INFORMATION :
Je suis un touriste français. J 'ai été arrêté le 8 septembre à
Maurice, pour port d 'arme interdite (un spray au poivre), jugé et condamné d 'après la loi mauricienne, puis expulsé, et interdit de séjour à
Maurice à vie.
En plus, je me suis fait escroquer 200 000 roupies par un « ami » mauricien. (voir photo jointe)
Voici l 'histoire, que je raconterai dans un livre :
EXTRAITS de mon livre « le diable au Paradis, à
Maurice »
à paraître sur internet, à partir d 'Octobre/Novembre 2014,
en lecture directe et e-book,
distribué en version papier dans toutes les bonnes librairies, et sur Amazon.
écrit en français,
traduit en anglais, et peut -être chinois, allemand, espagnol, italien, créole mauricien et réunionnais, indi, arabe, afrikaner.
Tous droits réservés.
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L'aéroport
Je suis au commissariat de l 'aéroport Sir Ramgoolam, il est 16 H, on est le lundi 8 septembre 2014
Je suis parti à 4 h pour prendre l 'avion, de
Madagascar, pour aller à La
Réunion, via l 'Ile
Maurice. ll y a donc exactement 12 h que j 'ai quitté mon hôtel à
Tana et que je n 'ai pas mangé, à part une poignée de cacahuètes en vol. Je suis fatigué, en hypoglycémie et stressé.
L 'avion a atterri à 10 h et depuis ce ne sont que formalités : Contrôle des passeports, questionnaire concernant la fièvre ébola, puis les douanes...
La douane
Au contrôle douanier, je pensais n ' avoir rien à déclarer, sauf déclarer que j 'étais satisfait d 'arriver à
Maurice, et d'aller me reposer un après midi à la plage, avant de repartir le lendemain travailler dur à la
Réunion ;
Erreur, il y avait dans ma valise de soute, un spray au poivre, qui m 'était indispensable pour aller assurer une mission humanitaire en brousse,
à
Madagascar, où il est dangereux de s' aventurer, car même si on se méfie, cela ne suffit pas, une agression, est très possible.
Je suis thérapeute, je soigne bénévolement des malades, pour le plaisir de rendre service, mais cela ne dispense pas d'être victime d 'un vol, et ne pas avoir de spray est donc là - bas, une infraction passible d'une lourde peine, voire de la peine de mort, car un vol se
fait avec violences, et cela peut mal finir... Il vaut mieux donc être prudent...
Mais, arrivant à
Maurice, les douaniers fouillent méthodiquement ma valise de soute, et trouvent un spray au poivre, d 'autodéfense.
Je ne savais pas que cela était interdit, vu qu 'en
France la plupart des femmes en ont un dans leur sac à main, et toutes les cuisinières ont du poivre dans leur cuisine... !
De plus, je n 'y pensais plus du tout, et bien qu 'il y ait à l 'aéroport des affiches précisant les objets interdits, on insiste surtout sur les objets en cabine.
Si j 'y avais pensé, je ne savais pas de toutes façons que c 'était prohibé à
Maurice, ni punissable lourdement,
et le fait de n 'y passer que 24 h aurait pu me sembler une circonstance atténuante.
Je me suis fait confisquer une fois un couteau avant l 'embarquement dans un avion à la
Réunion, événement plus grave, mais c'était par pur oubli dans mon sac à dos, dans une poche latérale, après un pique - nique, et parce que j'avais mal vérifié avant le départ.
En passant à la douane à
Maurice, il y avait aussi dans ma valise un gros couteau, mais cela, les douaniers me l 'ont confirmé, c'est autorisé, de même que le port d 'un sabre à canne, même hors d 'un champ.
Or, il y a beaucoup plus de crimes à coup de sabre que par spray au poivre. Evidemment, c'est peut être parce que les sprays au poivre sont interdits,
mais à la
Réunion, l 'alcool et le tabac tuent également plus que les sabres et le poivre réunis.
Cela doit être pour lutter contre cet autre fléau, l 'alcoolisme, que la douane a également saisi une bouteille de whisky dans ma valise, ou peut - être pour fêter mon arrivée.
On a promis de me rendre cette bouteille à mon départ, on verra... mais vide ou pleine ? En tout cas je n 'ai eu aucun reçu, et je ne sais pas où m 'adresser le jour de mon départ. De plus avec les bagages à enregistrer côté départ, cela risque d 'être compliqué...
