Ires, rires et sourires en Iran Yangguizi · 14 mai 2006 à 12:04 · 16 photos 134 messages · 29 participants · 31 333 affichages | | | | À: Fabricia · 16 mai 2006 à 8:07 Re: Ires, rires et sourires en Iran Message 21 de 134 · Page 2 de 7 · 7 792 affichages · Partager +1 ! | | | À: Yangguizi · 16 mai 2006 à 9:28 Re: Ires, rires et sourires en Iran Message 22 de 134 · Page 2 de 7 · 7 772 affichages · Partager Impatient de lire la suite. C'est toujours intéressant d'avoir un point de vue détaillé sur un pays que l'on connaît un peu, un éclairage différent.
Mais, par contre, comment diable as-tu fait pour être le seul et unique touriste à ne pas parler politique avec les iraniens ? | | | À: Cupda · 16 mai 2006 à 10:03 Re: Ires, rires et sourires en Iran Message 23 de 134 · Page 2 de 7 · 7 767 affichages · Partager Je n'arrive toujours pas à comprendre. Une malchance extrême peut-être, ou bien alors je ne ressemblais pas seulement à un iranien mais peut-être aussi à un célèbre membre de la police politique iranienne? | | | À: Yangguizi · 16 mai 2006 à 10:57 Re: Ires, rires et sourires en Iran Message 24 de 134 · Page 2 de 7 · 7 759 affichages · Partager Ca, si tu n'es pas barbu les chances sont limitées...
Tiens, ça me fait penser à un truc marrant, qui conforte bien nos préjugés d'occidentaux sur "les barbus" : les iraniens eux-mêmes pensaient que j'étais musulman à cause de la barbe... et lorsque je répondais que non, c'était "mais alors, pourquoi diable portes-tu cette barbe ?".
Etant resté suffisamment longtemps sur place pour passer chez le barbier, ce dernier s'est d'ailleurs empressé de me remettre à la mode, en rasant ma barbichette et en me laissant une splendide et ringarde moustache que je me suis fait un plaisir de conserver pour accueillir ma dulcinée à l'aéroport quelques jours plus tard. | | | À: Yangguizi · 16 mai 2006 à 11:01 Re: Ires, rires et sourires en Iran Message 25 de 134 · Page 2 de 7 · 3 558 affichages · Partager Vraiment captivant ton récit.
A travers ton récit je découvre avec beaucoup ce plaisir ce pays que je ne connais pas du tout...et ton style est un pur bonheur ! Merci | | | À: Cupda · 16 mai 2006 à 11:26 Re: Ires, rires et sourires en Iran Message 26 de 134 · Page 2 de 7 · 3 555 affichages · Partager Ca, si tu n'es pas barbu les chances sont limitées...
La suite de mon récit te démontrera le contraire, car il se trouve que je l'ai rencontrée la police secrète. Et elle n'était pas barbue. Mais cela fera l'objet du chapitre 30 ou 40, un peu de patience... | | | À: Yangguizi · 16 mai 2006 à 11:29 Re: Ires, rires et sourires en Iran Message 27 de 134 · Page 2 de 7 · 3 552 affichages · Partager Tu as raison, d'ailleurs Ahmadinejjad ne l'est pas... Déjà 30 ou 40 chapitres de prévus ? C'est un carnet-fleuve  ... | | | À: Cupda · 16 mai 2006 à 11:35 Re: Ires, rires et sourires en Iran Message 28 de 134 · Page 2 de 7 · 3 551 affichages · Partager Je ne parlais pas des bassidjis, des pasdarans, ni du Komiteh. C'est à une section spéciale de la police régulière que j'ai eu affaire (je crois).
Pour le nombre de chapitres, je sais pas, c'est à la louche. J'en suis déjà à 8 et le voyage n'a pas encore vraiment commencé. | | | À: Yangguizi · 16 mai 2006 à 11:45 Re: Ires, rires et sourires en Iran Message 29 de 134 · Page 2 de 7 · 3 546 affichages · Partager "Le voyage n'a pas encore vraiment commencé" : tant mieux ! ça nous promet de belles pages de lecture à venir... 
