Corina25 · 13 octobre 2014 à 17:29 · 202 photos 33 messages · 11 participants · 13 808 affichages | | | | 13 octobre 2014 à 17:29 Géonautes en Afrique Australe: 5000 kilomètres, 5 semaines, 4 aventuriers et un camping-car ( Namibie et Botswana) Message 1 de 33 · Page 1 de 2 · 12 508 affichages · Partager Avec nos enfants de 10 et 8 ans, cet été nous sommes partis à la découverte de la Namibie et du Botswana, à la recherche des grands espaces que nous aimons tant et des animaux de la savane. Nostalgiques d'un précédent long voyage en camping-car en Amérique du Sud, nous avons décidé d'en louer un à Windhoek pour ces cinq semaines. Tous les détails pratiques de ce voyage font l'objet d'un autre post assez exhaustif, que vous pouvez lire ici:
voyageforum.com/...experience-d6700317/
Des terres arides du désert du Namib en passant par Etosha, puis les rives de la rivière Chobe et les Chutes Victoria, notre voyage nous a portés jusqu'au dédale des canaux du delta de celui qui ne rejoint jamais la mer, l' Okavango.
Avant d'attaquer ce journal de voyage, tel que je l'ai écrit sur place, au jour le jour, voici notre itinéraire sur la carte:
Bonne évasion et bonne lecture!
Première partie: de Windhoek à Sesriem
lundi 28 juillet
Il fait encore nuit noire à 5h du matin heure locale (décalage 1h), lorsque l'A330 de Air Namibia se pose sur la piste. Le froid nous saisit sur le tarmac. Pas de doute, ici c'est l'hiver, il fait près de 0 degrés ce matin! Mais miracle, tous nos bagages, acheminés de Varsovie via Francfort, sont bien là! À la sortie dans le hall public de l'aérogare, un jeune homme nous accueille avec une pancarte "Welcome famille Olszewski". Notre accompagnateur se plaint lui aussi du froid, mais il est en bermuda! Il nous accompagne à la camionnette estampillée Bobo Campers puis nous conduit chez notre loueur. En route, nous apercevons nos premiers springboks et singes dans la vallée assez aride que la route traverse.
Chez Bobo Campers l'accueil est agréable, mais le véhicule nous déçoit un peu dès le premier coup d'œil: c'est vrai qu'il est d'une propreté irréprochable, mais il est néanmoins un peu vieillot et certaines choses auraient pu être mieux conçues. Les explications pour la prise en main sont assez sommaires (on passe plus de temps sur la paperasse), mais cela ne nous inquiète pas plus que ça, vu que nous sommes des "campings caristes expérimentés" ;). Nous prenons enfin la route, en oubliant le produit pour la cassette des toilettes sur la table de l'accueil!
Pourtant, à peine 2 km plus loin, un voyant orange s'allume sur le tableau de bord (ah le voyant orange...le meilleur ennemi du voyageur au long cours!), et Thomas décide de faire tout de suite demi-tour. Le responsable mécanique de Bobo ne sait pas vraiment ce que ça représente, mais nous dit de ne pas nous inquiéter, de faire monter le moteur dans les tours, pour brûler une éventuelle petite crasse détectée au niveau des injecteurs. Après tout, ce n'est pas notre véhicule, et le louer doit nous fournir une assistance en cas de panne, alors on ne s'inquiète pas outre mesure et on reprend la route.
C'est une journée technique qui nous attend, forcément pénible car ce sont nos premiers pas dans un pays inconnu, dans une ville inconnue, après une nuit dans l'avion... D'abord une étape supermarché et "bottle store" (l'alcool se vend dans des magasins spécialisés), pour faire le plein de provisions. Puis essence, carte SIM pour le téléphone portable et forfait data pour se connecter à Internet via une clé 3G (les réseaux Wifi seront quasi-inexistants sur toute la première partie du voyage). A la station essence, un namibien à qui nous demandons notre route non seulement nous invite à le suivre jusque-là où nous voulons aller, mais nous laisse aussi sa carte de visite pour qu'on puisse l'appeler si on a besoin de quoi que ce soit! Les gens, noirs ou blancs, nous paraissent d'emblée extrêmement gentils et accueillants.
La banlieue de Windhoek ne nous fait pas grande impression, et nous ne souhaitons pas nous attarder plus qu'absolument nécessaire, la conduite à gauche dans un environnement urbain (heureusement le trafic n'est pas dense!) est assez stressante comme ça.
Nous quittons enfin la ville en début d'après-midi, direction le sud, et nous nous arrêtons pour cassez la croûte un peu plus tard sur un parking au bord de la nationale. Les singes curieux s'approchent de notre étrange véhicule.
Nous quittons la route peu avant la petite ville de Rehoboth, et nous engageons sur une large piste sur une dizaine de kilomètres. Nous retrouvons le "ripio" comme on l'appelait en Amérique du Sud, la tôle ondulée formée par le passage des 4x4 à grande vitesse sur la piste de terre tassée. Mais nous sommes quasi seuls à l'emprunter, alors nous pouvons zigzaguer comme nous voulons pour trouver les portions les plus roulantes.
Nous avons prévu de passer la nuit au Lake Oanob Resort, un camping au bord d'un lac de barrage. On nous accueille avec un verre de jus de fruits et nous avons l'embarras du choix de l'emplacement, car l'endroit est presque désert hors-saison et en semaine.
La vue sur le plan d'eau est assez surprenante dans l'environnement aride du centre namibien en plein milieu de la saison sèche. Il n'y a pas d'animaux (à part le chien du resort qui traîne autour de nous toute la soirée), mais ça sent bon les vacances: les enfants jouent au bord du lac et les grands font une petite balade qui offre différents points de vue sur le lac, le soleil se couchant derrière les collines en cadeau.
Nous croisons un couple de français en petite berline de location qui nous racontent être arrivés la veille à Windhoek mais avoir dû passer deux journée à régler tous les aspects pratiques en ville - nous nous estimons donc heureux (et un peu plus organisés ;)) d'avoir pu tout boucler en une grosse demi-journée.
Il n'y a pas d'eau dans la piscine, mais le bain ne serait de toute manière pas une très bonne idée: à peine le soleil couché, il fait bien frais pour ne pas dire froid! Mais nous passons une très agréable soirée dehors autour de notre premier braai (barbecue): le feu nous réchauffe pendant que l'excellente viande de bœuf est sur la grille et les pommes de terre cuisent dans les braises. En fin de repas, les enfants font griller des chamallows, puis tout le monde profite d'une douche bien chaude dans les "ablutions" privées qui jouxtent notre place de camping.
mardi 29 juillet
Nous quittons le lac Oanob à l'aube : autant prendre le rythme, en Namibie il vaut mieux se réveiller tôt pour profiter de la journée, car la nuit tombe tôt également - nous sommes en hiver.... Après un petit ravitaillement en combustible dans la petite ville de Rehoboth, encore enveloppée dans la brume, nous prenons la piste vers les montagnes du Naukluft, que nous devons traverser, alors que les enfants sont encore au lit. Les secousses dues à l'état de la piste ne semblent pas les déranger outre mesure...
Après le petit déjeuner pris sur le chemin d'accès vers une ferme isolée au milieu de nulle part, un choix se présente: l'itinéraire à travers le Naukluft via le Spreetshoogte pass est réputé grandiose, mais la piste est raide semble-t-il. Le Reemshoogte est le choix le plus sage, mais ça nous titille de prendre le Spreetshoogte! Là où les routes se séparent il y a un minuscule village qui a son poste de police, et nous décidons d'y prendre quelques renseignements. La jeune policière sort de la maison adjacente, avec un petit chien aux trousses. Alors que je discute avec elle, Thomas joue avec le chien et fait semblant de vouloir le prendre avec nous. Elle me confirme qu'on peut emprunter le Spreetshoogte, et elle met Thomas en garde: "If you steal my dog I will arrest you myself!".
On part en rigolant, et un peu plus loin nous ne sommes pas déçus de notre choix: la vue du point culminant du passage dans la montagne est grandiose, à perte de vue. La route est pavée, donc en excellent état, et le marquage impeccable.
Comme souvent, oser, ça paye! Nous faisons une halte photo assez courte, car le vent souffle fort là-haut!
Dans la descente nous croisons une équipe au travail en train de consolider-réparer la route. Ils nous demandent de l'eau et nous leur en offrons, avec toute notre reconnaissance pour leur dur travail dans cet environnement hostile.
La piste rejoint les plaines et devient toute droite jusqu'à l'horizon. les terres clôturées d'une part et d'autres sont couvertes d'herbes sèches et de quelques rares arbres ou arbustes.
Pour déjeuner nous arrivons à Solitaire, une halte bien connue des voyageurs en Namibie, au carrefour des pistes principales du coin, un drôle d'endroit. Il y a une station essence, un petit magasin, un camping mais surtout une boulangerie dont le renom, grâce à son apfel strudel, a dépassé les frontières de la Namibie dans la communauté des voyageurs.
Nous faisons une bonne pause sur sa terrasse ombragée à déguster des pâtisseries salées et sucrées. Mais, pour être francs, nous sommes déçus du fameux apfel strudel, que nous trouvons lourd et la portion généreuse impossible à finir, même à deux!
Andréas profite de cette pause pour grimper dans chaque carcasse de vieille voiture qui décore les lieux et Diane pour nourrir les suricates qui tournent autour des véhicules garés sur le parking.
En s'approchant de Sesriem, notre étape pour les deux prochaines nuits, la piste, victime de l'intérêt touristique majeur du lieu, devient mauvaise et secoue le camping-car au point de faire tomber la porte du placard à vêtements de ses gonds! Mais les environs s'animent, nous voyons dans les plaines des autruches, des gemsboks, des springboks...
Après cette grosse matinée de route, nous voilà enfin à l'entrée du Parc National de Sesriem. Nous prenons possession de notre joli emplacement de camping réservé des mois à l'avance, puis c'est pause détente autour de la piscine...glaciale. Qu'à cela ne tienne, les enfants font des sauts à n'en plus finir!
Nous avons prévu de nous offrir le coucher du soleil derrière la dune Elim, située à quelques kilomètres du camping. La montée, qui ne semble pas si longue ni si dure au premier abord, se montre beaucoup plus longue et ardue une fois passé la première crête, et le soleil est déjà passé derrière la dune! Mais nous ne lâchons pas l'affaire, nous le poursuivons toujours plus loin et toujours plus haut. Enfin au bout, après presqu'une heure de montée ardue, nous arrivons à temps pour le voir se coucher. Belle récompense pour nos efforts!
La nuit est tombée lorsque nous rentrons au camping, et c'est à la lampe torche et par un raccourci à travers champs que nous rejoignons le Sossusvlei lodge voisin. Le buffet de son restaurant est, de l'avis unanime des voyageurs "à ne pas rater", et ce n'est pas nous qui allons les contredire. Sur une belle terrasses sous les étoiles du désert, nous nous régalons d'excellentes grillades de gibier (pas moins de 12 sortes de game, dont nos préférés seront l'impala, le zèbre et le springbok), des légumes à la plancha et une bonne bouteille de rosé sud-africain.
mercredi 30 juillet
Le réveil sonne à 5h10, on franchit la grille du parc à 5h25 et on n'est pas les premiers! Les phares de nombreux véhicules percent la nuit encore noire, lancés sur le ruban d'asphalte, dans la vallée, entre les dunes. La plupart s'arrêtent sur le parking de la dune 45, celle du lever du soleil par excellence. Laissant les enfants encore endormis dans le camping-car, on attaque la montée à notre tour lorsque les premières lueurs du jour commencent à percer à l'horizon.
Nous dépassons beaucoup de monde et nous nous trouvons une place à l'écart tout en haut. Tout autour de nous, petit à petit, les dunes s'embrase dans le soleil levant. Et une fois le disque orange au-dessus de l'horizon, le spectacle n'est pas fini: les couleurs et les contrastes sont saisissants, avec la plaine herbeuse jaune et les quelques arbres au pied des dunes. Un régal pour les photos...
Après la montée assez ardue, la descente est un jeu d'enfant: on s'élance à pleine vitesse dans le sable encore frais, vers le pied de la dune.
Une fois de retour dans Blanche (c'est le nom que les enfants ont donné au camping-car), alors que les enfants émergent doucement, nous parcourons les 15 derniers kilomètres jusqu'au parking "tout véhicule" de Sossusvlei. En effet, les cinq derniers kilomètres se font dans du sable profond, donc après le petit-déjeuner nous prendrons une navette 4x4. Les enfants adorent, ils lèvent les bras comme dans les montagnes russes!
Nous descendons près de Dead Vlei et de Big Daddy, la dune la plus haute du monde. Après une petite marche d'approche, l'étendue blanche de l'ancien lac salé asséché est à nos pieds. Entouré de dunes hautes, le salar est parsemé de troncs d'arbres morts, pour la plupart encore debout. Encore une fois les couleurs sont magnifiques dans la lumière du matin.
