Retour et impressions après 8 jours à l'Ouest... de l'Ecosse Lol64 · 15 juin 2014 à 21:35 · 106 photos 80 messages · 22 participants · 20 326 affichages | | | | 15 juin 2014 à 21:35 Retour et impressions après 8 jours à l'Ouest... de l' Ecosse Message 1 de 80 · Page 1 de 4 · 14 785 affichages · Partager Bonjour à tous !
Un mois et demi déjà que nous sommes revenus de notre périple écossais : 8 jours, 2 personnes, vol Mulhouse- Édimbourg, location de voiture et hôtels ou B&B réservés de France. Comme toujours, les différents avis, blogs et carnets des internautes m'ont été d'une aide inestimable dans la gestion de ce voyage, merci à tous ! En retour, voici un nouveau carnet avec nos avis et impressions qui bien sûr, n'engagent que nous et serviront peut-être à d'autres.
Notre parcours en image :
Jour 1 : Jeudi 24 avril 2014De Metz (France) à Stirling (Écosse)
Trois heures pour rejoindre l’aéroport hébergeant Easyjet le plus proche de chez nous. Nous y laisserons notre « titine » personnelle aux bons soins du parking longue durée. Deux heures d’attente avant l’embarquement avec, heureusement, pique-nique et shopping - tiens, ça existe encore les francs suisse  - pour passer le temps parce qu’à l’aéroport de Bâle- Mulhouse, le free-wifi, lui, n’existe pas  ! Deux heures de vol, une broutille ! Vingt minutes de retard dues au départ tardif de notre avion à Londres ce matin, dixit our captain. Le temps de passer la douane, passport please, de récupérer les bagages, de remplir les diverses formalités au comptoir de location de voiture, non on ne veut pas de GPS, no thanks aucune assurance complémentaire, sourire crispé des deux côtés, voucher, driver licence, ID and credit card of course, de se rendre au parc automobile, première rando bien fléchée et même abritée - on voit qu’ils ont l’habitude des intempéries ici - de faire la check-list de la voiture, 300 miles au compteur, une carrosserie noire brillante, rutilante (va falloir faire gaffe aux rayures) et... nous voilà partis à la découverte de l’ Écosse  !
Ouf ! Une destination pas si lointaine de chez nous mais pas si proche que ça non plus ! Les voyages forment peut-être la jeunesse mais les trajets à eux seuls grillent pas mal d’énergie et pas seulement de l’énergie fossile  .
Je laisse bien volontiers mon homme s’installer du côté passager, étrangement équipé d’un volant, mais quel drôle de pays  ! Boite de vitesse identique mais à passer de la main gauche, rétroviseur en miroir, c’est le cas de le dire. Quelques instants de flottement et on y va. Une fois dans la circulation, ça roule.
Destination Stirling, ville de la Central Belt, où nous avons prévu de passer la nuit. Il est 16h30, le ciel est à dominante bleu, le thermomètre affiche 16°. Non, il ne s’agit en aucun cas d’un défaut de l’équipement électronique de notre Ford quasi neuve ! Incredible  ! La M9 est roulante, une bonne demi-heure plus tard, on prend la sortie direction Dollar. Oui, je sais, ce n’est pas la route la plus directe pour Stirling mais j’ai prévu une petite balade du côté de Castle Campbell.
On se gare près du musée. Il est trop tard pour envisager de visiter le château, nous le savions mais j’avais repéré la petite rando Dollar Glen Circuit (voir le site Walkhighlands) donnée en 1h30 à 2h et comme la météo est avec nous... Nous la ferons en 1h30 avec de multiples arrêts photos.
La balade est pleine de charme. Elle grimpe dans la forêt, suit des torrents qu’elle enjambe parfois d’un petit pont de bois, s’attarde au pied d’une cascade, serpente à flanc de coteau et nous mène aux portes du château qui se dresse fier et majestueux dans les rayons mordorés d’un soleil qui décline. Personne aux alentours. Nous sommes seuls, transportés dans l’ Écosse médiévale. La lourde porte de bois sertie de ferronnerie, les murs de pierre taillée de la tour qui s’élève, contrastent avec le tapis d’herbe tendre et les touffes de jonquilles qui jouent avec le vent. Atmosphère magique que nous goûterons avec bonheur dans les bois environnants où flottent les fantômes du prédicateur John Knox, de la malheureuse Marie Stuart que nous retrouverons en bien des endroits au cours de notre voyage et, bien sûr, des membres du clan Campbell qui vécurent ici avant de préférer Argyll’s Lodging, dans la vieille ville de Stirling, quelle faute de goût ! Bon, on peut aussi comprendre que l’isolement de la forteresse ne soit pas des plus pratiques au quotidien.
J’ai beaucoup aimé ce premier contact avec l’ Écosse et son histoire qui s’était, pour nous recevoir, parée de ses plus beaux atours : fleurs printanières en tapis colorés, fougères naissantes en délicats rouleaux, dégradés de vert tendre, ciel contrasté de bleu, de blanc, de gris sombre, paysage nimbé d’une lumière douce, chaleureuse, jouant entre les branches d’arbres s’éveillant tout juste de leur sommeil hivernal. Le château des Campbell a bien mal porté, ce jour là, son surnom de Castle Gloom. Point de ténèbres en cette soirée printanière. Et les ruisseaux, dont le chant primesautier concurrençait celui des oiseaux, n’avaient pas grand-chose à voir avec les Burn of Care et Burn of Sorrow qui les désignaient, les liant à tout jamais à une indicible mélancolie, peine et chagrin mêlés. Ou alors c’est le temps, dans ses deux sens, qui est prompt à effacer les cicatrices de l’histoire aux yeux du voyageur de passage.
Retour à la voiture direction Stirling que nous traverserons sans nous arrêter, le William Wallace Monument, le fameux Old Bridge, Bannockburn et son mémorial défilent sous nos yeux. Autant de marques d’une histoire sanglante marquée par ses deux héros, William Wallace qui porte dans mon esprit les traits de Mel Gibson et Robert Bruce autrement nommé Robert 1er d’ Écosse dont la statue de pierre regardant les Ochils Hills de l’esplanade du château de Stirling, a malheureusement été emprisonnée dans une cage d’acier par notre XXIème siècle soucieux de restauration !
La journée se termine, déjà, longue et courte à la fois. Nous passerons la nuit dans un hôtel de chaîne sans prétention du sud de la ville.
(To be continued...) | | | Annonce · Sponsorisé | | | À: Lol64 · 16 juin 2014 à 19:03 Re: Retour et impressions après 8 jours à l'Ouest... de l' Ecosse Message 2 de 80 · Page 1 de 4 · 14 596 affichages · Partager Jour 2 : vendredi 25 avrilDe Stirling à Fort William via Glencoe (156km)
Lever matinal, l’heure de décalage entre la France et le Royaume-Uni est favorable aux départs précoces sans trop d’effort. On garde le sentiment d’être en vacances. Petit-déjeuner consistant, c’est sans difficultés que je me mettrai au régime écossais, sausages and black pudding en moins. Mon homme, quant à lui, préférera la version sucrée avec, entre autre, le porridge. Le ciel est gris, le sol est gris, l’air est gris, partout le même gris sale, délavé, pas un souffle de vent, juste une fraîcheur bien marquée avec une bonne dose d’humidité. Devant l’hôtel, le livreur est en tee-shirt. Y a pas à dire, les écossais n’ont pas le même sang que nous qui coule dans leurs veines  .
On a regardé la météo sur la BBC one Scotland, une habitude qui s’installera vite comme un rituel chaque matin au réveil et les prévisions ne s’avéreront pas trop mauvaises tout au long de notre séjour, du moins à 24 heures. Pour aujourd’hui une dégradation est prévue avec fortes pluies et vent violent en fin de journée. Bienvenue en Écosse  !
J’ai prévu de passer la matinée à Stirling. On gare la voiture dans Dumbarton road. Tout le secteur est équipé d’horodateurs, prévoir de la monnaie. Et c’est parti pour notre 2ème circuit du site walkhighlands : Stirling Castle and Gowanhill que nous commencerons directement par upper back walk. Dans un premier temps, la balade reste en dehors de la ville et suit les remparts du château, en lisière de forêt. Des écureuils nous accompagnent. Le chemin grimpe tranquillement.