Dolma | | | À: Yangguizi · 16 mai 2006 à 12:34 Re: Ires, rires et sourires en Iran Message 30 de 134 · Page 2 de 7 · 3 536 affichages · Partager 9. Le vibrant appel au secours d'un estomac désemparé
Une des déceptions de ce voyage en Iran fut d'ordre culinaire; je n'ose pas employer le mot gastronomique. Pour mon deuxième diner dans le pays, je me suis résolu à aller dans un des restaurants recommandés par le Lonely Planet, ce que je ne fais en général pas, préférant m'en remettre au hasard et aux découvertes fortuites.
Mais non seulement il n'est pas toujours facile de trouver un endroit pour manger, mais encore ce que l'on y trouve est souvent très quelconque. La veille au soir, j'avais par exemple dû marcher très longtemps avant de voir quelque chose qui ressemblait à un restaurant (c'était en fait une espèce de fast food kebab). Certes, l'exemple était mal choisi car le kebab en question fut un des meilleurs qu'il m'ait été donné de manger, mais ça devait être l'exception.
L'adresse indiquée par le Lonely Planet s'avéra d'un grand secours, car j'y ai très bien mangé dans un cadre agréable (et au milieu de voyageurs qui avaient tous à la main leur LP, ça avait un côté assez comique). Mais dans l'ensemble, j'ai assez mal mangé en Iran. Je me suis un moment demandé si le problème ne venait pas de moi et de mon manque de débrouillardise, mais de nombreux voyageurs ont partagé mon impression. Dur dur de trouver des restaurants parfois, même en centre ville! La palme revient à Shiraz, où à part des hamburgers et des pizzas, il n'y a quasiment rien à manger.
Les inconditionnels du kebab trouveront sans doute le moyen de prendre du bon temps, mais même au bout de quelques jours de ce régime, je pense qu'ils finiront par se lasser. En ce qui me concerne, cette lassitude intervint très rapidement. Un kebab ça va, un deuxième aussi, mais au bout du troisième, on commence à fantasmer sur autre chose. Kebab de mouton, de poulet ou de boeuf, assortiment de ceux-ci, intercalage de morceaux d'oignons parfois, mais ça reste du kebab, toujours du kebab, et toujours assorti du même riz blanc et jaune parfois agrémenté d'acides grains rougeâtres. Ce n'est pas mauvais en soi, mais c'est quand même sacrément répétitif!
Malheur aux végétariens! Combien de fois me suis-je pris un rateau lorsqu'ai demandé, en anglais et en persan pour être sûr d'être compris, "avez-vous des légumes?" Non monsieur, seulement du kebab! Tout cela est-il bien raisonnable?
Enfin bref, il existe quand même quelques autres plats, mais on reste toujours dans le même registre.
Pour être tout à fait honnête, je dois quand même reconnaître que l' Iran m'a réservé quelques bonnes surprises, et notamment les soupes. Ah les soupes iraniennes... c'est à peu près le seul moyen de manger des légumes et elles sont souvent très épaisses et savoureuses, comme je les aime. Et surtout, on ne tombe jamais sur deux fois la même, chaque restaurant ayant sa propre recette. Rapidement, le fait ou non d'avoir de la soupe fut mon critère de sélection des restaurants... lorsque j'avais le choix.
Il y a beaucoup de yahourts aussi. Ceux en pot sont en général mauvais, tandis que ceux faits maison sont parfois assez bons. Et puis il y a les olives marinées, ça, c'est pas dégueulasse du tout, et puis ça parle au méditerranéen que je suis.
