
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Formentera, les lieux visités et évoqués dans mon récit, à suivre sur cette carte de l'île.
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Autre récit
Baléares avec l'île d'
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