Corina25 · 8 mai 2017 à 15:31 · 56 photos 16 messages · 4 participants · 6 067 affichages | | | | 8 mai 2017 à 15:31 · Modifié le 11 mai 2017 à 15:59 Kilimandjaro: Géonautes sur le toit de l'Afrique Message 1 de 16 · 6 067 affichages · Partager Plus d'un an est passé depuis notre ascension du Kili en fevrier 2016. Si je mets ce carnet de voyage en ligne aujourd'hui, c'est surtout pour montrer que ce petit exploit est possible pour tout un chacun, et très simple à organiser: nous avons pris des vols secs pour Kilimanjaro Airport, et avons réservé notre trek la veille!
Là où une préparation un peu plus sérieuse est nécessaire, c'est l'entraînement physique, un peu de préparation psychologique et surtout (le plus important à mon avis pour une ascension en toute sécurité) le côté médical. D'après moi une consultation en médecine sportive (avec épreuve d'effort) à défaut d'un service spécialisé en médecine d'altitude est nécessaire, tout comme une visite dans un service de médecine du voyage, pour se faire prescrire une bonne pharmacie de voyage. Il convient de lire aussi sur les problèmes liées à l'altitude et leur traitement, histoire d'approcher l'exploit de façon responsable. Ceci étant dit, place maintenant au récit:
NB: C'est le journal de voyage tel que je l'ai écrit au jour le jour, avec un crayon à papier dans mon petit carnet. Les impressions et les émotions sont donc celles du moment. | | | Annonce · Sponsorisé | | | À: Corina25 · 8 mai 2017 à 23:17 · Modifié le 9 mai 2017 à 11:46 Re: Kilimandjaro: Géonautes sur le toit de l'Afrique Message 2 de 16 · 6 039 affichages · Partager (Ce message a été supprimé par le membre Connu le 9 mai 2017 à 11:52.)
| | | À: Corina25 · 9 mai 2017 à 0:30 · Modifié le 14 mai 2017 à 18:04 Re: Kilimandjaro: Géonautes sur le toit de l'Afrique Message 3 de 16 · 6 029 affichages · Partager 1er jour (19.02.2016)
Bruxelles - Istanbul - Moshi
C'est un superbe Airbus A330 presque vide qui nous amène à Istanbul et, après une courte escale dans l'aéroport Ataturk bondé, un plus petit Boeing, tout aussi bondé, qui nous dépose après six autres heures de vol à Kilimanjaro Airport. Il est 1h du matin heure locale, 2h de décalage avec la Belgique. Le visa est apposé en deux temps trois mouvements une fois qu'on s'acquitte de la taxe de 50USD par personne. Moudi, le chauffeur de taxi envoyé par la guesthouse, nous attend avec un panneau à notre nom (prix du transfert: 40 USD).
Nous parcourons en à peine une demi-heure, dans la nuit noire, les 43km jusqu'à Moshi, la ville qui se trouve au pied du Kilimandjaro. Notre guesthouse (Hibiscus, 45USD la nuit pour 2 avec petit-déjeuner) est un peu excentrée, sur une route cabossée, près de l'entrée de la ville. Mais la ville n'est pas énorme, donc nous pourrons rejoindre le centre à pied en in quinzaine de minutes.
Bien fatigués, nous nous endormons enfin sous la moustiquaire. | | | À: Corina25 · 9 mai 2017 à 0:37 · Modifié le 11 mai 2017 à 15:42 Re: Kilimandjaro: Géonautes sur le toit de l'Afrique Message 5 de 16 · 6 025 affichages · Partager 2ème jour (20.02.2016)
Un samedi à Moshi
Nous nous réveillons plus tôt que ce qu'on aurait aimé (la fatigue de la veille se fait bien sentir), mais nous avons une mission aujourd'hui: réserver notre trek pour le Kilimandjaro. Après un petit-déjeuner de crêpes et salade de fruits, nous partons faire le tour des agences. C'est un jeu d'enfant de les trouver, car on se fait très facilement des "amis": des jeunes qui nous abordent poliment et nous proposent de nous amener là ou on a besoin (sans doute contre une petite commission de la part du commerçant). En effet, à chaque fois que nous voyons un blanc dans la rue, il est accompagné d'un local - à penser qu'on perd tout sens de l'orientation dès qu'on a mis les pieds en Afrique!
On va voir plusieurs agences, une tellement peu chère que c'est louche (forte supposition qu'ils traitent mal leur personnel), une très chère "à l'américaine", et deux pratiquant des prix moyens - une qui dit verser une partie des profits à une association caritative locale et une autre d'un groupe de jeunes qui ont monté leur agence. Guides, cuisiniers, porteurs - tout le monde se connaît et ils ont l'air d'entretenir de bonnes relations. C'est avec ces derniers - Kili Heroes - que nous ferons affaire. Le patron s'appelle Evarest: ça ne s'invente pas pour un mec qui organise l'ascension du Kilimandjaro!
