Yangguizi · 6 août 2006 à 5:53 · 24 photos 55 messages · 12 participants · 13 910 affichages | | | | 6 août 2006 à 5:53 Mission accomplie au Jilin ( Chine) Message 1 de 55 · Page 1 de 3 · 8 516 affichages · Partager Grâce à mon changement de travail, je me suis vu contraint et forcé en juillet 2006 de liquider mes jours de vacances et ai donc dû affronter la douloureuse épreuve de choisir une destination de voyage. Cette fois, j'avais envie de rester en Chine plutôt que de partir à l'Etranger, les joies et peines du voyage en Chine commençant à me manquer après environ un an d'abstinence. Le pays est vaste, et il y a encore de nombreuses provinces où je n'ai jamais mis les pieds. Le Sichuan est à la mode, tout le monde y va en ce moment. Une bonne raison pour ne pas y aller donc, bien que la région m'attire beaucoup. Le Shandong? Sans doute trop chaud. Le Tibet ou le Xinjiang? Trop grand, pas le temps de les visiter en seulement 8 jours. Et pourquoi pas le nord-est tiens, cette région que l'on appelait autrefois Mandchourie et divisée aujourd'hui en trois provinces? Parmi ces trois provinces, c'est celle du Jilin, la moins connue, que j'ai retenue, car: les températures y sont sûrement bien moins élevées qu'à Shanghai qui connaissait alors la canicule, il y a des montagnes, il y a une très longue frontière avec la Corée du Nord, il ne viendrait pas à l'idée de la plupart des gens de la visiter. Je devrais donc être à peu près tranquille.
Adjugé donc, j'ai acheté un billet aller-retour Shanghai-Changchun | | | L'aéroport de Changchun ressemble à la plupart des aéroports chinois: récent, assez beau et fonctionnel. Il est en revanche très éloigné de la ville. Un chinois du Canada a embarqué dans le taxi après deux minutes de trajet. La pratique moyen-orientale du taxi collectif aurait-elle gagné le nord-est chinois? Tant mieux en tout cas, ça m'économiserait des frais. Sur le chemin, j'ai admiré le paysage verdoyant qui s'étalait à perte de vue. C'est con à dire, mais quand on vit à Shanghai, voir des paysages champêtres et pas trop abimés à moins de 200 kilomètres de la ville, c'est appréciable! J'ai pris le chemin de la gare pour y déposer ma valise à la consigne et une fois arrivé et avoir sorti la valise du coffre, j'ai demandé au chauffeur combien je lui devais. Tiens, non seulement je prenais tout à ma charge, mais en plus il voulait me gruger sur le prix du péage. Bon, ça, ça a été facile à esquiver, il suffisait de demander les factures. Mais j'ai hésité sur la manière de régler la question du passager clandestin: je réclame que le prix soit partagé ou je dis juste un truc méchant? Comme j'aime bien dire des trucs méchants, j'ai choisi la deuxième option: il paye pas l'autre? (rires) ah c'est beau l'amitié entre les chinois (rires) c'est vraiment cool d'être de la même nationalité, ça permet de gruger les étrangers (rires) vous faites une belle équipe tous les deux. Pas très honnête certes, mais efficace. (rires)
Voilà, j'avais réussi à dire mon truc méchant de la journée, je pouvais donc visiter Changchun sereinement. | | | "Changchun" ça veut dire "long printemps" ou "printemps éternel". Il ne faut pas se fier aux apparences ni à mon message précédent sur les paysages verdoyants: Changchun est une ville industrielle, très moche, sale, et ultra-polluée. J'avais même rarement vu une ville aussi polluée, je m'y suis senti mal au bout d'une demi-heure de marche et n'ose imaginer l'état des poumons des gens qui y ont passé toute leur vie.
Il y a un site majeur à visiter à Changchun, c'est le "wei man huanggong", littéralement, le palais impérial fantoche mandchou. Ou pour être plus clair, le palais dans lequel le dernier empereur chinois Puyi a vécu dans les années 30 et 40 lorsque les japonais l'ont placé sur le trône de Mandchourie, un Etat fantoche détaché de la Chine. Ceux qui ont vu le film "le dernier empereur" savent très bien de quoi je parle.
J'y suis allé à pieds de la gare, ayant sous-estimé la distance entre les deux lieux. Ce fut une erreur, car j'avais vraiment du mal à respirer à la fin du parcours. J'ai donc décidé de manger d'abord, et après avoir péniblement trouvé un restaurant, j'ai commandé un truc tout simple. Tant pis pour la délicieuse cuisine du nord-est et coréenne que j'étais venu déguster, j'avais encore une semaine pour en profiter. Dommage quand même car le restaurant coréen que j'avais dégoté était très beau et il y avait pas mal de choses alléchantes sur le menu, mais j'ai préféré être raisonnable.
