| Le livre lao ou notre mois au pays des millions d'éléphants Genevois · 1 mars 2011 à 15:52 · 3 photos 57 messages · 18 participants · 27 018 affichages | | | | À: Genevois · 16 mars 2011 à 22:16 Re: Le livre lao ou notre mois au pays des millions d'éléphants Message 21 de 57 · Page 2 de 3 · 6 854 affichages · Partager Je me demande ce qu'il se passerait si les passagers étaient plus nombreux que les places disponibles...
ben c'est pas compliqué: y'aurait illico un autre bateau pour embarquer le reste du troupeau. | | | Annonce · Sponsorisé | | | À: Mercredi28 · 17 mars 2011 à 3:55 Re: Le livre lao ou notre mois au pays des millions d'éléphants Message 22 de 57 · Page 2 de 3 · 6 836 affichages · Partager mmmhhhh.... Z'avaient pas l'air de penser comme cela en bourrant la barque du retour au point de ne pas oser passer les rapides... pas d'autres bateaux pour 3-4 passagers supplémentaires (et leurs sacs). Mais on a l'habitude, au Sri Lanka, ce sont les bus où tant qu'il reste un micro-espace, on charge !!! | | | À: Genevois · 19 mars 2011 à 13:23 Re: Le livre lao ou notre mois au pays des millions d'éléphants Message 23 de 57 · Page 2 de 3 · 6 785 affichages · Partager Chapitre 9 : retour à Luang Prabang
Nous achetons nos billets, le bateau part à 0930h. Ce sera deux bateaux, vu le nombre de touristes qui regagnent Nong Khiaw. Comme souvent en Asie, la moindre place est exploitée. Nous serons donc à nouveau bien plein, même trop. La ligne de flottaison se rapproche dangeureusement du bord de la barque.
Déjà dans un des premiers rapides, pourtant pas bien méchant, la barque tangue et une petite vague trempe tout un côté et évidemment toutes les personnes assises là. Alors bien sûr, le prochain rapide, tout de même plus mouvementé, va poser problème. Et bien non. Car le bateau s'arrête sur la berge juste avant et tout le monde descend. c'est parti pour 20 minutes de marche sur les bords de la Nam Ou, au milieu de la végétation. Nous voyons notre barque, et nos sacs, franchir facilement l'écueil pour aller nous attendre plus loin, là où l'eau est plus calme. Trekking compris dans le prix du transport !
Nous arrivons à la gare routière de Nong Khiaw à midi et le prochain bus pour Luang Prabang est programmé pour 1330h. Un peu d'attente, au calme des lieux. En fait, il y a 11 places dans le minibus et nous sommes 10. Conciliabule. Nous achetons la 11ème place entre tous et départ avec une heure d'avance. Du coup, il y a donc un siège de libre. Qui sera occupé par la femme du chauffeur que nous avons chargée en route et qui voyage gratuitement. Tollé chez certains, zénitude chez d'autres.
3 heures de route plus tard, nous sommes à Luang Prabang. Le chauffeur nous pose près du giratoire central, ce qui nous économise un tuktuk vu que les 2 gares routières de la ville sont bien excentrées. La Halolao n'ayant pas de place (nous avions demandé), notre choix s'est porté sur la Lao Lu, au coeur de la ville nouvelle, entre la rue principale et le Mékong. Un peu plus chère, 160'000 kips négociés à 130'000, mais aussi un peu plus confortable. Belle chambre, grande salle de bains, très calme, WiFi, proche du marché de nuit et de jour, bref, une très bonne option. Nous prenons nos quartiers, puis nous retournons au marché de nuit dont on ne se lasse pas. Le repas y sera pris, avant une bonne nuit, avec le bruit des gouttes sur un toît voisin comme berceuse. Il pleut.
Le réveil a été programmé à 0600h. pour voir l'aumône des bonzes. Il pleut encore et dans notre souci de partir léger, nous n'avons aucune protection contre la pluie. Cette pluie tropicale, sans vent ni baisse de température (pour l'instant...), qui tombe à grosses gouttes verticales. A la limite, c'est presque agréable. Nous traversons le marché de jour qui est déjà bien installé. Certains odeurs sont difficiles au saut du lit. Les rues de Luang Prabang sont quasi désertes en ce matin pluvieux.
Quelques femmes sont déjà prêtes pour les offrandes sur les bords des trottoirs. Un récipient à riz et un petit tapis pour s'agenouiller. Le parcours des moines se situent dans la rue principale, mais plutôt dans le fond de la ville, après le musée national. Nous trouvons un abri en face d'une de ses femmes. Un commerce aussi, l'aumône. On essaie de nous vendre un bol de riz à distribuer aux moines, loin de la spiritualité de l'offrande. Et nous les voyons arriver, en file indienne, avec leur toque orange vif, s'arrêter à tour de rôle devant les donneurs qui glissent une boulette de riz dans les écuelles qu'ils portent en bandouillière. La plupart des moines sont jeunes, certains doivent avoir à peine 13-14 ans.
Beau spectacle. Mais certains ont dû oublier que cette aumône du matin a avant tout une signification religieuse. Que dire des touristes qui se postent 2 mètres en face des moines et qui les prennent en gros plan, avec un bon coup de flash dans les yeux, au mépris de tout respect ? Que dire de ceux qui suivent la file indienne, comme si eux aussi réclamaient leur offrande ? Que dire de certaines qui se postent devant les moines, les épaules découvertes et vêtues de manière peu adaptée ? Les autorités religieuses de Luang Prabang envisagent d'ailleurs de cesser cette pratique, vu le caractère peu respectueux des traditions bouddhistes que les touristes leur imposent chaque matin.
Ce matin, vu la pluie, nous n'avons pas vu la foule. Mais il semble que certains autres jours plus cléments, l'aumône des moines tourne à l'ambiance de cirque. Désolant. La journée sera entrecoupée d'averses, de passages plus cléments et parfois de trombes qui tombent du ciel. Difficile de concocter un programme dans ces conditions. Nous décidons alors de parcourir Luang Prabang à pied, d'entrer dans les boutiques, de nous poser à la terrasse d'un café, bref de flâner. Et c'est très agréable.
1700h. En Angleterre, on pourrait considérer cela comme le Tea Time. A Luang Prabang, c'est le massage time. Nous partons à la recherche d'une échoppe. Après 2 tentatives avortées dans la rue principale (et finalement tant mieux), nous testons les bords du Mékong. Et juste à côté du chemin qui mène à la Pakham GH, jouxtant un coffee shop, voici un panneau sans prétention indiquant des massages. On lit ce qui est proposé et on y va. Une adresse fantastique. Nous sommes pris en charge par deux jeunes filles souriantes qui vont commencer par nous laver les pieds. Puis nous montons à l'étage pour 60 minutes de plaisir. Un thé au gingembre pour finir. Douceur, professionalisme, savoir-faire, un grand moment. Puisque c'est comme ça, nous y retournerons demain.
La pluie ne cesse pas et pire, la température est limite fraîche. Il nous faut sortir nos pulls. Sommes-nous en Asie du sud-est ? Petit détour au marché de nuit pour quelques achats. Marchandage de rigueur, le prix peut être divisé par 2 comme base de départ, ensuite ce sera vos talents de négociateurs qui feront le reste.
Au réveil, la pluie se plaît à contrarier notre programme. La location de vélos semble compromise. Et avec la pluie, la température, littéralement polaire pour la région, puisqu'il fait à peine 15 degrés à midi ! Histoire de tout de même bouger, nous prenons un tuktuk pour le marché de Phousi, sous un hangar, le plus important de Luang Prabang. Soit-dit en passant, il n'est pas du tout, mais alors pas du tout, à l'endroit donné par le guide du Routard. Ce marché est un énorme bric-à-brac désorganisé, où tout se vend, parfois sur un seul stand. Piles, ceintures, dentifrices, sachets de nouilles, etc... tout côte à côte. Seuls les aliments (et leurs odeurs) et les habits sont un peu plus regroupés. Et les touristes sont absents des lieux, ce qui donne vraiment une touche typique à cet endroit.
Nous arrivons à l'heure du massage time. Et c'est reparti pour 60 minutes de plaisir et de détente, avant d'aller manger dans un des restaurants de la rue principale. Vu la température glaciale pour l'endroit et la pluie, le marché de nuit est vide. Seuls quelques commerçants courageux ont monté leur stand. Nous ne nous éternisons pas dans les rues, retour à la Lu Lao pour s'enfiler sous les couvertures, un des rares endroits où il fait bien chaud ce soir.
Dernier matin à Luang Prabang. Il pleut sans discontinuer depuis 48 heures et toujours pas d'accalmie en vue. La température ? Toujours pareil, fraîche et même froide. En fin de matinée, départ pour le minuscule aéroport, tout de même international, de Luang Prabang. Nous volons aujourd'hui avec Lao Airlines jusqu'à Vientiane, pour une courte étape avant de rejoindre Pakse et le sud.Un ATR 72 à turbopropulseurs, quasi neuf. 40 minutes de vol, enveloppés dans l'ambiance cotonneuse des nuages, avec quelques bonnes secousses. Depuis la capitale laotienne, nous ferons les voyageurs sacs à dos "bobo". Vu que notre budget est pour l'instant en-dessous des prévisions, nous avons fait dans le luxe. Plutôt que le bus de nuit et l'assurance de manquer de sommeil avant le départ en moto pour les Boloven, nous avons réservé un vol Vientiane- Pakse, toujours sur Lao Airlines. Bonne nuit garantie à Vientiane, à peine 1 heure de vol au lieu de 10 d'inconfort. Mais ça, ce sera pour demain...