Bref, je pensais qu 'on allait me confisquer simplement le spray au poivre, comme le whisky... (dont je reconnais avoir transporté 2 bouteilles,
plutôt pour les offrir que pour les boire moi - même...), mais le douanier me dit que je suis dans de beaux draps, il le répète 2 ou 3 fois,
en semblant chercher une solution, écrite sur mon front, ou entre mes sourcils... Je reste sans parole, surpris par la tournure des événements.
Puis, il me dit que le seul droit que j 'ai, c'est de garder le silence, et me dit de le suivre dans un bureau. Tout un bataillon de douaniers virevolte autour de moi.
J 'appelle le taxi qui m 'attend pour lui dire que j 'aurai 1/2 h de retard environ. Mais du bureau, on me conduit dehors. et je réalise
que j 'aurai du attendre mon avion pour La
Réunion dans la zone internationale, en transit, plutôt que de vouloir aller au soleil...
le commissariat :
Mais c'est trop tard, je suis pris dans l 'engrenage, la police me fait charger ma valise dans le plateau du pick-up. A la place de soleil, c'est à l 'ombre que je vais me retrouver...
Je me demande si je fais un cauchemar, et je réalise que je suis acteur dans un film d 'Hollywood, " les experts à
Miami " ou une série de ce genre... Mais je ne vois ni caméraman, ni Stallone...
On m 'emmène au commissariat : toute une procédure longue et complète se déroule.
C'est normal, c'est la loi... :
rapport détaillé des circonstances, prise d 'empreintes en 4 exemplaires (2 fois, mais que les mains, pas les pieds),
photographies de la bombe (euh, je préfère dire, du spray..) au poivre sous tous les angles, et envoi sous scellés de l'arme du crime, au laboratoire central, pour expertise...
Le temps est passé, plus ou moins vite...
Je demande à aller aux toilettes, malgré la difficulté de l 'opération avec les mains pleines d 'encre...
Puis je demande à manger, un policier accepte d'aller me chercher un briani, avec les 200 roupies, qu' heureusement j'ai encore conservées depuis mon dernier séjour.
On me rend la monnaie, et je me nourris avec satisfaction. J 'en profite pour prendre un cachet d ' Attacand, (un nom mal choisi pour la circonstance),
c'est un médicament contre l 'hypertension, dont je souffre. Par chance j 'en ai avec moi, ce n 'est pas le moment de faire un infarctus..
Après avoir bataillé sur mes téléphones personnels pour obtenir les coordonnées de l 'ambassade de
France à
Maurice, après avoir appelé à La
Réunion,
après avoir eu 3 fois le serveur vocal du consulat à
Maurice, je finis par avoir en ligne le service des passeports, où une gentille dame a accepté de
prévenir le consul. Moi je n 'ai plus de crédit téléphonique, heureusement, il me rappelle enfin. J 'ai par bonheur encore un peu de batterie.
Il est en poste depuis peu, et tout ce qu 'il peut faire c'est de me fournir par mail une liste d'avocats de Port - Louis.
je n 'ai pas de bonne connexion internet, et je ne peux pas ouvrir la pièce jointe.
Je déprime, et je me lance dans une analyse complexe et fastidieuse de la manière dont sont agencés les carreaux sur le sol du commissariat : largeur des joints,
inclinaison relative d'un carreau par rapport à l 'autre, probabilité des découpes le long des murs, etc...
Jean- Paul l 'escroc:
A 18 h, Jean - Paul arrive. Ce n 'est pas le pape Saint Jean - Paul 2, paix à son âme, mais c'est mon Sauveur !... Grâce à lui, je peux sortir du commissariat :
il s 'est porté responsable de moi, et a déclaré être d 'accord pour me loger chez lui, allée Brillant à Vacoas, en attendant que je comparaisse devant
un juge le lendemain. Il met en jeu une caution pour cela.
Je lui suis très reconnaissant. Il a confiance en moi car je le connais depuis 3 ans. Je lui loue régulièrement des voitures, chaque fois que je viens à
Maurice.*
(J 'ai compris son système, sans lui en faire part : il les loue 900 rps avec des amis à lui, et me les reloue à 1200 rps... ce n 'est pas grave,
je sais que la vie est dure, j 'accepte de lui procurer ce petit bénéfice, c'est le prix de l 'amitié...)
Une fois, j 'ai roulé trop vite avec une SWIFT qu 'il m 'avait louée, sur un gendarme couché (pas un vrai, un ralentisseur en béton.. !), et j'ai abimé le carter inférieur.