Puis j'ai passé quelques heures dans le palais. Le complexe est immense, on s'y perd facilement. Outre la petite demeure accueillant les appartements de l'empereur et de ses proches, il y a des bâtiments administratifs, des salles de réunion, de conseil des ministres, une salle du trône, et un tas d'endroits à l'importance historique et symbolique remarquable. Il me semble avoir reconnu une scène du Dernier Empereur dans la grande salle de réception, mais il faudrait que je revisionne le film pour en être sûr.
Curieusement, les commentaires écrits étaient très mesurés et peu vindicatifs à l'égard de "l'impérialisme japonais". Quant à Puyi, il avait passé une quinzaine d'années dans les camps soviétiques et chinois après la guerre, et en était ressorti comme un citoyen modèle de la Chine Populaire et son honneur avait donc été réhabilité. Il était devenu un symbole de la clémence du Parti Communiste chinois et des vertus de la nouvelle société. L'exposition sur sa vie faisait donc la part belle à cet aspect des choses. Aucun mot en revanche sur les autres dignitaires qui avaient accompagné Puyi dans la voie de la trahison. Je suppose que beaucoup ont été fusillés sans autre forme de procès, mais la clémence pour leur plus haut représentant, c'est largement suffisant pour démontrer la bonté du Grandiose Parti Communiste Chinois. | | | En fin d'après-midi, j'ai pris le train pour Jilin, l'autre grande ville de la province, située à deux heures de Changchun. C'est aussi une ville industrielle, avec de grandes cheminées d'usine en plein centre-ville, mais je l'ai trouvée beaucoup plus agréable et accueillante que Changchun.
Sur la place de la gare, deux dizaines de personnes âgées en costume dansaient en cadence et je me suis arrêté pour les regarder avant de chercher un hôtel. Je n'avais que l'embarras du choix pour en trouver un et ai été plutôt content du Jiaotong Binguan, idéalement situé à côté de la gare routière.
Comme j'avais retrouvé mon appétit et que c'était déjà l'heure du dîner, je me suis mis en quête d'un restaurant à raviolis, puisque c'est dans le nord-est de la Chine que l'on fait les meilleurs raviolis. J'ai fini par en trouver un. Les raviolis étaient malheureusement assez quelconques. Corrects certes, mais bien moins bons que dans certains restaurants de cuisine du nord-est à Shanghai. En revanche, il semblerait que le spectacle d'un russe (dans ces coins-là, un blanc c'est forcément un russe) en train de manger des raviolis dans leur restaurant ait subjugué les serveuses qui me dévoraient du regard tandis que j'engloutissais deux assiettes de raviolis.
Puis je leur ai demandé s'il y avait des coins animés en ville la nuit. Elles m'ont indiqué un marché de nuit très sympa où je me suis rendu. Je n'ai malheureusement pas pu goûter aux spécialités de rue car mon corps était désormais fourré aux raviolis, mais j'ai quand même pris du bon temps en farfouillant dans les stands. J'ai même dégoté un superbe t-shirt à l'effigie du Camarade Lei Feng que je n'avais jamais vu ailleurs. | | | À: Yangguizi · 6 août 2006 à 6:53 · Modifié le 6 août 2006 à 11:41 Re: Mission accomplie au Jilin ( Chine) Message 5 de 55 · Page 1 de 3 · 8 475 affichages · Partager Le lendemain était une journée de visites où j'ai pris mon temps car je savais que j'en avais.
Le temple de Confucius d'abord, puis une ballade au bord de la rivière Songhua (celle-là, je rêvais de la voir depuis longtemps en raison d'une fameuse chanson patriotique des années 30). En traversant une large rue pour rejoindre la rive, je me suis fait interpeler par un agent de la circulation. Merde, un sermon en perspective pour avoir traversé en dehors des clous... Mais ce n'est pas cela qui m'attendait, le type était au contraire tout souriant: bonjour, je suis sûr que tu es français euh, oui, gagné (bon, les chinois disent en général ça au hasard, on me demande tout le temps si je suis américain, anglais, allemand, russe, français... voire coréen. Celui-là faisait donc partie des chanceux) et comme boulot, je suis sûr que tu es avocat euh... oui, mais comment le sais-tu?
Alors ça c'est incroyable. On me demande parfois si je suis prof, diplomate ou interprète, mais jamais personne en Chine n'avait deviné mon métier du premier coup. Je ne m'explique toujours pas ce tour de passe passe, d'autant plus qu'il était sûr de lui quand il m'a posé la question. En fait, une seule personne en ville savait que j'étais avocat, c'était un vieux qui m'avait posé la question la veille au soir, sur le marché de nuit. Mais Jilin, c'est quand même une ville qui doit dépasser le million d'habitants, ce serait donc une extraordinaire coïncidence que le vieux de la veille ait raconté à son pote agent de la circulation qu'il avait rencontré un avocat français, et que le pote en question tombe dessus le lendemain matin. Ou alors c'est un devin, je ne sais pas.