Andréas est infatigable, il monte les dunes là où la pente est la plus raide, pour redescendre en roulant. Il veut aller au sommet de Big Daddy et Thomas est d'accord pour l'accompagner!
Ni de une ni de deux, ils partent avec une seule gourde sous un soleil de plomb. Avec Diane, on attend longtemps à l'ombre d'un arbre mort au beau milieu du Vlei...et je ne peux pas m'empêcher de m'inquiéter...on voit des toutes petites fourmis gravir la dune...on ne peut même pas être sûres que ce sont bien eux! Au bout d'une petite éternité ils se lancent du sommet, tout droit...et bien entendue la descente est beaucoup plus rapide! La seule victime de cette aventure aura été l'appareil photo de secours qui aura pas bien supporté tout ce sable.
De retour vers le point d'arrêt des navettes, nous devons demander de l'eau à d'autres touristes qui sont avec leur véhicule et toutes leurs provisions...car nous sommes à sec. La navette nous emmène vers Sossusvlei, mais l'endroit nous semble beaucoup moins magique que Deadvlei, et, comme tout le monde est assoiffé, affamé et assoiffé, nous décidons de ne pas nous y arrêter et de retourner au parking des véhicules non-4x4.
En fin d'après-midi, alors que les enfants se reposent devant un film dans Blanche, les adultes descendent dans le Canyon de Sesriem qui se trouve à quelques kilomètres du camping. Dans sa partie la plus étroite, là où le soleil n'arrive jamais jusqu'au fond du canyon, il y a des bassins d'eau verdâtre et de nombreux oiseaux ont fait leurs nids dans les parois. Ici il fait frais et humide, quelle différence avec le climat du désert quelques dix mètres plus haut!
A très bientôt pour la suite du récit! | | | Annonce · Sponsorisé | | | À: Corina25 · 13 octobre 2014 à 18:22 · Modifié le 13 oct. 2014 à 22:51 Re: Géonautes en Afrique Australe: 5000 kilomètres, 5 semaines, 4 aventuriers et un camping-car ( Namibie et Botswana) Message 2 de 33 · Page 1 de 2 · 12 463 affichages · Partager Deuxième partie: du Naukluft à l'Atlantique
jeudi 31 juillet
Le brouillard enveloppe encore la vallée ce matin lorsque nous quittons Sesriem par une piste moins fréquentée, direction nord-est. La tôle ondulée ne nous permet pas de dépasser les 30 km/h, mais nous profitons des beaux paysages au lever du soleil et de la présence de quelques animaux (des gemsboks, un phacochère...). Nous voulons passer encore un peu de temps dans les montagnes du Naukluft avant de repiquer à l'ouest, vers l'Atlantique.
Pour le petit-déjeuner nous faisons halte au pied de hautes falaises. Tout là-haut nous distinguons nos premiers arbres à carquois, très décoratifs avec leurs branches qui se séparent toujours en deux.
Un peu plus loin, nous apercevons au fond de la vallée une petite usine d'embouteillage d'eau minérale, assez invraisemblable dans ce paysage aride, et à 100km du moindre village...
Puis nous poussons le portail du Parc National et une piste nous permet de nous approcher des versants du Naukluft, jusqu'au point de départ de l'une des randonnées les plus connues de la région, l'Olive Trail.
Le chemin nous permet de prendre rapidement de la hauteur et nous offre de très belles vues sur la vallée. Après une petite heure de montée assez ardue, nous nous offrons une délicieuse pause pomélo sur le plateau. Une fois revigorés, nous entamons assez rapidement la descente dans une vallée de plus en plus encaissée.
Des petits rongeurs nous regardent ou se sauvent à notre arrivée, ce sont les damans des rochers. Le chemin, sans être très difficile est néanmoins très caillouteux, avec parfois des gros rochers à escalader. Nous pouvons admirer de très beaux spécimens d'arbres à carquois.
Au bout de plus de trois heures, nous arrivons au passage des chaines, tant attendu par les enfants: à cet endroit le canyon est très étroit, les parois sont pratiquement verticales et il y de l'eau au fond, il faut donc passer les pieds sur la paroi de gauche ou celle de droite, en se tenant à des chaînes. C'est une première pour nos enfants, et Diane a besoin de l'aide et des encouragements de Papa pour passer. Andréas, plus grand et plus fort, s'en sort comme un chef. Juste pour rassurer les futurs voyageurs, ce passage ne présente pas de difficulté exceptionnelle pour un adulte un minimum sportif, ni même pour les enfants s'ils ont compris la "technique".
Après les chaînes la vallée s'élargit de plus en plus et on ne peut ne pas remarquer les traces et excréments d'herbivores. Il y a même des fragments de carcasses. En fait nous empruntons dorénavant le même chemin que les zèbres des montagnes, puis la randonnée se termine sur un chemin de 4x4.
A l'approche du parking où nous avons laissé le camping-car, comme un mirage dans le soleil couchant, au-dessus de nous sur une cassure de la pente, je l'aperçois : un beau zèbre nous observe! Toute excitée, j'aurais envie de crier pour alerter les autres, mais je ne veux pas lui faire peur. J'arrive à "crier en silence" et nous pouvons tous admirer ce beau cadeau, cette magnifique récompense au bout de nos efforts!
Diane, qui se plaignait depuis un bon moment d'avoir mal au pied (la rando nous aura pris presque cinq heures!), se lance comme un petit zèbre avec son papa à essayer à approcher l'animal solitaire.
En arrivant sur le parking, Andréas interpelle un monsieur s'il a vu le zèbre. Celui-ci reconnaît qu'il avait cru voir un léopard...ce qui nous fait rire qu'à moitié, en nous demandant s'il s'agissait bien du même animal.
La montagne est d'un calme absolu ce soir, et nous décidons d'essayer de bivouaquer là. Nous prenons l'apéro dehors, admirant cette nature pure. Bien évidemment, n'étant pas dans un camping officiel et dans une réserve naturelle, la question du braai ne se pose pas, mais nous passons l'une des nuits les plus calmes de ces vacances!
vendredi 1er août
Dès 6h30, Thomas part avec Andréas pour une petite balade matinale vers un trou dans la roche qu'ils ont déclaré "la tanière du léopard". Heureusement il n'y a pas de léopard, mais ils voient des springboks et des zèbres au loin. Puis nous quittons le Parc dans la belle lumière du matin, et pouvons observer des troupeaux de springboks, gemsboks, et koudous.
Pour le petit déjeuner nous nous arrêtons à Solitaire et faisons le plein de pâtisseries, puis nous attaquons la longue piste vers Walvis Bay, plutôt roulante (plus de 50 km/h de moyenne). Au début le paysage est joli et varié, surtout lors du passage dans les pittoresques vallées creusées par les rivières Gaub et Kuiseb.
Puis s'en suit le désert plat et pénible, où la poussière nous enveloppe et s'infiltre dans la cellule mal isolée à chaque passage de véhicule.
À quelques kilomètres de l'océan le brouillard nous accueille, froid et humide, et on devine bientôt les contours de la ville de Walvis Bay. Celle-ci nous surprend, avec ses maisons proprettes et jolis jardins, et ses villas carrément luxueuses et architecturées sur le front de mer. D'agréables espaces verts séparent la route du lagon peu profond où des milliers de flamands roses ont élu domicile. On ne s'en lasse pas de les regarder marcher la tête plongée dans l'eau à la recherche de crustacés ou prendre leur envol.
Pendant que nous faisons une ballade le long de la digue Andréas joue au foot avec un groupe d'enfants de la ville. Alors qu'il constate lui-même qu'ici on joue pieds nuits, notre petit européen a du mal à se débarrasser de ses chaussures...
Nous alors faire un tour vers les salines au bout de la ville. Les étendues d'eau qui attend à s'évaporer au soleil sont dans différentes nuances de rose.
Nous décidons d'aller jusqu'à Swakopmund ce soir. La ville balnéaire voisine est à une cinquantaine de kilomètres pas la voie rapide, très agglomérée à cette heure de sortie des bureaux. Ça change du désert! La route, entre la mer et les dunes, longe parfois des townships, énormes quartiers de maisons de préfabriqués identiques pour les moins favorisés. Ces maisons ne sont pas très grandes, mais elles sont neuves. Il y en a d'autres en construction.
Une fois franchi le pont, là où la rivière Swakopmund se jette dans la mer, nous découvrons une ville un peu bizarre, dont l'architecture veut se donner un air allemand mais y arrive difficilement. Ça fait un peu artificiel, un peu ville de l'ouest américain ou des montagnes brésiliennes, qui veut se donner un air faussement européen, l'authenticité en moins. Nous ne tombons pas sur le charme.
Mais à Swakopmund il y a le camping Alte Bucke, manucuré voire carrément luxueux, avec ses emplacements impeccables en pierre de taille avec salle d'eau privée royale. Et il y a aussi Küki's, le pub-restaurant convivial et délicieux, où locaux et touristes se côtoient pour déguster des délicieux plats de poisson et fruit de mer (huîtres gratinées, steak de calamar...) mais aussi des spécialités allemandes (bratkartoffeln) accompagnées de bonne bières.
En rentrant du restaurant à pied vers 22h, on se fait la réflexion que les lieux, plutôt déserts hors-saison à cette heure-là, ont l'air un peu sinistre, mais nous passons le portail du camping, gardé par un vigile complètement absorbé par son téléphone portable, sans encombre.
Nous sommes réveillés par des cris dehors vers 3h du matin. Nous sortons à notre tour pour apprendre qu'il y a eu plusieurs cambriolages dans le camping. Le 4x4 à côté de nous et celui d'en face ont été visités, alors que les gens dormaient dans la tente de toit ou sur la remorque. Nous nous félicitons d'y avoir échappé sans doute grâce au fait que notre véhicule est un "oiseau rare" (on voit très peu de camping-cars en Namibie). Nous nous recouchons pas très rassurés...pourtant le camping est entouré de hautes clôtures électrifiées et de barbelés!
Ceci dit, cela prouve notre théorie, que c'est aux abords des villes que ça craint le plus, où que l'on se trouve. Les méchants ne se baladent pas dans la pampa, ou dans ce cas dans le bush, car ils risqueraient de mourir de faim avant de trouver quelque chose à se mettre sous la dent!
La suite dans un prochain post... | | |  super ton récit, ça me rappelle notre trip en Namibie, il y a 10 mois. Continue, on attend la suite. | | | Troisième partie: du Spitzkoppe au Brandberg
samedi 2 août
En quittant Swakopmund, on décide de faire un détour dans le désert pour voir ces plantes si particulières qui sont les welwitchias. Nous empruntons une piste plutôt correcte jusqu'au Moon Landscape, le point de vue sur une vallée sculptée dans ce paysage aride qui ressemble à un paysage lunaire ou à la Vallée de la Mort dans le désert d'Atacama.
Puis nous nous engageons sur un piste qui n'a pas dû voir la tête d'une niveleuse depuis qu'elle a été faite, tellement la tôle ondulée est énorme, un vrai cauchemar! On se traîne à 15 km/h et sommes secoués comme jamais. Après une demi-heure et une dizaine de kilomètre de désespoir je crie d'un coup: "là!" - trop heureuse de voir apparaître les premières Welwitchias! On va les observer, avec leurs têtes de grosses salades flétries et avec leurs "pull-me-push-me bugs" endémiques. Ces plantes centenaires adaptées à une aridité extrême sont formées de deux feuilles tortillées de plusieurs mètres de long. Les insectes qui les habitent copulent dos à dos, et tout le temps, car nous en voyons beaucoup ainsi attachées! Sacrées curiosités de la nature!
2km plus loin on retrouve une piste beaucoup meilleure, elle aussi bordée de welwitchias, puis on regagne la route C, asphaltée, en revenant en direction de Swakopmund, et même là il y a des welwitchias! Je le reconnais, une meilleure information nous aurais épargné le petit cauchemar routier de la matinée, mais ce n'était pas faute d'avoir cherché: malheureusement très peu d'infos sont disponibles sur le Welwitchia Drive.
On retourne presque jusqu'à Swakopmund par l'asphalte pour prendre la nationale B2 en direction d'Usakos. Cet axe principal de Windhoek à Swakopmund est en voie d'être modernisé - bientôt une autoroute? On le quitte pour les pistes qui mènent au Spitzkoppe, notre prochaine étape, qui se voit déjà au loin depuis la nationale.
En bord de piste il y a des échoppes des vendeurs de jolies pierres et de souvenirs, des baraques très pauvres. Avant d'arriver sur le site du Spitzkoppe, la piste passe par un village éparpillé, sans rues mais avec une école en dur.