Je n 'avais pas signé de contrat, pas laissé de caution. j 'aurais pu lui dire de se débrouiller, mais j 'ai tenu à payer toutes les réparations.
En gros, il a fallu changer le moteur... Il faut prendre ses responsabilités, il y a un code de l'honneur, il faut avoir le respect des autres.
C'est pour cela que Jean - Paul me fait confiance, et aujourd'hui, un bienfait en vaut un autre, ma bonne conduite a payé (pas la conduite de la voiture
SWIFT, je parle de l 'honnêteté de ma conduite envers Jean - Paul).
D'ailleurs, moi aussi je lui fais confiance, il est sympathique, prêt à rendre service, et j 'ai eu envie moi aussi de l 'aider :
j'ai commandé pour lui sur internet 10 GPS, que j 'ai eu à 2400 rps pièces, avec la carte de
Maurice intégrée. Il pourra les revendre plus cher à ses amis loueurs
de voiture, qui eux même pourront les louer aux touristes, en même temps que les autos. Il les a reçus par la poste directement du web, mais m 'informe
qu'il a vu qu 'on en trouve à Galaxy à moins cher.
Il me dit qu 'il ne pourra les vendre qu 'à 2000 rps... Tant pis, je serai perdant, mais bon, j 'ai mal calculé... tant pis...
A ce jour, je n'ai rien touché là dessus de toutes façons, car pour remercier JP, je lui fais cadeau de l 'argent de la vente de ces GPS, dans les 20000 ou 30000 rps
pour le remercier de m 'aider au commissariat.
Par ailleurs, nous avons des projets, et je pense que nous pourrons monter des affaires ensemble dans le futur, par exemple, immobilières.
J ai aussi l 'intention d 'acquérir le statut de résident, en achetant une de ces magnifiques villas, chères mais luxueuses, que proposent diverses agences.
Jean - Paul me dit que son cousin (Mr Ramsee) est un ancien chef de la police à Vacoas, et que tout va s 'arranger.
D'ailleurs, il m'a conseillé de ne pas prendre d 'avocat, "ce sont tous des voleurs, ils vont te plumer, ils vont te prendre 25000 rps pour commencer,
et ils vont faire trainer le procès en longueur, pour te prendre le plus possible !", m 'a t il dit, " ils vont s 'arranger avec le juge, et partager ensuite ! "
" C'est comme ça à
Maurice ", " ne t 'inquiète pas, tant qu 'à payer un peu, autant bien employer ton argent, je vais payer les cautions, les amendes, tout ce qu’il faut, et ça ira plus vite, sinon tu es là pour 3 mois ! "... En fait, il m’a dit par la suite qu’il voulait aussi corrompre les policiers, le procureur, le juge...
Pour le moment, je pense : « Béni soit le ciel de m'avoir envoyé un conseillé aussi avisé ! »
Je suis un peu superstitieux, et je crois déceler parfois des signes, parfois ironiques, comme le nom de l 'aéroport " Plaisance ", ou plutôt rassurants, comme là : j'ai appris au commissariat que celui que je connaissais sous le nom de Jean-Paul Pierrette, s 'appelle en fait LAVAL Jean Paul Pierrette. Je pense alors au père LAVAL, pour la mémoire duquel une cérémonie a lieu ces jours ci d 'ailleurs...
Sans Laval Jean - Paul PIERRETTE, en effet, j 'étais dans de beaux draps, comme l'avait dit le douanier... Il prend les choses en main : il distribue
l 'argent que je lui ai donné avec efficacité et parcimonie :: je crois qu ‘il paye beaucoup de caution et d’amendes, e, mais par la suite, il fait semblant de m ‘avouer qu’il a donné 10000 rps, au chef de la police de l 'aéroport, pour qu 'il accepte de me laisser partir chez lui à Vacoas au lieu d'aller en prison, et par exemple aussi 10000 rps à ceux qui m ' ont accompagné au tribunal le lendemain, pour ne pas me menotter et me matraquer.
Nous partons dans sa voiture : nous nous arrêtons aux distributeur de billets de
Curepipe.Il faut absolument de l'argent pour le lendemain, car le lendemain,
il va falloir payer une grosse caution, et une amende.
J'ai 2 cartes bancaires : je retire 40000 rps avec l 'une, et 20000 rps avec l 'autre, avant qu 'elle soit avalée par la machine... Le sort s 'acharne contre moi...