Arrivés au sommet, nous sommes récompensés par la vue, bon, pas transcendante non plus mais jolie  . Il faut dire que dans la grisaille, ça rend sans doute moins bien que sous un rayon de soleil même timide. Pas de rayon lumineux pour nous aujourd’hui. Dans la vallée, Stirling s’étire le long du Forth, au loin, le monument William Wallace et plus loin encore, plus haut, les Ochils Hills, auréolées de brume, promesse d’ailleurs plus sauvages. Il y a aussi 2 vieux canons et la fameuse Beheading Stone qui servait, parait-il, pour les exécutions. Atmosphère joyeuse de rigueur ! Nous continuons jusqu’à l’esplanade du château que nous ne visiterons pas, il faut bien faire des choix, puis descendons dans la vieille ville. Le long de la rue pavée, les bâtiments séculaires invitent à la découverte malgré les travaux en cours qui cassent un peu l’ambiance  .
Mon coup de cœur à moi, à Stirling, c’est the Church of the Holy Rude et son cimetière  . Située sur une colline qui domine la ville, émergeant d’un écrin de verdure drapé tout autour de ses hauts murs de pierre sombre, elle défie le gris du ciel et de la terre. Le cimetière est tout en courbes, en creux, en bosses, qui ondulent sur les flancs de la colline et partout, c’est un foisonnement de stèles plantées dans le sol, dressées dans les airs, toutes droites ou de guingois, parfois mangées de mousse, parfois blanchies par le vent et la pluie, parfois noircies par le temps qui passe sans atteindre ce lieu, à l’abri des siècles. C’est un endroit spécial où une touffe de jonquille vient souligner soudain la gravure dans la pierre, où un cyprès semble soutenir un monolithe usé. Union de la roche sculptée par la main de l’homme et de la nature prolifique qui célèbre la vie là où l’on enterre les morts. Nul doute que des esprits habitent ces lieux ! 
J’aurais aimé rester plus longtemps à Stirling, lui consacrer une journée entière peut-être, visiter son château, traîner dans les alentours, me glisser dans l’ombre de ses héros, de ses ennemis. Première frustration que je n’attendais pas là, moi qui suis plus nature que citadine  . Mais un autre programme nous attend, nous reprenons la route en fin de matinée.
Comme on me l’a conseillé, nous passons par Callander, Lochearnhead, Crianlarich et Tyndrum. La route est facile, la circulation très fluide. Le temps reste gris et il bruine de temps en temps. C’est un paysage de campagne qui s’offre à nous et j’avoue ne pas avoir trouvé ce trajet extraordinaire. Beaucoup de champs, beaucoup de moutons, beaucoup d’agneaux même pas sevrés. Leur spectacle est un enchantement. Je trépigne, j’aimerais les prendre en photo mais les endroits pour s’arrêter sont rares et souvent occupés par des poids lourds. Les routes écossaises sont chiches en accotements et le fossé flirte souvent étroitement avec la chaussée. Ce que j’ignore alors, c’est que j’aurais mille occasions de les photographier tout au long de notre séjour qui semble suivre de près la saison de l’agnelage.
On passe Tyndrum, le paysage change. Il n’y a plus de champs, moins de maison, la route s’élève, les arbres se raréfient, remplacés par la rocaille, les lichens, la bruyère séchée, brunie, comme grillée. Les moutons ont disparu, reste la lande immense, désertique, un autre monde, les Highlands. Au tableau de bord, le thermomètre perd plusieurs degrés. Le vent souffle en bourrasque et le ciel nous menace de ses foudres. Chaque arrêt est un combat contre les éléments. On a sorti les écharpes, les bonnets et les gants  . Quel contraste avec hier !
Glencoe est une vallée impressionnante, terres brûlées, grillées par le froid, par l’histoire ? Ici, pas un arbre, pas un buisson, pas une fleur, pas une âme qui vive. La végétation semble encore en dormance et pourtant, nous sommes presqu’en mai ! Le paysage évoque les grandes steppes d’ Asie centrale, la Patagonie... du mal à y trouver une âme. Une mélancolie certaine s’en dégage, roche noire, torrents argentés, du jaune, du brun, de l’ocre dans une austérité implacable. Tant de dureté, un monde sans pitié où je me sens comme broyée. Et au fond de cette vallée, sur le long ruban d’asphalte qui la déchire, des voitures qui filent comme des ombres, aspirant dans leur sillage des tourbillons d’air glacial.
Nous nous sommes arrêtés le long de l’A82, un peu à l’ouest de King’s House, pour prendre ce fameux Devil’s staircase emprunté par les soldats du général Wade qui travaillaient à la construction de la nouvelle route puis, plus tard, par ceux qui construisirent le Blackwater Dam, encore du noir ! Nous avons eu moins de mérite que d’autres, le temps est resté sec mais cependant bien frais. La montée nous a réchauffés. C’est sympa de prendre un peu de hauteur, un peu de recul sur la vallée mais la vue au sommet... n’en est pas une  ! Frustrés de ne pas pouvoir continuer, de ne pas pouvoir poursuivre le chemin jusqu’à Kinlochleven. La descente est plus difficile que l’aller, les pierres roulent sous nous pieds, intérêt d’être bien chaussé. Sur la route, en bas, impression d’être en sursis, les gens roulent comme des fous. Pris dans la circulation, dans le cheminement de tout le monde, la vallée nous échappe un peu. Il faudrait du temps pour qu’elle nous autorise à entrer en son sein, peut-être...
Alors nous décidons de nous échapper à notre tour. Le timing est bon, le vent se calme et les nuages semblent monter d’un cran. Rien de prévu ce soir, à Fort William. On fait demi-tour et on s’enfonce dans Glen Etive, notre première single track road. J’ai lu beaucoup de descriptions pleines d’emphase concernant cette vallée, j’en attendais beaucoup, trop sans doute. Mon imagination a dépassé la réalité. C’est joli, surtout le début. Quelques belles rencontres : 2 biches sur la route.
Ensuite, sentiment mitigé. Des hommes exploitent quelques parcelles de forêt comme des sauvages. Des troncs blanchis dressent leurs échardes blessées vers le ciel au milieu d’un champ de bataille de sciure, d’arbres abattus, tombés, gisant entre des souches sauvagement décapitées. Un carnage ! Au bout, le loch. C’est sale, ça gâche tout. Papiers gras, canettes, restes de pique-nique, de camping sans aucun doute... sauvage, de ceux qui se baladent. Câbles, cordes, et tôles de ceux qui y travaillent. Déception. 
Retour sur l’A82, direction Fort William avec encore un petit arrêt pour saluer les trois sœurs. Elles ont la tête dans les nuages, des écharpes sombres de brume épaisse et sale autour de leurs épaules. De longs colliers d’eau en furie descendent de leur cou. Elles sont impressionnantes, belles malgré elles, malgré le poids de l’histoire, terrible, insupportable qui les lie à ce lieu.
Je suis sortie de la vallée de la Coe avec un certain soulagement. Un passage par ici ne peut laisser indifférent. Nul doute que la saison, la couleur du ciel et de la lande, tout comme l’humeur du visiteur joueront sur la perception qu’on peut en avoir. Je reste cependant intimement persuadée qu’il y a, à Glencoe, autre chose que des roches, de la bruyère et des torrents, quelque chose de rude et d’implacable qui pèse comme une chape de plomb sur qui ose s’y aventurer.
Mais revenons à des considérations plus terre à terre. La dépression approche. Quoi d’étonnant dans une ville où il pleut, parait-il plus de 300 jours par an ? Nous avons prévu d’y passer 2 nuits et la première, ce sera pique-nique dans la chambre après ravitaillement au Morrissons du coin. Un campement de luxe, au sec et au chaud  !
Si c’était à refaire : Si c’était à refaire, je consacrerais une journée entière à Stirling et je ne ferais que traverser Glencoe en m’arrêtant simplement aux points de vue signalés. Je laisserais Glen Etive et les diverses randonnées pour un séjour plus long. On ne peut pas, à mon avis, appréhender ce lieu en marchant seulement une heure ou deux. Il faut sans doute plus de temps pour pénétrer ses secrets et goûter ses charmes. | | | À: Lol64 · 16 juin 2014 à 19:34 Re: Retour et impressions après 8 jours à l'Ouest... de l' Ecosse Message 3 de 80 · Page 1 de 4 · 14 592 affichages · Partager Bonsoir Laure,
C'est avec grand plaisir que je viens de commencer ton nouveau carnet.
Sur ta carte le périple paraît bien grand? Vous avez fait au total combien de Km en 8 jours?