En attendant, nous continuons à avoir froid à Vientiane, 13 degrés ce soir vers 1800h. !!! De mémoire de Laotiens, il n'avait jamais fait aussi frais ici, même durant les autres mois de l'année. Nous voyons des gens avec des gants et des bonnets. Cela se calmera-t-il en arrivant dans le sud ou la pluie va-t-elle nous suivre ? | | | À: Genevois · 19 mars 2011 à 19:55 Re: Le livre lao ou notre mois au pays des millions d'éléphants Message 24 de 57 · Page 2 de 3 · 6 759 affichages · Partager houlala, mais c'est quoi cet horrible temps?!! J'éspère bien pour vous que ça va s'arranger! | | | À: Genevois · 20 mars 2011 à 22:38 · Modifié le 20 mars 2011 à 23:02 Re: Le livre lao ou notre mois au pays des millions d'éléphants Message 25 de 57 · Page 2 de 3 · 5 841 affichages · Partager Salut tous les deux.
Je lis votre "aventure" avec grand intérêt, curiosité et envie et je nous vois déjà en août prochain. Question stupide :N' étant pas bon nageur... en cas ou, y a t il des gilets de sauvetage dans ces bateaux un peu sportifs ? J' ai regardé aussi un vol direct Luang Prabang vers Pakse: il y a un vol tous les deux jours pour un prix de l' ordre de 168 USD en août prochain. C'est peut être un bon plan. Vous êtes nos éclaireurs en quelque sorte. Nous espérons que ce maudit mauvais temps va enfin vous lâcher.
Amitiés à vous deux  Olivier | | | À: Olivier75015 · 21 mars 2011 à 11:21 Re: Le livre lao ou notre mois au pays des millions d'éléphants Message 26 de 57 · Page 2 de 3 · 5 831 affichages · Partager J' ai regardé aussi un vol direct Luang Prabang vers Pakse: il y a un vol tous les deux jours pour un prix de l' ordre de 168 USD en août prochain. C'est peut être un bon plan.
Exact ; surtout étant donné que le prix de ce trajet en bus tourne autour des $20... | | | À: Olivier75015 · 21 mars 2011 à 14:51 Re: Le livre lao ou notre mois au pays des millions d'éléphants Message 27 de 57 · Page 2 de 3 · 5 817 affichages · Partager Negatif Oli, pas de gilet. Mais je te rassure, Dominique nage comme une pierre aussi et elle n'avait pas peur. Les berges sont a moins de 20 metres et il n'y a pas beaucoup de debit. Les rapides, il n'y en avait qu'un et cela ne secouait meme pas. C'est juste que le bateau etait en total surpoids... Peut-etre qu'en aout il y aura un peu plus d'eau, mais ce n'est pas un torrent. Dominique est a cote de moi, elle confirme, meme pour elle ce ne sont pas vraiment des rapides, juste une manoeuvre qui peut etre delicate si le bateau est trop lourd comme c'etait le cas. Pour ton vol effectivement, bonne option, meme si c'est cher. Avions neufs ou tres corrects, service attentionne, une bonne surprise. Avec le recul, on regrette (un peu) de ne pas nous etre arrete a Thakek pour aller voir la grotte et la riviere souterraine qui est au nord de cette ville. Mais on ne peut pas tout faire... A + pour la suite. | | | À: Genevois · 21 mars 2011 à 15:24 Re: Le livre lao ou notre mois au pays des millions d'éléphants Message 28 de 57 · Page 2 de 3 · 5 816 affichages · Partager Chapitre 10 : Pakse et le plateau des Boloven
Les levers se suivent et se ressemblent. Il pleut encore et il fait toujours aussi frais. 0730h., notre MA60, petit cousin de l'ATR, décolle de Vientiane pour se poser 1h15 plus tard à Pakse. Par les hublots, nous pouvons voir avec joie que le soleil est présent.
Une petite course en tuktuk et nous voilà devant le Lankham Hôtel dans la rue principale. Notre but, louer une moto pour partir à la découverte du plateau des Boloven. Le Lankham propose plusieurs sortes de deux-roues, des 100cc, des 110cc et même une vraie moto, en l'occurrence une Honda 223cc trail, 75'000 km au compteur, mais encore bien vigousse comme une vraie gamine. 60'000, 70'000 et 200'000 kips respectivement à la journée.
Nous faisons quelques essais en nous asseyant les deux sur la selle avec un sac. Les scooters seront un peu juste au niveau des amortisseurs, vu notre poids. Donc au diable l'avarice, ce sera la moto. Une carte du plateau nous est donnée et notre loueur nous indique que le tour est à faire en commençant par Tad Lo et non pas par Paksong. Pourquoi, aucune idée.
Nous vidons un sac pour emmener l'essentiel avec nous, nous pouvons laisser nos affaires en dépôt au Lankham. Et c'est parti. Il est important de bien remettre à zéro le compteur journalier, car la carte mentionne les kilométrages pour prendre les bons embranchements. Encore pas mal de circulation à la sortie de Pakse, mais comme toujours, vitesse lente, pas d'énervements des conducteurs, c'est facile.
Boloven, acte I, première étape les chutes de Phaxouam. Payantes. 5000 kips par personne et 2000 pour la moto. Les cars des tours-opérateurs thaï s'y arrêtent aussi. Un pont de liane traverse la rivière pour accéder au petit promontoire d'où nous pouvons admirer les chutes. Impressionnantes ? Non. Jolies ? Oui. A peine 2 km de détour de la route principale, cela valait la peine.
Nous continuons ensuite direction Tad Lo qui sera notre étape du soir. Là encore, le kilométrage fourni sur la carte nous permet d'être attentifs. Un premier panneau annonce les chutes de Tat Suong sur la droite. Il faut encore continuer quelques kilomètres pour trouver la bifurcation pour Tad Lo qu'une piste en terre y conduit. La plupart des guesthouses sont situées après le pont qui passe juste après les chutes de Tad Hang et nous nous posons à la Siphaset, première à gauche. 70'000 kips pour une chambre simple avec douche. Après discussion avec d'autres touristes rencontrés plus tard, il semblerait qu'il y ait mieux dans le village, notamment la Palamei GH.
Nous partons à pied voir les premières chutes, juste là sous notre nez. Peu de débit vu la saison sèche, mais c'est tout de même assez beau à voir. L'eau par contre n'est pas très claire et même assez sale. Nous reprenons la moto et partons voir la chute de Tat Suong, selon les indications fournies par le Lonely Planet. La route, goudronnée, traverse des cultures, des bouts de forêts et nous croisons de nombreux paysans locaux, avec des enfants. Le dépaysement est total. Le dernier village avant d'arriver aux chutes remporte la palme. Volailles, cochons, chiens, enfants et adultes, tous cohabitent sous les maisons à pilotis, dans une ambiance d'un autre temps pour des Occidentaux comme nous.
La chute de Tad Suong est un à-pic vertigineux et impressionnant. Il serait très dangereux d'aller trop au bord, vu le vide. Par contre, là encore quasi pas d'eau, juste un filet qui dévale le précipice.
Sur le retour, nous voyons les habitants d'un village marcher le long d'une piste en terre pour aller à la rivière, avec tout le nécessaire pour le bain du soir. Nous prenons aussi cette piste et effectivement, l'endroit est peuplé. Lessive, des habits, mais aussi des corps. Les enfants nous entourent, touchent la moto, nous touchent aussi, avec de grands éclats de rire. Par repect pour les familles en train de faire leur toilette, nous ne prendrons pas de photo.
Retour vers les bungalows luxueux du Tad Lo Lodge, où il est possible de s'asseoir sur des rochers à fleur d'eau, avec une belle vue sur la rivière. Nous arrivons juste un peu tard pour voir deux éléphants et leur mahout traverser le cours d'eau pour rejoindre leur lieu de "stationnement" nocturne.
Le repas du soir, au Jom restaurant, tenu par une petite famille laotienne. La cuisine y a été fameuse, une belle adresse. Nous y rencontrons d'ailleurs un couple de Québécois en voyage depuis quelques mois autour de la planète. De bons moments d'échanges entre cousins francophones.
Une journée bien chargée et une excellente nouvelle. Le ciel est étoilé. La pluie déciderait-elle de nous laisser tranquille ?
Boloven, acte II. Ciel dégagé ce matin, cela fait du bien. Après le repas du matin, nous voilà prêts à reprendre la route. Nous quittons Tad Lo, qui se vante par un panneau d'être un village "crimeless", quelle belle philosophie, que bien des cités dites civilisées devraient prendre en exemple. A Ban Beng, nous tournons sur la droite direction Thateng. Selon les guides, nous devrions être sur une piste caillouteuse. Et non, la route est neuve, bitumée et belle. Nous voyons nos premiers caféiers. Dans les villages, les grains sèchent au soleil sur des bâches. Nous nous arrêtons quelques fois pour les décortiquer, encore verts une fois l'écorce enlevée. Les villages sont toujours aussi typiques, avec les animaux domestiqués, le robinet qui sert de point d'eau, de jeu pour les enfants et de salle de bains pour tout le monde.
