Juste pour te faire peur, une anecdote vécue au
Paraguay :
Je m'arrêtais tranquillement sur le bord de la route quand une moto me fonça dessus comme si elle ne m'avait pas vu (un pickup Isuzu rouge, quand même). Cela se termina contre le butoir de mon pare choc arrière avec une belle fracture tibia-péroné pour le zozo en moto. J'étais avec un français qui était au
Paraguay depuis plus de 10 ans (comment peut-il supporter ce pays, mais c'est une autre histoire). Je lui dis donc "
Yapuka appeler une ambulance". "
Tu rêves ! ici l'ambulance c'est nous !". On charge donc l'estropié en état de choc et on fonce sur l'hôpital régional de Coronel Oviedo (même les villes ont des noms de militaires) 4e ville du pays en faisant "
tatasoin, tatasoin" pour faire l'ambulance (juste des appels de phares, du coup je me suis offert un gyrophare magnétique par la suite). On arrive à cet hôpital aux urgences. Misère ! Le seul médecin ne décolle pas de la lecture de ses papiers, les infirmières circulent sans visiblement y connaître grand chose. Je vois un jeune traumatisé de la face (tout bleu avec des bandelettes tout autour comme une momie pharaonique) se levant avec effort et soutenu par ses parents pour aller aux toilettes sans que personne ne dise quoi que ce soit. Au sujet de notre cas on nous dit qu'on ne peut pas faire de radios parce qu'il n'y a pas d'eau pour laver les clichés (ça ne s'invente pas !) et qu'on va juste lui faire un plâtre comme ça. Et nous, alors qu'on était juste des ambulanciers bénévoles, on nous demande d'acheter les anesthésiques à la pharmacie du coin (à nos frais, bien sûr). On a fui épouvantés de cet hôpital du niveau d'un pays africain bas de gamme alors que le
Paraguay est le quatrième producteur mondial de soja (transgénique) et un grand exportateur de viandes.