Nous nous mettons à discuter avec Kenn, un australien d'une soixantaine d'années, baroudeur, skipper sur les yachts de luxe à St Trop' l'été et fan de randonnée aux quatre coins du monde. Il a réservé depuis l' Australie un trek de sept jours sur la voie Lemosho, la plus belle, pour lui seul. Mais il cherche des compagnons de voyage, et, après une courte négociation des prix avec le chef de l'agence nous décidons de le rejoindre. (Nous payons 1500 USD/pers pour 7 jours tout compris voie Lemosho, plus les pourboires.)
Nous pensions au départ faire une trek de six jours par la voie Rongai ou Machame, mais nous sommes attirés par ce trek "de luxe" qui promet une excellente acclimatation et quelques extras bien utiles ou sympas (bouteille d'oxygène, toilettes portables,...).
Une fois l'affaire conclue avec Evarest, notre futur assistant guide nous amène à une terasse dans la verdure déjeuner d'un "kuku" (=poulet) aux bananes plantain et frites.
L'après-midi notre guide-en-chef, Kibacha, vient à la guesthouse nous faire un briefing et vérifier tout notre équipement. Nos affaires passent l'inspection et nous voilà aptes: y'à plus qu'à tout remballer dans les sacs, ce qui prendra une partie de la soirée...
Nous sortons vers 19h alors que la nuit tombe déjà, avec l'intention de manger une pizza. Mais impossible de trouver la pizzeria recommandée par la guesthouse et nous tournons longtemps dans les rues, dans l'obscurité presque totale, risquant à chaque pas de nous tordre la cheville dans un trou ou sur le bas-côté.
Nous finissions par trouver une autre pizzeria pas trop mauvaise où Thomas boit sa première Serengeti (bière locale). Je fais l'impasse car je prends encore des médicaments pour me débarrasser d'une petite toux, histoire d'attaquer le Kili dans la meilleure forme possible.
Alors que nous rentrons à pied à la maison, un monsieur hindou nous arrête pour nous mettre en garde contre la dangerosité du quartier la nuit. Il nous hèle même un taxi et le négocie pour nous. Les tanzaniens sont très sympathiques, ouverts, désireux de discuter et polis même lorsqu'ils te sollicitent et pas lourds - ça fait plaisir! | | | À: Corina25 · 9 mai 2017 à 11:50 · Modifié le 17 mai 2017 à 16:46 Re: Kilimandjaro: Géonautes sur le toit de l'Afrique Message 6 de 16 · 5 997 affichages · Partager Le récit sera ci-dessous, mais pour les pressés, il est aussi, en entier et avec toutes les photos, ici:...............
Je le ressers (le contenu de ma première réponse devenue obsolète) :
Dans ton premier message, tu donnais le lien > httpgeonautesaunouveaumonde.eu J'avais répondu (dans un français... moderne) : "Y a un bug" (je pensais te rendre service...). Tu as entre-temps tout simplement supprimé ce (tien) lien qui nous faisait atterrir chez des flaman ds... santé! (... pourrais (moi je) mieux faire). D'une façon très générale et dans ce cas de figure : Pas grave si on "ne l'oubliait pas" afin que les anciennes réponses restent compréhensibles. Et ça permettrait à l'intervenant de ne pas avoir à supprimer lui-même sa propre réponse initiale.  -- Merci pour le carnet ! | | | 3ème jour (21.02.2016)
Et c'est parti!
Londorosi Gate - Lemosho Gate - Big Tree Camp
Le muzzheïdine de la mosquée du coin nous réveille sur le coup de cinq heures du matin. J'ai du mal à me rendormir--l'excitation commence à se faire sentir! Après pas moins d'un an de préparation, nous y voilà enfin: dans quelques petites heures nous allons attaquer les pentes du Kili pour aller à la conquête du toit de l'Afrique!
Nous sommes en train de finir le petit-déjeuner lorsque le minibus vient nous chercher, avec tous nos porteurs et nos guides dedans et toutes les affaires nécessaires pour le trek sur le toit. Il faut compter trois heures de route.
Sur la route nous avons les premières vue dégagées sur le Kili et la réaction est " Mon Dieu, c'est haut!".
Nous nous arrêtons une fois pour que le cuisinier achète de la viande fraîche. Notre staff disparaît à la buvette voisine, je dois rester garder le véhicule resté grand ouvert avec toutes nos affaires dedans :)
La route se termine peu de temps après pour laisser la place à une piste en terre rouge. Les villageois changa (tribu natif des flancs du Kilimandjaro) cultivent des pommes de terre et des carottes. Nous croisons aussi un masaï avec ses chèvres.
Nous allons au Londorosi Gate, porte de la route Shira, pour les formalités. Ça grouille de porteurs, de guides et de groupes de touristes. Nos porteurs commencent par tout sortir de leurs sacs d'affaires personnelles pour que les préposés au contrôle de l'accès au parc vérifient qu'ils disposent de toutes les affaires indispensables (sac de couchage, matelas, manteau...). Une fois leurs bagages refaits, ils descendent du toit le matériel et la nourriture pour le trek et se partagent les affaires dans des sacs de poids plus ou moins égal. Toute la nourriture est étalée sur une bâche et ça nous donne une idée de ce que nous allons manger pendant une semaine. Il y a pas mal de fruits et légumes, et beaucoup de farine de maïs (base de leur plat de tous les jours) et de sucre.