Après avoir payé notre campsite (que nous n'avions pas réservé à l'avance, mais il reste du choix...) on va le trouver quelques kilomètres plus loin en empruntant une petite piste qui serpente entre les rochers roussis par les derniers rayons du jour. À peine arrivés, on file admirer le soleil qui se couche au loin, dans les pleines. Thomas et les enfants grimpent très haut - c'est un vrai terrain de jeux et ils s'en donnent à cœur joie!
Nous n'oublierons pas de si tôt cette fin de journée et le dîner autour du feu de camp sous un magnifique ciel étoilé au pied du Spitzkoppe.
dimanche 3 août
Alors que les enfants finissent leur nuit dans le camping-car, les adultes s'offrent une balade très matinale pour le lever du soleil.
Nous profitons encore du site une bonne partie de la matinée, on joue au foot, on gambade...On va voir l'arche naturelle, on escalade un peu...Malheureusement nous ne sommes pas seuls sur place, donc on n'arrive pas à en profiter à notre aise en prenant notre temps... mais en général on a beaucoup aimé cet endroit très spécial qui est le Spitzkoppe.
On quitte les lieux vers midi, direction le Brandberg. La piste est particulièrement mauvaise, avec beaucoup de tôle ondulée; on met plus de 4 heures pour faire 130 km, on commence à en avoir marre de ces pistes... ça nous rappelle l'un des mauvais côtés de ce temps dorénavant mythique pour nous, lorsque nous sillonnions les pistes d' Amérique du Sud avec notre propre camping-car. Une fois rentrés en Europe, on a eu tendance à tout idéaliser, mais une nouvelle expérience sur une bonne vieille piste remet bien les pendules à l'heure et les idées en place!
Nous nous arrêtons dans le gros village d'Uis pour faire le plein d'essence et quelques courses. La vie de la bourgade tourne autour du supermarché, où tous les habitants des environs se retrouvent. Il y a des dames herero qui vendent leur poupées artisanales et des jeunes himbas avec leurs enfants assis par terre à l'ombre près de l'entrée, à boire les boissons gazeuses sucrées. Même le bébé de neuf mois boit du Fanta dans le bouchon de la bouteille...
Arrivés en fin de journée au Brandberg White Lady Lodge, un vrai oasis magnifiquement paysagé, on profite un peu de la piscine et on admire un autre beau coucher de soleil.
Lors du dîner au restaurant du lodge on assiste au spectacle de chants des employés que les enfants aiment beaucoup et finissent par se laisser emporter dans la danse à la fin du show.
Le camping se trouve à quelques centaines de mètres des bâtiments principaux du lodge, sous les arbres près du lit de rivière à sec. Nous retournons à notre maison roulante dans l'obscurité la plus totale, à la frontale.
lundi 4 août
On part vers 7h vers le site d'art pariétal de White Lady qui se trouve à une bonne quinzaine de kilomètres du lodge. Thomas veut éviter la tôle ondulée sur la piste et prendre un raccourci (il y a des petites traces qui coupent à travers champs). On arrive vite devant un lit de rivière, on se rend compte que ce n'est pas pour nous, on veut faire demi-tour et...on s'ensable à 1m de la trace! Après avoir creusé, posé des pierres, etc. nous faisons deux tentatives infructueuses d'en sortir, mais il n'y a rien à faire, on s'enfonce encore plus! Thomas envoie les enfants, à peine tirés du lit et encore en pyjama, vers la piste principale, chercher de l'aide. Ils reviennent viennent avec un jeune couple français en 4x4 déjà croisé à Sesriem. Ils ont une sangle et arrivent à tirer Blanche hors du pétrin, ouf! Le désensablement aura duré un peu plus d'une heure, dans la bonne humeur.
On arrive enfin sur le parking du site de White Lady, tous poussiéreux, vers 10h30. Priorité à la douche et à un bon petit déjeuner, puis on part enfin visiter le site avec un guide damara en fin de matinée.
On remonte le lit de la rivière pendant 45 minutes environ, et on reçoit des explications sur le Brandberg, "la Montagne qui Brûle", les arbres (dont un acacia endémique) et les animaux (beaucoup de serpents comme les cobras, qu'heureusement nous ne croiserons pas, car nous sommes en sandales, mais on en voit des traces, et les babouins qu'on aperçoit sur les rochers et qui hurlent mais ne s'approchent pas; il y a aussi des léopards apparemment).
Les peintures rupestres sont l'œuvre des tribus San (chasseurs-cueilleurs), vieilles de jusqu'à 10000 ans pour les monochromes et de moins de 2000 ans pour les polychromes, assez jolies et élaborées. Les monochromes rappellent beaucoup celles de la Cueva de las Manos en Argentine. La Dame Blanche, qui serait plutôt un homme avec le corps grimé de blanc, et d'autres représentations polychromes représentent des rituels chamaniques.
Après la visite nous décidons de retourner au lodge pour un après-midi piscine et foot avec les voisins allemands pour les enfants et lessive - rangement - piscine - coucher de soleil sur les rochers pour les grands. La journée se termine par un braai au camping avec brochettes de bœuf et poulet et chamallows grillés, sous un ciel chargé d'étoiles.
| | | Quatrième partie: sur la route d'Etosha
mardi 5 août
Le lodge confirme qu'il n'y aura pas de traque d'éléphants du désert dans le lit de rivière d'organisée ce matin, car leur camion est occupé - livraison Coca-Cola à Uis oblige -, donc nous quittons les lieux vers 7h30. Nous nous arrêtons au petit stand rudimentaire d'artisanat d'une famille himba/herero (il s'agit de la même ethnie). Nous leur achetons des bracelets, mais bien plus que l'argent que nous payons pour ces souvenirs, ce sont les vêtements que nous leur laissons que les dames apprécient! Le cri de joie de celle à qui j'ai cédé ma polaire a illuminé ma journée!
Un peu plus tard, après un petit déjeuner en bord de piste, la route nous mène vers Khorixas, où on retrouve enfin l'asphalte. Le temps de quelques courses et d'un déjeuner, nous découvrons ce gros village très animé, dont la vie tourne autour du supermarché et de la station essence, où se retrouvent Damaras, Hereros et quelques blancs. C'est coloré, c'est vivant, ça change après ces journées dans le bush.
À cause d'un ras-le-bol des mauvaises pistes en camping-car, nous décidons de faire l'impasse sur les gravures de Twyvelfontein.
À l'est de Khorixas, nous virons de nouveau au sud sur une quinzaine de kilomètre vers la vallée de l'Ugab et l'Ugab Terrace Lodge, notre étape du jour. Le lodge est perché sur une colline escarpée avec vue imprenable sur les falaises sculptées par le vent de la vallée, dont le Vingerklip, le "doigt de Dieu". C'est d'une beauté irréelle, surtout au coucher du soleil.
Le petit camping se trouve au pied de la colline, au bout d'un petit chemin qui se faufile dans la végétation, sur lequel nous avons beaucoup de mal à avancer avec Blanche pour ne pas trop rayer la cellule avec les branches, ne pas toucher en dessous... La place est sympa, entre de gros rochers, la douche chauffée au bois est bienvenue et... privée, de toute manière nous sommes seuls au camping ce soir.
Un sentier escarpé mène là-haut au lodge et à sa belle mais froide piscine paysagée. Un bien joli endroit...
mercredi 6 août
Après une bataille matinale avec les branches et les épines pour sortir le camping-car du camping bien discret mais d'accès compliqué, nous quittons pour de bon le Damaraland, ses montagnes rouges et ses pistes assez éprouvante pour notre monture. Son exploration plus en profondeur et celle de son voisin du nord, encore plus loin de tout, le Kaokoland, ferons peut-être l'objet d'un nouveau voyage en Namibie, en 4x4, bien plus adapté pour ces pistes, mais sans les enfants, qui n'apprécient guère trop d'itinérance.
La route traverse un paysage plus boisé, les terrains sont de nouveau clôturés de part et d'autre. De nombreuses termitières s'élèves comme des cheminées blanches, parfois hautes de plus d'un mètre.
Nous renouons avec la "civilisation" à Outjo: essence, supermarché bien achalandé et distributeur de billets, il faut bien ça pour partir avec le plein de provisions vers le premier parc national de la Namibie et énorme sanctuaire animalier, Etosha.
Nous avons prévu de passer quatre nuits dans le parc, mais, même en tentant de réserver dès le moins février, nous n'avons trouvé de la place que dans deux camps des trois que compte le parc; le plus recherché, où l'on souhaite passer les deux premières nuits, affichant complet, malgré de nombreuses relances. Mais "impossible" n'est pas géonaute! Nous décidons de nous présenter sur place assez tôt et d'essayer de trouver une solution.
À l'arrivée à Okaukuejo, les dames de la NWR (Namibian Wildlife Reserves) sont intraitables, malgré nos insistances: "c'est complet", "non vous ne pouvez pas vous garer dans un coin derrière les toilettes", "oui vous devrez sortir d' Etosha avant le coucher du soleil si vous n'avez pas de place de camping". Une seule solution, trouver des bons samaritains qui détiennent le précieux sésame, la réservation d'une place, prêts se serrer un peu et nous céder quelques mètre carrés du terrain qui leur revient.
Je vais parcourir le camping avec Diane (une jolie petite fille attendrit n'est-ce pas? ;)), mais c'est désert, les gens sont partis explorer la réserve, ou se prélasser au bord de la piscine. Dans le coin le plus éloigné de l'accueil - mais aussi le plus proche du point d'eau, allais-je apprendre plus tard -, un couple de retraités en 4x4 avec cellule sur un terrain assez grand finit de déjeuner. Je les approche timidement pour leur présenter notre cas et notre doléance. Il se trouve que Maggie et Will, elle fille de missionnaires née au Botswana et lui afrikaner d' Afrique du Sud, sont extrêmement gentils et nous accueillent chaleureusement sur leur terrain. Mieux encore, ils ont décidé de partir un jour plus tôt de ce qu'ils avaient réservé, donc ils nous cèdent carrément la place rien que pour nous pour le lendemain.
Une fois la paperasse expédiée avec la dame du NWR qui n'est pas vraiment arrangeante, nous découvrons notre bel emplacement, qui n'est ni plus ni moins que le plus beau et mieux placé de tout le camping, et nos charmants voisins, mais aussi Pitouf, le petit écureuil que les enfants arrivent à amadouer avec des cacahouètes.
Le pique-nique de ce midi se passe au bord de la piscine du camp, où l'on peut admirer un papillon magnifique. Puis c'est le tour de la grande faune, et au point d'eau du parc il se passe toujours quelque chose! Éléphants, zèbres et antilopes, puis des girafes magnifiques se suivent au point d'eau.
Nous invitons nos si gentils voisins à prendre l'apéro, appelé ici "sundowner". Effectivement, le soleil se cache peu à près derrière les arbres. Un énorme troupeau d'éléphants (une trentaine d'individus) rentre du point d'eau et passe pas loin de notre emplacement. Les enfants les approchent sans criante, mais la clôture semble bien mince...Lorsque nous allons les chercher, un éléphant fait semblant d'ailleurs de nous charger... Que d'émotions!
Au crépuscule le point d'eau prend des allures de débuts des temps... mais pas pour longtemps car les grands réflecteurs s'allument avec la tombée de la nuit pour montrer un spectacle 24h/24 au blancs friqués en cage, tous téléobjectifs dehors, de l'autre côté de la clôture électrifiée.
Thomas apprécie moyennement cette mise en scène, mais ce n'est pas désagréable de regarder le spectacle animalier grandeur nature tout en sirotant une p´tite bière...
| | | À: Corina25 · 15 octobre 2014 à 16:45 · Modifié le 15 oct. 2014 à 19:49 Re: Géonautes en Afrique Australe: 5000 kilomètres, 5 semaines, 4 aventuriers et un camping-car ( Namibie et Botswana) Message 6 de 33 · Page 1 de 2 · 12 246 affichages · Partager Bonjour Corina,
C'est bien parti ton carnet ! C'est un plaisir de le lire et tes photos sont fort jolies ! Quelle vue sur Vingerklip et les Ugap Terraces ! Cela me fait regretter - une fois de plus - de ne pas être passé par là! Vous avez eu une fameuse chance de tomber sur Maggie et Will ! A tout de suite ? ! | | | À: Corina25 · 16 octobre 2014 à 13:00 · Modifié le 16 oct. 2014 à 13:17 Re: Géonautes en Afrique Australe: 5000 kilomètres, 5 semaines, 4 aventuriers et un camping-car ( Namibie et Botswana) Message 7 de 33 · Page 1 de 2 · 12 189 affichages · Partager Cinquième partie: Etosha, la savane fait le spectacle
jeudi 7 août
Les enfants sont motivés, ils veulent être debout au lever du soleil pour aller au point d'eau. Il fait encore bien froid, et il n'y a que des herbivores ce matin: Diane retourne se coucher, pendant qu'Andréas complète sa collection de dessins d'animaux.