Je téléphone à un ami pour qu 'il m 'envoie de l'argent 77000 rps (2000 eu) par western-union, au nom de jean paul PIERRETTE, car je ne peux pas les retirer moi-même, vu que mon passeport a été confisqué au commissariat de l 'aéroport, ainsi que mes billets d 'avion.
On craint que je m 'échappe, et je ne me sens pas de partir
à la nage... en fait, c'est plutôt que je ne veux pas mouiller ma valise...
Bref, je confie l 'argent à Jean Paul, car il en aura besoin le lendemain pour payer ma caution, pour que je sois libre et ne rentre pas en prison. Il me dit que ce ne doit
pas être moi qui paie, mais une personne extérieure, et que personne ne doit savoir que je lui ai donné cet argent.
Nous arrivons à Vacoas, où il me prête une petite voiture, et me dit de me rendre à Alpha Villa, à
Flic en Flac, pour y passer la nuit.
Le tribunal de Mahebourg :
Jean Paul vient me chercher. Il m 'accompagne au poste de police, et les policiers doivent me conduire au tribunal de
Mahébourg, où je dois être présenté au juge
Jean - Paul m 'informe qu 'il a pu retirer l 'argent chez Western Union. Je suis soulagé... J 'avais peur de ne pas avoir assez pour tout payer ici
En effet, JP, a sacrifié une journée de son travail, à " transferts Coquille Bonheur ", il a fait croire à son patron qu'il était malade, pour pouvoir se consacrer à moi aujourd'hui.
Il fait tout ce qu 'il peut pour moi : il discute à présent avec un petit homme à lunettes, très bien habillé, avec une belle cravate marron, peut -être en cuir.
Il me glisse : " C'est le procureur, j 'ai pu m 'arranger avec lui, (j’ai appris par la suite qu’il lui a soit disant donné 30 000 rps, que l e procureur, en fait sans doute un huissier a dit : " quoi, c'est tout !, et qu’ lui ai dit qu’il n 'avait pas plus). Mais, c'est bon, il va accélérer ton passage devant le juge, tu iras dans une chambre (un bureau) au lieu de passer devant tout le monde, et au lieu d 'attendre
3 mois, ce sera réglé cette semaine, et tu pourras partir en principe samedi Ca dépend, on va faire pour le maximum, déjà, on va dire au labo de se dépêcher
pour l 'analyse. "
Je patiente avec les policiers dans une petite pièce. A côté de moi, il y a un ivoirien, qui s 'est fait attraper en possession d 'un faux passeport.
Il est ivoirien, et moi non plus, je n 'y vois rien, que du feu. Normal, me direz vous, mais je ne savais pas encore que Jean Paul était le diable,
à ce moment là...
L 'ivoirien, lui est menotté, il a dormi au poste. Il n 'a pas eu la chance de connaître JP... ni de pouvoir se faire envoyer de l 'argent.
Enfin, on m'appelle pour me présenter au juge. C'est une femme. JP m 'explique : je dois lever la main pour demander la parole, dire " Votre Honneur, je plaide coupable,
et je demande des excuses aux autorités mauriciennes, pour ce que j 'ai fait. "Sois bref, ne parle pas trop ", m 'a il dit, et on a répété la phrase magique, qui était peut être en fait une incantation cabalistique.
La juge, est en fait très professionnelle, et compatissante. elle me dit que c'est la loi, et qu 'on doit la respecter, et que cela arrive malheureusement souvent
qu 'il y ait des touristes dans mon cas. Elle fixe ma caution à 8000 rps, et une reconnaissance à 50 000 rps, qui je crois comprendre est en rapport avec l 'état mauricien,
et peut être supprimée, si tout va bien, et que je ne fais plus de bêtises... Elle fixe la date de la prochaine audience au 12 novembre...
Je pense, pourvu qu 'on puisse faire avancer la date !
Je dois être logé chez JP, et je dois aussi pointer, et aller signer un registre, tous les jours au poste de police de Vacoas.