Puis c'est l'heure de la pesée: c'est 20kg par porteur et pas un de plus, et en fonction du verdict de la balance on enlève un paquet de sucre par-ci, on rajoute un kilo de farine par là... Apparemment nous sommes juste niveau porteurs, car il reste des affaires non casées et les porteurs sont au maximum. Le reste nous sera monté plus tard, à un campement en cours de route.
Petite frayeur au moment de payer les frais de parc national car la carte bancaire ne passe pas du premier coup, mais ça finit par passer.
Nous avons des boîtes à piquenique pour le déjeuner, et nous mangeons à Londorosi Gate. Puis nous remontons dans le minibus pour une autre demi-heure de piste jusqu'au début du Lemosho Trail.
A ma demande, notre guide, Kibacha, nous présente toute l'équipe et nous nous présentons à notre tour. Puis nous commençons la marche pendant que les porteurs refont peser leur charge. Ils nous dépassent dans la montée.
Nous avançons à travers une belle forêt primaire. Très vite Thomas et Kenn s'éloignent devant et je reste avec Ramadan, l'assistant guide, qui m'apprend quelques mots de swahili. Thomas finit par m'attendre, Kibacha nous rejoint et Ramadan accélère le pas pour rattraper Kenn et lui dire d'aller moins vite. A un moment donné on dépasse un autre groupe qui nous montre une jolie fleur rouge et jaune endémique du Kilimandjaro.
Le sentier à travers la forêt est raide par endroits (il y a des marches aménagées), assez plat à d'autres, avec même quelques descentes.
Nous arrivons en 2h30 à Big Tree Camp ou Forest Camp. Nous signons le registre. Nos tentes sont déjà montées et les matelas fournis dépliés, nous pouvons déjà nous installer, même s'il est à peine 16h.
Au campement nous observons deux sortes de gros singes. Il y a un blue monkey seul, marron avec un grand nez, qui essaye de s'approcher des tentes dans l'espoir de chopper quelque chose (peine perdue) et des colobus monkeys en groupe, noirs et blancs à longs poils, s'amusant dans les arbres.
Nous avons droit à une toute petite bassine d'eau tiède pour nous rafraîchir, nous disons merci aux lingettes et autres gants lavants que j'ai emportés dans les bagages. Les toilettes portables sont un vrai luxe que nous apprécions à sa juste valeurs (enfin... surtout moi!).
Il est cinq heures et c'est "tea time": nous prenons le traditionnel (pour le Kili) popcorn et notre thé dehors, en discutant avec Kenn et en observant la vie du campement. Nous sommes à 2790m d'altitude et lorsque le soleil descend il commence à faire frisquet, donc les polaires servent bien.
Nous dînons sur le coup de 18h30 (à la belge...), et nous mangeons très bien. La table est mise pour nous dans la tente mess, éclairée à la bougie. Nous commençons par une soupe aux poireaux et à la coriandre, et continuons avec un curry de kuku (vous suivez?) avec pommes de terre sautées et salade.
On se couche tôt sur le Kili: après un mini-briefing et un bref checkup médical (oxymétrie, comment vous sentez-vous?) c'est au lit! Il ne fait pas très froid encore, ça va. Les oxymétries sont bonnes, mais j'ai un léger mal de tête. Le bivouac est vraiment sympa entre les arbres -- j'espère qu'il sera calme aussi! | | | À: Corina25 · 11 mai 2017 à 16:03 · Modifié le 14 mai 2017 à 17:28 Re: Kilimandjaro: Géonautes sur le toit de l'Afrique Message 8 de 16 · 5 911 affichages · Partager 4ème jour (21.02.2016)
Jusqu'au bout de mes forces...
de Big Tree Camp à Shira 2 (alt.3900m)
Après une bonne nuit et un gros petit déjeuner dont nous n'avons même pas pu manger la moitié nous quittons Big Tree Camp avec notre guide adjoint Ramadan. Le début de la balade et facile, toujours dans la forêt. Puis les arbres se font plus petits pour laisser enfin la place aux hautes herbes... et le soleil tape fort!
Pour ne rien arranger, la montée se fait raide...longtemps. Kenn part devant, Kibacha nous rattrape juste au bon moment pour m'apporter mon camelback que j'avais laissé derrière pour faute d'eau bouillie refroidie. Il envoie Rama rattraper Kenn-- le pauvre Rama se plaindra longuement que notre ami Kenn l'a obligé à galoper toute la journée.
La montée continue au ralenti, elle est franchement épuisante. Mon sac pèse une tonne, le soleil tape et le sommet du sentier est loin...on voit les porteurs tous petits beaucoup plus haut et ils montent encore! Je demande des pauses, puis on repart au pas d'escargot... On finit par atteindre l'arrête, la délivrance!
Kenn doit être très loin devant, on ne le voit plus, et on ne le verra qu'au camp à Shira 2. Dorénavant ce n'est que du plat, du faux plat et de la descente jusqu'à Shira 1 où nous déjeunons. Mais je me sens tellement épuisée que même ça me semble long...