La meilleure surprise culinaire d' Iran fut toutefois les succulentes pâtisseries et autres sucreries. On ne les sert en général pas dans les restaurants, mais on peut en trouver absolument partout dans les innombrables pâtisseries des rues principales. Pouvant faire office de petit déjeuner, de complément alimentaire, ou tout simplement de petite gâterie, de sucroît toujours très bon marché, ces friandises ont souvent fait mon bonheur, tant elles sont variées et savoureuses. Rien à voir avec les pâtisseries dites orientales d' Afrique du Nord ou du Liban - que je n'apprécie pas trop - les pâtisseries iraniennes sont beaucoup plus légères, fines, et raffinées (je trouve).
Côté boissons, les jus de fruit frais ou en boîte sont en général plutôt bons (venant de Chine, on trouverait de toute façon n'importe quoi bon), les bières sans alcool sont parfois assez déroûtantes (je n'en avais jamais bu avant), et surtout, cerise sur le gâteau, l'eau est souvent potable! Non seulement dans les chambres, mais aussi dans les nombreux points d'eau que l'on retrouve souvent dans les parcs iraniens. C'est un luxe appréciable et apprécié! Il y a aussi de nombreux clônes de coca et pepsi qui côtoient souvent les originaux, et qui sont en général encore plus sucrés. Personnellement, j'ai un faible pour le parsi cola, dont je trouve le nom excellent (parsi, c'est le mot iranian pour persan).
Mais la boisson nationale, c'est en fait le dugh (prononcer à peu près dou (r)), c'est un mélange plus ou moins heureux d'eau, de yahourt liquide, et d'herbes. Là aussi, ça peut être en bouteille ou fait maison. Ce breuvage parfois déroutant a réussi l'exploit d'explorer toute la gamme du plus dégueulasse au plus délicieux, et c'était toujours le suspense quand j'en prenais au restaurant ou dans les magasins. Mine de rien, je m'y suis habitué, et j'avoue que je ne cracherais pas sur un petit dugh de temps en temps.
La question que je n'ai pas osé poser: une bière et des oeufs au bacon, et que ça saute!
(à suivre...) | | | À: Yangguizi · 16 mai 2006 à 15:01 Re: Ires, rires et sourires en Iran Message 31 de 134 · Page 2 de 7 · 3 516 affichages · Partager 10. Merci
Question à 100.000.000.000 de rials (ou 10.000.000.000 de tomans, ou autant de khomeinys que vous voulez): comment dit-on merci en farsi? Et bien on dit merci.
Je croyais naïvement qu'on disait motashekkaram ou bien kheili mamnun, comme l'enseignent tous les bouquins sur le sujet, mais en fait, les gens disent tout le temps "merci". Et oui, comme en français! Au début d'ailleurs je ne comprenais pas ce que ça voulait dire, en me disant que c'était forcément un faux ami.
Puis des iraniens me l'ont dit, et ont été assez déroutés quand je leur ai demandé "mais vous parlez français? félicitations!" Et à force d'entendre les iraniens se le dire entre eux, j'ai fini par le demander à quelqu'un, qui m'a confirmé que les iraniens avaient emprunté ce mot au français. Je n'ai pas bien compris dans quelles circonstances. En tout cas cela surprend.
J'ai eu un réel problème linguistique au cours de ce voyage. Certes, j'ai toujours pu me débrouiller, mais je suis rarement tombé sur des iraniens qui parlaient vraiment bien anglais, ce qui explique peut-être les conversations assez limitées que j'ai eues. Cela fut donc l'occasion rêvée de pratiquer un peu mon modeste farsi. Ceci dit, la plupart des indications utiles sont souvent doublées en anglais, et de nombreux iraniens bredouillent quelques mots dans cette langue, on peut donc survivre sans farsi, même si c'est un plus d'en posséder des notions.