Les éléphants viendront un peu plus tard, les girafes aussi. La matinée s'écoule entre la vie au camping et les allers-retours au point d'eau. Vers midi nous partons en game-drive, c'est à dire sillonner les pistes du parc à la recherche des animaux. Nous retournons un peu sur nos pas vers Anderson's gate, et à peine nous arrêtons-nous à un premier point d'eau que les gens de la voiture à côté nous demandent: "Did you see the lion?"
Ce qu'on aurait pris pour une grosse pierre brune (ceci dit ici les pierres ne sont pas brunes mais plutôt blanchâtres!), à l'ombre d'un arbre, est un gros lion mâle à moitié couché, mais redressant régulièrement la tête. Nous l'observons longuement. Parfois il se lève brièvement, mais seulement pour mieux se recoucher. Bizarrement les springboks se trouvent à peine à quelques mètres et ne semblent pas du tout effrayés. En général les animaux nous semblent très paresseux ici en Namibie: ça doit être la chaleur, ça ramollit tout le monde...
Ravis de cette rencontre, nous continuons l'exploration avec d'autres pistes (certaines bonnes, d'autres pas du tout) et d'autres points d'eau: au Springboks' Point il y a...des springboks, mais aussi des girafes, à l'Elephantenbad il y a trois éléphants...et ainsi de suite. En fin de journée, sur la route du retour au camp, Thomas fait une nouvelle belle découverte: un rhinocéros se dirigeant lentement vers un petit point d'eau sur le bord du Pan (Le pan c'est le salar d' Etosha, quasi complètement à sec à cette saison, énorme étendue d'eau peu profonde à la saison des pluies.) Nous ne suivons un bon moment, il passe à peu de mètres de la voiture - car son sentier est parallèle à la piste - imperturbable. Andréas déclare le rhino son animal préféré.
De retour an camp avant le coucher du soleil comme de rigueur, les petits vont faire trempette et jouer au foot avec les enfants du personnel du camp (c'est sûr, car parmi les touristes force est de constater qu'il n'y a pas un seul noir!). Pendant ce temps les grands s'offrent le coucher du soleil au point d'eau avec les girafes, puis préparent un bon barbecue. Plus tard dans la soirée la famille rhino au complet fait son show, avant de laisser la place aux éléphants. on entend les rugissements du lion, mais nous n'attendrons pas qu'il daigne se montrer: nos journées commencent tôt et nos yeux se ferment le soir avant 22h!
vendredi 8 août
Le réveil sonne à 6h et, à peine le soleil levé et les portes ouvertes, nous quittons Okaukuejo pour un game drive matinal. Nous nous dirigeons d'abord vers l'ouest.
Les animaux sont plus éparpillés dans les plaines, springboks, zèbres, girafes et gnous prennent leur petit déjeuner paisiblement. Nous aimons cette atmosphère tranquille dans les belles couleurs du matin; il y a peu de voitures et la fraîcheur est encore présente. Quelques springboks un peu foufous courent et font des sauts dans tous les sens, ça doit être l'heure de la gym du matin.
Plus tard dans la matinée nous revenons vers Okaukuejo pour le quitter après pour de bon, cette fois en direction de l'est. Nous nous arrêtons aux points d'eau qui se trouvent de part et d'autre de la piste principale. Ici les zèbres nous barrent la route, là les girafes nous accompagnent sur quelques mètres. Nous nous arrêtons pour déjeuner près d'un point d'eau où un troupeau d'une quinzaine d'éléphants s'abreuve et s'arrose de boue. Il y a des petits tous mignons, qui s'enfoncent parfois dans la vase et ont du mal à en ressortir. Nous partons en même temps que le troupeau, qui traverse la piste devant nous. Nous restons à une certaine distance, mais d'autres véhicules s'approchent à peu de mètres des pachydermes impassibles.
Nous arrivons à Halali, le camp du milieu du parc, en milieu d'après-midi. Ici tout est moins bling-bling qu'à Okaukuejo, y inclus le trou d'eau situé un peu à l'écart. Mais lorsque nous nous y rendons, après la traditionnelle pause piscine, nous y trouvons un couple de rhinocéros: monsieur a invité madame à boire un coup et plus si affinités: ils se font de papouilles et se donnent de tendres petits coups de cornes sous les derniers rayons du soleil couchant.
La nuit c'est le tour des éléphants, puis plus rien pendant un moment; n'ayant pas encore sommeil pour une fois, je reste dans les "tribunes" à rédiger ce journal de voyage. Et finalement qui voit-on apparaître? Un beau lion mâle, qui s'allonge la tête près de la mare et boit à grands coups de langues sonores. Parmi les spectateurs on pourrait entendre un moustique voler, tellement tout le monde retient son souffle pour l'apogée de la soirée. Apogée de courte durée, car cinq petite minutes plus tard le roi et repu et repart dans la nuit.
samedi 9 août
Nouveau réveil aux aurores pour un départ de Namutoni peu après l'ouverture des portes, mais les matins se suivent et ne se ressemble pas à Etosha - il y a peu d'animaux à se mettre sous la dent - enfin sous l'objectif de l'appareil photo.
Nous prenons le petit déjeuner près d'un joli point d'eau en compagnie des zèbres qui commencent à arriver en nombre.
Puis nous allons rouler sur le Pan, cette énorme étendue actuellement asséchée, qui est l'étang d' Etosha à la saison des pluies. Immense étendu blanche tout autour, jusqu'à l'horizon.
Puis nous prenons une piste qui longe le Pan que Thomas a repérée sur la carte, et c'est une bonne idée: il y a de grands troupeaux d'animaux en tout genre : des gnous, des zèbres, des grands koudous, des antilopes rousses et des groupes de girafes qui se déplacent dans les plaines ou se régalent des feuilles d'un arbre rencontré en route.
Nous déjeunons près du trou d'eau Chudop, où on dirait que l'arche de Noé des herbivores entière vient de débarquer...mais pas de prédateurs aujourd'hui et je crois bien qu'il faudra faire une croix sur le léopard...du moins ici en Namibie.
Pour ce soir nous avons réservé une place dans le camping de Namutoni: le bâtiment principal est un fort blanc avec ses quatre tours de guet qui a fière allure.
Nous arrivons tôt et pouvons profiter de la piscine mais aussi pour faire un grand ménage, et jouer à un jeu de société avec les enfants.
Nous faisons plusieurs allers-retours au trou d'eau mais celui-ci reste désert tout l'après-midi et la soirée.
dimanche 10 août
Même sans réveil-matin, on se lève en même temps que le soleil, on lève le camp et on va se poser à Chudop, le trou d'eau que nous avion beaucoup aimé la veille. Il n'est pas encore 7h et il n'y a pas beaucoup de vie près de l'eau, mais en regardant un p'tit film, et en jetant un coup d'œil par la fenêtre de temps en temps, on voit les animaux arriver. On finit par laisser tomber le film car le spectacle est dehors: à part les antilopes, élands, girafes, etc. nous pouvons observer ce matin deux hyènes solitaires venues boire l'une après l'autre. Les animaux se reflètent dans le miroir du point d'eau dans la lumière du matin - la photographe n'est pas mécontente.
Lorsque nous nous décidons enfin de bouger sur le coup de 10h (difficilement, car on pourrait y passer la journée, tellement le spectacle est permanent et varié), nous avons en tête une boucle autour d'un Pan secondaire, Fisher's Pan, situé au nord-ouest de Namutoni. Mais d'abord nous remontons un peu plein nord, en pensant d'aller voir deux trous d'eau qui se trouvent par là. Assez rapidement, nous voyons plusieurs véhicules arrêtés sur la piste. En regardant autour pour détecter l'objet de leur intérêt, nous voyons des têtes de félins au-dessus des herbes à l'ombre d'un arbre. Aux jumelles nous voyons qu'il s'agit de guépards! Ils sont trois à faire la sieste, à se lever un peu de temps en temps seulement pour mieux se recoucher. Nous sommes ravis et excités, nous restons un long moment à les observer. Ils sont très beaux ces chats, plutôt plus gros qu'on ne l'aurait pensé.
Du coup le tour du Pan secondaire d' Etosha est assez rapide et d'un intérêt assez limité d'ailleurs - il est déjà midi passé, notre droit d'entrée vient d'expirer. Près du Pan il y a quelques palmiers royaux là où il y a des sources d'eau (assez étonnant) et surtout beaucoup de termitières. Sur le bord de la route asphaltée qui mène de Namutoni vers Von Lindequist Gate nous croisons encore des girafes et des éléphants - la ménagerie nous accompagne jusqu'au bout!
Ces cinq jours à Etosha ont été très agréables comme première expérience de safari. Nous avons appris la patience d'attendre les animaux aux trous d'eau, mais nous avons été ravis aussi des rencontres avec les animaux sur les routes et pistes du parc - les voir se déplacer, se nourrir, évoluer dans leur milieu. Thomas a trouvé le camp d'Okaukuejo surfait, mais en général les capacités d'accueil de la NWR sont très agréables et les enfants ont beaucoup apprécié les piscines présentes dans chaque camp.
La journée continue et se termine avec du repos au Sachsenheim Guest Farm, une ferme en activité qui accueille les campeurs dans un cadre agréable à une trentaine de kilomètres à l'est d' Etosha.
A bientôt pour la suite... | | | Sixième partie: Cap au nord, vers une autre Namibie
Sixième partie: Cap au nord, vers une autre Namibie
lundi 11 août
Nous roulons ce matin, pendant que les enfants dorment encore, vers le petit lac Otjikoto: l'un des deux seuls lacs naturels de Namibie, il a été créé par un effondrement de terrain. C'est une grande cuvette d'une centaine de mètre de diamètre. Par une quarantaine de mètre de fond, gisent encore des chars et des canons allemands de la première guerre mondiale, jetés à la va-vite pour ne pas être confisqués par les sud-africains, lorsque ceux-ci avançaient vers le nord pour s'emparer de la Namibie, ancienne colonie allemande.
Après un petit déj près du lac, nous continuons notre route vers Tsumeb, et embarquons des autostoppeurs: des jeunes qui vont vers l'école après le week-end au village, et une dame avec un bébé, une fille de six-sept ans et...une poule vivante!
Une fois déposé tout ce petit monde, nous allons visiter le musée de Tsumeb: c'est un peu le fouillis entre des objets Ovambo, Herero, Himba et San, des armes repêchées dans le lac et des jolis minéraux des mines des environs - mais les enfants aiment bien! Dans le parc en face du petit musée, une dame tresse des petites boîtes en feuilles de palmiers. Nous lui en achetons quelques-unes et lui donnons aussi quelques vêtements et un peu de nourriture pour ses 3 enfants.
Nous voulons continuer notre route vers Grootfontein, mais le camping-car n'arrête pas d'afficher des messages d'avarie moteur. Nous appelons le loueur qui nous dirige vers un garage. Malheureusement c'est l'heure du déjeuner, nous devons patienter. Nous allons manger au KFC dans le centre commercial de la ville. Avec la-boîte repas-familiale, il y a une bouteille de Coca-Cola de 2l. Seul problème, KFC ne donne pas de gobelets avec les boissons: même pour la grande bouteille, nous ne recevons qu'une paille - une pour quatre et pas moyen de négocier!!
Nous passons une partie de l'après-midi au garage: le propriétaire fait un tour avec Blanche et constate l'anomalie, mais n'est pas équipé du logiciel nécessaire pour accéder aux informations de l'ordinateur de bord: il ne voit rien d'anormal dans le moteur, et nous laisse partir comme on était venus...le véhicule roule, il y a juste une perte de puissance lorsque le message d'avarie s'affiche.
Passé Grootfontein, nous faisons étape au Roy's Camp, un très joli camping avec les espaces communs décorés de façon créative à partir de matériaux de récup. Il y a un espace de jeux que les enfants prennent d'assaut. Il y a même le wifi, et le soir on peut s'assoir autour du boma, un feu d'ambiance situé au milieu d'un cercle de chaises sur lesquelles les hôtes discutent autour d'un verre avant le dîner.
mardi 12 août
Nous ne sommes pas très pressés de quitter Roy's Camp ce matin - l'endroit est vraiment agréable! Les enfants jouent encore un peu à l'espace de jeux ou au jeu d'échecs sculptés en forme d'animaux de la savane. Lorsque nous prenons la route sur le coup de 10h, nous constatons que Blanche roule vraiment bien aujourd'hui, sans messages d'erreur et sans perte de puissance.
Une cinquantaine de kilomètres plus loin, c'est la barrière sanitaire, qui a comme but d'éviter les contacts entre le bétail du nord et celui des grandes fermes du sud. De l'autre côté de la barrière, le paysage change: fini les grandes exploitations et les routes désertes, ici les villages de cases se succèdent, les gens transportent des bidons d'eau ou des roseaux pour fabriquer les toits de maisons, mènent les troupeaux de chèvres ou des charruent tirés par des bœufs.