Sur les conseils de Kibacha nous dépassons le camp très venteux et allons nous poser pour manger en contrebas, près du joli ruisseau, dans un endroit plus abrité. Kibacha nous raconte qu'il a dû attendre deux heures pour traverser un jour, tellement le débit était important et l'eau profonde. On regrette que Rama a dû se sacrifier et aller rattraper Kenn car son déjeuner était chez Kibacha...
Nous reprenons notre chemin à travers le plateau de Shira, au milieu d'une végétation basse. A un moment donné nous traversons la piste pour véhicules de secours qui arrive jusqu'à Shira 2. Nous y sommes à notre tour sur le coup de 16h30, soit huit heures après avoir quitté Big Tree Camp ce matin (déjeuner inclus).
Nous retrouvons Kenn qui a mal à la tête (pas étonnant vu la vitesse d'ascension...) et Rama qui a dû courrir toute la journée après Kenn. Il fait encore bon, nous en profitons pour nous laver au mieux dans notre petite bassine d'eau chaude.
Je ne peux pas dire que je ne suis pas fatiguée--je suis é-pui-sée. La fin de la journée se déroule plus ou moins comme toutes les autres (probablement) sur la montagne: thé-popcorn-biscuits (dans la tente mess cette fois) pour 17h, puis dîner vers 19h.
L'évènement notable est l'éclaircissement du ciel juste avant la tombée de la nuit, avec des vues magnifiques sur le Kibo au-dessus de nous, vers Shira Cathedral en contrebas et le Mont Meru plus loin.
Il fera très froid cette nuit (on trouvera l'eau gelée dans les flaques le matin!), mais on dormira très bien une fois emmitouflés. La lune est pleine - ou presque - au-dessus du Kibo. | | | 5ème jour (23.02.2016)
Tout ça pour ça!
Shira 2 - Lava Tower - Baranco Camp (4000m)
Comme dirait Oui-Oui, voilà une autre belle journée qui commence! Le soleil réchauffe déjà le camp au réveil et après les - dorénavant traditionnelles - crêpes au beurre de cacahouètes et au miel nous sommes prêts à attaquer la journée.
C'est une longue montée de difficulté moyenne qui nous attend pour atteindre Lava Tower à 4600m d'altitude pour redescendre ensuite à 4000m à Barranco Camp. C'est une étape très importante pour l'acclimatation. Kenn est plus sage aujourd'hui et garde un rythme lent, bien dans le peloton, d'autant plus qu'il commence à respirer plus difficilement. Quant à moi, je ralentis au maximum sur les portions les plus pentues et ça passe sans trop de difficultés, en tout cas mieux qu'hier. Thomas nous laisse derrière sur la dernière montée avant d'atteindre Lava Tower et nous attend sur un rocher au niveau du camp.
En fin de matinée les nuages se ramènent pour cacher d'abord le Mont Meru, qui s'était montré à nous dans toute sa splendeur ce matin, puis le Kilimandjaro également. Nous serons nous-mêmes dans les nuages à certains moments mais la pluie aura la gentillesse de nous épargner encore aujourd'hui.
Nous déjeunons juste au pied du Lava Tower, où d'autres ont monté leurs campements pour la nuit. Les routes Lemosho and Shira se sont rejointes juste avant Lava Tower, donc les gens arrivent en nombre, plus ou moins mal en point. C'est que nous sommes à une altitude similaire à celle du camp de base et la plus haute que nous atteindrons avant celui-ci (4600m). Thomas et moi nous portons comme des fleurs, mais le pauvre Kenn tient sa tête dans ses mains, en proie à un gros mal de crâne. Je lui propose de partir devant et Rama l'accompagne, pendant que nous restons profiter encore quelques minutes de notre acclimatation flash.
C'est une descente difficile qui nous attend, en grande partie sur et entre les rochers. C'est dur pour les mollets et les genoux et assez long (2h). Heureusement les jolies plantes endémiques font leur apparition sur la deuxième partie de la descente: il y a la lobelia, qui ressemble à un ananas, et le Dendrosenecio Kilimanjari ("tree groundsel") qui ressemble à un arbre bizarre.
Sur notre gauche en arrivant nous découvrons le mur de Barranco, la montée très pentue que nous attaquerons demain matin. Il y a beaucoup de monde au camp, mais celui-ci est assez étendu pour ne pas être les uns sur les autres. Kenn est déjà à la sieste (toujours mal en point) et ne nous fera pas l'honneur de sa présence pour le thé.
(ici en premier plan notre tente "toilettes")
(notre tente et celle de Kenn, avec la tente mess, plus grande, juste derrière)
Comme hier, le ciel se dégage au moment du coucher du soleil, habillant le paysage, les arbres bizarres et les neiges du Kili de belles couleurs.
En sortant de la tente mess après le dîner à la bougie il fait un froid de canard mais le ciel est habillé de mille étoiles et on se sent vraiment "on top of the world": la vue est dégagée jusque sur les plaines et loin en dessous de nous il y a les lumières de la ville de Moshi, il y a la vie, la circulation, l'agitation... nous sommes comme suspendus entre la terre et le ciel au pied du mur de Barranco. | | | 6ème jour (24.02.2016)
Dernier jour à trois
Barranco - Karanga
Nous nous réveillons un peu plus tard que d'habitude, car c'est une journée plus courte qui nous attend aujourd'hui. Nous essayons de laisser partir la foule, car ça va être l'embouteillage sur le Mur de Barranco!