Thateng, la route pour Sékong est bien indiquée. Une grande route, peu fréquentée, bien roulante. Sékong est une ville tout en longueur et il faut quitter la voie principale pour la découvrir. Toutefois, rien de spécial à voir ici. Nous décidons alors de poursuivre pour Paksong. Il fait chaud, nous avons l'impression d'avoir un foen qui nous souffle son air brûlant. Au moins 20 degrés de plus qu'à Luang Prabang. Ban Lak, le début de la piste pour Paksong. Même pas une station service pour faire le plein, juste une petite échoppe avec deux tonneaux qui sert de l'essence au décilitre si besoin. Un village étiré, de bout du monde, sans rien d'attirant. Nous nous assurons auprès de divers locaux que la piste qui part sur la droite est bien celle qui mène à Paksong. Personne ne parle un mot d'anglais ici, mais les signes sont unanimes, c'est bien là.
Une vrai piste en terre, poussièreuse à souhait dès que nous croisons un véhicule. Au début assez plate et régulière, et parfois parsemée de bosses et de cailloux. Nous croisons un ou deux petits villages, sans électricité, qui semble vivre de l'essentiel de ce que l'élevage et les cultures leur donnent. Rapidement, la piste s'élève dans la végétation. Une vraie jungle, sans âme qui vive. Les chutes de Katamtok, les plus hautes du Laos paraît-il, sont sur l'itinéraire. Nous relisons les lignes du Lonely Planet. Elle serait difficile à trouver, soyons attentifs.
La pente est parfois assez rude, mais notre Honda en a encore dans le ventre malgré son âge respectable. Après une quinzaine de kilomètres, une première chute est en vue sur notre droite. Katamtok ne doit plus être loin. Je repère deux arbres ceinturés d'un ruban plastique orange vif. En face, un chemin descend en contrebas. Et même un petit panneau en bois "Ketam Whater Fall", pas si difficile que cela. Une petite plateforme permet d'admirer l'eau qui dévale la montagne en face de nous, sur le versant d'en face. Belles chutes en effet.
Nous reprenons notre montée du plateau, encore quelques kilomètres, avant que la route ne devienne plate. Partout autour de nous des caféiers, parfois petits arbrisseaux, parfois adultes. Et toujours ces mêmes villages, avec les enfants qui agitent les mains à notre passage. Plusieurs fois nous nous sommes arrêtés, pour voir des femmes au travail, triant des grains ou fabriquant des petits balais avec des branches d'arbres. Merci l'indépendance de la moto.
Bien sûr, nous mangeons parfois la poussière lorsqu'on croise un véhicule, il faut même s'arrêter pour en prendre le moins possible dans les yeux et les poumons. Et nous n'avons encore rien vu... Mais quel sentiment d'indépendance sur ce plateau perdu au sud du Laos, loin de tout signe extérieur de notre civilisation occidentale.
A un croisement, nous prenons la direction de Paksong et peu après, nous voyons notre premier camion, la benne chargée de terre. Le premier d'une longue série. Rapidement, nous allons constater que la route est en train d'être refaite. Une véritable autoroute de par sa largeur. Mais toujours en terre, avec toujours la même couche de poussière qui s'envole au moindre véhicule. Alors les camions.... 20 à 25 kilomètres comme cela, à manger le chemin (un ami québécois reconnaîtra cette expression), à ne pas pouvoir rouler vite vu le revêtement très inégal et surtout la poussière que l'on prend chaque fois, et c'est souvent, que l'on croise un poids lourd. J'imagine que ce petit enfer faisait partie de l'aventure.
Paksong est en vue. Enfin. Même si la fin était dure, cette piste était magnifique. Nous trouvons facilement la Borlaven Guesthouse, un kilomètre à la sortie du village sur la route de Thateng. Une grande maison en retrait, avec beau jardin et de l'herbe devant. Le propriétaire, très accueillant, ne parle quasi aucun anglais, mais pour une chambre aucun souci. 60'000 kips avec eau froide, 80'000 avec l'eau chaude. Vu notre état de saleté, eau chaude, merci. Et nous en abuserons pour ôter toute cette crasse qui a dû s'infiltrer partout. Belle chambre tout en bois, lit confortable, parfait. Le patron nous invite à le suivre derrière la guesthouse. Il a quelques bananes en main. Dans l'arbre derrière la maison vivent deux singes qui acceptent sans souci les fruits. Attention, il ne faut pas s'approcher trop près, le patron me mime qu'ils peuvent mordre. Pas lui, ils le connaissent et il les nourrit. Mais nous oui. Nous les voyons sauter de branche en branche, jouer dans l'arbre. Nos premiers animaux "sauvages" depuis notre arrivée au Laos.
Nous partons en moto pour le village et trouvons une petite échoppe qui vend du café et qui propose du WiFI, la seule de Paksong d'ailleurs, sur la gauche en direction de Paksé, avant le marché. Stop pour boire un petit noir et pouvoir vérifier nos mails et appeler nos enfants. Le tenancier des lieux, un Hollandais, fait pousser du café et organise une visite guidée de ses plantations avec toutes les explications relatives à la fabrication du café, depuis la jeune pousse du caféier jusqu'au liquide dans la tasse. Dégustation à l'appui. Nous prenons rendez-vous pour le lendemain matin, avant de partir manger au Borlaven Restaurant, qui n'a rien à voir avec la guesthouse. Petite carte, mais très bon Fried Rice. Pas simple, personne ne parle anglais dans la petite famille qui tient l'établissement.
A notre sortie, la selle de la moto est trempée de rosée. Paksong est à 1300 mètres d'altitude et en soirée, il y fait frais. La lune est belle et ronde dans le ciel clair, quelle journée bien remplie.
Boloven, acte III. Nous avons rendez-vous à 0930h. au Coffee Shop pour la visite. Ce qui nous laisse le temps d'aller au marché de Paksong. Un marché traditionnel où aucun Blanc n'est en vue. Une petite vendeuse, coiffée de son chapeau de paille cônique, vient nous proposer des beignets. Mais à quoi ? Nous en prenons un pour goûter, 1000 kips. Excellent, c'est sucré et fourré avec du lait condensé. Du coup, c'est parti pour 4 beignets ! Après avoir fait le tour des stands, où comme d'habitude sur les marchés laotiens, tout se vend dans une ambiance de bric-à-brac, nous nous posons pour un café lao. Le café lao n'est pas un café pur, apparemment il est coupé avec du chocolat, du sucre et même du sel paraît-il. Il est filtré assez grossièrement à travers un tissu, qui laisse ensuite un dépôt au fond de la tasse.
Quelques belles photos plus tard, il est l'heure de rejoindre notre ami hollandais à sa petite échoppe. Curieux personnage, il est parti d'Europe il y a quelques années, s'est posé en Thaïlande et a fini par tomber amoureux et de la région de Paksong et d'une femme du coin. Depuis, il s'est lancé dans la culture du café. C'est parti pour deux heures de visite, avec dégustation à la fin. Visite guidée très intéressante pour connaître l'essentiel, depuis la pousse du caféier jusqu'à son âge adulte, depuis les premières récoltes jusqu'à celles amenant du profit, sur le pourquoi du café au Laos, sur la terre, etc... Vraiment très instructif et notre guide étant un passionné, il est très enthousiaste. Alors que nous sommes en pleine plantation, deux jeunes débarquent en courant, bâton à la main, visiblement à la chasse de quelque chose vu la manière dont ils frappent le sol, tout excités. Un gros serpent, à une quinzaine de mètres de nous, essayant d'échapper à ses poursuivants. Cerné, il ne pourra plus résister, même s'il se dressait, la bouche grande ouverte prêt à mordre. Un des jeunes exhibe sa proie. Un reptile d'environ 160 centimètres, tout gris. Venimeux ? Nous ne le saurons jamais, mais visiblement pas très apprécié ici.
De retour à l'échoppe, notre guide va rôtir des grains de cafés verts, pour les rendre prêts à consommer, dans un grand wok. L'odeur qui s'échappe est appétissante. Nous pouvons croquer ces grains chauds, prêts à être moulus. Un délice pour les amateurs. Nous en boirons facilement 3 petites tasses chacun. Prix : 50'000 kips par personne, dégustation comprise (minimum 4-5 tasses).
Il est l'heure de reprendre la route, direction Pakse. En chemin, deux chutes, dont l'accès est payant (5000 kips par personne plus 3000 pour la moto) Tad Fane et Tad Yuang. Tad Fane serait la plus haute de tout le Laos et c'est vrai qu'elle émerge de la végétation pour mourir plus de 100 mètres plus bas au pied d'une falaise. Mais nous la voyons d'en face, ce qui atténue le côté impressionnant des lieux. Tad Yuang, elle, est plus courte, mais on peut aller très facilement à ses pieds. Et c'est très beau, l'effort de descendre, et surtout de remonter, en vaut la peine. Visiblement, les familles viennent pique-niquer sur les hauts de la chute, là où la rivière compose de petites piscines.
Pakse est encore à quarante kilomètres, nous nous mettons en route. Au fur et à mesure que la route descend vers la plaine, la température, elle, remonte en flèche. En arrivant dans les faubourgs de la ville, nous transpirons malgré l'air de la vitesse. Nous nous posons à la Narin Thachaleun GH, dans une rue parallèle de la principale, à 3 minutes à pied du Lankham. La chambre est à 80'000 kips, soit 20'000 de plus qu'au Lankham, mais elles sont plus grandes et plus agréables. Nous restituons notre engin, qui ne nous a pas causé le moindre problème durant le tour et nous récupérons nos sacs laissés en dépôt. Avant de sortir manger, nous recomposons nos sacs et prenons une longue douche pour laisser toute la poussière à l'état de souvenirs.
