J'ai deja raconter que lorsqu'on demande a un voyageur d'ou il vient, si il est americain il vous repondra certainement
California, Oregon, Indiana, etc, - et vous, vous resterez interdit...jusqu'a qu'il precise
USA ! Dans sa preface, Julian Barnes raconte, alors qu'il se trouvait a
Fort Worth, la retransmission par la chaine A.B.C du deffile d'ouverture des J.O de
Los Angeles : les reporteurs commentaient de cette facon...
"...le Bangladesh ("a peu pres grand comme le Wisconsin") et, de facon tout a fait affligeante, La Grande Bretagne. On m'engagea alors a repenser mon pays comme etant "de la taille de l'Oregon"Entre 1990 et 1994, Barnes, que je connaissais pour son "Le perroquet de Flaubert", a ecrit des articles sur l'actualite anglaise pour le magazine americain
New Yorker.Pour evoquer son pays, l'auteur n'elude rien, n'epargne personne, avec un humour corrosif dont il ne se departit jamais. En lisant ce recueil d'articles, vous apprendrez comment le
British Museum fut amener a exposer une truite canadienne a poils, vous decouvrirez mme Tatcher dans ses oeuvres, ainsi d'ailleurs que le fonctionnement democratique de son parti - un cas d'ecole !-, un fabricant de labyrinthes, le fonctionnement du Lloyd's (faramineux, une decouverte pour moi), enfin, je ne vais pas tout enumerer, mais comme j'aimerais bien que nos journalistes, nos romanciers osent cette meme verve, implacable,
pour parler de nos hommes politiques, de nos institutions. (a part "Le canard enchaine", pas grand monde en
France).
Dans "Embouteillage a Bukingam Palace", Barnes roulait sur une autoroute en compagnie d'un ami quand ils se virent depasser par des motards, a vive allure, qui ouvraient la route pour une limousine officielle. Ils s'interrogerent alors sur "...
la raison d'un empressement aussi ostentatoire. La reine en retard a un dejeuner officiel ? La princesse Anne en retard pour le dejeuner de ses chevaux? La reine mere en retard pour un gin-tonic?"Sur le championnat du monde des echecs, en direct a la television...
Les septiques soutiennent qu'on ne s'amuse guere plus a suivre un match d'echecs en direct qu'a contempler de la peinture qui seche. Les ultras septiques repliquent : ce n'est pas tres gentil pour la peinture.Le temps me manque pour vous citer des passages sur le milieu politique anglais...je vous laisse le plaisir de decouvrir les camouflets assenes, avec talent, par cet excellent ecrivain qu'est Julian Barnes.
LETTRES DE
LONDRES. JULIAN BARNES (folio)