A l' Ecosse c'est nombreux paysages, lacs, pâturages et moutons.... tout un programme. 
Je sens au premier écrits que ce pays ta plu malgré le temps 
Merci à toi de nous faire découvrir cette contrée pas si lointaine comme tu le dit. En sachant de plus des préocupations scolaires pour tes enfants c'est un double mérite 
As tu réussi à prendre en photos les petits écureuils? Sont-ils plus sympas pour la prendre la pose que leur cousins américains?
Le petit torrent de la 1ère rando donne vraiment envie de découvrir la ballade.
Hâte de découvrir la suite de ton récit Hélène | | | À: Lol64 · 17 juin 2014 à 9:13 Re: Retour et impressions après 8 jours à l'Ouest... de l' Ecosse Message 4 de 80 · Page 1 de 4 · 14 569 affichages · Partager Pour Mel Gibson il était hier soir à la à télè dans Braveheart d'ailleurs comme quoi  un petit rappel de ton séjour à quelques semaines prêts... | | | À: Fabregal · 17 juin 2014 à 9:42 Re: Retour et impressions après 8 jours à l'Ouest... de l' Ecosse Message 5 de 80 · Page 1 de 4 · 14 560 affichages · Partager Hello Hélène
Merci de nous accompagner sur les routes écossaises.
Sur ta carte le périple paraît bien grand? Vous avez fait au total combien de Km en 8 jours?
Nous avons fait, en tout, environ 1300 km. Pas tant que ça en fait, les routes écossaises, contrairement à ce que je pensais sont bien entretenues et très roulantes. Bien sûr, ce ne sont pas des autoroutes et on s'arrête souvent pour les paysages  mais rouler n'est pas du tout pénible.
Je ne voulais pas faire trop de voiture c'est pour cela que j'avais éliminé le sud d' Edimbourg, tout l'ouest et le nord (que l'on ne voit pas sur la carte) et je l'ai un peu regretté une fois sur place. Ce serait à refaire, je programmerais un autre itinéraire, plus diversifié encore.
Merci à toi de nous faire découvrir cette contrée pas si lointaine comme tu le dit. En sachant de plus des préocupations scolaires pour tes enfants c'est un double mérite
Les soucis d'examens sont surtout pour les jeunes  , moi, je gère le stress parental en me replongeant dans les vacances passées ou à venir, mieux que les tranquillisants ou un ulcère 
As tu réussi à prendre en photos les petits écureuils?
Je suis nulle en photographie animalière   ! Tout juste si j'arrive à prendre une vache ou un mouton alors les écureuils... 
Je sens au premier écrits que ce pays ta plu
Oui, tu as vu juste, j'ai bien aimé l' Ecosse mais pas autant que d'autres destinations 
Bonne journée à toi Laure | | | À: Lol64 · 17 juin 2014 à 23:07 Re: Retour et impressions après 8 jours à l'Ouest... de l' Ecosse Message 6 de 80 · Page 1 de 4 · 14 510 affichages · Partager Ah le carnet ! Ca y est ! Je commençais à désespérer  !
Je viens de le découvrir, juste le temps d'une lecture diagonale, d'apercevoir quelques magnifiques photos, je me réjouis d'avance de la lecture approfondie que je réserve à demain...
Alors à très bientôt... | | | À: Lol64 · 18 juin 2014 à 14:52 Re: Retour et impressions après 8 jours à l'Ouest... de l' Ecosse Message 7 de 80 · Page 1 de 4 · 14 413 affichages · Partager Hello Laure
Ah le carnet ! Ca y est ! Je commençais à désespérer
Oui, je sais, je suis lente... mais bavarde   J'espère que ce carnet te rappellera quelques bons souvenirs (un peu plus frais et humides que tes futurs projets pour l'été à venir  )
Jour 3 : Samedi 26 avrilFort William, Glen Nevis et la route des îles (175km environ)
Huit heures du matin. Il a plu toute la nuit. Une grosse pluie drue et cinglante qui tambourine aux carreaux et fait naître de grosses flaques luisantes sur le sol irrégulier du parking. Le Ben Nevis est dans les nuages, d’épais nuages noirs, globuleux, qui l’encapuchonnent comme un nouveau-né. Il pleuviote encore pas mal et la température est plutôt fraîche mais la météo est optimiste. On ne cherche pas à comprendre, on y croit, on veut y croire. 
Après un solide scottish breakfast accompagné d’un double expresso, on démarre pour Glen Nevis. 30 minutes de route bien jolie malgré la brume. Ici, contrairement à Glencoe, du jaune, du noir, du vert, des bosquets de chênes et de sapins, du rouge même sur les fougères sèches de la saison dernière. Les nombreux moutons qui habitent la vallée ne s’y sont pas trompés, eux non plus. La route serpente, épouse le terrain comme un léger drap de percale, monte, descend, virevolte.
Tout au bout de la route, la balade commence : Glen Nevis and Steall Falls. On s’équipe, version imperméable et on y va. La montée est rapide mais sur des rochers détrempés, moussus, glissants, les pieds presque dans le torrent. Entre les arbres au feuillage encore clairsemé, la rivière qui caracole, des sommets enneigés et au loin, très loin, une toute petite parcelle de bleu dans le ciel délavé, comme une promesse. Voilà, on est en haut. Déjà ! Une vaste prairie fleurie s’ouvre à nos pieds, encerclée, dominée de monts impressionnants.
La cascade est bien là, auréolée de sa célébrité, Harry Potter n’a-t-il pas volé sur son balai magique devant l’écume de ses flots ? Il y a aussi le fameux pont de singe, moins évident en pratique qu’en théorie, surtout à l’arrivée. Sur les câbles d’acier qui ondulent au-dessus de l’eau, un oiseau se moque. Encore un endroit où l’on continuerait bien à marcher droit devant... mais les chemins partent trop loin, trop haut dans la montagne, une autre fois, maybe...
Lors de la descente, les nuages se déchirent, le ciel se dégage de plus en plus. Un rayon de soleil et tout change. Il fait beau, il fait bon, on marche dans le jardin d’Eden. Retour idyllique sur Fort William.
On embraye sur the Road to the isles. Premier arrêt pour voir de plus près Neptune’s Staircase, puis un second à Corpach où l’on atteint l’extrémité du canal calédonien avec en prime, une belle vue sur le Ben Nevis, le plus haut sommet du Royaume-Uni qui a daigné, en notre honneur, se dévoiler dans toute sa splendeur puis c’est Glenfinnan.
Quelques centaines de kilomètres au nord-ouest de Stirling, quelques siècles après les Wallace et Bruce, l’histoire nous rattrape en la personne de Bonnie Prince Charlie, le dernier des Stuart, l’éternel jeune prétendant, le révolutionnaire, le jacobite. Ici il est arrivé plein de rêves et d’espoir, d’ici il est reparti brisé, prince déchu. Toute la région porte en elle les traces de son périple, les cicatrices à fleur de peau, des profondes blessures consécutives à son départ. En haut du monument, la statue d’un highlander commémore la levée d’étendard et le ralliement des clans.
Nous dépassons le monument, traversons le pont et prenons à droite pour nous garer sur le petit parking (gratuit - Ah, ces français !) d’où démarre notre deuxième balade de la journée : Glenfinnan Viaduct Trail. Le site de walkhighlands ne lui attribue que 2 étoiles ce que nous avons trouvé totalement injustifié. C’est une balade superbe, à ne pas manquer pour peu que vous disposiez d’une bonne heure et bien plus jolie que l’ascension surpeuplée de la colline derrière le monument : vue archi-classique et bousculade garantie même hors saison. De plus, elle n’est plus du tout boggy puisqu’elle a été équipée très récemment de passerelles de bois dans les passages les plus marécageux. On y atteint très rapidement le pied du célèbre viaduc où la fiction rattrape l’histoire (mais l’histoire ne devient-elle pas elle-même parfois fiction ?) Le héros de JK Rowling y donne la main au héros des jacobites dans un paysage qui mêle sans vergogne le réel et l’imaginaire.
On grimpe ensuite dans les collines, dominant le pont et la vallée, vision de l’aigle sur son territoire vierge, intact, on suit la ligne du loch Shiel profondément encastré, à l’Est, dans de sombres et hautes montagnes, on redescend doucement vers la petite gare avec son wagon restaurant et son musée et on continue, par le bas, jusqu’au célèbre monument.
