Bonjour
Chose promise...
Je publie ici quelques images de Malana, tu temps où le village n'était pas un sujet polémique.
Pardonnez la mauvaise qualité des reproductions Je les ai scannées à la-va-vite. Il s'agit de vieilles diapositives prises entre 1982 et 1995 pour les plus récentes.
J'ai aussi des photos numériques prises plus récemment, mais là, je me contente de diffuser des photographies qu'il faut prendre comme des documents, sans autre prétention, pour illustrer la discussion.
Vous remarquerez qu'à l'époque on ne discerne aucune agressivité chez la population. Ce village a toujours eu une tradition d'accueil des étrangers et des parias. Eux-mêmes se considèrent -avec fierté- comme des parias, bien que Rajput (fils de dieux).
Seule obligation pour l'étranger de passage, traverser le village par son centre en suivant l'allée dallée, sans rien toucher, ni les gens, ni les temples voire certaines roches anodines, mais néanmoins sacrées.
Ceux qui y séjournaient -comme moi- pouvaient au fil des années accéder à certains lieux, notamment l'esplanade en pierre et roche d'ardoise de la Chambre Haute. Et dans le village il y a toujours un représentant des étrangers. Lui même étranger. Il fait office d'interface avec l'extérieur. Celui que j'ai connu et qui est devenu mon ami était né dans le village, mais pas son grand-père. Une politique d'intégration car ceux qui résident ici depuis un certain nombre d'années peuvent être élus à la Chambre Haute. Ce qui démontrent bien une tradition de tolérance, d'accueil et d'intégration. Je dis bien intégration, pas assimilation. On ne devient pas Rajput. On l'est de longue lignée.
L'agressivité des villageois n'était justifiée, autrefois, par la crainte qu'un étranger ne respecte pas les consignes et déclenche la colère du dieu local, particulièrement irascible. Ce sentiment d'agressivité était surtout dû au barrage de la langue. Les Malana peuples parlent un dialecte spécifique. Il faut bien se faire comprendre d'une manière ou d'une autre.
Il est vrai qu'avec l'arrivée des touristes de plus en plus nombreux, surtout depuis le début des années 2000, les incompréhensions et les contentieux se sont multipliés. Et l'agressivité des villageois, surtout chez les anciens, n'était plus un simple mode d'expression ; si ce n'est celle d'un ras-le-bol.
Bref, pour que les responsables du village (élus pour 5 ans), en viennent à renier leur tradition d'accueil, c'est que certains sont dû pousser le bouchon un peu loin.
Il faut aussi reconnaître que les villageois ont bien profité de la manne financière générée par la fréquentation du village. Là, ils semblent avoir fait le choix de renoncer à l'argent pour sauver le village et une partie de leurs traditions et croyances. Moi je dis : chapeau !
Mais comme je le disais dans mes précédents message, je crois qu'il est trop tard. D'autant que l'Etat n'a jamais été trop favorable à ceux qui ne voulaient pas se fondre dans le moule de la Fédération indienne. Et ce sont les indiens qui ont favorisé le développement du tourisme dans le village.
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