Après cela, j'ai visité la vieille église qui doit dater de près d'un siècle et qui ce jour-là était pleine de coréens qui chantaient en coréen. Enfin, plutôt des sino-coréens à mon avis, puisque nous étions dans la province qui abrite la minorité sino-coréenne. Comme je n'aime pas ce genre d'ambiance, je ne suis pas resté longtemps et suis parti visiter le musée des météorites où on peut voir une poignée de cailloux et beaucoup beaucoup de croquis et dessins sur l'espace sans intérêt.
Après avoir dégusté un très bon boeuf barbecue, je suis allé passer quelques heures dans le grand parc dans les collines à l'écart de la ville. Ayant remarqué qu'il y avait une mosquée à côté, je suis allé la voire de plus près: elle était assez grande et d'un style peu chinois. Que faisait-elle donc là? C'est fou le nombre d'endroits inattendus où on trouve des mosquées en Chine. Enfin bref, j'avais réussi à meubler mes heures et me suis rendu à la gare routière pour attraper mon bus. | | |  ... Faites gaffe, Me Yangguizi... (peut-être es-tu encore espionné par le gars de la police secrète iranienne qui surveille tes allées et venues). Il va en voir des pays, grâce à tes nombreux voyages ! | | | J'avais acheté un billet de bus pour Yanji pour la fin de l'après-midi. Yanji, c'est la capitale du district autonome du Yanbian, où vit une bonne partie de la minorité sino-coréenne. Six heures de bus m'attendaient, ce qui expliquait en partie pourquoi je m'étais prélassé aussi longtemps dans le grand parc de la ville.
Arrivé à la gare routière, on m'expliqua que le bus était annulé en raison d'un accident de la circulation. Le prochain serait pour le lendemain matin, et l'horaire du train de nuit ne me plaisait pas trop d'autant plus qu'il n'y avait plus de couchette disponible. La logique m'aurait donc conduit à me résigner et à attendre le lendemain matin pour partir. Mais cela m'aurait fait perdre du temps et je suis quelqu'un de parfois entêté, j'ai donc cherché à partir coûte que coûte dans la soirée.
Près de la gare routière, des rabatteurs m'ont proposé de monter dans une voiture particulière à destination de Yanji, en compagnie de deux autres passagers du bus annulé. Toujours le principe du taxi collectif à la sauce du nord-est... Bon, a priori je n'avais pas de raison de refuser même si c'était largement plus cher que le bus. Mes compagnons de voyage seraient un flic de Qingdao allant rendre visite à son ami, et une dame locale qui connaissait le trajet. Peu de risque de tomber dans une arnaque donc. Après avoir attendu un quatrième passager qu'ils n'ont pas pu allécher, nous nous sommes mis en route pour les coins les plus paumés de Jilin puisque le chauffeur s'était mis en tête de livrer des babioles aux quatre coins de la ville. Cela laissait présager que les cinq heures de trajet annoncées ne seraient vraisemblablement pas respectées. Puis nous avons finalement atteint la périphérie de Jilin... où nous attendait un minibus. Un communiste fier de l'être et bavard ainsi qu'un paysan allaient donc nous accompagner. Je suppose qu'eux ne paieraient rien pour le trajet.
Le nouveau chauffeur conduisait très très lentement. C'était exaspérant. Même les bus nous doublaient. En plus j'avais vraiment l'impression qu'on ne prenait pas la route la plus directe, ça ne ressemblait pas du tout à une voie express ni à une simple route nationale. La dame locale me disait ne pas connaître le nom des patelins qu'on traversait, tandis que j'avais l'oeil rivé sur ma carte. Inutile de demander aux gens de m'aider à me repérer dessus car "on ne sait pas lire les cartes" m'ont-ils dit. C'est donc moi qui devais leur expliquer (!!!)
Il y avait un tas de flics sur la route, j'en avais rarement vu autant sur les routes de Chine. Je sais bien qu'on se rapprochait des frontières coréenne et russe mais tout de même, on en était encore loin. Bizarre. Nous avons dû un moment ralentir, pile là où des flics étaient arrêtés, et manque de bol, ils m'ont vu au travers de la fenêtre. J'en ai entendu un crier "arrêtez vous, il y a un laowai (un étranger)". Le chauffeur s'est contenté de crier que j'étais un ambassadeur et les flics n'ont pas insisté. Me voilà donc propulsé ambassadeur de Russie (de quel autre pays de toute façon?). Vous imaginez si j'avais eu une cravate? J'aurais pu passer pour Vladimir Poutine lui-même!
Nous avons vu quelques bus accidentés sur le côté de la route, évité nous-même quelques accidents, puis la nuit a fini par tomber et dans l'obscurité totale, on pouvait voir une magnifique voûte étoilée.
Après avoir prononcé quelques mots méchants relatifs au fait que le délai de cinq heures ne serait jamais tenu et que j'avais l'impression qu'on prenait les mauvaises routes, j'ai fini par prendre mon mal en patience. En fait la route était la bonne, c'était la dame locale qui n'avait aucune idée de ce qu'elle racontait, bien que soi disant elle prenne cette route une fois par mois. En tout cas cela a pris huit heures et nous sommes arrivés à Yanji vers deux heures du matin. Le chauffeur a refusé de nous déposer à la gare comme convenu, et nous avons donc dû partager un taxi et payer des frais supplémentaires pour arriver à destination.