Dimanche soir, la ville tourne au ralenti, mais au coin de la rue principale 200 mètres avant le Lankham sur le trottoir opposé, un petit resto attire le client, le Dao Linh. Les plats sont excellents, les prix doux, le service rapide et les employés très sympas. A côté de là, une ribambelle d'échoppes proposent internet à haut débit à 5000 kips de l'heure. Il fait chaud en soirée, nous voilà de retour dans la chaleur tropicale, fini l'air frais de l'altitude.
Boloven, conclusion. Un des points forts du voyage, c'est certain. Mais sans doute grâce à l'indépendance fournie par la moto. Arrêts nombreux, demi-tours, plaisir de rouler, de se sentir libre, un pur bonheur. Les Laotiens sont prudents sur la route, le seul danger pouvant provenir des chiens, cochons, poules, vaches, chèvres qui bordent les routes et qui, Dieu sait pourquoi, décident de se jeter sous les roues des véhicules, trouvant que le bord d'en face est plus intéressant. Un conseil tout ce qui a de plus personnel : si vous envisagez la piste du sud entre Paksong et la route Sekong-Attapeu et que vous êtes deux sur la même monture, envisagez la moto plutôt que le scooter. Les amortisseurs seront sinon mis à rude contribution, le risque de crevaison multiplié par beaucoup, le risque de chute aussi. Et n'oubliez pas, en cas de casse, vous payez cash. Sans compter que sur cette piste magnifique, vous pouvez faire parfois des kilomètres sans croiser qui que ce soit. Si vous restez sur les axes principaux, bitumés, un scooter pourra suffir.
Nous avons réservé notre transport pour Champasak au Lankham. Prise en charge devant l'hôtel, arrivée directement au centre de la ville ferry compris, bien pratique. 55'000 kips par personne, plus cher que le réseau local, mais sans tuktuk tant au départ pour rejoindre la gare routière qu'à l'arrivée à Champasak. La visite du Wat Phou, temple khmer, est au programme. Avant de filer aux 4000 îles, point final de notre périple lao. | | | À: Genevois · 21 mars 2011 à 17:29 Re: Le livre lao ou notre mois au pays des millions d'éléphants Message 29 de 57 · Page 2 de 3 · 5 801 affichages · Partager Bravo pour le récit! Perso, je n'avais pas aimé Vang Viang, vraiment un manque de respect envers les laotiens! | | | À: Ilivic · 21 mars 2011 à 22:16 Re: Le livre lao ou notre mois au pays des millions d'éléphants Message 30 de 57 · Page 2 de 3 · 5 782 affichages · Partager Bonsoir Merci de l' information et combien de temps met le bus. A quelle heure part il ? Olivier | | | À: Olivier75015 · 21 mars 2011 à 22:22 Re: Le livre lao ou notre mois au pays des millions d'éléphants Message 31 de 57 · Page 2 de 3 · 5 724 affichages · Partager Vous n'aurez pas de mal à trouver l'information et les sièges une fois sur place | | | À: Fabd · 22 mars 2011 à 2:21 Re: Le livre lao ou notre mois au pays des millions d'éléphants Message 32 de 57 · Page 2 de 3 · 5 720 affichages · Partager Complètement d'accord. C'est pour cela que nous avons boycotté le tubbing pour visiter les environs, vraiment magnifiques.
Une honte, le comportement de certains là-bas. | | | À: Genevois · 23 mars 2011 à 14:01 Re: Le livre lao ou notre mois au pays des millions d'éléphants Message 33 de 57 · Page 2 de 3 · 5 706 affichages · Partager Chapitre 11 : Champasak
Changement de programme. Non pas pour Champasak, mais sur la manière d'y aller et la suite de la journée. En discutant hier soir, nous avons appris qu'il n'est pas toujours facile et aisé de rejoindre les 4000 îles depuis Champasak. Soit parce que personne sur place n'organise le transport faute de touristes suffisants, soit parce qu'attraper le bus sur la route principale relève de la galère. Nous changeons donc de plan au dernier moment, sans vraiment savoir si cette info est crédible.
Résultat, nous louons une moto, plutôt un scooter Suzuki 110cc, au Lankham. Nous irons à Champasak en deux roues, 40 kilomètres plus au sud. Pendant qu'on y est, on prend notre transport pour Don Khon au Lankham qui sont vraiment super organisés pour tout ce qui est touche à ces questions. Aller 60'000 kips par personne, retour 50'000. Je pose la question pour notre transfert vers Ubon Ratchathani, en Thaïlande, d'où nous décollerons à la fin de la semaine pour rejoindre Bangkok. La patronne, qui parle un très bon anglais, me conseille d'aller plutôt à la gare routière, distante d'à peine 2 kilomètres, pour acheter notre billet, il y est moins cher que celui qu'elle peut nous vendre. Merci madame.
Vu que nous avons notre scooter (toujours à 4 vitesses, en fait, c'est un scooto ou une mooter, au choix), nous trouvons facilement cette gare et achetons notre billet. Tous nos transports sont organsisés et payés jusqu'à Genève ! C'est simple l'Asie.
Puis départ en direction de Champasak. Les premiers 35 kilomètres se font sur la route principale du sud. La circulation n'y est pas si importante et comme toujours, les conducteurs laotiens, même les camions, nous doublent en prenant une grosse marge. Un petit embranchement sur la droite, au kilomètre 30 merci le compteur, nous permet de rejoindre le bord du Mekong. Champasak est de l'autre côté.
Le fleuve est large ici, plus d'un kilomètre au moins. Il était question d'un ferry pour traverser sur l'autre rive. Un ferry. Nous nous attendions donc à voir une assez grosse embarcation, traditionnelle de ce que l'on nomme normalement un ferry. Et bien ce sera épique. Pour les deux roues, il existe une petite embarcation qui permet d'embarquer 3-4 scooters et leurs passagers. Une embarcation ? En fait, deux pirogues en bois, reliées entre elles par des planches qui fait office de plateforme. A l'arrière d'une des deux barques, un moteur. Un ferry quoi...
Pour les voitures, c'est le même principe, sauf que les barques sont plus grandes et il n'y en a pas deux, mais trois. Le moteur est plus puissant, certainement un vrai moteur de bateau ou de camion. Et cela fonctionne bien. Pour nous deux et notre moto, 20'000 kips le trajet.
Une fois de l'autre côté, en haut de la petite rampe, il faut tout de suite prendre à gauche et ce sera la route pour le Wat Phou. Tout droit. Champasak est un long village organisé le long de cette route et la rive du Mekong. Un village charmant, où les maisons sont en bon état, où les fleurs égaient les entrées. Plusieurs temples se succèdent, nous roulons à peine à 20 km/h pour profiter des lieux. Nous voyons même de vieilles demeures coloniales, vestiges d'un passé où les Occidentaux occupaient la région. Si le Laos se repose, alors Champasak somnole. L'endroit est empreint de calme et de sérénité, on sent tout de suite qu'on y serait bien pour déconnecter quelques jours. Plusieurs guesthouses jalonnent la route, il ne doit pas être difficile de trouver un lit ici.
Après environ 8 km, le Wat Phou est en vue. 30'000 kips d'entrée pour voir ce que le Lonely Planet qualifie de joyau du Laos. Un temple d'origine khmer, enfin ce qu'il en reste. Ceux qui auront vu Angkor au Cambodge seront sans doute déçus, mais ce n'est pas notre cas.
Il fait chaud, très chaud. Aucun vent et le soleil frappe sans retenue, nous mettant presque KO debout. Une allée mène à deux temples dont il n'y a plus que les murs extérieurs. L'endroit est visiblement en réfection et des ouvriers travaillent pour consolider ce qui menace de s'écrouler. Nous voyons des escaliers monter la colline devant nous. Malgré la chaleur étouffante, il ne faut surtout pas éviter de gravir les marches. Il y a un autre petit temple à leur sommet et depuis là-haut, la vue sur le site est splendide. Mais quelle transpirée !
Heureusement, à peine plus haut que tout à l'heure, l'air souffle et nous sèche, sans aller jusqu'à dire qu'il nous rafraîchit. Certainement le plus chaud que nous ayons eu jusqu'à maintenant. Nous profitons des lieux avant de redescendre les escaliers.
Nous profitons encore une fois de la traversée de Champasak. Sur le bord de la route, une terrasse. Et une partie de pétanque tout ce qu'il y a de plus sérieuse. Les joueurs sont habiles, maitrisent tous les coups du jeu. Ce n'est pas une partie pour du beurre, les billets changent de main, avec sourire pour les uns, grimaces pour les autres. C'est qu'on joue pour de l'argent ici, cela ne rigole pas.
Retour au ferry. Celui pour les motos est au milieu du fleuve, alors nous prenons celui des voitures. Même prix, même principe. Etre au milieu du Mekong... Une sacré histoire. Nous avalons les 35 kilomètres jusqu'à Pakse sans souci. Profitant de notre véhicule, nous parcourons les rues de la ville. Le seul intérêt que nous y avons trouvé, ce sont les bords du Mekong, au sud de la vieille ville, où il fait bon boire un Lao Beer au coucher du soleil. Enfin pour autant que l'astre ne disparaisse pas dans la brume ou les nuages comme ce soir. Sinon Pakse peut garder son statut de ville de transit, il n'y a rien à y faire.
