Voici quelques formules que j'ai retenues pour un premier voyage en
Inde, qui me paraissent pertinentes. Elles donnent à réfléchir, surtout au retour du voyage :
un voyage en
Inde est une véritable déconnexion, et s'accompagne parfois d'une dépersonnalisation, d'une exaltation. C'est une plongée dans l'imaginaire;
en
Inde, nos mécanismes de défense sont mis en faillite par la foule, l'impossibilité de s'isoler. Notre enfance remonte, c'est un lieu proche de la mort;
l'
Inde (comme le
Mexique), est un des seuls pays où la mort fait partie de la vie quotidienne (en Occident, c'est bien connu la mort est occultée voire niée);
l'
Inde est à la non-violence ce que les droits de l'Homme sont à la
France (autrement dit, il y a loin entre le rêve et la réalité);
avec l'Afrique, l'
Inde est le pays du voyage par excellence (Raymond Depardon).
En
Inde, on ne voyage pas seulement dans l'espace mais aussi dans le temps. Exemple 1 : les techniques et le mode de vie des paysans indiens dovent certainement rappeler des souvenirs aux personnes qui ont connu les campagnes françaises avant la seconde guerre mondiale. Exemple 2 : lorsque je vois les rituels hindous, les temples, etc. je ne peux pas m'empêcher de penser aux religions qui existaient autour de la Méditerranée avant le christianisme. Exemple 3 : lorsque je vois les foules de pèlerins (hindous, voire chrétiens au
Kérala), je me dis que la même ambiance devait exister dans les grands pèlerinage du moyen âge européen.
Tout cela pour dire qu'un voyageur occidental se rendant SEUL pour la première fois en
Inde peut être déstabilisé psychologiquement,
en particulier s'il est adolescent ou jeune adulte. Il faut donc s'auto-évaluer et s'y préparer. Lire à ce propos, le bouquin "Fous de l'
Inde : Délires d'Occidentaux et sentiment océanique".
Lors de mon premier séjour en
Inde, je suis arrivé à
Bombay, j'y suis resté quatre jours parce qu'il m'a fallu du temps avant de comprendre la procédure pour acheter un billet de train (malgré le Lonely Planet). J'étais parti sur un coup de tête, pour huit semaines, et me suis demandé pendant ces 4 jours dans quelle galère je m'étais embarqué. A
Bombay: je me sentais aggressé par la foule, la circulation, les klaxons ou les sonettes de vélo (je n'avais pas encore compris les règles entre voitures - vélos - piétons), par les marchands du bazaar et leurs centaines de "yessss"; dans le doute je ne faisais confiance à personne, les patrons de l'hôtel où je me trouvais me paraissaient bizarres (à tort), les chauffeurs de taxis des arnaqueurs de première", etc. à cela il faut ajouter la chaleur, la nourriture épicée, les chambres d'hôtel sans fenêtre et avec une lumière blafarde, les moustiques.
Ce n'est que lorsque j'ai pris le train (pour
Hyderabad) que j'ai eu mes premiers contacts véritables avec des indiens (en l'occurrence des femmes indiennes) et que j'ai commencé à me sentir à l'aise. A partir de ce moment, j'ai apprécié de plus en plus ce séjour, malgré les difficultés pour me débrouiller avec l'intendance. Je l'ai terminé au
Kérala où j'ai rencontré des gens qui compte depuis parmi mes meilleurs amis et je ne peux pas m'empêcher de séjourner dans ce pays, au moins une fois par an.
En concusion : si tu te sens attiré par l'
Inde, n'hésites pas à y aller en sachant que ce sera une vrai expérience humaine et que cela ne sera pas facile au début; attention tout de même si tu y vas seul, en ayant 17 ans, il vaudrait mieux y avoir un contact sur place en cas de problème, de fatigue, de stress, etc. Sinon, maintenir un contact régulier avec ta famille par téléphone, internet, etc. sur place, quittes auusi vite que possible
Bombay ou
Delhi qui sont vraiment stressantes.