Si la conjoncture n'est pas aussi bonne qu'autrefois à
la City, elle est mille fois pire pour les familles en général car David Cameron a décidé de protéger
la City (1/3 de toutes les richesses en GB) quitte à ponctionner gravement les familles et à entrer dans un cycle de récession. Il y a un article dans le Financial Times - peu suspect de populisme ou de socialisme - à ce sujet, c'était jeudi ou vendredi je crois.
Actuellement, afin de se maintenir à flot et ne pas sombrer dans la pauvreté - et on parle là des classes moyennes car pour les quartiers populaires c'est bien pire - 1/3 des personnes doit faire deux emplois (cad travailler 10 ou 12 heures par jour pour un salaire de misère - jusqu'en 1999 il n'y avait même pas de salaire minimum en
Grande Bretagne et certains là-bas voudraient abolir cela... heureusement ça n'a pas été le cas sinon il y aurait des emplois à £2 de l'heure!!.. ou alors parce que les seuls emplois qu'ils ont trouvés sont à mi-temps, cad par exemple qu'ils travaillent 5 heures par jour aux heures de pointe entre 11h et 13h puis entre 17 et 20h dans un supermarché, et entre les deux font la sortie des écoles pour quelques sous, et/ou ensuite font la nuit dans un entrepôt, avec tous les dangers que cela représente, sans oublier ceux qui doivent conduire 2h par jour pour un travail qui ne rembourse même pas l'essence car sinon leur maison serait saisie et qui vivent exclusivement sur leurs cartes de crédit et crédits à la consommation, quand ils ne pourront plus rembourser que se passera-t-il pour les gens mais aussi pour les banques concernées par des défauts de paiement massifs?....).
Les fonds ont été coupés aux hôpitaux publics, aux MJC, aux bibliothèques, aux piscines et gymnases, aux épiceries sociales; les jeunes de famille pauvre qui avaient réussi à accéder au lycée recevaient une bourse pour les aider avec leurs livres, etc, et cela a été coupé, empêchant un grand nombre d'entre eux de poursuivre leurs études voire d'entrer au lycée quoi qu'ils en aient les moyens intellectuels. C'est un gâchis immense pour le pays car ces jeunes sont à présent au chômage alors qu'ils auraient pu étudier pour occuper plus tard un emploi où leurs moyens seraient mis en jeu, et de nos jours la seule chance des pays développés c'est "l'économie de la connaissance" donc sacrifier tout ce qui touche l'éducation c'est sacrifier l'avenir du pays dans la compétition mondiale. Des employés qui n'ont même pas le bac et l'adaptabilité afférente il y en a "a penny a dozen" ailleurs...
Donc il est très improbable que tu trouveras une famille prête à t'accueillir sans que tu payes. Les étudiants étrangers sont une source de revenus, point. Dans certains coins où il n'y avait pas de tradition d'accueil payant (
Irlande, notamment) cela peut se trouver puisque tu proposes tes services, mais la crise a frappé aussi. L'accueil bénévole existe aux
Etats-Unis et au
Canada mais là-bas aussi la crise est assez grave pour qu'il y ait des écoles qui servent petit-déjeuner avant les cours, déjeuner au milieu de la journée, et diner après les cours, afin de s'assurer que les enfants auront bien eu à manger en semaine et que leurs parents puissent se concentrer sur les week-ends. On parle là de quartiers de classe moyenne, c'est pour cela que ça passe dans les journaux. Entre un tiers et la moitié des Américains est passé de la classe moyenne à une classe apauvrie/pauvre -- et, oui, quand ça va toucher la
France ça va faire mal, car il y a deux solutions globales: politique d'austérité qui certes réduisent les dépenses mais ce faisant réduisent aussi les rentrées d'argent et stoppent la consommation donc la croissance, politique tentée sans succès depuis 3 ans, transformant un simple "downturn" en récession et, probablement, une dépression à l'échelle de celle de 29; ou politique plus ou moins keynésienne pour laquelle il est peut-être trop tard. Pour l'instant c'est la 1e solution, la plus conventionnelle, qui a été choisie, et chaque fois qu'un économiste a prévenu des conséquences (ouverture d'un cycle de récession avec risques de création d'une spirale de dépression) les politiques n'ont pas écouté, donc je ne suis pas très optimiste quant à leur capacité de créer un 2e choix viable en dehors de leur mantra "l'austérité créera la confiance qui créera la confiance", qu'ils répètent même si visiblement ça a échoué, and again, and again, and again -- ça me fait penser au type qui se cogne la tête dans le mur et qui dit "j'ai mal à la tête", en anglais on dit qqch comme "faire la même chose encore et encore en s'attendant à un résultat différent c'est de la stupidité." Ajoute à cela l'indécision européenne, les tergiversations qui finissent par transformer un non-choix en choix, et on a tout pour un "perfect storm".
Tout ça pour te dire que non seulement la conjoncture est mauvaise, mais que selon les choix politiques faits dans les 6 prochains mois elle va être pire, et que pour l'instant
la City est la plus protégée à la fois des places boursières et des endroits en GB même si cela peut changer s'il y a une élection générale.
Par contre, quand tu auras trouvé un stage en finances, tu peux négocier sur le logement, le "per diem" ou le "food stipend".