La route file, droite, vers Rundu, ville-frontière avec l'Angola. Il y a plus de circulation et des camions de marchandises, car il s'agit d'un axe principal qui traverse la Namibie du nord au sud. Le climat est moins sec ici, il y a beaucoup d'arbres, et les gens vendent des fagots de bois pour le feu sur le bord de la route. De l'artisanat aussi, des sculptures sur bois et des poteries.
Lorsque nous nous arrêtons quelques instants dans un village, une quinzaine d'enfants se précipitent vers le véhicule, demandant à manger et de l'argent. Thomas veut faire partager équitablement un paquet de gâteaux, mais peine perdue, le plus fort finit par s'emparer du paquet et se sauve avec en courant. Nous sommes mal à l'aise...
Rundu est la grande ville du nord, pauvre et poussiéreuse. Nous nous arrêtons le minimum de temps nécessaire pour un plein d'essence et pour prendre une pizza à emporter, et nous repartons vers notre lodge situé à quelques kilomètres de là sur les bords de l' Okavango. Kaisosi River Lodge a de beaux salons en bois sculpté et un deck au-dessus de la rivière. Juste en face, sur l'autre berge, c'est l'Angola. On a l'impression qu'on peut traverser la rivière en quelques brasses - certes, s'il n'y avait pas les crocodiles!
Cet après-midi nous partons avec le bateau du lodge pour un sundowner cruise. La vie suit son cours sur la berge angolaise, les femmes lavent le linge, les enfants s'éclaboussent. Ils vivent dans le même type de cases - logique car c'est le même peuple Ovambo qui vit d'un côté et de l'autre de la frontière.
Le soleil se couche côté angolais, les crocodiles font un tour autour du bateau et nous, nous sirotons nos boissons dans ce décor paisible.
Un peu plus tard, une magnifique lune pleine se lève. Nous dînons sur la terrasse du lodge près du boma (brasero), car le froid arrive avec la nuit. Si la pizza de ce midi était bonne, le burger de ce soir est remarquable. Et le vin rouge sud-africain n'est pas mal non plus...
mercredi 13 août
Nous prenons la route avant 8h, direction la bande de Caprivi, cette étroite bande de terre namibienne coincée entre l'Angola au Nord, la Zambie à l'est et le Botswana au sud.
Les villages sont toujours présents le long de la route, mais se font plus rares. Les camions aussi. La route file parallèle à l' Okavango, à quelques kilomètres de la rivière. L'asphalte est bon, et en à peine trois heures, nous arrivons à Divundu, là où la route qui va jusqu'à l'extrémité du Caprivi se sépare de celle qui se dirige vers la frontière botswanaise, en suivant la rivière.
C'est ici, de nouveau en bord de rivière, que nous faisons étape, au très beau Nunda Lodge. Le jardin luxuriant paysagé s'étale autour de la maison principale et la piscine. Il y a un parterre de fleurs même dans les sanitaires. On a du mal à croire qu'il y a six ans il n'y avait rien ici. Le propriétaire, ancien officier de la marine de pêche de Walvis Bay, a construit ce lodge une fois qu'il est parti à la retraite.
Nous nous mettons à l'heure du Caprivi (qui est l'heure du Botswana, une heure de plus que jusqu'à présent) et nous profitons tout l'après-midi de la piscine et du deck au-dessus de la rivière.
| | | Septième partie: Le Panhandle et la bande de Caprivi
jeudi 14 août
En quittant Nunda lodge, la route longe l' Okavango mais se transforme vite en piste. Près de la frontière du Botswana elle traverse un petit parc national, le Mahango Game Reserve.
Une fois les droits d'entrée acquittés, nous prenons une petite piste secondaire, en boucle près de l'eau. Les premières antilopes font rapidement leur apparition. Puis Thomas repère notre premier buffle. On est tous contents, car le dernier des big five n'habite que les zones humides, donc il était absent d' Etosha. Nous pouvons donc dire que nous avons nos "Big 4,5": nous avons vu éléphants, rhinocéros, lions, buffle et guépards au lieu des léopards. Officiellement ce sont les léopards que font partie des Big5 et non pas les guépards, mais nos guépards font au moins la moitié d'un léopard, non? (les guépards se différencient des léopards par leurs "larmes", deux fines bandes foncées qui vont des coins des yeux vers le museau, que les léopards n'ont pas.
Revenons au Mahango: en regardant mieux plus loin dans les eaux marécageuses, il y a énorme troupeau de buffles qui barbotent! Plus près de la piste, d'autres grands mammifères profitent de la boue: ce sont nos premiers hippopotames! Nous nous arrêtons prendre le petit déjeuner (oui, il n'est que 9h du matin!) près de quelques baobabs centenaires. Tout autour de nous une armée entière de singes, accompagnés de beaucoup de bébés, vient boire à la rivière.
En continuant de suivre la petite piste, nous croisons deux beaux éléphants! Des phacochères et des antilopes nous coupent souvent la route, il faut vraiment faire attention!
Cette boucle ne fait que quinze kilomètres, mais nous avons beaucoup apprécié ce petit parc, surtout le fait qu'il se trouve en dehors des sentiers les plus battus, donc il y a peu de visiteurs et de toutes petites pistes qui dénaturent peu les lieux.
À peine avons-nous quitté la route touristique du parc, que nous voilà à la frontière - les formalités ne sont pas compliquées, et le contrôle sanitaire ne se fait pas. Une demi-heure après, nous voilà au Botswana!
La première impression est bonne. Il y a toujours beaucoup de cases rondes traditionnelles, mais tout semble plus propre et plus soigné. Seul l'asphalte se dégrade après le village de Shakawe, nous devons slalomer entre les nids de poule. Heureusement notre lodge n'est pas très loin: il se trouve au bout d'une petite piste s'enfonçant dans la végétation, direction le bord de rivière.
Au Shakawe River Lodge nous découvrons un petit paradis: les lieux communs sont magnifiques, à la décoration soignée mariant matériaux nobles et architecture traditionnelle. Devant le lodge une pelouse toute verte toute douce va jusqu'au bord de l'eau. On oublierait presque l'écriteau "Beware of crocodiles". Notre place de camping se trouve elle aussi tout au bord de l'eau, à l'extrémité de la propriété en aval. Plus proche de la nature c'est difficilement possible...
Nous arrivons au lodge vers 14h, et le chef italien s'active encore près du four à pizza dans un coin du jardin. Nous ne nous faisons pas prier pour goûter à sa cuisine et nous ne serons pas déçus.
En fin de journée nous faisons une balade en bateau, juste nous et notre accompagnateur. Nous sommes sur le Panhandle, là où la vallée de l' Okavango s'élargit, avant de finir en delta. Les plaines marécageuses sont couvertes de papyrus. Dans les berges plus hautes, beaucoup d'espèces d'oiseaux, dont certains très joliment colorés, font leur nid. Sur les bancs de sable, des crocodiles se prélassent au soleil. Ceux que nous voyons mesurent 2-3 mètres, mais apparemment les plus grands peuvent atteindre 7 mètres! Nous avons la chance d'approcher un hippopotame aussi.
Les enfants ont le droit de barrer le bateau, les grands profitent tout simplement du paysage si reposant et des belles couleurs du coucher du soleil.
Le soir les enfants dînent devant un film dans le camping-car, et les parents s'offrent un dîner en tête à tête sur la terrasse du lodge. Le poisson du coin est très bon, et le soufflé au chocolat à tomber par terre.
vendredi 15 août
Nous nous plaisons vraiment au Shakawe Lodge, alors nous décidons de rester un jour de plus, à buller.
Piscine, wifi, jeux de société, ré-pizzas au restaurant, ré-balade en bateau...On voit des spécimens de crocodiles vraiment grands, qui filent dans l'eau lorsqu'on les approche. Sauf un gros vieux garçon, qui reste impassibles. On pourrait compter ses grandes dents pointues qui dépassent de sa mâchoire!
Nous faisons connaissance du couple de managers Belges, qui ont quitté la grisaille du plat pays pour s'installer pour quelques temps à Shakawe avec leur petit garçon d'un an, qui profite de la nature africaine comme un vrai bush baby.
Une très chouette expérience ce petit séjour dans le lodge le plus beau du voyage.
Par contre au moment de payer la facture, nous devons attendre presqu'une heure pour que les employés la préparent puis corrigent les différentes erreurs, qui, ce qui plus est, étaient toutes en leur défaveur.
samedi 16 août Réveil en fanfare pour mon anniversaire par Thomas, qui est pressé de prendre la route tôt, car pas mal de kilomètres nous attendent. Les enfants ne se réveillent même pas lors du passage de frontière, avec les deux arrêts côté botswanais et namibien. Nous prenons le petit déjeuner au même endroit que deux jours auparavant, au bord des plaines marécageuses de l' Okavango dans le Parc Mahango. Les hippopotames s'ébattent au loin, leurs grognements arrivent jusqu'à nous. Les buffles regardent le camping-car passer d'entre les herbes hautes. les zèbres et les kudus ont de l'herbe fraîche à disposition toute l'année - quel luxe par rapport à leurs cousins d' Etosha!
Une fois l'asphalte retrouvé, s'en suit une longue route rectiligne qui coupe au milieu de cette étroite bande de terre namibienne qui est le Caprivi, serré entre l'Angola au nord et le Botswana au sud. Sa plus grande partie est classée Parc National, et même si le coin a beaucoup souffert du braconnage et les animaux se font plus rares, des panneaux placés tous les 10km rappellent la présence d'éléphants. Et effectivement nous les croisons, alors qu'ils se nourrissent des feuilles d'un arbre pas loin du bord de la route.
Les villages se font plus rares, mais lorsqu'il y en a cela se voit aisément que c'est le week-end. Tout le monde, endimanché, est de sortie, et l'attraction principal est le marché: souvent une ou deux camionnettes vendant quelques légumes, autour desquelles le village entier se précipite.
Aujourd'hui nous avons décidé de faire étape sur la rivière Kwando, qui vient elle aussi de l'Angola pour nourrir une partie du delta botswanais. Choisi sur des critères d'accessibilité, le camping Camp Kwando est une mauvaise pioche: bien qu'installé dans un site sympa en bord de rivière, qui nous offrira un magnifique coucher de soleil, les installations ne sont pas bien maintenues, le personnel s'en fiche un peu et en plus les tarifs sont des plus élevés. Alors qu'on avait prévu d'y passer deux nuits et de partir en excursion avec eux, nous écourtons cette étape et nous repartons dès le lendemain matin.
Petite anecdote, les toilettes sont très "rustiques", dehors en fait, au pied d'un arbre, entourées d'une clôture de bouts de bois. Quand j'y vais le soir, une paire de petits yeux rouges m'accueille, sur un petit corps gris, couvert de fourrure. Je ne suis pas restée longtemps pour étudier l'animal et me suis sauvée en criant. Apparemment c'était une mangouste...
dimanche 17 août
Nous quittons le Camp Kwando après le petit déjeuner. Suite à notre réclamation concernant l'état des installations, on nous fait grâce du coût du camping. On n'en demandait pas autant.
Tout près de là nous allons visiter le Lizauli Traditional Village, une enceinte de village traditionnel du Caprivi réalisée à des fins de démonstration pour les touristes. Les explications du guide sont très intéressantes, les enfants aiment la visite. On nous montre comment on fait moudre le millet, comment on tresse les feuilles de palmiers, comment on stocke les graines, comment on utilise les instruments de musique.
Puis nous continuons notre route vers le bout de la bande de Caprivi. La ville namibienne la plus à l'est est Katima Mulino. Nous y faisons un bref arrêt pour quelques courses, puis nous nous dirigeons vers la frontière botswanaise. Il y a un contrôle sanitaire, mais heureusement l'inspectrice n'est pas très zélée et nous pouvons garder les plupart de nos produits interdits.
Les formalités d'immigration vite expédiées, nous voilà sur le territoire du Parc National de Chobe qu'une belle route goudronnée traverse en direction de direction Kasane.
Nous y arrivons sur le coup de 16h et c'est déjà tard pour la petite ville très touristique qu'est Kasane: notre premier choix de camping affiche complet, le deuxième aussi... Nous atterrissons au camping du Kubu lodge, à quelques kilomètres en dehors de la ville. Le lodge est beau, avec des pelouses manucurées qui descendent jusqu'à la rivière Chobe et un charme un peu ancien mais certain. Des impalas et des phacochères font leur vie dans l'immense jardin, et Thomas et les enfants essayent bien sûr la piscine, pendant que je me détends un peu sur un transat après la journée de route.
Le camping par contre est poussiéreux et les mesures de sécurité qui sont prises ("Mettez-vous près des autres véhicules pour qu'on puisse mieux vous surveiller") ne nous permettent pas de nous sentir très à l'aise...