Notre ami Kenn a une toute petite forme et n'arrive pas à avaler grand-chose au petit déjeuner. Il a passé une nuit épouvantable à cause du MAM (mal aigu des montagnes), avec migraine et vomissements, et a sérieusement pensé à redescendre. Mais il y a un léger mieux ce matin, donc on espère que ça ira pour lui.
Il est 9h passé quand nous prenons la direction du mur. Nous traversons d'abord quelques ruisseaux sur une terrain presque plat, puis nous rangeons nos bâtons de marche pour la partie "escalade" du trek. Ce n'est pas difficile, mais il faut s'agripper avec les mains par endroits et se hisser sur les rochers. Parfois c'est effectivement l'embouteillage et nous devons attendre notre tour.
Un russe qui n'écoute pas son guide et passe par le chemin des porteurs qui contourne la queue se retrouve sur les fesses, c'est bien fait pour lui! (Heureusement il ne tombe pas de haut).
Nous mettons deux heures au lieu des 1h20 prévues pour franchir les 120m de dénivelé du mur avec toute l'agglomération et les pauses pour reprendre notre souffle. Nous apprécions à sa juste valeur l'arrivée sur le plateau après ce début de journée éprouvant.
Les groupes s'espacent de nouveau et nous pouvons encore une fois profiter tranquillement du silence et des paysages. Il y a deux autres vallées à franchir jusqu'au camp de Karanga. La première présente des paysages lunaires--du sable, des cailloux et quelques lichens. La deuxième, la vallée de Karanga, encaissée et arrosée presqu'en permanence par les nuages qui s'y faufilent, a plus de végétation (petits arbres, buissons hauts) et des formes minérales de toute beauté. Le ruisseau qui coule au fond est la dernière source d'eau pour les porteurs qui doivent parfois descendre depuis Barafu pour chercher de l'eau.
Quant à nous, une dernière montée éprouvante nous attend pour atteindre le camp; enfin, éprouvante pour Kenn et moi car Thomas trotte devant comme un cabri--dernier parti, premier arrivé.
Le camp de Karanga est étendu à flanc de montagne, sur le chemin des nuages qui montent vers le sommet. Donc il fait assez frais (pour ne pas dire carrément froid, même en milieu de journée) et humide. Au-dessus du camp on voit les gens qui continuent la montée vers Barafu, ou le camp de base, 2h30 - 3h plus haut. Eux, ils attaqueront la montée finale vers le sommet cette nuit. Quant à nous, à peine arrivés nous nous réfugions dans la tente mess pour un déjeuner de frites et salade. Lorsque j'en sors pour un besoin naturel j'aperçois à peine nos toilettes qui se trouvent pourtant à dix mètres, tant le brouillard est épais (nous sommes dans les nuages).
Nous nous payons le luxe de faire la sieste cet après-midi, avant de partir avec nos deux guides pour une balade d'acclimatation. Nous faisons un tiers de la montée du lendemain, vers le camp de base de Barafu, au milieu des rochers. Kenn n'est pas de la partie, il est resté se reposer dans sa tente. On fait demi-tour au bout d'une heure après avoir pris le temps d'admirer le Kibo et la vallée baignés par les derniers rayons de l'après-midi.
Au dîner la décision de Kenn est prise: il descendra dès demain matin, par un chemin qui rejoint la voie Mweka et qui lui permettra d'être à Moshi demain soir. Il sera accompagné de Rama et d'un porteur.
Une nouvelle fois la nuit tombe et avec elle le ciel se couvre d'étoiles et la vue se dégage sur les plaines. Ce sera une nuit plus froide que les précédentes. | | | À: Corina25 · 29 mai 2017 à 13:26 · Modifié le 29 mai 2017 à 22:24 Re: Kilimandjaro: Géonautes sur le toit de l'Afrique Message 11 de 16 · 5 135 affichages · Partager 7ème jour (25.02.2016)
Vers le camp de base
Karanga - Barafu (4670m)
Le soleil chauffe la tente lorsque nous devons nous lever, vers 7h30, mais Kenn est déjà sur le pied de guerre: il a passé une autre nuit épouvantable et il n'a qu'une hâte, c'est de descendre. Les adieux sont brefs et le voilà parti avec Rama, l'assistant-guide, et un porteur.
Quant à nous, nous prenons notre temps et levons le camp avec Kibacha vers 9h. Comme d'habitude, les porteurs restent derrière puis nous doublent en route pour monter les tentes avant qu'on arrive.
Nous passons une longue matinée dans les rochers, puis s'en suit une brève descente dans une espèce de plaine aride d'altitude et enfin une autre montée, plus raide, vers le camp de base.
Le camp de Barafu est très étendu et assez escarpé, pour la simple et bonne raison qu'il n'y a pas tant de bons endroits que ça pour s'installer sur ce versant caillouteux. Notre équipe a la bonne idée de se poser asser haut, près de la cabane du gardien: l'inconvénient est que le sentier (et donc tout le monde) passe juste à côté de notre tente. L'avantage, c'est que nous sommes à une altitude supérieure d'environ 50m par rapport aux tentes du bas - c'est toujours ça de gagné pour l'ascension finale...