Celaa faisait donc plusieurs années que j'essayais en vain de l'apprendre, de manière certes extrêmement discontinue. Je pense avoir plus ou moins acquis toutes les règles grammaticales de base, au demeurant assez proches du latin et des langues européennes, mais je manquais cruellement de vocabulaire et surtout de pratique. En fait je ne m'étais jamais exprimé en farsi, même pas pour dire quelques mots. Ce fut donc évidemment laborieux mais je m'attendais à pire. Les iraniens comprenaient ce que je disais, mais c'est moi qui ne comprenais pas leurs réponses. Le phrasebook de lonely planet, que j'avais acheté il y a plusieurs années au titre de méthode de langue, prit enfin toute son utilité, et il me fut d'un grand secours pendant ce voyage. Il a facilité de nombreuses discussions avec des iraniens qui parlaient à peine voire pas du tout anglais, mais qui voulaient quand même communiquer avec moi. Je l'avais donc presque en permanence dans ma poche ou à la main.
Le farsi est une superbe langue. Je le savais déjà, et c'est ce qui m'avait incité à essayer de l'apprendre. N'ayant rien à voir avec l'arabe, à part l'utilisation du même alphabet et l'emprunt d'un certain vocabulaire, elle fait partie de la famille des langues indo-europénnes. On est donc rapidement en territoire connu quand on commence à l'étudier. A part quelques sonorités gutturales empruntées à l'arabe, les consonnes et les voyelles sont très proches de celles utilisées dans les langues européennes. De très nombreux mots, et pas seulement les néologismes, sont d'ailleurs semblables ou proches du français, du latin, de l'espagnol ou de l'anglais. Peut-être aussi d'autres langues, qui sait. Je sais aussi que de nombreux mots farsis sont aussi proches de l'hindi. Le mot "merci" mentionné plus haut n'est pas un bon exemple, car c'est un mot importé. Il y en a beaucoup d'autres comme cela. C'est bien du vocabulaire de base, d'origine, que je parle en disant qu'il y a des similitudes.
La langue farsi est très harmonieuse, chantante et agréable à entendre, même quand on ne la comprend pas. J'aime aussi beaucoup sa construction et bien entendu son écriture, bien qu'elle soit importée et pas du tout adaptée au farsi.
Ayant appris l'alphabet depuis belle lurette, j'étais assez content de pouvoir déchiffrer (parfois) des indications dans la rue, ou n'importe quoi qui me passait sous les yeux. J'étais comme un gamin qui apprend à lire.
Curieusement, les iraniens ne semblaient pas particulièrement surpris de voir un occidental bredouiller leur langue. C'est en fait plutôt agréable, ça change des exclamations hypocrites des chinois qui crient au miracle dès que n'importe quel étranger anone affreusement mal deux ou trois mots en chinois.
La question que je n'ai pas osé poser: vous ne voudriez pas par hasard emprunter plus de mots au français?
(à suivre...) | | | À: Yangguizi · 16 mai 2006 à 15:11 Re: Ires, rires et sourires en Iran Message 32 de 134 · Page 2 de 7 · 3 515 affichages · Partager Un des combles de l' Iran et dieu qu'il fut triste celui-là pour le gourmand que je suis : une cuisine extra et variée, y compris végétarienne, et pourtant quasiment pas un restau digne de ce nom pour y faire honneur (maladie régionale ?...c'était pire au Yémen). En fait, il y a en général un ou deux vrais restaus dans une ville (hors kebaberia) : visiblement celui de Shiraz a fermé, dommage car on y jouait de la musique en chantant du Hafez (quel plaisir, avec une petite qalian). Le mieux est donc de se faire inviter chez des gens, régal garanti. | | | À: Yangguizi · 16 mai 2006 à 15:33 Re: Ires, rires et sourires en Iran Message 33 de 134 · Page 2 de 7 · 3 512 affichages · Partager 11. Au nom d'Allah le miséricordieux et le compassionnel.
Le matin du troisième jour, je commençais enfin réellement mon voyage, le bref séjour à Téhéran et au ski m'ayant plutôt servi de hors d'oeuvre. Les choses sérieuses allaient enfin commencer, j'allais enfin découvrir les merveilles de l' Iran millénaire. J'avais une idée plus ou moins précise de mon itinéraire, et souhaitais voir en priorité les villes qui m'intéressaient le plus, afin de pouvoir ajuster la fin du voyage en fonction du temps qui me resterait.