Nous sortons, JP me dit : " tu t 'en sors bien ! tu as vu ? elle qui est si méchante d 'habitude, elle ne t 'a mis que 8000 rps ! et s'est presque excusée de te juger !
c'est incroyable, comme l 'argent peut changer les gens ! "
"Courage ! il faut continuer, ça va s 'arranger !, je m 'en occupe " C'est un excellent avocat, même si il n 'en a pas le diplôme, il sait réconforter,
et au moins les choses avancent vite avec lui, pas comme avec les vrais avocats, qui ne pensent qu 'à leur compte en banque ! Lui, il utilise le système,
" puisque ça marche comme ça, " dit il, " il faut en profiter ! "
Et moi, tout ce que je veux, au point où j 'en suis, c 'est rentrer chez moi, rejoindre ma famille, qui se ronge les sangs, reprendre mon travail,
car mon cabinet est complètement désorganisé. Quitte à payer un peu, il faut absolument limiter les dégâts.
Chaque jour qui passe me fait perdre de l 'argent à La
Réunion, par le manque à gagner, et parce que je ne m 'occupe plus de mes affaires.
Tout prend du retard, c'est la galère. Ca commence à chiffrer.
C'est la peine de mort civile que je risque à la
Réunion à mon retour, si ça se prolonge trop : je ne pourrai plus payer mes traites bancaires,
on va saisir ma maison, je vais perdre mon travail aussi : c'est la peine de mort civile... et si je fais une dépression nerveuse, cela peut aller jusqu' au suicide : la vraie peine de mort...
Je dis à JP, la maison est en train brûler, mais il faut sauver les meubles ! car si les meubles brûlent, je vais brûler avec !
La chaleur n 'a pas l 'air de le gêner...
Moi, je me gave de GAVISCON, tant l 'estomac me brûle en permanence. Il faut dire qu 'effectivement je suis très con d 'en être arrivé là...
Et avec tout ça, je n 'ai pas une seconde pour aller me faire bronzer sur les plages. Tant mieux, il fait déjà assez chaud comme ça...
Bref, je suis conscient de tout ça, et que le pire peut encore arriver... Je suis donc les instructions de JP à la lettre, à commencer par prévoir
de quoi payer l'amende (fee) que je vais devoir régler jeudi ou vendredi quand je vais passer au Court, la magistrature de
Mahébourg.
Avec les 77000 rps, JP a pu payer la reconnaissance de 50 000 rps, et j 'ai récupéré 27 000 rps, car j'en avais besoin pour vivre,
payer ma location d 'appartement, et de quoi manger... Après ça, il ne me retste plus rien...
Alors je téléphone à ma banque et je demande de débloquer 2500 eu (97 000 rps) pour que ma secrétaire, Bélinda, les envoie à JP par Western Union.
Et effectivement, c'est un vrai Western... (certaines filles à
Madagascar, appellent ça Sperm Union... car elles dépouillent les gogos qui tombent amoureux d 'elles, mais ça c'est une autre histoire...)
Jean - Paul, lui, est le cow-boy qui arrive à pic pour sauver la diligence, le justicier au grand coeur... Il récupère l 'argent de Western grâce au code que je lui remets.
La situation est critique... JP va tenter, non pas de faire un hold up, mais au contraire il va parler au " procureur ".
Il appelle ça : "faire échec et mat ", et moi je dois jouer le rôle du fou, sans doute...
il me dit " si on laisse faire, tu auras une amende de plus de 100 000 rps ou plus, et je garantis pas que tu pourras quitter l 'ile ensuite, ou bien tu seras expulsé et interdit de séjour...
Mais si je parle au procureur, il va s'arranger avec la juge pour qu' elle ne me mette qu’ une amende de 20 000 rps par exemple... (j’apprendrai par la suite qu’il veut corrompre le procureur avec les 97000 rps, lui dire que que c'est tout ce que j 'ai, et qu' il doit faire avec et partager le reste avec elle !)
Il me dit qu 'il peut me donner l 'argent à garder jusqu' au procès, mais qu 'attention, je ne me le fasse pas voler, car à
Flic en Flac c'est plein de voleurs ! Je préfère donc lui confier ce trésor, clé de ma liberté.
Flic en Flac :
Arrivé à ce stade, je suis très anxieux, presque angoissé. Je suis choqué, en état de choc. Je suis comme sous hypnose, car je dors très mal, et la réalité semble être comme le fruit de mon imagination.
Du coup, ayant la sensation de vivre un roman policier, je décide de l 'écrire pour de bon, c'est une manière peut être de m 'évader mentalement,
de reprendre le contrôle du scénario.
Je choisis le titre " l 'Enfer au Paradis ", me semble correspondre à peu près à l ' histoire. Je vais y décrire ce qui m 'arrive, afin que cela serve de leçon aux touristes qui auraient imprudemment l 'intention de venir à
Maurice.