Il ne fait pas très froid en milieu de journée mais il y a du vent, et les porteurs fixent les tentes au mieux avec des pierres. Nous sommes à 4670m d'altitude. Au-dessus de nous nous voyons le sentier escarpé qui va a Kosovo Camp, 200m plus haut. On croise les gens qui ont fait l'ascension cette nuit, fatigués mais heureux. Dans quelques heures ce sera notre tour: voilà, on y est! Plutôt en bonne forme physique d'ailleurs, mais nous savons - je sais - que ça va être dur, très dur.
Thomas se préoccupe de ne pas partir trop tôt dans la nuit pour ne pas arriver dans le noir. Moi, vue mon rythme de tortue bourrée, je sais qu'il n'y a aucun risque: il va me falloir beaucoup, vraiment beaucoup de temps et de volonté pour y arriver - si j'y arrive. Mais je suis là pour ca, je me suis préparée pendant un an pour ça, alors... y'a plus qu'à y aller maintenant.
Notre problème est justement le fait que Thomas veut - et peut - marcher vite. Moi je sais que ma seule chance d'y arriver est d'aller très très lentement. Sinon ma respiration ne suivra pas pendant sept heures à cette altitude. Mais nous n'avons plus qu'un seul guide avec nous et David - le porteur qui s'occupe de nos toilettes - qui nous accompagnera au cas où. Bref, ce sera un équilibre pas facile à trouver...
L'après-midi est réservé au repos, et nous en profitons pour faire une sieste dans la tente réchauffée par le soleil. Le dîner est tôt ce soir (17h30) et puis c'est au lit, car le réveil sera au beau milieu de la nuit froide.
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Effectivement il fera très froid cette nuit et les rafales qui secouent la tente nous réveilleront à plusieurs reprises. Mais lorsqu'on prend notre courage à deux mains pour sortir de la tente et faire quelques pas jusqu'aux toilettes-portables-personnelles, la vue, avec la lune quasi pleine au dessus du Mawenzi éclairant la plaine volcanique et contrebas, est à couper le souffle... | | | À: Corina25 · 29 mai 2017 à 13:38 · Modifié le 29 mai 2017 à 22:38 Re: Kilimandjaro: Géonautes sur le toit de l'Afrique Message 12 de 16 · 5 129 affichages · Partager 8ème jour (26.02.2016)
Sur le toit de l'Afrique
Barafu - Uhuru Peak (5895m) - Mweka Camp
Nous avions prévu un réveil à 1h30 du matin, mais le vent et les groupes de randonneurs passant à côté de notre tente à partir de minuit nous réveillent bien avant. Les gens ne parlent pas en partant en file indienne à l'assaut du sommet, mais leurs pas lents, cadencés, résonnent sur le sol de grès.
Nous réveillons du coup notre guide Kibacha avant l'heure et, chaudement habillés, après avoir avalé une ou deux tasses de thé et quelques biscuits, nous partons à notre tour vers le sommet. Kibacha marche devant pour donner le rythme, je le suis, puis il y a Thomas et enfin David, le gentil porteur réquisitionné pour être là "au cas où". A peine quitté le campement, le sentier se faufile entre les rochers qu'il faut parfois escalader un peu péniblement. Au bout d'une petite heure on est à Kosovo Camp, un lieu-dit, car il n'y a rien là-bas, aucune baraque et encore moins de campement.
Ici commence une série interminable de lacets: pour que le chemin ne soit pas trop raide, il zig-zague pour ce qui semble à l'infini...Nul ne saurait sans doute dire combien il y a de lacets, dans la nuit et le froid on est prêt à parier qu'ils se comptent par milliers...
Le vent souffle en rafales parfois violentes, soulevant de la poussière qui irrite les yeux, fouettant les visages, et semble vouloir glacer jusqu'à l'âme. La marche est lente mais à ces altitudes la respiration est de toute manière haletante. Je ne peux respirer que par la bouche, essayant de la sorte d'avaler un peu plus d'oxygène. Être gourmand d'air, je sais ce que c'est maintenant.
Ma gorge est sèche et irritée par le vent et la poussière, je tousse et saigne un peu du nez (rien de grave). Les pauses sont très courtes pour la simple et bonne raison qu'on gèle sur place si on reste sans trop bouger plus de 2-3 minutes. Kibacha nous conseille de ne pas nous asseoir, car nous relever nous demandera beaucoup d'effort. Nous buvons des petites gorgées d'eau enrichie de sels de rehydratation de nos camelbacks, puis nous devons souffler dans le tube afin de faire sortir l'eau, pour que le tube ne gèle pas. Souffler fort dedans, c'est très dur - ça nous fait haleter à chaque fois. Du coup nous devons nous arrêter quelques secondes à chaque fois que nous buvons de l'eau. Et nous devons boire très souvent, sous peine d'être pris de maux de tête et autres joies de la haute altitude.