Mon objectif était donc d'effectuer le parcours Téhéran - Shiraz - Yazd - Ispahan, puis, en fonction du temps qui me resterait, de visiter éventuellement Kashan, Qom et Qazvin. On verrait bien ce que j'arriverais à faire tenir dans ces treize jours moins deux.
Ayant lu un peu partout que sur certaines lignes les avions étaient souvent pleins, j'avais réservé une semaine à l'avance mon vol Téhéran - Shiraz (vues les distances impliquées et le prix dérisoire des billets d'avion, autant faire les longs trajets en avion). J'avais eu recours aux services de irantravellingcenter dont j'ai déjà eu l'occasion de dire le plus grand bien sur ce forum (ceux-là mêmes qui m'avaient certifié que je pourrais obtenir un visa de quinze jours à l'aéroport). Ils m'ont confirmé un billet aux aurores et devaient me le livrer à mon hôtel, l'après-midi de mon arrivée.
La livraison n'ayant pas eu lieu, j'ai appelé leur bureau à Shiraz le soir-même. Ce fut une expérience assez désagréable en raison des parasites sur la ligne et du sens de l'approximation de mon interlocutrice: bonjour Madame, j'ai réservé un billet d'avion pour Shiraz et devais le recevoir aujourd'hui à Téhéran. Il ne m'a pas été livré. quel est votre nom? yangguizi (oui je sais) ah, et où vouliez vous aller? Shiraz le vol de quelle heure? 5.40 du matin et on devait vous le livrer où? à mon hôtel à Téhéran, l'hôtel machin il faut demander à l'Amérique, et là, il est malheureusement trop tard. l'Amérique? oui Monsieur. bon ben, vous n'avez qu'à me le livrer demain à mon hôtel. ok, rappelez nous demain matin. je ne pourrai pas, je serai à Dizin. Livrez-moi juste le billet d'avion il faut que vous nous appeliez demain matin pourquoi? pour confirmer le billet et bien mon billet a déjà été confirmé il y a une semaine, c'est en tout cas ce qu'on m'a dit oui oui, il a été confirmé, il n'y a pas de problème alors pourquoi je dois vous appeler demain? pour reconfirmer et bien je vous reconfirme maintenant, ça ne suffit pas? non, rappelez moi demain matin
Bon, ça sentait le roussi, mais je leur ai quand même laissé une chance. Le lendemain matin, la bonne femme ne travaillait pas, et je l'ai donc appelée après mon ski, vers trois heures, grâce au portable gentiment prêté par mon chauffeur. bonjour Madame, c'est yangguizi à l'appareil (oui je sais) ah oui, euh, il y a un problème. ah bon? en fait on a appelé l'Amérique et personne ne nous avait parlé de vous, votre billet n'a jamais été émis, et le vol est maintenant complet. mais vous m'aviez dit hier que mon billet était prêt à être livré. non, votre nom n'apparait nulle part, personne ne nous a parlé de vous. mais mon interlocuteur dans VOTRE société m'a écrit noir sur blanc que mon billet était prêt, et vous-même me l'avez confirmé hier par téléphone non, vous n'avez pas de billet. (bon, je suis resté poli, mais j'ai quand même réussi à lui dire tout le bien que je pensais de son agence) et comment je fais pour aller demain matin à Shiraz? je vous conseille de vous adresser à une agence de voyage à Téhéran, ils vous trouveront un autre vol.
Comme je n'ai pas eu d'excuses, elle n'a pas eu mes remerciements pour son si judicieux et intelligent conseil. Perdu dans les montagnes de l'Albourz, ce n'étaient pas les agences de voyage qui pulullaient. J'ai malgré tout pu appeler mon hôtel, qui m'a dit que c'était malheureusement trop tard. Tous les vols pour Shiraz étaient complets.