Avant de rejoindre la chambre que nous avons prise au Lankham, 60'000 kips mais je confirme moins bien qu'à la Narin, nous passons notre soirée en jouant aux cartes sur les terrasses ou à profiter des tarifs imbattables d'internet pour donner des nouvelles. Demain, cette fois c'est sûr, départ pour les 4000 îles, au coeur du Mekong, encore une fois. | | | À: Genevois · 26 mars 2011 à 14:22 Re: Le livre lao ou notre mois au pays des millions d'éléphants Message 34 de 57 · Page 2 de 3 · 5 666 affichages · Partager Chapitre 12 : les 4000 îles
Rendez-vous à 0800h. devant le Lankham. Un van nous attend et fera la tournée de quelques guesthouses pour remplir les sièges. Une dizaine de personnes en tout qui descendent soit à Don Det, soit à Don Khone. Deux bonnes heures de route pour rejoindre l'embarcadère. Il faut dire qu'avec les chauffeurs laotiens, les limitations de vitesse cela se respecte. 60 km/h, c'est 60 km/h. Même si la route est droite, bonne et qu'il n'y a personne. Tout-à-fait dans l'esprit lao.
La traversée pour rejoindre les îles est simple. De nombreux bateaux attendent le touriste. A peine arrivés, déjà montés à bord, toujours de ces barques plates traditionnelles du sud-est asiatique. Le premier arrêt est pour Don Det, où la majorité des jeunes descendent. Apparemment cette île correspond plus à l'ambiance qu'ils recherchent, alors que Don Khone est plus pèpère. 15'000 kips pour Don Det, 20'000 pour Don Khone.
Encore un peu de navigation et nous voilà sur notre repaire pour quelques jours. L'endroit est idyllique, les palmiers, droits et fiers, se dressent au bord du fleuve, donnant une ambiance particulièrement tropicale à l'endroit. Nous partons le long de la rue principale à la recherche d'un hébergement. Nous repérons la Somphamit GH, mentionnée dans le Lonely Planet. La patronne nous alpague. "Room, Room". 130'000 kips avec air conditionné. L'ambiance tropicale a un prix. Voyant que nous hésitons, elle nous glisse discrètement "120'000 for you". On demande à voir la chambre qui est nickel. Grand lit confortable, moustiquaire neuve, salle de bains propre avec eau chaude, terrasse avec hamac, le Mékong a 5 mètres. Vendu, surtout compte tenu du fait que certains voyageurs arpentent le chemin avec leurs sacs sans trouver de chambre de libre. D'autres chambres sont 60'000 kips, mais sans climatisation et le matelas est disons un fatigué. Il y a aussi des pensions plus simples et moins chères sur l'île, mais nous pouvons nous permettre un peu de confort.
Nous voilà installés. Première chose, nous donnons notre lessive et notamment les vestiges de la fameuse piste Sekong-Paksong. La pauvre lessiveuse va avoir du boulot. Des vélos sont à louer, nous verrons cela demain, cet après-midi, ce sera farniente. Alors que nous sommes sur la terrasse, nos amis canadiens rencontrés à Tad Lo passent devant nous justement en vélo. Retrouvailles, rendez-vous est pris pour le repas de ce soir.
La chaleur ici est encore pire qu'à Pakse et très peu d'air. Nous trouvons refuge et pitance au Khaem Khon Restaurant, à une trentaine de mètres de notre guesthouse. Une terrasse splendide sur le Mekong, une terrasse toute simple, artisanale, de pilotis et de planches, à l'ombre de palmiers. Excusez-moi, le paradis c'est ici ?
Retour à la Somphamit pour une séance de hamac. Trop chaud pour partir se balader. Farniente on a dit... Nous sommes déjà dans l'ambiance. De temps à autre, le bruit du moteur d'une barque vient troubler le calme ambiant. Rien de bien méchant, au contraire.
Et l'après-midi se déroule ainsi. Alors que le soleil commence à décliner, nous partons pour une courte balade, direction le pont bâti par les Français et qui rejoint Don Det. Pour le traverser, 20'000 kips par personne, valable pour la journée contre la remise d'un ticket. Argent qui va pour le développement social des autochtones, notamment les écoles. Si le soleil tape moins fort en cette fin de journée, la chaleur, elle, ne nous fait aucun cadeau. Nous suons de partout.
Alors que nous assistons au magnifique coucher de soleil sur les palmiers de Don Det, plus au loin, le ciel s'assombrit et des éclairs commencent à zébrer le ciel. L'orage se rapproche, le vent se lève, apportant enfin un peu d'air et de fraîcheur. Rapidement, les gouttes tomberont des cieux. Un orage tropical, un vrai, éclairs et tonnerre grondant. Juste l'heure de nous mettre à table avec Claude et Suzanne, nos amis Québécois, à l'abri d'une belle terrasse.
Au moment d'aller au lit, la pluie a cessé, mais l'air a été bien rafraîchi par ce déchaînement des éléments. Le calme règne sur le village, pas d'animations nocturnes ici. Don Khone a un petit air de Muang Ngoi. Guesthouses, restaurants, nombreux touristes, mais une vie locale préservée, avec des écoles, des temples, des élevages et des cultures. Bien sûr, l'économie locale doit tout au tourisme, mais ils ont, pour l'instant et pourvu que cela dure, su se préserver de son effet parfois néfaste. Pas de grosse construction, pas de bars musique à fond.
0630h. ma théorie se vérifie. Le village s'éveille et nous réveille. La route principale s'anime, les scooters et vélos circulent, les ouvriers se mettent au boulot, les cuisinières au fourneau. Les barques commencent à circuler sur le Mékong, imperturbable et tranquille ce matin comme hier soir. Pour une grasse matinée, il faut trouver une guesthouse, loin du bord de la voie principale du village et peut-être même loin du fleuve, les moteurs des bateaux n'étant pas vraiment silencieux. Première location de vélo, 10'000 kips par jour et par monture. Toutes les guesthouses en proposent. Il vaut mieux partir relativement tôt pour échapper à la chaleur étouffante. Nous décidons donc de visiter la partie de l'île opposée au pont. Chemins et sentiers, plats, parfaits pour la balade. Il n'y a pas qu'un seul village à Don Khone, les bords du Mékong sont également habités à d'autres endroits. Chemins bordés de cocotiers, enfants qui jouent, des Laotiens qui nous sourient, un véritable plaisir. Des chutes sont signalées, nous en prenons la direction jusqu'à un pont suspendu qui amène à une autre petite île et un restaurant. Des panneaux sont explicites, en lao et en anglais. Pas de drogue, pas d'abus d'alcool et pas de sexe dans la nature sur ce nouveau territoire, signé du chef du village propriétaire de la terre.
Nous traversons à pied le pont et suivons la piste une quinzaine de minutes. Nous voilà à nouveau au bord du fleuve. Effectivement des chutes dévalent un léger dénivelé. Des vestiges de vieux ponts en bois et bambous sont encore bien visibles. Leur base est maintenue au sol par des gros cailloux et les ponts étaient censés traverser ces passages non navigables. Censés, car tout est partiellement détruit maintenant. Vestige d'un temps passé où les hommes rêvaient de créer une voie praticable tout au long du Mékong, du Vietnam à la Chine en passant par le Laos. Nous voyons trois jeunes enfants chasser avec une longue tige de bambou. L'un d'entre eux, cinq ans à peine, tient un gros couteau en mains et une bouteille en plastique. C'est celui qui garde les prises, des lézards encore vivants dans leur contenant. Les deux autres sont les chasseurs, un armé du bambou et l'autre d'une fronde. Je me mêle à eux pour débusquer un petit reptile, mais nous n'aurons pas de succès. M'ayant accepté comme un des leurs, je leur donne un stylo que j'avais sur moi et mon carnet de note, encore bien vierge, vu que je me sers cette année de mon notebook.
Ils examinent le cadeau, me regardent en souriant et me gratifient d'un sincère Khop Chaï (phonétique, désolé pour l'ortographe), merci en laotien. Retour au pont suspendu et au petit restaurant pour un jus de fruit. Ce sera suffisant pour ce matin, le soleil est au zénith, la chaleur bien forte. Retour à notre guesthouse et après avoir dégusté un ananas frais, c'est parti pour une petite sieste.
Dans ces îles, je viens de remarquer une chose qui certainement est également de mise ailleurs au Laos. Quasi personne ne porte de montre, cet objet qui sert à mesurer, voire à quantifier le temps. Et quelles pourraient être les raisons saugrenues de vouloir mesurer le temps ici ? Sauf peut-être pour la tenancière du petit internet café qui facture 400 kips la minute. La vie se déroule à son rythme, pas besoin d'avoir un repère au poignet. Même les chiens, omniprésents, font la sieste à longueur de journée. Des chiens libres comme l'air, crasseux à souhait, mais jamais agressifs et qui visiblement ne sont pas errants. Ils regagnent toujours une habitation après leur court vagabondage.
