Bonjour à tous,
comme tous les ans à cette période, je pars pour un mois au Mali suivre les projets d'aide au développement du village de Gouéné (sud du Mali) que mènent notre association bénévole.
Qu'ai je pu voir de la sécurité et de l'état du tourisme dans le pays ? Durant la première quinzaine, je suis resté au Mali, principalement dans la région de Sikasso. Aucun changement apparent. Il n'y avait pas de contrôle de police avant. Il n'y en a toujours pas. Ce secteur était calme et l'est resté. Un couple d'amis qui découvrait l'Afrique m'accompagnait. Je les ai emmené avec mon 4x4 à Ségou, puis à Djénné par Massina.
Très peu de touristes dans ces deux villes et aucun Français. La majorité des rares touristes présents étaient européens et japonais. Peu de présence policière. La menace terroriste se fait peu sentir ici.
A Djénné, nous avons fait étape au campement Chez Baba, situé en pleine ville. Il était désert. Pas un touriste. Je connais bien Baba car je me suis arrêté chez lui plusieurs fois ces dernières années et à chaque fois c'était presque plein. J'ai demandé à Baba s'il avait toujours son Patrol (le même que le mien). Son établissement étant vide depuis longtemps et le privant de ses revenus, il a été obligé de le vendre. Le personnel est toujours là, mais n'est pas ou peu payé.
J'ai laissé là mes amis qui retournaient sur Bamako et j'ai pris la direction du
Burkina par Mopti, Bankass et Ouhaiguouya. Arrêt à
Ouaga pour faire refaire nos visas (l'employé du consulat à
Paris s'était planté en inscrivant l'année sur les dates de validité des visas : pensez toujours à vérifier ce genre de détails avant de partir !).
Ensuite, direction le
Bénin et la réserve de la
Pendjari. Sur VF, plusieurs personnes m'en avaient dit beaucoup de bien (merci à eux et à leurs indications). Effectivement, en deux jours, nous avons vu quantité d'animaux sauvages (lions, éléphants, buffles, antilopes et bien d'autres). Le soir, au campement, nous avons discuté avec des coopérants italiens qui vivent à Niamey, au Niger. Ils nous ont clairement dit que dans ce pays la menace terroriste est très présente. Lui est géologue pour une compagnie minière et ne part en mission qu'accompagné d'une très forte escorte policière et militaire. Quand à leur chauffeur, un nigérien, il n'ose plus s'aventurer très loin de la capitale. De toutes façons, certaines parties du pays ne sont accessibles qu'avec autorisation des autorités, même pour les locaux. Quand au désert, les rébellions successives l'ont tellement truffé de mines que les rebelles sautent eux-mêmes dessus, car ils ne savent plus où elles sont. Entre les mines anti-personnelles et les mines d'uranium, quel tristesse pour la population. Quand, à moi qui rêvait d'aller traîner mes roues dans le Ténéré..
Après la réserve, nous sommes allés nous poser quelques jours chez un couple d'amis coopérants français à Kandi, au nord du
Bénin. Lui aussi fait de l'aide au développement, mais en professionnel. Leur secteur est calme, le
Bénin n'a pas eu a subir d'attentats ni d'enlèvement d'occidentaux.
Le
Burkina que nous avons traversé pour rentrer sur Bamako nous a paru aussi assez calme. Une baisse de la fréquentation touristique tout de même. Qui, selon certains, serait due aux débuts d'émeute de l'an passé.
Bobodiolasso est une ville qui bouge bien la nuit. Pas mal de bonne musique dans les maquis de la ville. Aux alentours, la cascade et les dômes de
Banfora, puis les
pics de Sindou sont des endroits magnifiques.
En conclusion, durant ce périple, nous n'avons perçu aucune tension ni menace qui auraient pu nous mettre en péril.
Si vous avez des projets de voyage au Mali, partez sans crainte ni hésitation !
Ph.