Ce n’était pas prévu et pourtant nous y voila ! Seulement deux heures de bateau depuis
Malacca pour atteindre cette nouvelle contrée :
l’Indonésie
! Arrivés au poste frontière, si l’ambiance est détendue et chaleureuse, on sent qu’ici on se plaisante pas ! Le bateau est amarré en pleine zone pétrolifère. A perte de vue ce sont des cheminées d’extraction qui flamboient. Je ne sais pas pourquoi mais cela me rappelle certaines images du journal télévisé aux temps de la guerre du golfe. A en voir la fouille minutieuse que nous allons subir (nos sous-vêtements seront vérifiés), l’endroit doit être propice aux trafics de drogue. Cela n’empêche pas pour autant que le premier chauffeur de taxi que nous croisons a la sortie des douanes nous proposer de la Marijuana. Bienvenue a
Sumatra
!Nous prenons un minibus pour
Bukittinggi
. Temps estimes : 8 heures. Nous en mettrons 12 et nous arriverons à 5 heures du matin après 3 crevaisons successives, prouesse statistique pourtant bien réelle. Nous arrivons donc extenués tant par les heures de trajets que par les deux enfants qui n’ont pas cessé de vomir à côté de nous.
Si le voyage touche à sa fin, l’énergie est toujours la même. Nous enfourchons nos motos et partons au
lac Maninjau
avec Nassim et Helene que nous avions rencontre en
Malaisie et qui vont devenir de bien joyeux compagnons de route! En arrivant au premier village au bord du lac, nous nous arrêtons dans un petit marché local et bien que nous soyons en Asie depuis plus de 9 mois, nous découvrons encore des fruits et des légumes que nous ne connaissons pas. Toute l’activité des habitants tourne autours de ce lac envahi par les plateformes de pisciculture et cerné par les rizières. Nous passons la plus grande partie de la journée à rouler, pour essayer de faire le tour de cet immense lac. Le lendemain, bien que nous ayons mal aux fesses, nous ne lâchons pas notre monture car nous voulons nous rendre encore plus loin, dans la
vallée d’Harau. Au plus on s’en approche, au plus le paysage se dessine. Des falaises se dressent derrière les rizières. Petit à petit, elles se rapprochent, c’est dans leur creux que se loge la valle d’Harau.
Apres 15 heures épouvantables dans un bus bondé de gens qui fument (oui, c’est le premier pays que nous traversons ou les gens fument dans le bus) nous arrivons à 5 heures du matin dans la bourgade endormie de Parapat. Nous ne sommes pas encore à destination, pour cela nous devons attendre que le premier bateau embarque. Un bon café nous aide à sortir de notre torpeur. Le café indonésien, pour le moins excellent, se boit non filtré avec le marc à l’intérieur et beaucoup de lait concentré sucré. Le bateau est enfin là. Nous traversons le
lac Toba
, lac volcanique vieux de 70.000 ans formé dans un cratère de volcan, en son centre, s’étend une immense ile. C’est la que nous allons passer les prochains jours dans le petit village de Tuk-tuk. Nous trouvons une chambre dont la terrasse surplombe le lac. Un vrai appel a la paresse. Après une petite ballade pour repérer les lieux, nous nous installons dans le jardin, plongeons une canne a pêche dans l’eau et laissons le temps s’égrener lentement.
Toujours accompagnés de Nassim et Helene et de deux australiens rencontrés sur place, nous constituons un petit groupe et partons passer une journée a vélo sur les rives du lac. Certes l’escapade ne sera pas très sportive, mais nous profitons de la vue à un rythme paisible ponctué de baignades dans les eaux claires du lac.Nous poursuivons nos longs et périlleux voyages en bus toujours plus au nord de
Sumatra vers la petite ville de
Berastagi
. Outre un incroyable marché aux fruits où nous faisons le plein de vitamines, nous sommes venus ici car c’est le meilleur point de départ vers le volcan de
Sibayak
. Comme il ne s’agit pas d’une très longue randonnée nous partons la cool et arrivons a l’entrée du parc vers 10 heures du matin. La plus longue partie du trek n’est guère intéressante, nous devons suivre une petite route qui serpente à travers la jungle. Enfin, la route laisse place à un chemin. La végétation commence à se raréfier. Le sol devient blanchâtre et une forte odeur de souffre envahi l’air. Des fumeroles sulfureuses laissent échapper des sifflements. Le sol est vert (presque fluo) par endroits, noir ou jaunâtre a d’autres. Nous poursuivons l’ascension jusqu’au cratère qui s’ouvre, parfaitement rond, à nos pieds. Nous n’aurons malheureusement pas le temps de finir le pique-nique que nous avions entamé pour profiter de la vue qu’un véritable orage tropical éclate. En quelques minutes, outre le fait que nous soyons complètement trempés, le chemin est devenu un vrai torrent. A mi-chemin (comprenez une bonne heure sous cette pluie diluvienne) nous faisons halte dans un petit café afin d’essorer nos vêtements et de nous réchauffer un peu. Car n’allez pas croire que par ce que nous sommes au niveau de l’
équateur nous ayons chaud ! Nous sommes en montagne et je peux vous assurer qu’à ce moment là nous sommes transits de froid. J’ôte mon gilet pour l’essorer (il était pourtant sous mon k-way), les habitants rient en voyant les litres d’eau qui s’en écoulent. L’accalmie finira par arriver et nous finirons notre parcours. A l’arrivée nous attend la récompense : des sources chaudes. Même si nous devrons remettre nos vetements mouilles pour repartir, nous nous sommes réchauffes et délasses. On peut dire que ce bon bain chaud a fait son effet. Nous approchons a grands pas de la fin, mais de belles experiences nous attendent encore !
Apres le terrible tsunami de 2004, les touristes ne sont toujours pas revenu, l'ile est pourtant plus vivante que jamais et mérite largement que l'on s'y attarde !
La suite et les photos :
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A bientot