J'ai demandé au taxi s'il connaissait un hôtel pas trop cher dans le quartier de la gare et il m'a emmené au premier venu. Une superbe dame en robe traditionnelle coréenne m'a accueilli avec un grand sourire, mais c'était trop cher. J'en ai donc essayé un second qui fut le bon. Le personnel n'était pas du tout souriant, ce n'était pas franchement bon marché, mais j'ai bien aimé le fait que la première des horloges installées derrière la réception indique l'heure de Pyongyang. Ca doit être la seule d'ailleurs qui donnait l'heure juste. | | | On a parlé en France d'inondations catastrophiques en Corée du Nord et au Jilin, j'espère que tu n'y étais pas à ce moment là... | | | Je crois que j'y étais juste après, mais il n'y a apparemment pas eu de dégâts sérieux dans le Jilin, les gens n'en parlaient en tout cas pas. Mais effectivement, je surveillais la meteo tous les jours avant de partir et c'était pourri tous les jours. J'ai en fait eu énormément de chance de ce point de vue puisqu'il a fait à peu près beau pendant mon séjour.
Toute autre est la situation en Corée du Nord où l'estimation du bilan est cataclysmique. Même les autorités locales le reconnaissent à mots couverts. | | | Oui.... c'est en tous cas ce qu'on a entendu ici... et bien sur, ils refusent toute aide extérieure !
Je me disais aussi que peut-être cette surabondance de flics que tu soulignes était là pour surveiller un éventuel exode de réfugiés Nord Coréens, qui auraient tout perdu dans cette catastrophe ?
 , Enfin, tant mieux si pour toi tout s'est bien passé, on attend la suite avec impatience ! | | | Le premier truc que j'ai fait le lendemain matin a été d'essayer de me renseigner sur le meilleur moyen d'aller à Changbaishan. Il y avait une agence de voyages dans l'hôtel, ce qui tombait à pic, car en Chine, le meilleur moyen d'obtenir des informations intéressantes consiste souvent à aller dans une agence de voyages, à poser des questions, et à prendre l'exact opposé des réponses.
Ainsi, à la question "comment aller à Changbaishan?", la réponse fut bien entendu "nous arrangeons des voyages organisés pour là-bas" et "il n'y a pas de bus réguliers qui font la liaison, il faut passer par une agence comme la notre".
A la question, "comment aller à Fangchuan?", la réponse fut la même: "les routes sont très mauvaises là-bas, c'est dangereux. Il faut passer par une agence."
J'en ai donc déduit qu'il devait y avoir des bus pour Changbaishan à la gare routière et qu'il était facile d'aller à Fangchuan. La suite me montra que j'avais raison.
Puis je suis retourné à la réception de l'hôtel pour demander ce qu'il y avait à faire en ville. Rien? Bon, alors je vais me ballader au hasard, je devrais bien tomber sur des trucs intéressants. Les passagers de la veille m'avaient eux aussi dit que je perdais mon temps à venir ici, signe qu'il y avait sûrement des choses intéressantes à faire.
J'ai rapidement trouvé le fleuve, que j'ai traversé, et suis tombé sur la rue des restaurants qui débouchait sur un quartier commerçant. Sur le chemin j'ai commencé à demander à droite à gauche où je pourrais acheter des articles nord-coréens, et surtout de la musique et des livres. On m'a recommandé un magasin de disques à l'autre bout de la rue, et ai donc décidé de suivre cette direction. Entre temps, une jolie fille a tenté de me convaincre par moults sourires de venir manger dans son restaurant, mais je n'avais pas encore faim. Et puis priorité aux emplettes!
Yanji est une drôle de ville, elle ressemble à toutes les villes chinoises, mais on y parle coréen partout et le double affichage chinois coréen est la règle. A force de me perdre et de demander j'ai fini par trouver le marchand de disques au troisième étage d'un centre commercial. On ne m'avait pas trompé, il y avait effectivement quelques VCD nord-coréens. Je les ai tous achetés. Une fois de retour chez moi j'ai commencé à les visionner et s'il faut déplorer quelques déchets, je n'ai pas du tout été déçu. Il y avait notamment les clips que je convoitais depuis longtemps pour les avoir entraperçus en Corée du Nord et revus dans les restaurants nord-coréens de Shanghai où je n'avais pas réussi à faire de copie. J'avais donc enfin réussi à les avoir. Mission accomplie!
J'ai demandé au vendeur si je pouvais acheter quelque part des livres et magazines nord-coréens mais il n'avait pas l'air très optimiste sur la question. "Peut-être dans la librairie là-bas" me dit-il en m'attirant vers la fenêtre. J'y suis allé et ai interrogé la vendeuse, d'ethnie coréenne. Je vais souvent en Corée du Nord, et je faisais avant le commerce des livres et magazines, mais j'ai arrêté. Pourquoi ça? Les magazines, personne ne les achetait. Ben et moi alors? Je vous aurais raflé tout votre stock! Quant aux livres, ils n'ont plus assez de papier et ne peuvent donc plus en imprimer.
