Bonsoir Mékong,
merci pour ta réponse. Ça me plaît que tu connais Gore Vidal...
Dans son recueil d’essays que j’ai mentionné,
Perpetual War for Perpetual Peace, Vidal traite Timothy McVeigh (tu sais, leur correspondance choquait gravement le public américain), dans tous les essays mais explicitement dans deux :
How I became interested in Timothy McVeigh and vice versa et
The Meaning of Timothy McVeigh (le dernier aussi à lire en ligne ;
www.vanityfair.com/...001/09/mcveigh200109
)...
L’argumentation de Gore Vidal se concentre dans tous ces essays sur les maximes politico-idéologiques et principes de tous les gouvernements américains depuis 1947, de Truman à G.W. Bush. Son message : les
Etats-Unis sont un « empire » assoiffé de pouvoir, et de plus un assez mauvais, sans principes fondés sur le droit conforme à la légalité, bref, dans lequel l’esprit républicain de ses pères fondateurs n’existe plus... Et les points décisifs dans sa discussion sont sans cesse deux personnages : Osama bin Laden (ennemi extérieur) et Timothy McVeigh (ennemi intérieur), tous les deux l’incarnation du Mauvais du côté des
Etats-Unis...
Et juste au cas de Timothy McVeigh, les tentatives de Vidal ne sont pas toujours convaincantes, parfois même douteuses, car... essayer de styliser le massacreur Timothy McVeigh un témoin contre la décadence morale des
Etats-Unis ne peut pas réussir, malgré tout... Ainsi, et certainement (ou disons, je l’espère) sans intention du côté de Gore Vidal, Timothy McVeigh passe le rôle d’un héros caché, ou au moins le rôle d’un Michael Kohlhaas (p.ex.
The stoic serenity of McVeigh’s last days certainly qualified him as a Henley-style hero. He did not complain about his fate; took responsibility for what he was thought to have done; did not beg for mercy as our always sadistic Media require. Meanwhile, conflicting details about him accumulate—a bewildering mosaic, in fact—and he seems more and more to have stumbled into the wrong American era. Plainly, he needed a self-consuming cause to define him. The abolition of slavery or the preservation of the Union would have been more worthy of his life than anger at the excesses of our corrupt secret police. But he was stuck where he was and so he declared war on a government that he felt had declared war on its own people.)... Certes, Vidal mentionne plusieurs fois les hommes, femmes et enfants innocents, tués dans l’attentat à la bombe à
Oklahoma City, mais prend également la défense de lui. Gore Vidal fait des efforts d’équilibrer entre argumentation pro la justesse de l’attitude anti-américaine de McVeigh et en même temps la condamnation de l’attentat d’
Oklahoma City. Une entreprise difficile.
Même si Gore Vidal ne justifie pas le crime de McVeigh, faut-il chercher à gagner la compréhension et la vue sur le motif de son acte ?! Peut-être mais... Et l’implantation du procès à McVeigh dans un « paysage » des conspirations, complots (Opus Dei, etc.) et abus de pouvoir renforce l’image d’un héros caché qui s’est risqué à faire front contre le vicieux Clinton et les « méchants »
Etats-Unis... Très dangereux !
Soit qu’il en soit, je reste sur ma position que lire ces essays est un goût et bien à recommander.
Bonne soirée à toi, Herbert
(je t’envoie encore un mp)