Je veux montrer l 'envers du décor, et que sous le sable chaud, les flammes ne sont pas loin... Je crois encore à ce moment là que les pyromanes sont les autorités, et le système judiciaire...
Ecrire, c'est aussi pour moi une manière de faire passer le temps, car je n 'ai pas du tout l' envie, ni, paradoxalement, le temps, d 'aller visiter
l '
ile aux cerfs, ou celle aux bénitiers, ou de nager avec les dauphins.. Je dois en effet me présenter tous les jours au poste de police de Vacoas,
où d 'ailleurs, alors que l 'on me demandait pourquoi j 'étais sous contrôle, j 'ai déclaré : " terrorisme !... " d'un air entendu..
C 'est ce qui a été inscrit sur le registre des signatures journalières, comme si c 'était normal !... Peu importe, je commence à en avoir vraiment assez, advienne que pourra !
Si ça pouvait accélérer les choses !
Après tout j 'ai réellement apporté une bombe avec moi. Bombe aérosol, certes, mais on fait ce qu 'on peut avec les moyens qu 'on a...
Ecrire, c'est aussi un moyen de me redonner un peu le moral, et de me dire que si je perds tout à La
Réunion, si ma vie y est détruite, en temps qu 'écrivain je peux la reconstruire.
Je suis attablé au bar " le Mafioso " à
Flic en Flac, quand j 'écris la première phrase du livre. J'ai choisi ce bar, car le nom m 'a plu, et j 'ai eu l 'impression de me retrouver en famille...
Après tout, j 'étais tombé pour port d 'arme prohibé, peut -être avec soupçon de trafic d'armes.
mais pour ce deuxième chef d 'inculpation, il n 'y avait aucune preuve. Le whisky, ça ne compte pas, on n 'est pas sous Al Capone, au temps de la prohibition..
Comble du comble, le poste de police de
Flic en Flac, se trouve presque en face. Un clin d 'oeil du destin... Et le nom de cette petite station balnéaire :
FLIC en flac, si c'est pas fait exprès, je me fais nonne...
J 'écris à la terrasse du " Mafioso ", et je me dis que je pourrais peut - être renaitre de mes cendres, comme le
Phoenix qui est dessiné sur ma bière.
Le lendemain, JP m 'informe que le procès ne peut avoir lieu vendredi. Il y a eu des problèmes au laboratoire, et le policier n 'a pas pu transmettre le rapport au tribunal.
Mes espoirs de retour pour le week end à La
Réunion sont annihilés
Dimanche soir, je me retrouve donc encore attablé au " Mafioso ". C'est là, que pris d'une soudaine envie d'en finir, je ne décide pas d'aller me jeter sous un bus, non,
mais, en voyant le commissariat de
Flic en Flac si proche, je décide, non pas d 'aller me constituer prisonnier, car je l 'étais déjà, non pas de commettre un autre
délit, mais d 'aller m 'informer sur les dates probables, et les suites possibles de cette affaire.
Il faut dire que je n 'ai pas trop envie de fréquenter ce type d 'endroit. Quand je vais signer chaque jour à Vacoas, je m 'arrange toujours pour avoir 10 roupies sur moi,
car il y a un distributeur de café dans le hall d 'entrée, et psychologiquement, cela est plus facile, car je vais au commissariat boire un café, et accessoirement,
je signe le registre des terroristes sous surveillance.
Bon, à
Flic en Flac, je suis un inconnu qui entre au commissariat, un policier m 'écoute attentivement, et m 'apprend que la fameuse reconnaissance que la juge a
chiffrée, ne doit pas être payée. Ce n 'est que le montant à payer si on ne vient pas signer tous les jours, par exemple, ou pour toute autre dysfonction éventuelle
dans mon comportement. Jean - Paul m 'a donc menti, et a encaissé l 'argent que je lui ai donné pour régler la reconnaissance !...
Le diable :
Et d 'un seul coup, je m'effondre, je comprends tout ! JP est un escroc qui a profité de ma malheureuse aventure, pour profiter de la situation et me soutirer de
l 'argent.
Sur tout ce que je lui ai donné, au total 60000 rps + 50000 rps + 97000 rps, seules 8000 rps ont servi à payer la caution. Le reste, il l 'a pris pour lui !
presque 210 000 rps ! (5250 euros !) et à La
Réunion, j 'ai perdu sans doute autant, sinon plus !