Quelques minutes de réflexion plus tard, je les rappelle pour chercher un vol pour Yazd. Coup de chance, ils en ont trouvé un, à un bon horaire, et je m'en suis donc tiré sans trop de bobos, il fallait juste modifier un peu mon itinéraire.
Le lendemain matin, je me suis donc levé aux aurores pour rejoindre l'aéroport principal (où j'ai pu prendre en photo une superbe affiche de Khomeiny avec le slogan en anglais: "cette révolution n'est reconnue nulle part dans le monde sans le nom de l'Imam Khomeiny". J'ai volé sur un airbus d'Iranair, où on se fait accueillir avant le décollage par un "au nom d'Allah le miséricordieux et le compassionnel, nous vous souhaitons la bienvenue à bord, blablabla". Une bonne heure plus tard, j'atterrissais enfin à Yazd. Ca y est, le voyage commençait vraiment.
La question que je n'ai pas osé poser: si les américains arrivent à tirer des missiles sur vos avions, comment se fait-il qu'ils ne soient pas fichus de réserver une putain de place sur ces mêmes avions?
(à suivre...) | | | À: Cupda · 16 mai 2006 à 15:36 Re: Ires, rires et sourires en Iran Message 34 de 134 · Page 2 de 7 · 3 511 affichages · Partager Si tu parles du restaurant dans l'ancien hammam, il existe encore. C'est vrai que le cadre est splendide et que la musique est très agréable, mais le menu ne faisait apparaître que... du kebab. Et c'était très cher pour une nourriture assez quelconque. | | | À: Yangguizi · 16 mai 2006 à 15:41 Re: Ires, rires et sourires en Iran Message 35 de 134 · Page 2 de 7 · 3 508 affichages · Partager Alors ça a changé, dommage | | | À: Yangguizi · 17 mai 2006 à 4:01 Re: Ires, rires et sourires en Iran Message 36 de 134 · Page 2 de 7 · 3 481 affichages · Partager 12. Voyage dans le temps
Arrivé à l'aéroport de Yazd, j'ai eu la désagréable surprise de constater qu'il n'y avait pas de bus, et pas assez de taxis pour les passagers. Ayant récupéré ma valise dans les derniers, je me suis donc retrouvé coincé une bonne vingtaine de minutes avant qu'un taxi n'arrive enfin.
Ce petit trajet fut l'occasion de ma première mini-conversation exclusivement en farsi. On n'est pas allés très loin, mais j'étais plutôt content de moi. J'avais choisi dans le Lonely Planet un hôtel dans la vieille ville, à deux pas des monuments principaux. Le choix se révéla excellent car cet hôtel, nommons le après tout, c'est le Silk Road Hotel, fut très agréable, et le personnel se révéla d'une aide précieuse pour organiser mon voyage. C'est un lieu presque exclusivement fréquenté par des voyageurs étrangers, et ce fut donc l'occasion d'échanger pas mal de tuyaux et de rencontrer des personnalités intéressantes. Mais tout cela serait pour plus tard.
A peine la valise posée, je suis parti déambuler dans les rues du vieux Yazd. Ce fut un véritable voyage dans le temps, car on dit que Yazd est la plus ancienne ville d' Iran encore habitée. Située dans une oasis et entourée de montagnes, c'est résolument une ville du désert, et je n'ai retrouvé la physionomie de la vieille ville nulle part ailleurs en Iran. C'était superbe. Extraordinairement calme, surtout venant du tumulte de Téhéran, la promenade de quelques heures dans le vieux Yazd fut donc un savoureux plaisir. En fait, dès la sortie de l'hôtel, j'étais dans le bain, avec la vision idyllique des minarets bleus de la Mosquée Jami et la coupole turquoise d'un mausolée voisin qui se détachaient au-dessus des maisons basses et du réseau d'arches et de ruelles. C'est l'image carte postale que j'avais de l' Iran.
