Nous savions tous que le vol Andavadoaka était une "folie" économique (n'importe quoi), en fait ça se décide autour de 24 apéros... avec le ministre invité et graissé pour dire OK (sa famille et lui ont "open-bar" pendant 2 ans à minima, il ne joue pas son argent)... car je connais bien Andavadoaka, depuis longtemps, et je suis consterné du projet d'hôtel de luxe sur l'île de Nosy Hao, qui va puiser (sans vergogne) sur la nappe d'eau (maigre) du village de Andavadoaka, et d'autres impacts que l'on connait dans ce genre de projet, et j'étais sur place lors du lancement... (pas par avion, mais en kayak de mer)...
Pour le vol
Isalo, je suis plus "surpris", mais c'est la crise... et il reviendra un jour par la "logique éco" des gros TO et hôtels de luxe s'ils survivent.
mais cela ne concernait que les touristes fortunés...
Aucun malagasy (hors le ministre et sa famille) n'était concerné par ces vols (car c'est du vol)... c'était pour la "galerie" et le "open-bar"... du "sinistre".
J'habite à Maroantsetra (Cap
Masoala pour être exact), et je peux témoigner d'un dérèglement plus grave de air Mad qui a abandonné les ATR pour cause de "déclassement" sécurité de la piste de Maroantsetra (les zébus ont été plus nombreux à traverser le jour de la visite de l'inspecteur)... et remplacé par des Twin otter (faible capacité) mais compatibles sur une piste en mauvais état (ll faut du gravier et 100 litres de goudron).. L'avion (avant, avec ATR... est toujours plein avec : 1.commerçants et bourgeoisie locale (il en faut et c'est bon signe) + gosses de riches en études + religieux de tous ordres + administration locale en "séminaire et congrès" ou convoc à la capitale (total : 40 à 50 % du vol =nécessaire à l'économie locale) 2. touristes et vazahas "accompagnés-braguette" (30 à 50 % du vol, selon les vols = nécessaire à l'économie locale) 3. indéterminés (10 à 20 % du vol : je ne peux les ranger, donc...j'y met le reste, dont moi). je pratique ce vol 10 fois par an... depuis longtemps. Mais "things are changing"...
Les conséquences :
- économie locales : enclavement, commerce difficile (beaucoup de commerçants dans l'avion quand il fonctionne), éloignement de l'état donc "tout est possible" 'encore plus qu'avant) et... quand au tourisme... c'est la cata pour les opérateurs locaux et à du crash fin 2013 (
Masoala-resort, relais de
Masoala, etc..
- l'accès par la RN5 est quasi-aléatoire (c'est un raid version 4x4 préparé), en taxi-brousse, c'est une épopée de 4 jours pour rallier le goudron à
Toamasina- le soit-disant bateau "Mélissa" (bateau de rivière qui navigue en mer)... est à la merci du moindre caprice météo (et il y en a sur la côte-est).
Comment fait on "jour le jour" ?
- on rigole !
- t'as qu'à te battre à Air-mad pour "gagner ta place" avant qu'on te la vole (classik)..
- on a l'habitude..
- si t'es pressé, ben tu "viens pas"... stop demander solutions impossible et "0" argent (vazaha lahana' mofy)...
Voila mon témoignage sur ce qui se passe chez moi, pour témoigner à ceux qui se posent la question de "comment ça va"... et qui ne fait aucune ligne, aucun bruit, mais coupe cette région d'un fonctionnement déjà difficile, maintenant compromis (l'abandon)..
Je croise les doigts de n'avoir prononcé aucune parole désagréable pour quiconque, n'avoir heurté aucun "guru" et ne pas me récolter 200 post de polémique (Mada=polémik "grave-be") pour cette "misérable contribution"...
Azafady !
Pour terminer sur une note positive... Maroantsetra et
Masoala, c'est le "must" de Mada... là "où la foret tombe dans la mer"... loin, loin de tout...