Gloups... mauvaise nouvelle. Il faut vraiment que la situation économique du pays soit catastrophique pour que même la production de livres de propagande cesse.
Il était finalement temps de déjeuner, et c'est les bras chargé de mon précieux butin que je suis retourné dans la rue des restaurants. Je voulais manger du bon barbecue coréen pour fêter ça. Je suis repassé devant la jolie fille qui a dû m'avouer que son restaurant ne faisait pas ce que je recherchais. En fait, apparemment aucun restaurant de la rue ne le faisait, mais on a fini par m'en indiquer un. Allais-je choisir la fille ou la viande? Cruel dilemme. L'avantage de la viande par rapport à la fille, c'est que la viande ne pose pas de questions idiotes, et c'est donc cette dernière que j'ai choisi. Je n'ai pas été déçu, c'est le meilleur boeuf barbecue coréen que j'ai mangé de ma vie. | | | Dans l'après-midi, j'ai pris un bus pour Tumen, ville frontalière avec la Corée située à une heure de là. Du bus, je guettais avec impatience le moment où la frontière apparaîtrait, matérialisée par le fleuve Tumen. Nous avons fini par longer un fleuve et je lorgnais avec insistance vers les usines et bâtisses situées de l'autre côté, en me disant que tout cela avait l'air trop développé et prospère pour la Corée. Je ne me suis pas trompé puisque le bus a fini par traverser le fleuve. Nous étions donc toujours en Chine, ce n'était pas le bon fleuve. Quelques minutes plus tard nous sommes entrés en ville. Ce n'est pas une grosse agglomération, mais ça grouille quand même de cheminées d'usines et de barres d'habitations. C'était vraiment très laid. Mais que diable suis-je donc venu faire dans ce patelin? En fait je n'en avais jamais entendu parler avant, et c'est juste sa situation sur la carte qui m'avait intrigué.
(désolé, mais à partir de là, il va y avoir des répétitions par rapport au fil sur la Corée du Nord)
Sitôt trouvé un hôtel, je me suis rendu au bord du fleuve Tumen pour voir la frontière. Le fleuve est minuscule, vingt mètres de large a tout casser je dirais. On peut presque toucher la rive coréenne. L'endroit est beaucoup plus sauvage que Dandong, puisque la rive coréenne n'est pas du tout aménagée, on ne peut voir que de la végétation. Derrière, on peut voir une petite ville coréenne, Nanyang (c'est son nom chinois, je ne connais pas le nom coréen) et quelques unes de ses maisons.
J'ai essayé de faire un petit tour en hors bord sur la rivière mais on ne voit rien de plus. Il parait que des soldats coréens sont cachés dans les buissons sur la rive et se lèvent parfois quand ils entendent le hors bord, mais aujourd'hui ils sont restés cachés.
Deux ponts traversent le fleuve, un pour les voitures et camions et un pour les trains. Une voie ferrée coréenne longe la rive mais on ne la voit pas (par contre on entend les trains. C'est bon signe: ils roulent)
Sur la rive chinoise, une petite promenade a été aménagée. Des répliques miniatures de la statue de Chollima (mon avatar actuel) ont ete installées et rebaptisées "tour de l'amitié sino coréenne", n'importe quoi!
A la jumelle on peut apercevoir des casemates sur la montagne coréenne et un slogan politique en ville. A la tombée de la nuit, on entend des hauts parleurs du cote coréen tandis que les immeubles commencent a s'allumer. Finalement la situation n'est pas si mauvaise que ca, puisque la plupart des immeubles ont l'air éclairés.
Alors que je n'y croyais plus, je suis tombé sur un magasin providentiel qui vendait TOUT ce que je cherchais et même plus. Pour 50 euros j'ai donc fait une petite razzia: nombreux magazines coréens illustrés (y compris le magazine Korea de juillet 2006), un bouquin en espagnol et en russe sur le Stade Kim Il Sung, un pin's Kim Il Sung qui a des chances d'être vrai, des médailles militaires nord coréennes, un film de propagande, quelques timbres et des bricoles. Il y avait encore un tas d'autres articles que je n'ai pas achetés, mais il fut difficile de réfréner ma boulimie d'achats.
J'ai même pris un calepin nord coréen, dont le papier est de bonne qualité. Il parait que seuls les gens haut placés peuvent en avoir car le papier est devenu très rare là bas, la plupart des gens en utilisent donc de très mauvaise qualité. J'étais presque gêné que le vendeur m'en fasse cadeau.