Fin d'après-midi, le soleil s'en va éclairer d'autres horizons, les nuages qui parsèment le ciel nous donnent l'occasion de contempler un magnifique patchwork coloré. Coucher de soleil, cocotiers, le Mékong... C'est fou comme les cocotiers peuvent avoir une influence directe sur un paysage. Toute une ambiance tropicale, effet relax garanti.
Fin de journée veut aussi dire cérémonie de la douche. Dans le Mékong pour les habitants des îles, dans les bungalows pour les touristes. Mais sans aucun doute avec la même eau. Les tubes qui partent directement des cuves surélevées au bord des guesthouses dans le fleuve sont bien explicites.
Nous prenons notre repas du soir avec Suzanne et Claude, nos amis québécois, qui nous racontent les anecdotes de leur tour du monde. Des paysages exceptionnels du Chili au camping en Nouvelle-Zélande, en passant par leur mauvaise expérience du Vietnam, il nous font rêver. Sacré choix de vie, tout vendre et partir, puis repartir, mais à zéro au retour.
Pas d'orage ce soir, mais du coup moins lourd aussi qu'hier soir. Malgré cela, nous serons bien contents d'avoir la climatisation et un bon matelas. Certains finissent leur voyage à se relaxer sur les plages thaïlandaises après avoir bourlingué dans le sud-est asiatique. Don Khone sera notre plage thaï.
Finalement, la grasse matinée, c'est possible. Impossible de démarrer quoi que ce soit avant midi. Et Dieu que cela fait du bien. Il fait chaud bien sûr, mais il y a aussi ce matin un petit air agréable et bienvenu. Petit-déjeuner au Khaem Khong où la patronne est vraiment souriante. Je commande un pancake qui aurait sans aucun doute gagné une médaille au championnat du monde des plus gros pancakes. La taille d'un volant de voiture, replié en deux, on aurait dit une pizza Calzone ! Calé jusqu'à ce soir, sans aucun doute.
Le but du jour, la découverte de notre voisine Don Det. Île plus petite et bien différente au niveau ambiance. Dès le pont franchi, nous prenons le sentier à droite, sur la rive du fleuve et sud de Don Det. Les petites fermes se succèdent. Les paysans locaux ont bien compris qu'ils pouvaient rentabiliser leur terrain par un complément touristique. Alors la plupart ont construit des petits bunaglows, souvent rudimentaires, à côté de leur "exploitation". Ce qui donne un charme indéniable à l'endroit, lorsque pour aller prendre un verre au petit resto attenant, vous traversez un troupeau de buffles ou de veaux. Ici le calme sera de mise, car le seul accès, c'est le sentier. Ni route, ni scooter, ni autre bruit, sauf évidemment les barques du Mékong et leur moteur pétaradant.
La balade est évidemment très agréable et reposante. Le tour de pédale est lent, le sentier longe le fleuve, passe sous les cocotiers. Nous nous rapprochons de "Don Det City", à la pointe nord de l'île. Un petit village pas plus grand que les autres. Les guesthouses se multiplient et nous remarquons rapidement la différence avec Don Khone. L'âge des touristes. La jeunesse en voyage se donne rendez-vous ici, tatouages, percings et dreadlocks en force. Les bars diffusent de la musique, d'autres affichent sans souci les consommations "happy". Tout au bout de la pointe, il y a même une plage de sable, le bikini y est de rigueur. Autre ambiance disait-on.
Nous revenons en direction de Don Khone par le bien nommé Sunset Drive. Les terrasses face au coucher du soleil sont nombreuses, les guesthouses aussi. Le ciel est plus dégagé ici que sur notre île, mais on ne voit tout de même pas l'astre se coucher dans le Mékong. A un moment donné, nous nous arrêtons devant un four à charbon artisanal. Un homme âgé et pas mal édenté sort d'une cahutte et vient m'expliquer, en lao, son fonctionnement. Il veut me dire la bonne aventure. Allons-y. Il dessine un soleil à plusieurs branches sur le sol à l'aide d'un briquet et me demande mon âge. A l'aide de mes 45 printemps, il tourne son doigt autour du soleil en comptant en lao, fait des calculs, écrit des trucs dans la poussière et au final, me prédit bonheur et prospérité jusqu'en 2016, ensuite on verra. Il ajoute qu'en 2017, le sud-est asiatique connaîtra un grave problème. Il mesure encore mes doigts de pieds, surtout les deux premiers, et y voit que je vivrais jusqu'à 96 ans. Ca va, j'ai de la marge. Il me dit encore de diminuer ma consommation de café et de thé. 10'000 kips la séance. Je lui donne son argent en riant, en espérant surtout qu'il a raison ! Le tour de l'île est bouclé.
Cela fait trois bonnes heures que nous tournons en vélo, il est temps de retourner à la Somphamit pour une bonne heure de hamac à l'ombre et à l'air qui souffle. Le rythme lao en somme. Somme, le mot prend tout son sens.
Le coucher de soleil sur les cocotiers de Don Det est toujours aussi époustouflant. Le ciel prend des tons roses, puis orangés, on ne s'en lasse vraiment pas. La nuit tombe, l'obscurité reprend ses droits. Aucune lumière ne s'allume sur les îles, visiblement pas d'électricité ce soir. Les bougies apparaissent, avant que finalement les ampoules reprennent le relais. A notre restaurant du soir, le petit serveur a 12 ans. Et il est très débrouillard. Il parle un excellent anglais et nous parle de musique, notamment de celle qu'il collectionne sur son vieux téléphone portable. Il nous fait défiler les titres. Les chanteurs américains ont la côte, il rêve de Justin Biebber... Je lui demande son email, mes filles se chargeront de compléter sa discographie.
Dernier jour entier sur Don Khone, dernier jour avant l'entame du retour. Nous reprenons nos vélos pour la partie de l'île que nous n'avons pas encore vue. Il faudra attendre ce dernier jour pour rencontrer le Laotien le plus stressé et le plus désagréable du mois. Le préposé au paiement du pont. A peine arrivés à sa cahutte, il en sort comme un diable de sa boîte et nous lance agressivement "pay ticket, pay ticket". Ni Sabaïdee, ni sourire. Je tente en vain de lui expliquer que son collègue d'hier m'avait dit que notre ticket, pris relativement tard, serait encore valable aujourd'hui. Et de plus, nous ne prenons pas le pont puisque nous restons sur Don Khone. Rien à faire "pay ticket, pay now" en me mettant dans la main deux coupons. Devant un tel comportement, totalement inadapté aux lieux, je les lui retourne en lui disant qu'il peut les garder, nous passerons ailleurs. La question n'était pas d'économiser 40'000 kips, mais être agressés de la sorte, en Europe encore, mais pas ici. D'autant plus incompréhensible qu'il y a des restaurants à une vingtaine de mètres de l'autre côté. Cette taxe doit-elle être payée pour aller boire un shake aux fruits ? Impossible d'en discuter pour le savoir.
Demi-tour donc, la partie de l'île que nous voulons parcourir reste accessible par le détour qui consiste à tourner dans l'autre sens, celui que nous avions déjà pris. Après quelques kilomètres sur un petit sentier, assez agréable, nous arrivons à la pointe sud de l'île, également la pointe sud du pays. Le Cambodge est là, juste en face, à portée de brasses. C'est un des deux points de départ pour l'observation des dauphins Irrawady, en voie de disparition, mais qui viennent trouver refuge dans les eaux, profondes à cet endroit, du Mékong.
Nous pensions le faire en fin de journée, mais un autre couple est également là et nous propose de partager un bateau, là tout de suite. Pourquoi pas, nous sommes sur place. 60'000 kips le bateau, divisés par 4. Notre batelier nous emmène à la limite des eaux territoriales laotiennes et s'accroche à un rocher sur lequel nous débarquons. C'est parti pour une heure d'observation. Nous voyons un premier groupe de dauphins au loin, près de la rive cambodgienne. Pas de quoi vraiment les distinguer. D'autant plus qu'il ne faut pas s'attendre à les voir sauter hors de l'eau, ils viennent juste en surface prendre de l'air avant de replonger dans des eaux plus fraîches.
La chance sera tout de même au rendez-vous puisque finalement un autre groupe de trois mammifères viendra respirer à environ 150 mètres de notre observatoire. Nous pouvons clairement voir leur tête bien ronde, une première pour nous.
Nous remontons la piste direction les chutes de Somphamit au nord-ouest. 1'000 kips de parking pour les vélos et nous nous retrouvons en face de ses chutes tout de même assez impressionnantes. L'eau arrive de partout, pour une différence de niveau de quelques dizaines de mètres dans des rochers. Infranchissable pour n'importe quelle embarcation. D'après les marques de l'eau sur la roche, le niveau d'eau peut encore être supérieur d'au moins 2 mètres.
Nous repérons un petit restaurant tenu par un couple qui a un jeune enfant qui dort dans un hamac. Le temps d'une pause et d'une bonne soupe de nouilles. Ce couple parle un bon anglais et est particulièrement sympathique, un plaisir que de se poser là. Le mari tient la petite terrasse, où un chien dort et quelques poules se baladent, tandis que sa femme est au fourneau. La soupe y sera délicieuse et le mari particulièrement honnête puisque je m'étais trompé dans les billets remis et qu'il aurait facilement pu encaisser 10'000 kips de trop.
L'après-midi est largement entamé, pour une fois il ne fait pas trop chaud, le temps est resté couvert toute la journée. Il y a visiblement un mariage à côté de notre guesthouse, la musique tourne depuis ce matin, toujours aux mêmes rythmes. Les hommes boivent quelques Lao Beer sur la terrasse, pendant que les femmes dansent à l'intérieur. Par contre, aucune trace des mariés. Farniente jusqu'à la nuit, voilà comment finir nos vacances.