Cela reste une de nos balades préférées, variée, facile, spectaculaire. Nous n’y avons rencontré personne tandis qu’un peu plus tard, en montant rapidement au point de vue classique, il a fallu jouer des coudes, dans la boue cette fois, avec les occupants d’un ou deux bus chaussés au mieux de converses, au pire, de ballerines ou de sandalettes ! Fous rire garantis mais pas pour tout le monde.
On a passé pas mal de temps dans les environs du loch Shiel, le soleil a allongé notre pause repas puis les nuages sont revenus, donnant à nos photos d’autres reflets. Nous sommes repartis, ponctuant notre route d’arrêts, la petite église de St Mary, le loch Eilt, Prince’s cairn (ouais, bof, celui-là on aurait pu s’en passer) et enfin Casmudarach Beach où nous ferons notre troisième et dernière balade de la journée. Un petit bijou, tellement différent de tout ce que nous avons déjà vu aujourd’hui. Sable blanc, buissons d’ajoncs or, mer changeante allant du gris au turquoise. Dans les dunes, les ajoncs dansent au gré du vent et le petit chemin serpente, gare aux branches pourvues d’épines acérées. On découvre d’étroites criques blotties entre les rochers et au-dessus, juste à côté, des prés d’herbe rase et tendre, comme tondue par les quelques moutons qui s’y prélassent tandis qu’au loin une maison ou deux se cachent à l’orée d’une forêt.
C’est un peu la Bretagne, les Landes, le Pas de Calais et les Caraïbes en même temps, avec à chaque fois quelque chose en plus, quelque chose en moins, c’est l’ Ecosse.
Nous poursuivrons encore jusqu’à Mallaig, un petit port qui ne nous a pas charmé, que nous n’avons pas laissé nous charmer ? Fatigués peut-être, par cette longue journée, saturés de trop belles images.
Nous ne dormirons pas ici ce soir car demain c’est dimanche, les ferrys vers l’île de Skye sont rares. Nous prendrons donc la voie des terres plutôt que celle de la mer mais d’abord, retour vers Fort William : 75km sur une route facile avec peu de circulation. Ravitaillement en essence à la station voisine de notre hôtel (pratique) et puis repos. Demain, une longue journée nous attend et pas mal de miles aussi. On ne tient pas à en rater une miette d’autant que la météo est optimiste (utopique ?). Nous ne savons pas encore à quel point !
Si c’était à refaire :
J’essaierai de faire une randonnée plus longue dans Glen Nevis, si le temps est favorable, ce coin nous a vraiment beaucoup plu, une vallée sauvage, intimiste, coquette et secrète qui cache, j’en suis persuadée, ses plus beaux atours. On comprend aisément que de nombreux réalisateurs aient choisi un tel endroit comme cadre de leur film.
Je consacrerais juste une matinée à la route des îles (sans trop traîner, une bonne demi-journée devrait suffire même avec les 2 balades) et j’en profiterais pour passer sur l’île de Skye dans l’après-midi afin d’atteindre la péninsule de Sleat. Ce dernier point est tout à fait gratuit car nous n’avons pas traversé cette péninsule que je ne connais pas. Pour le reste, c’est plutôt un remaniement qu’un véritable changement mais cela aurait permis d’optimiser le timing du voyage et ainsi de diversifier un peu les découvertes. Nous avons en effet un peu regretté de rester dans le même registre tout au long du voyage.
To be continued... | | | À: Lol64 · 18 juin 2014 à 23:09 Re: Retour et impressions après 8 jours à l'Ouest... de l' Ecosse Message 8 de 80 · Page 1 de 4 · 14 346 affichages · Partager Bonsoir Laure,
J’adore quand tu es bavarde  ! Ça valait le coup d’attendre ! (en fait, je craignais avec l’été qui arrive de devoir patienter jusqu’à septembre !)
C’est toujours un réel plaisir de te lire, tu as le don pour rendre vivants les instants passés. En plus, tes photos sont magnifiques.
Par contre, j’ai l’impression que tu reviens quand même avec quelques regrets... Ce n’est pas facile quand le temps est compté de prévoir quels sont les endroits qui vont te parler et sur lesquels t’attarder. Et puis cette fichue météo 
Tiens une question, les durées des randos sur walkhighlands sont-elles surestimées ? C’est ce qu’il m’a semblé en te lisant, tu confirmes ?
Prochainement l’île de Skye.... Je guette.... A très bientôt... | | | À: Calisson94 · 19 juin 2014 à 16:09 Re: Retour et impressions après 8 jours à l'Ouest... de l' Ecosse Message 9 de 80 · Page 1 de 4 · 14 286 affichages · Partager Bonjour Laure et merci pour tes compliments qui me touchent vraiment  . Oui, tu as bien deviné, je suis revenue d' Ecosse avec quelques regrets mais pas tant que ça non plus  . La météo, c'est toujours le problème, j'y étais préparée et en plus, les choses vont s'arranger, tu vas voir...
Par contre la durée du voyage, c'est toujours le "nerf de la guerre" donc il faut choisir et parfois, j'ai eu le sentiment de ne pas avoir opté pour les meilleures options. De plus, nous voulions marcher un peu et bien sûr, ça prend du temps !
J'ai encore plus ressenti cette frustration en rentrant et en lisant le carnet de Mouriann qui est partie en famille 4 semaines ! Mais je n'étais pas prête à investir 4 semaines de congés en Ecosse non plus... trop besoin de soleil  !
Tiens une question, les durées des randos sur walkhighlands sont-elles surestimées ?
Oui, nous avons trouvé que le site Walkhighlands comptait large. On n'est pas des grands marcheurs (enfin, pas moi, surtout quand ça monte  ) et on était chaque fois en dessous des estimations en restant pourtant en mode balade, arrêts photos, contemplation et petits goûters  . Bon, je continue mon carnet, j'arrive à la moitié !
Jour 4 : Dimanche 27 avril 2014De Fort William à Portree (île de Skye) 272km
Dimanche, nous sommes les premiers au petit-déjeuner ! C'est curieux comme on se lève plus facilement en vacances...  Sur l'A82, pas un chat. De larges pans bleus se partagent le ciel avec des zones encore bien sombres. L'air est d'une pureté peu commune, comme lavé par les averses des jours précédents, figé par le froid matinal. Nous longeons le loch Lochy aux rives boisées puis le plus humble loch Oich avant de bifurquer vers l'Ouest à Invergarry. Petite grimpette sinueuse pour atteindre le loch Garry.
Les arbres sont restés dans la vallée, le paysage se dégage, s'ouvre vers de plus grands espaces. J'ai l'impression que c'est maintenant seulement, que nous entrons dans les Highlands. Peu ou pas d'habitations. Nous enchaînons avec le loch Loyne, le loch Cluanie, tous pareils, vastes étendues d'eau et pourtant tous différents. L'horizon recule, les vallées s'étirent à l'infinie et les rayons du soleil créent des reliefs d'ombre et de lumière du plus bel effet sur les pentes rocheuses des montagnes qui se couvrent d'or. Immobile, la surface de l'eau scintille sous leur caresse.
Inutile de préciser, je pense, que j'ai aimé cette route. Dans mes préparatifs, obnubilée par la star, la vedette incontestée de tous, l'île de Skye, je l'avais juste oubliée. Un trajet un peu long, nécessaire. En ce dimanche matin, elle m'a rattrapée, emprisonnée, ensorcelée. Nous nous sommes souvent arrêtés aux différents points de vue pour mieux goûter l'atmosphère de ces lieux mais le meilleur restait à venir...
A l'extrémité ouest du loch Cluanie commence Glen Shiel, une douzaine de miles enchanteurs, un vrai coup de cœur. Du col, la route redescend doucement vers l'ouest pour rejoindre le loch Duich (celui où se situe Eilean Donan Castle). Là, les montagnes s'avancent pour former un défilé majestueux, les Five Sisters of Kintail au nord et au sud, la South Glen Shiel Ridge.
Là, il y a plusieurs centaines d'années, les espagnols ont combattu les anglais aux côtés des highlanders, encore les révoltes jacobites. Nous autres français avions, une fois n'est pas coutume, fait la paix avec nos british ennemis traditionnels. Les Ibériques nous ont remplacés auprès de nos alliés de cœur. Bien mal leur en a pris : attendant en vain des renforts qui avaient sombré en mer, impuissants à résister à la flotte anglaise et à son artillerie qui n'hésitèrent pas à bombarder le château de Dornie 3 jours durant, ils rencontrèrent, en ce lieu si enchanteur qu'est Glen Shiel, la terrible armée anglaise. Une bataille perdue d'avance. Heureusement ils ont, semble-t-il, réussi à s'enfuir profitant d'un épais brouillard. Nous n'avons pas eu la moindre brume à Sgurr na Ciste Duibhe (le pic des espagnols) mais j'ai pourtant cru voir, comme un message venu tout droit du passé, la silhouette sombre et furtive de quelques uns de ces " hombres" courant la montagne.