Je prends la décision de changer le nom de mon livre immédiatement : je l'appelle " le Diable au Paradis... ". Car c'est au Diable que j 'ai eu affaire en personne, et alors que j 'allais finir par le tirer par la queue, je me rends compte qu 'il est devant moi et que c 'est lui qui me tient.
Je comprends mieux, il travaille pour " Coquille bonheur ", et si l 'on a pas de Q, pas de chance, comme moi, à la douane par exemple, il reste " Couille bonheur ".
Oui, si il m 'arrive une galère, une couille, comme on dit vulgairement, pour lui c 'est le bonheur... !
J 'en plaisante, maintenant, mais voilà la suite :
je décide de lui tendre un piège pour récupérer mon argent, je vais utiliser le mensonge, comme lui : je l 'appelle le lendemain pour lui dire que j'ai besoin des 97 000 rps qui sont encore avec lui,
parce que j 'ai perdu de l 'argent au casino, argent que m 'ont prêté des touristes allemands rencontrés dans un bar, avec qui j 'ai bu un coup,
et qui ont compris ma situation.
JP n 'y croit pas. Il me dit qu'il va me rendre mon argent, il est furieux, ça sent le soufre, il me dit que justement il a rendez- vous avec le procureur à 17 h, et m’explique qu’en fait, il corrompt des fonctionnaires et qu 'il doit lui donner l 'argent. Le procureur va être en colère, et mon procès va prendre du retard, me dit il. Je lui dis de demander un délai au procureur,
Quitte à payer plus cher, je lui mens et j 'explique que je vais lui faire envoyer 3000 eu. Mais les allemands sont costauds et s 'impatientent, et ils ont pris mon appareil
photo et mon ordinateur en garantie...
,
J 'ai entre temps, pris un avocat, qui lui, a pris 25000 rps. Il m 'explique que la procédure habituelle pour les touristes est de 8 jours maximum, et qu 'il faut
faire une demande pour avoir la permission de quitter
Maurice et de revenir ensuite pour le procès. Lequel procès peut avoir lieu rapidement d 'ailleurs, et se soldera sans doute
par une amende de 20000 rps environ.
JP a aggravé mon cas, la demande n'a pas été faite, mon procès au lieu d'avoir lieu rapidement, a été retardé. Et il m 'a fait perdre beaucoup d'argent à La
Réunion.
Il n 'a pas eu pitié de moi, lorsque je lui ai confié tous les tracas qui m 'attendent là -bas.
JP me fixe rendez vous à l 'aéroport lendemain, mardi, à 13 h.
Je le retrouve, après avoir attendu un peu qu'il finisse de déposer des touristes à l ' hôtel Shandrani, pas loin de l 'aéroport.
Il me fait monter dans son mini van. je lui demande l 'argent. Il veut d 'abord me faire signer un contrat de location à postériori pour la voiture avec laquelle
je suis venu. Je refuse, mais je veux bien signer le contrat pour la semaine qui vient. Il refuse, et finit par me donner l 'argent : il a déduit 12000 rps pour les 10 jours de location qui viennent de passer, y compris la journée de mon arrivée. Alors que ça ne faisait réellement que 9 jours. Il m’explique qu’il a de plus soit disant, corrompu des fonctionnaires, ce avec quoi je ne suis pas d’accord ! il déduit aussi 10000 rps qu 'il a soit disant encore donné aux policiers,
Il lui reste 75000 rps à me donner. je les mets vite dans ma poche. Quand je recompterai plus tard, je ne trouverai que 74000 rps...
Ce n 'est pas grave, au point où j 'en suis. Je refuse de lui serrer la main, et je le remercie de m'abandonner seul sur le parking, avec mon sac à dos et
une boite à chaussures sous le bras.
J'arrive chez ABC CAR à l'aéroport. et je loue une petite Nissan.
Je loue Dieu également de m 'avoir permis de récuperer déjà les 74000rps.
JP me rappelle au téléphone, alors que je roule vers
Curepipe. Il me dis que finalement, il a pitié de moi, et qu 'il a contacté le procureur, qui est d 'accord,
mais que le procès aura lieu à
Port Louis. Je pense qu 'il veut simplement reprendre les 75000 rps, et je refuse. En effet, il ne sait toujours pas si j 'ai compris son manège, car je ne lui ai rien dit.