Nous prendrons le repas du soir au certainement le meilleur restaurant des lieux, en face de l'auberge Sala Don Khone. Un peu plus cher que les autres, mais plus raffiné et surtout diversifié aussi.
Voilà, notre dernière nuit dans ces îles et donc au Laos. Les 4000 ìles. Une étape incontournable. Un lieu parfait pour ne rien faire, si ce n'est un peu de vélo et faire le tour de Don Khone et Don Det. Un lieu parfait pour oublier le temps. Un lieu parfait pour regarder le Mékong s'écouler sans hâte devant soi continuant sa route à travers l'Asie. Un lieu parfait pour simplement regarder les gens, et surtout les enfants, dans leur relation avec le fleuve. Terrain de jeu, lieu de pêche, lieu de bains, que de sourires et de rires autour de ce Mékong. Un lieu parfait pour juste accepter la nonchalance ambiante...
Pas besoin d'en rajouter, les 4000 îles, un lieu parfait. | | | À: Olivier75015 · 26 mars 2011 à 20:21 Re: Le livre lao ou notre mois au pays des millions d'éléphants Message 35 de 57 · Page 2 de 3 · 5 647 affichages · Partager Quel beau récit ! J'hésite encore entre le Laos et le Cambodge pour poursuivre mon voyage l'été prochain, après 1 mois en Birmanie. J'avoue que vous me mettez l'eau à la bouche !Il me semble que les Laotiens sont des gens aussi agréables que les Birmans. J'aimerais me sentir aussi bien au Laos que je me suis sentie bien en Birmanie ! Votre récit me laisse penser que c'est le cas. Merci d'avoir pris le temps de nous faire partager ces beaux moments. | | | À: Genevois · 28 mars 2011 à 6:21 Re: Le livre lao ou notre mois au pays des millions d'éléphants Message 36 de 57 · Page 2 de 3 · 5 624 affichages · Partager Chapitre 13 : 4000 îles - Pakse - Ubon Ratchathani - Bangkok
Nous avions organisé notre retour depuis Pakse et nous réalisons que c'était une erreur. Quasi tout le monde sur ces îles vend des billets de bus pour le Cambodge, les villes laotiennes et même pour Bangkok. Et moins cher, puisque la traversée pour Nankasang, sur le bord du Mékong, mais côté terre ferme est comprise. Pas notre billet payé à Pakse. La seule chose qu'il n'y a pas ici, c'est une banque. Mais encore, car plusieurs commerces changent Dollars et Baths.Notre minivan est censé partir vers 1130h., nous avons donc le temps de faire nos sacs et de prendre un dernier petit-déjeuner lao.
Le trajet en bateau jusqu'au port de Nankasang est fantastique. Nous longeons les berges et la végétation, nous croisons des barques de pêcheurs, des buffles qui prennent le frais dans l'eau, des enfants comme toujours qui jouent dans leur grande piscine naturelle.
A Nankasang, rien de plus facile. Dans la rue principale, un Laotien guette les touristes, très facile à reconnaître dans le paysage, vérifie leur billet et les oriente vers le bon minivan ou le bon bus. Nous trouvons ainsi facilement le notre pour Pakse. Et nous partons pile à l'heure. Un peu moins de trois heures de route plus tard, nous arrivons dans la ville. Le chauffeur fait la tournée des stations de bus ou des agences de voyages, puisque les destinations sont multiples. Certains montent sur Vang Vieng, d'autres vont à Bangkok et nous, nous allons à Ubon Ratchathani, la grande ville thaïlandaise de l'autre côté de la frontière.
Une heure d'attente à peine, le temps de manger un riz sauté au poulet dans la petite gargotte de la gare routière et nous montons dans notre prochain bus. Après une heure de route, voici la frontière. Côté lao, un premier guichet prend votre passeport et vous remet un ticket jaune. Avec ce ticket, vous allez à un deuxième guichet et vous payez 10'000 kips de taxe de sortie. Et on vous remet un ticket rose. Avec ce nouveau coupon, vous retournez au premier guichet et vous reprenez votre passeport. Le tout en 5 minutes, peut-être un peu plus suivant la queue. Côté thaï, c'est plus classique. On remplit sa carte d'immigration que l'on remet au douanier souriant en faction, un coup de tampon et le tour est joué. Le bus est déjà en Thaïlande, à attendre ses passagers.
Un grand marché bien achalandé permet de vite comprendre que le Laos est derrière nous. Mais les différences ne s'arrêteront pas là. La route qui va vers Ubon est une autoroute flambante neuve, au bitume parfait. Les maisons ne sont plus en bambou tressé et sur pilotis, mais de belles contructions. Les abords des routes sont propres et les jardins fleuris. Les veaux et les buffles ne traversent plus la route devant le bus qui roule. Les voitures qui nous dépassent sont neuves et en bon état. Même les rizières sont vertes et plantées. Il faut dire à ce sujet que les Thaïs font plusieurs récoltes par année, les Laotiens une seule. Un dicton local dit d'ailleurs que les Thaïlandais plantent le riz et les Laotiens l'écoutent pousser. Pas tout-à-fait faux. Aucun doute, le rustique Laos a fait place à la moderne Thaïlande.
A Ubon, comme souvent en Thaïlande, la gare routière est à l'extérieur de la ville. Un tuktuk nous amènera au Sri Isan Hotel où nous passerons la nuit avant notre vol de demain matin pour Bangkok avec Air Asia. Hôtel tout-à-fait correct, non loin de stands de nourriture de rue. Là encore, la différence avec le Laos est frappante. Musique rock dans la rue, plus d'énergie parmi les gens, environnement propre, pas de stand de bric-à-brac. Retour au monde moderne. Nous mangeons dans la rue avant de revenir à l'hôtel. Premièrement parce que la fatigue se fait sentir et que nous nous levons tôt demain matin et deuxièmement, parce qu'il fait frais. Bien plus qu'à Pakse, pourtant distante d'à peine 150 kilomètres. Autre atmosphère, autre climat.
L'hôtel organise le transport à l'aéroport pour 50 baths, rendez-vous est pris pour demain matin.
19 degrés au lever. L' Asie du sud-est connaît-elle sa vague de froid ? Après Luang Prabang, voici Ubon dans la fraîcheur. Un tuktuk affrété par l'hôtel nous emmène au petit aéroport de la ville. 8h00 tapantes, l'heure du lever du drapeau. Un garde uniformé se charge de monter l'étendard au grand mât devant le bâtiment. Les militaires sont au garde-à-vous et tous les Thaïlandais présents s'arrêtent pour regarder le drapeau et se tenir droit. Les haut-parleurs diffusent l'hymne national. Tout est stoppé pendant 1 minute, la scène est surréaliste. Même un piéton s'arrête au milieu de la route pour rendre hommage à son pays.
L'enregistrement est facile. Le vol Air Asia arrive de Bangkok à l'heure, il suivra donc aussi l'horaire pour le décollage. Dans le hall, nous sommes abordés par une femme assez âgée, à l'accoutrement assez bizarre puisqu'elle porte un bonnet. Elle parle un excellent anglais et veut juste nous faire la conversation. D'où vient-on ? Combien d'enfants a-t-on ? Est-ce qu'on apprécie la Thaïlande ? Contacts faciles, échanges, malgré les différences culturelles. Je n'ai jamais vécu ce genre de situations en Europe...
Le vol d'Air Asia est parfait. Comme d'habitude serais-je tenté de dire. Petit prix, avions neufs et propres, personnel souriant, départ à l'heure. Seule entorse à une compagnie dite conventionnelle, il n'y a aucun service à bord, si ce n'est en payant. L'aéroport de Bangkok nous est presque familier. Après avoir récupéré nos sacs, nous descendons au niveau 1 pour attraper le bus pour KhaoSan Road à la porte 8. Certainement pas le meilleur endroit de Bangkok. Mais nous n'y restons que 24 heures et en 2008, nous avions passé plusieurs jours ici, à faire la tournée des temples et des lieux à visiter. Là, c'est différent. Nous voulons juste faire quelques achats que nous ramènerons comme cadeaux.
KhaoSan et sa faune bigarrée. Ici le spectacle est aussi dans la rue mais pas parmi la population locale, comme au Laos. Non, ce sont bien les touristes qui attirent l'attention. Impossible de ne pas exhiber ses tatouages, comme si un code l'imposait. Plus qu'ailleurs, il faut adopter le look du routard qui fait son pèlerinage asiatique, pantalon bouffant de rigueur, ou le t-shirt qui prouve que l'on est allé s'encanailler à la Full Moon Party de Koh Phan Ngan. Il faut parfois même en avoir le comportement en se baladant à pieds nus, jusqu'à en avoir la plante noire de crasse. Sans compter les séances de marchandage, où certains frôlent de près l'insolence et la malhonnêteté. Plus encore les vieux babacool qui ont fini par échouer ici. S'asseoir à une terrasse, déguster un bon shake aux fruits et observer. KhaoSan, l'incarnation du mythe Bangkok, mais pas de son âme.
