Oui les moustiques sont "virulents" en ce sens : qu'ils peuvent être très nombreux; qu'ils sont costauds : ils piquent à travers les habits trop légers, rigolent face à certains repellents efficaces en
France en particulier les diffuseurs électriques (inutile donc d'en acheter car c'est particulièrement inefficace, d'ailleurs il n'y a pas toujours de prise électrique adaptée); qu'ils propagent des maladies dangereuses : paludisme, dengue, encéphalite japonaise et depuis peu chikungunya (plusieurs espèces de moustiques sont disponibles sur le marché, qui ne propagent pas les mêmes maladies); il faut donc prendre le "risque moustiques" au sérieux, en particulier pour les personnes fragiles (enfants notamment). Le but du jeu consiste à éviter au maximum les piqûres sans espérer les éviter toutes (c'est curieux comme ils aiment la peau tendre du visage pâle).
Mais ne pas dramatiser : hormis la saison humide (mousson et immédiatement après), les moustiques ne sont pas toujours nombreux; le palu n'est pas répandu dans toutes les régions (exemple : existe mais est peu répandu au
Kérala); les moustiques attaquent en masse pendant une heure bien précise au crépuscule et dans une moindre mesure à l'aube, la nuit tombée de façon beaucoup plus ponctuelle, en jounée encore moins.
Comment s'en protéger (si moustiques il y a) : à l'heure de l'attaque massive (vers 18 heures au bord d'un canal au
Kérala au mois d'août par exemple) : s'enfermer dans sa chambre pendant l'heure fatidique même s'il fait chaud (fermer les volets, il n'y a pas toujours de fenêtres). Si on reste dehors, mettre casquette, manches longues, chaussettes et pantalon, crème anti-moustiques sur visage oreilles et cou, protéger ses mains; la nuit, allumer une mosquitoe coil (de marque Baygon par exemple) : c'est la seule chimie qui les fasse fuir et qui permette de dormir tranquille; mettre en service l'inévitable ventilateur au plafond (ils fuient les courants d'air) et s'entortiller de pied en cap dans un drap comme font les indiens (il faut toujours acheter un drap sur place); à la tombée de la nuit, on peut enfumer les pièces comme font les maîtresses de maison mais il faut pour cela avoir un pot en terre cuite adapté, des braises et de la résine en petits cailloux qui dégage une fumée épaisse et odorante lorsqu'elle fond sur la braise (la meilleure est celle que récoltent les tribals sur certains arbres en forêt); avoir toujours sur soi (au crépuscule et à la nuit tombée) un spray anti-moustiques (un des meilleurs est Insect Ecran spécial tropiques); si vraiment beaucoup de moustiques, prendre un traitement préventif contre le palu (style Savarine); avoir éventuellement dans sa pharmacie, un traitement curatif (en cas d'urgence) style Halfan. Se délivre en
France sur ordonnace et ne doit être pris que si l'on est sûr d'avoir une crise de palu (donc après consultation d'un médecin indien). Cela évite de chercher ce genre de médicament sur place, surtout si l'on est loin d'une grande ville. J'en ai toujours un paquet (4 cachets) dans ma valise, mais en 10 ans je ne l'ai jamais utilisé (fortunately); la moustiquaire n'est utile que si l'on reste dans la même chambre suffisamment longtemps pour justifier les efforts que nécessitent son installation (pas facile de trouver un point d'accrochage). On s'en encombre souvent inutilement.