Malgré ces précautions, mon tube gèle. Je dois dorénavant boire chez Thomas, car enlever mon sac pour sortir ma gourde à chaque fois est un effort tout simplement impensable.
Les heures de la nuit s'écoulent lentement et nous continuons à avancer en file indienne. On parle peu car même cet effort-là nous coûte. Vers 5h30 les premières lueurs du jour apparaissent du côté du jeune cratère secondaire Mawenzi. Nous nous mettons à souhaiter très fort que le soleil se lève, non pas pour le spectacle qu'il offre, mais bien pour qu'il nous réchauffe un peu. Kibacha est stoïque en tête et David ferme la marche en silence, mais on les sent souffrir, eux aussi, du froid en tout cas.
Il fait enfin jour et le soleil est sorti lorsque nous attaquons la dernière portion, la plus raide, avant d'arriver sur le bord du cratère à Stella Point. On voit ceux qui sont partis avant nous s'agiter l'à-haut, heureux d'être arrivés. Ils semblent si près et loin en même temps. Je suis le conseil de notre guide, donné lors du briefing de la veille, de ne pas trop regarder au loin pour essayer d'estimer les distances. De rester concentré sur sa marche, regarder le sentier, ne pas penser à ce qu'il reste à parcourir pour ne pas se décourager. Je n'arrive à penser à rien en fait. Je mets un pied devant l'autre, c'est tout. Il y aura bien une fin, une arrivée, une délivrance, un sommet, même si pour le moment le chemin semble sans fin.
Puis, les voix se font plus proches, les gens ne sont plus des miniatures s'agitant au loin, mais prennent une taille normale, et le panneau en bois apparaît: Stella Point, 5745m. Il est 8h, nous sommes enfin arrivés sur le bord du cratère. Mes yeux se remplissent de larmes pour ces quelques derniers pas de la montée, sous l'emprise de l'incroyable délivrance.
D'ici il y a encore 150m de denivelé à avaler jusqu'à Uhuru Peak, le sommet du Kilimanjaro, mais la pente est plus douce et ponctuée de faux plats; nous savons qu'il faut encore 45 minutes et nous y serons. Maintenant c'est une certitude.
Ayant commencé l'ascension plus tard que les autres groupes (qui de toute manière ne sont pas nombreux ce matin), nous avons le sommet presque pour nous seuls: Uhuru Peak, 5895m, le plus haut point de l'Afrique et la plus haute montagne ne faisant pas partie d'une chaîne au monde! Je saute de joie, Thomas s'asseoit, tout ému.
Après les traditionnelles photos au panneau indiquant le sommet, nous prenons le temps d'admirer le paysage. Les glaciers aux reflets bleutés semblent assez irréels, posés sur le sol volcanique. Il y a un peu de neige dans le cratère, maculée par les traces des pas de quelques intépides. (C'est interdit de sortir des sentiers.)
La vue est complètement dégagée à 360 degrés, la matinée est sans nuage et le regard peut voyages sans encombre jusque dans les plaines au join en contre-bas. Bref, les mots manquent, comme bien souvent, pour décrire un endroit magique, exceptionnel, presque irréel. La batterie de l'appareil photo rend l'âme, donc les photos sont comptées mais on espère qu'elles arriveront à donner au moins un petit aperçu de cet endroit si spécial.
Bien évidemment, en dehors du paysage, reste surtout l'exploit, et nous n'en sommes pas peu fiers: 6h40 pour parcourir cinq petits kilomètres, mais 1200m (!) de dénivelé pour arriver à presque 6000m d'altitude.
Nous nous sentons plutôt bien, nous n'avons pas mal à la tête, ni d'autres symptômes du mal aigu des montagnes, mais ce n'est pas pour autant qu'il faut traîner à ces altitudes extrêmes et au bout d'une demi-heure notre guide nous invite à entamer la descente.
Nous faisons chemin sut le bord du cratère en sens inverse, admirant les glaciers accrochés à ses flancs. Nous savons que malheureusement d'ici quelques dizaines d'années ils auront disparu. Nous repassons à Stella Point, jetons un dernier regard dans le cratère, puis prenons les sentier qui descend sur son flanc. S'en suit une descente assez rapide dans les galets de grès. En bas de la pente raide nous croisons une japonaise (ou coréenne) et son guide. Nous l'avions croisée un peu plus bas en montant. Elle avance avec une lenteur extrême mais une détermination impressionnante. Elle a l'air très mal en point, on se demande pourquoi elle s'inflige ça... On la recroisera le lendemain, en bien meilleure forme, sur le chemin de sortie du Parc National, et on saura qu'elle a réussi à atteindre Stella Point. Elle aura mis plus de 10h pour la montée seule - par la seule force de l'esprit, car niveau physique elle n'avait clairement plus aucune force. Comme quoi, même quand on semble ne plus pouvoir avancer, en puisant loin, on y arrive... Chacun son Everest...
On aura eu de belles leçons de vie sur cette montagne: savoir persévérer au delà de ses forces, comme cette dame, mais aussi savoir renoncer quand sa santé est en danger, comme Ken. Aussi une leçon d'abnégation dans des conditions extrêmement rudes de la part de nos porteurs.