La vallée s'arrête au village de Shiel Bridge où commence (oui, encore), un nouveau loch, de mer celui-ci, le loch Duich. Qu'il est beau sous le soleil soudain éclatant, resplendissant entre les pentes couvertes d'ajoncs dorés. C'est à peine croyable, on fait quelques miles de plus, on perd un peu d'altitude, on se rapproche de la mer et la végétation change, luxuriante, éclatante, du vert décliné dans toutes ses nuances, du jaune or, orangé, des fuchsias en bouton prêts à exploser, des jonquilles, primevères et que sais-je encore, un cortège printanier qui défile sous nos yeux. Malgré nos arrêts à répétition, nous n'avons pas pris trop de retard sur le programme et mon homme semble apprécier les single track roads. Ni une, ni deux, je lui en propose une en option, recommandée par un forumeur connaisseur (merci Iain) qui a très bon goût. A Inverinate, nous quittons la route principale pour prendre à droite le chemin des écoliers, direction Carr Brae. C'est une toute petite route qui s'élève parmi les fermes, domine le loch et d'où l'on plonge sur les monts du Kintail et le Mam Ratagan de l'autre côté.
Trois ou quatre miles de promenade bucolique avec des vues époustouflantes et, à l'approche de Dornie, juste avant de rejoindre la grand route, un paysage de carte postale où trône, les pieds dans l'eau sur son petit îlot, Eilean Donan Castle. Né à nouveau de ses cendres au tout début du XXème siècle.
Et puis, il y a Kyle of Lochalsh et son très controversé pont, ouvert en 1995. Je n'avais lu que des horreurs le concernant. Aujourd'hui, arrivant de l'Est, sous le soleil, nous l'avons trouvé aérien et gracieux, s'intégrant fort bien au paysage environnant, aux collines fleuries, aux petites maisons blanches, aux bateaux de pêche mollement bercés par une houle légère.
Nous voilà sur Skye. Les kilomètres, euh... les miles défilent, Kyleakin, Broadford que nous traversons sans nous arrêter jusqu'à Sligachan. Première impression décevante. Peu de relief, peu de végétation. Notre premier contact avec l'île peine à nous séduire. La lande à perte de vue, la mer qui prend le relai, plate, immobile. Tout change en s'approchant de Sligachan, les Black Cuillins dominent un paysage sévère. De leurs origines volcaniques, elles conservent la noirceur de la cendre et s'imposent dans un univers dépouillé d'herbe rase et de roches. On y retrouve un peu, je trouve, l'ambiance de Glencoe, mais l'horizon plus ouvert et surtout le soleil lui épargne le côté sinistre tout en conservant cette domination altière qui impressionne immanquablement.
Et puis il y a le vieux pont et sa légende. Cette princesse tombée de cheval, défigurée, reniée par son fiancé. Cette fée ou sorcière - qui sait vraiment ? - lui rendant sa beauté, gratifiant la rivière de pouvoirs magiques. Y plonger son visage sept secondes garantirait beauté et jeunesse éternelle. Oui, nous nous sommes prêtés au jeu, charmés par ce conte venu d'autres temps jusqu'à notre monde beaucoup plus pragmatique, retournant, pour quelques instants éphémères, au temps des highlanders qui maniaient la claymore comme on manie aujourd'hui le crayon... la souris !?
Notre route continue, encore, vers le nord et l'ouest, longeant la côte. La mer, les lochs, les îles, les péninsules qui s'avancent et reculent, le rivage découpé, se mêlent et s'emmêlent. Nous roulons vers la péninsule de Duirinish.
Notre but : Neist point. Il faut vouloir atteindre ce lieu à l'extrême ouest de l'île. Les routes s'y rétrécissent, s'y croisent, s'y perdent, montent, descendent, tournent et virevoltent. Peu de panneaux indicateurs, peu d'habitations. Ici, les moutons sont plus nombreux que les hommes.
Et le temps s'étire autant que notre chemin, parait interminable. Quand soudain tout s'arrête, l'asphalte, la terre : Neist Point est là. Le bout du monde. La suite, ce sera à pied.
Une descente bien sentie, qu'il faudra évidemment remonter, puis plus douce le long de cette langue de terre qui semble vouloir avaler la mer.
le suspens est maintenu jusqu'à la fin. Le phare et son impressionnante corne de brume apparaitront après un virage inscrit dans une mise en scène bien calculée. Et bien sûr les moutons, brebis et agneaux, comme une marque de fabrique. On peut encore continuer à marcher au bord des falaises même si le long tapis de ciment gris déroulé jusqu'ici ne poursuit pas plus loin. Ensuite, il faudra reprendre le même chemin, à pied, puis en voiture, pour rejoindre la civilisation, c'est à dire la route à double voie - quel luxe - qui nous conduira à Dunvegan Castle.
(à suivre très bientôt...) | | | À: Lol64 · 19 juin 2014 à 16:22 Re: Retour et impressions après 8 jours à l'Ouest... de l' Ecosse Message 10 de 80 · Page 1 de 4 · 14 282 affichages · Partager Sympa de revoir les paysages à une autre époque de l'année. L'air semble plus transparent qu'en plein été. J'attends la suite avec impatience. | | | À: Lol64 · 19 juin 2014 à 22:11 Re: Retour et impressions après 8 jours à l'Ouest... de l' Ecosse Message 11 de 80 · Page 1 de 4 · 14 243 affichages · Partager Bonsoir Laure,
Ah Neist Point, c'est bôoooo......
C'est vraiment le type de paysage qui m'enchante....
J'adore ta dernière photo.
Comme je regrette de n'avoir que peu de photos (et encore pas terribles...  ) de notre passage en Ecosse. Plus jamais, jamais je ne partirai sans un vrai appareil photo.
A très bientôt | | | À: Mouriann · 20 juin 2014 à 16:46 Re: Retour et impressions après 8 jours à l'Ouest... de l' Ecosse Message 12 de 80 · Page 1 de 4 · 14 185 affichages · Partager Hello Muriel, merci de t'intéresser à notre parcours, bien plus bref que le vôtre. je ne sais pas si l'air est plus transparent au printemps qu'en été mais une chose est certaine, l'herbe est moins verte  ! Laure | | | À: Calisson94 · 20 juin 2014 à 16:50 Re: Retour et impressions après 8 jours à l'Ouest... de l' Ecosse Message 13 de 80 · Page 1 de 4 · 14 180 affichages · Partager Plus jamais, jamais je ne partirai sans un vrai appareil photo.
J'espère que tu es bien équipée pour cet été, les cartes mémoires vont chauffer  !
Comme je regrette de n'avoir que peu de photos de notre passage en Ecosse
C'est une bonne excuse pour y retourner  . @+ | | | À: Lol64 · 20 juin 2014 à 19:37 Re: Retour et impressions après 8 jours à l'Ouest... de l' Ecosse Message 14 de 80 · Page 1 de 4 · 14 170 affichages · Partager Jour 4 : suite et fin
Le château de Dunvegan n'est ni le plus grand, ni le plus célèbre, ni le plus beau sans doute mais il est mon préféré.
Nous avons visité le parc et la forteresse, demeure des chefs du clan MacLeod depuis 800 ans. Trente générations s'y sont succédées et cela lui confère une identité presque palpable. Nous sommes accueillis après le pont de pierre, dans le grand hall d'entrée, au pied d'un bel escalier de marbre, par un homme élégamment vêtu qui nous explique, dans un anglais académique au rythme volontairement ralenti, le déroulement de la visite. C'est un plaisir pour nos neurones peu entraînés à la langue de Shakespeare malmenés de surcroît par l'accent écossais. Nous sommes, ici, les invités des MacLeod (bon, des invités payants tout de même) et nous entrons dans leur intimité. L'histoire de leur famille se décline dans les pièces, les objets, les tableaux, portée par des légendes inouïe, le fairy flag, la coupe de Dunvegan ... La machine à remonter le temps est en marche, réalité historique et contes d'autres époques se mêlent étroitement. Un blason familial, une devise inscrite dans la pierre : Hold Fast ont traversé les siècles s'imposant jusque dans le deuxième millénaire. Ce château n'est pas juste un château, c'est une demeure ancestrale. Son but n'est pas l'exposition mais le partage. Enfin, c'est ainsi que je l'ai ressenti et apprécié.