Je déménage mes affaires de l'appartement où je suis logé, je loue un nouveau studio, et je le signale au poste de police de
Flic en Flac.
JP m ' a en effet menacé, et je ne tiens pas à ce qu 'il mette le feu, durant la nuit, à la nouvelle voiture de location que j 'ai.
JP m 'a garanti aussi que la police va m 'intercepter, puisqu 'il va lever sa responsabilité envers moi, et signaler que j 'ai disparu de chez lui, et de plus il me dit que comme il a eu, corruption, je risque gros. Mais je ne savais pas, et je ne suis pas sûr que ce soit le cas, je pense plutôt qu’il a tout gardé pour lui.De toutes façons, je n’avais pas besoin de ça, ni de ses méthodes, je respecte la justice. (Par la suite j’apprendrai qu’il suffit de suivre la procédure pour payer son amende, et être libéré, même si ce n’est pas agréable d’être expulsé ensuite).
Je ne vais pas signer le cahier à Vacoas le lendemain, j 'ai rendez vous au tribunal à
Mahébourg, pour changer d 'adresse, car il faut l 'accord de la juge.
J 'aime bien
Mahébourg, petite ville, petit port de pêche. J 'avais participé au tour de l 'ile
Maurice à la voile, l'an dernier, et on avait fait escale au Bois des Amourettes,
j' avais vu
Mahébourg sous un tout autre aspect......>
LA SUITE : l ' enfer
à la suite du procès, je suis condamné à verser 20 500 roupies, et expulsé de
Maurice, le jour même, en voulant aller récupérer mon passeport, sans avoir le temps de faire tranquillement ma valise. La police m 'accompagne à l 'aéroport. J 'arrive tout de même à déposer une déclaration, une plainte au poste de police de l 'aéroport contre Jean Paul. Si je l 'avais fait avant, cela aurait compliqué mon cas, car j 'étais déjà considéré comme un criminel....
On me signale que n 'ai plus le droit de revenir à
Maurice, même en transit d 'avion.
Même mon avocat n 'était pas au courant de toutes ces persécutions...
L 'avion atterrit à La
Réunion : je suis KO....
Clin d 'œil du destin, c 'était la marque de mon spray au poivre (voir photo copier coller le lien svp)...
" [
godefense.fr/...-au-poivre-jet-40-ml
] "
REFLEXIONS :
J 'ai vu l' émission " à vous de juger ", sur MBC News, jeudi 18 à 10 h du matin, on y parlait de l 'importance de l 'accueil des touristes, dès l 'aéroport,
pour donner une bonne image de l 'île, pour que les voyageurs gardent un bon souvenir. on disait que le premier contact à l 'arrivée, c'est le chauffeur de taxi, et qu'il faut qu'ils aient une formation.
Un touriste satisfait en ramène 5 autres. Un mécontent en fait perdre 20
L 'ile
Maurice vit essentiellemnt de son tourisme, il n 'y pas de pétrole, ni de mines de diamants. L 'industrie textile est concurrencée par d 'autres pays.
Il y a d 'énormes investissements, d 'énormes efforts supportés par toute le population mauritienne pour relever le niveau de vie.
C'est l 'anniversaire de Sir Seewoosagur Ramgoolam, père de l 'indépendance mauritienne, en ce moment. Il doit pleurer de voir agir Laval Jean - Paul PIERRETTE.
à vous de juger ! le sympathique Jean - Paul, c'est votre compatriote
à vous de juger ! La loi est elle juste ?
pour ma part, je préfère aller à
Madagascar désormais. Les serpents y existent, mais...
mo pa kapav gagn l'esprit trankil ici !
Il y a 2 choses dangereuses à
Maurice pour les touristes :
1/ Les escrocs comme Jean Paul
et
2/ la loi : trop dure pour un délit commis par ignorance de la loi, par un touriste respectable, et allant jusqu ‘ à l’expulsion et l’interdiction définitive du territoire mauricien.
Tout cela arrive souvent, et ne devrait plus arriver !
Mauriciens honnêtes !
à vous de juger ! et à vous d’agir !!
A vous de voter pour les hommes politiques qui agiront pour de nouvelles lois contre les escrocs, et de mieux comprendre les touristes, qui remplissent vos hôtels !
La
Réunion, le 25/09/2014,
Joël Innocente
touriste français déçu
finalement, le titre du livre pourrait être simplement : « Ile
Maurice : l 'enfer... »
à suivre...
Image attachée: