ce que je voulais te dire aussi, c'est que la vie se poursuit jusqu'à 23h à Panjim (si mon souvenir est bon) : restaurants, bars et gens dans la rue (plus trop de goanais cependant)
bien sur, elle se poursuit encore plus tard ici et là, mais c'est déjà plus saumâtre.. forget it..
en sortant de l'aéroport à 21h, tu arriveras donc au milieu du dîner.. tu pourras, après avoir posé ton sac, aller prendre une bière dans un endroit sympa.
maintenant du vécu : "la pierre parlante" :
ah !..
emmène une lampe de poche toujours avec toi en Inde chaque soir : un soir, rentrant à pied vers 23h, je me suis retrouvé sur un trottoir sans aucun éclairage et j'ai vu une tache rectangulaire très sombre devant mes pieds.. à peu près 70 x 100 cm, il y avait une grosse pierre à sa gauche, de la taille d'une imprimante.. mais cette partie du sol noire était étrange..
j'ai pensé à une plaque de métal ou de contre-plaqué peinte en noir
je ne sais par quelle intuition/raisonnement, j'ai enjambé le trou avec un petit saut, ai continué sur dix mètres puis, étrangement intrigué, suis revenu sur mes pas, me suis penché sur cette tache noire rectangulaire, les yeux au niveau de mes genoux.. tout était très sombre, mais ce que je découvrais, c'était un TROU de 120 cm de profondeur !
si j'avais marché (il suffisait d'un pas !) normalement une demi seconde de plus, je me fracassais le visage contre le bord opposé du trou, et j'avais 4 dents en moins, le nez en compote etc., vu sa profondeur.. je ne sais même pas si j'aurais été capable de terminer la route jusqu'à mon hotel à 300 m. le lendemain, je suis revenu exprès voir ça au grand jour : ce trou (travaux) m'a effrayé, j'y ai souvent pensé. **
la pierre était la pour le signaler, luciole au milieu des étoiles.. son utilité, pour un occidental, était nulle. un indien aurait compris, lui, sans doute instruit par d'autres chutes et pierres dans son enfance...
je crois que certains touristes sont morts d'accidents aussi "bêtes" survenus en
Inde (comme il advient parfois en marchant sur le bord des routes).
souvenir semblable :
* * adolescent, je suis parti avec mon frère le long d'une voie ferrée et ai eu l'idée saugrenue de déposer deux pièces de monnaie sur le rail, afin de les récupérer agrandies au double après le passage du premier train.. mais les pièces à peine posées, j'ai entendu mon frère, en vigie, me dire calmement (ainsi il m'a sauvé) : "attention, en v'la un.."
je me suis relevé, ai observé les deux voies, ne sachant de quel coté éviter le taureau qui foncait à 100km/h, déjà à 60 m de moi.. j'ai choisi le coté le plus bas.. qui était le coté droit, mais gauche pour le train.. en trois pas rapides, je me suis retrouvé sur le ballast et me retournant dans la seconde qui suivait, j'ai senti le souffle de la loco qui passait.. mon frère était de l'autre coté, nous avons attendu 30 secondes avant de nous revoir et je crois bien que ce jour là, s'il n'avait pas parlé clairement et calmement, j'étais mort
lorsque nous nous sommes regardés, il était grave et heureux je crois de me voir debout.. il a dit simplement "bon allez, on s'en va..".. nous avons oublié les pièces...
lorsque je me ballade en
Inde et que j'y ressens l'extrème précarité de la vie, je pense souvent à la chance que j'ai et à la folie des hommes qui donnent tant de place aux dieux de plâtre. mais le folklore mérite sa place.