J'en oubliais le parc qui descend jusqu'au loch Dunvegan sur plus de 2 hectares, luxuriant et méticuleusement entretenu, décliné en différents jardins au thème changeant. Des cascades, des fleurs à profusion, tantôt ordonnées, tantôt dans un savant désordre, émergeant des pièces d'eau, se cachant derrière des murets de pierre sèche, des arbres surprenants, des sous-bois accueillants. Ce parc est un florilège, une valse de Strauss, une envolée de jupons multicolores se reflétant sur le parquet bien ciré d'une salle de bal.
Le ciel est trop bleu, l'air est bien trop doux pour songer à clore cette journée alors nous poursuivons, nous enfonçant un peu plus encore dans ce doigt de terre brandi vers le nord. Claigan marque la fin de l'asphalte. Sur le parking, quelques voitures et un panneau d'information concernant Coral Beach. Le chemin commence de l'autre côté de la "kissing gate" - une bien jolie appellation - longe le loch Dunvegan et nous conduit tranquillement à cette fameuse plage.
Ici pas de petites criques ou d'ajoncs en fleurs mais une vaste étendue, blanche comme une mer de sel qui s'étire en arc de cercle face aux îles de Lampay et Isay, soulignée d'un côté par le vert tendre des pâturages qui s'élèvent à perte de vue et de l'autre par le bleu azur de la mer qui clapote à ses pieds. Corail rouge, Maërl, algues desséchées, minuscules coquillages, peu importe l'origine de ces étranges granulés blancs, cette plage si lumineuse sous les rayons du soleil qui descend lentement, étonne au cœur des Hébrides intérieures auxquelles elle s'intègre pourtant parfaitement. Et lorsque l'on monte sur la petite colline juste en arrière, d'un seul regard, on englobe Stein et la péninsule de Waternish.
Nous arriverons à notre hôtel aux environs de 20h, fourbus, grisés de soleil et d'air marin, pour assister au sunset sur les Cuillins (mais pas au repas, dernier service à 20h30) avec les petits bateaux de pêche qui dansent dans le port devant les maisons colorées.
Si c'était à refaire :
Je referais la même chose, exactement la même chose malgré les kilomètres et les heures de route. Cette journée reste dans nos mémoires comme une magnifique balade (et ballade) poétique. Attention cependant, nous avons eu des conditions de route exceptionnelles et je pense qu'un tel parcours peut se révéler pesant si Dame météo se montre capricieuse. Mais l'itinéraire reste facile à moduler sur place suivant le contexte.
La prochaine fois, la péninsule de Trotternish... | | | À: Lol64 · 20 juin 2014 à 22:51 Re: Retour et impressions après 8 jours à l'Ouest... de l' Ecosse Message 15 de 80 · Page 1 de 4 · 14 159 affichages · Partager J'espère que tu es bien équipée pour cet été, les cartes mémoires vont chauffer  !
Oh oui, je crois que côté appareil photo, nous partons paré : ma fille a un reflex, mon mari aussi depuis son anniversaire et perso j'ai un compact (cadeau d'anniv après l' Ecosse !).
C'est une bonne excuse pour y retourner  .
Tu ne crois pas si bien dire : 3 jours plein à 2 pour le we du 15 août (le nord). Je suis trop contente !
Vous avez eu un bien beau temps dis donc ! Quand je pense à toute la pluie que nous avons essuyé  . J'aime beaucoup Coral Beach, pas vu, mais je crois que ça m'aurait plu....
J'attends avec impatience Trotternish.....
@+
PS : j'ai cru comprendre que tu préparais un retour au States, tu as une date en vue ? Tu as inclus Havasupai ? | | | À: Lol64 · 22 juin 2014 à 22:13 Re: Retour et impressions après 8 jours à l'Ouest... de l' Ecosse Message 16 de 80 · Page 1 de 4 · 14 083 affichages · Partager J5 : Lundi 28 avril 2014De Portree à Portree : péninsule de Trotternish
Lundi matin. Le jour s'est levé sur Portree qui hésite entre brume et soleil. Nous apprendrons lors de notre retour, en fin de journée, que le brouillard l'a emporté. Skye ne porte pas en vain son surnom d'île des brumes. Nous consacrerons la journée entière à la péninsule de Trotternish. Peu de kilomètres mais un programme qui reste, malgré tout, assez dense.
Notre première étape nous conduit sur le parking en bas de la randonnée de l' Old Man of Storr. Il est tôt et pourtant, quelques voitures sont déjà garées. A notre retour, il sera plein à craquer. La rançon du beau temps sans doute. Un bus arrive, s'arrête, dépose son lot de randonneurs. Nous sommes donc quelques groupes à attaquer la montée en même temps mais heureusement, selon le rythme de chacun, la file s'étire rapidement. Il y a, par ici, bien assez d'espace pour ne pas se bousculer.
Nous traversons en premier lieu la zone sauvagement défrichée dont on parle beaucoup sur le web. Un spectacle de désolation qui me fait hurler intérieurement. Quel massacre ! J'étais pourtant prévenue, l'endroit est bien connu. Ce que j'ignorais par contre, c'est qu'il en existait beaucoup d'autres du même type dans les Highlands. Quelques piquets, du fil de fer barbelé et des rangées de pins droits, serrés, aux épines d'un vert noir comme la nuit, poussent vers le ciel dessinant dans les collines avoisinantes des formes sombres aux côtés trop réguliers. Les miles défilent et ce sont les mêmes piquets, les mêmes barbelés qui délimitent cette fois une zone de friche, cimetière d'un massacre orchestré par l'homme, mise à mort des géants verts au nom de l'exploitation forestière.
On traverse le secteur d'un pas lourd, les yeux tournés vers des ailleurs plus lointains, les APN rangés au fond des sacs à dos. Puis le chemin s'élève sur des pentes à l'herbe rase, aux roches éparses, dominé par l'arête acérée qui se rapproche doucement. Storr et son vieil homme nous regarde progresser lentement à sa rencontre, silhouette sombre et massive. En-dessous, au-delà de la vaste lande ouverte, la côte nord de Skye, plus loin, on devine l'ombre de l'île de Raasay. La côte ouest de la Grande-Bretagne et Applecross ne seront pas visibles aujourd'hui. Le temps est brumeux et le rivage se perd entre ciel et mer.
Nous ne ferons pas la totalité de la randonnée décrite sur WH. Nous nous contenterons de monter un peu plus haut que Old Man et the Needle. Arrivés à la barrière, au pied d'un impressionnant pierrier, alors que le chemin (si l'on peut dire) bifurque plein ouest, nous ferons demi-tour, nous accordant juste quelques détours dans les formations rocheuses.
La balade est belle, les falaises impressionnantes, la vue spectaculaire mais... car il y a un mais... cette arête rocheuse qui s'étire vers le nord me laisse sur ma faim. Cet endroit que le magazine Geo qualifie de beauté brute et envoutante ne m'a pas ensorcelée. Sans doute que cette brume de beau temps en avalant les reliefs et voilant l'horizon a émoussé son charme. Le vieil homme me semble tout ratatiné au pied de sa montagne !
Si c'était à refaire : nous ferions la randonnée en entier, en commençant encore plus tôt ou en programmant moins de choses dans la journée ou alors nous ne la ferions pas du tout, juste un coup d'œil, clic-clac, c'est dans la boite, on passe à la suite. A vouloir trop en faire, on fait souvent mal. Je croyais avoir fait des choix, pour aujourd'hui, ce n'était pas les bons.
En retournant vers la voiture, nous avons croisé une foule de personnes qui commençaient l'ascension. Les vastes étendues colonisées par une multitude de petites fourmis colorés ! Au moins, nous avons évité cela.
Départ motorisé le long de la côte et arrêt obligatoire à Kilt Rock. Un grand parking, un jeune homme en kilt qui joue de la cornemuse, des gens qui se promènent le long d'une palissade grillagée et la cascade, tout comme sur les photos. Sans commentaire. On repart.