Les enfants font griller des chamallows, ils ne leur faut pas plus pour être contents.
A très bientôt pour la suite. | | | À: Corina25 · 22 octobre 2014 à 13:47 · Modifié le 22 oct. 2014 à 14:20 Re: Géonautes en Afrique Australe: 5000 kilomètres, 5 semaines, 4 aventuriers et un camping-car ( Namibie et Botswana) Message 10 de 33 · Page 1 de 2 · 11 924 affichages · Partager Huitième partie: Les grandes rivières, du Chobe au Zambezi
lundi 18 août
Nous nous présentons à l'accueil du Chobe Safari Lodge dès 8h30, et, alors que soit disant ils ne prennent pas de réservations à l'avance, nous obtenons péniblement la dernière place de camping, qui n'est même pas libre finalement. On nous case au beau milieu du camping, sur une place qui n'en est pas vraiment une, mais c'est plutôt pas mal. L'intérêt de cet endroit c'est qu'il se trouve à la limite entre Kasane et le Parc National de Chobe. Depuis les terrasses au-dessus de la rivière on peut apercevoir à toute heure de la journée les troupeaux d'éléphants venus s'abreuver... il y a une belle piscine, un restaurant proposant des riches buffets...bref un peu de détente en perspective, ce n'est pas pour nous déplaire.
Alors que les enfants enfilent leurs maillots pour aller se baigner, Thomas s'en va chercher en ville Charles, qui nous a été recommandé sur VoyageForum, et nous organise le programme des prochains jours par son intermédiaire.
L'après-midi même nous partons en balade en bateau avec Charles à Chobe Riverfront. Il y a une île entre le Botswana et la Namibie sur la rivière Chobe et une faune d'une densité extraordinaire traverse le bras de rivière vers celle-ci depuis le Parc de Chobe. Il y a des éléphants par dizaines, de buffles, des hippopotames, des antilopes, des crocodiles qui se prélassent au soleil et beaucoup d'oiseaux - cigogne, aigle pécheur, marabout, héron et tant d'autres.
Avec son petit bateau juste pour nous, Charles peut approcher les animaux de très près: c'est une très belle balade qui nous offre des images inoubliables, telles que celle de deux éléphants traversant le canal à la nage.
Charles nous dépose sur le ponton du camping - qui se situe juste à côté de l'entrée du Parc National en bateau - dans la lumière dorée du coucher du soleil. Quel après-midi!
mardi 19 août
Tout le monde est tôt sur le pont ce matin, car pour l'anniversaire de nos 14 ans de mariage nous avons prévu d'aller voir les Chutes Victoria. Pour cela il faut rentrer dans un nouveau pays, le Zimbabwe.
Lorsque nous faisons la connaissance de ceux qui seront dans le même minibus que nous pour la journée, quel ne fut notre étonnement de rencontrer de nouveau le jeune et très gentil couple qui nous a désensablés au Brandberg!
Nous patientons ensemble, avec eux et deux jeunes américaines, que le douanier zimbabwéen daigne finir son café (le guide nous raconte que parfois ils jouent aux cartes dans leur bureau alors qu'il y a la queue au guichet - vive Mugabe!).
Plus légers de 30 dollars par tête en frais de visa, nous pouvons enfin continuer notre route. Une centaine de kilomètres séparent la frontière Botswana/ Zimbabwe de la ville de Victoria Falls.
Nous arrivons sur le coup de 9h, et nous avons la journée devant nous pour profiter du site. Nous faisons le tour des différents points de vue. Souvent les singes nous accompagnent.
À cette époque le débit des chutes n'est pas au plus haut, ce qui a l'avantage qu'il y a moins de brume et donc une visibilité meilleure. Les plus hautes des plus grandes chutes d'eau du monde (mais pas du tout les plus hautes du monde!), les chutes Victoria se précipitent depuis des falaises hautes de jusqu'à 107m dans un canyon étroit. Nous sommes sur le bord du canyon d'en face, côté zimbabwéen, alors que les chutes sont en Zambie.
Même si ça n'a pas la beauté d'Iguaçu, c'est impressionnant. L'abysse dans lequel tombe le Zambèze est très étroit, on n'en voit le fond que d'un seul point de vue.
Ce qui est déconcertant c'est qu'on voit des gens pêcher ou se baigner dans le fleuve côté zambien juste avant la cassure de la pente, on a l'impression qu'ils vont se précipiter dans le vide avec le fleuve d'un moment à l'autre.
Le nombre de visiteurs n'égale lui non plus celui d'Iguaçu, et à part le point de vue le plus impressionnant, là où il faut grimper sur les rochers pour voir le fond du canyon, où il y a du monde, nous parcourons le sentier tranquilles. Les enfants se balancent sur des lianes, ici c'est la vraie jungle, arrosée en permanence, verte et épaisse.
Après les Chutes, nous allons voir le pont qui traverse le Zambèze quelques centaines de mètres vers l'aval, et représente la frontière entre les deux pays. Il date de plus de cent ans. Il offre une vue partielle sur les chutes et surtout le spectacle de ceux qui sautent à l'élastique du milieu du pont, dans un précipice de 111m. On ne se lasse pas de les regarder, installés à une terrasse côté zambien pour déjeuner d'un burger ou de sandwichs-frites.
Nous faisons un petit tour au très bel hôtel Victoria Falls côté zimbabwéen, qui a la classe de ces élégants bâtiments du début du XXème siècle qui a su traverser le temps avec élégance et rafinement. Dans ses salons on prend encore le thé à 5 heures pendant qu'un musicien joue de la musique d'ambiance au piano à queue.
La journée à Victoria Falls se termine avec un tour au marché artisanal, d'où nous revenons avec des objets en bois négociés comme au souk.
Et le soir, nous dînons tous les quatre au restaurant du lodge, avec une bouteille de Cabernet Sauvignon sud-africain pour les parents, pour finir de fêter ces 14 ans de mariage, avec desserts à volonté pour les "fruits de notre amour". | | | Bonjour Corina,
Comment ai-je pu louper ton carnet ? Belles photos, belles rencontres...
Qu'elle n'est pas ma surprise de voir que vous avez retrouvé ma girafe "avatar" 
Bon je continue cette lecture passionnante. Le Botswana approche (en avril prochain j'y serai  ) alors j'ai hâte de te lire.
A plus
Emma | | | Neuvième partie: Les éléphants de Chobe
mercredi 20 août
Nouveau réveil assez tôt pour une journée safari dans le parc de Chobe. À 8h nous retrouvons Philip, notre guide. Après quelques courses pour le piquenique du midi, avec les boissons au frais dans la glacière, nous franchissons les portes du parc et nous prenons des petites pistes sablonneuses. Ce matin les herbivores sont des sorties, impalas (les McDonald's du bush, car ce sont de la nourriture rapide & facile pour les prédateurs et en plus ils ont des rayures en forme de M sur le derrière), kudus, etc.
Nous suivons le riverfront, la partie du parc qui longe la rivière Chobe. Il y a beaucoup d'oiseaux (nous admirons l'oiseau national du Botswana, très coloré), d'hippopotames et de crocodiles.
À un moment donné, Thomas attire l'attention de Philip avec une question, celui-ci ralentit l'allure et...nous nous ensablons! Pour nous, l'épisode est beaucoup moins stressant que lorsque nous nous sommes ensablés avec notre camping-car, et nous aidons tous de bon cœur pour nous en sortir. La situation n'est pas dramatique, la piste est dure à seulement quelques mètres. Toute la famille dégage et pousse le 4x4 et au bout d'une petite demi-heure nous sommes hors du pétrin!
À peine nous sommes-nous engagé sur une autre piste, qu'un énorme troupeau d'une centaine d'éléphants traverse à 3-4 mètres du capot pour aller s'abreuver. C'est magique et un peu effrayant en même temps. Notre guide explique que les éléphants ont une très mauvaise vue, que tout ce qu'ils voient est un gros cube (le 4x4), et ne distinguent pas les personnes dedans. Nous devons juste nous abstenir de faire trop de bruits.
Dans les parties plus sèches du parc nous croisons des girafes et des zèbres, des kudus et encore des éléphants en train de se reposer à l'ombre d'un arbre. Lorsque nous passons justement à côté d'un groupe de buffle couchés à l'ombre, en route vers notre lieu de piquenique du midi, le 4x4 s'ensable une deuxième fois. Les enfants reçoivent l'instruction formelle de rester dans le véhicule et surveiller les buffles (pour rappel ceux-ci font partie des Big5, les animaux les plus dangereux du bush). Les adultes désensablent à gros coups de pelle. Mais la situation n'est pas simple, car le sable est très profond bien avant et bien après le lieu de l'ensablement. Nous arrêtons un 4x4 passant pas là et le prions de nous tirer.
Après le déjeuner, nous devons encore faire avec un troisième et dernier ensablement. La voiture est clairement défaillante, même si elle vient de sortir la veille du garage...Mais nous avons quand même passé un bon moment, à observer une faune riche et diversifiée, même si nous n'avons pas eu la chance de croiser de félins. Tout comme Charles, Sandra et Tony, nos accompagnateurs des jours précédents, Philip aura été très sympa - nous avons rencontré que des chouettes personnes à Kasane!
Après la journée sur les pistes de Chobe, les enfants sont récompensés avec deux heures de piscine et un nouveau dîner au restaurant aux bons desserts, et les parents peuvent profiter d'un dernier beau coucher de soleil sur la rivière.
jeudi 21 août
Ce matin c'est grasse mat' et farniente. Après deux journées d'excursions, il faut bien ça. Les enfants jouent autour de la piscine, maman fait un peu d'intendance au camping-car. Après un dernier déjeuner au bar du Chobe Safari Lodge nous quittons Kasane, pour nous arrêter une vingtaine de kilomètres plus loin, dans la vallée de Lesoma. Senyati Safari Camp est un lieu magique: situé dans le Parc National, il a son propre trou d'eau, où les animaux viennent s'abreuver. C'est surtout le royaume des éléphants, qui viennent par groupes, tout l'après-midi et une bonne partie de la nuit.
Dès la phase de préparation du voyage, je voulais beaucoup qu'on s'arrête à Senyati, mais sachant l'accès difficile, j'appréhendais les pistes sablonneuses du coin. Tous renseignements pris auprès de Charles et Tony, Thomas se lance sur la piste qui nous semble la plus adaptée à notre lourde monture, et ouf, nous arrivons à bon port!
Suite à une erreur de réservation (la place du camping qui nous est attribuée est déjà occupée), la propriétaire nous propose de loger dans le bungalow le plus spacieux du lodge, au prix du camping. Elle nous souhaite "Joyeux Noël!" et c'est effectivement un beau cadeau avec grand salon, deux chambres spacieuses, deux salles de bain et une vue imprenable sur le trou d'eau.
Les éléphants arrivent en même temps que nous, sur le coup de 16h. Et nous pouvons les admirer de très près, car le lodge a construit une cachette sous terre à seulement 3-4 mètres de l'eau et des pieds des pachydermes. C'est un peu intimidant, car on se sent très fragile, même si le petit bunker se trouve sous une dalle de béton! Mais la cachette est fantastique pour regarder les éléphants boire et se baigner de tout près, et les appareils photos mitraillent sec en cette fin d'après-midi!
La terrasse du "bar avec la plus belle vue du monde" est tout aussi agréable, et c'est un peu irréel de surfer sur Internet au fin fond du bush tout en regardant les éléphants jusqu'à tard, car le trou d'eau est éclairé et le spectacle est permanent. Il y a aussi des girafes, des impalas et même un raton (honey-badger) qui s'approchent craintivement de l'eau, mais laissent la meilleure place sous les projecteurs aux stars incontestées qui sont les éléphants.
vendredi 22 août
Cela fait presqu'un mois que nous n'avons pas dormi dans une vraie maison, alors ce matin c'est grasse mat' et pour le petit déjeuner pancakes pour tout le monde! L'étape Senyati aura été en effet un vrai cadeau, inoubliable!
Nous levons le camp sur le coup de 11h, stressés encore une fois par les pistes sablonneuses à parcourir pour rejoindre la nationale. Mais Thomas s'en sort encore une fois comme un chef et nous voilà assez rapidement sur la longue ligne droite qui descend vers Nata. On aperçoit parfois des éléphants ou des girafes, mais en général la route est monotone. Mais l'asphalte est bon et nous ne mettons pas plus de trois heures pour rejoindre le grand carrefour qui est Nata. Le village a poussé autour du croisement du grand axe Gaborone - Maun avec la route de Kasane. Il y a deux ou trois stations-essences, quelques petits magasins, pas grand-chose d'autre...