Je me suis rapidement dirigé vers la Mosquée Jami, à quelques pas de là. Ce fut la première d'une longue visite de mosquées, mais j'avoue que je ne me suis jamais lassé. La Mosquée Jami de Yazd n'est certes pas la plus belle d' Iran, mais peut-être parce qu'elle était la première, elle m'a laissé un très bon souvenir. La hauteur de ses deux minarets à l'entrée est en elle-même impressionnante. Je suis ensuite allé jeter un coup d'oeil à quelques sites et monuments qu'il "faut" voir dans la vieille ville, mais l'intérêt était somme toute assez limité. Le plaisir était ailleurs, celui de se ballader dans un site hors du temps, qui n'a probablement quasiment pas changé depuis des siècles. Une petite déception toutefois, les rues étaient quasiment désertes. Les habitants étaient sans doute occupés ailleurs, mais j'ai été étonné de croiser si peu de personnes dans les ruelles.
D'innombrables tours du vent plus ou moins hautes s'élevaient au-dessus des maisons de Yazd. Ses tours du vent, rectangulaires et percées de longues bouches à air, étaient en fait les lointains ancêtres de la climatisation, en permettant de capter le moindre filet de vent pour rafraichir la base de ces tours. Je n'ai malheureusement pas eu l'occasion d'en tester l'efficacité, et de toute façon ce n'était pas encore la canicule, mais il parait que ce système ancestral marchait plutôt bien. J'ai vu d'autres tours du vent ailleurs en Iran, mais c'est à Yazd qu'elles étaient les plus belles et les plus nombreuses.
De retour à l'hôtel, j'ai remarqué une grande affiche représentant la ville martyre de Bam, avant et après le tremblement de terre. L'image était saisissante et terrifiante. Je n'ai pas pu m'empêcher de remarquer la similitude apparente entre les villes de Bam et de Yazd et ai essayé de prendre la mesure du cataclysme lorsque toutes ces petites maisons se sont effondrées sur leurs habitants. Mais je n'irais pas à Bam, je n'en aurais pas le temps. Une fort bonne excuse ma foi pour ne pas aller dans un lieu où j'ignore comment j'aurais réagi face à tant de désolation.
La question que je n'ai pas osé poser: avez-vous pensé à prendre des photos du vieux Yazd sous tous les angles, pour pouvoir les montrer quand un tremblement de terre aura complètement détruit votre ville?
(à suivre...) | | | À: Yangguizi · 17 mai 2006 à 13:26 Re: Ires, rires et sourires en Iran Message 37 de 134 · Page 2 de 7 · 3 461 affichages · Partager 13. L'effet boule de neige
En déjeunant à l'hôtel, j'ai sympathisé avec un espagnol, avec qui nous avons décidé de visiter les environs de Yazd le lendemain. En attendant, nous allions passer l'après-midi à visiter Yazd elle-même, ou en tout cas la partie que je n'avais pas encore vue.
Deux mosquées bien sûr, et puis aussi le fameux monument Amir Chakhmaq, que l'on voit souvent en photo, et facilement reconnaissable à ses arcades sur plusieurs étages disposées de manière très géométrique. On a fini par dénicher les escaliers très étroits menant au sommet du monument, d'où la vue était à couper le souffle. C'était bien l' Iran millénaire que j'étais venu chercher: une vieille ville de couleur ocre, dominée par de nombreuses coupoles turquoises et d'encore plus nombreux minarets hauts et fins, des tours du vent à ne plus pouvoir les compter, et de belles montagnes dominant le désert au fond, dans toutes les directions. J'y suis resté un bon moment, le temps de finir une bière sans alcool russe (tout un paradoxe en soi) que j'avais achetée avant la pénible ascension.
Yazd est une ville bien agréable, et la population très sympathique (comme à peu près partout en Iran, ceci dit). J'y ai vu mes premiers afghans, facilement reconnaissable à leurs habits, à leurs coiffes, et à leur dégaine particulières. Mais j'y ai aussi vu mes premiers zoroastriens, dans le temple Atesh Kadeh où ils se rassemblent parfois.