A bientôt pour la suite... | | | À: Lol64 · 23 juin 2014 à 18:23 Re: Retour et impressions après 8 jours à l'Ouest... de l' Ecosse Message 17 de 80 · Page 1 de 4 · 14 045 affichages · Partager La péninsule de Trotternish, suite et fin
La côte, la côte et soudain, virage à gauche. La route retient son souffle, creuse son ventre, plus qu'une seule voie. Tournant le dos à la mer, on s'envole vers le ciel et je reste bouche bée. C'est une immensité sauvage qui nous avale et nous conduit aux tréfonds de son âme. Uig par the Quiraing. Jusqu'au col, sans même descendre de voiture, j'ai été conquise par la beauté grandiose de ce paysage déployé autour de nous. Oublié Storr, la brume qui étouffe, la foule qui piétine, les fantômes des arbres sectionnés, bonjour Quiraing !
Peu importe l'heure et le temps que ça prendra, nous décidons de faire la randonnée dans son intégralité. Donnée en 3 à 5 heures, nous mettrons 3h30, pauses photos et goûter  incluses.
Quiraing, en gaélique Cuith-Raing, en vieux norrois Kvi Rand, en français "pli rond" - tout de suite c'est moins flatteur - c'est le jurassique, les dinosaures, moins 200 millions d'années, des coulées de basalte sur des terrains sédimentaires de grès et de pélite qui glissent, glissent et glissent encore. Et la roche sombre se déchire et les blocs effondrés dérapent lentement vers la mer, basculant vers l'est ou l'ouest en une chute inéluctable, dessinant des paysages spectaculaires. C'est le processus à l'origine de toute la péninsule de Trotternish mais à Quiraing seulement, il se poursuit encore. Sous nos pieds, la terre vibre et frémit, remodelant sans cesse son esquisse inachevée, endommageant la route d'accès qui chaque année doit être réparée.
J'ai adoré Quiraing, loin, bien loin devant the Storr.
Nous avons choisi de faire la balade dans le sens horaire, en partant vers le nord et en attaquant directement par une rude montée. Avantage : la majorité des randonneurs optent pour le chemin du bas, bien tracé, nous étions donc les seuls dans le vaste pâturage qui semblait monter sans fin. Inconvénient : au départ, pas de sentier marqué, il faut traverser la prairie en suivant d'hypothétiques traces de randonneurs ou de bergers, naviguer à vue, longtemps, vers le haut, là où l'herbe semble un peu plus rase, un peu plus clairsemée, en espérant trouver enfin le chemin qui apparaît soudain puis disparaît, capricieux et joueur. C'est faisable par beau temps, en aucun cas dans le brouillard ou les nuages. Puis on suit le plateau tout en haut, sur le toit du monde. On se croirait presque dans les grandes plaines de l'ouest des USA à une petite nuance près, de l'autre côté la terre tombe dans une impressionnante faille hérissée d'aiguilles rocheuses, de crêtes acérées, d'un surprenant promontoire herbeux, enclos inaccessible, The Table.
On découvre ces plaques détachées, basculées dans ce formidable glissement gigantesque de la terre qui forment Quiraing et on se prend à espérer, debout à quelques mètres à peine du rebord meuble, que quelque soubresaut des tréfonds de la planète ne remette pas la mécanique en route, là, tout de suite.
Les vues sont saisissantes, jamais les mêmes, l'arrière plan somptueux. Puis on entame la descente, en continuant vers le nord et d'autres plissements rocheux nous accueillent, nous entourent, nous avalent. On rejoint alors le chemin du bas, celui qui passe au pied de l'épine dorsale de Quiraing. Il y a des pierriers, des petits lochs blottis dans des bassins de grès gris, des cuvettes d'herbe douce, des montagnes qui ressemblent à des prisons, des murets improbables, des chemins qui se croisent sans jamais la moindre indication, des sentiers à flanc de coteau, des échaliers à escalader, des montées et des descentes qui se succèdent sans fin et c'est juste magnifique. Au fur et à mesure que l'on revient vers le sud-ouest et le parking, on retrouve des marcheurs. D'abord juste quelques uns, chaussures de rando, sac à dos, un sourire, un petit mot, puis un peu plus, en baskets, un regard échangé et enfin la foule, en ballerines ou sandales, bruyants, encombrants, les yeux ailleurs.
Retour à la voiture, les jambes un peu raides, les yeux un peu plus brillants qu'au départ, la tête dans les nuages mais quels nuages ?
On reprend la route en sens inverse pour rejoindre l'itinéraire côtier à l'Est de Trotternish. Je veux voir la pointe tout au nord et Duntulm Castle. Le parcours est banal, 9 miles qui paraissent longs. Les ruines du château le plus hanté d' Ecosse sont bien au rendez-vous mais barricadées derrière des planches et des panneaux d'interdiction. Les falaises sont instables. Nous tournons tout autour. La vue la plus belle est incontestablement celle que l'on a de tout en bas. Aucun fantôme à l'horizon, ni celui de Hugh MacDonald condamné à mourir de soif devant un plat de bœuf salé, ni celui du belliqueux Donald Gorm. Pas plus de manifestations de la malheureuse épouse borgne cloîtrée entre les hauts murs de la forteresse par un mari contrarié par son malencontreux accident. La nurse maladroite si tristement célèbre ne s'est pas montrée non plus. Leurs histoires hantent ma mémoire bien plus que cette citadelle abandonnée depuis des siècles. Comment pourrait-il en être autrement en ce lieu isolé, devant ce sombre promontoire rocheux qui pointe avec orgueil sa silhouette menaçante vers le ciel et la mer en une ultime provocation.
J'avais encore prévu un arrêt au Skye Museum of Island Life. Il reste 10 minutes avant l'heure de la fermeture et 2 miles à parcourir. On se dépêche. Nous laissera-t-on encore jeter un rapide coup d'œil? L'arrêt a bien lieu mais juste sur le parking. Un panneau nous annonce une fermeture exceptionnelle à 16h. Pas de regrets.
On fait le tour, on tente de deviner, d'imaginer. Difficile. Nous n'irons pas non plus au Kilmuir cemetery où se trouve la tombe de Flora MacDonald, à jamais liée à la fuite tragique du Prince Charlie. Je préfère, pour une fois, garder la légende intacte loin d'une trop froide réalité.
En lieu et place, je dégaine une dernière balade. Le soleil est déjà bien descendu, la lumière s'est réchauffée et la brume évaporée. Nous irons à Fairy Glen, juste à la sortie de Uig. Le départ de la promenade n'est pas bien loin. Car c'est bien d'une promenade qu'il s'agit, une heure à peine et quasiment pas de dénivelé mais quelle promenade !
Une single track road quitte l'A87 et s'enfile entre les arbres, se glisse dans la vallée, court et ondule de virages en renflements. En lisant les explications de mon guide, je n'ai pas bien compris où aller, où s'arrêter. Pas besoin de plan ni d'indications précises, l'endroit en question est une évidence. La vallée des fées n'est semblable à nulle autre.
Pour les scientifiques, c'est une succession de glissements de terrain suivi d'un épisode glaciaire, un mini Quiraing. Pour ceux qui se laissent porter par l'émotion, c'est une porte au pays des rêves, un décors de conte pour enfant. Tout y est miniature, les collines, les vallées, les arbres plus tordus et plus verts que dans le reste de l'île. Je suis Alice, au pays des merveilles sans le lapin mais avec des moutons. Ici pas de chemin bien défini que l'on suit sagement, on escalade en quelques dizaines de pas les montagnes que l'on redescend en courant dans les herbes folles, on contourne une pièce d'eau hérissée de tiges légères qui ondulent sous le vent, habillée de fleurs aux couleurs pastels. On escalade des rochers, on conquiert des forteresses et on jette, dans des spirales rocailleuses, quelques pièces cuivrées en formulant des vœux.
Si l'eau qui coule sous le vieux pont de Sligachan est censé inscrire à jamais la jeunesse sur un visage, nul doute que l'air qui flotte ici ne confère celle de l'âme.
Il n'y avait personne, dans la vallée des fées. Les rayons du soleil, fatigués d'avoir tant brillé, se posaient sur les reliefs les parant de reflets mordorés tandis que les ombres creusaient de nouveaux vallons. Et le vent, brusquement réveillé, sifflait entre deux éclats de roche des messages codés auxquels répondait, comme en écho, le bruissement des feuilles qui dansaient sur notre passage. Je n'ai pas vu les fées mais je les ai senties, devinées, reconnues, aussi belles et légères que celles de mon enfance.
De retour à l'hôtel, nous étions bien décidés, un petit tour à Portree, un bon restau...