De retour a l'hotel, j'ai commencé a feuilleter mes magazines. Dans un des numéros de 2006, une double page est consacrée à la résurgence du militarisme japonais qui conduira ce pays à sa perte. A l'appui de cette théorie, des photos de soldats japonais en Irak. Et des photos d'hélicopteres d'attaque bombardant le pays. Je soupçonne que les hélicoptères en question ne soient pas du tout japonais! | | | Bonjour,
Merci Yanqquizi, très intéressant ton récit ! ne connaissant pas du tout cette partie de la planète j'avoue me delecter du vécu d'autruis. Si tu as envie d'y joindre quelques photos d'ailleurs... J'attends la suite avec impatience !
ps. : j'en profite pour te demander si ton pseudo a une signification particulière et qui pourrait-être en rapport avec ton avatar ? | | | À: Sch · 7 août 2006 à 13:58 Re: Mission accomplie au Jilin ( Chine) Message 14 de 55 · Page 1 de 3 · 8 190 affichages · Partager argh les photos, oui bon, quand tout sera fini j'en mettrai peut-etre. En théorie il y en aura aussi un jour sur mon site mais je n'ose pas trop m'en vanter, vu ce que j'ai déjà en retard. 
Mon pseudo signifie en chinois "diable étranger", c'est un terme assez péjoratif aujourd'hui tombé en désuétude pour désigner les occidentaux que nous sommes.
Quant à mon avatar, c'est la Statue de Chollima à Pyongyang. Rien à voir donc. | | | De Tumen je suis allé le lendemain à Hunchun d'où j'ai rejoint en taxi un des buts de mon voyage: le village de Fangchuan, ou plus exactement quelques kilomètres au delà de Fangchuan: le lieu mythique où la Chine, la Corée du Nord et la Russie se rejoignent, a quelques kilomètres à peine de la mer du Japon. Lorsque l'on regarde une carte de la région, on ne peut qu'être intrigué par cette curiosité géopolitique: ce petit bout de Chine rejoint-il la mer ou bien la Russie et la Corée ont-elles réellement une frontière commune? C'est finalement la deuxième réponse qui est la bonne.
Cette langue de terre chinoise se rétrécit pendant les derniers kilomètres, où il ne reste plus que la route qui soit en terre chinoise: immédiatement à droite, le fleuve Tumen qui s'est élargi marque toujours la frontière avec la Corée du Nord. Immédiatement à gauche, c'est-à-dire juste au bord de la route, des rangées de barbelés délimitent la frontière avec la Russie. Ambiance surréaliste de se retrouver ainsi pris en étau!
Un peu avant l'arrivée, on passe un checkpoint. Non pas policier ni militaire bien sur, puisque nous sommes en Chine. Il faut seulement payer trente yuans pour le ticket d'entrée vers le point de vue sur la triple frontière. Dommage, je m'attendais à ce que l'endroit soit plus sauvage, n'ayant absolument rien trouvé sur internet sur ce coin. Mais non, il y a bien un site touristique qui a été aménagé sur une petite hauteur, à environ 200 mètres de la frontiere russo coréenne. On peut y louer des jumelles, acheter des timbres coréens ou du chocolat russe. Rien n'est épargné aux visiteurs, la plupart chinois et sud coréens.
Le temps était mauvais mais on y voyait quand meme assez clair. Quasiment à portée de jet de pierre, un village russe se situait derrière les lignes de barbelés. Cet avant poste de la région du Primorie est en fait tout proche de Vladivostok, sans doute située derrière les montagnes qu'on pouvait apercevoir au loin. Droit devant, un peu avant la ligne d'horizon, c'était la Mer du Japon, que la Chine n'atteint donc pas. Le temps était heureusement suffisamment dégagé ce jour là pour qu'on puisse la voir. En tournant encore un peu le regard vers la droite, on voyait parfaitement le pont russo-coréen, seul point de passage sur cette minuscule bande de terre. Puis encore plus à droite c'est la Corée, derrière le fleuve Tumen, où on peut aussi voir un petit village avec ses paysans qui s'activent.
Sur le chemin du retour, on a pris en stop un couple de chinois qui revenait de Corée pour ses affaires. Les gens de la région se montrent très discrets quand on leur pose des questions sur la Corée. Beaucoup y vont (très facilement et sans aucune formalité), mais ils refusent en général de dire à quel business ils se livrent. Idem quand on les interroge sur les réfugiés nord coréens. Tous s'accordent à dire qu'il y en a à la campagne, mais personne ne veut en dire plus. Il y a une vraie chappe de plomb, et c'est dommage, car j'aurais bien aimé approfondir la question, voire rencontrer des refugiés en personne. Ces chinois m'ont aussi confirmé que des nord coréennes étaient kidnappées pour etre vendues pour une poignée de yuans à des chinois qui les épousaient dans l'illégalité.
Tous les chinois rencontrés là-bas en tous cas faisaient la grimace en parlant de la Corée du Nord, plongée dans la misère la plus noire, et dont la situation semble ne pas cesser d'empirer, contrairement à ce que disent les médias occidentaux qui parlent de redressement économique. Et pourtant ils ne veulent pas trop la dénigrer cette Corée du Nord. Pour beaucoup d'entre eux, c'est une mère patrie à la fois proche et lointaine et un modèle qui faisait rever les générations précédentes. Mais tous unanimement crachent sur Kim Jong Il et beaucoup disent le plus grand bien de Kim Il Sung, son père.