Comme en 2008, nous logeons à la Lamphu House, à deux pas de La Rue, mais suffisamment en retrait pour y être au calme. Réservation obligatoire ici, beaucoup de voyageurs se font éconduire, l'établissement est complet. Que dire de nos 24 heures passées à Bangkok ? Pas grand-chose. Nous avons quitté le calme et la nonchalance des 4000 îles pour nous retrouver dans la foule et la frénésie de la mégapole. Transition difficile. Bien sûr, c'est toujours l'Asie, ses tuktuks, ses stands de rue, son excellente nourriture très bon marché au coin d'un trottoir. Mais le mot stress refait son apparition. Pas encore chez nous, mais dans l'ambiance, dans la circulation, dans le monde qui envahit les trottoirs. Nostalgie lao.
Pourquoi dès lors s'installer là me demanderez-vous ? Peut-être par paresse, puisque nous étions venus, nous connaissions, pas besoin de chercher. Peut-être aussi parce que tout y est sous la main (nourriture, achats, transport) et que nous sommes un peu fourbus d'un mois de Laos, à marcher, découvrir. Malgré tout, le retour est dans nos têtes et plus il approche, plus on se réjouit. Comme au départ, mais dans le sens inverse. Non pas d'abandonner cette Asie qui nous fascine toujours autant, mais bien de retrouver les notres.
Bangkok, nous n'en dirons pas plus, c'est le livre lao, rappelons-le.
Tout comme le livre débute par un prologue, il doit finir par un épilogue. Le dernier chapitre. Ce sera pour dans quelques jours, une fois avoir posé nos sacs chez nous. | | | À: Genevois · 30 mars 2011 à 18:19 Re: Le livre lao ou notre mois au pays des millions d'éléphants Message 37 de 57 · Page 2 de 3 · 5 579 affichages · Partager Salut,
En voilà une très belle prose de votre voyage par chapitre, un régal à lire dans un français parfait, ça aussi ça fait plaisir 
Allez vous le compléter par des photos ou sur un blog maintenant que le texte est fait?
Il semblerait qu'en moins de 2 mois, la moto 223cc du Lankham ait fait près de 6'000 km. Dommage, je n'ai pas pu lire de passage sur les chutes de Champee en face de Tad Fane, ni de Tayick Seua les plus belles d'après nous qu'on avait trouvé par hasard grâce à un panneau sur la route de terre à 9km de l'autre chute répertoriée dans le LP. Peut être, comme pour nous, après plusieurs chutes, on veut voir autre chose...
L'avion direct de Luang Prabang à Paksé, 3x/s lundi, jeudi et samedi est très pratique pour gagner du temps. 180$ dans un MA-60. Il continue d'ailleurs sur Phnom Penh.
Pour la procession des moines, aller à l'extérieur de Luang Prabang, l'ancien pont en métal, à 200m sur la droite, il y a un temple, de là partent une vingtaine de moines, ils traversent la route principale (prendre la route allant sur la gauche après le pont, juste avant le marché, ils vont jusqu'au fond et reviennent par une route plus loin en faisant une boucle, d'autre moines passent aussi par là, ils se croisent, une autre manière de voir la procession matinale des moines, sans touristes!)
Au plaisir de lire l'épilogue...   
Moustique
laos-cambodge-2010-11.blogspot.com | | | À: Genevois · 1 avril 2011 à 10:55 Re: Le livre lao ou notre mois au pays des millions d'éléphants Message 38 de 57 · Page 2 de 3 · 5 549 affichages · Partager Epilogue :
Presque un mois de Laos.
Un mois à découvrir un pays ouvert à l'étranger depuis à peine 30 ans. Un mois à avoir eu souvent l'impression de visiter des lieux d'un autre temps. Un mois à avoir pu observer ce que nous n'avions pas encore vu ailleurs. Un mois à apprécier le côté positivement nonchalant de son peuple, accueillant et désintéressé. Un mois à admirer la joie de vivre des enfants. Un mois à contempler des paysages parfois époustouflants. Un mois à avoir une fois encore élargi l'horizon de nos découvertes.
Un mois seulement serais-je tenter d'ajouter, vu les choix qu'il a fallu faire et les nombreuses autres régions que nous aurions voulu visiter.
Mais j'ai conscience du privilège que nous avons de pouvoir traverser notre Planète Bleue en quelques clics sur internet et en quelques heures pour partir à la découverte d'autres contrées, d'autres peuples. Alors que la grande majorité des gens de cette Terre n'iront peut-être jamais dans la capitale de leur propre pays, voire même dans la grande ville proche de leur village. Ne l'oublions jamais et restons humbles.
A ne pas oublier non plus, et certains événements vécus au Laos m'inspire : malgré notre porte-monnaie bien garni, malgré notre abondance de biens, malgré notre savoir-faire technologique, malgré malgré, nous sommes dans LEUR pays, avec LEURS traditions et LEURS coutumes. Respect, retenue et adaptation, voilà ce qui doit guider nos pas, quel que soit l'endroit. Ce que nous avons vu à Vang Vieng ou à Luang Prabang (cf ci-dessus les chapitres concernés) nous ont provoqué colère et indignation.
Résumer la visite d'un pays n'est pas chose aisée. D'ailleurs est-ce vraiment utile ? Les mots ont parfois de la peine à retranscrire les émotions, mais c'est l'atmosphère qui se dégage et ce que les yeux peuvent traduire qu'il est possible de retranscrire. Pour ce qui est plus terre-à-terre et concret, les infos pratiques, j'ai ouvert un autre post, accessible en cliquant ICI .
Le Laos se vit autant qu'il se visite. Pas beaucoup de monuments tape-à-l'oeil, pas beaucoup de musées. Mais énormément de sourires et de rires d'enfants, de paysages qui donnent un sens concret à la beauté, de situations de vie qui n'ont plus cours dans nos sociétés et qui permettent de réaliser qu'énormément de gens vivent de l'essentiel, de situations simples comme une traversée du Mékong sur une pirogue en bois ou un bain dans une rivière. Plus qu'ailleurs, la vie n'est pas une course contre la montre au pays des millions d'éléphants, on se laisse vivre, aujourd'hui est aujourd'hui et pour le reste on verra demain. Le stress tel que nous le connaissons est inconnu au Laos. Bien sûr, du haut de notre grandeur sociale, on pourra toujours dire que le Laos est un pays en voie de développement. Mais nous y avons vu un peuple souriant, où les problèmes trouvent des solutions, où les gens ne se prennent pas la tête pour des futilités, où la vie prend son temps et non pas le temps prend la vie.
Vu d'Occident, l'impression restera toujours la même. Le bonheur reste souvent lié à l'abondance de biens, à acheter, consommer, avoir de l'argent. Au Laos, point d'abondance mais des plaisirs simples, pas d'achats particuliers sauf des biens vraiment nécessaires et pourtant des sourires, peu de gens riches et pourtant oui, ils le sont, riches. Même mot, autre signification.
Le Laos mérite qu'on le découvre tranquillement et non pas en passant en vitesse, entre deux étapes. Au risque de rater l'essentiel, l'ambiance. Peut-être que nous n'y reviendrons pas, qui sait ? Mais c'est certain, ce voyage a été exceptionnel, et comme chacun d'entre eux, il nous a enrichi à sa manière. Le transfert de nos quelque 800 photos sur notre Mac a été l'occasion de revivre chacune d'entre elle et de se rappeler de lieux, de gens, d'odeurs. C'est là que l'on se rend compte si le voyage entrepris restera quelque part en vous et/ou s'il vous a procuré des émotions particulières. Donc, je l'affirme une nouvelle fois, le Laos a été une découverte formidable.
Avant de conclure, je ne peux m'empêcher d'avoir une pensée pour le peuple japonais, digne et courageux dans les épreuves qu'il doit traverser actuellement. Courage.
Voilà, le livre lao s'achève ici. Il est temps de le refermer et de le ranger dans la bibliothèque de nos souvenirs. Nul doute que nous le ressortirons de temps à autre pour nous remémorer les nombreuses anecdotes vécues dans ce pays d'Asie.
C'était le livre lao et toute situation ressemblant à des faits réels ou à des personnes existantes n'est pas qu'une pure coïncidence. | | | À: Genevois · 1 avril 2011 à 16:29 Re: Le livre lao ou notre mois au pays des millions d'éléphants Message 39 de 57 · Page 2 de 3 · 5 527 affichages · Partager Bravo!
Tout bien fait jusqu'au bout, et même plus, sur ton lien avec plein d'info souvent demandées par les internautes, cool pour les prochains voyageurs.
Dès ton premier message, ton titre m'intriguait, sur les millions d'éléphants...
Le livre lao ou notre mois au pays des millions d'éléphants
Avais je loupé quelque chose en allant au Laos sur les éléphants, même si j'en ai vu quelques uns, les millions me paraissait énorme. J'ai eu ma réponse sur ce site
www.gavroche-thailande.com/...-voie-de-disparition
Bon retour par chez nous et au plaisir de lire tes prochaines aventures. Moustique   | | | À: Genevois · 1 avril 2011 à 17:20 Re: Le livre lao ou notre mois au pays des millions d'éléphants Message 40 de 57 · Page 2 de 3 · 5 517 affichages · Partager J'y retourne au mois de juillet pour découvrir le sud avant d'aller à Siem Reap.Dommage que tu ne nous fais pas profiter de quelques photos. Merci pour le texte en tout cas | Carnets similaires sur le Laos: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 5 103 visiteurs en ligne depuis une heure! |