À 10 km de là vers le sud nous faisons étape au Nata Lodge, la petite sœur du Chobe Safari Lodge. Nous atterrissons directement au restaurant pour déjeuner et nous passons le reste de l'après-midi autour de la piscine. Il faut bien ça pour récupérer après 300 km de route... et demain on remet ça! | | | Merci Emma! La suite et fin de l'histoire arrive petit à petit...d'ici la fin de la semaine j'espère! Bonne préparation du voyage au Botswana (j'ai les coordonnées d'un bon guide sur Maun si tu veux, en plus de celles de Charles sur Kasane qui est déjà connu sur le forum ;)
Corina | | | Dixième partie: Vers Moremi et des nouvelles rencontres
samedi 23 août
La route Nata - Maun est tout aussi monotone que celle de la veille, à part le fait que par endroit les nids de poules sont grands et nombreux comme les chèvres qui traversent parfois, alors il faut redoubler d'attention. D'ailleurs on se prend un gros trou à 100km/h et l'arrière part un peu sur le côté, mais heureusement Thomas arrive à redresser et on s'en sort juste avec une petite frayeur.
Maun est une "grande ville" (75000 habitants) aux abords du Delta de l'Okavango, dont les eaux disparaissent définitivement dans les sables du Kalahari un peu plus au sud. C'est une ville éparpillée et peu attrayante, mais pratiques pour faire les pleins (supermarché, essence) et organiser les excursions des prochains jours. Car Maun est la ville la plus proche du Parc National de Moremi, qui partage avec Chobe la plus grande concentration d'animaux du pays et peut-être de toute l' Afrique Australe, et du dédale des canaux qui forment le delta.
Nous allons nous poser directement au Island Safari Lodge, peut-être le meilleur lodge du coin, avec sa grande piscine et son camping les pieds dans l'eau. Nous allons y passer cinq nuits.
dimanche 24 août
La journée est dédiée à l'organisation du programme des prochains jours, mais cela n'est pas si facile car c'est dimanche et les personnes qui pourraient nous renseigner au mieux sont souvent absentes. Malgré tout on se rend compte, après avoir fait le tour des agences, qui les tarifs que propose notre lodge ne sont finalement pas mauvais du tout, et c'est avec l'accueil de celui-ci que nous poursuivons les négociations.
En fin de journée nous louons un canoë et allons faite un tour sur le bras d'eau dans la belle lumière du soleil couchant. Toute la famille pagaie de bon cœur avec plus ou moins de dextérité et d'efficacité.
lundi 25 août
Le réveil sonne à 6h (dur, dur!), car aujourd'hui on part en excursion à Moremi. À 6h30 nous avons RDV avec Deutch, qui sera notre guide pour la journée. nous sommes habillés chaudement, en plus il y a des couvertures dans le véhicule de safari - mais rien n'y fait, à 80 km/h sur la route d'approche de Moremi nous avons très très froid dans la voiture ouverte à tous les vents. Nous mettons les enfants dans la cabine, au moins eux ils auront chaud!
Nous passons le Buffalo Fence (double clôture qui sépare les buffles sauvages du bétail d'élevage), puis nous franchissons les portes du parc. Deutch nous emmène vers les Black Pools, zone humide recherchée par les animaux. Ils sont nombreux au bord de la piste, impalas, springboks (enfin on fait la différence entre toutes ces antilopes!), autruches, koudous, girafes. La piste est juste une double trace de pneus au milieu des plaines ou des forêts, c'est tout. Parfois il faut se faufiler entre les arbres.
À un moment donné notre guide aperçoit des traces fraîches de pas de lion sur la piste. Je regarde sur le côté de la route et, au bout de quelques secondes, j'y crois pas à mes yeux: une lionne est là, à quelques mètres de nous, derrière le buisson. Je n'ai pas envie de crier mon excitation, pour ne pas l'effrayer, mais je dois quand même attirer l'attention des autres: "Elle est là, juste là, la lionne!". Notre guide pile, fait une petite marche arrière. Il quitte la piste pour s'approcher de l'animal. Nous sommes juste à côté. Deutsch nous avertit que peut-être le mâle n'est pas loin. Au bout de deux-trois minutes à nos regarder, la lionne se lève et va se poser à l'ombre d'un buisson quelques mètres plus loin. Deutch manœuvre pour l'approcher par l'autre côté. À peine a-t-il coupé le moteur qu'effectivement un lion apparaît pour aller se coucher à côté de la lionne. C'est un jeune mâle de trois ans environ qui n'a pas encore quitté sa mère, même s'il est plus grand qu'elle. Il a une blessure sur le dos, suite à une bagarre avec d'autres lions, sans doute. nous les o servons un bon moment. Les enfants sont ravis d'être tout près des lions, qui semblent bien inoffensifs là à sommeiller à l'ombre.
Après un long moment, nous décidons de partir vers d'autres découvertes. Mais le reste de la journée nous semble bien fade niveau animaux, après cette incroyable rencontre avec les Big Cats. Pourtant, les girafes sont nombreuses et les 'pools' sont truffés d'hippopotames ne sortant que le haut de la tête de l'eau.
Nous pique-niquons au bord des lacs, puis continuons le game-drive avec moins de succès que dans la matinée, probablement en raison de la chaleur assez étouffante.
On quitte la réserve vers 15h, et, vue que Thomas est un peu déçu de rentrer déjà à Maun, notre guide décide de nous offrir un autre type de safari: du off-road sur des minuscules pistes (voire pas de piste du tout) dans le bush, vers des trous d'eau connus par lui seul. C'est un rallye comme on n'en a jamais fait, à éviter les branches des arbres de justesse, voire à rouler dessus. C'est étroit, ça tourne, ça monte et ça descend, bref ça décoiffe et on adore!
On arrive à un trou d'eau où un groupe d'éléphants sont en train de s'abreuver. Ils sont é-normes, que des mâles, souvent plutôt vieux. Nous sommes impressionnés et restons à les observer jusqu'à ce qu'ils quittent les lieux.
La lumière décline, les ombres s'allongent lorsque nous retrouvons enfin la piste principale. Nous n'arrivons à Maun que vers 19h, très fatigués par une journée bien longue, mais ravis de l'expérience.
mardi 26 août
C'est une journée technique et de repos, après le safari de la veille. Grasse matinée, quelques courses, piscine et internet à l'heure de l'apéro au bar du lodge au bord de l'eau, n'oublions pas qu'on est en vacances - et d'ailleurs elles seront bientôt finies, les vacances...! | | | Onzième partie: Le Delta de l'Okavango depuis l'eau et le ciel
mercredi 27 août
Aujourd'hui nous partons explorer le delta de l'Okavango en bateau, direction Chief's Island. Moremi, le chef des tribus BaTswana, qui a transformé le territoire de la réserve d'aujourd'hui en zone protégée, avait sur la plus grande île du Delta son territoire de chasse privé. Les choses n'ont pas tellement changé aujourd'hui, Chief's Island étant toujours privatisée par quelques lodges de luxe qui ont loué des "concessions" (territoires privatisés pour une durée de 10 ou 20 ans) à l'État. Voilà pourquoi, à part si on est prêt à débourser 2000 USD par personne et par jour pour un fly-in (séjour de luxe tout compris avec arrivée en petit avion depuis Maun), on ne peut pas loger ou camper sur l'île aujourd'hui. On peut néanmoins l'approcher par les eaux, comme nous l'avons fait, en excursion à la journée.
Nous remontons d'abord la rivière Tamalakane vers le Buffalo Fence, puis nous pénétrons dans le delta sauvage. La végétation est assez différente de celle du Panhandle, faite de roseaux, herbes hautes et nénuphars plutôt que de papyrus. Nous empruntons des canaux parfois pas plus larges que notre bateau, mais notre guide Cobra (rien que ça!) connaît bien ce dédale qui nous semble impénétrable, et fonce sur les eaux claires. L'eau est parfois si peu profonde qu'on craint l'ensablement, et pourtant c'est la saison avec le plus de volume d'eau: cette excursion est impossible à faire pendant l'été, de décembre à février.
Nous rencontrons un premier éléphant, un mâle énorme, qui se nourrit au bord du canal. On l'approche à quelques mètres. Diane est sur la plage avant du bateau, tout près. L' éléphant, curieux, s'approche pour voir qui sont les visiteurs. On panique un peu, on dit à Diane de reculer. Et c'est là qu'on se rend compte que le bateau est enlisé dans la vase! Heureusement l'éléphant perd son intérêt envers nous, et reprend son repas. Cobra utilise un long bâton en bois pour pousser le bateau. Il nous explique par la suite qu'il n'était pas inquiet, que l'éléphant n'avait pas une attitude agressive. Ouai mais d'aussi près c'est vraiment intimidant!
Nous continuons la navigation et nous rencontrons d'autres éléphants, en petits groupes, des bubales roux (antilopes lychwe, adaptées par-dessus tout au milieu marécageux), un couple de koudous sur une termitière, des crocodiles, et de nombreux oiseaux. Nous faisons la pause-déjeuner dans une hippo pool, un endroit peu profond préféré par les hippopotames. Ils sont cinq ou six à nous observer à une distance rassurante.
Sur le chemin du retour, nous croisons une magnifique girafe et nous observons un éléphant secouer un cocotier pour en faire tomber les fruits. La croisière est vraiment reposante et agréable, à glisser sur les canaux et à admirer cette nature superbe - on mesure notre chance d'avoir pu nous offrir ces vacances si dépaysantes!
Pour finir en beauté, nous nous sommes réservé un dernier cadeau: un survol du delta en hélicoptère! Au retour, nous nous arrêtons au buffalo fence, dans le village des pilotes de mokoro, ces frêles embarcations traditionnelles: nous sommes un peu en avance, nous avons le temps de déambuler dans le village de cases. Nous jetons un œil au tuck shop, petit magasin de brousse qui vend des biens de première nécessité - savon, soupes en sachet, huile, bière...C'est une minuscule baraque en bois de 4 mètres carrés, mais il y a quand même un frigo (ou congélateur ?) à gaz.
Puis nous nous rendons compte que l'hélico est déjà là, alors en avant pour cette expérience un peu hors de l'ordinaire! Diane, qui a déjà fait de l'hélico avec maman à Iguaçu, nous attendra cette fois au sol avec Cobra, car malheureusement il n'y a que trois places passagers. Après quelques brèves consignes de sécurité de la part du jeune pilote, on est dans les airs très vite, au-dessus de l'immensité vert et bleue. Nous mesurons enfin son étendue, les zones inondées et sèches s'alternant jusqu'à l'horizon lointain.
On vole à une centaine de mètres de hauteur, et on aperçoit aisément les canaux dessinés par les éléphants et les hippopotames. Deux éléphants avancent, l'un derrière l'autre, sur un de ces "sentiers". Il y a aussi des troupeaux de zèbres, de bubales roux, d'impalas. Andréas est très impressionné, il n'arrête pas de dire au pilote "It's incredible!", "It's amazing".
Les pêcheurs rentrent au village sur leurs frêles mokoros dans la lumière du coucher de soleil, et nous nous posons à notre tour. Ce survol a bien complété notre image de l' Okavango, autour duquel s'est construit une bonne partie de notre voyage. Et dire qu'il n'arrive jamais à la mer...
En traversant de nouveau le village vers notre bateau, Andréas aperçoit des ados jouer au foot. Bien sûr il insiste pour les rejoindre le temps de parer (ou pas) quelques tirs au but. Nous rentrons au camping après le coucher du soleil, ravis de notre journée. Notre séjour dans la région de Maun et du Moremi prend fin d'une bien belle manière...
| | | Douzième partie: Trans-Kalahari, de Maun à Windoek, et petit bilan
jeudi 28 août
Après cinq nuits au même endroit, aujourd'hui c'est journée de route. Une fois les pleins faits (courses, essence), nous nous dirigeons vers Ghanzi à l'ouest du Botswana. Nous devons reprendre l'avion à Windhoek samedi soir, il est temps donc qu'on s'en rapproche. Nous avons décidé de fractionner les quelques 800 km qui séparent Maun de la capitale de la Namibie en trois étapes, pour éviter les jours où l'on ne fait que rouler - nous voulons une fin de vacances cool, histoire de ne pas rentrer fatigués.
Nous quittons la région inondée du sud du delta pour une région plus aride, celle du Kalahari. Nous passons un dernier contrôle sanitaire, et quittons donc le nord du Botswana avec son élevage de subsistance et rentrons dans le sud avec ses grandes propriétés clôturées. Les arbres d'acacia sauvage sont en fleur, ça n'a pas l'air si sec que ça en ce début de printemps, mais c'est une illusion car la végétation dominante ce sont quand même les buissons à épines propres aux régions arides. Ici le Kalahari n'est pas un désert de sable et de roche (c'est le "bush"), mais il ne faut pas oublier que c'est le désert le plus vieux du monde.
Passé Ghanzi, nous faisons étape au Tahkadu Camp, une game farm situé au bout d'une petite piste cahoteuse.