Le zoroastrianisme est la religion antique de l' Iran, celle des empereurs achéménides, et qui a miraculeusement survécu jusqu'à nos jours, même si on n'estime qu'à 200.000 le nombre de pratiquants dans le monde, principalement en Iran, Inde, Azerbaidjan et Amérique. Le fait que cette religion ait pu survivre jusqu'à nos jours, malgré les persécutions et discriminations depuis l'adoption de l'Islam par la majorité des iraniens, est un vrai miracle. Pour se faire une idée de cet extraordinaire anachronisme historique, il faudrait imaginer qu'il existe encore en Grèce ou en Italie des communautés entières continuant à vénérer Zeus ou Jupiter, malgré les deux derniers millénaires d'histoire chrétienne. Mais à la différence de ces religions paiennes, le zoroastrisme est monothéiste, et de ce fait relativement toléré par l'Islam. Aujourd'hui, les zoroastriens d' Iran sont protégés par la Constitution et ont même un député au Parlement. Yazd rassemble la plus importante communauté zoroastrienne d' Iran, et sans doute du monde, avec environ... 5000 membres. C'était en fait la raison principale de mon voyage à Yazd. Hélas, les quelques zoroastriens que j'ai vus dans l'Atesh Kadeh (le temple du feu) ne parlaient pas assez bien anglais (ou plutôt, je ne parlais pas assez bien farsi), pour que nous puissions avoir une conversation vraiment intéressante.
En sortant de l'Atesh Kadeh, j'ai eu la chance de me faire unanimement ovationner par toute la population féminine d'un bus qui passait par là, juste parce que j'avais fait un petit coucou à l'une d'entre elles qui semblait me regarder. Amusant.
Puis avec l'espagnol nous sommes rentrés à l'hôtel, où il a retrouvé un voyageur japonais qu'il avait croisé dans une autre ville quelques jours auparavant. Nous sommes allés diner tous les trois en ville, dans un hôtel "de luxe" que l'espagnol tenait absolument à essayer. La boule de neige allait-elle grossir en cours de route ou sur place? Cela a bien failli se produire avec des français puis deux coréennes, mais nous ne nous sommes finalement pas mélangés. Je n'ai pas beaucoup mangé lors de ce diner, une mini-tourista se chargeant de décourager toute vélléité gastrique ce soir-là.
La question que je n'ai pas osé poser: mais pourquoi passes-tu ton temps à changer les lentilles de ton appareil photo? Ca doit vraiment prendre deux minutes à chaque fois?
(à suivre...) | | | À: Yangguizi · 17 mai 2006 à 15:09 Re: Ires, rires et sourires en Iran Message 38 de 134 · Page 2 de 7 · 3 450 affichages · Partager bonjour Patrick, d'après la 13eme partie de ton récit je vois que tu es toujours sujet à la tourista et autres desordres intestinaux  ! plus sérieusement, l'histoire de ton périple est aussi passionnante que pleine d'humour, déjà que j'avais envie de visiter l' Iran... Vite, vite, la suite!! cécile | | | À: Cécile76 · 17 mai 2006 à 15:23 Re: Ires, rires et sourires en Iran Message 39 de 134 · Page 2 de 7 · 3 446 affichages · Partager oh non, pas toujours. Cette fois ça n'a duré qu'une soirée sur un total deux semaines. Je ne m'en suis pas trop mal sorti je trouve.  | | | À: Yangguizi · 17 mai 2006 à 15:30 Re: Ires, rires et sourires en Iran Message 40 de 134 · Page 2 de 7 · 3 443 affichages · Partager Bonjour! Je mange, je bois, je me promène, je suis tes traces (sauf celles à ski), je retrouve mes étonnements, mes interrogations et............ merci de m'y faire retourner par la qualité, l'humour, la sagesse de ton carnet.
la question que je n'ai pas posé: mais écrit-il de mémoire ?
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