Le type du taxi était un rigolo. Il insistait pour que j'aille moi-meme en Corée du Nord pour me faire ma propre opinion. J'ai eu beau lui dire que j'y étais déjà allé mais uniquement dans le cadre du tourisme organisé, il insistait pour me dire que je pouvais passer la frontière sans aucun problème, et que d'ailleurs pleins de russes et d'américains faisaient pareil. Ouh la, les russes je n'en sais rien, mais les américains, il ne faut quand meme pas se moquer du monde. Meme dans un cadre organisé, c'est très dur pour eux d'y aller. A mon avis il était mythomane ou fou, et le chauffeur de taxi l'a vite remis à sa place. | | | argh les photos, oui bon, quand tout sera fini j'en mettrai peut-etre. En théorie il y en aura aussi un jour sur mon site mais je n'ose pas trop m'en vanter, vu ce que j'ai déjà en retard. 
 Ce qui me fait penser que je n'ai pas su trouver tes photos d' Iran sur ton site... n'étant pas un bout de bidoche mais une femme, j'en profite pour faire des réflexions stupides | | | Mode auto-critque on:
Je n'ai pas avancé d'un iota depuis mon retour d' Iran, et n'ai même pas encore fait la pré-sélection des photos à mettre en ligne (sans parler de les remettre au bon format, de les organiser et de créer les pages).
Mode auto-critque off.
Mais je vais bientôt passer quasiment un mois en France où j'aurai tout le loisir de m'atteler à la tâche (si je trouve un ordinateur). Si j'en trouve le courage, je ferai peut-être les photos du Jilin dans la foulée. | | | Merci pour ces précisions et pour la suite ;) Je viens d'aller faire une brève visite sur ton site et n'ai pu m'empêcher de regarder les photos de la Corée du nord et de celle du Sud... intéressant !!! j'aime bien la différence d'attitude des militaires à la frontière... y'en a qui ne rigole pas et pour qui la journée doit être bien longue... 
Très bonne idée que tu as eu en 99, je vais y retourner plus longuement. | | | À: Yangguizi · 12 août 2006 à 17:46 Re: Mission accomplie au Jilin ( Chine) Message 19 de 55 · Page 1 de 3 · 8 106 affichages · Partager De retour à Hunchun, j'ai eu le temps d'apercevoir de nombreux russes ainsi que le passage (parfois) au triple affichage chinois, coréen et russe.
En m'arrêtant pour manger dans un petit restaurant proche de la gare routière, j'ai eu la surprise de découvrir une russe, grande et jeune, assez jolie bien que très peu souriante. La dame - ce n'était plus une demoiselle comme l'attestait le bambin qu'elle avait à ses côtés - était à table avec une famille de vieux paysans chinois. L'enfant qui partageait leur table était métis, certainement le fils de la russe et d'un membre de la famille de paysans. Difficile de se faire une opinion sur une situation et des gens que l'on ne connait pas, mais je ne pense pas me tromper en disant que la pauvre fille avait l'air malheureuse. Elle n'a pas tourné une seule fois son regard vers moi. Les russes comme moi (!), ce n'est pas ce qui manque dans la région.
J'en ai encore vu un paquet à la gare routière, tous avec d'énormes sacs pleins à craquer qu'ils ramenaient vers Oussourisk ou Vladivostok.
La route de Hunchun a Tumen fut la meme qu'à l'aller, et nous avons presque tout le temps longé la frontière coréenne, où on pouvait apercevoir de nombreuses fermes, mais guère d'agglomérations. Au detour d'une colline, une réplique de la Tour du Juche (célèbre monument de Pyongyang) était visible du côté coréen.
Puis je suis retourné au bord du fleuve à Tumen, pour acheter d'autres souvenirs, et me faire photographier au poste frontière, habillé en uniforme de l'Armée Populaire de Corée. De retour à Shanghai, une nord-coréenne a toutefois émis quelques doutes sur l'authenticité de mon uniforme, avançant même l'hypothèse qu'il n'était pas coréen. Mais il n'est pas chinois non plus. Ni même russe. Quid alors?
J'ai encore acheté quelques magazines illustrés, et une magnifique trousse pour écoliers à l'effigie de Kim Il Sung et de Kim Jong Il.