Quant à nous, maintenant qu'on y a été, qu'on a vu, il n'y a plus qu'à descendre de cette montagne! On le fait en glissant dans les cailloux de grès, soulevant la poussière. La descente jusqu'au camp de base nous prendra trois heures. On a enfin chaud.
Quelques uns de nos porteurs viennent à notre rencontre vers Kosovo Camp. Ils nous félicitent. Nous sommes épuisés, mais heureux de notre exploit.
Je suis heureuse de voir s'approcher le camp de Barafu, notre tente et surtout nos toilettes (!). Après un verre de jus de fruits, nous avons droit à une heure de sieste. Ironiquement, l'effet de serre dans la tente au soleil fera qu'on aura chaud, très chaud... Cette montagne nous en aura fait voir de toutes les couleurs!
A notre réveil, notre cuisinier Kibuchi nous aura préparé un brunch, avec les dorénavant traditionnelles crêpes. Après avoir repris des forces, nous reprenons la marche. Nous avions initialement prévu de nous arrêter pour la nuit au camp Millenium, deux heures de marche plus bas, mais maintenant que l'objectif a été atteint une autre nuit froide en altitude ne nous dit pas trop et en plus le camp est boueux à cause de la pluie qui vient de commencer à tomber. Nous décidons de nous rapprocher plus de la sortie du parc et de descendre 4 heures au lieu de 2 jusqu'à Mweka Camp. Il pleuvra pendant une bonne heure sur le trajet (dire que nous n'avons pas du tout eu de pluie jusque là, quelle chance!).
En regardant derrière nous, nous voyons les flancs du Kibo soupoudrés d'une fine couche de neige. On pense à ceux qui sont à Barafu maintenant et feront l'ascension cette nuit, dans la neige...
La fin de la descente est pénible, très pénible pour les genoux et les cuisses... Nous avons quand même fait presque sept heures de montée et sept heures de descentes aujourd'hui!
A Mweka camp nos tentes sont installées agréablement sous les arbres, tout est humide à cause de la pluie mais effectivement nous n'aurons pas froid cette nuit.
Après le dîner Kibacha nous offre une sorte de Kidibul (boissons festive sans alcool, car celui-ci est interdit dans le Parc National) pour fêter notre ascension réussie. Dire qu'il l'a transportée dans son sac à dos toute la semaine! Nous nous demandons pas notre reste et irons au lit tôt ce soir, épuisés comme jamais! | | | À: Corina25 · 29 mai 2017 à 13:42 · Modifié le 29 mai 2017 à 22:40 Re: Kilimandjaro: Géonautes sur le toit de l'Afrique Message 13 de 16 · 5 124 affichages · Partager 9ème jour (27.02.2016)
Trouvez-moi une douche!
Mweka Camp - Moshi
Ce sont les chansons qui nous réveillent ce matin! C'est la fin des randonnées des différents groupes et les porteurs font une sorte de petit spectacle à l'occasion d'une "cérémonie des pourboires". De notre côté, nous préférons être plus discrets et voyons chaque membre de l'équipe à part pour le remercier et lui donner le pourboir. Il faut dire que le travail des porteurs notamment nous a impressionné, et aucune somme ne saura compenser à notre avis leur effort titanesque, sans doute à la longue au dépens de leur santé! Ceci dit, ils semblent tous contents et notre trek se termine dans la bonne humeur générale.
Nous levons le camp vers 9h et parcourons les derniers kilomètres de descente qui nous séparent du minibus, de la ville et d'une douche chaude. A Mweka Gate nous signons pour la dernière fois le registre et Kibacha récupère nos diplômes d'ascension réussie du Kilimanjaro!
Dans le minibus qui nous ramène en ville l'équipe nous offre à chacun une bière Kilimanjaro: "You've climbed it, now you drink it!" On l'apprécie. Vraiment. Tout comme l'eau chaude de notre douche à l'hôtel un peu plus tard (tellement que Thomas en prendra deux d'affilée :)). Tout comme la piscine fraîche-juste-comme-il-faut pour détendre nos muscles endoloris. Cet exploit, nous le sentirons dans nos corps encore quelques jours - quelles courbatures!!
Mais quelle joie de respirer à l'aise, de profiter de l'eau courante, de parler aux enfants sur Skype. Aller au bout de nous-mêmes, pour ensuite apprécier les gestes simples du quotidien. Voilà pourquoi nous sommes venus en Afrique grimper sur cette montagne, je crois. Voilà ce qui résume, quelque part, notre façon de voir les voyages: vivre simplement pour se donner les moyens d'aller au bout de nos rêves. Aller au bout des rêves pour ensuite apprécier les choses simples du quotidien. Répéter. | | | Merci pour ce récit, j'ai l'impression de me retrouver 20 ans en arrière que de bons souvenirs | | | Merci beaucoup pour ce recit, moi qui n'ai jamais le temps de lire l'histoire des autres, a peine pour vivre la mienne, je suis content d'etre tombe sur vos lignes, tres bien ecrites par ailleurs, Merci! | | | Contente que ça vous ait plu! | Carnets similaires sur la Tanzanie: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 3 631 visiteurs en ligne depuis une heure! |