Une douche chaude plus tard et notre splendide journée a eu raison de nos belles intentions. Un thé, quelques cookies et les fées de Trotternish sont venues bercer notre nuit.
Si c'était à refaire :
La péninsule de Trotternish est un "must-see" mais pas sûr qu'elle réussisse à charmer si l'on se contente de l'observer de la voiture. Il faut donc lui consacrer un minimum de temps et d'efforts ou carrément laisser tomber. Avant de partir, j'avais longuement, et sans succès, cherché qui de Storr ou de Quiraing devait être privilégié. Nous avons donc tenté les deux. Ma préférence va à Quiraing sans hésitation mais bien sûr, ce n'est qu'un avis très subjectif. On peut également, toujours à mon avis, ne pas faire toute la route qui contourne Trotternish au nord mais rejoindre directement Uig de Quiraing. Tous ces ajustements n'ont qu'un seul but, gagner du temps, le nerf de la guerre !
Demain, nous quittons l'île de Skye... | | | À: Lol64 · 23 juin 2014 à 23:32 Re: Retour et impressions après 8 jours à l'Ouest... de l' Ecosse Message 18 de 80 · Page 1 de 4 · 14 026 affichages · Partager Hello,
2 ans après être rentrée de l'île de Skye, quand je relis mes notes de l'époque, je vois des commentaires élogieux sur Old Man of Storr et Quiraing, mais les images qui me restent en mémoire sont celles du Quiraing... Qu'est ce que c'est beau !
Tes photos sont superbes !
Je suis curieuse de ton retour l'Elgol et de voir ce que ça donne quand le temps est dégagé.
@+ | | | À: Lol64 · 24 juin 2014 à 22:05 Re: Retour et impressions après 8 jours à l'Ouest... de l' Ecosse Message 19 de 80 · Page 1 de 4 · 13 977 affichages · Partager Tout à fait d'accord, la péninsule est un "must see" Et le fairy glen superbe souvenir !!! | | | À: Lol64 · 25 juin 2014 à 18:50 Re: Retour et impressions après 8 jours à l'Ouest... de l' Ecosse Message 20 de 80 · Page 1 de 4 · 13 917 affichages · Partager Hello Muriel et Laure, vos commentaires me font bien plaisir. Il n'y a décidément pas grand monde sur le forum Ecosse  !
Muriel, nos avis se rejoignent concernant Trotternish et la balade de Fairy Glen. Pour nous aussi, c'est un excellent souvenir ! 
Laure, tu attends mes impressions sur Elgol... hum.... j'ai bien peur de te décevoir ! En plus, le temps n'était pas du tout dégagé ! 
Bon, je m'y remets, dernière étape avant Edimbourg, la fin approche !
J6 : Mardi 29 avril 2014De Portree à Pitlochry (Elgol et Eilean Donan Castle) 314km
Ce matin, la brume a enveloppé Skye mais il ne s'agit pas, cette fois-ci, de la légère brume bleutée qui profite du moindre souffle de vent pour glisser le long des pentes ou s'accrocher aux arêtes rocheuses. Aujourd'hui, c'est une brume grise, sale et épaisse qui envahit l'espace, absorbant la lumière et pesant sur la mer.
On boucle les sacs. Nous quittons les Highlands. Ce soir, nous dormirons à Pitlochry. Pas mal de route au programme. La première question du jour est : aller ou ne pas aller à Elgol ? J'avais prévu ce détour - une bonne heure aller/retour rien que pour le trajet - uniquement s'il faisait beau. Il ne fait ni beau ni vraiment mauvais. On diffère la décision jusqu'à notre arrivée à Broadford. Le plafond est assez haut et je veux voir, au loin, des tonalités plus claires. Ah, les yeux de la foi ! Allez, on prend au sud-ouest la B8083, encore une single track road. Je n'ai lu que des commentaires dithyrambiques sur ce coin.
La route traverse la lande, rejoint le loch Slapin, le longe vers le nord sur sa face Est puis vers le sud sur sa rive Ouest. Quelques bateaux de pêche sur l'eau, beaucoup de travaux routiers sur la terre, je ne suis pas sous le charme. C'est long et assez banal. Je me sens enfermée, étouffée dans cette enclave sur laquelle se resserre peu à peu des collines rocailleuses. La mer entre dans les terres et le rivage avance, l'emprisonne en son sein. Ici, sur l'étroit ruban d'asphalte, coincés entre terre et mer, on est pris en otage. Et la brume en rajoute, descend comme un couvercle, nouvelle dimension d'une prison à ciel ouvert.
Heureusement la route s'échappe, s'élève, se lance à l'assaut de la péninsule de Stathaird. Il y a, parait-il, un peu au sud de Kilmarie, un magnifique point de vue mais il faut, pour l'atteindre marcher presque 2 miles sur une pente sévère. Nous n'aurons pas le temps et puis, avec tous ces nuages... On redescend sur Elgol. Drôle de village, des maisons dispersées qui s'étirent à flanc de colline au-dessus du port qui apparait soudain. Un hangar, des containers, des tas de gravats, quelques bateaux, qu'est ce que c'est moche ! C'est un cri du cœur, spontané, imprévisible. Le loch Scavaig est à nos pieds, the mouth of the Cuillin, l'île de Soay que l'on devine, plus loin tout est grisaille.
Nous tournons le dos à Elgol, empruntons le sentier qui longe la côte. Les minutes passent, les pas s'enchainent et rien ne change. Le gris omniprésent, les mêmes montagnes implacables et sévères, la mer d'huile, immobile, comme dans l'attente, griffée d'une blessure rectiligne au passage d'un bateau de visiteurs qui laisse échapper, dans le silence de l'air épais comme un mauvais porridge figé, les borborygmes d'un commentaire touristique aux accents étrangers. Pas un oiseau, pas un lapin, pas même un mouton, tous se taisent, tous se terrent en ce lieu qu'on dirait presqu'hanté.
C'est soulagés que nous prendrons le chemin en sens inverse. Entre Elgol, les Cuillins et moi, c'est une rupture consommée.
Skye est maintenant derrière nous. Nous nous garons à Eilean Donan Castle que nous n'avions vu que de loin à l'aller. La visite du château est un retour brutal à la civilisation. Il est joli, ce château, touristique certes mais charmant avec ses vieilles pierres, ses lanternes et ses recoins. Les petits films historiques, projetés à même le mur - en français s'il vous plait - font apparaître des personnages tout droit sortis des livres d'histoire qui nous content leur déboires. C'est fascinant et très instructif. On est happé par l'atmosphère, le ton et les propos de ces hologrammes venus du passé. Les salles sont toutes meublées, peut-être un peu trop parfois mais la visite est agréable. On se perd entre les étroits passages et les escaliers en colimaçon, on s'amuse d'un costume ou d'une table garnie sur un air de cornemuse, on traîne sur les remparts venteux, on s'exclame d'un cachot découvert au détour d'une coursive. Ce château est un jeu. Pour l'apprécier, il faut sans doute aller puiser dans son âme d'enfant et effacer d'un main insouciante quelques invraisemblances. J'ai aimé me promener dans ce donjon jouet qui ne ressemble à nul autre.
Nous avons laissé derrière nous l'île de l'ermite et homme d'église Donan Eigg, devenue place forte puis haut lieu touristique, pris le même chemin qu'à l'aller, toujours avec autant de plaisir, avant de bifurquer vers Pitlochry, une étape sur la route d' Edimbourg.
Nous avons passé une soirée dans ce charmant village, coquet et soigné comme une vieille demoiselle un peu maniaque, où les maisons sont des manoirs et les buissons des bouquets d'artistes posés sur une pelouse déroulée comme un épais tapis de laine. Nous avons marché le long de la rivière Tummel dans les pas de la reine Victoria et dégusté, au fond d'une cour, dans un restaurant douillet, notre premier haggis.
Ici, plus au sud, au pied des monts Grampians, la terre est plus généreuse avec la nature qui explose de toute la force du printemps.
Si c'était à refaire :
Je n'irais pas à Elgol à moins d'avoir du temps pour y marcher plus longuement ou prendre le bateau vers le loch Coruisk. Et surtout, à moins d'avoir un ciel bien dégagé. Je passerais plus de temps dans le secteur de Pitlochry. Distillerie, château, balades, les activités y sont nombreuses et diversifiées et le village mérite bien un séjour d'un, voire deux jours. | Carnets similaires sur la Grande-Bretagne: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 3 643 visiteurs en ligne depuis une heure! |