J'ai fini par quitter la région frontalière pour retourner à la capitale Yanji, vers l'heure du dîner. Je suis retourné dans la rue des restaurants, me suis posé le même dilemme que la veille, et ai cette fois privilégié la fille à la viande. Mal m'en a pris car la fille a effectivement posé des questions idiotes, tandis que la bouffe n'était pas bonne du tout. Elle tenta (la fille, pas la viande) de me parler en russe, mais j'ai dû lui dire que je n'étais pas soviétique (soviétique et russe, c'est kif kif). Elle m'a quand même fait de la peine au cours de la conversation: elle était d'ethnie coréenne mais crachait sur ses racines comme je l'avais rarement vu. Elle disait même n'apprécier la compagnie que des étrangers ou des chinois han, et fuir celle des sino-coréens. C'est triste d'en arriver là. | | | À: Yangguizi · 12 août 2006 à 22:12 Re: Mission accomplie au Jilin ( Chine) Message 20 de 55 · Page 1 de 3 · 8 096 affichages · Partager Le lendemain matin à l'aurore, c'est sous une pluie fine que j'ai rejoint la toute proche gare routière pour embarquer à bord du bus pour Changbaishan, le fameux bus qui n'existait pas d'après l'agence de voyage de l'hôtel, mais dont j'avais malgré tout acheté un ticket la veille. Un aller-retour en bus, voilà tout ce que j'avais acheté, refusant catégoriquement toute autre prestation touristique. Le trajet devrait donc être tranquille sans hurlement ni haut parleur de guide au sourire béat.
Ne sachant pas en fait si j'utiliserais le billet retour ou si je quitterais Changbaishan par une autre route, j'ai pris ma valise avec moi, et ai cherché à la mettre en soute. Un membre de l'équipage (dans les bus chinois, il y a parfois un équipage de plusieurs personnes) m'a bruyamment fait savoir que ce n'était pas possible, mais persistait à me donner ses explications en dongbeihua, le terme désignant la plupart des dialectes du nord-est. Je n'aime pas du tout quand on refuse de me parler en mandarin, et j'ai donc fait en sorte que le ton monte. Ca tombe bien, la veille je n'avais rien dit de méchant à personne, et j'avais du retard à rattraper. Le type a fini par céder et à me parler en mandarin, pour me dire que la soute était trop sale pour qu'on y mette quoi que ce soit. Puis, pour que tout le monde sauve la face, il m'a félicité pour mon aptitude à comprendre le mandarin. "ben oui, si vous me parlez mandarin, bien sûr que je comprends. Pourquoi donc me parler en dongbeihua? J'ai une tête de dongbeiren (homme du nord-est) peut-être?"
Je suis monté à bord et me suis assis vers le fond, les derniers passagers sont montés à leur tour et le bus à démarré. Une femme minuscule à la voix stridente s'est alors levée et a commencé à hurler. Merde, une guide!!! Il manquait plus que ça! Mais elle faisait quoi là? L'avantage c'est qu'elle n'avait pas de haut parleur, et que sa voix ne pourrait pas tenir comme ça plus d'une vingtaine de minutes. En fait je crois qu'elle n'a pas dépassé le quart d'heure, avant de se rassoir puis de passer dans les rangs pour poser je ne sais plus quelles questions idiotes aux passagers. Bon, je suis méchant, en fait elle était plutôt sympa... pour une guide. Elle avait même de l'humour, puisque ça l'a fait marrer quand je lui ai adressé la parole en hurlant, comme elle le faisait avec nous.
Tandis que le bus traversait les superbes forêts et collines du Yanbian, je faisais connaissance avec les quelques passagers autour de moi: deux shanghaiennes voyageuses, une mère et son fils, deux paysans, et un sud-coréen seul (!!!!). Nous avions donc là deux phénomènes rares: des shanghaiennes voyageant en indépendant et détestant les voyages en groupe et les guides. Ca n'a l'air de rien, mais ça me fait vraiment plaisir de rencontrer des chinois comme ça, ce que nous appelons des voyageurs normaux, mais qui en Chine n'est pas si courant que ça. En plus, elles seraient les seules du bus (en plus de moi) à vouloir passer la nuit là-bas plutôt que de faire l'aller retour dans la journée. Voilà donc deux compagnes de voyage toutes trouvées. un sud coréen seul. Le sud coréen en Chine, ça a un nom scientifique: le sudus koreus groupus. Vous voulez rencontrer des sud coréens voyageant seul en Chine? Bon courage! Certes, celui-là avait une double bonne excuse: il était expatrié en Chine, à Qingdao, et voyageait dans une région de Chine où tout le monde parle coréen. Mais quand même, rendons lui grâce, puisque parmi les masses de sud coréens rencontrés pendant les deux jours suivants, tous, absolument tous, voyageraient en groupe.
Les deux paysans assis derrière moi ont évidemment fini par se lancer à l'eau après m'avoir longuement observé: "t'es soviétique?" Certes, dans les grandes villes, la plupart des gens sont au courant que l'URSS a disparu depuis presque quinze ans, mais quand on s'éloigne des grands centres urbains, le mot "soviétique" revient presque aussi souvent que le mot "russe" quand on me demande d'où je viens.
Ceux-là avaient un accent très très fort, et j'avais vraiment du mal à les comprendre, tout en essayant d'éviter les postillons qui ne manquaient pas de ponctuer chacune de leurs tentatives de contact, ainsi que l'haleine complexe qui émanait de leur orifice bucal. Je me tournais vers les shanghaiennes, quémandant une traduction en chinois standard, mais les pauvres avaient l'air aussi perplexes que moi devant le mandarin de nos deux amis. | Carnets similaires sur la Chine: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 16 139 visiteurs en ligne depuis une heure! |