Il est environ 2 heures du matin. Une secousse plus forte que les autres m'a éveillé.
Probablement seul touriste, je suis dans ce train qui roule depuis maintenant plus de 13 heures. Un train antédiluvien, qui tangue, qui chahute qui bouscule, qui secoue et qui grince..!
Contrairement à mes espoirs, peu de confort, pas de climatisation et aucun wagon restaurant. Ce qui en fait un des trains avec le plus mauvais rapport qualité - prix que je connaisse aujourd'hui. (45 dollars pour une couchette des plus ordinaires.)
Il reste encore plus de 4 heures à effectuer avant l'arrivée. Théoriquement.
En fait nous arrivons à Myitikiynat avec 2 heures de retard. 8 heures du matin.
Jamais de ma vie je n'ai été autant secoué dans un train..!!!!
JAMAIS...
C'est d'ailleurs difficile à imaginer qu'on puisse être autant ballotté dans un train.
Mais paradoxalement je ne suis pas trop fatigué en quittant le compartiment. Bien moins que dans la nuit de bus, pourtant confortable, entre
Yangon et
Mandalay.
Bref! À l'arrivée, une nuée de chauffeurs de taxi attendent pour m'emmener au YMCA. C'est l'hôtel où se rendent le peu de touristes qui s'aventurent dans le coin... À tort d'ailleurs car il en existe sûrement d'autres.
Les prix demandés pour la course diminuent en s'éloignant légèrement de la gare, passants de 2000 Kyatts à 500 Kyats. Grand classique du genre..
Ce dernier prix fera mon affaire. Cinq minutes à peine de trajet et me voilà à destination. En fait, il suffisait de traverser la voie ferrée et marcher 50 mètres. Évidemment information absente dans le "Lonely Planet" qui recommande pourtant cette adresse. Cela donne aussi une info tant sur la réelle connaissance du lieu des enquêteurs du dit guide que sur l'honnêteté de la faune locale. Moins de sourires dans cette partie du
Myanmar.
Je me pose donc au YMCA. Accueil gentil de la part de la gérante qui parle un anglais correct. Quatorze dollars pour une chambre vétuste, défraîchie sans clim ni Wc ni douche. Cela ira pour une nuit. Le pire, c'est qu'il n'y a pas d'électricité.
Coupure générale paraît- il et on ne sait pas quand ça reviendra.
Je précise que je souhaite partir demain à BHAMO.Je souhaite descendre une partie de l'Irrawady en bateau. La patronne m' informe que c'est impossible par bus ou par bateau. Liaisons fermées depuis un an et demi à cause des troubles politiques et ethniques avec les Kachin.. Reste uniquement l'avion ou faire demi- tour par le train. Mauvaise pioche.Surprise désagréable. Encore une fois merci aux guides en tous genres pour " l'actualisation"...ça fait un an et demi que ça dure et AUCUN de ceux que je possède n'en fait état.
Je me rends à la petite agence "
Myanmar Air", la seule à desservir BHAMO.
Un vol demain matin. "Ouf"...! C'est 44 dollars et uniquement payable en dollars..
La dame du guichet Air Myanmar, m'informe qu'il faut que je lui donne la somme exacte car elle ne peut rendre la monnaie. Je trouve donc, en faisant mes fonds de poches, la somme pile-poil. Re- Ouf.... Mais après un examen cosmétique minutieux de chaque billet, (face et tranche) il apparaît qu'un billet de 1 dollar est tâché et qu'elle ne peut donc l'accepter. C'est mon dernier.

Donc je ne peux acheter les billets d'avion.!!!
Ça a le don de m'agacer très sérieusement. J'essaye de transiger et de donner 1000 bons kyats à la place du dollar non valide. Elle rechigne, s'entête mais ça finit par passer grâce à un client birman qui palabre pour moi.
Mais.., il faut en plus, des photocopies du passeport et des visas. Impossibles à faire puisque pas d'électricité.Il faut donc revenir chercher les billets à 12 h30. Comme j'ai laissé les 44 dollars elle veut me faire un reçu et me demande d'inscrire le numéro de chaque billet sur une feuille. Là, je craque..!

Excédé, je vais respirer un grand coup dehors et j'attends un peu que ça passe.. Un "bonheur" n'arrivant jamais seul, il se met à tomber des cordes.. Sympa. Un vrai temps de Toussaint. Je reprends mon argent et y'a plus qu'à rentrer à l'auberge et dormir.
Bref, théoriquement, cet après- midi j'aurai un billet pour demain matin 8 heures pour BHAMO. Tant mieux. J'en ai déjà marre de ce pathelin à la con ou il n'y a rien à faire ni à voir.
La bonne solution eut été de prendre un billet avion direct pour BHAMO depuis
Mandalay..
Mais je ne pouvais pas deviner que cette ville était un cul de sac.
Bref, me voici allongé sur ma paillasse, essayant de me calmer après ce coup de chaud. Dehors pluie incessante. Vraiment pas de bol. Rien ne va plus depuis que je suis descendu du train.
Bon.. Ça va passer. Wait and see.. De toutes façons impossible de faire autrement.
J'espère maintenant un retour de l'électricité. A la fois pour recharger l'Ipad et aussi pour trouver un endroit (je doute) avec du wifi pour envoyer mes mails. Il est 10h30.
Profitant d'une éclaircie, je pars me balader. Je déniche un petit resto avec vue imprenable sur le fleuve. Le soleil est revenu. L'endroit est sympa et la vue superbe. Dommage que les rives soient plutôt sales, encombrées de détritus.
Après un rapide repas, assez moyen, je décide de traverser le fleuve avec une embarcation locale.
Un peu par curiosité mais aussi pour passer le temps. Rien de sensationnel mais petite promenade sympa avec l'aide d'un local parlant anglais.
En rentrant à l'auberge, il n'y a toujours pas d'électricité et donc pas d'eau. J'apprends fortuitement qu'ils possèdent un générateur et insiste lourdement pour qu'il le fasse fonctionner. Mais nous sommes trop peu de clients pour que ce soit rentable.
Cependant, une demi- heure plus tard, après des nombreuses demandes réitérées, j'ai enfin pris une douche et je me repose tranquillement sur mon lit.
Toujours pas trouvé de wifi..
Le soir, je trouve une petite gargotte en bordure de route où je peux savourer un bon plat de pâtes aux légumes et surtout d'excellentes et fraîches bières pression pour un prix très honnête.
Retour chambre un peu avant 22 heures. L'électricité est revenue. Enfin le ventilo. Et de l'eau au robinet.
Extinction des feux rapidement. Dehors il tombe des cordes...
Je quitte cette ville demain matin. Aucun regret.