Nous avons choisi ce camping car ils organisent des visites chez les San (bushmen) qui habitent sur la propriété. Les San sont le peuple le plus ancien d' Afrique australe, des chasseurs-cueilleurs nomades qui se trouvaient ici bien avant l'arrivée des tribus d'éleveurs bantoues depuis l'Afrique centrale. Ils ont gardé leur mode de vie ancestral jusqu'à très récemment, et de ce fait ont fait l'objet de nombreuses études anthropologiques. Leur mode de vie est actuellement en train de disparaître, car, s'ils ont gagné auprès de la Cour Internationale de Justice (en portant plainte contre l'État du Botswana) le droit de vivre de façon nomade dans le Kalahari (l'État veut les sédentariser), la chasse leur est interdite, et ils ne peuvent donc plus assurer leur subsistance de manière traditionnelle.
Diane et moi avons donc participé à un "bush walk" avec les Sans, autrement dit une démonstration des occupations et des "survival skills" ancestrales. Nous nous sommes retrouvées avec un groupe de huit polonais qui n'arrêtaient pas de mitrailler avec leurs appareils photos, de façon un peu trop insistante à notre goût. Mais les San avait l'air d'avoir l'habitude...
Les San ont un physique bien particulier, ils ont assez petits et très minces, ont la peau plus claire que d'autres africains et les pommettes hautes.
Après le salut traditionnel, avec le bras tendu et la main sur l'épaule de l'autre, ils nous ont montré comment on fait les feu avec deux bouts de bois et des herbes sèches, les différentes plantes médicinales, comment on trouve de l'eau dans des racines...
Le camp de huttes traditionnelles (ou la famille qu'on a rencontré ne vit pas de façon permanente!), était tout près du camping. Le soir, en entendant les chants, nous sommes allés y faire un tour avec Thomas. Assis sur des fauteuils en cercle autour du feu, d'autres touristes avaient pris notre place, et les San dansaient et chantaient pour eux.
Bref, c'est une manière comme une autre de gagner sa vie, mais du coup c'est un peu une vie de spectacle... À quand une émission de télé-réalité "vis-ma-vie de bushman?" J'exagère un peu, car notre visite a été quand même intéressante pour Diane et moi, mais de leur côté, à force d'en faire, ils deviennent professionnels et chaque jour probablement un peu plus éloignés de leur manière traditionnelle de vivre...
De notre côté, ce dernier soir au Botswana a été aussi celui du dernier braai... on a beaucoup aimé ces soirées autour du feu à griller l'excellent viande et les chamallows!
vendredi 29 août
Nous continuons notre route vers la frontière namibienne, que nous traversons tout en gagnant une heure, car on recule les montres. Peu de kilomètres après, nous faisons déjà étape chez Zelda's, un gamefarm un peu comme celui de la veille. C'est un camping très bien tenu, aux emplacements herbeux bien agréables. Il y a des jeux pour enfants, un trampoline...de quoi passer un bon après-midi de fin de vacances pour nos Schtroumfs. Il y a sur la propriété des émus, un porc-épic et un léopard dans un enclos! Nous sommes contents d'observer, même si ce n'est qu'en captivité, le seul des big five que nous n'avons pas aperçu en safari!
Occasion de dire un mot sur les campings: Que ce soit en Namibie ou au Botswana, ceux-ci sont vraiment très agréables et bien aménagés, les emplacements sont grands, il y a le plus souvent une piscine (les enfants ont beaucoup apprécié!) et parfois des douches-toilettes privatives. Bref un excellent standing et une très bonne manière de séjourner de façon économique dans ces pays. Nous avons payé en général entre 20 et 30 euros la nuit pour nous 4, les enfants payant presque tout le temps moitié prix. Le budget camping n'est donc pas négligeable (environ mille euros pour nous pour 5 semaines), mais ça le vaut largement vu la qualité des aménagements. Dans ces conditions, on a été peu enclins à bivouaquer, et nous n'avons d'ailleurs bivouaqué qu'une seule fois de façon probablement un peu illégale dans le Namib-Naukluft (sur le parking du départ de l'Olive Trail).
Petit bilan du Botswana:
Le pays est un peu plus riche et plus dynamique que son voisin namibien. Il y a moins de ségrégation raciale aussi. Les activités touristiques sont plus chères, surtout dans Moremi.
Les botswanais sont souriants et d'une extrême gentillesse.
Les parcs nationaux sont peu ou pas aménagés pour le tourisme (campings, pistes), et ce n'est peut-être tant mieux pour les préserver.
Notre endroit préféré (hébergement): Shakawe Lodge sur le Panhandle
Nos visites préférées: Le tour en bateau avec Charles à Chobe Riverfront, l'observation rapprochée des éléphants à Senyati.
Petit bilan Namibie:
La Namibie a comblé notre désir de nature sauvage et grandiose. Beaucoup de diversité au niveau des paysages. Les namibiens sont tous extrêmement gentils mais il y a malheureusement encore une distance énorme entre le blancs, qui possèdent tout, dirigent mais ne font jamais le travail manuel, et les noirs, qui soit ont la chance d'avoir un travail et bossent dur pour s'assurer une vie à peu près correcte, soit vivent dans la pauvreté, que ce soit dans la capitale ou à la campagne.
Seule exception notable, les fonctionnaires de la NWR (organisme qui s'occupe des parcs nationaux) qui souvent ne sont pas très aimables, et ils n'ont pas l'air à se tuer au travail. Mais ceux-là ont dû étudier et passer des concours pour gagner le droit de se la couler douce...
Notre endroit préféré (hébergement): White Lady Lodge, un vrai oasis dans un paysage désertique magnifique, au pied du Brandberg
Nos visites préférées: Les dunes autour de Sossusvlei et le Deadvlei, le Spitzkoppe, le Parc Mahango sur l' Okavango, et (en ce qui me concerne) Etosha et ses trous d'eau.
Nos restaurants préférés: celui du Sossus Lodge à Sesriem et son barbecue aux 12 sortes de viande de brousse, Kükki's à Swakopmund avec son poissons et ses fruits de mer aux prix tous doux.
Vacances aussi dépaysantes qu'escompté, ce séjour nous a offert une bonne coupure et une très belle expérience de l' Afrique Australe. Le camping-car nous a apporté, à nous et aux enfants, le confort d'un intérieur stable et disponible à tout moment. La clim' a été un plus agréable, mais sinon Blanche était moins bien conçue que notre ancien camping-car européen: l'espace était plus exigu et moins confortable. Mais ce voyage nous a aussi rappelé que les pistes et la tôle ondulée, quand tout vibre tellement qu'on a l'impression que le véhicule va se désintégrer, ce n'est vraiment pas agréable.
On reviendra un jour en Namibie, à deux et en 4x4 pour un road trip "en dehors des sentiers battus" ( Fish River Canyon, Côte des Squelettes, Kaokoland) et au Botswana pour traverser Chobe et Moremi en self-drive. Pour cette fois, avec les enfants, cela aurait été beaucoup trop éprouvant pour eux. On en a déjà fait bien assez comme ça, environ 5000 km et environ 100 heures de voiture, ce n'est pas rien!
Deux mois après le retour d' Afrique australe on ne s'en lasse pas de regarder les photos et de se dire combien ce voyage a été exceptionnel! Nous avons plongé le temps des vacances dans un autre monde, dépaysant et exotique à souhait. Encore une fois la nature nous a stupéfaits, que ce soit par les merveilleuses couleurs des paysages ou par la diversité de la faune. Encore une fois nous mesurons notre chance, dans un monde de plus en plus secoué par les conflits et éprouvé par les changements climatiques et la course effrénée à la consommation, d'avoir pu profiter d'un coin de paradis tranquille, d'avoir découvert à notre rythme la vie de la savane namibienne et du delta botswanais. Nous avons croisé des gens d'une grande gentillesse qui nous ont rassurés sur le fait que dans l'Afrique d'aujourd'hui le contact simple et désintéressé est encore possible. Nous avons appris à aimer l' Afrique Australe, à croire en son avenir.
En espérant que ce carnet vous a plu, je vous donne rendez-vous sur notre site pour d'autres histoires de voyages en famille. Si vous avez des questions, n'hésitez pas à les poser en continuant cette discussion ou en message privé.
Corina pour les Géonautes | | | Bonjour,
Je suis tres intéressée par votre périple. Nous souhaitons faire un sejour similaire l ete prochain : un mois en namibie, en camping car et avec deux enfants de 2 et 4 ans. J ai déjà réservé un cc par camping car on line et nous avons choisi le modèle 6 places, en espérant qu il soit pas trop vieux. On a deja fait du cc en nz mais avec un seul enfant. Nous sommes quasiment des novices :) Nous ferons qu une boucle en namibie car nous avons peur de cumuler trop de km avec des enfants qui font encore des siestes. Pourriez vous me dire quel produit vous avez acheté pour le wifi ? Quelles difficultés avez vous rencontré vis a vis de l organisatin du cc ? Je vais m inspirer de vos etapes pour boucler notre itineraire. Vos photos sont magnifiques ! | | | Bonjour Delphine,
nous avons acheté une carte SIM namibienne (puis une botswannaise), et un forfait data pour pouvoir nous connecter à Internet via le 3G. La secretaire de Bobo Campers nous a prêté sa clé 3G dans laquelle nous mettions la carte SD et que nous branchois à notre ordinateur portable. Quelques lodges avaient le wifi, peu en Namibie et beaucoup au Botswana. Pour l'organisation du camping-car, vous allez être tranquilles avec le 6 places. Nous, c'était pénible de faire/defaire les lots tout le temps, du coup celui à l'arrière nous le laissions en version lit tout le temps et nous n'utilisions que la dînette avant (que nous transformions chaque soir en lit, mais celui-ci était assez mal fichu et peu confortable). Sinon, pas de difficultés pour l'organisation du ccar, la salle d'eau est petite c'est vrai mais nous arrivions quand même à prendre notre douche dedans si besoin (si trop froid dehors et dans les douches du camping par exemple). La pompe à eau cellule était sous le ccar à l'extérieur, elle a pris la poussière et ne voulait pas fonctionner une fois ou deux, mais en bougeant les fils elle est repartie. Le frigo et congélateur est très bien. La poussière s'infiltrait partout dans la cellule et en général en arrivant sur une étape l'un des adultes commençait sa soirée par une demi-heure de ménage. Sur la tôle ondulée ça secoue c'est assez impressionnant. Il y a des vis qui se font la malle avec les vibrations (meubles, etc) mais c'est pas grave, ils ont l'habitude chez Bobo. Ah oui important: ne pas mettre de bouteilles dasn le placard au-dessus des feux à gaz/lavabo: ceux-ci sont couvents par des plaques en verre qui cassent. Nous avons cassez celle de la cuisinière et on nous a reclamé le prix de toute la cuisinière, apparemment ils ne peuvent pas remplacer le couvercle seul.
Voilà j'espère avoir repondu à tes questions Corina | | | Bonjour,
J'ai découvert ton carnet de voyage seulement hier. Les photo sont magnifiques. J'aurai voulu visiter ces 2 pays cet été, mais en 3 semaines c'est trop juste, il y a déjà tant de choses à voir en Namibie. En ce qui concerne la communication, prendre une carte SIM locale semble une solution intéressante : est-ce que la couverture est bonne? Pas besoin d'un tél satellite alors? Avec des enfants, c'est toujours rassurant de pouvoir contacter le loueur en cas de problème. Une idée du tarif ? Merci
@Delphine : nous aussi on a loué un cc 6 place pour juillet
Franck | | | Bonjour,
Je profite d un petit passage sur le forum pour enfin répondre a corina. J ai pas vu le temps passé désolé. On a pris un 6 places car je ne pense pas que je pourrais faire dormir mes enfants ensemble vu leur age (2 et 4). Dans le doute on a pris un avec 3 lits. Donc sûrement que l on va galerer tous les jours a ouvrir et fermer tout ca mais c est aussi ca les joies du cc. En nz le loueur nous avait également mis la pression pour ne pas casser la vitre de la cuisinière... sinon la cle 3g marchait bien en règle générale ? La petite demie heure de nettoyage je l avais pas du tout envisagee mais maintenant je me revoie en nz avec mon balai et ma pelle tous les jours ds le cc a faire la guerre a mon mari sur la terre et la boue ;) ah et aussi la lessive mdr ! Et les courses de nourriture que l on arrivait pas a ranger dans ces petits placards ptdr ! @frank : on loue le cc du 6 juill au 1 aout... on se croisera sûrement ;) J ai pas encore vraiment mis a plat l itineraire. J ai un autre voyage a préparer et j ai un peu de mal a avancer mais c est que du bonheur ;) je viens de lire ton post et je crois que je vais le suive avec attention. bonne journée a tous les 2. | Carnets similaires sur l'Afrique de l'Est et Australe: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 2 449 visiteurs en ligne depuis une heure! |